Découvrir Malaga en Andalousie

Dernière étape de ce roadtrip en Andalousie! Nous quittons le Parc Naturel de Cabo de Gata-Nijar dans le sud-ouest de l’Espagne. Le temps est plus que maussade. Nous nous arrêtons le temps d’une averse à Retamar pour prendre un café, en espérant que le soleil revienne! C’est une petite cité balnéaire comme on en trouve des centaines le long des côtes espagnoles. Elle est surtout connue pour sa longue plage et sa promenade aménagée.

Autant vous dire qu’avec cette météo, ni la plage ni la promenade ne donnait envie! Le café est fini, il est fait froid, il pleut, il y a du vent. Bref, on ne s’éternise pas plus ici, hop en route !

On traverse rapidement Alméria sous des trombes d’eau, et ensuite nous arrivons dans ce qui est sans doute un des pires paysages d’Espagne. Tout autour de nous, à perte de vue, c’est un véritable océan de plastique. Plus de 35.000 hectares de plantations sous serres, des bâches plastique absolument partout. Une bonne partie des fruits et légumes qu’on retrouve partout en Europe avec la provenance « Espagne » vient de ses serres. Le secteur emploi énormément de main d’œuvre immigrée (et parfois clandestine). Le long de la route, en plus des serres, on traverse de plusieurs véritables bidonvilles. Ce n’est clairement pas la plus belle partie de ce roadtrip, mais c’est aussi ça, l’Andalousie!

L’arrivée à Malaga 🙂

La route quitte finalement cette zone de plantations et de plastiques pour longer la côte sud de l’Espagne. Le décor change, c’est maintenant des falaises rocheuses interminables. Après environ 3h de route sous la pluie, nous atteignons enfin Malaga. On trouve une place de parking gratuit près du cimetière San Miguel et on s’installe dans un petit appartement au nord du centre ville historique, dans le quartier populaire de Capuchinos. Après une soirée tapas et apéro bien arrosée dans les ruelles très animées du centre historique de Malaga, on rentre enfin pour se reposer … enfin c’est ce qu’on croyait! Car avec la foule, la musique et les feux d’artifices dans la rue, un autre programme nous attendait. C’était la procession traditionnelle de Maria Auxiliadora (Marie l’Auxiliatrice), une grande festivité suivie par tous les habitants du quartier. La nuit fut courte 🙂

Le lendemain, la journée ne laissera que peu de temps pour une visite de la ville avant de filer à l’aéroport pour le retour en France.

Malaga, c’est la deuxième ville d’Andalousie derrière Séville. Elle a longtemps été considérée comme une simple porte d’entrée pour les stations balnéaires de la Costa del Sol, mais elle devient de plus en plus une ville avec véritable attrait touristique.

Résumé historique de Malaga

L’histoire de Malaga remonte à plus de 2 800 ans. Fondée par les Phéniciens vers le VIIIe siècle avant J.-C., elle devient rapidement un important port commercial de la Méditerranée occidentale. Les Carthaginois puis les Romains occupent ensuite la ville, laissant derrière eux le théâtre romain que l’on peut encore admirer aujourd’hui. À partir du VIIIe siècle, Malaga entre dans l’ère musulmane sous Al-Andalus. Cette période marque profondément son développement urbain et architectural. Les souverains maures construisent alors l’Alcazaba et le château de Gibralfaro, deux des monuments emblématiques de la ville. En 1487, Malaga est conquise par les Rois Catholiques lors de la Reconquista. La ville se transforme progressivement avec l’apparition d’édifices religieux majeurs, dont la cathédrale.

Grâce à son port stratégique, Malaga connaît ensuite un important essor commercial et industriel durant les XVIIIe et XIXe siècles. Aujourd’hui, la ville est devenue l’une des destinations culturelles les plus dynamiques d’Espagne.

La Cathédrale de Malaga, « la Manquita »

Un des principaux monuments de la ville, c’est la cathédrale. Elle est surnommée « la manquita » (la manchotte), car il n’y a qu’une seule tour (87m de haut) sur sa façade, la deuxième n’a jamais été construite. En 1487, les rois catholiques ordonnent la construction d’un édifice religieux à l’emplacement de la mosquée. Les travaux pour la cathédrale commencent 1528 et s’achèveront en 1782.

En plus d’une tour, il manque aussi un véritable toit à cette cathédrale! Ces petits détails de construction mis de côté, c’est une cathédrale impressionnante avec des voutes qui atteignent 42m de haut

La visite vous coutera 10 Eur. Plus d’infos sur ce site.

Le théâtre romain et l’Alcazaba

Un peu plus loin, on découvre les ruines du théâtre romain de Malaga. Sa construction remonte à l’époque d’Auguste, au 1er siècle avant JC. Durant la période musulmane, des éléments ont été utilisés pour construire l’Alcazaba situé juste au dessus. L’antique monument romain a fini par être enfoui par la terre et il y avait même des constructions dessus. C’est vraiment par hasard qu’il a été découvert lors de travaux dans les années 1950!

Sur la colline qui surplombe le théâtre romain, il y a l’Alcazaba. C’est un palais forteresse bâti au XIe siècle par les musulmans. C’est un peu une version modèle réduit de l’Alhambra de Grenade (qu’on a visité précédemment, voir cette page). Ses remparts massifs rejoignent ceux du Château de Gibralfaro, situé au sommet de la colline. Ces deux grandes constructions n’ont rien à voir et ne sont pas du tout de la même époque. Le château a été construit au XIVe siècle, sur les fondations d’anciennes ruines antiques. Son rôle principal était d’héberger une garnison pour la protection de l’Alcazaba .

La visite de l’Alcazaba seule coute 7€ mais elle peut être combinée avec la visite du château, pour une entrée totale à 10€. Retrouvez plus d’infos sur le site officiel.

On profite aussi de la jolie Plaza Merced, avec son obélisque centrale en hommage au général Torrijos pour sa lutte contre les armées de Napoléon. La place est aussi célèbre car au numéro 15, on peut visiter la maison natale de Pablo Picasso, né à Malaga en 1881 (3 Eur la visite). Le Musée Picasso se trouve quelques rues plus loin, au Palacio de Buenavista (C. San Agustín, 8 – entrée 13 Eur).

Sinon, on peut simplement profiter du beau temps à l’une des nombreuses terrasses de la place ou à l’ombre des jacarandas et de leurs jolies fleurs violettes 🙂

Si vous cherchez un peu de verdure, c’est juste derrière le musée des Beaux-Arts de Malaga (c’est gratuit 😉 ) avec le Parque de Malaga, tout en longueur.

Cet espace vert longe le port de Malaga. À vous de choisir, côté promenade verte, ou promenade marine avec vue sur les paquebots de croisières et les ferrys. Vous pouvez prolonger la balade jusqu’à Muelle Uno (une espèce de grand centre commercial, culturel et loisirs) et les plages un peu plus loin 🙂 Mais hélas pour nous tout se fini, il y a encore plein d’endroits que j’aurais aimé découvrir à Malaga, comme le grand marché couvert Atarazanas par exemple! Bref, tant pis, ce sera une autre fois!

C’était un peu express je sais, mais ce n’est qu’un au revoir. Hop en route et à bientôt Malaga 😉

⬅️ L’étape précédente : Du désert de Tabernas à la plage de San José

Andalousie, du désert de Tabernas à la plage de San José

Après une belle matinée passée dans la superbe ville de Grenade nous reprenons la route de ce roadtrip en Andalousie. La prochaine étape, se trouve 130km plus loin. L’objectif c’est de faire une petite virée dans un désert! Car oui, dans le sud de l’Andalousie, il y a un véritable désert, j’ai nommé le désert de Tabernas 🙂

Direction la Province d’Almeria. Le désert de Tabernas se situe à environ 30km au nord de la ville d’Almeria. Cette région est entourée par trois chaînes montagneuses (la Sierra de los Filabres, la Sierra Alhamilla et la Sierra Nevada) qui empêchent l’air humide en provenance de la Méditerranée d’arriver jusqu’ici. Il en résulte une zone protégée de 280km² avec un véritable paysage désertique et lunaire.

C’est d’ailleurs officiellement l’unique véritable désert d’Europe. Il ne faut pas confondre le désert de Tabernas avec le désert des Bardenas (oui les noms se ressemblent). L’autre se situe près des Pyrénées, et c’est d’avantage une « région très aride » qu’un « désert ». Je vous en parle d’ailleurs dans cet article 😉 Mais revenons à Tabernas! C’est un ancien fond marin de la méditerranée, composé de sable d’argile et de limon, qui depuis des millions d’années et lentement modelé et creusé par le vent et l’érosion.

Rapidement on remarque une ressemblance entre les paysages du désert de Tabernas et ceux de l’Amérique de l’Ouest. Ca n’a pas échappé au monde du cinéma! Depuis les années 1950, le désert de Tarbenas a servi pour le tournage de nombreux films!

Les célèbres westerns spaghettis ont été tournés ici ! 🙂

Parmi les westerns les plus célèbres tournés dans ce désert, il y a la légendaire de Sergio Leone avec Clint Eastwood : Pour une poignée de dollars (1964), Et pour quelques dollars de plus (1965) et Le Bon, la Brute et le Truand (1966). On peut aussi citer le très bon Il était une fois dans l’Ouest (1968). Il n’y a pas eu que des westerns ici. Le désert de Tabernas a aussi vu le tournage, entre autres, des films Lawrence d’Arabie (1962), Cléopâtre (1963), Patton (1970), Conan le Barbare (1982) ou Indiana Jones et la Dernière Croisade (1989). Le désert accueille toujours des tournages pour des films, séries, publicités ou clips.

À cause de ce passé très marqué « western », l’industrie du cinéma a construit pas moins de 14 poblados dans la région. Les poblados, ce sont des « faux villages façon western », utilisés pour les films. Ils sont malheureusement presque tous en ruines et à l’abandon, sauf trois qui sont toujours en activité, et qui peuvent se visiter! 🙂

  • Fort Bravo Texas Hollywood : C’est le plus grand, le plus complet. On y trouve un village de cowboys (avec saloon, banque, etc .. ), un village mexicain et un village indien. Des spectacles sont régulièrement montrés au public. Et ce site est toujours utilisé pour des tournages. Pour acheter votre billet, rendez-vous sur ce site.
  • Mini Hollywood Oasis : Ce site n’accueille plus des tournages mais seulement des visiteurs. Il possède un zoo, et a priori, il se rapproche maintenant d’avantage d’un parc d’attraction sur le thème western. Plus d’infos sur ce site.
  • Western Leone : C’est le plus petit, il sert uniquement pour le tourisme. Les avis sont à peu près tous unanimes pour dire que c’est très ‘cheap’, avec un intérêt limité, et très mal entretenu presqu’à l’abandon. Si malgré tout, vous souhaitez vraiment y aller, voici leur site.

Même si j’ai adoré certains de ces films, le côté parc d’attraction ne nous intéressait pas vraiment. À la place, on a décidé de découvrir le désert à notre façon en faisant une petite randonnée 🙂

En cherchant un peu, on trouve assez facilement la possibilité de faire des excursions en 4×4 ou à cheval, depuis un des poblados.

Pas de panique pour cette petite randonnée dans le désert de Tabernas. La civilisation n’est jamais très loin, ce n’est pas le Sahara non plus 😉 Globalement le point de départ des différentes boucles de randos populaires se fait depuis l’entrée du Mini Hollywood Oasis. On emprunte le sentier qui descend dans le ravin et z’est partiiii. L’itinéraire suit principalement le lit à sec d’une rivière, on ne peut pas se tromper de chemin!

En cours de route au milieu d’un paysage grandiose et carrément dépaysant, on découvre même une oasis avec des palmiers! C’est l’oasis du film Lawrence d’Arabie. Séquence émotion haha.

Bref, blague à part, je vous conseille vraiment de randonnée dans le désert de Tabernas, à travers plateaux arides, canyons et ravins. C’est vraiment sans risque et à la portée de tout le monde 🙂 Il faut juste penser à prendre sa casquette et bien remplir sa gourde. Vous trouverez plusieurs propositions d’itinéraires avec différentes longueurs de parcours sur cette page.

Après cette belle promenade, nous quittons le désert de Tabernas pour partir en direction du Parc Naturel de Cabo de Gata-Nijar, à une heure de route environ. Cette grande zone protégée se trouve à la pointe sud-est de l’Andalousie. Aussi incroyable que ça puisse l’être, ici, les 63km de côte espagnoles sont préservées des constructions du tourisme de masse! C’est un paysage côtier d’origine volcanique de toute beauté qui cache des formations rocheuses étonnantes et des petites plages cachées dans des criques.

Nous n’avons hélas fait qu’un passage express dans cette région, mais si voulez plus d’infos, voici le site officiel du parc.

C’est donc dans cette belle région que nous posons nos valises à l’Hospedería Los Palmitos (Ctra. de San Jose a Los Escullos, 04117 El Pozo de los Frailes). Un véritable havre de paix entre la mer et la montagne. Un endroit que je vous recommande!

Nous filons ensuite passer la soirée au village de San José, sur la côte. C’est le principal centre touristique du parc, mais qui s’est développé en douceur et avec respect 🙂

On y trouve une jolie plage de centre ville parfaitement propre, des belles maisons blanches accrochées au bords des petites falaises rocheuses, et un bord de mer animé juste ce qu’il faut!

Sur place je vous conseille le petit restaurant Taberna Tramontana (C. Tramontana, 1, 04118 San José). Des tarifs peut être un peu plus chers que les voisins, mais une réelle qualité et inventivité dans les plats proposés. On y a réellement passé un très bon moment 🙂

Après cette belle journée, il est temps de profiter d’un bon repos avant une nouvelle étape de ce road trip en Andalousie 🙂

➡️ La suite du road-trip en Andalousie : Malaga

⬅️ L’étape précédente : Grenade, les plus beaux endroits

⬅️ La visite de l’Alhambra

La visite de l’Alhambra à Grenade

S’il y a bien un lieu à visiter à Grenade, c’est l’Alhambra! Avec près de 3 millions de visiteurs par ans, c’est le 2e site le plus visité d’Espagne après la Sagrada Familia à Barcelone. L’Alhambra, c’est un ensemble de palais majestueux qui domine la ville depuis la colline de Sabika. C’est le plus prestigieux témoignage de la présence musulmane en Espagne. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, ce site est réellement un incontournable d’une visite à Grenade 🙂

Infos pratiques

Voici quelques petites infos pratiques. On peut accéder à l’Alhambra directement à pieds depuis le centre ville. Il faudra grimper la colline jusqu’à la Puerta de Los Carros. Si vous arrivez directement en voiture, il y a de grands parking ombragés à quelques centaines de mètres de l’entrée principale. Le stationnement est évidemment payant, il faut compter environ 9€ pour 3h30 de visite (les tarifs changent régulièrement). Il est indispensable de planifier sa visite de l’Alhambra un minimum à l’avance. La palais des Nasrides en particulier a un nombre de visiteurs limité par jour et les billets s’écoulent très rapidement. C’est parfois complet des semaines à l’avance! Pensez aussi à prendre votre carte d’identité (ou passeport) qui pourra être demandée à l’entrée. Enfin, ne soyez pas en retard. Si vous loupez votre créneau horaire, tant pis pour vous! Si vous respectez ces points, tout devrait bien se passer, et sans stress 😉

➡️Pour acheter son ticket (tarif adulte 22.27€), voici le site officiel de la billetterie.

L’histoire de l’Alhambra

En 1238, après la chute des Almohades, un chef local s’empare de Grenade et en fait la capitale d’un nouvel émirat. C’est Mohammed ibn Nasr, le fondateur de la dynastie des nasrides. Grâce à la signature du « Pacte de Jaen », il devient vassal de Ferdinand III et profite d’une relative tranquillité. Il faut toutefois sécuriser la ville, alors il créé l’Alhambra. Son nom signifie « château rouge ». Ce n’est au début qu’une simple forteresse destinée à surveiller la région depuis le point le plus haut proche de la ville. Pendant plus de deux siècles, les différents souverains nasrides vont peu à peu agrandir et embellir l’Alhambra, en rajoutant des palais, des jardins et des systèmes d’irrigation. L’Alhambra devient un des plus beaux palais d’Europe! Puis, en 1492, c’est la fin du dernier royaume musulman d’Espagne. Malgré la volonté d’effacer toute trace de l’islam, le palais est conservé pour servir de résidence royale lorsque la cour passe à Grenade. En 1526, Charles Quint y fera même construire un grand palais, en changeant radicalement de style architectural. Puis, le site tombe peu à peu en ruines et sert de caserne. Il a même faillit disparaitre en 1812! Quand les troupes de Napoléon quittent la ville, on dit qu’elles avaient eu l’ordre de faire exploser l’Alhambra. C’est l’intervention in extremis d’un soldat espagnol qui aurait permis d’éviter ce désastre. Mais l’Alhambra n’est plus qu’un bâtiment fantôme, en ruine et habité par des pillards et des familles miséreuses. Le site sort de l’oubli en 1832, grâce à la publication et au succès du livre de l’écrivain américain Washington Irving, intitulé « Les Contes de l’Alhambra ». En 1890, après de timides travaux de conservation, un terrible incendie détruit l’Alhambra! Enfin, les autorités espagnoles reprennent sérieusement le sujet en main, et des grands travaux de restauration sont lancés. Ils dureront des décennies. Désormais le site a retrouvé une partie de sa superbe d’antan et on peut à nouveau profiter du plaisir de déambuler dans ce merveilleux palais 🙂

Le complexe de l’Alhambra est principalement constitué de ces secteurs

  • l’Alcazaba
  • le Palais des nasrides
  • le Généralife
  • les jardins
  • le Palais de Charles Quint

Les présentations sont faites, c’est parti, hop en route! 😉

L’Alcazaba

Commençons la visite de l’Alhambra par sa pointe la plus à l’ouest, l’Alcazaba. C’est la partie la plus ancienne de l’Alhambra, qui remonte à l’époque de Mohammed ibn Nasr. En 1238, il décide d’aménager la colline de Sabika. Il fait ériger une citadelle fortifiée, des remparts massifs qui font tout le tour de la colline et plusieurs tours de guet.

Il se contentera de vivre dans une des tours fortifiées et n’aura pas le temps d’édifier un palais. À l’intérieur des murs de cette citadelle, il y avait une véritable ville miniature, avec des commerces, des artisans, des maisons pour les ouvriers, etc … Au début du XXe siècle, toute cette zone était en ruines, et c’est seulement lors des travaux de restauration qu’on a redécouvert les vestiges de ces habitations.

N’hésitez pas à grimper au sommet de la Torre de la Vela pour en prendre plein la vue! D’ici on peut apercevoir toute la plaine de Grenade. Le panorama est magnifique 🙂

La grande ville s’étend loin en bas. Au milieu des habitations, on arrive à distinguer la masse épaisse de la cathédrale de Grenade.

Depuis les remparts, on a aussi de très jolies vues sur l’Albaicin et Sacromonte un peu plus loin.

➡️ Pour découvrir le centre historique de Grenade et ces beaux quartiers, ça se trouve sur cette page 😉

Les Palais Nasrides, le cœur de l’Alhambra

Le point culminant de la visite, c’est évidemment la visite des palais nasrides. On parle de « palais nasrides » au pluriel, car chaque nouveau souverain modifiait ou agrandissait le palais précédent. On y recevait les ambassadeurs, les dignitaires et les visiteurs prestigieux. À votre tour maintenant de découvrir ces palais qui représentent l’apogée de l’art hispano-mauresque!

Après avoir traversé le petit bâtiment du Mexuar, on arrive au Palais de Comares. La façade dorée est absolument sublime et un grand avant-toit en bois de cèdre apporte un peu d’ombre.

On est tout de suite frappé par la richesse des décorations. L’art islamique recouvre chaque mur, chaque plafond, à base de calligraphie, de décoration florale stylisée et de motifs géométriques. On retrouve souvent sur les murs des versets coraniques et des poèmes.

La devise de la dynastie nasride « Wa lā gāliba illā-llāh » (Il n’y a de vainqueur que Dieu) est répétée plusieurs centaines de fois sur le site dans les différentes gravures. Certains textes parlent à la première personne et s’adresse au visiteur, comme « je suis le jardin, je m’embellis chaque matin ».

Le centre du Palais de Comares, on trouve la célèbre Cour des Myrtes avec son large bassin qui sert de véritable miroir d’eau. Cet espace correspondait un peu à une salle d’attente avant de rencontrer le sultan.

Les reflets de la Tour de Comares dans l’eau, c’est sans doute une des images iconiques de Grenade 🙂 Avec ses 45m de haut, c’est aussi la plus imposante des tours d’enceinte de l’Alhambra.

On pénètre ensuite dans la grande Salle des Ambassadeurs avec son incroyable plafond qui se trouve 18m plus haut.

Composé principalement de bois de cèdre sculpté, c’est un véritable chef d’œuvre de menuiserie, sensé représenter le ciel et le paradis islamique.

On découvre ensuite le Palais des Lions, construit après le Palais de Comares, à l’emplacement de son ancien jardin. On admire les 124 fines colonnes de marbre et les dentelles de sculptures qui les surplombent. C’est encore une fois absolument magnifique! 🙂

Ici aussi, le palais s’articule autour d’une cour centrale, la fameuse Cour des Lions avec sa fontaine centrale, un bassin en albâtre soutenu par 12 lions sculptés dans du marbre blanc.

Une rumeur persistante voudrait faire passer cette fontaine pour une une horloge hydraulique. Selon l’heure de la journée, l’eau jaillissait de la gueule d’un lion différent. En réalité, il n’en est rien. Mais c’est tout de même une petite merveille d’ingénierie pour le système d’irrigation, et cette fontaine a inspiré de nombreuses constructions par la suite.

Ensuite, on en prend plein les yeux lorsqu’on pénètre dans la Salle des Abencerrajes. Elle porte ce nom car le sultan Moulay Hasan y aurait fait exécuter 36 membres de la famille des Abencerrajes. La légende dit que des petites tâches rouges dans le bassin central de la pièce seraient des traces de sang provenant de ce massacre.

Mais ce qui retient surtout l’attention, c’est le plafond, avec l’incroyable coupole en muqarnas (les muqarnas, ce sont des motifs de décorations en forme d’alvéoles ou de stalactites). Cette pièce correspondait à la chambre privée du sultan.

La Salle des Rois qui occupe une des façades de la cour possède des magnifiques voûtes peintes. On y voit par exemple une représentation des dix premiers rois de Grenade et une autre scène avec des chevaliers.

Grâce à un échange artistique qui a eu lieu à l’époque avec Pierre Ier de Castille pour la restauration de l’Alcazar royal de Séville, on en sait plus sur la méthode utilisée. On rabotait des planches de poirier pour leur donner la bonne forme. On y fixait un cuir humide avec des clous. On appliquait une épaisse couche de plâtre et de colle sur le cuir. Avec un stylet on dessinait les motifs qui était peints ensuite.

En sortant du Palais des Lions, un grand bassin se présente devant nous.

C’est celui du Palais Partal (un des plus anciens palais, intégré dans le mur d’enceinte) et de la Tour des Dames qui se reflète dans l’eau.

Le Palais de Charles Quint

Au milieu de tout ce bel ensemble de palais délicats, on est surpris par la présence d’un énorme bâtiment massif qui tranche carrément avec ce qu’on vient de visiter. Cette construction, c’est le Palais de Charles Quint. En 1526, après son mariage, l’empereur réside plusieurs mois dans les palais de l’Alhambra qui lui font forte impression. Il commande donc aussitôt la construction d’un nouveau palais, digne de lui, avec l’intention d’y habiter.

Le palais ne sera jamais achevé, l’empereur meurt en 1558, et les travaux sont définitivement interrompus en 1637. Son architecture est complètement inédite : une grande structure en forme de carré, et au milieu, une grande cour ronde!

Il servira ensuite de poudrière et de réserve de munition. C’est un miracle s’il n’a pas explosé! Tombé lui aussi en ruines, il a été restauré de 1923 à 1958. Il abrite maintenant le petit Musée des Beaux Arts de Grenade au premier étage (entrée gratuite, plus d’infos sur ce site) ainsi que le Musée de l’Alhambra (entrée gratuite aussi). Si vous avez du temps avant votre créneau horaire pour les Palais Nasrides, sa visite est une bonne option!

Juste derrière le Palais de Charles Quint, il y a la modeste église Santa Maria construite en 1618.

Vous pouvez y jeter un oeil par curiosité pour voir le très bel autel sculpté.

Le Généralife

Un peu plus excentré, il y a le Généralife, qui signifie en arabe « le jardin de l’architecte ». C’était la résidence d’été des souverains nasrides. Un lieu de repos à l’écart de l’agitation politique du palais et de la cour. C’est une succession de jardin ombragés, de bassins et de fontaines. Il permettait à l’aristocratie de se délasser dans des jardins faisant penser au paradis.

C’est un des plus anciens jardins islamiques du moyen-âge conservé jusqu’à nos jours. Même si l’aspect actuel des jardins reprend surtout une inspiration « à l’italienne », imposée lors de la rénovation réalisée dans les années 1950.

Le Couvent de San Francisco

On a envie d’explorer ce magnifique bâtiment. C’est un ancien palais transformé après la conquête de la ville pour devenir le premier couvent de Grenade. Il n’abrite plus des moines, car de nos jours, c’est un sublime parador (un hôtel d’État).

Et il faut bien avouer qu’au bout de quelques heures, on commence à en avoir un peu plein les pattes 🙂 L’Alhambra, c’est magnifique, mais c’est grand! Trop de beauté fini même presque par fatiguer. Si possible, essayez de le visiter sur deux journées, histoire de faire une pause visuelle 😉

Et ensuite ? et bien :

➡️ La visite du centre historique de Grenade

➡️ La suite du road-trip en Andalousie : Du désert de Tabernas à la plage de San José

⬅️ L’étape précédente : Cordoue, la merveille

Grenade en Andalousie, les plus beaux endroits

Après plusieurs étapes à travers les paysages variés de l’Andalousie, notre road trip nous mène à Grenade, l’une des villes les plus fascinantes du sud de l’Espagne. Nichée au pied des montagnes de la Sierra Nevada, elle séduit immédiatement par son atmosphère unique, où se mêlent héritage mauresque, ruelles pleines de charme et vues imprenables sur l’Alhambra. Que l’on vienne pour découvrir son incroyable patrimoine, flâner dans les quartiers historiques ou simplement pour profiter de son ambiance, Grenade est une étape incontournable de tout road trip en Andalousie 🙂

Attention, un petit rappel important quand on arrive : l’accès au centre-ville de Grenade en voiture est limité. Si vous suivez aveuglément votre GPS vous risquez une belle amende, c’est automatique! Pour éviter ce genre d’ennuis, je vous conseille grandement de consulter la carte des zones réglementées sur ce site ou de vérifier si votre hôtel propose un parking et de faire enregistrer votre plaque d’immatriculation avant votre arrivée. En dernier recours, il reste la solution du parking APK2 Puerta Real (un peu cher et étroit). Mais il a le grand avantage d’être le plus central, et juste à la limite des zones interdites.

Voilà maintenant que ce petit avertissement est posé, partons à la découverte de Grenade, et commençons par un rapide petit rappel historique sur l’histoire de la ville 😉

Un peu d’histoire

On donne à Grenade des origines mythologiques liées à Noé ou même Hercules! Ce qui est certain, c’est qu’au VIIe siècle avant JC, les Ibères avaient ici une petite cité connue sous le nom de Iliberis. Elle se trouvait sur l’actuelle colline de l’Albaicin. Au IIIe siècle avant JC, elle passe sous contrôle des Romains et prend le nom de Florentia. Après la chute de l’empire romain, c’est le règne des Wisigoths, qui la nomment Elvira. Puis vient la conquête musulmane de la péninsule ibérique en 711. La petite ville est offerte en butin durant ces guerres. La dynastie des Zirides lui donnent le nom de Garnat Al-Yahud, puis elle rejoint l’empire des Almohades au XIe siècle. Après la défaite des Almohades face aux armées chrétiennes, la ville redevient indépendante. C’est le moment choisi par Mohammed ben Nazar pour en faire la conquête en 1238 et y fonder la dynastie des Nasrides, tout en se nommant vassal de Ferdinand III de Castille pour éviter les ennuis. Le royaume de Grenade est alors le dernier bastion musulman en Espagne et vit en paix avec ses voisins. Puis en 1492, les Rois Catholiques mettent fin à cet accord et finissent par capturer la ville, qui devient Granada, Grenade. Après l’expulsion des juifs et des arabes, et plus tard des morisques, l’ancienne fière cité tombe peu à peu dans le déclin. C’est principalement au XXe siècle, qu’un véritable effort est réalisé pour rétablir sa beauté d’antan, et maintenant, Grenade est redevenue une belle cité qui attire les voyageurs du monde entier 🙂

Je vous propose une balade dans le centre historique de Grenade à travers ces différents quartiers (Centro Sagrario, l’Albaicin, et le Sacromonte) sans oublier évidemment la visite de l’Alhambra, le célèbre monument qui domine la ville.

Le quartier Centro Sagrario

Après avoir laissé la voiture au parking et déposé les valises à l’hôtel, on quitte l’esplanade moderne de Puerta Real pour découvrir le quartier historique de Centro Sagrario. Il s’est principalement développé après la reconquête de la ville par les espagnols. Nos pas nous mènent tout d’abord à la première église venue, l’église de San Anton qui date du XVIIe siècle. La façade extérieure n’a l’air de rien, on remarque d’ailleurs à peine qu’elle existe. Mais pourtant dès qu’on pénètre à l’intérieur on découvre une décoration très riche. C’est une petite église magnifique et on vient à peine d’arriver à Grenade, ça commence bien 🙂

Au centre du quartier, on arrive sur Plaza Bib-Rambla, la grande place centrale du centre historique. Il y a des siècles, on y faisait des corridas et on y trouvait aussi les bûchers de l’Inquisition. Heureusement maintenant, c’est une jolie place agréable, bordée d’arbres, de belles maisons et de terrasses de restaurants. Au centre, on trouve la grande fontaine Fuente de los Gigantones.

Une adresse incontournable ici, c’est le Grand Café Bib-Rambla fondé en 1907. On y trouve parait-il le meilleur churros con chocolate de la ville. Personnellement, les churros trempés dans une tasse de chocolat chaud, ça m’écœure très rapidement, mais si vous aimez, venez tester ici 😉

La Cathédrale de Grenade

La cathédrale de Grenade se découvre presque par surprise 🙂 On déambule dans les ruelles animées du centre historique, et en arrivant sur la petite Plaza de las Pasiegas, on découvre d’un seul coup ce grand monument qui était presque totalement caché à la vue jusque là.

L’histoire de la cathédrale de Grenade remonte en 1492. Juste après la reconquête de la ville, les Rois Catholiques (Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon) décident la construction d’une cathédrale sur l’emplacement de l’ancienne grande mosquée. Les travaux débutent en 1518 et devaient initialement suivre un plan de cathédrale gothique mais c’est finalement le style Renaissance qui est adopté. Après deux siècles de travaux et plusieurs architectes, elle est finalement achevée en 1704. Elle est considérée comme la première grande cathédrale Renaissance construite en Espagne et demeure l’un des monuments religieux les plus importants du pays

La façade monumentale et massive avec ses arcs symboles de triomphe aurait du être ornée de deux tours de 80m de haut. Mais le projet a été abandonné car les fondations étaient trop fragiles. Finalement, il n’y aura qu’une seule tour de 50m de haut, qu’on distingue à peine, coincée à l’étroit dans une ruelle. L’intérieur de la cathédrale est vaste et très lumineux! Des grandes colonnes blanches s’élèvent vers les voutes et supportent cette structure de 115m de long et 67m de large.

Le joyau de la cathédrale, c’est la Capilla Mayor ou chapelle principale. C’est une immense rotonde avec une coupole qui s’élève haut au-dessus de nos têtes à plus de 45m de haut.

Tout n’est que blancheur étincelante, dorures, vitraux colorés et sculptures!

Les chapelles latérales abritent des sculptures et retables richement décorés, parmi les plus belles réalisations de l’art sacré andalou du XVIe et XVIIe siècle.

La cathédrale a aussi la particularité d’avoir deux grands orgues baroques magnifiques qui se font face.

Que vous soyez passionné d’histoire, amateur d’architecture ou simple voyageur curieux, la visite de la cathédrale de Grenade offre une plongée fascinante dans plusieurs siècles d’art, de foi et de pouvoir 🙂

Le prix d’entrée pour la cathédrale est de 7€. Retrouvez plus d’informations sur le site officiel.

L’église Sagrario (ou l’église du Tarbenacle) est une autre grande chapelle collée à la cathédrale. Elle a pour fonction la conservation des hosties consacrées. Sa construction, plus récente que celle de la cathédrale, a lieu de 1705 à 1749.

Une nouvelle fois, l’intérieur est magnifique, en plus son entrée est gratuite 🙂
Plus d’infos sur ce site.

Enfin, il y a un dernier édifice adossé à la cathédrale et possédant une entrée distincte. C’est la Chapelle Royale, le lieu où reposent Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon, les célèbres Rois Catholiques. Ils ont choisi d’être enterrés à Grenade, leur plus grande victoire politique et militaire. L’entrée est payante (7€) et les photos sont interdites. Plus d’infos sur ce site.

Un autre lieu emblématique du centre historique, c’est l’Alcaiceria. C’est une étroite rue marchande historique à l’emplacement de l’ancien bazar arabe.

C’est un spot idéal pour des jolies photos colorées, avec en prime, la cathédrale au fond 🙂 Les boutiques d’articles (plus ou moins) artisanaux sont partout! C’est un dépaysement plein de couleurs, au milieu des tissus, des épices et des lampes!

Pour info, ce n’est pas une réelle ruelle historique. En fait le grand bazar des origines à été détruit par un incendie en 1843. On a reconstruit quelques rues avec une décoration néo-mauresque pour rappeler le passé du quartier.

La visite de l’Alhambra

Impossible de visiter Grenade sans découvrir l’Alhambra, le monument le plus emblématique d’Andalousie! 😉 C’est un incroyable ensemble de palais, de jardins et de fortifications, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Entre les délicats décors mauresques, les cours fleuries et les panoramas sur la ville, la visite est un véritable voyage dans le temps.

➡️ Comme ce site exceptionnel mérite qu’on s’y attarde un petit peu, je lui consacre un article complet ici 😉

Le quartier de l’Albaicin

Le quartier de l’Albaicin, c’est LE véritable centre historique de Grenade. Avec son labyrinthe de petites ruelles pavées et de maisons blanchies à la chaux, c’est l’atmosphère authentique qui vous fera vraiment voyager dans le Grenade de carte postale dont on rêve un peu tous 🙂

Ce quartier existait bien avant la construction de l’Alhambra, c’était le véritable Grenade mauresque, et avant ça, l’antique cité romaine construite sur la colline. Un des accès principal pour arriver au cœur de ce beau quartier consiste à grimper le long de la ruelle commerçante de Calle Calderería Nueva et poursuivre sur Calle San Juan de los Reyes 🙂

De façon certaine, vos pas vous mèneront au Mirador de San Nicolas. Depuis cette esplanade, le panorama est tout simplement exceptionnel. C’est sans aucun doute un des plus beaux points de vues sur l’Alhambra 🙂

Le mirador porte ce nom à cause de l’église San Nicolas située juste derrière. Elle se trouve à l’emplacement d’une ancienne mosquée qui a été rasée dès la reprise de la ville par les catholiques. L’église originale a disparu lors d’un incendie et celle actuellement en place date du XIXe siècle (et n’est pas franchement incroyable à visiter).

On a aussi cette sublime vue de l’Alhambra avec la Sierra Nevada en toile de fond. Ce doit être encore plus beau quand il y a le contraste avec les sommets parfois encore enneigés!

Car oui, aussi incroyable que ça puisse paraitre, en Andalousie, à moins d’une heure de route de Grenade, on peut faire du ski ! 🙂 Neige ou pas, pour profiter de cette belle montagne, vous retrouverez plus d’infos sur ce site des activités en Sierra Nevada 😉

Vous trouverez d’autres miradors presque aussi beau avec un peu moins de monde. Car il faut bien le reconnaître, le mirador San Nicolas, c’est un peu l’usine à touristes. Mais quand c’est beau comme ça, que voulez-vous 😉

Cachés à la vue du public, le quartier d’Albaicin abrite aussi les plus beaux carmenes de la ville. Un « carmen », c’est une ancienne ferme, généralement une belle maison, entourée par des hauts murs, et qui abrite un beau jardin luxuriant et un verger. C’est un véritable havre de paix au milieu de la ville, à l’abri des regards 🙂

La plupart sont privés et ne se visitent pas. Cependant quelques uns sont ouverts au public sous certaines conditions, en particulier les plus beaux : Carmen de la Victoria et Carmen del Rey, si vous avez la chance de pouvoir y aller!

Dans le bas du quartier côté Alhambra, il y a plusieurs monuments à découvrir, comme les anciens bains arabes Banos de Nogal ou le Musée Archéologique.

On y trouve aussi la magnifique façade du Palais de la Chancellerie construit sous le règne de Charles Quint en 1587 (un bâtiment qui ne se visite pas, car il abrite maintenant un tribunal. Mais son architecture réputée mérite le déplacement 🙂 )

Le quartier Sacromonte

Sacromonte, c’est un quartier de Grenade avec une histoire à part. Au début, ce n’était qu’une simple colline face à l’Alhambra. Puis, à partir du XVe siècle, Grenade fait face une arrivée massive de populations roms qui s’installent aux portes de la ville, sur ces hauteurs inhabitées. C’est aussi à cette même époque que les dernières riches familles arabes quittent Grenade. Selon des légendes, avant de partir en exil forcé, ils cachaient leurs richesses dans la colline. Leurs anciens esclaves noirs, au courant de ces manigances, auraient alors creusés en vain à la recherche de ces richesses. C’est ainsi qu’est né le « Barranco de los Negros », le ravin historique des premières habitations, où des anciens esclaves et de nombreuses familles roms creusèrent des trous, entre autre pour se loger. Sacromonte, c’est donc traditionnellement le quartier gitan de Grenade, recouvert de petites maisons troglodytes aux façades blanchies à la chaux. On y accède par des ruelles minuscules et sinueuses, ou par l’unique route. C’était aussi le lieu de vie des autres populations marginalisées ou exclues de la ville. un repaire d’artistes, le berceau du flamenco et lieu de naissances des zambras (danses de flamenco)!

Mais Sacromonte, c’était aussi un quartier très pauvre. Jusqu’à récemment, il n’y avait ni eau courante ni électricité. En 1963, après de terribles inondations meurtrières, une grande partie des habitants seront expulsés par les autorités. Les maisons, construites en dehors de tout cadre légal, seront la proie d’investisseurs voulant promouvoir le tourisme ou s’enrichir facilement. Désormais, il ne reste presque plus d’habitants « traditionnels ». Toutefois, des lieux continuent de faire vivre l’ancien esprit du quartier, à travers la musique notamment.

On peut y visiter le Museo Cuevas del Sacromonte. Ce site a préservé onze grottes pour rappeler aux visiteurs les conditions de vie qu’il y avait ici. Le tarif est à 6€, plus d’infos sur ce site. Vous pouvez aussi pousser la balade jusqu’à l’abbaye de Sacromonte. Pas de chance pour nous ce jour là, des montagnes de nuages gris apparurent, avec des bruits de tonnerre au loin. On a vite fait demi-tour (et on s’est pris un véritable déluge sur la tête un peu plus loin en ville haha)

J’espère que cette visite de Grenade vous donnera à vous aussi l’envie de découvrir cette ville magnifique. On aurait vraiment adoré y passer plus de temps! Hélas, il faut reprendre la route, mais encore plein de belles choses à voir 😉

➡️ La visite de l’Alhambra de Grenade

➡️ La suite du road-trip en Andalousie : Du désert de Tabernas à la plage de San José

⬅️ L’étape précédente : Cordoue, la merveille

Découvrir Cordoue, une merveille de l’Andalousie

Nouvelle étape de ce roadtrip en Andalousie. Après la visite de la belle Séville, direction la ville de Cordoue, située à environ 1h30 de route au nord-est. À vrai dire, je n’avais pas d’attentes particulières concernant Cordoue. Au final, j’ai vraiment eu un coup de cœur pour cette ville 🙂 J’espère que la lecture cette page vous donnera vraiment envie d’y aller aussi!

Petit rappel historique

La cité de Corduba a été fondée par les romains il y a plus de deux mille ans. Elle devient rapidement la capitale de la province. Après l’occupation par les wisigoths, elle tombe aux mains des musulmans en 711. Elle sera la capitale du Califat de Cordoue. Au Xe siècle, on considère que c’est la ville la plus importante d’Occident. Elle rivalise même avec Bagdad. C’est l’apogée de Cordoue! La ville est réputée pour le travail du cuir (d’ailleurs le mot cordonnier vient de là) et la production de textile et de papiers (de nombreux scribes vivaient à Cordoue, qui disposait alors d’une immense bibliothèque). Puis au XIe siècle, c’est le début des conflits internes entre califats et Cordoue perd son titre de capitale. C’est le début de son lent déclin. Elle est prise par Ferdinand III de Castille en 1236. Malgré ses atouts, elle restera dans l’ombre de Séville pendant plusieurs siècles. En 1808, comme beaucoup d’autres villes, elle est pillée par les troupes napoléoniennes.

Dans les années 1950, la ville se refait une beauté et redevient une destination touristique importante. La vieille ville et inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco pour sa richesse historique.

C’est donc avec une grande curiosité qu’on arrive à Cordoue. Le centre ville historique n’est pas du tout adapté pour la circulation, il faut se garer en dehors. Des solutions de stationnements gratuits existent au sud de la ville, mais c’est un peu excentré. Je vous conseille donc la facilité avec le Parking de La Ribera, idéalement situé en plein centre, avec un accès facile et sécurisé (tarifs 2 Eur/heure ou 19 Eur la journée).

Partons à présent à la découverte des plus beaux endroits de la ville 🙂

La Mezquita

Commençons par le principal monument de Cordoue : la Mezquita, la fameuse mosquée-cathédrale, un des monuments les plus visités d’Espagne. Sur cet emplacement, il y avait tout d’abord un temple romain, puis une basilique chrétienne sous les Wisigoths, puis c’est la domination arabe. Les Omeyades lancent la construction de la grande mosquée en 786.

Elle sera agrandie à plusieurs reprises pour devenir à l’époque la plus grande mosquée du monde après celle de La Mecque. En se promenant dans les ruelles qui font le tour du bâtiment, on constate ses impressionnantes dimensions : 180m de long et 130m de large!

Une fois à l’intérieur, on est immédiatement plongé dans un autre monde. À travers une véritable forêt de colonnes de pierres plongées dans une semi-obscurité, on ne sait trop où aller. Nos pas nous mènent devant l’impressionnant mihrab, très richement décoré. Cette ouverture est sensée pointer vers la Kaaba de La Mecque. Elle indique la direction vers laquelle les musulmans doivent se tourner pour la prière.

Mais il semblerait que contrairement à la tradition, le mihrab de la mosquée de Cordoue pointe en fait en direction de Damas, l’ancienne capitale des Omeyades, qui régnaient sur le monde musulman au VIIe siècle à l’époque de sa construction.

On ne manque pas d’admirer l’impressionnante coupole en marbre et les mosaïques au dessus du mihrab. C’est l’œuvre d’artisans byzantins envoyés par l’empereur Nicéphore II à la demande du calife de Cordoue.

La Mezquita est célèbre pour ses innombrables colonnes qui faisaient déjà sa renommée au moyen-âge 🙂 Une bonne partie de ces colonnes est en fait un réemploi de celles qui existaient dans l’ancienne basilique wisigoth. Une partie aussi a disparu lors des travaux réalisés par les chrétiens. Tout de même, il reste actuellement 850 colonnes, et c’est véritablement impressionnant!

Une innovation architecturale liée à ces colonnes fait aussi la renommée de cette mosquée. Pour la première fois on a utilisé des doubles arcades en fer à cheval au dessus des colonnes afin d’avoir un plafond plus haut. Cette astuce donne une impression de légèreté à cette construction 🙂

Dès le lendemain de la conquête de la ville par Ferdinand III de Castille, le roi ordonne la « purification » du site le 29 juin 1236, pour en faire la cathédrale du diocèse de Cordoue. Les modifications apportées sont mineures. On creuse principalement des chapelles dans le pourtour de l’édifice.

Mais trois siècles plus tard, on décide de faire des plus gros travaux. Le projet est d’installer au centre de l’immense édifice une grande chapelle centrale, la Capilla Mayor. Les travaux durent de 1523 à 1607. Le résultat est époustouflant!

D’un seul coup, on passe de l’espace sombre de l’ancienne mosquée à un grand espace ouvert, haut et lumineux. C’est littéralement comme une grande église de style renaissance plantée au beau milieu d’un autre bâtiment. Même à l’époque, ce choix n’a pas fait l’unanimité. Le roi Charles Quint qui a fini par donner son accord pour les travaux regrettait qu’on « détruise quelque chose qui était unique au monde pour faire la même chose qu’on voit partout ». Finalement, ce mélange d’architecture mauresque et chrétienne sera salué par tous 🙂

Après avoir admiré les fines sculptures en acajou des 53 stalles du chœur des chanoines, on peut se rendre dans la chapelle Sainte-Thérèse pour découvrir le trésor de la cathédrale. La pièce maitresse, c’est l’ostensoir d’Arfe. Il pèse plus de 200 kilos d’or, d’argent et de diamants. Il mesure 2.63m et sert à porter l’hostie consacrée lors de la fête du Corpus Christi.

On peut aussi voir le grand retable principal en marbre rose, et attraper un torticolis en contemplant l’orgue et la coupole décorée tout la haut 🙂

On termine la visite par la grande cour des orangers. C’est l’ancienne cour de la mosquée qui était réservée aux ablutions des musulmans. Les chrétiens décident d’en faire un jardin et y plantent orangers, oliviers et cyprès.

On y aperçoit le clocher de la Mezquita. Il est construit sur la base de l’ancien minaret. Au sommet, on voit une statue de l’archange Raphaël. Avec 54m de haut, c’est le point culminant de la ville.

➡️ Pour visiter la Mezquita, l’achat des billets se fait sur ce site (15 Eur, et 4 Eur supplémentaire si vous voulez grimper au sommet du clocher).

À l’extérieur, tout le long de la longue façade, Il faut prendre le temps d’admirer les nombreuses belles portes décorées de la Mezquita. Il y a aussi un petit truc insolite à découvrir dans le coin de la façade qui donne sur la colonne de l’archange Raphaël 🙂

Il ne s’agit pas de la très belle porte décorée de San Ildefonso de la Mezquita, ni de la jolie porte décorée de l’historique hôpital San Sebastian qui se trouve juste en face. En cherchant un peu, vous devriez pouvoir trouver une étrange étoile dans une des pierres du mur de la Mezquita, en bas à droite, près de l’angle (et non ce n’est pas l’anus de la cathédrale!).

Il s’agit en fait d’un fossile (probablement un oursin) que les carriers de l’époque ont trouvé en cherchant des pierres pour la construction de la mosquée. On suppose qu’elle a été perçue comme une sorte de talisman portant chance, et c’est pour cette raison que cette pierre a été conservée et placée là, littéralement à portée de main. Et depuis plus d’un millénaire, la légende dit que cette pierre peut exaucer un vœu si on la touche. Vous me direz si ça a fonctionné pour vous 😉

Calleja de las Flores

La rue des fleurs, la fameuse Calleja de la las Flores est devenue une véritable attraction touristique. Toute proche de la cathédrale, cette minuscule ruelle qui se termine en cul-de-sac n’avait pourtant rien de spécial. Jusqu’en 1939, quand une habitante décide de mettre des pots de fleurs sur le mur dans la rue car elle n’avait pas assez de place chez elle. Surpris, son voisin aime l’idée et décide de faire pareil. Et petit à petit, toute la rue se retrouve couverte de pots de fleurs 🙂

Dans les années 1950, le maire de Cordoue décide d’embellir les rues de la ville, et la Calleja de las Flores se refera évidemment une beauté. C’est maintenant la rue la plus photogénique de la ville 🙂

Et si vous aimez les fleurs, je vous conseille de vérifier votre agenda! Car chaque année, au mois de mai, la ville organise la Fiesta de los Patios de Cordoba. Pour cette occasion, des patios d’habitations privées sont ouverts au public. C’est l’occasion de découvrir des magnifiques décorations florales dans des endroits d’exception 🙂
➡️ Plus d’infos sur ce site.

La Juderia

La Juderia, c’est le nom de l’ancien quartier juif de Cordoue. C’est un véritable dédale de ruelles, à ouest de la Mezquita. Le quartier était caché, à l’abri des remparts, et fermé par plusieurs portes pour éviter la colère des chrétiens. Il fait partie intégrante du magnifique centre historique de Cordoue et c’est un plaisir de se perdre dans ce labyrinthe 🙂

Durant votre balade, vous croiserez inévitablement la statue de Moïse Maimonide. Né à Cordoue au XIIe siècle, ce savant religieux et philosophe est considéré comme une des plus éminentes autorités rabbiniques du Moyen Age.

On y trouve aussi la synagogue médiévale de Cordoue (Calle Judíos, 20). Le bâtiment en lui même n’a rien d’impressionnant. C’est un petit édifice de style mudéjar. Son intérêt est principalement historique. Construit en 1315, c’est l’une des trois seules synagogues espagnoles conservées qui date d’avant l’expulsion des juifs en 1492 (les deux autres sont à Tolède). La synagogue de Cordoue deviendra ensuite un petit hôpital, puis une école. C’est seulement lors de travaux de restauration en 1884 qu’on découvre par hasard les inscriptions sculptées en hébreu, datant d’il y a plus de cinq siècles. L’édifice est alors déclaré Monument National. La visite du lieu est vraiment rapide et l’entrée est gratuite.

Dans le quartier de la Juderia, on peut aussi découvrir le marché des artisans (Zoco de los artesanos) dans la rue Calle Judios.

Si vous cherchez des petits cadeaux « made in Cordoue », c’est ici qu’il faut venir 🙂
➡️Plus d’infos sur ce site.

Calle Cairuan

On quitte ensuite la médina pour suivre Calle Cairuan. C’est une jolie rue avec des petits jardins et bassins, qui longe une partie de l’ancienne muraille de la ville 🙂

Cette portion de remparts n’est pas véritablement d’époque. Elle a été reconstituée au siècle dernier.

On fait (hélas) l’impasse sur les écuries royales qui se trouvent juste à côté. Cette institution fondée en 1570 est célèbre pour la qualité de son dressage. C’est ici qu’a été créée la fameuse race du cheval andalou. Le soir, on peut régulièrement y voir des spectacles qui mêlent démonstrations de dressage, danse et musique flamenco. Si vous aimez les chevaux, cet endroit est pour vous! 🙂
➡️ Plus d’infos sur ce site.

Idem, on zappe la visite des bains califaux qui datent du Xe siècle. Ces bains étaient utilisés par le Calife et sa famille jusqu’au XIIIe siècle. Ils ont ensuite été ensevelis et redécouverts par hasard lors de travaux sur la place en 1903! Depuis, un petit musée retrace l’histoire du lieu et on peut y voir quelques ruines de ces bains. L’entrée n’est pas chère (3 Eur),mais il parait qu’il n’y a pas grand chose à voir…
➡️ Plus d’infos sur ce site.

L’objectif de cette fin de journée était un peu plus loin.

L’Alcazar des rois chrétiens

On arrive enfin devant des grandes murailles entourées de palmiers. C’est l’Alcazar des rois chrétiens. Durant la domination des maures, la ville possédait un autre alcazar non loin d’ici. Il sera en partie détruit par les forces chrétiennes après la reconquête. En 1328, Alphonse XI de Castille décide de construire un nouvel Alcazar à sa façon. Il est réalisé dans le style mudéjar : l’application d’influences et de techniques musulmanes sur des constructions chrétiennes. En raison de la suite de la guerre pour la Reconquista, contre Grenade notamment, il devient une résidence royale jusqu’en 1492.

Une sculpture à l’intérieur rappel un épisode de l’histoire que je ne connaissais pas : la conquête des îles Canaries (qui se déroulait en même temps que la Reconquista de la péninsule espagnole). On y voit une représentation de la reine Isabelle la Catholique et Abenchara. C’était la femme du roi de Gran Canaria, retenue prisonnière à Cordoue. À la même époque, l’émir de Grenade (Boadbil) sera aussi fait prisonnier à l’Alcazar.

Après la prise de Grenade, la famille royale cède l’Alcazar à l’Inquisition. Le palais est alors transformé en tribunal, on y construit des cellules et des salles de tortures. L’l’inquisition espagnole y sera active jusqu’en 1812! Puis, l’ancien palais devient une prison, jusqu’à ce qu’il soit déclaré monument national et ouvert au public à partir de 1960. Du fait de ces changements de fonctions, la décoration et l’ameublement intérieur ne correspond pas vraiment à ce qu’on pourrait attendre d’un ancien palais royal. C’est plutôt dépouillé et même un poil austère.

En revanche, dès qu’on découvre les jardins mauresques, c’est in-croy-able! En fin d’après-midi, les couleurs sont sublimes 🙂

Le nom de mauresque est trompeur car ces jardins ne datent pas du tout de l’époque de l’occupation mauresque. Ils sont aménagés entre le XVIIIe et XIXe siècle, en remplacement d’anciens vergers. Enfin, ils ont été complètement remaniés durant les années 1950.

Sur plus de 5 hectares, on y retrouve des palmiers, des orangers, des citronniers, des cyprès, des bassins et des fontaines. Le tout est disposé avec une réelle élégance. Les reflets dans l’eau sont dignes d’une carte postale 🙂

À ce moment de la visite, l’Alcazar de Cordoue, c’était vraiment le plus bel endroit sur terre 😉

C’et vraiment un endroit où il faut se promener paisiblement et se prélasser dans la douce chaleur d’une soirée andalouse. D’ailleurs, la nuit, le lieu est illuminé de milles couleurs. Il parait que c’est aussi très joli 🙂

➡️ Vous pouvez acheter un billet en ligne ou directement au guichet à l’entrée. Plus d’infos sur ce site.

Après la visite de l’Alcazar, je vous conseille de descendre sur la rive du fleuve Guadalquivir. On y trouve les vestiges d’un autre grand monument.

Le Moulin Albolafia

Le long du fleuve, il y avait les onze moulins de Cordoue. Le plus connu est sans aucun doute le moulin Albolafia 🙂 On suppose que les romains avaient déjà construit un moulin à cet emplacement, mais c’est surtout au XIIe siècle qu’il est connu pour avoir servi de noria par les musulmans. L’eau du fleuve était remontée grâce à la grande roue qui comportait des seaux, puis déversée dans un aqueduc. Il permettait d’irriguer en eau douce le palais des émirs, et d’irriguer les jardins. Enfin, accessoirement, il apportait de l’eau à la population de la ville.

En 1492, la reine Isabelle la Catholique fera démonter la grande roue du moulin, car elle trouvait que ça faisait trop de bruit quand elle était à l’Alcazar! Les oreilles royales sont vraiment sensibles… Ensuite, le moulin retrouvera une activité et servira à moudre le grain en farine jusqu’au début du XXe siècle. Puis avec la construction des barrages et des retenues d’eau le long du fleuve pour maitriser les crues, il ne sera plus utilisé. On démolit donc l’aqueduc devenu inutile, mais la grande roue de 15m de haut est conservée. C’est d’ailleurs un des emblèmes de la ville, présent sur le blason depuis le XIVe siècle. La roue qu’on peut voir actuellement date de 1992 (reconstruite après un incendie).

Le Pont Romain

Juste à côté du moulin Albolafia, on arrive au vieux pont romain de Cordoue. Son entrée est marquée par la Porte du Pont. Elle a été construite en 1572 à l’emplacement de l’ancienne porte romaine.

Le pont lui, a été construit par les romains en l’an -45. Il a évidemment été consolidé et restauré à de nombreuses reprises. Mais tout de même, c’est encore un travail incroyable réalisé par les romains. Il mesure 247m de long, et pendant 20 siècles c’était le seul pont de la ville!

C’est maintenant un pont réservé aux piétons. À l’autre bout du pont, on trouve la Tour de la Calahorra. C’est une tour fortifiée rajoutée par les maures au XIIe siècle. Elle obligera les troupes du roi Ferdinand III à traverser le fleuve en radeaux pour la conquête de la ville.

Et pour info, voici la petite vue qu’on a sur Cordoue depuis le second pont de la ville construit en 1953, le pont de San Rafael 🙂

En s’éloignant un peu du centre historique vers l’ouest, il y a d’autres ruelles agréables à visiter.

C’est aussi l’occasion, si vous en avez le temps, de suivre un circuit touristique proposé par la ville.

La route des églises fernandines

Ce circuit c’est la route des églises fernandines (rutas de las iglesias fernandinas). Cet itinéraire permet de découvrir la dizaine d’églises que Ferdinand III a fait construire au XIIIe-XIVe siècle. Elles sont réparties dans toute la ville, et en voici la liste : l’église de San Francisco, l’église de San Pedro, l’église de Santiago Apóstol, l’église de La Magdalena, l’église de San Lorenzo, l’église de Santa Marina, San Andrés, l’église de San Pablo, l’église de San Miguel et l’église de San Nicolás.

Ici par exemple, je vous présente l’église San Francisco, et l’église San Pablo. L’entrée de ces églises est payant (6€) ou gratuit si vous présentez votre billet de la Mezquita. Plus d’infos ici. On préférait profiter du beau soleil et j’avoue qu’on a un peu esquivé la visite de ces églises, mais il parait quel les intérieurs valent le coup et sont richement décorés 🙂

Le Musée archéologique

On en profite aussi pour faire une petite visite du Musée archéologique de Cordoue (sur la plaza de Jerónimo Páez).

Le musée est moderne et les collections ne sont pas trop grandes. Il se visite en une petite heure. On y découvre les trouvailles archéologiques réalisées à Cordoue datant de la préhistoire jusqu’à l’époque romaine. Ne manquez pas la visite du joli patio qui jouxte le musée 🙂

Ce musée a aussi l’avantage d’être gratuit. Plus d’infos sur ce site.

Le temple romain

Un peu plus loin, dans un quartier plus moderne, à côté de l’hôtel de ville, on découvre les colonnes du temple romain de Cordoue. Sa construction remonte au premier siècle après JC.

Il a été redécouvert par hasard en 1951 pendant des travaux d’agrandissement de la mairie! Ce qu’on a retrouvé des colonnes de marbre de près de 10m de haut a été reconstitué en 2024.

La Plaza de la Corredera

Un tout petit peu plus loin, dans le quartier San Pedro, on arrive à la Plaza de la Corredera. C’est la grande Plaza Mayor, la place principale de Cordoue. C’est aussi la seule place principale d’Andalousie a avoir un grand plan rectangulaire et fermé, comme en Castille, avec ces longues façades couvertes de balcons et ces arcades couvertes. Elle mesure 113m de long et 55m de large. Son aménagement remonte à 1683.

C’était le lieu des grandes célébrations et du marché, mais aussi des exécutions de l’inquisition, ou des corridas (avant la construction des arènes du Tejares). Elle est maintenant cernée de restaurants et de bars 🙂 Depuis les années 1980, la place est classée Monument historique et artistique.

Et aussi …

Je regrette de n’avoir passé qu’une journée dans cette ville. Il y a d’autres parcs et jardins que j’aurais voulu traverser, des ambiances d’autres quartiers à découvrir. Voir même aller se perdre dans le quartier de l’Arenal un jour de féria (avec la plus grande porte de féria d’Espagne!). Bref, je ressens une certaine frustration en écrivant ces lignes. Mais j’ai aussi un sourire sur le visage. Car Cordoue, c’était vraiment bien, vraiment! 🙂

➡️ La suite du road-trip en Andalousie : Grenade, les plus beaux endroits

⬅️ L’étape précédente : Séville, la capitale de l’Andalousie

Séville, découvrez la capitale de l’Andalousie

Après une étape dans la belle ville Cadix, nous voici en route pour Séville, la capitale de l’Andalousie! Direction la 4e ville d’Espagne, entourée de plaines fertiles. C’est une des villes avec le climat le plus chaud et le plus sec du pays! Et comme par hasard lors de notre passage, on a eu le droit à des nuages et même un peu de pluie! Mais Séville, c’est avant tout une des plus riches cités européennes du point de vue architectural et historique. C’est vraiment une ville que j’avais hâte de découvrir, et je vais vous partager tous les beaux endroits à voir 🙂

J’en profite pour partager la première chose étonnante qu’on découvre en arrivant à Séville : les orangers. Il y a des orangers plantés absolument partout! C’est beau, ça parfume agréablement les rues, et on s’étonne de voir ces grosses oranges à portée de main. Même si c’est très tentant, il est déconseillé de les manger. Ce sont des oranges amères (Citrus Arantium). Cette tradition de planter des orangers remonte au XIIe siècle, pour embellir la ville. On utilisait aussi la fleur d’oranger dans les parfums et pour confectionner des marmelades amères. Bref, les orangers, c’est tout bête, mais ça m’a surpris 🙂

Avant de se lancer à la découverte de la ville, commençons par un rapide résumé historique (car j’aime bien ça).

Un peu d’histoire

Selon la légende, c’est le héros mythologique Hercules qui aurait fondé la cité, après avoir remonté le fleuve, et tué Geryon (roi de Tartessos) pour lui voler ses bœufs. Une fondation avec des origines mythologique, c’est plutôt classe ! 🙂 Véritable légende ou pas, on sait en tout cas qu’historiquement, la civilisation des tartessiens était bien là en -800, et que la cité s’appelait alors Ispal. La ville deviendra romaine (Hispalis), puis sera conquise par les Wisigoths avant de tomber aux mains des musulmans en 712 et renommée en Isbiliya. Plus de cinq siècles plus tard, en 1248, les troupes de Castille du roi Ferdinand III reprennent la ville. Plus tard, après la découverte des Amériques, c’est le Siècle d’Or de l’Espagne, et Séville devient une des villes les plus puissantes du monde! Puis, la capitale de l’Andalousie commence à perdre peu à peu de son importance. À cause de l’ensablement du port, la riche activité portuaire est transférée à Cadix. La ville conserve son aura de ville savante avec une prestigieuse université, une vie artistique riche et la plus grande cathédrale du monde. Elle souffrira des guerres napoléoniennes, où une bonne partie de son patrimoine sera pillé par les français ou dispersé (à Madrid notamment). En 1929 elle accueille la grande exposition Euro-Américaine qui aide à faire rentrer la cité dans le monde moderne. En 1992, l’Exposition Universelle lui donne un véritable coup de neuf. Depuis, Séville, c’est la perle Andalouse, dynamique, vivante et capitale du tourisme 🙂

Venir à Séville

En avion, en train, en voiture, vous avez le choix ! Pour nous, c’est une étape de notre roadtrip en Andalousie. Nous venons de Cadix à environ 1h30 de route. Pour le logement (réservé à la dernière minute), nous avons choisi l’hôtel ON Suites Sevilla, moderne, confortable, bien insonorisé. C’est un excellent rapport qualité prix. Son emplacement est tout proche du quartier historique, mais aussi du quartier moderne de la Cartuja au nord ouest de la ville. On décide donc de commencer la visite de Séville par ce quartier. On en profite aussi pour y garer la voiture, car le stationnement dans les rues est facile à trouver et gratuit, ce qui est bien pratique!

Au passage, un bon moyen de visiter Séville, c’est de le faire à vélo! La ville est toute plate et à l’exception des grands boulevards, les rues sont tranquilles. Pour en profiter, il y a les vélos en libre service Sevici.

La Cartuja

C’est un quartier moderne et réhabilité où a eu lieu l’Exposition Universelle de 1992. On sent que ce modernisme n’a pas trop fonctionné, car on a l’impression de traverser un quartier un peu désert et sans âme. Entre les grands ensembles administratifs et les vestiges de l’exposition qui vieillissent plus ou moins bien, on découvre deux grands bâtiments. Le premier c’est la massive tour ronde Torre Triana (55m de haut). C’est un grand bâtiment administratif qui s’inspire du château Saint-Ange de Rome.

L’autre gigantesque monument, c’est LE gratte ciel de Séville, la Torre Sevilla. De forme elliptique, il atteint 180m de haut! En principe, il est interdit de construire aussi haut, car à Séville, aucun bâtiment ne doit être plus haut que la Giralda de la cathédrale (98m). L’exception qui confirme la règle quoi. Pour info, il est possible d’aller profiter de la vue sur le rooftop le plus haut de la ville pour 8 Eur (ticket en vente sur ce site).

Le quartier El Arenal, le longs du Guadalquivir

Nous allons ensuite dans le quartier El Arenal en longeant les quais du fleuve Guadalquivir (nom donné par les arabes). C’est un fleuve navigable jusqu’à l’océan, situé 70km plus loin. Il a grandement participé à la richesse de Séville. Il permet d’irriguer les vastes plaines agricoles autour de la ville, il a favorisé le commerce et les grands voyages à la découverte du monde. Les longs quais du fleuve sont propres, modernes et aménagés en promenades (un héritage de l’Expo Universelle de 1992). On découvre le joli pont Isabelle-II, long de 149m, aussi connu sous le nom de pont de Triana. Il est construit en 1852, et aussi incroyable que ça puisse l’être, c’est le premier pont de Séville! Ce qui veut dire qu’avant cette date (1852 je le rappelle hein), pour aller de l’autre côté du fleuve, il n’y avait qu’un pont flottant avec des barques! Et jusqu’à son embouchure dans la mer, c’était quasiment le seul point de passage permettant de traverser le Guadalquivir! Voilà, je trouve toujours ces histoires hallucinantes. De nos jours, avoir plein de ponts, ça parait juste tellement normal qu’on a du mal à réaliser la vie d’avant.

Un peu plus loin, un étrange navire est à quai. C’est le Nao Victoria, une « caraque » à trois mâts, un bateau de la marine espagnole du XVIe siècle. Il a une véritable histoire! C’est la reconstitution du navire Victoria, qui faisait parti de l’expédition de Magellan. Ce célèbre explorateur navigateur est le premier à faire le tour du monde. Il part de Séville en 1519. Sur les cinq navires de cette expédition, le Victoria sera le seul à revenir tant bien que mal au port après 3 ans de voyage et de péripéties autour du globe. Magellan est mort en cours de route, il ne reste que 18 membres d’équipages seulement sur les 245 présents au départ. Mais le navire est chargé de clous de girofle en provenance des Moluques, les légendaires îles aux épices d’Indonésie. C’est un énorme succès commercial et de prestige pour la couronne espagnole! La reconstitution de ce bateau survivant peut se visiter (10€). Et ce n’est pas juste une attraction touristique, car ce Nao Victoria peut réellement naviguer. Il a même réalisé un tour du monde en 2006!

Un autre témoin de l’histoire se dresse un peu plus loin, c’est la Torre del Oro. Haute de 36m, cette « Tour de l’Or » date de l’époque arabe. Elle faisait alors parti des murailles et fortifications qui protégeaient la cité Isbiliya. Son rôle était de surveiller et contrôler le fleuve. Plus tard, les espagnols conserveront la tour et y stockeront une partie des richesses des navires chargés d’or et d’argent revenant des Amériques, d’où son nom. La tour abrite maintenant un petit musée gratuit sur l’histoire navale de la ville. Plus d’infos sur ce site.

J’en profite pour ajouter un petit détail : le fameux Guadalquivir qui traverse la ville de Séville, et bien ce n’est pas un fleuve, en tout cas depuis 1948! Comme il y avait souvent des inondations lors des crues, un grand canal a été creusé à l’ouest de la ville. Le fleuve a été totalement dévié. L’ancien lit du fleuve qui traverse Séville est même bouché au nord. C’est maintenant un simple plan d’eau qui s’appelle le Canal Alphonse XIII. Comme il n’y a pas de courant, c’est un endroit parfait pour pratiquer l’aviron ou le canoé par exemple 🙂

En s’éloignant du pseudo-fleuve sur quelques rues, on découvre des belles habitations aux façades colorées (ça change des murs blancs à la chaux qu’on retrouve partout en Andalousie). Les riches demeures sont surchargées de nombreuses moulures et de balcons à encorbellement.

On retrouve quelques beaux exemples de cette architecture bourgeoise dans la rue C. Pastor y Landero ou au très bon resto à tapas Cinco Jotas (C. de Castelar, 1), qui est d’ailleurs une très bonne adresse 😉

Puis, on arrive devant les grandes arènes de la Real Maestranza. La tauromachie et l’Espagne, c’est une histoire indissociable, et particulièrement en Andalousie. Au début, c’était une pratique réservée aux nobles, et qui se pratiquait à cheval. Puis, la corrida est devenu un lieu de prestige pour l’affrontement entre un matador à pied et un taureau de combat. Si l’histoire de la corrida vous intéresse, il faut absolument passer par la très jolie ville de Ronda. L’arène de Séville est achevée en 1881. Il aura fallu 120 ans pour la construire (entre temps, le roi Charles III avait interdit les corridas, une décision pas très populaire à l’époque). Elle peut accueillir 12.500 spectateurs. Il est possible de la visiter (12€). Plus d’infos sur ce site (bon à savoir, il y a aussi parfois des visites gratuites).

Dans un petit square situé devant l’arène, on peut voir une statue en bronze de Curro Romero, un des matadors les plus célèbres (pour sa recherche de la « beauté du geste ») et controversé (pour son attitude et son caractère) de Séville.

Quelques rues plus loin, il y a un très bel endroit caché à découvrir. C’est la Plaza del Cabildo, une jolie place semi-circulaire. D’un côté, il y a cet élégant bâtiment en arc de cercle, et de l’autre côté, la place est fermée par une section des anciens remparts de la ville.

Cette place a été créée dans les années 1950 à l’emplacement de l’ancien collège San Miguel. C’est un véritable petit oasis de tranquillité loin de l’agitation des rues de Séville. Vous tomberez forcément sous le charme 😉 Tous les dimanches matins, la place accueille un marché d’antiquaires.

À deux pas d’ici, c’est le quartier de Santa Cruz, où se trouve l’immense cathédrale de Séville!

La Cathédrale de Séville

On arrive maintenant à la fameuse Cathédrale de Séville! Je dois bien l’avouer, à première vue, elle ne me parait pas aussi incroyable que ça. Elle a une forme étrange, une allure massive et brute, et ne parait pas si grande que ça. Bref, de l’extérieur, j’ai déjà vu mieux! Alors est-ce que ça vaut le coup de la visiter. Absolument OUI! C’est un peu l’édifice de tous les records. C’est la plus grande cathédrale gothique du monde et un des monuments les plus visités d’Espagne avec plus de deux millions de visiteurs par an.

Sur ce même emplacement, il y avait tout d’abord la grande mosquée de Séville (avec un grand minaret), construite au XIIe siècle par les Almohades alors au pouvoir. Après la prise de la ville par les chrétiens en 1248, elle est reconvertie en cathédrale. Pendant plus de 150 ans, les habitants de Séville utiliseront cette « mosquée-cathédrale ». Puis, à la suite d’un tremblement de terre, trop endommagée, elle est finalement détruite. Par chance, le minaret intact est conservé. C’est maintenant l’actuel Giralda qui sert de clocher. On décide aussi de conserver la grande cour d’ablutions qui deviendra la Cour des Orangers. En 1433, la ville lance les travaux d’une cathédrale grandiose qui doit être la plus belle de toutes. En 60 ans, le plus gros des travaux est achevé. Ensuite, ce sont des siècles de décorations, de réparations et d’embellissement. Elle survit presque sans dommages aux secousses du terrible tremblement de terre de Lisbonne de 1755. Et mis à part l’effondrement d’un grand pilier à l’intérieur en 1888, elle se porte bien.

Pour acheter son billet d’entrée, ça se passe sur ce site. La visite libre de la cathédrale et de la Giralda avec un audioguide vous coutera 18€.

Dès qu’on pénètre à l’intérieur, on est pris de vertige par le gigantisme de l’édifice. C’est un immense espace de 116m de long sur 76m de large. Les voûtes culminent à 37m de haut. On se sent tout petit dans cet immense construction!

On est frappé par la richesse de son architecture. Il suffit de lever les yeux pour se rendre compte qu’absolument tout est décoré ou sculpté!

Une petite anecdote sur ce plafond : durant des travaux de restauration dans les années 2000, des capteurs ont mesurés que les murs de la cathédrale se dilatent le jour et et se contractent la nuit sur plus de 2 cm, un peu comme une grande et lente respiration régulière. Depuis, on a coutume de dire que la cathédrale de Séville respire 🙂

Où qu’on regarde, c’est une profusion de richesses dans les moindres recoins, dans la moindre chapelle!

On parcourt les différentes chapelles les yeux écarquillés. Puis, on aperçoit l’énorme autel en argent où trône l’eucharistie, dans un soleil rayonnant qui semble fait de diamants et d’argent.

En face, il y a un attroupement de visiteurs. La cathédrale abrite en effet un énorme tombeau qui ne laisse pas indifférent. Il s’agit du tombeau de Christophe Colomb.

D’abord enterré à Valladolid (où il est mort en 1506), la dépouille du célèbre navigateur découvreur des Amériques est envoyée à l’autre bout du monde à Saint-Domingue, puis à La Havane. Quand l’Espagne perd la possession de l’ile de Cuba en 1899, ses restes contenus dans une urne en plomb sont rapatriés à Séville. En 1902, il repose officiellement dans la cathédrale.

L’urne est placée dans un grand cercueil décoratif, porté par quatre grands hérauts. Ces personnages hauts de 2.60m, sont en bronze avec le visage en albâtre. Ils représentent les quatre royaumes espagnols (Castille, Leon, Aragon et Navarre).

Si jamais vous avez des doutes sur l’authenticité de la dépouille de Christophe Colomb, des analyses génétiques ont montrées récemment que l’ADN correspond bien au célèbre marin Génois (en comparant avec des échantillons existant de son frère et son fils).

Dans la nef centrale, la partie la plus solennelle de la cathédrale, il y a un véritable chef d’œuvre (un de plus me direz-vous haha). Ici se trouve le plus grand retable de la chrétienté avec 30m de haut sur 20m de large. Sa réalisation commencée en 1482 aura demandé plus d’un siècle de travail aux différents artistes pour créer la plus grande sculpture en bois polychrome de l’époque. Le tout a ensuite été recouvert de feuilles d’or (ah les richesses du nouveau monde). Plus de 200 figures de saints sont représentées. Il y a des détails d’une finesse absolue et des dorures absolument partout. C’est une œuvre incroyable!

On attrape un autre torticolis quand on est devant le grand orgue! Celui-ci est récent car il date de 1901. Le précédent avait été détruit lors de l’effondrement du pilier de 1888.

La nef centrale est occupée par le chœur. Entouré de murs en pierre, il abrite les stalles sculptées en bois pour les 117 sièges du clergé de la cathédrale.

Derrière le chœur, on trouve le jubé qui marque la frontière entre les ecclésiastiques et les fidèles.

Ce trascoro est superbement décoré en mélangeant le bronze, le marbre et le jaspe.

Il est temps maintenant d’aller découvrir deux ajouts majeurs à la cathédrale, réalisés durant la Renaissance au XVIe siècle.

Commençons tout d’abord par la Chapelle royale. Surmontée d’une grande coupole, elle est magnifique avec son style baroque. C’est ici qu’on peut voir la fameuse « Virgen de los Reyes » (la Vierge des Rois). Cette sculpture de la Vierge aurait accompagné le roi Ferdinand durant toutes ses batailles jusqu’à la prise de Séville. Elle est célébrée le 15 aout avec une grande procession à travers les rues de la ville.

Plusieurs têtes couronnées d’Espagne sont enterrées ici, dont le célèbre Ferdinand III de Castille qui a joué un rôle majeur dans la Reconquista.

En suivant un couloir, on atteint la Salle Capitulaire. Là aussi, c’est une grande réussite architecturale 🙂 Elle surprend immédiatement car elle a une forme elliptique!

C’est ici que se tenaient les assemblées importantes pour débattre sur la gouvernance spirituelle. Une attention particulière a été apportée pour avoir une décoration sobre et lumineuse, pour « aider à apporter une harmonie dans les débats ».

Le plafond de forme ovale est lui aussi tout à fait étonnant! Vous verrez que l’acoustique y est surprenante, on a l’impression d’y entendre le moindre chuchotement.

Enfin, on termine la visite de cet incroyable cathédrale par la Giralda 🙂 C’est un des emblèmes de la ville. Cette gigantesque tour haute de 104m est l’ancien minaret de la grande mosquée. Il a gardé une partie de ses décorations almohades. Le sommet a été réhaussé durant la Renaissance pour l’ajoute d’une statue en bronze de 3.5m de haut. Cette silhouette féminine, Giraldillo, représente le triomphe de la foi. Montée en girouette, c’est elle qui a donné son nom au clocher.

On peut grimper au sommet de la Giralda. Il faut juste s’armer d’un peu de patience avant d’y pénétrer car il y a toujours la queue. Après avoir gravi les 34 étages en pente douce sans s’essouffler, on peut enfin profiter du panorama sur Séville 🙂

Evidemment, avec un beau ciel bleu, tout ça aurait été tellement plus beau, snif snif 🙂

On peut apercevoir un grand bâtiment carré (en bas à droite sur cette photo). C’était la Casa de la Contractacion. Elle servait à collecter le quinto real, une taxe obligatoire de 20% sur toutes les richesses du nouveau monde qui arrivaient en Espagne.

Après le transfert de cette administration et de ses privilèges à Cadix en 1717, le bâtiment devient les Archives Générales des Indes. Il accumulait et compilait toutes les connaissances de l’époque sur les Amériques. Il est possible de le visiter gratuitement en s’inscrivant ici.

Juste à côté se trouve l’autre immense monument de Séville, le plus ancien palais habité d’Europe, j’ai nommé …

Le Real Alcazar de Séville

Un alcazar, c’est un palais fortifié. Celui-ci est construit dès l’arrivé des arabes à Séville en 720. Il est modifié à de nombreuses reprises au cours des siècles par les musulmans. Après la prise de la ville par les espagnols, il est converti en résidence royale. C’est surtout Pierre Ier de Castille qui fera les plus grands changements au XIVe siècle. Ce palais est un superbe exemple du style mudéjar (celui des musulmans restés en Espagne).

Pour acheter son billet (15€), c’est sur ce site. Il faut compter environ 2-3h pour la visite. Venez de préférence dès l’ouverture pour ne pas avoir trop de monde.

On franchit d’abord les anciennes murailles arabes du XIIe siècle en passant par la Porte du Lion pour arriver sur le Patio Monteria.

Sur la gauche, on peut découvrir la Salle de Justice, où le roi rendait ses jugements. Il n’y a pas grand chose d’intéressant à voir à l’intérieur. Je préfère aller à droite dans le Salon de l’Amiral. C’est ici que se discutaient le destin des grandes expéditions maritimes soutenues par la couronne espagnole. Cette salle sert maintenant de lieu d’exposition pour des grands tableaux, comme le chef d’œuvre de Virgilio Mattoni, peint en 1887, qui illustre l’agonie du roi Ferdinand III. Sur son lit de mort, il se lève pour la sainte hostie présentée devant lui et meurt les bras en croix.

La pièce adjacente, c’est la Salle des Audiences. La pièce artistique majeure ici, c’est le retable de la Vierge des Navigateurs. On y voit les explorateurs des Amériques (dont Christophe Colomb).

On pénètre maintenant dans le Palais mudéjar (remodelé par le roi Pierre Ier). Etrangement, le souverain chrétien fait appel à des artisans arabes pour les décorations et à plusieurs reprises des inscriptions en arabes donnent des louanges à Dieu et au roi.

On est irrésistiblement attiré par la lumière et l’ouverture du Patio de las Doncellas (la Cour des Demoiselles). C’est une grande et belle cour rectangulaire entourée d’arcades, avec un long bassin au centre. Son nom vient d’une légende selon laquelle les maures exigeaient un tribut de 100 jeunes filles vierges par an de la part des royaumes chrétiens.

Jusque dans les années 2000, la cour était pavée de marbre blanc. Puis après des fouilles, on a découvert que ce marbre rajouté au XVIe siècle recouvrait en fait un ancien bassin et des jardins. Depuis la cour a retrouvé l’aspect qu’elle avait à son origine.

Tout autour de la cour, c’est une profusion d’arcs finement sculptés et d’azulejos colorés qui recouvrent les murs. Les galeries sont également décorées et peintes.

On découvre ensuite la Cour des Poupées (Patio de las Munecas), nommée ainsi à cause des minuscules visages sculptés dans le stuc. Cette partie du palais était réservé à la reine.

Au XIXe siècle, cette cour a été surélevée d’un étage et une verrière a été rajoutée. Ce n’est pas du tout dans l’esprit des patios arabes où l’air doit circuler, mais ça reste joli quand même 😉

Plus loin, il y a une magnifique entrée avec un arc en forme de fer à cheval. C’est forcément pour aller dans un endroit splendide.

Et cet endroit, c’est le Salon des Ambassadeurs, la plus belle salle du palais! 🙂 Au plafond, on est complètement bouche bée devant cette incroyable coupole dorée!

La suite de la visite de l’Alcazar passe par le Palais Gothique. Je trouve cette partie beaucoup moins intéressante. On notera tout de même le Salon des Tapisseries, avec les gigantesques tapisseries représentant la conquête de Tunis par Charles Quint.

Après ce palais gothique « récent » mais qui parait pourtant bien « vieillot », on sort prendre l’air.

Les Jardins de Séville

On s’éloigne de la foule pour pénétrer dans les jardins de l’Alcazar 🙂 On commence par le Jardin de la Galera près du Salon des Ambassadeurs. Avec ses treilles recouvertes de glycines et ses jolis arbustes, c’est un petit havre de paix curieusement délaissé par les visiteurs.

Les jardins font partie intégrante de l’alcazar. C’est un lieu de promenade, de sérénité, de senteurs et de fraicheur. Ils ont été modifiés entre l’époque arabe, la Renaissance et les temps modernes. On se balade dans des grandes allées, au milieu des palmiers et des senteurs des fleurs d’orangers 🙂

Les jardins sont vraiment immenses, il y a énormément à voir! Peut-être même un peu trop d’ailleurs.

Et j’avoue ne pas avoir été franchement subjugué par la beauté de ces jardins. Peut être que le ciel un peu gris n’a pas aidé.

Le Quartier de Santa Cruz

Quittons l’Alcazar pour continuer à nous perdre dans les ruelles du quartier de Santa Cruz. Bon, à vrai dire, on n’était pas du tout perdu, je savais exactement où je voulais aller. Je vous encourage à faire de même et de vous diriger vers la petite Plaza Alfaro pour y découvrir une curiosité locale. À l’angle d’une rue, vous verrez cette ancienne grille devant une fenêtre. Elle n’a l’air de rien et pourtant! C’est la Reja del Diablo, la grille du diable! D’après la légende, le fer doit être forgé à blanc pour réaliser une telle prouesse, et à l’époque, seul le diable pourrait y arriver sans se brûler (ou alors un habile ferronnier). Toujours est-il que cette petite grille de fenêtre est considérée comme un chef d’œuvre de métallurgie andalouse!

Un tout petit peu plus loin en allant vers le parc, vous pourrez admirer le très joli balcon de Rosina. C’est le balcon du plus célèbre opéra du monde, le Barbier de Séville de Rossini. Pour la petite histoire, dans cet opéra, la passionnée Rosina et son amoureux Lindoro s’y retrouvent pour se donner la sérénade, aidés par Figaro, le fameux barbier. Bref, un petit endroit sympa à découvrir avant de rentrer dans le beau Jardin de Las Tres Fuentes et ses magnifiques ficus géants 🙂 C’est un jardin botanique calme et vraiment agréable.

Ce petit coin de verdure donne sur le grand Jardines de Murillo, tout en longueur. Au centre de ce jardin trône un grand monument dédié à Christophe Colomb.

Le Parc Maria Luisa et la Plaza d’Espana

En suivant ce long jardin jusqu’au sud, on arrive à l’immense Parc Maria Luisa. L’endroit le plus célèbre ici, c’est la fameuse Plaza de España, d’une superficie de 50 000 mètres carrés! 🙂

Ce gigantesque ensemble architectural a été construit pour la grande Exposition ibéro-américaine de 1929. C’est une place ouverte « qui symbolise l’Espagne accueillant ses anciennes colonies à bras ouverts ». Au centre de la place trône une grande fontaine, entourée d’un canal de 515m de long. Il est possible de louer des barques (6€ pour 4 personnes) et de ramer plus ou moins fièrement le long de ce beau canal 😉 Il est enjambé par quatre ponts décorés de céramiques (représentant les royaumes de Castille, Aragon, Navarre et Leon).

Un grand palais en brique et en marbre longe la périphérie de la place. Aux deux extrémités, il y a une grande tour de 80m de haut, comme des répliques de la Giralda. On peut s’y balader librement à l’abri de larges galeries couvertes.

Des bancs décorés d’azulejos colorés longent l’édifice. Ils représentent les 49 provinces d’Espagne de l’époque. Chacune est représentée avec sa carte, le blason de sa capitale, et quelques fresques historiques.

La place accueille régulièrement des concerts tout au long de l’été et vous y verrez sans aucun doute des représentations de flamenco 🙂 Jusqu’à 10.000 personnes peuvent se rassembler ici. Vous l’avez peut-être aussi déjà vu au cinéma dans un film Star Wars (L’attaque des clones).

Si vous en avez l’occasion, visitez aussi les larges allées verdoyantes du grand Parc Maria Luisa. Il s’agit des anciens jardins du Palais de San Telmo. Ils sont offerts à la ville en 1893 par l’infante Maria Luisa (pour rappel, « infante » est un titre officiel que portent en Espagne les enfants du roi qui n’héritent pas du trône). C’est un immense espace de verdure dans la ville où il fait bon se promener en vélo, pour aller se détendre de fontaines en fontaines. Vraiment, vous allez aimer 🙂

L’Université de Séville

En revenant sur vos pas en direction du centre historique, faites un petit détour pour découvrir l’Université de Séville, surnommée La Hispalense. Sa fondation remonte en 1505!

Son siège actuel se trouve depuis 1959 dans l’immense bâtiment de l’ancienne Fabrique Royale de Tabac de Séville. Lors de sa construction au XVIIIe siècle, cet édifice de 185m de long sur 147m de large est un des plus grands bâtiments industriels du monde.

Plus d’infos sur l’université sur le site officiel.

Après une petite halte devant la belle fontaine d’Hispalis sur la Plaza Puerta de Jerez, retournons dans le centre de Séville 🙂

Enfin, on ne peut pas visiter Séville sans aller voir Metropol Parasol. Cette étrange structure en bois est inaugurée en 2011 après de nombreux problèmes techniques durant sa construction. D’après l’architecte, sa forme est sensée rappeler les voûtes de la cathédrale et les grands ficus de la place. Pour tout le monde, ça ressemble à des champignons géants. C’est une des plus grandes structures en bois au monde, et c’est maintenant un des emblèmes de la ville de Séville.

La structure abrite un marché couvert, un musée abritant des vestiges archéologiques découverts lors des travaux sur la place. On peut aussi se restaurer dans un restaurant perché. Une promenade de 250m est aménagée sur le toit de la structure, à 28m de hauteur. Pour découvrir ce point de vue unique, le ticket est à 16 Eur, disponible sur ce site. Il est recommandé d’y aller en fin de journée pour profiter des belles couleurs au soleil couchant et des illuminations la nuit!

C’est ici que s’achève cette découverte de la belle ville de Séville 🙂

➡️ La suite du road-trip en Andalousie : Cordoue, une merveille

⬅️ L’étape précédente : La belle ville de Cadix

De Cadix à Séville, road-trip en Andalousie

Ah Cadix! 🙂 La plus vieille ville d’Espagne, et une des plus vieilles villes d’Europe de l’ouest, bâtie sur un rocher relié au continent par une étroite chaussée, au bord d’une baie donnant sur l’océan Atlantique. Ce n’est sans doute pas la plus belle ville d’Andalousie (car elle n’a pas toujours eu la vie facile) mais elle dégage une tranquillité agréable. Peut-être est-ce à cause de ses rues étroites et propres où il y a très peu de voitures, ou alors peut-être car on fini toujours par tomber sur l’océan au bout d’une rue. Mystère! Allons découvrir ça, hop en route! 🙂

Un brin d’histoire

De l’histoire, cette ville n’en manque pas! Car ses origines remontant à il y a plus de 3000 ans! La petite cité marchande de Gadir (signifiait « forteresse ») est fondée par les phéniciens vers l’an 1000 av JC. Elle passe ensuite sous le contrôle de Carthage puis de Rome avant d’être détruite par les wisigoths. En 711, les Maures envahissent l’Espagne et reconstruisent la cité, qui se nomme désormais « Qadis ». Elle est reprise par le Roi de Castille Alphonse X en 1262. Plus tard, après la découverte des Amériques, la ville devient très riche grâce aux bateaux chargés d’or et d’argent qui reviennent du nouveau monde. À la fin du XVIe siècle, elle est attaquée et pillée par les anglais. En 1755, le terrible tremblement de terre de Lisbonne a des effets dévastateurs sur la ville. Un tiers de Cadix est détruite ainsi qu’une grande partie des installations portuaires. Les navires qui reviennent des Amériques doivent donc aller vers d’autres ports (français, anglais ou hollandais). L’Espagne perd peu à peu sa puissance maritime. Le déclin de Cadix continue avec la guerre de Napoléon et la perte des colonies espagnoles aux Amériques. Maintenant, la ville vit principalement de son industrie portuaire, des chantiers navals et aussi un peu du tourisme 😉

Venir à Cadix

La « belle de Cadix » se trouve à moins d’1h30 de route de Séville. C’est le même temps de trajet depuis Olvera, qui était l’étape précédente de notre road-trip en Andalousie. Pour la visite de la ville, je n’ai pas cherché de parking particulier. Nous nous sommes simplement garés en plein centre ville, dans la grande rue Campo del Sur qui longe l’océan (en espérant revenir à l’heure car j’ai croisé plusieurs groupes d’agents de police municipale qui alignaient joyeusement les contraventions sur toutes les voitures, oups!).

Sur place, pas besoin de se déplacer en voiture, le centre historique de Cadix se visite très facilement à pied (et il n’y a pas de pentes dans les rues). Une particularité de Cadix, c’est que beaucoup de vieilles constructions utilisent la pierre d’ostionera. C’est une roche sédimentaire qu’on retrouve partout sur l’ilot et dans la région. Cette roche poreuse est composé d’anciens coquillages compactés. Elle a le surnom de « pierre d’huitres » car on devine parfois les minuscules coquillages qui la composent.

La Cathédrale de Cadix

Commençons la visite de la ville par le bâtiment qui est sans doute le plus emblématique, c’est la grande cathédrale de Cadix. Elle est aussi appelée « Sainte Croix sur les Eaux » car elle est vraiment installée juste au bord de la mer. La ville possédait déjà une vieille cathédrale (qui est d’ailleurs toujours debout) mais elle était devenue trop petite et manquait clairement de prestige pour une cité de cette importance. En 1717, la ville venait de récupérer à Séville le privilège de collecter l’impôt sur les marchandises revenant des Amériques. Alors pour marquer le coup (et comme il y avait beaucoup de sous grâce à cet taxe), hop on décide la construction d’une nouvelle cathédrale! Les travaux commencent en1722 mais ne seront finis qu’en 1838 (entretemps la richesse de la ville avait diminuée avec la perte des colonies). La visite de la cathédrale est payante (10€, un audioguide est inclus).

L’intérieur de cathédrale est majestueux et très lumineux. On remarque très vite la présence de filets au plafond. Je pensais au début qu’il s’agissait de filets anti-pigeons, mais a priori ce serait à cause de la fragilité de la pierre. Exposée à l’air marin et aux embruns, elle devient friable et des petits morceaux peuvent tomber du plafond. Des travaux de rénovations sont toujours en cours.

La cathédrale possède de nombreuses chapelles latérales magnifiquement décorées. Dans l’une d’elles, on peut découvrir cet énoooorme et riche ostensoir utilisé lors des processions. Il est intégralement réalisé en argent et date du XVIIe siècle. Ce jour là, il était méticuleusement nettoyé. C’est vraiment le genre de job où il ne faut pas glisser et tomber!

Dans la nef central, on trouve le chœur. Cet espace réservé aux membres du chapitre chargés de l’office est superbement décoré de stalles en bois recouvertes de sculptures. Deux grands orgues sont répartis de chaque côté (l’un d’entre eux provient d’ailleurs de l’ancienne cathédrale de Cadix).

Sous l’autel, on peut accéder à une crypte. C’est un étonnant et vaste espace circulaire à la décoration sobre. Ici reposent les dépouilles des évêques et des citoyens illustres de la ville. La crypte se trouve sous le niveau de la mer. Si on fait attention, on a parfois l’impression d’entendre le bruit des vagues contre les murs. La crypte possède aussi une particularité acoustique. Placez vous au centre et tapez légèrement du pied sur le sol, vous serez surpris par l’écho 😉

Enfin, on peut grimper sur le toit de la cathédrale! Plus précisément, on grimpe au sommet de la Tour de l’Horloge. De l’extérieur, sur la façade, on la distingue grâce à un discret cadran d’horloge, rajouté au XIXe siècle. Depuis les hauteurs, on peut admirer le grand dôme doré qui fait la renommée de la cathédrale de Cadix.

Je vous conseille de surveiller l’heure quand vous êtes au sommet de la tour. On est littéralement sous une énorme cloche. Et elle est toujours utilisée! Si vous ne voulez pas perdre un tympan ou avoir une crise cardiaque, essayez de ne pas être là au moment d’un changement d’heure haha 😉

➡️ Plus d’infos sur le site de la cathédrale.

Du haut de la cathédrale on peut avoir un panorama complet de la ville. Et par exemple sur cette photo, en bas, il y a plusieurs monuments que nous n’avons pas visité. Le premier, c’est celui en bas à droite. C’est la vieille cathédrale de Cadix qui date du XIIIe siècle.

Juste après la prise de la ville en 1262, le roi ordonne la construction d’une cathédrale à l’emplacement de la mosquée. Pendant presque cinq siècles, ce sera la cathédrale de Cadix, jusqu’à la construction de la nouvelle. À partir de 1838, elle redevient la simple église de Santa Cruz. Le grand bâtiment blanc juste à côté, c’est la Casa de la Contaduria. C’est maintenant un petit musée qui abrite les trésors et les objets d’art sacré de la cathédrale. Son entrée est comprise dans le ticket de la grande cathédrale. Mais avant d’être un musée, c’est justement dans ce bâtiment qu’on prélevait le fameux Quinto Real, qui a fait la richesse de Séville puis de Cadix. C’était une taxe royale de 20% prélevée sur toutes les marchandises qui revenaient des Amériques. Avant, elle était prélevée à Séville, mais à cause de l’ensablement progressif du port fluvial, ce privilège (et les riches que ça entrainait) a été transféré à Cadix en 1717. Cette « maison de la comptabilité » servait aussi à contrôler les équipages de ces navires. Il fallait par exemple vérifier qu’il n’y avait ni musulmans ni juifs à bord des navires. La couronne espagnole voulait s’assurer que seuls des chrétiens pouvaient poser les pieds en Amérique!

Juste derrière ces deux bâtiments, on a retrouvé par hasard en 1980 les ruines d’un grand théâtre romain. Avec 120m de diamètre, il pouvait accueillir jusqu’à 10.000 spectateurs. C’est le deuxième plus grand théâtre romain retrouvé en Espagne. L’entrée est libre (enfin s’il y a quelqu’un qui veut bien vous ouvrir la grille, car ce jour là, il n’y avait personne et c’était fermé). Pas trop de regrets non plus, car on peut l’apercevoir à travers les grilles depuis la rue et on constate qu’il est tout de même en assez mauvais état.

L’église Santiago Aposto

Sur la place de la grande cathédrale, on voit un beau clocher. C’est celui de l’Eglise Santiago. Elle est construite en 1635 à l’emplacement d’un ancien collège jésuite détruit par le pillage des anglais. Vue de l’extérieur, à part le clocher, elle ne semble pas bien extraordinaire. Mais si on pénètre à l’intérieur …

Tadam ! C’est lumineux et grandiose! Le grand retable en bois doré est absolument magnifique 🙂

La visite de cette petite visite ne vous prendra pas longtemps (sauf si vous êtes captivés par la sérénité des lieux et que vous vous laissez aller à une prière). Ce serait vraiment dommage de passer à côté. Et en plus c’est gratuit! 😉

Les rues de Cadix

Ensuite, et bien on part se perdre dans les rues de Cadix pour sentir un peu l’ambiance de la ville! En chemin, on s’arrête à la Plaza de Topete, une petite place triangulaire pleine de charme avec ses vendeurs de fleurs 🙂 Juste à côté, il faut y a une halte obligatoire au Mercado Central de Abastos. C’est un des plus vieux marchés couverts d’Espagne (1838). Un chouette endroit pour faire le tour des étals, et il y a plein de bars à tapas tout autour. Une ambiance locale et animée garantie 🙂

Pas loin, il y a la Torre Tavira. C’est le point le plus élevé du centre historique. Du haut de cette tour située dans la maison-palais des marquis de Recano, on surveillait le port au XVIIe siècle. On peut la visiter et même observer la ville à travers une chambre noire. Plus d’infos sur ce site.

On fait un petit tour sur une autre place entourée de belles bâtisses. C’est l’élégante Plaza de San Antonio où on retrouve la grande façade de l’église du même nom.

La partie récente de la ville qui se situe vers l’ouest peut paraitre un peu lassante. Il n’y a que des longues rues étroites et rectilignes qui finissent par se ressembler un peu toutes. Les surprises, ce sont les mignonnes petites places comme la petite place triangulaire (encore une) Plaza Mentidero.

On a du mal à imaginer cette place absolument noire de monde pendant le Carnaval de Cadix qui dure 10 jours! 🙂 Ici, on est loin d’un carnaval traditionnel. Le Carnaval de Cadix a clairement la réputation d’un carnaval ludique et satirique, un peu déjanté, comme si toute la ville participait à une grande récréation! Pour profiter de cet évènement coloré et populaire, il faut venir à Cadix en février 😉

Parque Genoves

Tout à l’ouest de la ville, on arrive au très beau Parque Genoves, situé face à l’océan. Son nom est trompeur car il pourrait se traduire par « parc génois », alors que les génois n’en sont pas du tout à l’origine. Il porte en fait le nom de son créateur, Eduardo Genoves, un ancien maire emblématique de Cadix. On tombe tout de suite sous le charme de la grande allée bordée de hauts cyprès taillés et de palmiers. C’est beau comme un tableau! 🙂

C’est un endroit calme et bien entretenu. Si vous recherchez de la nature et un lieu paisible à Cadix, c’est ici qu’il faut venir. Inauguré en 1892, le parc est comme un véritable jardin botanique. On y retrouve un grande diversité avec de nombreuses plantes exotiques qui se sont habituées au microclimat de Cadix.

En plus de toute cette végétation luxuriante et des ces volatiles plus ou moins colorés, vous pourrez même y découvrir une petite cascade! 😉

La Plage de la Caleta

En marchant un peu plus loin vers le sud, on arrive devant une chouette grande plage de centre ville. C’est la plage de la Caleta avec son sable doré et ses eaux calmes. Il y a très longtemps, cette plage était un chenal entre deux ilots, utilisé par les phéniciens comme un port naturel pour leurs navires. Avec le temps, les ilots ont disparus, une partie du chenal s’est comblé et cette plage est apparue. Le joli bâtiment en forme de pavillon blanc sur le sable au milieu de la plage c’est Balneario Nuestra señora de la Palma y del Real. En 1926, cet établissement de soin balnéaire proposait un spa au bord de la plage. Il a faillit être démoli. Suite à sa rénovation, il abrite le Centre andalou d’archéologie sous-marine.

Cette plage a beaucoup de charme! Elle a inspiré des poètes, des chanteurs, et même des cinéastes pour plusieurs décors de films dont un James Bond. Il paraitrait que cette plage a un petit air de La Havane à Cuba! La plage est bordée par deux forteresses. Au nord, c’est Castillo Santa Catalina. Il est construit au XVIIe siècle, suite au pillage de la cité par les anglais, pour protéger Cadix d’une nouvelle attaque en provenance de la mer. Au sud, c’est Castillo San Sebastian (XVIIIe siècle) avec son phare métallique de 42m de haut, sur un des anciens ilots. Il est relié au centre historique par une très étroite jetée (recouverte par les vagues dès que le vent se lève, faites attention). Les deux petites forteresses peuvent se visiter gratuitement. Il n’y a pas grand chose à voir, mais elles hébergent de temps en temps des installations artistiques. En bonus à Cadix, il y a une plage encore plus grande et plus belle! Elle est un peu plus éloignée du centre historique. C’est la Playa de Santa María del Mar, réputée pour son sable fin et ses vagues.

Et au fait, il faut dire / écrire Cadix ou Cadiz ? et bien a priori, on dit Cadix (cadikse) en français mais Cadiz (cadiss) en espagnol. Vous voilà bien avancé avec cette ville qui a les yeux de velours haha! Si jamais vous n’avez pas la référence, cherchez la Belle de Cadix, une célèbre chanson d’opérette de Luis Mariano 😉

Notre découverte de Cadix sur une petite journée s’achève ici.

➡️ La suite du road-trip en Andalousie : Séville, la capitale de l’Andalousie

⬅️ L’étape précédente : Les villages blancs de Setenil de las Bodegas et Olvera

Setenil de las Bodegas et Olvera, road-trip en Andalousie

Après la découverte de Ronda la veille, et la randonnée du Caminito del Rey dans la matinée, la suite de ce road-trip en Andalousie nous conduit dans les jolis villages de Setenil de las Bodegas et de Olvera. Je souhaitais vraiment les visiter avant de filer vers Cadix. Ils font parti de la célèbre « Route des villages blancs » de la Sierra de Cadix. Ce sont des villages aux allures de carte postale, avec des maisons aux façades blanches, les murs peint à la chaux pour se protéger de la chaleur. Découvrons ça, hop en route! 🙂

Setenil de las Bodegas

Nous arrivons donc à Setenil de las Bodegas. Ce village est situé à environ 30min de route de Ronda et 1h30 de Malaga. Comme il est quasi impossible de se garer dans le village, la solution la plus pratique c’est d’utiliser le grand parking souterrain Los Canos. Il y a beaucoup d’espace et les tarifs sont corrects (1.80€/heure, et 9.60€ pour une journée). Sinon, vous pouvez tenter de vous garer le long de la route à l’extérieur du village. Il y a plusieurs emplacements gratuits mais peu de places, et comme c’est un village très touristique, elles partent vite.

Setenil de Las Bodegas est considéré comme un des plus beaux villages d’Espagne (la liste complète est dispo sur ce site : Pueblos más bonitos de España). Celui-ci est incontournable pour son côté insolite. Le village est en effet situé dans un canyon. Les habitations et les ruelles sont sous d’énormes surplombs rocheux! Depuis 1985, le village est classé « site historique et artistique » pour sa beauté et l’originalité de son urbanisme 🙂

Le village doit sa configuration vraiment unique à la rivière du rio Trejo. Dans ce terrain composé de calcaire et de marne, la rivière a creusé un canyon au fil des millénaires. Les couches argileuses plus tendre ont fini par disparaitre peu à peu, laissant de grands espaces sous la roche plus dure. Hop, les humains s’y sont installés dès la préhistoire, et plus tard on y a construit des maisons troglodytiques (troglodytiques certes, mais sans trop creuser la roche).

Sur les hauteurs du village, on peut apercevoir une tour carré. Ce petit donjon c’est tout ce qu’il reste de l’ancienne forteresse arabe du XIIIe. Elle possédait de grandes murailles et des tours fortifiées. La défense de cette petite cité était remarquable. Elle avait même la réputation d’être imprenable. Entre 1407 et 1484, il aura fallu pas moins de 7 sièges menés par les armées de Castille pour que les chrétiens arrivent enfin à conquérir la cité! Son nom viendrait d’ailleurs de là: « septem nihil », sept fois rien (et bodegas, car la ville possède des caves naturelles utilisées depuis longtemps pour y stocker le vin 😉 ). Le village traverse ensuite l’histoire et vit maintenant de l’activité agricole et du tourisme.

Setenil de las Bodegas, ce n’est vraiment pas très grand et il n’y a pas véritablement de monuments à visiter. Le petit donjon ne présente pas beaucoup d’intérêt. L’église Notre Dame de l’Incarnation, construite à la place de l’ancienne mosquée, est originale car une partie est en style mudeja et une partie en style gothique. Mais rien de fou non plus. Si on vient dans ce village, c’est surtout pour déambuler dans les ruelles et avoir le nez en l’air en se disant « mais comment c’est possible de vivre ici sans avoir peur que tout s’écroule sur sa tête? » 🙂

Les deux principales rues troglodytes sont Calle Cuevas del Sol, la plus commerçante et exposée au soleil, et Calle Cuevas de la Sombra, exposée au nord et souvent à l’ombre. Il ne faut pas hésiter à rentrer dans les boutiques et les bars sous la roche pour découvrir la déco étonnante à l’intérieur. Un avantage de vivre ici : les habitations sont naturellement climatisées tout l’été 😉

En 2 ou 3h (déjeuner inclus) on a fait le tour du village. Dommage pour la météo, le ciel bleu n’était pas au rendez-vous ce jour là. En tout cas c’est vraiment un bel endroit à visiter si vous êtes de passage dans la région. Plus d’infos sur le site du village.

À proximité : à moins de 10km de Setenil de las Bodegas, il y a un chouette site à découvrir. Ce sont les ruines romaines de la petite cité d’Acinipo, construite sur un plateau calcaire. Il n’en reste plus grand chose. Le principal monument encore un peu debout, c’est l’amphithéâtre, devant un joli panorama. Bonus : le site est gratuit et se visite rapidement en 30min, mais il n’est ouvert que le matin. Il était déjà trop tard pour nous, dommage …

Tant pis, hop en route vers la prochaine destination, Olvera, à une quinzaine de kilomètres ! 🙂

Sur la petite route de campagne entre Setenil de las Bodegas et Olvera, il y a ce genre de paysage. J’ai adoré ce panorama, beau comme un tableau, avec ce patchwork de couleurs de cultures, entre champs et plantations d’oliviers. C’est beau la campagne andalouse dans la Sierra de Cadix! 🙂

Olvera

Quand on arrive à proximité d’Olvera, on comprend pourquoi cette localité fait parti de la « route des villages blancs » 🙂 La colline est littéralement recouverte de maisons blanches et se détache nettement au milieu d’une mer de plantations d’oliviers! La beauté de cet endroit fait qu’Olvera est aussi classé site historique et artistique. Pour visiter la ville, je vous conseille d’utiliser le parking gratuit qui se trouve dans une montée derrière le château (Ctra. Subida a la Iglesia, 3). Comme vous vous en doutez, les rues de la ville sont bien pentues!

Olvera est une petite ville d’origine arabe. Elle est conquise par les chrétiens en 1327. Pour repeupler la ville après le départ des Maures, une méthode originale est utilisée. Le roi signe la charte royale « Carta Puebla » qui promettait l’amnistie à tout criminel s’il restait au moins un an et un jour dans la ville. De cette pratique est né un dicton « Tue un homme et va à Olvera ». Cette méthode inédite sera utilisée ensuite dans d’autres villes reconquises. Il devait y avoir une drôle d’ambiance dans les premières fêtes de villages à cette époque!

La petite ville est dominée par un donjon perché au sommet d’un éperon rocheux à 623m d’altitude. C’est ce qu’il reste de l’ancien château arabe du XIIe siècle. Pour la modique somme de 2€ il est possible de le visiter. Les ruines sont bien restaurées mais il y n’a pas grand chose à voir dans les deux étages du donjon (et la citerne). La visite vaut surtout le coup pour le magnifique panorama au sommet 🙂 Attention, il y a beaucoup de marches à monter et les escaliers sont bien raides et étroits. Le billet donne aussi l’accès à un petit musée historique sur le site.

Sur la place qui sert de belvédère, au pied du château, il y a la grande Église Notre-Dame de l’Incarnation. Avec sa façade monumentale à double clochers, elle domine le paysage! Sa construction remonte à 1843 à la demande du Duc d’Osuna. La façade extérieure est vraiment impressionnante mais j’ai trouvé que l’intérieur était un peu vide et tristounet (c’est peut-être lié au fait qu’elle a été victime d’un grand incendie en 2010).

Il y a un site intéressant à visiter juste à côté. Il est caché à l’arrière du château, juste sous les anciens remparts. C’est le cimetière paroissial d’Olvera. Il ressemble presque à un petit village blanc en miniature. C’est un lieu étrange, ouvert sur un magnifique panorama d’oliviers d’un côté, et de l’autre côté, sous la silhouette massive du vieux château. Il a été élu plus beau cimetière d’Espagne en 2019. Pas évident de conseiller un cimetière comme destination touristique, mais ça vaut le coup d’y jeter un œil (bien sûr avec respect et discrétion).

Pour continuer la découverte d’Olvera, il faut descendre dans les ruelles étroites et sinueuses du quartier de La Villa au pieds des remparts. C’est la plus ancienne partie de la ville qui correspond à l’ancienne médina arabe. La vue sur l’église depuis la rue Calle Calzada est la plus photogénique. Mais après cette longue journée (et sachant qu’il restait encore la route à faire jusqu’à Cadix), nous avons écourté la visite. En quittant Olvera, il y a un autre site à 2km à peine. C’est le Sanctuaire Notre-Dame de Los Remedios. Construit au XVIIe siècle, il abrite une statue de la sainte patronne de la ville. L’entrée est gratuite. Le sanctuaire est réputé pour son très beau patio coloré, sa décoration riche et l’importante dévotion des fidèles qui brulent des centaines de cierges et bougies.

➡️ Plus d’infos sur Olvera sur le site officiel.

À une quinzaine de kilomètres à l’ouest d’Olvera, si vous aimez la nature, vous trouverez le grand éperon rocheux de Zaframagon. Situé près d’une voie verte, il abrite une des plus grandes concentration de vautours fauves d’Europe.

En route pour Cadix

Pour nous, la route continue en direction de Cadix, à 1h30 d’ici. C’est la prochaine étape de ce roadtrip en Andalousie 🙂 Comme les logements dans le centre ville étaient soit complets soit hors de prix, notre choix s’est porté un peu plus loin dans la baie à El Puerto de Santa Maria. C’est donc l’hôtel Pinomar (C. Jade, 7, 11500 El Puerto de Sta María) en dehors de la ville qui a le privilège de nous recevoir! Situé au calme entre les pins et la mer, c’est un étonnant bâtiment au style andalou avec un vaste patio lumineux. Beaucoup de plantes et surtout une décoration riche et excentrique, et qui ne laisse pas indifférent haha 🙂

Pour le diner, je vous conseille l’excellent restaurant spécialisé en poissons et fruits de mer, le Maria Castana (C. Jade, 7, 11500 El Puerto de Sta María). Il est situé près de l’hôtel, le long du port Santa Maria, tout proche de la Playa de la Puntilla. Un bon repas, et un bon poulpe, ça fait toujours plaisir 😉

➡️ La suite du road-trip en Andalousie : La ville de Cadix

⬅️ L’étape précédente : La randonnée de Caminito del Rey

Randonnée au Caminito del Rey

Pendant longtemps, le Caminito del Rey était un des sentiers de randonnée le plus emblématique d’Espagne. Ce « chemin du roi », à travers des gorges vertigineuses, était même considéré comme le sentier le plus dangereux du monde! De passage en Andalousie, il fallait évidemment partir à sa découverte! Je vous explique tout ça, c’est parti, hop en route! 🙂

Le Caminito del Rey

Concrètement, le Caminito del Rey c’est un chemin aménagé dans les Gorges de Gaitanes à plus de 100m au dessus de la rivière Guadalhorce. Son existence est récente. Ce passage vertigineux est créé en 1905 pour aider les ouvriers dans la constructions de barrages hydroélectriques sur la rivière. Lors de l’inauguration des barrages en 1921, le roi d’Espagne Alphonse XII a emprunté ce chemin. Depuis, il porte ce nom de « chemin du roi ». Après la construction des barrages, ce passage à vocation technique dans les gorges n’a plus d’utilité, il est laissé à l’abandon. Les plaques de béton des passerelles tombent peu à peu en morceaux, les supports métalliques rouillent et tiennent à peine. Pourtant l’existence de ce passage est toujours connue. Des aventuriers téméraires (voir parfois suicidaires) continuent de l’emprunter. Le Caminito del Rey gagne alors le titre de chemin le plus dangereux du monde (cherchez quelques vidéos anciennes sur le web et vous comprendrez pourquoi!). Après plusieurs accidents mortels, l’accès au chemin est fermé en 2000. Si on essayait malgré tout de s’y aventurer, en plus du risque de mourir, on avait une amende de 6.000 euros. Mais la Province de Malaga sent bien que ce chemin a un énorme potentiel touristique. On décide finalement de le réhabiliter, et surtout, de le sécuriser! Une nouvelle passerelle est construite au dessus de l’ancienne. L’accès à l’ancien « chemin de la mort » est à nouveau possible à partir de 2015. Maintenant, tout le monde peut y aller et c’est sans danger. Il ne faut juste pas avoir trop le vertige 🙂

Rejoindre le départ

Il faut tout d’abord rejoindre le parc naturel de Los Ardales à une heure de route de Ronda ou Malaga. Le sentier du Caminito del Rey n’est ouvert que dans un seul sens, du nord (depuis le barrage Gaitanejo) vers le sud (El Chorro). Plusieurs options sont possibles si on vient en voiture : tenter de se garer à El Chorro et prendre une navette, se garer au parking municipal près du restaurant El Mirador, ou le plus simple, se garer sur le grand parking aménagé du Centre d’accueil des visiteurs (2€ la journée). On le trouve facilement au bord de la route en venant d’Ardalès. Dans tous les cas, il faudra ensuite passer par un service de navettes. Elles font régulièrement le lien entre les différents parkings. Ce service fonctionne de 7h40 à 20h. Il faut payer un ticket de 2.50€ au chauffeur en montant dans le bus. Le ticket permet de faire plusieurs allers-retours dans la journée si on le souhaite.

La navette vous dépose au départ d’une piste menant au barrage Gaitanejo. Il faut marcher environ 15-20 min en longeant la rivière. En chemin, vous verrez une grande paroi rocheuse sur la rive opposée. Creusée dans la paroi en grès, il y a la fameuse « arche gothique ». Il s’agit en fait d’un tafoni, une érosion naturelle de la roche en forme d’alvéole causée par l’humidité. Enfin, la piste arrive au point de départ officiel. Il est fortement recommandé d’acheter son billet à l’avance sur internet, les places par jour sont limitées! Le tarif est de 10€ par personne (et 18€ pour une visite guidée, en espagnol ou en anglais). La visite guidée n’est pas du tout nécessaire. Comme les passerelles sont très étroites, il y a une jauge limitée de personnes par créneaux horaires.

➡️ Pour vérifier les disponibilités et acheter son billet : le site officiel.

On vous conseille de choisir si possible un départ le matin afin d’éviter les fortes chaleurs. Sur place, on vous donne aussi un casque (et une charlotte) à rendre à la fin de la randonnée. On passe le portique, et c’est parti! 🙂

Important à savoir : si les conditions météos sont trop mauvaises, l’accès peut être fermé à la dernière minute pour raisons de sécurité.

La randonnée

Juste après le petit barrage, le sentier devient une étroite passerelle en bois perchée sur une paroi des Gorges de Gaitanejo. Ce premier canyon est très impressionnant. Il mesure à peine 10m de large avec des falaises de calcaires hautes de 300m! C’est vertigineux et on se sent vraiment tout petit!

En se penchant un peu (sans trop trembler des genoux) pour regarder le fond du canyon, on voit que l’érosion et la force du courant a creusé de nombreuses « marmites » dans les parois. Ce sont des cavités où la dissolution du calcaire est plus prononcée qu’ailleurs.

Le premier canyon se termine et la passerelle redescend en lacets vers la rivière.

Presqu’au niveau de la rivière, une petite grotte rappelle qu’on a retrouvé ici des traces d’occupations datant du néolithique (5000 av JC). Des chasseurs de bouquetins s’abritaient dans les grottes des gorges et pêchaient les poissons de la rivière.

Tout au-dessus de vos têtes, loin là-haut, vous verrez peut-être des vautours planer dans le ciel. Comme les gorges ont longtemps étaient inaccessibles aux hommes, des grands rapaces y ont installés leurs nids.

De l’autre côté du canyon, on peut apercevoir la ligne de chemin de fer (toujours utilisée) et un tunnel ferroviaire. Une étroite passerelle, appelée le « pont du roi » permet d’y accéder. C’est à cet endroit qu’en 1921, le roi d’Esoagne est descendu du train avant de poursuivre son chemin dans les gorges.

Plus loin, on arrive dans la vallée de Hoyo. C’est une enclave boisée, cachée entre deux canyons. Ici, le Caminito del Rey reprend l’allure classique d’un simple chemin de terre. Plusieurs endroits sont aménagés pour prendre un pique-nique ou se reposer à l’ombre des arbres. Cette zone est aussi traversée par un canal qui longe la rivière et le sentier. Une petite mare a même était créée en 2015 pour protéger une espèce de grenouille endémique de la région 🙂

Le sentier fini par quitter cette vallée en reprenant franchement de la hauteur. On retrouve à nouveau un Caminito del Rey sous forme de passerelle étroite accrochée au dessus du vide le long d’immenses falaises. À plusieurs endroits on peut voir les vestiges de l’ancienne passerelle datant de plus d’un siècle. C’est en ruines et ça fait carrément flipper! Les Gorges de Gaitanes à cet endroit sont terriblement impressionnantes. Une portion de passerelle en plexiglass transparent a même été installée pour vous donner encore plus de sensations en voyant le vide sous ses pieds. Pas de chance ce jour là, un déluge s’est abattu sur nous alors quand on était sur cette portion du circuit. Avec la pluie soudaine et le vent froid qui s’est mis à souffler très fort, tout le monde était pressé d’avancer, et pas le temps de faire des jolies photos 🙂

La traversée du pont suspendu de 35m de long pourra donner quelques sueurs froides supplémentaires à ceux qui ont le vertige! Si vous êtes attentifs, vous aurez remarqué quelques plaques commémoratives accrochées tout le long du Caminito del Rey. Elles rappellent les différents accidents mortels survenus ici…

La sortie du canyon est sans doute le moment qui m’a le plus impressionné. D’un seul coup l’espace s’ouvre sur un grand bassin. Il n’y a plus de gorges étroites avec une paroi rocheuse en face. Dans ce grand décor, on réalise alors vraiment que la passerelle est minuscule, et que la paroi est vraiment vraiment abrupte et verticale! C’est super impressionnant!

Après ce dernier passage à sensations, c’est la fin du périple sur la passerelle. On peut enfin souffler, le Caminito del Rey redevient un petit sentier tranquille longeant la rivière.

Après avoir rendu le matériel à la fin du chemin, on peut trouver de nombreux stands de boissons et snack, ainsi que des toilettes. En revanche, l’arrêt de la navette pour rejoindre le parking n’est pas du tout ici. Il faut marcher encore une bonne quinzaine de minutes au bord de la route qui longe le village El Chorro, jusqu’à un croisement où se trouve un petit stand boissons et glaces : El Kiosko. Ici, il y a un parking où vous pourrez attendre l’arrivée de la navette qui vous ramène à votre parking. Fin de l’aventure! 🙂

Alors, le Caminito del Rey, ça vaut le coup?

La randonnée au Caminito del Rey était pour moi une étape obligatoire dans notre road-trip en Andalousie. J’avoue que j’étais un tout petit peu déçu. Je m’attendais à du sensationnel et du vertige. Mais à mon gout, le chemin est maintenant tellement sécurisé qu’on ne ressent presque aucun danger ou risque. Il y a aussi le fait que le Caminito del Rey est devenu un parcours hyper touristique. Ça a sans doute joué en sa défaveur. Se balader avec des groupes d’ados qui rigolent bruyamment, des enfants qui crient, des perches à selfies, etc … On est bien loin d’un sentier secret réservé à des aventuriers intrépides 🙂 Enfin, la météo n’était vraiment pas au rendez-vous, avec de la pluie sur une partie du parcours. Je ne regrette absolument pas cette visite, mais après coup, elle me parait maintenant beaucoup moins indispensable. Si vous avez 3h à combler dans votre planning et qu’il y a de la disponibilité, alors n’hésitez pas! Ce serait dommage de passer à côté. Et si vous n’avez pas trop l’habitude de faire des randos, alors dans ce cas, le Caminito del Rey peu devenir une expérience qui devrait vous marquer 😉

➡️ La suite du road-trip en Andalousie : Setenil de las Bodegas et Olvera

⬅️ L’étape précédente : La visite de Ronda

Visiter Ronda en Andalousie

Ronda en Andalousie, c’est une magnifique découverte! Cette petite ville est perchée sur un plateau à 730m d’altitude, au bord de la falaise, traversée par une gorge profonde creusé. Un panorama incroyable, une belle atmosphère, et un incroyable pont, symbole de la ville. C’est une destination touristique incontournable. Préparez-vous à un véritable coup de cœur à Ronda 😉

L’histoire de Ronda

Ronda est une des plus vieilles villes d’Espagne. D’abord connue comme Arunda avec les Celtes, elle devient une colonie fortifiée romaine, puis Wisigoth. En 713, c’est la domination musulmane sur la péninsule ibérique. Elle devient Izn-Rand Onda, une cité stratégique de la province. Reprise par les chrétiens en 1485, l’ancienne médina arabe devient « la ciudad » historique. Au XVIIIe siècle, il y a une forte croissance, qui sera marquée par la construction de la « ville nouvelle » et du fameux pont. Durement touchée par la guerre contre les armées de Napoléon, puis appauvrit par la Guerre Civile Espagnole, Ronda reprend finalement des couleurs grâce au tourisme. Chaque jour des milliers de visiteurs venant de la Costa del Sol sont attirés par le charme de cette jolie ville andalouse 🙂

La ville historique n’est pas très grande. On peut facilement visiter les principaux points d’intérêts en une journée (ou deux en prenant son temps).

Venir à Ronda

Ronda est la première étape de ce road-trip en Andalousie. Elle se situe à environ 1h20 de route depuis Malaga. Première épreuve : le challenge quand on arrive en voiture à Ronda c’est de se garer. La ville attire énormément de touristes, le centre ville est minuscule et perché au bord d’une falaise. Autant dire que les places sont chères, dans tous les sens du terme. Pour ne pas se prendre la tête à galérer dans les petites ruelles, on a choisi le parking Poeta Rilke (il était juste à côté du logement). Ce n’était pas franchement l’option la plus rentable, il faut compter 25€ pour une journée! Beaucoup moins cher, il y a le grand parking public (non gardé) de La Concepción (si vous trouvez une place de libre). Attention, ne vous garez pas n’importe où dans les rues. Si vous voyez une ligne jaune sur le trottoir, ne restez pas là! La politique de stationnement est très stricte à Ronda, et les rues et les zones réservées évoluent régulièrement. Pour ne pas avoir de mauvaises surprises, retrouvez les dernières infos à jour sur ce site. Pour le logement, nous avons choisi un petit appartement (Apartamentos Alameda le long de C. Jerez).

Découverte de la ville

Pour commencer la visite de cette jolie petite ville, nous nous immergeons immédiatement dans la culture andalouse … en se faisant un resto japonais! haha 🙂 Sans rire, je vous conseille l’excellent Myagi Express (C. Jerez, 2)! Après ce bon repas, nous arrivons à la Placa Cristóbal Aguilar Barea.

Au bout de ce joli espace ombragé, c’est le point de vue Balcón del Coño. C’est le premier panorama sur la Sierra de Grazalema et la campagne andalouse depuis les hautes falaises de Ronda.

Bah voilà, ça commence bien, c’est magnifique! 🙂

L’arène de Ronda

En continuant le long de la rue, nous arrivons à l’arène de Ronda (Plaza de Toros de Ronda). Qu’on aime ou pas la corrida, c’est je pense un lieu qu’il faut visiter car il apprend beaucoup sur l’histoire de la tauromachie. Le ticket d’entrée (9€) donne aussi accès à un musée très intéressant (plus d’infos sur les horaires et tarifs ici) qui parle d’autres sujets que la corrida. On peut par exemple découvrir la sellerie royale où sont présentées des selles orientales extraordinaires.

On apprend qu’en 1572, le roi Philippe II créé une école d’équitation royale. La noblesse espagnole peut ainsi s’exercer aux pratiques militaires à cheval à la Real Maestranza de Caballeria de Ronda. Depuis l’antiquité les courses de taureaux existent en Espagne. Logiquement, les nobles ont continué cette pratique, mais à cheval. Les corridas sont alors principalement des joutes où un picador, un cavalier armé d’une lance, affronte le taureau.

Puis, vers le XVIIIe siècle, lors d’une nouvelle course à Ronda, Francisco Romero demande l’autorisation de tuer le taureau. Cette fois, il le fait sans cheval, avec une épée, et après avoir épuisé le taureau avec un leurre (la muletilla). Ce n’est pas le premier dans l’histoire à le faire, mais c’est celui qui rendra cette nouvelle pratique célèbre et populaire. C’est le premier matador professionnel. C’est ainsi que la corrida moderne est née à Ronda. Réputé pour son courage et son élégance, il donnera un prestige nouveau à la corrida.

Devant l’essor populaire de cette nouvelle tauromachie, on fait construire l’arène de Ronda en 1785. C’est une des plus anciennes arènes d’Espagne toujours en activité. Elle mesure 66m de diamètre et elle est considérée comme une des plus belles arènes du monde 🙂

Si vous avez la chance de visiter Ronda en septembre, vous pourrez peut-être assister aux célébrations des fêtes de Pedro Romero, du nom d’un autre célèbre Matador de Ronda (le petit fils de Francisco). Pour cette occasion, la ville organise une corrida goyesque. Le principe, c’est de faire une corrida avec les habits et les coiffures traditionnelles du XVIIIe siècle (époque du célèbre peintre Goya).

Juste derrière l’arène, après avoir traversé un petit jardin, on arrive à côté d’un élégant kiosque à musique. Un balcon a été aménagé au dessus du précipice.

Pour un point de vue de folie avec les pieds dans le vide, c’est ici qu’il faut venir. Vertige assuré! 😉

Le Puento Nuevo

Un peu plus loin, après avoir traversé la Plaza España, on découvre enfin le principal monument de Ronda. Le Puento Nuevo (pont neuf), véritable prouesse architecturale, est devenu le symbole de la ville. C’est un monumental pont en pierre construit au dessus des impressionnantes gorges de Tajo de Ronda où coule le Rio Guadalevin, profondes de 100m!

Le pont est construit au XVIIIe siècle, à la même période que l’arène et la ville nouvelle. C’est l’époque où Ronda connait un fort regain économique. Avant sa construction, on devait traverser le Rio Guadalevin plus bas, sur un vieux pont. Lors de son inauguration en 1793, le pont de Ronda est celui avec la plus haute travée au monde! Pour réaliser cet exploit (et éviter un drame comme l’effondrement du pont précédent qui a fait 50 morts), les architectes ont fortement consolidé le ravin. Après avoir sécurisé le tout avec d’énormes piliers, il ne reste plus qu’une petite arche à construire. Dans cette arche on aperçoit une petite fenêtre. Il y a un espace à l’intérieur, qui a longtemps servi de prison. Maintenant, c’est un petit espace d’exposition.

Pour voir ce grand pont dans son intégralité, il faut s’éloigner un peu et quitter le centre ville. Un sentier descend avec une forte pente depuis la vieille ville et permet d’avoir un peu plus de recul. À noter, il y a un autre passage à flanc de falaise qui permettait d’arriver jusqu’au pied du pont. Son accès est désormais payant (5 Eur) et il y a des travaux de rénovation. Je vous conseille de le laisser de côté et suivre le chemin un peu plus loin. Il y a plusieurs miradors aménagés pour avoir des beaux points de vue, et c’est gratuit 🙂

La vieille ville

En remontant depuis les miradors du Pont Neuf, vous pouvez faire un petit détour pour passer par la Puerta del Almocábar. Cette ancienne porte du XIIIe siècle est un des rares vestiges des fortifications de la cité musulmane. Après la reconquête chrétienne, la médina arabe a été transformée. Par exemple, l’ancien Château des Lauriers est devenu un grand sanctuaire avec l’église Maria Auxiliadora. La mosquée est devenue la grande église Santa Maria la Mayor. Même si cette partie de Ronda est un peu moins touristique, c’est avec plaisir qu’on se perd dans les minuscules ruelles aux murs blanchis à la chaux.

Après avoir franchi la porte Arco de San Felipe, un chemin pavé mène au Puento Viejo. C’est un pont d’origine arabe qui relie l’ancienne vieille ville musulmane avec la quartier du Mercadillo. Il est beaucoup moins impressionnant que le grand Puento Nuevo, mais il est tout de même à 30m au dessus du Guadalevin!

Malgré cette hauteur, ça ne l’a pas empêché d’être plusieurs fois détruit par des crues dévastatrices de la rivière. On a du mal à imaginer ces scènes quand on voit le rio qui semble bien calme tout au fond du canyon!

Il y a un autre pont (le troisième de Ronda) situé un peu plus bas. C’est le plus ancien. Sans doute d’origine romaine, il a été refaçonné à de nombreuses reprises au cours des siècles. Juste à côté, il y a le site des bains arabes du XIIIe siècle. Ces ruines peuvent se découvrir lors d’une courte visite et accompagnée d’une vidéo explicative (entrée 5 Eur).

Jardines de Cuenca

On remonte ensuite par l’autre rive des gorges, en passant par Jardines de Cuenca. Le nom est trompeur car il ne s’agit pas vraiment d’un jardin, mais d’avantage une promenade aménagée.

Il n’empêche, c’est un endroit vraiment agréable où on se balade sur les différentes terrasses au bord du vide. Les points de vue sont encore une fois splendides 🙂

Le Palacio del Rey Moro

On ne peut pas louper le Palacio del Rey Moro (la maison du Roi Maure). C’est une construction qui se démarque de l’autre côté des gorges. Ce lieu est intimement lié à l’histoire de la ville. Il est construit sur une faille de la falaise. À l’époque de la domination arabe, une mine creusée dans cette faille permettait de descendre jusqu’à la rivière. Là, une grande roue était actionnée par des esclaves chrétiens et permettait d’approvisionner la ville en eau. En 1485, les troupes castillanes font le long siège de la cité Izn-Rand Onda. Finalement, un musulman finira par trahir l’existence de cette mine secrète. Une fois localisée, les castillans détruisent le grande roue. Sans eau pour les habitants, la chute de la cité est rapide. La prise de Ronda est alors un grand pas en avant dans la Reconquista espagnole!

Plus tard au XVIIIe siècle, des habitations sont construites au dessus de l’ancienne mine. En 1911, la duchesse Parcent achète ce site et décide d’en une grande maison au style néo-mudéja qu’on appelle désormais « la maison du Roi Maure » (alors qu’aucun roi n’a jamais habité ici). La duchesse fait appel à un paysagiste français pour réaliser un grand et magnifique jardin en terrasses au bord de la falaise. Le Jardin et l’ancienne mine secrète menant jusqu’à la rivière peuvent se visiter (tarif 10 Eur). La grande maison est hélas en travaux de rénovations depuis des années et n’est toujours pas ouverte au public. Pour les horaires et les tarifs, plus d’infos sur ce site.

El Mercadillo

On se promène ensuite dans El Mercadillo. C’est la partie de Ronda qui correspond à la ville nouvelle. Le cœur de ce quartier, c’est Plaza del Socorro.

Cette charmante place avec vue sur l’église colorée Nuestra Senora del Socorro est l’endroit idéal pour boire un verre à l’une des nombreuses terrasses et profiter de la douceur du soir 🙂

Pour le restaurant du soir, cette fois c’est du traditionnel andalou 😉 C’est le Gastro-Bar MK (C. Armiñán, 25) situé dans la vieille ville. C’est un petit restaurant familial qui propose une bonne nourriture typique (goutez le Rabo de Toro – ragout de queue de taureau) dans une ambiance conviviale. Je recommande 🙂

Bonne nuit Ronda 🙂

➡️ La suite du road-trip en Andalousie : La randonnée du Caminito del Rey

Roadtrip en Andalousie, les plus beaux endroits

Ah l’Andalousie, voilà une destination qui fait rêver! Ça sent le soleil, les tapas, les grands espaces, les monuments historiques et les plages 🙂 Alors quand l’occasion s’est présentée pour un roadtrip de 8 jours fin mai, on ne réfléchit pas trop longtemps. Hop en route ! 😉

Sur le papier ce road trip s’articule autour de ce circuit qui fait passer par les plus beaux endroits à visiter.

Voyons ce que ça va donner dans la réalité! 🙂

Malaga et la location de voiture

Le choix de Malaga comme point de départ et d’arrivée est principalement lié au prix des billets d’avions. Les vols vers Séville étaient bien plus chers, et l’aéroport de Malaga Costa del Sol accueille de nombreuses compagnies low-cost. Je vous conseille donc de privilégier Malaga si vous voulez réduire un peu le budget. Pour la location de voiture, comme d’habitude, j’ai un peu cherché pour avoir la « meilleure compagnie qui ne fait pas d’arnaque et au meilleur prix ». Ici mon choix s’est porté sur MalagaCar.com (Av. del Comandante García Morato, 34). Une navette vous transporte de l’aéroport jusqu’à leur société, qui est vraiment juste à côté (on pourrait y aller à pied). La procédure est rapide, les tarifs compétitifs, et il n’y a pas d’arnaque. Bref tout s’est passé sans aucun problème et c’est ça qu’on aime! Je recommande! 🙂 Les offres de locations sur leur site.

Le road trip en Andalousie

Voici les étapes de ce road trip de 8 jours. C’est évidemment un parcours qui peut se compléter de mille façon tant l’Andalousie regorge de trésors 😉

La belle Ronda et son fameux pont

La célèbre randonnée du Caminito del Rey

Les villages blancs de Setenil de las Bodegas et Olvera

La belle ville de Cadix

Séville, la capitale de l’Andalousie

Cordoue, une merveille

Grenade, les plus beaux endroits

La visite de l’Alhambra

Du désert de Tabernas à la plage de San José

La visite de Malaga

Balade à Montpellier, les incontournables

Partons à la découverte de Montpellier, une ville dynamique et vivante! Cette balade dans le centre-historique est une invitation à explorer les incontournables de la ville, entre patrimoine, art de vivre et douceur méditerranéenne. C’est part, hop en route! 🙂

La petite histoire de Montpellier

Comme j’aime bien l’histoire, je vous fais un petit résumé de celle de Montpellier. Rassurez-vous, ça va aller vite 😉 La cité prend naissance en l’an 985 avec la création d’une place fortifiée. Rapidement, elle devient une grande ville marchande grâce à sa position privilégiée pour le commerce entre l’Espagne, la Méditerranée et le nord de la France. Sa prospérité au moyen-âge s’accompagne de la création d’une des plus vieilles universités de médecine d’Europe. L’âge d’or prend fin avec l’arrivée de l’épidémie de peste qui décime la ville à la fin du XIVe siècle. Alors que la ville reprend son essor, les guerres de religions entre Protestants et Chrétiens réduisent de nombreux quartiers en cendres. Après la reconquête et le retour de l’ordre royal au XVIIe siècle, la noblesse fait construire de nombreux hôtels particuliers et des jardins. La ville devient un véritable centre culturel qui rayonne dans le sud de la France. Après la Seconde Guerre mondiale, c’est le boum économique et la population qui augmente fortement, suite à une immigration de pieds-noirs et d’habitants des pays du Maghreb. La ville de Montpellier rime avec dynamisme, jeunesse (les étudiants représentent 20% de la population ) et élégance. Plusieurs villes dans le monde se nomment Montpellier justement en hommage à cette réputation de « belle ville » 😉

Allons voir ça d’un peu plus près!

Balade dans l’Ecusson

Pour découvrir cette jolie ville je vous propose une balade dans le centre historique de Montpellier, surnommé l’Ecusson. Il porte ce nom car si on regarde sur un plan, les contours de l’ancienne ville historique ressemblent à un écusson médiéval. Pour cette grande balade en boucle, nous partirons de la gare de Montpellier Saint-Roch, au sud du centre ville. Face à la gare, c’est le grand carrefour des rails du tramway. Même s’il y a le Square Planchon, on ne s’y attarde pas trop car depuis quelques temps, c’est devenu un coin mal fréquenté (surtout le soir).

Alors hop en route, on remonte la grande rue Maguelone pour s’enfoncer dans le centre. La ville a été construite sur deux collines, alors il y aura un peu de reliefs dans quelques rues. On remarque aussi rapidement la couleur blanc crème des bâtiments de Montpellier. La pierre de Castries utilisée dans de nombreuses constructions donne une couleur typique à la ville 🙂

La Place de la Comédie

On arrive sur la jolie Place de la Comédie 🙂 C’est un peu la grande place centrale du centre ville de Montpellier. Toute en longueur, elle doit son nom à l’Opéra Comédie, un grand théâtre a l’italienne, avec une grande salle de 1200 places, inauguré en 1888 (à l’emplacement de l’ancien théâtre détruit par un incendie). Il est classé monument historique.

Au centre de la place trône la Fontaine des Trois Grâces (1790). C’est le point de rendez-vous par excellence avant de partir en promenade, ou pour faire du shopping avec les nombreuses enseignes autour de la place. Il y a aussi plein de terrasses de restaurants et de bars. C’est un bel endroit où se poser et profiter du beau temps 🙂

L’Esplanade Charles de Gaulle

La Place de la Comédie se prolonge sur l’Esplanade Charles de Gaulle. Ces deux ensembles réunis forment un des plus grands espaces piétons de France. Cette esplanade date du XVIIe siècle, quand Louis XIII fait détruire d’anciens remparts pour laisser une ouverture aux canons de sa citadelle, afin de mater toute nouvelle tentative de rébellion protestante dans la ville. L’esplanade longue de 500m est un joli lieu de promenade paysager, bordé de grands platanes. Il y a toujours de l’animation et une bonne ambiance 🙂

Bordant l’esplanade, il y a le joli petit parc du Jardin du Champ-de-Mars. De l’autre côté de ce jardin, c’est le grand Lycée Joffre. C’est un des plus anciens lycées de France, dans l’enceinte de l’ancienne citadelle de Montpellier. Le long de l’esplanade on peut aussi visiter le Musée Fabre. C’est le principal musée d’art de la ville. Pour la modique somme de 9 Eur vous pouvez découvrir les œuvres d’un des plus grands musées régionaux de France. Bon à savoir, l’accès aux collections permanentes est gratuit le premier dimanche du mois 😉 Plus d’infos sur ce site. Enfin, à l’extrémité de l’esplanade, il y a le Corum. C’est le grand espace d’exposition et évènementiel du centre ville. Pour suivre sa programmation, c’est sur ce site.

À travers les ruelles

On s’enfonce maintenant dans les vieilles ruelles médiévales de la ville. C’est coloré et vivant. Nos pas nous mènent au MO.CO. (Montpellier Contemporain). C’est un grand centre d’art contemporain, situé dans les anciens locaux de l’Université de Médecine. Bonus, les expos sont gratuites 🙂 Plus d’infos sur ce site. À l’intérieur on peut aussi profiter de la belle terrasse au calme du très bon Café de la Panacée dans un patio arboré.

Un peu plus loin, les ruelles nous conduisent devant l’escalier menant à la Place de la Canourgue. C’est la plus vielle place de Montpellier. C’est aussi la plus belle, la plus romantique et la plus élégante. Elle est entourée de beaux hôtels particuliers du XVIIe siècle. C’est le lieu idéal pour flâner au calme à l’ombre des arbres, déambuler au milieu de petits jardins aménager et se poser sur les terrasses accueillantes 🙂 Depuis la jolie Fontaine des Licornes, on distingue des grandes tours de pierres, c’est notre prochaine étape.

La Cathédrale Saint-Pierre

Nous voici devant la Cathédrale Saint-Pierre. Elle n’était tout d’abord que la simple petite église d’un monastère, avant de devenir une cathédrale en 1536. Pourtant, elle ressemble d’avantage à une forteresse avec ses quatre tours fortifiées et ses murs massifs. Elle possède aussi la particularité d’avoir un énorme porche en baldaquin soutenu par deux larges piliers. Elle a un petit air de Cathédrale d’Albi (même si Albi est bien plus grande et plus belle 😉 ) Elle est pillée et pratiquement détruite en 1561 pendant les Guerres de Religions quand les protestants arrivent à pénétrer à l’intérieur et massacrent les résistants. Une nouvelle cathédrale devait être reconstruite sur la place de la Canourgue juste à côté, mais Richelieu interdit ce projet et décide de conserver la cathédrale Saint-Pierre. Elle ne sera finalement vraiment reconstruite et agrandie qu’au XIXe siècle pour atteindre 100m de long.

À l’intérieur on peut admirer un grand orgue magnifique de 1778 qui fait sa renommée. La cathédrale se visite gratuitement. Il est même possible de grimper au sommet de la Tour Urbain V. Une fois les 200 marches franchies, on peut profiter d’une vue panoramique à 360° sur Montpellier. Des visites guidées ont lieu les après-midi (5 eur, se renseigner à l’office du tourisme).

Le Jardin des Plantes

Juste derrière la cathédrale, on peut découvrir le plus ancien jardin botanique de France! C’est l’œuvre de Pierre Richer de Belleval qui suit des cours de médecine à l’Université de Montpellier (on retrouve d’ailleurs une grande statue de ce personnage dans le jardin). En 1593, il arrive à rencontrer le roi Henri IV et lui parle de sa volonté de développer « la santé par les plantes ». Il le persuade ainsi de fonder un jardin botanique royal, à l’image de celui de Padoue en Italie. Rapidement le jardin prendra de l’ampleur et ne se limitera plus aux seules plantes médicinales. Après plus de quatre siècles d’existence, il s’étend maintenant sur 4.6 hectares et attire des milliers de visiteurs chaque année. Le Jardin des Plantes est classé monument historique et jardin remarquable. C’est vraiment un très bel endroit. L’entrée est gratuite, et vraiment pas besoin d’être un botaniste pour tomber sous le charme 🙂

C’est un véritable plaisir de s’y promener. Près de la Noria et des vestiges de l’ancien jardin détruit pendant les Guerres de Religions, on trouve un endroit insolite qui plaira aux amateurs de poésie. Selon la légende, c’est dans le Jardin des Plantes de Montpellier que le célèbre poète anglais du XVIIIe Edward Young aurait enterré secrètement sa fille Narcissa. Un squelette retrouvé plus tard par des jardiniers a suffit pour « officialiser » cette légende (et attirer ainsi d’avantages de visiteurs). Elle a désormais un véritable tombeau dans un mur du jardin.

La belle Allée Charles Martins longe une élégante orangerie achevée en 1806.

Derrière l’orangerie, c’est la « Montagne du Richer » qui marque la limite nord du jardin jusqu’au XIXe siècle. Dans un arboretum, on passe des arbustes méditerranéens, aux vénérables feuillus et à une exotique bambouseraie. Un voyage végétal en quelques pas 🙂

On arrive ensuite aux aménagements du XIXe siècle de Charles Martins, le directeur de l’époque. On y trouve un très agréable jardin anglais créé en 1860 avec ses vastes pelouses ornées de massifs de plantes. Il y a aussi le « marabout algérien », un ancien observatoire astronomique près du « lac au Nélumbos », une mare où s’épanouissent des lotus.

Un peu plus loin, c’est la grande serre Martins (1860) qui abrite une collection de « succulentes » venant de toutes les régions arides du monde.

Le jardin fait toujours parti de la Faculté de Médecine de Montpellier. Pour connaitre les différents évènements organisés et les ouvertures de la serre, plus d’infos sur ce site.

Je vous conseille absolument cette visite dans le poumon vert de la ville 🙂

Le Jardin de la Reine

Juste à côté du Jardin des Plantes, il y a un endroit peu connu et caché derrière des murs. Une petite entrée discrète permet d’y accéder depuis la Rue du Jardin de la Reine. On découvre un joli jardin historique. Ce terrain acheté par Richer en 1619 lui servait de parcelle d’expérimentation pour le grand Jardin des Plantes. Il porte le nom de Jardin de la Reine en référence à Marie de Montpellier, Reine d’Aragon de 1183 à 1213, qui avait un jardin à peu près à cet endroit.

Propriété de l’état, il était laissé à l’abandon depuis deux siècles. En 2013, il est mis en vente. Pour préserver ce patrimoine végétal historique, une forte mobilisation citoyenne a permis l’achat par la ville. Depuis, ce jardin est géré par une association. On peut le visiter gratuitement les samedis après-midi 🙂

C’est calme et agréable car il n’y a presque personne. On se promène entre le potager, le verger et le sous-bois. Le jardin garde une allure de nature spontanée, et on a vraiment l’impression de se promener à l’intérieur d’une petite forêt sauvage en plein centre ville historique 🙂 Retrouvez toutes les actualités du Jardin de la Reine sur ce site.

À quelques pas de ces jardins, les rues grimpent vers un des plus beaux endroits de Montpellier.

La Promenade du Peyrou

La Promenade du Peyrou, c’est un superbe ensemble architectural à l’ouest du centre historique. Au XVIIe siècle la ville prend la décision d’aménager le point culminant de Montpellier. L’ancien promontoire situé à 52m au dessus des champs et des vignes va être transformé en une vaste esplanade et place royale à la gloire du roi Louis XIV. Les travaux commencent en 1689. L’ancienne entrée fortifiée de la Porte du Peyrou est remplacée par un Arc de Triomphe en 1691.

Cette grande porte d’apparat de 15m de haut symbolise la puisse royale. L’arc donne sur un pont de pierre construit à la place de l’ancien pont-levis. Dans le prolongement, il y a la longue esplanade donnant sur la statue équestre de Louis XIV. La statue qui trône au centre de l’esplanade date de 1828. La statue originale, bien plus grande, a été détruite pendant la Révolution.

D’ailleurs, son arrivée à Montpellier ne s’était pas faite sans mal. Le navire qui transportait l’énorme statue en bronze de 19 tonnes a coulé à Bordeaux à cause de la foule de curieux! Il a fallu des mois pour repêcher la statue au fond du fleuve. Lors de son installation en 1718, Montpellier était la seule ville de France après Paris et Versailles à avoir l’honneur de posséder une représentation du roi.

La ville profite des grands travaux de l’esplanade pour construire l’aqueduc des Arceaux. Achevé en 1765, il permet enfin de capter l’eau de la source Saint-Clément et d’alimenter Montpellier en eau. L’architecte Pitot s’est inspiré du Pont du Gard pour la réalisation de ce pont-aqueduc de 900m de long. Il était encore utilisé jusqu’en 1983.

Si vous vous promenez au pied de l’aqueduc, vous pourrez voir une plaque commémorative. Elle marque l’endroit où a été prise en hiver 1939 la célèbre photo du futur résistant Jean Moulin avec son chapeau et son écharpe.

L’aqueduc s’achève sur une magnifique construction, le château d’eau du Peyrou (construit en 1768). Avec son bassin, il ressemble d’avantage à un temple antique. Et pourtant, sous ce bassin se trouve un grand réservoir premettant d’alimenter la ville.

Il faut absolument venir se promener sur l’esplanade du Peyrou pour profiter de la très jolie vue sur les Cévennes et le Pic Saint-Loup. C’est aussi un très bon spot pour les couchers de soleil. Tous les dimanches, l’esplanade laisse place aux brocanteurs et à la buvette 😉

Le Carré Sainte-Anne

En se promenant dans les ruelles, on arrive devant le plus haut monument de l’Ecusson. Le clocher de l’église Sainte-Anne culmine à 69m de hauteur et se voit de loin. Cette église néo-gothique a été construite en 1866 pour remplacer l’ancienne église qui menaçait de s’écrouler.

En 1986 elle est désacralisée. Maintenant c’est un centre culturel avec un grand espace d’exposition de 600m² dans la nef. Le Carré Sainte-Anne est ouvert gratuitement tous les jours sauf le lundi. Retrouvez plus d’infos sur les expositions en cours sur ce site.

Traversons maintenant la grande Rue Saint-Guilhem pour découvrir un nouveau monument de Montpellier.

L’église Saint-Roch

Au XIXe siècle, la ville veut construire une grande église monumentale dédiée à Saint Roch pour y accueillir quelques unes de ses reliques. Ce personnage est né à Montpellier au XIVe siècle dans une famille noble et riche. Le jeune homme distribue toute sa fortune aux pauvres et part en pèlerinage vers Rome. Grâce à ses études en médecine à Montpellier, il soigne de nombreux malades sur son chemin. Ces guérisons font rapidement sa renommée. Lui même survit miraculeusement à la peste! Sur le chemin du retour il est arrêté, on le prend pour un espion. Après cinq années de cachots, il meurt à l’âge de 30 ans. C’est seulement après sa mort qu’on découvre qu’il s’agissait du saint guérisseur. Son culte populaire se répand ensuite rapidement en France et en Italie. C’est le Saint Protecteur de la ville de Montpellier.

Son église est construite en 1868, dans un style néo-gothique, deux ans après celle de Sainte Anne, mais elle ne sera jamais totalement achevée. On voit bien que sur la façade il manque les deux flèches latérales ainsi que les statues qui devaient la décorer. Mais ce n’est pas grave car le quartier est cool 😉

Les ruelles colorées du quartier Saint-Roch sont remplies de terrasses de bars et de restaurants, de jolies boutiques. C’est vraiment un quartier animé et très sympa à découvrir dans Montpellier 🙂

La Tour de la Babote

En descendant la Rue du Plan d’Agde et la Rue de la Fontaine, on arrive sur le boulevard qui fait le tour du centre ville. Il marque l’emplacement des anciens remparts de Montpellier au XIIe siècle. La ville possédait alors 25 portes fortifiées. On en retrouve une à quelques pas d’ici, c’est la Tour de la Babote. Devenue inutile au XVIIIe siècle, on décide la préserver et même de la surélever pour y installer un observatoire d’astronomie. Elle est parfois ouverte aux visites lors des Journées du Patrimoine.

Info insolite : profitant de cet endroit, c’est depuis le haut de cette tour que le parachute a été inventé par Louis-Sébastien Lenormand en 1783 🙂 En réalité, il ne faisait des essais qu’avec des animaux. Le premier saut en parachute par un humain sera réalisé quelques années plus tard par Garnerin à Paris en 1797.

En suivant le boulevard, nous voici de retour à la gare. J’espère que cet article vous donnera envie d’aller vous plonger vous aussi dans les ruelles de cette très chouette ville 🙂

Un peu plus loin

Au nord de Montpellier on peut faire une balade dans la réserve naturelle du Lez à Lunaret. L’accès se fait par une grille au bout de la Rue de Ferran. Au programme, une belle promenade à l’ombre des arbres sur un sentier sauvage au bord du Lez.

Bonus, vous pourrez même découvrir une cascade! 🙂 Tout proche, vous pouvez aussi visiter le Zoo de Montpellier. Cerise sur le gâteau, ce grand parc zoologique en pleine nature est accessible gratuitement 😉 Plus d’infos sur ce site.

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