Venir fêter Ganesh, une expérience insolite à Paris!

Vous voulez vivre une expérience insolite et totalement dépaysante en plein cœur de Paris ? Vous voulez être perdu dans les couleurs, les senteurs, l’exotisme et la spiritualité de l’Inde sans avoir à prendre l’avion ? Alors ça se passe dans le 18e arrondissement à Paris, début septembre. C’est la fête de Ganesh et ça décoiffe ! On y va, hop en route! 🙂

Ganesh à Paris ?

A Paris, dans le 18e arrondissement, se trouve Sri Manicka Vinayakar Alayam. En descendant à métro La Chapelle et en remontant vers le nord, au 17 rue Pajol, on trouve un temple hindou, principalement dédié au dieu Ganesh. Le temple existe ici depuis 2010. Il est ouvert à tous mais il faut bien reconnaitre que l’intérieur ne vous invite pas particulièrement au voyage, malgré les nombreuses statues. Si la spiritualité hindouiste vous intéresse : plus d’info sur le site officiel.

Chaque année, vers fin aout début septembre, ce temple organise une manifestation incroyable dans le quartier de La Chapelle. C’est Ganesh Chaturthi, autrement dit, la fête à Ganesh! 🙂 Pendant toute une journée, on a l’impression de se retrouver à des milliers de kilomètres de la France, dans le sud de l’Inde! Et croyez-moi, c’est une expérience à vivre au moins une fois! 🙂

Le dieu à tête d’éléphant

Ganesh est le fils du dieu Shiva et Pârvatî. En réalité, la déesse Pârvatî a conçu elle même l’enfant. Elle a utilisée la pâte de santal qui couvre son corps quand elle prend le bain. Son enfant Ganesh était chargé de garder sa porte lors de ses bains. Pendant ce temps, Shiva était parti méditer dans les montagnes. Quand le dieu est de retour dans sa maison, il ne peut pas rentrer car l’enfant Ganesh garde la porte. Ne se connaissant pas tous les deux, ils se battent, et Shiva lui tranche la tête! Pârvatî, sortant de son bain furieuse lui explique qu’il vient de tuer son fils. Elle menace de détruire le monde s’il n’est pas ramené à la vie et s’il n’est pas célébré avant tous les autres dieux! Shiva cède et envoie ses soldats pour ramener la tête du premier « enfant » qu’ils croiseront, et c’était un éléphanteau. Shiva pose la tête de l’éléphant sur le corps de l’enfant et lui donne la vie. Voilà, le dieu à tête d’éléphant est né. C’est sans doute le dieu le plus vénéré en Inde.

Ganesh Chaturthi

La fête de Ganesh Chaturthi célèbre sa naissance. Elle est fêtée dans le monde entier par les hindous. A Paris, la procession commence par des musiciens. Le char du dieu Ganesh est tiré par des dizaines de personnes, uniquement des hommes. Le char fait 5m de haut et on le tire grâce à deux grandes cordes en fibre végétale de 20m de long.

Gare à vous si vous êtes sur le passage, vous serez vivement mis de côté. Priorité au passage du Dieu. De toute façon vous n’aurez pas le choix car rien ne peut arrêter l’avancée du char. Tout le long du trajet, des noix de coco sont brisées dans la rue. Je vous explique pourquoi un peu plus bas 😉

Dans le char, trône la (petite) statue de Ganesh à cinq têtes (Pañchamukha Ganesh) représentant les 5 éléments.

Le char suivant est celui de Muruga, le frère de Ganesh. Il est tiré uniquement par des femmes. Le troisième char est celui de la déesse Durga.

Dans le cortège, des femmes portent sur leurs têtes des pots de terre cuite dans lesquels on y fait brûler du camphre. Régulièrement des femmes rajoutent des cubes de camphre dans les pots, pour que le feu ne s’éteigne jamais.

Bruler le camphre permet de purifier l’air contre les énergies négatives. Je ne sais pas si c’est efficace, mais ça permet de parfumer toutes les rues de l’arrondissement d’un seul coup ! 😉

Une petite star du cortège, c’est cette statue d’éléphanteau en résine. Elle pèse 70kg et vient tout droit d’Inde.

Revenons sur les noix de coco. Devant de nombreuses boutiques le long du parcours, les commerçant installent des autels individuels. Devant, ils disposent un tas de noix de coco recouvert de poudre de curcuma.

Quand le cortège approche, les noix de cocos sont toutes brisées dans la rue. La coque de la noix de coco représente la dureté de l’illusion du monde. Sa chair, c’est le karma de nos actions individuelles. L’eau représente l’égo humain.

Quand on brise la noix de coco, on se libère et on offre son cœur à la bénédiction du dieu Ganesh.

Et des noix de coco, il y en a des milliers qui sont brisées. Ça éclate de tous les côtés et on marche tout le temps dessus! 🙂

Le moment le plus intense je trouve, c’est quand les danseurs portant le kavadi semblent en transe. C’est un hommage à Idumban, qui était le disciple d’un grand sage hindou. Un jour, le sage lui demande de transporter deux collines près de sa maison. Le disciple part chercher les deux collines et les transporte sur ses épaules en utilisant un kavadi, un arceau en bois. Alors qu’il fait une petite pause, le dieu Muruga (le frère de Ganesh) décide de tester sa dévotion. Il prend la forme d’un enfant et se dresse sur une des collines. Idumban n’arrive plus à porter son Kavadi. Il voit l’enfant et veut le faire partir. Malgré sa grande force, il ne peut rien faire et va se battre contre le dieu et finir par mourir. Muruga, satisfait de sa dévotion, lui redonne la vie.

Depuis, porter un Kavadi est un grand honneur. Il est décoré avec des plumes de paon (la monture de Muruga) et il y a deux pochons symbolisant les collines et où les fidèles peuvent déposer des offrandes.

Les danseurs semblent infatigables même s’ils transpirent à grosses gouttes. Une espèce de transe communicative se dégage à ce moment. Régulièrement, on leur verse de l’eau sur les pieds pour les soulager.

Toute la journée, le long du parcours, des offrandes bénies, des friandises et des boissons fraîches sont offertes à la foule de fidèles et de curieux. Parfois, une voiture se gare à un carrefour, ouvre son coffre et distribue gratuitement de la nourriture indienne aux gens présents. Il y a un peu de bousculade, mais tout se fait dans la bonne humeur. C’est l’occasion de découvrir des spécialités culinaires 🙂

L’ambiance est véritablement festive. Malgré la foule et les bousculades incessantes, ça reste un évènement religieux et familial. C’est aussi un évènement « touristique » qui vaut le déplacement. Et parfois on y rencontre de véritables intrus ! haha

J’espère que cette lecture vous aura donné envie de participer à la prochaine fête de Ganesh à Paris!

5 idées de balades dans les Pyrénées-orientales

Je vous propose 5 idées de balades dans les Pyrénées-orientales.
On enfile ses lunettes de soleil, et c’est parti, hop en route! 🙂

  • Le village coloré de Collioure
  • L’Anse des Paulilles
  • Les Gorges du Gouleyrous
  • La Cascade des Anglais
  • La plage de Canet en Roussillon

Collioure

Entre Argelès-sur-Mer et la frontière espagnole, s’étend la côte Vermeille. Un des joyaux de ce littoral, c’est le village de Collioure. Il se trouve à une trentaine de kilomètres au sud-est de Perpignan. Collioure a une allure de carte postale. La petite ville est construite autour d’une baie aux eaux turquoises. (Plus d’infos sur le site officiel de la ville )

Collioure est dominée par une citadelle fortifiée, c’est le Château Royal. Il est construit par les templiers au XIIIe siècle. Il devient ensuite la demeure d’été des rois de Majorque. En 1690, Vauban décide de l’agrandir et fait raser toute la vieille ville. En 1939, la forteresse devient une prison. Depuis 1950, le monument est ouvert au public et on peut le visiter (4€).

Sur les hauteurs, on voit une autre fortification. Il s’agit du fort de Saint-Elme. Il a été construit à l’emplacement d’une ancienne tour de guet par l’empereur Charles Quint au XVIe siècle. Il a été ensuite consolidé par Vauban. Il gardera une vocation militaire jusqu’en 1903 avant d’être laissé à l’abandon.

Après des rénovations récentes, en 2008, il ouvre au public en tant que musée privé. Vous y trouverez de belles collections d’armes et armures du XVIe siècle et une vue superbe sur le région.
Plus d’infos sur le site officiel.

On peut voir aussi un ancien moulin à vent. Il date du XIVe siècle. C’est le plus ancien moulin du Roussillon.

En plein cœur du village, on peut se poser sur trois belles plages : la plage du Port d’Avall (ou plage du Faubourg), la plage Borama, et la plage Saint-Vincent (la plus petite).

La plage de Borama reste ma préférée 🙂

Entre la plage de Borama et la plage de Saint-Vincent, il y a l’église Notre-Dame des Anges de Collioure.

Quand Vauban fait raser la vieille ville en 1690 pour agrandir les fortifications, il décide aussi que Collioure n’a plus besoin de port, et donc de phare. Comme l’ancienne église a été rasée, les habitants obtiennent l’autorisation d’utiliser l’ancien phare du village qui servira de clocher pour la nouvelle église 🙂

Il faut absolument se promener et se perdre dans le dédales des ruelles colorées du quartier Mouré. C’est l’ancien quartier des marins et pêcheurs.

Collioure est aussi connu pour son apport à la peinture, et plus particulièrement au fauvisme. En 1905, Henri Matisse cherche un tournant artistique. Il est invité à passer l’été à Collioure, par son ami peintre Paul Signac. Matisse tombe sous le charme de la ville et de ses couleurs. Il est rejoint par le peintre André Derain. Ensemble, durant l’été ils peignent les couleurs de Collioure, et créent un nouveau style.

« Vue de Collioure » Matisse

Au Salon d’Automne à Paris en 1905, leurs toiles sont exposées. C’est le scandale, le choc artistique. Un critique d’art parlera de « Donatello au milieu des fauves ». Le fauvisme est né! … un peu grâce à Collioure 😉
Si le sujet vous intéresse vous pouvez visiter la Maison du fauvisme (10 Rue de la Prud Homie).

En s’éloignant des ruelles on rejoint la petite Chapelle de Saint Vincent. C’est sans doute la chapelle la plus connue de la région, et sans doute la plus petite aussi. Elle est nichée sur un rocher à l’entrée de la baie. Avant la construction de la digue, ce rocher était une île. La chapelle date de 1642.

Selon la légende c’est à cet endroit que Saint Vincent de Collioure aurait souffert le martyr en l’an 303. Chaque année, le 16 aout, il y a une grande procession dans le village, suivie d’un feu sur la plage, en son honneur.

Depuis la chapelle Saint Vincent, il y a une très belle balade à faire sur un chemin côtier le long des rochers.

C’est aussi un bon endroit pour profiter du coucher de soleil sur la jolie ville de Collioure 🙂

L’Anse de Paulilles

Entre Port-Vendres et Banyuls-sur-Mer, le long de la côte Vermeille, se cache un petit trésor : l’Anse de Paulilles. L’entrée est assez discrète. Après un rond-point sur la D914, une grand grille ouverte et des arbres, on y va … car ici se trouve une des plus belles plages de la région!

Avant tout, il y avait ici la Dynamiterie de Paulilles. La dynamite venait d’être inventée en 1867 par le savant suédois Alfred Nobel. Il s’est installé de nombreuses années en France pour perfectionner son invention. En 1870, l’état français craint une attaque de la Prusse et décide de construite une usine Nobel le plus loin possible des lignes du front de l’est. L’usine sera en activité jusqu’en 1984.

Après l’arrêt de l’usine, tout le site a faillit être transformé en grande marina touristique. Heureusement, le conservatoire du littoral a réussi à préserver et réaménager tout l’environnement. C’est maintenant un petit havre de paix.

On peut se balader dans des jardins magnifiques.

Enfin, on découvre l’anse de Paulilles, un petit bijou caché entre les rochers.

Une belle plage dans un cadre splendide vous accueillera pour passer une belle journée 🙂

Si vous vous demandez qui a eu l’idée bizarre de mettre un énorme mur en béton pour empêcher un accès facile à la plage ? … et bien ce sont les nazis. C’est un reste du Südwall, un ensemble de fortifications construites en 1943 le long des côtes française de la mer Méditerranée afin d’empêcher un débarquement des alliés.

Les Gorges du Gouleyrous

Les Gorges du Gouleyrous ne sont pas très connues. Et pourtant, elles méritent de l’être! C’est un petit trésor caché. On les surnomme aussi parfois les Gorges de Tautavel car elles sont juste à la sortie du village de Tautavel. Un petit panneau discret les indique sur la route D9, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Perpignan. Les vignerons du coin, sentant le bon filon, ont aménagé un grand parking au milieu des vignes, payant (5€).

C’est un petit canyon, à peine 100m de long et des falaises d’environ 50m de haut. Il a été creusé par la rivière du Verdouble.

Il est « interdit de s’y baigner » … Mais bon, hein, tout le monde se baigne 🙂 Depuis un arbre devenu « plongeoir officiel » ou depuis les rochers directement dans l’eau claire, à vous de choisir votre lieu de baignade 🙂

Le site est surtout connu par les locaux et il est un peu laissé « dans son jus ». Il n’y a pas vraiment d’entretien ou de mise en valeur des gorges. Le civisme et la propreté ne sont pas toujours au rendez-vous … C’est un dommage, il y a vraiment possibilité d’en faire quelque chose d’encore plus joli.

Les falaises des Gorges de Gouleyrous sont aussi un spot d’escalade mondialement connu. Il y a près de 400 voies praticables! Des sentiers de randonnées serpentent aussi sur les hauteurs.

Complètement ignorée, dans les rochers sur la droite, en hauteur, il y a la Caune de l’Arago. C’est la grotte où on a retrouvé dans les années 60-70 les restes du premier homme de France : l’homme de Tautavel. Ces ossements datent d’au moins 500.000 ans avant JC.

La Cascade des Anglais

Une chouette balade à faire, c’est partir à la découverte de la Cascade des Anglais. Il faut se rendre en direction du mont Canigou, à Vernet-les-Bains. C’est un petit village à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Perpignan. La direction à suivre est bien indiquée dans le village. Une fois au parking, cette balade vous prendra environ 1h de marche tranquille. Elle est adaptée à toute la famille.
A noter : par arrêté municipal, le sentier est en principe interdit du 30 septembre au 1er avril. Il ne faut pas non plus y aller en période d’orage ou de pluies.

Une bonne partie de la rando se passe à l’ombre des arbres, dans les gorges de Saint-Vincent. On longe constamment la rivière de Saint-Vincent qui descend des Conques du Canigou. En été, c’est vraiment agréable de trouver cette fraicheur 🙂

La première cascade qu’on découvre c’est la cascade de Saint-Vincent. Jolie, mais pas tellement impressionnante 😉

Environ 15 minutes après vous arrivez à la Cascade des Anglais. On l’entend de loin, bien cachée dans son décor rocheux. Elle est très jolie et c’est une belle surprise 🙂

Si vous êtes motivés, vous pouvez essayer de vous baigner un peu. Personnellement j’ai faillit y laisser quelques orteils. A mon avis la température de l’eau doit à être de -60°C ! haha 😉

Le retour se fait par le même chemin 🙂

Plage de Canet en Roussillon

Et bien évidemment, la plage ! 🙂 Depuis Perpignan, en une dizaine de minutes on arrive à la plage de Canet en Roussillon.

Elle a tout pour plaire : 9 km de sable fin et en moyenne 320 jours de soleils par an. A l’horizon, on voit les Pyrénées. C’est une plage très familiale. La pente dans l’eau est toute douce.

Si la tramontane souffle fort (ce qui est souvent le cas dans la région), inutile d’aller à la plage 😉

Malgré sa grande fréquentation, la plage est labellisée pavillon bleu d’Europe, et j’y ai vraiment passé des superbes journées 🙂

Découvrez le Viaduc de Millau

Si on se promène dans l’Aveyron, il y a un « monument » à voir absolument, c’est le Viaduc de Millau. Comme l’autoroute passe dessus, ça tombe bien, on y va, hop en route! 😉

Pour avoir le privilège de traverser un des plus beaux viaducs du monde, il faudra s’acquitter d’un péage. Le tarif est de 8.60€ (10.80€ en saison estivale), c’est le péage le plus rentable de France. C’est un peu cher pour 2.4km de traversée, mais vous économisez énormément de temps. Surtout, vous roulez sur une merveille d’ingénierie, une fierté française!

La genèse du Viaduc de Millau

Pendant de nombreuses années, la traversée du Tarn était synonyme d’embouteillages. En été, la jolie petite ville de Millau devenait le lieu de galère en voiture. A la fin des années 80, plusieurs options sont étudiées pour améliorer cette situation. Celle qui est retenue en 1989, c’est de construire un grand viaduc franchissant le Tarn. S’en suit de nombreuses études sur le type de viaduc qui sera construit. Ce n’est qu’en 1996 que la solution du viaduc multi-haubané est retenue. L’architecte britannique Norman Foster remporte le concours. L’ingénieur français Michel Virlogeux se charge de la réalisation. L’idée initiale était que l’autoroute passant sur le viaduc serait gratuite. Mais le coût de la construction étant trop élevée, l’état a décidé de s’associer au privé pour le financement. Le groupe Eiffage obtient la concession de l’ouvrage jusqu’en 2079! La première pierre est posée en 2001 et le viaduc est ouvert à la circulation en 2004.

Il n’aura fallu que 3 ans pour construire ce chef d’œuvre.

Le viaduc de tous les records

Le Viaduc de Millau mesure 2460m de long. Le point le plus haut (pile + pylône) atteint 343m de haut. C’est le plus haut du monde. La route franchit le Tarn a une altitude de croisière de 245m 🙂 Les 7 piles supportent un tablier (là où passe la route) de 32m de large.

Les piles du pont, comme le tablier, on été spécialement conçues pour pouvoir résister à des vents de 200km/h.

Et au fait, pourquoi « viaduc » et pas « pont » ? Un pont relie deux rives, un viaduc relier deux points de grande hauteur. Voilà, vous savez tout 😉

L’aire du Viaduc de Millau

Pour profiter de la belle vue sur le Viaduc de Millau, une aire de repos spécifique a été créée sur l’A75. Sur place il y a une expo gratuite « Viaduc Expo » sur l’histoire de la construction du viaduc. Il est aussi possible de réserver des visites (payantes) pour accéder au belvédère privé situé sous le tablier. Il est même possible de pénétrer à l’intérieur de la pile la plus haute du monde (pour 12€ tout de même). Billets en vente à Viaduc Expo.
Plus d’infos sur le site officiel : www.leviaducdemillau.com

L’arrêt sur cet aire de repos vous offre aussi ce magnifique panorama sur la ville de Millau et les Causses.

Prochaines étapes de votre visite dans cette belle région ? 😉

York, la perle du Yorkshire

Vous voulez découvrir une des plus belles villes du Yorkshire en Angleterre, alors il faut aller à York. Ce n’est pas très loin de Leeds et c’est vraiment un plaisir de s’y balader. Découvrons ça ensemble, hop en route ! 🙂

La ville de York a été fondée par les romains en l’an 71 sous le nom de Herboracum. Deux empereurs romains y trouvèrent la mort lors de leurs expéditions vers le Mur d’Hadrien. Puis les anglo-saxons envahirent la région et York devint une ville importante du royaume de Northumbrie. Ensuite les vikings arrivent, et pendant près d’un siècle elle sera la capitale du royaume viking de Jórvík avant de faire partie du Royaume d’Angleterre. York bénéficiera d’une prospérité tranquille avec le commerce de la laine. Lors de la révolution industrielle, elle tombe un peu dans l’oubli et contrairement à beaucoup d’autres villes, elle ne change pas trop. Les vieilles maisons ne sont pas détruites pour construire des usines. Ce charme ancien permettra à York de trouver un nouvel essor grâce au tourisme et de nombreuses restaurations sont réalisées. York est maintenant une sorte de ville musée tranquille, et tout y parait paisible et agréable 🙂

La ville est traversée par rivière Ouse. Il y a de belles balades à faire le long des quais, comme sur Wellington Row par exemple.

Note insolite : une loi ancienne serait encore en vigueur à York. Elle dit qu’il est légalement possible de tuer un écossais en ville s’il porte un arc et des flèches! 😐

Un très bel endroit où flaner, c’est dans les jardins du muséum : York Museum Gardens. Ils ont été aménagés et ouverts au public en 1835.

On y trouve les ruines de l’Abbaye Sainte-Marie d’York (St Mary’s Abbey). L’abbaye dédiée à la Vierge Marie a été fondée en 1088. Elle s’étend rapidement et devient l’abbaye la plus riche et la plus puissante du nord de l’Angleterre. Tout s’arrête avec fracas en 1538, quand le roi Henri VIII, suite à son conflit avec le pape pour faire annuler son premier mariage, décide de couper les ponts avec Rome. C’est la Réforme anglaise, et pour marquer le coup, tous les monastères et les abbayes du royaume sont dissous.

C’est ainsi que s’achève brutalement l’histoire de l’Abbaye Sainte-Marie d’York. Les batiments sont détruits et les pierres sont réutilisées pour la construction de nouvelles églises et il ne reste plus que ces ruines.

Le grand monument de la ville, c’est incontestablement la Cathédrale d’York (York Minster). Elle est bâtie sur les restes d’anciennes églises dévastées par les diverses invasions subies par la ville. Sous sa forme actuelle, sa construction a débuté au XIIe siècle et elle est achevée en 1472. Elle mesure 60m de haut sur 160m de long.

C’est la plus grande construction gothique d’Europe du nord. L’intérieur est plutôt sobre car au temps de la Réforme, tous les trésors liés à l’église catholique romaine ont été détruits. L’entrée de la cathédrale est payante (11.50£).
Plus d’infos ici

Près de la cathédrale, il y a cette statue. Ce n’est pas du tout un quelconque roi ou prince anglais. Il s’agit de l’empereur romain Constantin. En l’an 306 à York, à la mort de son père il est acclamé par les légions romaines.

Il deviendra un grand Empereur (après pas mal de rebondissements car à ce moment, l’empire romain compte 7 empereurs) et créera entre autres la grande cité de Constantinople à l’emplacement de l’ancienne Byzance.

Dans le square face à la cathédrale, ce jour là, un pianiste n’avait pas froid aux doigts 🙂

Derrière lui, un monument discret est dédié aux combattants de la Guerre des Boers entre 1899 et 1902 quand l’empire britannique a lutté contre l’indépendance de l’Afrique du Sud.

Tout proche de la cathédrale, il y a la Rue Stonegate qui est sans doute la rue la plus touristique de la ville.

C’est dans cette rue qu’est né le personnage le plus célèbre de York : Guy Fawkes en 1570. Son nom vous est peut être familier (V pour Vendetta?). Il a tenté avec des complices d’assassiner le roi Jacques Ier en 1605, pour mettre un roi catholique à la place. Le projet consistait à faire exploser une cave remplie d’explosifs, qui était juste en dessous de la Chambre des Lords à Londres! Arrêté in-extremis, il évite la pendaison en sautant de l’échafaud et se brise la nuque. Il y a une plaque commémorative au n°32 de la rue. La maison originelle a été détruite depuis longtemps.

Sur une note plus joyeuse et gourmande, au bout de la rue, on arrive sur une véritable institution à York. Sans doute le salon de thé le plus réputé d’Angleterre, rien que ça! 🙂 C’est le Bettys Cafe Tea Rooms (6-8 St. Helen’s Square). C’est raffiné, c’est élégant, c’est super gourmand, c’est bon, et c’est pas si cher que ça! Ne pas y aller serait une grave erreur croyez moi 😉

Je vous conseille de monter à l’étage dans les petits salons avec cheminée 😉

L’histoire est assez marrante : tout commence par un orphelin Suisse, Fritz Bützer, boulanger de formation. Il débarque en Angleterre pour du travail, mais il ne parle pas un mot d’anglais et a perdu toutes les papiers sur son futur employeur! A force de travail, il surmonte les galères et créé ce concept de salon de thé où toutes les pâtisseries sont préparées maison. Le premier Bettys a ouvert en 1919 à Harrogate à une trentaine de kilomètres de York.
Plus d’infos ici

Un autre endroit à ne pas louper à York, c’est la rue The Shambles. C’est celle qui a servie de modèle pour le Chemin de Traverse dans les films Harry Potter. Et si vous n’êtes pas fans du magicien, c’est juste une belle rue médiévale (envahie par les boutiques Harry Potter…).

Un autre héritage médiéval à York, c’est Clifford’s Tower. Cette petite tour est assez discrète en haut de sa petite colline. C’est tout ce qu’il reste du Château d’York construit par Guillaume le Conquérant au XIe siècle. Le donjon a été détruit et reconstruit à de nombreuses reprises au cours des siècles avant de finir par tomber en ruines. Au 18e siècle, on lui trouve une utilité, ce sera une prison! Elle sera en activité jusqu’en 1929.
Pour en savoir plus et préparer sa visite.

Dans ce donjon a eu lieu un épisode sanglant, un des pires pogroms d’Angleterre. En 1190, suite à un incendie accidentel dans la ville, la population en colère se tourne contre les juifs de York. La communauté juive se réfugie en vitesse dans le donjon pour échapper à la foule en colère. Les autorités donnent le siège du donjon. Pour ne pas se faire lyncher par la foule, le rabbin décide de procéder à un suicide collectif. Près de 150 personnes sont égorgées par sa main et lui seul se suicidera (ce qui est interdit par sa religion).

Un petite vue de York depuis le Lendal Bridge.

Séjour réalisé en janvier 2010

Roadtrip dans le sud de la Tunisie

Cette page retrace principalement un séjour sous forme de roadtrip dans le sud de la Tunisie. Préparez vous à en prendre plein les yeux ! Préparez vous aussi à manger de la harissa haha (souvenir impérissable d’un beignet aux pommes sauce harissa à la plage !). Allez, on arrive à Tunis, on prend la voiture, on met la musique, on allume la climatisation, et c’est parti, hop en route ! 🙂

(suite à un malheureux problème technique, j’ai perdu toutes mes autres photos de Tunis, Carthage, Sidi Bou Saïd, Bizerte et Tabarka … tristesse tristesse …)

Petit aperçu de la banlieue de Tunis
Le très beau lustre de l’hôtel de ville de Tunis, pendant un très chouette mariage 😉

Hammamet

Située à 60km au sud de Tunis, Hammamet est une des principales stations balnéaires de Tunisie. Le logement se trouvait dans un grand hôtel club (tout ce que j’adore évidemment…) : le Lalla Baya. Il y a surement mieux, il y a probablement pire. De toute façon tout le littoral est envahi par ces grands centres dédiés au tourisme de masse. Il y a un public pour tout, mais fuyons cet endroit au plus vite ! 🙂

Loin des complexes touristiques, il y la Hammamet historique avec sa petite médina et la kasbah.

Monastir

160km au sud de Tunis, la ville de Monastir doit son nom à une communauté de moines qui avait construit un monastère sur cette presqu’ile, juste avant la conquête musulmane. C’est la ville de naissance de Habib Bourguiba, le premier président de la Tunisie (de 1957 à 1987). Il a fait construire (de son vivant) un grand mausolée pour y être enterré. Cet attachement de Bourguiba pour sa ville natale a permis de recevoir beaucoup d’argent pour son entretien et son développement. La ville est desservie par le train, possède un aéroport international et un port de commerce. Monastir m’a laissée le souvenir d’une ville ouverte, dynamique et agréable 🙂

En continuant la route vers le sud, il faut aller dans la petite ville de El Jem. Elle mérite le détour pour son amphithéâtre romain. C’est le plus grand du monde romain après celui du Colisée de Rome ! Cette ville a connue son apogée lors de l’essor de la culture de l’olivier sous les romains et du commerce de la céramique. En l’an 238, après une révolte de la population contre un nouvel impôt, la cité sera détruite par les légions romaines. Dans les siècles qui suivent, elle pansera ses blessures, et on retrouve encore de nos jours des trésors de pièces d’or romaines. Je n’ai pas de photos, car ce jour là, il faisait 48 degrés !! Autant vous dire que la visite de amphithéâtre a été plutôt brève et que malheureusement on a vite repris la voiture pour tenter de trouver du frais un peu plus loin 🙂

Djerba

Qui ne connait pas Djerba ? C’est une destination phare du tourisme en méditerranée depuis des décennies. Djerba est habitée et connue depuis l’antiquité sous divers noms. Dans l’Odyssée d’Homère, le célèbre héros Ulysse en revenant de la Guerre de Troie a faillit y rester coincé après avoir gouté des lotos, des fruits qui font perdre la mémoire. C’est une ile de 25km sur 20km, et qui est relativement plate (le sommet culmine à 53m). L’accès à Djerba se fait via l’aéroport ou par une route de 7km, la Chaussée romaine, la reliant au continent africain. Il n’y a aucun cours d’eau sur l’ile et l’eau de pluie est stockée dans des citernes souterraines depuis l’antiquité. Comme il faut toujours plus d’eau pour la population et les touristes, une grande canalisation le long de la route apporte l’eau du continent. L’eau de mer est aussi dessalée pour alimenter le réseau. On trouve aussi quelques piscines thermales naturelles.

Tout autour de l’ile, c’est des hauts fonds, où la profondeur ne dépasse jamais 10m. Djerba est célèbre pour ses 20km de grandes plages de sable fin 🙂 et tout autant de complexes hôteliers … et il y a une très grande population de touristes allemands buveurs de bières (de nombreux panneaux sont d’ailleurs sous-titrés en allemands).

Le « grand classique » à Djerba, c’est l’excursion en bateau pirate qui vous dépose sur l’ile aux flamants roses (qui est en réalité un banc de sable rattaché à l’ile de Djerba). C’était surement une expérience sympa à vivre à une certaine époque, mais c’est vraiment une usine à touristes. Personnellement des flamants roses, j’en ai pas vu et je pense que ça fait longtemps qu’ils ont déserté les lieux.

Il y a une importante communauté juive à Djerba. D’après la légende, sa présence ici remonterait à l’antiquité, après la chute du Temple de Salomon. Il y a plusieurs synagogues sur l’ile mais la Synagogue de la Ghriba est la plus connue : elle contiendrait des reliques du Temple de Salomon (une porte et quelques pierres).

Cette même synagogue est aussi connu pour le terrible attentat subi en 2002 et qui a fait 21 victimes…

Je n’ai pas un souvenir incroyable de Djerba. J’ai largement préféré les quelques jours passés à Zarzis, à quelques kilomètres de là, uniquement entouré de tunisiens et tunisiennes. C’est là aussi où j’ai gouté le poisson qui rend fou! C’est le Chelba (ou la saupe en France, une sorte de petite dorade rayée). Ce poisson a l’habitude de manger une algue spéciale, et il accumule les toxines dans le corps. Quand on en mange on peut rapidement avoir des hallucinations. Il parait que l’effet est plus concentré dans les joues du poisson. A ce qu’il parait, ce poisson n’est plus consommée qu’en France, en Tunisie et en Israël. C’est à Zarzis aussi où je me suis retrouvé embarqué dans une soirée avec des tunisiens, cachés dans une vieille tour, au clair des étoiles, à boire de la Boukha en cachette. La Boukha (se prononce ‘bou-rha’), c’est de l’eau de vie à base de figues. Cet alcool a été inventé à la fin du XIXe siècle par un juif tunisien et il est donc kasher. Cet alcool à 36°C se trouve « facilement ». Il suffit d’aller à l’arrière des épiceries, là on vend ce qui ne doit pas être vu. Si vous buvez de l’alcool, c’est aussi l’occasion d’acheter de la Celtia, la bière tunisienne.

Quand on reprend la route et qu’on s’éloigne un peu de la côte, on s’aperçoit qu’on est réellement dans une zone terriblement désertique.

Matmata

Quand on arrive près du village de Matmatat-Al-Qadimal, on est accueilli par un petit mot dans la montagne, sympa! Ne pas confondre avec la Nouvelle Matmata, qui comme son nom l’indique, est la nouvelle localité. Les matmata appartiennent à une ancienne tribu berbère. L’ancien village dans les montagnes, c’est celui qui nous intéresse.

Ce petit village minuscule perdu dans les montagnes à 600m d’altitude est renommé pour ses habitations troglodytiques! On creuse un grand puits bien large, un petit escalier pour y descendre et sur tout le tour de l’ouverture, on creuse les pièces de l’habitation : chambre, cuisine, etc … Ce système permet de se protéger des grosses chaleurs qui règnent dans la région.

Et si vous regardez plus en détail, ça vous rappelle peut être quelque chose ? Star Wars! C’est le décor qui a servi pour la maison où grandit Luke Skywalker.

C’est maintenant un petit hôtel, Sidi Driss, mais il est toujours possible de venir visiter, si on y dort pas 😉

Pour les fans de Star Wars encore, en continuant la route vers le sud en direction du Sahara, on arrive à Tataouine. Cette ville a donné son nom à la planète Tatooine de la saga de Georges Lucas, et de nombreuses scènes y ont été tournées. Cette ville est aussi connue pour l’expression « aller à Tataouine ». Cette expression est due au bagne militaire de l’armée française, en exercice jusqu’en 1938. Pour ses conditions de vie très dures et pour son isolement, ce bagne représentait un peu un voyage interminable pour arriver dans une terre infernale. L’expression est restée mais le bagne a fermé. Le bâtiment sert maintenant de caserne pour l’armée tunisienne. La ville est aussi connue pour son souk typique et pour les nombreux ksour aux alentours. Ce sont des sortes de greniers collectifs.

On prend maintenant la direction de l’est, on longe le Sahara. Le sable est partout.

Douz

Justement, nous arrivons à la localité de Douz, surnommée la « Porte du Sahara ». Pendant longtemps, cette petite ville (et son oasis) était une escale importante pour les caravanes de dromadaires qui traversaient le Sahara et arrivaient en Tunisie. La porte du Sahara, justement la voici, et quand il y a une porte, hop en route, on la franchit!

A dromadaire ou à cheval, faites votre choix! 🙂

Vers l’infini et au delà … des dunes à perte de vue! Ça parait toujours incroyable de se dire qu’on peut parcourir des milliers de kilomètres dans cet univers désertique, ne pas se perdre, et trouver une petite oasis perdue comme un grain de sable au milieu du Sahara 😉

Chaque année a lieu à Douz le Festival International du Sahara. C’est une sorte de Jeux Olympiques des tribus nomades (pour en savoir plus).

Il n’y a pas que le désert à Douz, loin de là. La culture de la datte est omniprésente, et c’est un vrai petit paradis vert au milieu des vastes étendues désertiques. Le jeudi il y a le marché aux bestiaux avec ventes d’ânes et surtout de dromadaires (le côté exotique pour nous quoi).

Pour le logement, c’était à l’hôtel Saharien Paradise.

On reprend la route direction le nord-ouest, pour la traversée du Chott El Jérid. C’est le plus grand lac salé du Sahara, il fait plus de 100km de long. La traversée du lac hors de la route n’est pas conseillée, surtout après des pluies, car le sol se transforme en vase et vous pourrez dire adieu à votre véhicule (on peut apercevoir quelques carcasses encore prises au piège).

L’eau qui alimente le chott arrive en partie des rares pluies hivernales, mais surtout des nappes phréatiques situées en profondeur. Le limon salé se mêle à l’eau et remonte à la surface. En s’évaporant il laisse le sel à l’air libre.

Cette étendue désertique et salée jusqu’à l’horizon vous donnera un sacré coup de dépaysement. Avec la chaleur vous y verrez peut être même quelques mirages 🙂

On passe ensuite par la petite ville de Tozeur, qui est le plus grand oasis de la région. Puis, direction le nord vers les montagnes.

Tamerza

50km au nord de Tozeur, on arrive à Tamerza (ou Tameghza). C’est une petite oasis de montagne avec un village collé à la palmeraie. Une fois sur place direction le canyon de Tamerza. La balade est sans aucune difficulté, mis à part le soleil implacable.

Une fois que vous aurez triomphé de l’éternelle épreuve des échoppes pour touristes, à vous le plaisir de la découverte de la cascade de Tamerza 🙂 Un lieu qui parait vraiment irréel quand on se rappelle toutes les étendues désertiques traversées en voiture.

Le débit parait ridiculement faible. En cas de fortes pluies, c’est tout le contraire. En 1969, il y a eu une terrible inondation qui a fait des centaines de morts. Les ruines du village abandonné sont encore visibles au bord de l’oued.

N’hésitez pas à grimper sur les hauteurs vers le marabout. Vous aurez un super panorama sur les montagnes aux alentours.

La frontière avec le désert algérien est juste de l’autre côté de ce massif. La région a été frappée par une attaque terroriste du GIA en 1995 qui a tué 6 gardes nationaux.

Oasis de Chebika

En reprenant la route vers le sud, vous pouvez faire une petite halte à l’oasis de Chebika qui possède elle aussi une (toute) petite cascade.

Soyez vigilants sur la route. En Tunisie, il n’est pas rare de voir des troupeaux de chèvres traverser l’autoroute sans crier gare ! Et dans le sud, c’est les dromadaires ! 🙂

Nefta

La dernière étape de ce roadtrip dans le sud tunisien, c’est la petite ville oasis de Nefta. Elle est à 30km de la frontière algérienne. Située à la frontière du Chott el-Jérid et du désert du Sahara, l’oasis de Nefta a un charme supplémentaire car elle est dans une dépression naturelle, la « corbeille de Nefta ».

Si en prime, vous avez un logement bien situé, c’est le paradis! Et le paradis pour nous pendant quelques jours, c’était la Villa Dar Zargouni (Route Sahara Palace) 😉

Quand on vous dit qu’il faut faire attention aux dromadaires ! 😉

J’espère que ce petit aperçu désertique de la Tunisie vous donnera à vous aussi l’envie d’aller l’explorer !

Séjour réalisé en 2003

Un grand week-end pour découvrir Le Havre

Quand on pense à visiter la Normandie, on ne pense pas forcément à visiter Le Havre. Grave erreur ! Même si la ville du Havre a une réputation de port industrielle et de centre ville « laid », c’est véritablement une belle ville agréable. Elle mérite largement qu’on vienne y passer un grand week-end ou plus. On va voir ça ensemble, hop en route au Havre! 🙂

La ville du Havre a été créée en 1517, par décision du roi François 1er. Le port d’Harfleur n’était plus exploitable, il fallait défendre l’embouchure de la Seine et avoir un port pour abriter la flotte française afin de prévenir un débarquement anglais. C’est le site du Havre qui est choisi. Au fil des siècles, la zone portuaire s’agrandit et se fortifie. Les expéditions vers le Nouveau Monde, la Traite des Noirs et le commerce maritime international feront la richesse de la ville, qui devient un des ports européen les plus importants. La ville du Havre s’articule autour des points suivants :

  • Le centre ville
  • La plage
  • Les docks et le port
  • La ville haute

Le centre ville du Havre

En septembre 1944 l’aviation anglaise bombarde le centre ville du Havre. Cet épisode de la guerre reste polémique, car les troupes nazies étaient principalement sur les hauteurs de la ville et l’état major dans les villas du bord de mer. Ce bombardement massif a surtout fait des milliers de victimes civiles et a totalement rasé le centre ville. Quand les troupes alliées pénètrent dans la ville, ils sont surnommés les « libératueurs » et l’accueil de la population est glacial …

Après la guerre, l’idée du nouveau gouvernement français est de faire de cette «ville martyre l’une des plus belles cités d’Europe». Le projet de reconstruction est confié à Auguste Perret. C’est un architecte spécialise dans l’utilisation du béton armé. De 1945 à 1960, la ville renait. C’est le règne des lignes droites, des rues perpendiculaires, des façades toutes identiques et le gris du béton qu’on retrouve partout. Depuis 2005, le centre ville du Havre est classé au patrimoine mondial de l’Unesco (pour en savoir plus).

L’hôtel de ville du Havre est un exemple typique de l’architecture d’Auguste Perret. Il est inauguré en 1958. La tour de 18 étages fait 90m de haut. Elle est sensée rappeler un beffroi.

Le monument le plus emblématique de la ville du Havre, c’est sans doute l’église Saint-Joseph. C’est l’œuvre d’Auguste Perret et de Raymond Audigier (l’autre architecte chargé du projet). Le premier veut qu’elle soit un monument dédié aux victimes de la guerre, et le second (très croyant) veut qu’elle soit comme un cierge de remerciement à Dieu pour le retour de la paix. Sa construction a nécessité 50.000 tonnes de béton. Elle est achevée en 1956 et sa tour octogonale fait 107m de haut.

L’intérieur de l’église est assez étonnant. Il n’y a aucun pilier et l’espace est totalement ouvert. Le volume de 50.000m3 est totalement ouvert.

Le puits de lumière de la « tour-lanterne » juste au dessus de l’autel central, en plein centre de l’église, lui donne une identité vraiment particulière. Les nombreux vitraux sont l’œuvre de l’artiste Marguerite Huré.

Un autre lieu emblématique du Havre, c’est son volcan! 🙂 L’histoire commence en 1961, quand André Malraux veut offrir l’art et la culture à tous. La première Maison de la Culture de France née au Havre. Elle est hébergée dans un musée puis dans l’hôtel de ville. La ville décide d’aménager la grande place dans le prolongement du Bassin du Commerce et fait appel au célèbre architecte brésilien Oscar Niemeyer (l’architecte de Brasilia!). Il créé le « volcan », inauguré en 1982 et qui devient le siège de la Maison de la Culture. L’ensemble devient l’espace Niemeyer.

Le bâtiment abrite la Scène Nationale, avec une salle d’une capacité de 800 places. En 1990, La Maison de la Culture est officiellement renommée Le Volcan.
Plus d’infos sur la Scène Nationale du Havre.

Note gourmande : un très bon restaurant en face du Volcan, c’est le Grignot (53 Rue Racine). Ce grand bistrot est un classique de la cuisine du Havre depuis 1978 (plus d’infos ici). Testé et approuvé! 🙂

L’autre grand bâtiment culturel de la ville, c’est le MUMA (musée d’art moderne André-Malraux). C’est le premier musée reconstruit en France après la Seconde Guerre Mondiale. Il remplace le musée d’art du Havre, totalement détruit par les bombes alliées. Il est inauguré par André Malraux en 1961.
Plus d’infos sur le site officiel

On distingue des petits personnages sur le mur du MUMA, ce sont des gouzous! Ce petit bonhomme rondouillard est la création du graffeur Jace. Ce street artiste havrais a peint ses gouzous dans tous les recoins de la ville (et ailleurs dans le monde). La chasse aux gouzous est presque devenu un sport local 😉 En voici quelques uns :

Le Havre, côté plage

Juste à côté du centre ville du Havre, il y a 2 kilomètres de plage (principalement du galet). Un gros effort a été réalisé ces dernières décennies pour améliorer la qualité de l’eau et de la plage. Depuis 1994, une très belle promenade a été aménagée tout le long de la plage et c’est vraiment super agréable de s’y balader.

La tradition havraise, c’est les cabanes de plage. Elles se transmettent de génération en génération. Elles sont partout, elles sont colorées, et tout le monde reste dedans juste au bord du chemin, au lieu d’aller un peu plus loin près de la mer !?! Ce comportement sera toujours un mystère pour moi haha 😉

En 1905, un homme d’affaire parisien décide d’investir une partie de la côte inoccupée à Sainte-Adresse. Il la transforme en une station balnéaire, c’est la naissance « Nice havrais ». En 1914, alors que la Belgique est envahie par les armées allemandes, le gouvernement belge s’enfuit et vient s’installer précisément ici. Ils emménagent dans un grand ancien hôtel de luxe avec vue sur la plage, l’immeuble Dufayel. Il devient le centre de l’administration belge jusqu’en 1918! En souvenir devant l’immeuble, il reste encore une discrète boite aux lettres rouge. Elle rappelle qu’ici se trouvait le centre de réception et d’émission de la Poste et des télégrammes belges.

Le long de la plage il y a l’estacade de Sainte-Adresse. C’est une belle passerelle construite à l’origine en 1885 pour atteindre la mer à marée haute sans avoir à marcher sur les galets.

L’estacade a même son propre festival musical : Festivalestacade

En regardant vers la côte, on observe un mélange improbable : un éléphant, la Chapelle Notre-Dame des Flots, des villas bourgeoises et un pain de sucre!
L’éléphant, c’est la sculpture « à l’origine » de l’artiste Fabien Mérelle, installé sur le toit de la Cité Océane depuis 2018.

Le « pain de sucre » est en réalité un tombeau érigé par son épouse en hommage au général Lefebvre-Desnouettes. C’est un général de la Révolution et de Napoléon, mort lors d’un naufrage sur les côtes irlandaise en 1822.

En continuant la balade le long de la plage, on arrive au bout de la promenade aménagée. C’est « le bout du monde ». Évidemment on peut toujours continuer la promenade sur les galets, aux pieds des falaises.

Continuez de marcher encore un petit peu, genre 30km dans cette direction, et vous arriverez aux falaises d’Etretat ! 🙂

Note gourmande : Après cette balade le long de la plage jusqu’au bout du monde littéralement, il faut bien se reposer et reprendre des forces en mangeant et en buvant. Je vous conseille : le bar Le Bout du Monde (1 Boulevard Foch).

Le Chat Bleu (6 Rue du Roi Albert) est une autre excellente adresse, et je vous conseille de grimper à l’étage afin de profiter de la terrasse avec sa belle vue (plus d’infos ici).

N’oubliez pas non plus de vous arrêter à l’Abri-Côtier (24 Boulevard Albert 1er), un bar cool et sympa comme on les aime !

Le Havre, côté bassins et côté port

Pour marquer l’entrée dans la zone portuaire du Havre sur le quai de Southampton, il y a cet étonnant assemblage de conteneurs, c’est la Catène de Conteneurs. Cette « petite et discrète » réalisation de l’artiste Vincent Ganivet mesure 28m de haut et pèse 248 tonnes. Initialement prévue pour le festival un été au Havre en 2017, elle est maintenant une œuvre permanente de la ville.

Pour en savoir plus sur le festival d’art contemporain Un été au Havre 🙂

Le Bassin du Roi, c’est le bassin historique de la ville. C’est ici que se trouvait la crique originelle autour de laquelle la ville du Havre s’est développée. Il ne prend véritablement forme que sous Richelieu en 1635. Il fait construire des véritables quais en pierre. Plus tard sous Louis XIV, Colbert en fait un bassin dédié uniquement à la réparation des navires de guerre.

Le bassin est rendu à la « vie civile » en 1824. Sur les quais, on peut voir des étranges figures de métal rouillé. C’est l’œuvre « Jardins fantômes » qui reprend les motifs floraux de la chambre de François Ier (le fondateur du Havre) dans son château de Blois.

Le grande étendue d’eau en plein centre ville, à côté du Volcan, c’est le Bassin du Commerce. Il est creusé de 1787 à 1791 et s’appelait bassin d’Ingouville. Les remparts de l’époque ont été détruits et le quartier terrassé. Les négociants du Havre voulaient absolument ce nouveau plan d’eau pour augmenter le commerce. Il est relié à la mer et son niveau augmente et diminue au rythme des marées.

Aujourd’hui, plus aucun bateau ne vient s’amarrer sur les quais du bassin du Commerce.

Pour traverser le bassin du commerce, il y avait un vieux pont qui avait survécu aux bombardements mais il est détruit en 1963 car devenant dangereux. La ville décide la construction d’une nouvelle passerelle en forme d’arche et suffisamment haute pour laisser le passage aux petits bateaux. Une ancienne pile du vieux pont a été conservée et c’est dessus que s’appuie la nouvelle passerelle réalisée par Guillaume Gillet en 1969.

Avec son allure résolument moderne et élancée, on aurait plutôt tendance à imaginer sa conception dans les années 2000 🙂

Note gourmande : Un très bon et bel endroit où manger près d’ici, c’est le Restaurant Les Enfants Sages (20 Rue Gustave Lennier). (plus d’infos ici)

Depuis 1996 seulement il y a officiellement un petit port de pèche au Havre. Il est enclavé entre l’entrée du Bassin du Roi et l’entrée du Port commercial.

Le marché aux poissons est logiquement juste à côté et il y a plein de petites échoppes pour faire de bonnes affaires ou déguster sur place du bon poisson frais. Si vous venez au marché, arrêtez vous pour boire un verre Chez Lili (2 Rue des Etoupières). Ce petit rade historique du Havre propose un bon choix de bières et une très bonne ambiance 🙂

Il y a une relique insolite tout près d’ici, c’est le nez du France! Le paquebot France, en 1960, avec ses 315m de long, était le plus grand paquebot du monde. Il servait à faire des traversées transatlantiques. C’était le prestige de la France! Sauf que très rapidement, on utilise l’avion pour traverser l’atlantique et le paquebot devient un désastre financier. Il continuera sa vie comme paquebot de croisière, sous divers noms, jusqu’à finir en 2007 dans la baie d’Alang en Inde pour être totalement désossé.

C’est là qu’un passionné français arrivera à négocier la pointe du célébrissime paquebot, le Nez du France! Après plusieurs ventes aux enchères et pas mal de déboires, le nez finira au Havre en 2018 🙂

En vous promenant un peu plus loin aux abords du port, vous pourrez découvrir le Jardin japonais du Havre. Propriété du port du Havre, il y a très peu de visites. Se renseigner sur les ouvertures à l’office du tourisme. Juste à côté, vous trouverez une Magic Mirror (la même salle que l’ancien Cabaret Sauvage de Paris). Enfin si vous voulez en savoir plus sur le grand port du Havre, les installations portuaires etc … toutes les infos sur le site officiel.

La ville haute du Havre

La ville haute du Havre se trouve sur le plateau Cauchois, qui atteint 100m d’altitude. C’est le quartier de Sanvic.

Le saviez vous ? Le Havre possède un funiculaire! Les habitants l’appellent le « funi ». Pour la petite somme de 50 centimes vous pourrez grimper à bord de l’engin et parcourir les 343m de rails qui permettent de grimper 77m plus haut.

Le tout premier funiculaire est mis en service en 1890 et il fonctionnait à la vapeur. Après des décennies de bons et loyaux service, il est remplacé par le funiculaire actuel, en 1972.

Le quartier de Sanvic sur les hauteurs du Havre est principalement résidentiel. Il y a de belles maisons typiques avec des beaux jardins. Et surtout, il y a …

Les Jardins Suspendus !

C’est un superbe lieux à découvrir. Ça se trouve dans l’ancien fort de Sainte-Adresse construit en 1858. Il est définitivement abandonné par l’armée en 1979. Après de longues années où le site devient un petit no man’s land, la ville décide de le réhabilité. C’est l’ouverture des Jardins Suspendus en 2008.

L’entrée est gratuite et on peut se promener dans des superbes jardins avec des plantes du monde entier. Le site est vraiment très bien entretenu et il y a toujours un petit sentier avec une belle surprise au bout.

Pour la modique somme de 2 euros, il est possible de visiter les serres, et c’est franchement une escapade intéressante. Vous ne le regretterez pas! 🙂

Le site héberge aussi deux grandes œuvres d’arts : Sisyphus Casemate et le Temps Suspendus. Vous verrez sur place 😉

Enfin, depuis ces hauteurs, vous pourrez vous aussi profiter de ce super panorama sur le Havre et l’estuaire de la Seine ! 😉

Alors, ça y est? vous êtes décidé ? Hop en route au Havre 😉

À la découverte de Chinon

Bienvenue à Chinon, jolie petite commune de l’Indre-et-Loire, à mi-chemin entre Tours et Saumur. Notre visite de Chinon a été un peu rapide 😉 Nous étions de passage pour participer à Vignes Vins Randos. Si vous ne connaissez pas cet évènement, je vous le conseille vraiment ! Nous avons tout de même visité un peu cette jolie ville. Voyons ça ensemble, hop en route ! 🙂

Pour vous garer, après la traversée du pont, ne vous embêtez pas et profitez du grand parking sur la droite. D’ailleurs au milieu du parking trône cette grande statue, c’est Jeanne d’Arc en pleine action! Cette statue date de 1893, réalisée par Jules Roulleau. Elle a été exposée un moment à Paris avant d’être acheminée par la route (elle ne passait pas dans les tunnels par le train!). Le parking est l’emplacement supposé où Jeanne d’Arc s’entrainait à la quintaine (jeu d’adresse pour chevalier où on doit toucher une cible avec sa lance).

Note historique : C’est à Chinon, en 1429, que la petite Jeanne, tout juste sortie de sa campagne, arrivera (selon la légende) à reconnaitre le roi Charles VII au milieu de ses courtisans. Impressionné par sa ferveur le roi, qu’elle nomme simplement le dauphin (car il n’est pas couronné dans la cathédrale de Reims), lui autorisera de participer au siège d’Orléans. Ce sera le début du changement de rapport de force dans la Guerre de Cents Ans. Et tout ça c’est une longue histoire 😉

Tout proche du parking vous remarquerez les platanes immenses qui bordent la Vienne, le long de la Promenade du Docteur Mattrait. Ces arbres font près de 40m de haut!

Les même énormes platanes longent la longue ligne droite qui mènent au pont, au sud de la ville. Ils ne sont pas si vieux, tout juste centenaires, mais ils sont véritablement impressionnants ! 🙂

L’Église Saint-Étienne de Chinon date de 1490. Elle est coincée entre les rues moyenâgeuses et la façade en tuffeau commence à se dégrader.

L’intérieur est très joli. Si vous êtes attentifs, vous trouverez une statue de Jeanne d’Arc qui va dégainer son épée. Elle date d’avant sa canonisation en 1920 où on ne la représente plus en mode guerrière dans une église 😉

Un petit peu plus loin, il y a la Collégiale Saint-Mexme de Chinon. Elle est bien plus vieille que sa voisine, car elle date de 1050. Elle est bâtie sur l’emplacement de l’ancien monastère fondé par Saint Mexme au Ve siècle. Saint Mexme (ou Saint Mesme), c’était un disciple de Saint Martin. En 463, lors du siège de Chinon par les Wisigoths, ses prières auraient apportée la pluie attendue par les assiégées.

La collégiale est classée Monument Historique depuis 1840. Malheureusement nous n’avons pas pu la visiter ce jour là, car il y avait des répétitions pour un concert de musique classique à l’intérieur.

Je vous conseille ensuite de prendre la rue qui grimpe vers la colline. Si vous êtes attentif, au sommet de la crête vous verrez une statue du christ protecteur, les bras écartés, comme à Rio. Elle date de 1941. Le curé de Chinon et les habitants ont voulu remercier Dieu pour les avoir protégés de l’avancée nazie en 1940 qui n’aurait pas fait de mort dans la ville.

Vous êtes maintenant sur la rue du coteau sainte-Radegonde. C’est en fait un petit sentier où on peut faire une très belle balade sur les hauteurs de Chinon.

Vous aurez une belle vue sur les toits de la ville et le panorama de la région 🙂

En bonus, de nombreuses habitations troglodytiques parsèment le chemin. Certaines ressemblent d’avantage à des grottes abandonnées, et vous pourrez aller les explorer comme bon vous semble.

Le but de cette balade, c’est la Chapelle Sainte-Radegonde. On ne peut la visiter que le samedi et dimanche après-midi (mieux vaut prendre contact au 02.47.93.18.35 car cette fois là, c’était portes closes…). La chapelle est à l’emplacement d’un ancien puits païen avec une eau miraculeuse. Au VIe siècle un ermite d’une grande sagesse s’installe ici. Sainte Radegonde viendra le consulter avant de créer son monastère et hospice à Poitiers. La chapelle a gardé son nom.

Pour la petite histoire : Radegonde était une princesse du VIe siècle. Retenue en captivité, elle est devenue Reine des Francs en 539 par un mariage forcé avec Clotaire Ier, le fils de Clovis. Ayant suivi une éducation stricte et religieuse et rejetant complètement la violence meurtrière de son mari royal, elle s’enfuit. Elle force la main d’un évêque pour devenir simple nonne, et le pape interdit au roi de la reprendre. Elle mène ensuite une vie vouée au service des pauvres et devient adorée par le peuple.

L’endroit le plus connu de Chinon, c’est évidemment la forteresse royale de Chinon. Elle est au sommet de l’éperon rocheux qui domine la Vienne. La forteresse est en fait divisée en trois châteaux. Chacun a son enceinte indépendante : le fort du Coudray, le Château du Milieu avec les logis royaux, et le fort Saint-Georges. Ce site est occupée depuis la préhistoire. Les romains, puis les wisigoths et plus tard les comtes de Blois, tout le monde a profité de cette place forte

A partir du XVIe siècle, la forteresse n’est plus habitée, car on lui préfère des châteaux plus récents. Elle tombe de plus en plus en ruine. En 1854 il est même question de la démolir complètement car les ruines menacent de s’écrouler sur les habitations plus bas! Un véritable projet de restauration ne sera lancé qu’en 2004.
Plus d’infos pour la visite sur le site officiel

Comme nous sommes sur les terres de François Rabelais, il faut penser à bien manger et boire ! 😉

Je vous conseille ces deux bonnes adresses 🙂

  • Restaurant La Maison Rouge Chinon (38 rue Voltaire)
  • Restaurant At’able! (21 rue Rabelais)

Autour de Chinon …

Les vins de Chinon

Difficile de venir à Chinon et ne pas déguster les vins de Chinon! Les vignobles de Chinon sont plus que millénaire. Ils datent de l’époque de St Martin de Tours au IVe siècle. L’appellation Chinon (AOC), est une appellation communale parmi les plus importantes de France avec 2400 hectares en production. 13 millions de bouteilles sont produites chaque année. Le vin rouge représente plus de 85% de la production. Le cépage utilisé est principalement le cabernet franc et le cabernet sauvignon. Pour les 2% de vins blancs produits, il s’agit du chenin.

Le mieux est sans doute de faire confiance aux plus fervents défenseurs, la Confrérie des Entonneurs Rabelaisiens 🙂 Ici une dégustation en leur agréable compagnie, au domaine de la Sablière de Nicolas Pointeau lors du VVR 2020 🙂

Pour en savoir plus sur les vins de Chinon.

Candes Saint-Martin

Le petit village de Candes Saint-Martin mérite un arrêt. Il reste encore quelques vestiges du port antique romain et de la longue activité de batellerie sur la Vienne et la Loire. C’est aussi dans ce village que le célèbre Saint-Martin est mort en 397. La grande église de la Collégiale Saint-Martin de Candes commémore cette page d’histoire. Enfin, sur les hauteurs du village, il y a un super point de vue sur la confluence de la Vienne et la Loire. Attention, la rue du panorama pour y accéder et très étroite.

Un peu moins glamour, tout au fond à droite, on distingue la Centrale Nucléaire de Chinon. C’est une des plus vieilles de France. Sa mise en service date de 1963. Elle est discrète dans le paysage car il a été volontairement choisi de limiter la hauteur des cheminées de refroidissement au dessus des réacteurs. Elles ne font que 28m.

Et bien entendu, il faut prolonger la découverte de la région en partant à la découverte des Châteaux de la Loire! 😉

Visitez l’Abbaye Royale de Fontevraud

Entre Saumur et Chinon, se trouve un lieu assez incroyable : l’Abbaye Royale de Fontevraud. A la frontière du Poitou et de la Touraine, c’est l’une des plus grandes cités monastiques d’Europe. Hop en route!

Il faut se rendre dans le petit village de Fontevraud-l’Abbaye, tout près de Candes-Saint-Martin à la confluence de la Vienne et de la Loire. Une fois garé dans les parkings à disposition, il suffit de suivre la rue Robert d’Arbrissel et vous arrivez à la porte d’entrée de l’Abbaye. Le village est très joli et mériterait de s’y attarder un peu 🙂 Mais revenons à notre abbaye :

Tout commence avec Robert d’Arbrissel. Son nom nous est totalement inconnu. Il s’en est fallut de peu pour qu’il soit canonisé. Le petit Robert est né vers 1050 et devient prêtre. Après des études en théologie à Paris, il revient mettre un peu de morale dans le diocèse de Rennes. Quand son évêque protecteur décède, il est « exilé » à Angers. Rapidement, il mène une vie d’ermite et d’abstinence, mais les seigneurs de la région reconnaissent déjà ses capacités intellectuelles. Il est tellement apprécié que le pape Urbain II lui donne le titre de prédicateur. Sa parole anime les foules de la région, et suivi par sa troupe de fidèles, il installe sa communauté dans le val de Fons Ebraudi. Sa communauté religieuse est mixte, les hommes dorment avec les femmes. C’est le scandale à l’époque. Robert prône justement cette mixité pour lutter contre le désir charnel. Est-ce que ça fonctionne réellement? mystère 😉 Le monastère prend de l’ampleur. Féministe avant l’heure, les grandes dames de la région font de nombreux dons. Alors que le monastère tourne à bon régime, il décide de reprendre la route pour continuer ses prêches à travers la France. Quand il sent sa fin venir, il revient dans ses terres et convoque tout le monde pour exiger que l’abbaye soit dirigée par une femme, et ce sera l’abbesse Pétronille de Chemillé. Il meurt en 1116.

La suite de l’histoire qui donne à l’Abbaye Royale de Fontevraud toute sa célébrité, vient d’une femme, Aliénor d’Aquitaine. Cette une femme avec une histoire incroyable et qui aura joué un rôle important dans l’Europe médiévale. Elle est née en 1122. Femme lettrée et instruite, elle devient l’héritière du Duché d’Aquitaine. Elle épouse en 1137 le fils et héritier du trône de France, le futur roi Louis VII. Cependant le duché d’Aquitaine reste toujours sous son contrôle. Il ne sera rattaché au Royaume de France qu’à la génération suivante s’ils ont un fils. Belle et rebelle, Aliénor est un esprit libre et sa vie à la cour fait des grabuges. Le jeune couple royal gère un peu certaines affaires politiques à la légère, et durant un conflit, une église est incendiée. Le pape Eugène III sanctionne le royaume. Pour se racheter, Aliénor et Louis VII décident de participer à la seconde croisade. Cette croisade est un échec total pour les armées chrétiennes. Et pour le couple royale aussi. Aliénor est soupçonnée d’infidélité avec son oncle Prince d’Antioche, et Louis VII ne supporte pas le mode de vie plus libre qu’il trouve en Orient. C’est la rupture. L’église annule le mariage en 1152 pour cause de consanguinité (le divorce n’existait pas). Elle devient immédiatement la femme la plus importante qu’on puisse épouser! Huit semaines après son « divorce », et après quelques lettres échangées, elle épouse le jeune Henri Plantagenêt. Deux ans plus tard, son époux devient Henri II, roi d’Angleterre. Aliénor d’Aquitaine fut reine de France puis reine d’Angleterre! 🙂 Le couple royal confie à l’abbaye l’éducation de leurs deux plus jeunes enfants : Jeanne et Jean, le futur roi d’Angleterre. En 1180, le roi Henri II meurt à Chinon. La guerre faisant rage avec son fils Richard Cœur de Lion et le royaume de France, on décide d’enterrer son corps dans l’Abbaye de Fontevraud toute proche. En 1199 Richard Cœur de Lion meurt, et sa mère Aliénor décide d’enterrer le corps dans l’Abbaye (son cœur est dans la cathédrale de Rouen). C’est la création de la nécropole des Plantagenêts. En 1200, Aliénor se retire à l’Abbaye de Fontevraud. Elle y décède en 1204 à l’âge de 82 ans. Son gisant est à côté de son époux Henri II. Elle a choisi d’être représentée un livre à la main pour son amour de la littérature.

Le gisant d’Aliénor d’Aquitaine et du roi d’Angleterre Henri II
Le gisant du roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion, avec à ses côté Isabelle d’Angoulême, reine d’Angleterre, femme du roi Jean ‘Sans terres’, fils d’Aliénor et de Henri.

De nos jours, la famille royale anglaise vient régulièrement dans l’abbaye pour rendre hommage à ses ancêtres.

Avec la fin de l’empire Plantagenêt et plus tard la Guerre de Cent Ans, les possessions de l’Abbaye de Fontevraud sont pillées ou reprises. La faillite est proche ! Puis arrive la dynastie des Bourbons qui prend la tête des royaumes de France et d’Espagne. Cinq des abbesses de Fontevraud seront issues de cette famille. Avec un soutien familial de ce genre, l’Abbaye de Fontevraud retrouve vite ses richesses perdues et elle s’agrandit toujours plus. Les abbesses se succèdent et tout va pour le mieux ! … puis c’est la Révolution Française en 1789. L’Abbaye est déclarée bien national, c’est la fin de l’ordre religieux. Tout le monde doit évacuer les lieux! Le mobilier est vendu, les richesses dispersées et l’abbaye est vandalisée.

L’Abbaye de Fontevraud n’échappe à la ruine que grâce à Napoléon Ier. En 1804, il décrète que l’abbaye devient une prison! De nombreux aménagements sont créés pour les cellules et les ateliers de travaux forcés. L’abbaye sera surnommée la «prison aux mille et une fenêtres et portes». Elle sera une des prisons les plus dures de France. En plus de 150 ans, la prison de Fontevraud n’aura que très peu de tentatives d’évasions. La prison ferme ses portes en 1963 et retombe dans le domaine public. Aucun ordre religieux n’est en mesure de l’entretenir. La fondation Centre culturel de l’Ouest est créée en 1975 pour sauvegarder son patrimoine. L’Abbaye est restaurée et accueille depuis de nombreux évènements culturels.

Plus d’infos sur le site officiel.

Une des salles les plus intéressantes à visiter, c’est la salle du chapitre. Cette salle date de l’époque des Bourbons et il y a des très belles fresques peintes sur tous les murs. Elles datent de 1565.

Si les peintures sont très réussies, certaines sculptures ont un visuel … assez discutable 🙂

Sous les combles de l’abbaye, on peut retrouver une exposition sur la fabrication des vitraux et des œuvres d’art contemporains. Et ça, j’avoue que c’était une très belle surprise. Et celle-ci en particulier était assez marquante.

Les jardins se visitent également. Le domaine est assez énorme. L’extérieur est moins intéressant je trouve. Il y a bien quelques œuvres d’arts disséminées ici et là, mais ça reste très anecdotique. Les jardins auraient pu être un peu plus mis en valeur. En revanche, je pense que c’est un très bon spot pour faire un piquenique ou faire la sieste allongé dans le gazon. Il y a aussi un espace dégustation de vins de Chinon, pour ne pas mourir déshydraté 😉

Si vous êtes de passage dans la région, visitez de l’Abbaye de Fontevraud, vous ne le regretterez pas ! 🙂

Voyage au Mexique

Ce voyage au Mexique s’est déroulé d’une façon un peu particulière : je l’ai gagné en 2007 avec à un citron vert! 😀 Je ne plaisante pas 🙂 Il s’agissait d’un jeu concours organisé par Air France. Hop, 2 billets aller-retour Paris – Mexico pour la date de mon choix! Génial !! Le seul bémol, c’est que pour diverses raisons, il n’y avait plus beaucoup de congés disponibles et ce voyage s’est un peu improvisé à toute vitesse. Nous sommes partis juste après la fête des morts. Au programme : Mexico, Taxco, Acapulco. C’est parti on va voir ça, hop en route 😉

Comme on a parfois tendance à confondre les civilisations « précolombiennes » (avant l’arrivée de Christophe Colomb donc), voici un rapide résumé pour essayer de s’y retrouver un peu 😉
– Les Olmèques : civilisation la plus ancienne,  1200 à 500 avant JC, au Sud-Est du Mexique. Célèbres pour les grosses têtes sculptées en pierre.
– Le site de Teotihuacan : de -200 à l’an 600. On ne sait pas exactement qui a réellement construit et vécu dans cette cité incroyable qui était à l’époque la plus grande du monde!
– Les Toltèques : vers l’an 900 à 1200, autour de leur capitale Tula (près de Teotihuacan)
– Les Aztèques : civilisation qui a migré pendant plusieurs générations depuis une région indéterminée au nord du Mexique, pour finalement s’implanter dans la région de Mexico au XIVe siècle. Les Aztèques se sont proclamés descendants des Toltèques pour affirmer leur supériorité dans la région. Leur capitale était Tenochtitlan (à ne pas confondre avec Teotihuacan).
– Les Mayas : grande civilisation mais sans réel empire. Située plus au sud et en Amérique Centrale, de -1000 à l’arrivée des conquistadors et la chute du Yucatan.
– Les Incas : Bien plus au sud, rien à voir avec le Mexique. Ils occupent un grand empire sur toute la cordillère des Andes à partir du XIIIe siècle.

Donc si tout le monde a bien suivi, à Mexico et au Mexique en général, on aura principalement des traces de la civilisation Aztèques, voilà 🙂

Pour se déplacer au Mexique, la solution la plus pratique reste le bus. C’est le moyen de transport privilégié. Il y a des grandes stations de bus dans chaque villes et de nombreuses compagnies se partagent les lignes. On aura principalement voyagé à bord des bus Estrella Blanca et Estrella de Oro. Les taxis méritent une petite explication. Il y a les mythiques taxis coccinelles : les vochos. La coccinelle a connu un succès populaire incroyable au Mexique et cette voiture rustique est rapidement devenu le véhicule des taxis dans le pays. Dans les années 90, elle devient l’outil des kidnappeurs dans les rues de Mexico. Les deux portes uniques permettaient de bloquer facilement les victimes à l’arrière. Elles ont été peu à peu remplacées par des véhicules plus modernes. Il y a même des primes versées aux chauffeurs de taxis pour s’en débarrasser. Le but étant aussi de passer à des véhicules moins polluants. Maintenant les taxis sont en grande majorité sûrs et sans risques (pensez tout de même à vérifier que la licence et la photo du taxi est bien affichée en entrant dans le véhicule). A Mexico en particulier, le métro est un moyen de transport très pratique.

Mexico : découverte de la capitale du Mexique

Teotihuacán : la cité mystérieuse !

Taxco : la ville de l’argent, à flanc de montagne

Acapulco : la baie mythique

(Séjour réalisé en 2007)

Acapulco, une baie de rêve. Entre légende et réalité …

Pourquoi avoir choisi de partir à Acapulco ? Bonne question! Peut-être qu’on avait vu un vieux film des années 70 avant de se décider, ou qu’on avait trop bu de Pulco citron, ou on se rappelait un reportage sur les fameux plongeurs d’Acapulco ? A vrai dire, je n’en sais rien! Et pourquoi pas après tout?! 🙂

Sur le papier en tout cas ça fait rêver. La baie d’Acapulco est magnifique. Il fait beau TOUT le temps, la température moyenne est de 28°C. Par la route, c’est la plage la plus proche de Mexico, à plus de 4h de route. C’est la station balnéaire la plus fréquentée du Mexique.

A l’époque des conquistadors, Acapulco était connue pour sa grande baie protégée et fut le point de départ de nombreuses expéditions maritimes en direction des richesses de l’Orient. Les galions chargés de trésors revenant de Manille et de Chine attisaient la soif des pirates. Déjà à l’époque l’ambiance pouvait être sanglante à Acapulco. Après avoir durement souffert des tremblements de terre au début du XXe siècle, Acapulco devient dans les années 30 le premier centre touristique du Mexique. La jetset du monde entier s’y donne rendez-vous dans les années 50. Dans les années 80 le tourisme de masse s’implante fermement. Dans les années 2000, la ville s’enfonce dans la violence mais survit en partie grâce à cet héritage touristique.

En 2013, Acapulco a été classée la 2e ville la plus dangereuse au monde. Des guerres de clans y font rage sur font de trafics de drogue. Des milliers de morts chaque année, et parfois des règlements de compte à l’arme automatique au milieu des rues. Acapulco n’est pas une zone de guerre, loin de là. Mais il faut être conscient de ce « danger ». La police et l’armée sont très présentes.

L’activité touristique survit. Les américains et les canadiens en ont fait une des destinations privilégiées pour des vacances mexicaines « cheap ». Près de la moitié des touristes à Acapulco sont des québecois venus fuir l’hiver.

Notre logement faisait partie de la catégorie « économique » : l’Hôtel Villas La Lupita (Antón de Alaminos 232, Fracc Magallanes) . Il avait l’avantage d’être très bien situé près de la plage et d’avoir sa petite piscine à taille humaine, sans être dans une usine à touristes. D’ailleurs les chambres étaient principalement occupées par des mexicains.

Il y a très probablement plus agréable comme hôtels à Acapulco en cherchant un peu, je suis d’accord avec vous 🙂

Il y a plusieurs grandes plages de sables fins dans la baie. La température de l’eau est juste parfaite. Nous avons trainés nos tongs sur la Playa el Morro. La Playa Tamarindos un peu plus loin est surement plus agréable car bordée par des palmiers.

Tout autour de nous, il y avait des mexicains en vacances, et c’était chouette. Je n’ai pas vu d’autres touristes ‘blanc-becs’ sur la plage. On n’a pas été harcelés pour louer le parasol. La petite bière à l’ombre était fraiche. L’atmosphère était très zen, un chouette souvenir 🙂

De quoi profiter du coucher de soleil en tout sérénité 🙂

Juste après le coucher du soleil, l’atmosphère change. La plage se vide. Des mexicains nous font comprendre qu’il ne faut pas rester ici. On verra d’ailleurs des quads de la police patrouiller dans la zone. Tant pis pour le fantasme des étoiles du Pacifique sur la plage à Acapulco 😉 La nuit, on ne traîne pas sur les plages.

Grosso modo Acapulco peut se résumer ainsi : il y a les plages, les grands hôtels qui donnent sur la grande Avenue, les petits hôtels, l’autre grande avenue, et ensuite vers les collines il ne faut pas y aller.

Et les fameux plongeurs d’Acapulco au fait ?

Et bien on ne les a pas vu !!! On se dirige tout d’abord à l’ouest de la ville, vers le coucher de soleil sur l’Océan Pacifique. Les plongeurs en fin de journée c’est mieux, avec le coucher de soleil, formidable nous dit-on! En passant par le centre ville historique et la Zocalo centrale, l’ambiance était vraiment glauque. On s’est fait aborder plusieurs fois par des mecs louches pour nous vendre de la drogue (et d’autres trucs mais on ne comprenait pas trop). On suit la petite rue de la Quebrada qui grimpe sur la colline. Bêtement, on pensait que les plongeurs, on pouvait les voir facilement. En fait il faut payer pour accéder aux plateformes aménagées qui permettent de les voir (50$MSN je crois). On avait les poches vides à ce moment là, bim, la loose! On a au moins eu droit au beau coucher de soleil, qui était gratuit lui 😀

La Quebrada, c’est une falaise de 45m de haut, donnant sur un canal de 7m de large et 4m de profondeur. Cette faille est apparu après des explosions à la dynamite dans les collines. Il y avait un but à ce dynamitage : ouvrir une brèche dans les collines à l’ouest de la ville, pour permettre à l’air marin de s’engouffrer dans la baie et rafraichir la population et réduire les maladies. C’est le projet « Abra de San Nicolas », commencé dès 1799, abandonné puis repris en 1879, et abandonné à nouveau. Dans les années 1930, les jeunes du coin s’approprient le site et ça devient le spot des plongeurs de falaises. Ils doivent se synchroniser avec le rythme des vagues pour plonger au bon moment et éviter de s’écraser contre les rochers. Ce saut de la mort fascine les spectateurs. Les suicidaires plongeurs escaladent la falaise depuis la mer jusqu’à un petit sanctuaire. Ils s’élancent ensuite depuis leur promontoire sous les applaudissements du public. Si vous passez à Acapulco, ne loupez pas ce spectacle! (pas comme nous haha)

D’autres lieux à découvrir au Mexique 🙂

Découvrez Taxco, la « ville de l’argent » au Mexique

La petite ville de Taxco se trouve à environ 160km au sud de Mexico. Elle est construite à flanc de montagne, à une altitude de 1600m. Cette ville est célèbre au Mexique grâce à ces mines d’argent. Les conquistadors d’Hernan Cortes y on découvert de nombreuses mines d’argent en 1528. Elle acquiert sa prospérité et sa renommée à cette époque.

Les gisements sont aujourd’hui épuisés mais la ville de Taxco a réussi à conserver une architecture coloniale typique. La ville est classée monument historique national.

Dès la sortie du bus Estrella Blanca, on sent que la découverte de la ville va faire du mal aux mollets! Tout est en pente, et c’est un véritable labyrinthe de ruelles pavées.

Un peu perdus à cause de la fatigue du trajet en bus de plus de 3h qui se tortillait dans la montagne, on décide de prendre un taxi coccinelle. D’ailleurs il n’y a que ça des taxis coccinelles ici. Ils sont assez petits pour se faufiler dans les ruelles. Le taxi nous dépose fièrement à peine 300m plus loin (haha la honte, on était vraiment des feignasses). Au passage on aura bien senti les pavés des rues! On logeait à l’Hôtel Emilia (Juan Ruiz de Alarcón 7). C’est un petit hôtel au style colonial espagnol, avec son patio intérieur. Pas de toute première fraicheur, mais économique et avec du charme.
Si vous voulez réserver, c’est ici.

Il est situé en plein centre dans les vieux quartiers. La vue depuis le balcon est plutôt sympathique 🙂

Les balades en ville n’ont pas été trop aventureuses. En tout cas, je vous conseille de vous arrêter siroter un mezcal au Mezcalería Xoco. Et pour le restaurant, le Sotavento Restaurante Bar était très bien. Et bonus, le tout est dans la même rue que l’hôtel. Pratique quand on a l’estomac plein, un peu trop de téquila dans le sang, et qu’on n’a pas envie de marcher une heure jusqu’à sa chambre 😉

La rue Juan Ruiz de Alarcón est un peu l’axe principal du chemin touristique. Cependant, des touristes lors de notre passage, on n’en a pas vu un seul.

Taxco donne plus l’impression d’être une ville de campagne où les mexicains viennent jouer les touristes le weekend pour s’échapper un peu de la pollution de Mexico. Les gens viennent aussi (et surtout?) pour son célèbre marché artisanal de bijoux en argent. Il y a des boutiques de joailleries partout, et les bijoutiers sont réputés dans tout le pays.

Prendre des photos dans les marchés et dans les boutiques, c’est vraiment, mais alors vraiment pas mon truc. Mais croyez moi, des beaux bijoux en argent, il y en a! 😉

L’Église Santa Prisca de Taxco

C’est le monument principal de la ville. L’église date de 1758. Sa construction a été financée principalement par José de la Borda, qui avait fait fortune avec les mines d’argent. Le premier prêtre de l’église sera d’ailleurs son fils. Jusqu’en 1806, c’était le bâtiment le plus haut du Mexique. Cette église est surtout reconnaissable à cause des pierres roses utilisées pour sa construction.

Si vous vous sentez en jambes et que vous avez envie de gambader, il y une statue du Christ Roi qui vous tend les bras. Elle est tout en haut de la ville! Après plusieurs orages de suite, on a préféré ne pas y aller 🙂

Une autre jolie petite église à voir, c’est Templo de la Santa Veracruz.

Taxco était une ville étape dans notre trajet. Même s’il n’y a pas énormément de choses à voir, elle a laissé un beau souvenir, et c’est plutôt bon signe 🙂

On reprend un bus Estrella Blanca, direction Acapulco, yeepaa!

Le trajet sera une nouvelle fois bien long. A certains moments, le long de la route, on devait longer des champs de cannabis de trafiquants, car l’odeur était vraiment là! En traversant les différents villages sur la route, on en profite pour voler quelques instants de vie quotidienne en photo.

D’autres lieux à découvrir au Mexique 🙂

Le site de Teotihuacán au Mexique, un lieu chargé de mystères

Teotihuacán, le temple du Soleil, on a tous vu au moins une fois la photo de ces pyramides. Sans doute la plus impressionnante des cités précolombiennes des Amériques. Ça mérite bien qu’on aille y faire un tour non ? 🙂

Le site de Teotihuacán est à environ 50km au nord-est de Mexico. Pour s’y rendre : voiture, taxi ou bus. On avait opté pour le bus, le moins cher et le plus authentique. Le plus long aussi (1h de trajet au moins) et pas forcément le plus sécuritaire. En tout cas ça s’est passé sans problème, en partant de Mexico depuis la station Terminal Central de Autobuses del Norte et en prenant un Autobuses Teotihuacán à la porte 8. L’entrée coûte environ 3€ (gratuit le dimanche). Le site est très grand alors prévoyez de l’eau et aussi de quoi vous couvrir du soleil car il n’y a aucune zone d’ombre.

Rappel historique

Pour commencer, le site ne s’appelle pas vraiment Teotihuacán. On ignore son véritable nom. Le nom actuel est celui donné par les aztèques plusieurs siècles après l’abandon de la ville. Ce qui est encore plus dingue, c’est qu’on ne sait pas QUI a construit cette ville!

On sait simplement que la construction a commencé vers l’an -300. La grande pyramide du soleil a été achevée vers l’an 150. A son apogée, on estime que la cité abritait plus de 150.000 habitants. Il n’y avait aucune structure militaire ou de fortification. La ville était le principal centre économique de cette partie de l’Amérique centrale et contrôlait presque toute la production d’obsidienne (via les riches gisements des mines de Cerro Las Navajas à 60km). La cité exerçait son influence jusque sur la civilisation Maya!

Brusquement, la ville s’est effondré. On a retrouvé des traces de destructions et d’incendies datant ce déclin vers l’an 650. Attaque extérieure, révolte de la population à cause de la sécheresse et de la famine? Une nouvelle fois, on ne sait pas. Des siècles plus tard, quand les Aztèques s’installent dans la région, ils nomment les ruines Teotihuacán.

Beaucoup de questions sans réponses. Le site est tellement énorme que seulement 2% on été fouillés.

L’Allée des Morts (Miccaotli)

La cité s’organise autour de la grande avenue centrale, l’Allée des morts. Elle fait presque 4km de long sur 50m de large, dans un axe nord-sud. Elle permettait de faire le lien entre la ville au sud et tout au nord la Pyramide de la Lune. En arrière-plan, on voit le Cerro Gordo (2433m), un ancien volcan. La Pyramide du Soleil (la plus grande) est à mi-chemin sur la droite. Les aztèques lui aurait donné ce nom car ils auraient pensé que les petites pyramides qui bordent l’avenue étaient des tombes. On sait maintenant qu’il s’agissait de temples. Néanmoins, l’Allée des Morts peut garder son nom car on a retrouvé beaucoup de preuves de sacrifices humains qui étaient réalisés par les maîtres de la cité.

Maintenant l’Allée des morts ne résonnent plus des cris des suppliciés, mais de ceux des marchands ambulants « 10 pesos, 10 pesos » 🙂

La Pyramide du Soleil

Elle est construite au dessus d’une grotte volcanique. Plus on s’en rapproche, plus on se sent écrasé par la masse qu’elle représente. Elle mesure 63m de haut et avec une base carrée de 225m de côté. Il y avait à l’origine un temple au sommet qui a disparu.

C’est la 2e plus grande pyramide d’Amérique (la première est celle de Cholula, cachée sous l’apparence d’une colline naturelle coiffée d’une église). Les fouilles ont permis de démontrer que la pyramide du soleil a été construit en une seule lancée, et achevée vers l’an 150. Elle a été construite en premier. Sa façade est orientée dans l’axe du soleil au lever.

Après une belle volée de 248 marches (en plusieurs paliers), on arrive au sommet et on profite de la vue 🙂

Petite anecdote : alors qu’on était au sommet de la Pyramide du Soleil, à méditer sur le sens de la vie, plongés dans des pensées profondes et philosophiques à la limite du mystique, voilà qu’un grand papillon. Il virevolte longtemps autour de nous et il se pose à côté de moi hop comme ça. Il me regarde profondément pendant un instant, cherchant probablement à me révéler un secret de l’univers, puis repart. Cette anecdote peut paraitre sans intérêt, mais c’est assez curieux car 1) le temple à côté est celui de Quetzalpapálotl (un dieu moitié plumes et papillon) et 2) le papillon ici serait un Machaon noir (qui serait assez rare). Deux bonnes raisons de se dire que ce n’est pas une anecdote sans intéret 😉

La Pyramide de la Lune

Elle est plus petite est mesure « seulement » 42m de haut. Depuis son sommet on a la plus belle vue sur le site.

La pyramide est plus petite, mais les sensations sont plus fortes. Les marches sont très étroites, hautes et la pente sacrément raide 🙂

La « citadelle« 

C’est le sud du site, les restes des batiments administratifs de la ville. Les conquistadors ont crus à tort qu’il s’agissait d’anciennes fortifications et lui ont donné ce nom.

Il y a énormément de choses à voir, et comme le site est assez étendu, à un moment avec la chaleur, on fatigue. On est forcément passé à côté de plein de choses, mais comme j’ai eu ma rencontre mystique avec le Dieu-Papillon, tout va bien 😉

Sur certaines ruines on peut voir que la plupart des batiments étaient peints en rouge. D’ailleurs il y aura toujours quelqu’un pour s’empresser de vous faire une petite démonstration. Confection de colorant rouge à partir de la cochenille du cactus 🙂

Il y a aussi deux musées à visiter : le Musée de la Cultura teotihuacana (près de la Pyramide du Soleil), et le Musée de Murales teotihuacanos (derrière la Pyramide de la Lune).

Il existe aussi un spectacle nocturne avec des projections lumineuses sur les pyramides. C’est Experiencia nocturna de Teotihuacan, et il faut réserver les billets à l’avance.
Plus d’infos ici

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