Balade à Montpellier, les incontournables

Partons à la découverte de Montpellier, une ville dynamique et vivante! Cette balade dans le centre-historique est une invitation à explorer les incontournables de la ville, entre patrimoine, art de vivre et douceur méditerranéenne. C’est part, hop en route! 🙂

La petite histoire de Montpellier

Comme j’aime bien l’histoire, je vous fais un petit résumé de celle de Montpellier. Rassurez-vous, ça va aller vite 😉 La cité prend naissance en l’an 985 avec la création d’une place fortifiée. Rapidement, elle devient une grande ville marchande grâce à sa position privilégiée pour le commerce entre l’Espagne, la Méditerranée et le nord de la France. Sa prospérité au moyen-âge s’accompagne de la création d’une des plus vieilles universités de médecine d’Europe. L’âge d’or prend fin avec l’arrivée de l’épidémie de peste qui décime la ville à la fin du XIVe siècle. Alors que la ville reprend son essor, les guerres de religions entre Protestants et Chrétiens réduisent de nombreux quartiers en cendres. Après la reconquête et le retour de l’ordre royal au XVIIe siècle, la noblesse fait construire de nombreux hôtels particuliers et des jardins. La ville devient un véritable centre culturel qui rayonne dans le sud de la France. Après la Seconde Guerre mondiale, c’est le boum économique et la population qui augmente fortement, suite à une immigration de pieds-noirs et d’habitants des pays du Maghreb. La ville de Montpellier rime avec dynamisme, jeunesse (les étudiants représentent 20% de la population ) et élégance. Plusieurs villes dans le monde se nomment Montpellier justement en hommage à cette réputation de « belle ville » 😉

Allons voir ça d’un peu plus près!

Balade dans l’Ecusson

Pour découvrir cette jolie ville je vous propose une balade dans le centre historique de Montpellier, surnommé l’Ecusson. Il porte ce nom car si on regarde sur un plan, les contours de l’ancienne ville historique ressemblent à un écusson médiéval. Pour cette grande balade en boucle, nous partirons de la gare de Montpellier Saint-Roch, au sud du centre ville. Face à la gare, c’est le grand carrefour des rails du tramway. Même s’il y a le Square Planchon, on ne s’y attarde pas trop car depuis quelques temps, c’est devenu un coin mal fréquenté (surtout le soir).

Alors hop en route, on remonte la grande rue Maguelone pour s’enfoncer dans le centre. La ville a été construite sur deux collines, alors il y aura un peu de reliefs dans quelques rues. On remarque aussi rapidement la couleur blanc crème des bâtiments de Montpellier. La pierre de Castries utilisée dans de nombreuses constructions donne une couleur typique à la ville 🙂

La Place de la Comédie

On arrive sur la jolie Place de la Comédie 🙂 C’est un peu la grande place centrale du centre ville de Montpellier. Toute en longueur, elle doit son nom à l’Opéra Comédie, un grand théâtre a l’italienne, avec une grande salle de 1200 places, inauguré en 1888 (à l’emplacement de l’ancien théâtre détruit par un incendie). Il est classé monument historique.

Au centre de la place trône la Fontaine des Trois Grâces (1790). C’est le point de rendez-vous par excellence avant de partir en promenade, ou pour faire du shopping avec les nombreuses enseignes autour de la place. Il y a aussi plein de terrasses de restaurants et de bars. C’est un bel endroit où se poser et profiter du beau temps 🙂

L’Esplanade Charles de Gaulle

La Place de la Comédie se prolonge sur l’Esplanade Charles de Gaulle. Ces deux ensembles réunis forment un des plus grands espaces piétons de France. Cette esplanade date du XVIIe siècle, quand Louis XIII fait détruire d’anciens remparts pour laisser une ouverture aux canons de sa citadelle, afin de mater toute nouvelle tentative de rébellion protestante dans la ville. L’esplanade longue de 500m est un joli lieu de promenade paysager, bordé de grands platanes. Il y a toujours de l’animation et une bonne ambiance 🙂

Bordant l’esplanade, il y a le joli petit parc du Jardin du Champ-de-Mars. De l’autre côté de ce jardin, c’est le grand Lycée Joffre. C’est un des plus anciens lycées de France, dans l’enceinte de l’ancienne citadelle de Montpellier. Le long de l’esplanade on peut aussi visiter le Musée Fabre. C’est le principal musée d’art de la ville. Pour la modique somme de 9 Eur vous pouvez découvrir les œuvres d’un des plus grands musées régionaux de France. Bon à savoir, l’accès aux collections permanentes est gratuit le premier dimanche du mois 😉 Plus d’infos sur ce site. Enfin, à l’extrémité de l’esplanade, il y a le Corum. C’est le grand espace d’exposition et évènementiel du centre ville. Pour suivre sa programmation, c’est sur ce site.

À travers les ruelles

On s’enfonce maintenant dans les vieilles ruelles médiévales de la ville. C’est coloré et vivant. Nos pas nous mènent au MO.CO. (Montpellier Contemporain). C’est un grand centre d’art contemporain, situé dans les anciens locaux de l’Université de Médecine. Bonus, les expos sont gratuites 🙂 Plus d’infos sur ce site. À l’intérieur on peut aussi profiter de la belle terrasse au calme du très bon Café de la Panacée dans un patio arboré.

Un peu plus loin, les ruelles nous conduisent devant l’escalier menant à la Place de la Canourgue. C’est la plus vielle place de Montpellier. C’est aussi la plus belle, la plus romantique et la plus élégante. Elle est entourée de beaux hôtels particuliers du XVIIe siècle. C’est le lieu idéal pour flâner au calme à l’ombre des arbres, déambuler au milieu de petits jardins aménager et se poser sur les terrasses accueillantes 🙂 Depuis la jolie Fontaine des Licornes, on distingue des grandes tours de pierres, c’est notre prochaine étape.

La Cathédrale Saint-Pierre

Nous voici devant la Cathédrale Saint-Pierre. Elle n’était tout d’abord que la simple petite église d’un monastère, avant de devenir une cathédrale en 1536. Pourtant, elle ressemble d’avantage à une forteresse avec ses quatre tours fortifiées et ses murs massifs. Elle possède aussi la particularité d’avoir un énorme porche en baldaquin soutenu par deux larges piliers. Elle a un petit air de Cathédrale d’Albi (même si Albi est bien plus grande et plus belle 😉 ) Elle est pillée et pratiquement détruite en 1561 pendant les Guerres de Religions quand les protestants arrivent à pénétrer à l’intérieur et massacrent les résistants. Une nouvelle cathédrale devait être reconstruite sur la place de la Canourgue juste à côté, mais Richelieu interdit ce projet et décide de conserver la cathédrale Saint-Pierre. Elle ne sera finalement vraiment reconstruite et agrandie qu’au XIXe siècle pour atteindre 100m de long.

À l’intérieur on peut admirer un grand orgue magnifique de 1778 qui fait sa renommée. La cathédrale se visite gratuitement. Il est même possible de grimper au sommet de la Tour Urbain V. Une fois les 200 marches franchies, on peut profiter d’une vue panoramique à 360° sur Montpellier. Des visites guidées ont lieu les après-midi (5 eur, se renseigner à l’office du tourisme).

Le Jardin des Plantes

Juste derrière la cathédrale, on peut découvrir le plus ancien jardin botanique de France! C’est l’œuvre de Pierre Richer de Belleval qui suit des cours de médecine à l’Université de Montpellier (on retrouve d’ailleurs une grande statue de ce personnage dans le jardin). En 1593, il arrive à rencontrer le roi Henri IV et lui parle de sa volonté de développer « la santé par les plantes ». Il le persuade ainsi de fonder un jardin botanique royal, à l’image de celui de Padoue en Italie. Rapidement le jardin prendra de l’ampleur et ne se limitera plus aux seules plantes médicinales. Après plus de quatre siècles d’existence, il s’étend maintenant sur 4.6 hectares et attire des milliers de visiteurs chaque année. Le Jardin des Plantes est classé monument historique et jardin remarquable. C’est vraiment un très bel endroit. L’entrée est gratuite, et vraiment pas besoin d’être un botaniste pour tomber sous le charme 🙂

C’est un véritable plaisir de s’y promener. Près de la Noria et des vestiges de l’ancien jardin détruit pendant les Guerres de Religions, on trouve un endroit insolite qui plaira aux amateurs de poésie. Selon la légende, c’est dans le Jardin des Plantes de Montpellier que le célèbre poète anglais du XVIIIe Edward Young aurait enterré secrètement sa fille Narcissa. Un squelette retrouvé plus tard par des jardiniers a suffit pour « officialiser » cette légende (et attirer ainsi d’avantages de visiteurs). Elle a désormais un véritable tombeau dans un mur du jardin.

La belle Allée Charles Martins longe une élégante orangerie achevée en 1806.

Derrière l’orangerie, c’est la « Montagne du Richer » qui marque la limite nord du jardin jusqu’au XIXe siècle. Dans un arboretum, on passe des arbustes méditerranéens, aux vénérables feuillus et à une exotique bambouseraie. Un voyage végétal en quelques pas 🙂

On arrive ensuite aux aménagements du XIXe siècle de Charles Martins, le directeur de l’époque. On y trouve un très agréable jardin anglais créé en 1860 avec ses vastes pelouses ornées de massifs de plantes. Il y a aussi le « marabout algérien », un ancien observatoire astronomique près du « lac au Nélumbos », une mare où s’épanouissent des lotus.

Un peu plus loin, c’est la grande serre Martins (1860) qui abrite une collection de « succulentes » venant de toutes les régions arides du monde.

Le jardin fait toujours parti de la Faculté de Médecine de Montpellier. Pour connaitre les différents évènements organisés et les ouvertures de la serre, plus d’infos sur ce site.

Je vous conseille absolument cette visite dans le poumon vert de la ville 🙂

Le Jardin de la Reine

Juste à côté du Jardin des Plantes, il y a un endroit peu connu et caché derrière des murs. Une petite entrée discrète permet d’y accéder depuis la Rue du Jardin de la Reine. On découvre un joli jardin historique. Ce terrain acheté par Richer en 1619 lui servait de parcelle d’expérimentation pour le grand Jardin des Plantes. Il porte le nom de Jardin de la Reine en référence à Marie de Montpellier, Reine d’Aragon de 1183 à 1213, qui avait un jardin à peu près à cet endroit.

Propriété de l’état, il était laissé à l’abandon depuis deux siècles. En 2013, il est mis en vente. Pour préserver ce patrimoine végétal historique, une forte mobilisation citoyenne a permis l’achat par la ville. Depuis, ce jardin est géré par une association. On peut le visiter gratuitement les samedis après-midi 🙂

C’est calme et agréable car il n’y a presque personne. On se promène entre le potager, le verger et le sous-bois. Le jardin garde une allure de nature spontanée, et on a vraiment l’impression de se promener à l’intérieur d’une petite forêt sauvage en plein centre ville historique 🙂 Retrouvez toutes les actualités du Jardin de la Reine sur ce site.

À quelques pas de ces jardins, les rues grimpent vers un des plus beaux endroits de Montpellier.

La Promenade du Peyrou

La Promenade du Peyrou, c’est un superbe ensemble architectural à l’ouest du centre historique. Au XVIIe siècle la ville prend la décision d’aménager le point culminant de Montpellier. L’ancien promontoire situé à 52m au dessus des champs et des vignes va être transformé en une vaste esplanade et place royale à la gloire du roi Louis XIV. Les travaux commencent en 1689. L’ancienne entrée fortifiée de la Porte du Peyrou est remplacée par un Arc de Triomphe en 1691.

Cette grande porte d’apparat de 15m de haut symbolise la puisse royale. L’arc donne sur un pont de pierre construit à la place de l’ancien pont-levis. Dans le prolongement, il y a la longue esplanade donnant sur la statue équestre de Louis XIV. La statue qui trône au centre de l’esplanade date de 1828. La statue originale, bien plus grande, a été détruite pendant la Révolution.

D’ailleurs, son arrivée à Montpellier ne s’était pas faite sans mal. Le navire qui transportait l’énorme statue en bronze de 19 tonnes a coulé à Bordeaux à cause de la foule de curieux! Il a fallu des mois pour repêcher la statue au fond du fleuve. Lors de son installation en 1718, Montpellier était la seule ville de France après Paris et Versailles à avoir l’honneur de posséder une représentation du roi.

La ville profite des grands travaux de l’esplanade pour construire l’aqueduc des Arceaux. Achevé en 1765, il permet enfin de capter l’eau de la source Saint-Clément et d’alimenter Montpellier en eau. L’architecte Pitot s’est inspiré du Pont du Gard pour la réalisation de ce pont-aqueduc de 900m de long. Il était encore utilisé jusqu’en 1983.

Si vous vous promenez au pied de l’aqueduc, vous pourrez voir une plaque commémorative. Elle marque l’endroit où a été prise en hiver 1939 la célèbre photo du futur résistant Jean Moulin avec son chapeau et son écharpe.

L’aqueduc s’achève sur une magnifique construction, le château d’eau du Peyrou (construit en 1768). Avec son bassin, il ressemble d’avantage à un temple antique. Et pourtant, sous ce bassin se trouve un grand réservoir premettant d’alimenter la ville.

Il faut absolument venir se promener sur l’esplanade du Peyrou pour profiter de la très jolie vue sur les Cévennes et le Pic Saint-Loup. C’est aussi un très bon spot pour les couchers de soleil. Tous les dimanches, l’esplanade laisse place aux brocanteurs et à la buvette 😉

Le Carré Sainte-Anne

En se promenant dans les ruelles, on arrive devant le plus haut monument de l’Ecusson. Le clocher de l’église Sainte-Anne culmine à 69m de hauteur et se voit de loin. Cette église néo-gothique a été construite en 1866 pour remplacer l’ancienne église qui menaçait de s’écrouler.

En 1986 elle est désacralisée. Maintenant c’est un centre culturel avec un grand espace d’exposition de 600m² dans la nef. Le Carré Sainte-Anne est ouvert gratuitement tous les jours sauf le lundi. Retrouvez plus d’infos sur les expositions en cours sur ce site.

Traversons maintenant la grande Rue Saint-Guilhem pour découvrir un nouveau monument de Montpellier.

L’église Saint-Roch

Au XIXe siècle, la ville veut construire une grande église monumentale dédiée à Saint Roch pour y accueillir quelques unes de ses reliques. Ce personnage est né à Montpellier au XIVe siècle dans une famille noble et riche. Le jeune homme distribue toute sa fortune aux pauvres et part en pèlerinage vers Rome. Grâce à ses études en médecine à Montpellier, il soigne de nombreux malades sur son chemin. Ces guérisons font rapidement sa renommée. Lui même survit miraculeusement à la peste! Sur le chemin du retour il est arrêté, on le prend pour un espion. Après cinq années de cachots, il meurt à l’âge de 30 ans. C’est seulement après sa mort qu’on découvre qu’il s’agissait du saint guérisseur. Son culte populaire se répand ensuite rapidement en France et en Italie. C’est le Saint Protecteur de la ville de Montpellier.

Son église est construite en 1868, dans un style néo-gothique, deux ans après celle de Sainte Anne, mais elle ne sera jamais totalement achevée. On voit bien que sur la façade il manque les deux flèches latérales ainsi que les statues qui devaient la décorer. Mais ce n’est pas grave car le quartier est cool 😉

Les ruelles colorées du quartier Saint-Roch sont remplies de terrasses de bars et de restaurants, de jolies boutiques. C’est vraiment un quartier animé et très sympa à découvrir dans Montpellier 🙂

La Tour de la Babote

En descendant la Rue du Plan d’Agde et la Rue de la Fontaine, on arrive sur le boulevard qui fait le tour du centre ville. Il marque l’emplacement des anciens remparts de Montpellier au XIIe siècle. La ville possédait alors 25 portes fortifiées. On en retrouve une à quelques pas d’ici, c’est la Tour de la Babote. Devenue inutile au XVIIIe siècle, on décide la préserver et même de la surélever pour y installer un observatoire d’astronomie. Elle est parfois ouverte aux visites lors des Journées du Patrimoine.

Info insolite : profitant de cet endroit, c’est depuis le haut de cette tour que le parachute a été inventé par Louis-Sébastien Lenormand en 1783 🙂 En réalité, il ne faisait des essais qu’avec des animaux. Le premier saut en parachute par un humain sera réalisé quelques années plus tard par Garnerin à Paris en 1797.

En suivant le boulevard, nous voici de retour à la gare. J’espère que cet article vous donnera envie d’aller vous plonger vous aussi dans les ruelles de cette très chouette ville 🙂

Un peu plus loin

Au nord de Montpellier on peut faire une balade dans la réserve naturelle du Lez à Lunaret. L’accès se fait par une grille au bout de la Rue de Ferran. Au programme, une belle promenade à l’ombre des arbres sur un sentier sauvage au bord du Lez.

Bonus, vous pourrez même découvrir une cascade! 🙂 Tout proche, vous pouvez aussi visiter le Zoo de Montpellier. Cerise sur le gâteau, ce grand parc zoologique en pleine nature est accessible gratuitement 😉 Plus d’infos sur ce site.

⚠️ Attention, ces sites sont fermés en cas de risque incendie très élevé ou alerte météo.

La Cascade de Rûnes et Cham des Bondons

Voici une jolie petite balade lozérienne avec cascade et menhirs au menu. Allons-y, hop en route! 🙂

La Cascade de Rûnes

Pour découvrir cette très jolie cascade, il faut tout d’abord partir en direction de la commune de Fraissinet-de-Lozère, puis suivre la route vers le hameau de Rûnes. Juste à l’entrée du hameau, un petit parking est indiqué au bord de la route. Vous êtes arrivés! Ensuite c’est très simple, il suffit de suivre un sentier bien indiqué sur environ quelques centaines de mètres.

Au fur et à mesure de l’approche, on entend le grondement de la cascade se faire de plus en plus présent. Puis tout à coup, on arrive devant ce magnifique panorama sur le Vallon de la Runes 🙂

Nous sommes au sommet de la cascade, et donc forcément, on ne la voit pas. Pour la découvrir complètement, il va falloir faire quelques efforts. Le sentier descend jusqu’au pied de la cascade par des marches aménagées (en bois et en pierres). Soyez prudent car la pente est bien raide et les marches sont glissantes. Cette descente n’est pas vraiment adaptée pour les tous petits et les personnes âgées.

La magnifique cascade de la Rûnes s’étire sur presque 70m de haut, en faisant plusieurs sauts au milieu des rochers. C’est la rivière de la Rûnes qui s’élance dans le vide, après avoir pris sa source dans le Massif du Mont Lozère. Elle rejoint le Tarn un peu plus loin.

La cascade de la Runes est un site naturel classé. C’est un véritable havre de paix et de fraicheur en pleine nature et ça mérite bien quelques efforts 😉 Près de la cascade vous pourrez découvrir une pierre gravée où on voit un dragon se mordre la queue. Il est écrit « De la terre vers le ciel et du ciel vers la terre ». Une légende locale dit que ce serait un message laissé par des Vikings à la fin du premier millénaire. Ou alors un message laissé par un illustre inconnu au XIXe siècle. En fait on n’en sait rien ha ha!

Cham des Bondons

Une dizaine de kilomètres plus loin, nous sommes en plein Cham des Bondons. Un « cham » c’est comme un petit « causse ». Ici, c’est un plateau calcaire d’une dizaine d’hectares. Sur ce plateau quasi désertique on remarque tout de suite deux curiosités. Le Puech d’Allègre et le Puech de Mariette. Selon la légende ces deux petites collines arrondies se seraient formées avec la boue tombée des bottes du géant Gargantua.

Le site de Cham des Bondons est aussi (et surtout?) connu pour les menhirs. Sur ce plateau, on a retrouvé 154 menhirs. Ils ont été taillés dans des carrières de granite situées à quelques kilomètres puis transportés sur le plateau calcaire, avant d’être dressés, il y a des milliers d’années. Un petit rappel important: ce ne sont pas les Gaulois qui ont taillés les menhirs. Ces pierres sont bien plus anciennes. Au fil du temps, les hommes les ont couchés ou détruits. Malgré tout, beaucoup sont encore là. Un sentier en boucle de 2h et 5km vous permet de découvrir ces mystérieux vestiges d’un passé lointain. Le parcours est expliqué sur cette page.

C’est un des plus grands sites mégalithiques d’Europe après les alignements de Carnac. Bon personnellement, je trouve que le site de Carnac est plus intéressant car les groupes de menhirs sont beaucoup plus rapprochés. D’ailleurs je vous en parle sur cette page 😉

Je vous souhaite une belle balade 🙂

Balade au Chaos de Nîmes-le-Vieux

Direction le département de la Lozère pour découvrir un monde minéral insolite sur le Causse Méjean. Cette balade accessible à toute la famille réveillera votre imaginaire. C’est parti, hop en route 🙂

Le Causse Méjean est le plus haut des grands Causses. On s’y attarde rarement. Si sa partie Ouest possède quelques reliefs boisés, la partie à l’Est ressemble à vaste une lande désertique qui pourrait presque paraitre sans intérêt. C’est pourtant précisément ici que nous allons aujourd’hui, à 1h de route de Millau, pour découvrir le Chaos de Nîmes-le-Vieux 🙂

Il faut tout d’abord rejoindre la commune de Fraissinet-de-Fourques (ou Cabrillac), puis prendre la direction du Col de Perjuret. Ensuite, il faut suivre le panneau vers le hameau de L’Hom. Là, un petit parking est aménagé. Hop, vous êtes arrivé! Il suffit ensuite de traverser le hameau à pied. Sur la gauche après les bâtiments agricoles, il y a le point de départ du circuit.

Le Chaos de Nîmes-le-Vieux, c’est une centaines de rocs aux formes étonnantes, qui sont mystérieusement éparpillés sur une portion du Causse Méjean. Le site a été « découvert » en 1908 par Paul Arnal, un pasteur et membre du Club Cévénol. Comme ce paysage étonnant n’était pas répertorié dans les ouvrages décrivant les sites naturels de la région, il décide de le baptiser. Pour le choix du nom, il s’inspire du Chaos de Montpellier-le-Vieux, un site similaire découvert 25 ans plus tôt sur le Causse Noir par Martel (grand explorateur des Causses et père de la spéléologie moderne). Alors ici, ce sera donc le Chaos de Nîmes-le-Vieux!

Ces rocs dolomitiques aux formes étranges, sont le fruit de millions d’années d’érosion. Très, très (mais alors très) lentement, l’eau a érodé et creusé petit à petit le paysage en attaquant le calcaire plus tendre. Ce long travail a fini par laisser les roches les plus dures bien apparentes. Le résultat, c’est ce champs de pierres dressées 🙂

Un sentier pédagogique est aménagé pour faire découvrir l’histoire de ce beau site naturel et ceux qui y vivent. C’est une boucle de 6km qui vous prendra environ 3h de balade, en faisant un détour par le hameau de Veygalier avant de revenir à L’Hom. Ce sentier aménagé en 2025 remplace un ancien sentier, plus court, qui serpentait au milieu des rocs. A priori, le nouveau tracé passerait un peu plus en périphérie des formations rocheuses. Mais rassurez-vous, il y a tout de même plein de belles choses à voir 🙂

On prend un réel plaisir à se promener dans ce magnifique paysage au milieu des rochers. On a envie de grimper partout, on a envie de renommer chaque rocher par un nom d’animal ou d’objet. Bref, c’est comme un terrain de jeu, agrémenté de quelques panneaux explicatifs pour rester un peu sérieux tout de même 😉

Attention : le sentier traverse aussi des espaces de pâturages. Vous risquez de croiser des troupeaux gardés par des chiens. Dans ce cas, ne vous approchez pas et faites prudemment le tour du troupeau. Il est d’ailleurs recommandé de ne pas venir sur ce sentier si vous avez un chien, pour éviter tout risque d’attaque.

Pour profiter un peu plus du paysage, je vous invite à filer un peu plus loin en voiture. Après avoir dépassé la ferme de Villeneuve, la route rejoint l’extrémité du Causse avant de redescendre dans la vallée en direction du village de Vébron. Ne prenez pas la descente, garez vous, et ouvrez grands les yeux! 🙂

Vous êtes au bord du précipice! Le Causse Méjean se termine sur un grand front de falaises. Tout au fond coule le Tarnon qui marque la frontière avec les Cévennes. On a une sensation de bout du monde. C’est infini, c’est grand, c’est beau! 🙂

En prenant un peu plus de hauteur, on se rend vraiment compte du paysage incroyable qui s’étend devant nous. On espère aussi que les troupeaux connaissent parfaitement la fin de leur pâturages, car la transition est assez radicale!

On peut aussi apercevoir quelques dolines. À certains endroits, l’érosion a créé des dépressions dans le sol en forme de cuvette. La terre et l’argile a fini par s’accumuler dans le creux, ce qui rend le sol imperméable. Elles sont utilisées pour retenir l’eau qui permet d’abreuver les troupeaux.

Car on le répète encore, les Causses sont des déserts, arides, rugueux, mais tellement beau 🙂 Alors venez découvrir ce très bel endroit, hop en route!

En bonus 😉 je vous partage un petit site intéressant et méconnu, quasiment juste en face! Mais il y a une petite demi-heure de route depuis le Chaos. Il faut rejoindre le minuscule village de Saint-Laurent-de-Trèves. C’était un petit lieu fortifié avec une position privilégiée sur la ligne de crête des Cévennes et sur la route de Nîmes à Saint-Flour. De nos jours, les fortifications ont disparues et à part une jolie vue sur les pentes du Causse Méjean, on peut se demander ce qui peut valoir le coup de s’arrêter ici ?

Et bien dans ce village, sur un promontoire, il y a plusieurs dalles rocheuses naturelles. Et sur ces dalles il y a des fleurs de lys gravées dans la roche. Enfin ça, c’est ce qu’on pensait jusqu’en 1935, quand on découvre qu’il s’agit en fait d’empreintes de dinosaures!

Plus précisément il s’agit des empreintes d’un Grallator. C’est un « petit » dinosaure de 4m de haut, qui gambadait joyeusement ici il y a des millions d’années. À l’époque le paysage était totalement différent, c’était une plage au bord d’un vaste océan. L’océan a disparu, mais la plage et ses empreintes ont traversées les temps jusqu’à nous 🙂

Et si ces discrètes empreintes vous laissent de marbre (ou de pierre ho ho), vous pourrez toujours profiter de ce magnifique panorama 🙂

Les mystérieuses failles des Canalettes

Voici une sortie vraiment insolite et hors des sentiers battus pour découvrir un endroit secret sur le plateau du Larzac. Au milieu d’une forêt se trouve des mystérieuses failles. Allons découvrir ce lieu magique! Hop en route 🙂

Rejoindre le site des Canalettes

Pour découvrir ce site unique, direction le département de l’Aveyron à une quinzaine de kilomètres de Nant, sur la commune de L’Hospitalet-du-Larzac. Le site des Canalettes n’est pas très bien indiqué. Il faut prendre la direction de la ferme des Egalières. Après 3km sur une petite route vous verrez un panneau de parking et un espace en terre battue sur la droite. C’est le point de départ 🙂 Sur un panneau, deux circuits sont proposés : « le circuit des canoles » (2h – 6km) et « le circuit des canoles via la maison forestière » (2h40 – 9km). Qu’importe votre choix, la balade sera facile. Il n’y a pas de dénivelé et c’est vraiment adapté pour toute la famille. Pour info, les sentiers passent en partie sur des terrains privés et des pâturages. Il faut bien veiller à rester sur les sentiers balisés.

Balade dans la forêt entre rochers et grottes

La piste principale s’enfonce dans l’agréable et paisible forêt domaniale du Larzac. Après la traversée d’un deuxième passage canadien (des barres métalliques au sol pour empêcher le passage du bétail), les pistes se croisent. Je vous invite à vous « perdre » dans les bois et suivre les cairns de pierre. Vous découvrirez d’étonnants rochers sculptés, comme le sanctuaire de l’homme mort ou la petite grotte éclairée avec son ouverture lumineuse au plafond 🙂

Au bout d’une clairière, vous pourrez aussi vous aventurer dans la Grotte de la Sébillère. C’est une petite grotte qui s’explore facilement.

Ce long corridor souterrain est connu depuis l’antiquité. Il y a même des marches taillées dans la pierre. Elle doit son nom à une sorte de sébile en pierre à même la paroi de la grotte. On dirait un bénitier naturel avec de l’eau.

La forêt regorge de cavités naturelles et de rochers aux formes étranges 🙂

En explorant un peu plus loin, vous pouvez rejoindre une belle arche naturelle et le Crâne du Géant, une étonnante formation rocheuse avec deux ouvertures faisant penser à des yeux.

Tous ces endroits permettent de se plonger petit à petit dans une ambiance presque magique dans une forêt ou l’imaginaire parait possible 🙂

Les mystérieuses canoles

Puis, on arrive enfin aux fameuses canoles! Ce sont les mystérieuses failles du site des Canalettes 🙂 Ici, l’ambiance change d’un seul coup. L’air sec de la forêt méditerranéenne laisse place à une forêt humide. L’air est plus frais. On pénètre dans un monde étrange!

Les trois canoles sont des étroites entailles creusées dans le calcaire du causse du Larzac par l’érosion. Les parois sont recouvertes de mousse et de fougères. C’est un lieu vraiment à part, avec cette atmosphère humide et sombre qui contraste vraiment avec les paysages arides et secs qui prédominent autour de la forêt.

Ces failles sont vraiment très étroites! Elles font moins d’un mètre de largeur. On passe à peine avec un sac sur le dos et il faudra souvent rentrer le ventre pour pouvoir passer. Les enfants pourront s’amuser à se faufiler partout 🙂 Les failles sont aussi profondes, les parois peuvent s’élever jusqu’à 20m de haut! Au sol, c’est le grésou, le sable issu de l’érosion des parois. Une des canoles se termine en cul-de-sac. Il faudra faire demi tour et revenir sur ses pas en espérant ne croiser personne. C’est juste impossible de croiser quelqu’un haha!

C’est un site vraiment fantastique, amusant et où notre imaginaire peut se faire plaisir 🙂

Techniquement parlant, les canoles ne sont pas des failles, car ça signifierait qu’il y a un déplacement de couche de terrain, la roche qui s’écarte et une différence de niveau. Ce n’est pas le cas ici. Il faut en fait les appeler des diaclases si on veut être ultra précis. Mais bon hein, on est entre nous, alors des failles ça ira 😉

En plus d’être un site géologique unique, c’est aussi un site historique. On sait que l’homme de Néandertal vivait ici il y a plus de 80.000 ans. Des traces d’outils en silex et des abris sont les preuves de son existence. On pense aussi qu’ils se servaient des canoles pour attraper le gibier. On a ainsi retrouvé des ossements d’animaux pris au piège dans ces passages (chevaux, ours, rhinocéros, hyènes, cerfs et lapins). Ils sont exposés au Musée de Millau.

J’espère sincèrement que cette page vous donnera envie d’aller à la découverte ce lieu mystérieux. C’est vraiment la promesse d’une chouette balade insolite dans un endroit magique. C’est un véritable coup de cœur 🙂

⚠️ Pour des raisons de préservation, le site des Canalettes est fermé annuellement au mois d’octobre et de novembre

Le Pont Saint-Etienne d’Issensac et le Village de Saint-Jean de Buèges

Le Pont Saint-Etienne d’Issensac

Dans un site naturel remarquable se cache un des plus beaux ponts du département de l’Hérault. À 5km de Brissac, le très joli pont Saint-Etienne d’Issensac franchit le fleuve l’Hérault. Ses dimensions n’ont rien de gigantesque. Il ne mesure que 13m de haut, avec une longueur de 60m. Il faut noter que sa largeur n’est que de 2.90m seulement. Vous pouvez tenter de le traverser en voiture, à vos risques et périls, c’est vraiment très étroit. D’ailleurs à chaque extrémités du pont, il y a des plots en pierre pour interdire le passage à tout véhicule plus large que 2m.

Cependant, il est terriblement photogénique 🙂 Sa construction au moyen-âge remonte au XIVe siècle. Il était principalement destiné à faciliter le passage des pèlerins sur une des routes de Saint-Jacques de Compostelle et vers la grande abbaye à Saint-Guilhem le Désert.

Un peu plus en hauteur, il y a la Chapelle Saint-Étienne d’Issensac, qui est bien plus ancienne que le pont (de deux siècles). À l’origine, c’était l’église d’un minuscule village. Mais le petit bourg a été incendié par les protestants au XVIIIe siècle. Abandonné par les habitants, il n’en reste plus que quelques ruines autour de l’église devenue chapelle. Désacralisée, elle est parfois ouverte à la visite lors des Journées du Patrimoine ou lors d’animations au mois d’aout. Le pont et la chapelle sont tous les deux classés Monuments Historiques.

Le site du pont est un spot de baignade bien connu par les locaux 🙂 On peut évidemment jouer à s’élancer depuis les rochers. A priori pas de risque, la profondeur du fleuve serait de 8m au niveau du pont. Mais comme d’habitude, prudence. Sinon, il y a une plage 🙂 Facilement accessible en voiture avec un petit parking en terre battue. Pas de sable fin ici, mais une plage de galets. L’été la baignade est surveillée, il y a une faible profondeur et peu de courant. C’est l’endroit idéal pour faire trempette en famille et sans risque 🙂

En plus de ça, il n’y a pas d’infrastructures, pas de béton, pas de bar, juste un magnifique écrin de verdure et un joli pont! Que demander de plus ? Allez en bonus, il est possible de louer des canoës depuis la Base Nautique de Laroque 😉 (plus d’infos et les tarifs sur ce site)

Pour profiter encore plus des lieux, vous pouvez prendre un hébergement dans une superbe demeure du XIXe siècle, aux allures de château, à quelques minutes à pied de la plage. C’est Le Villarel au milieu de la garrigue 🙂

Pour réserver une chambre dans ce site d’exception, c’est sur ce site

Parfois, le hasard de la route (grandement favorisé par le GPS haha) fait passer par des lieux inattendus…

C’est exactement ce qui est arrivé cette fois-ci. Après une avoir suivi une petite route un peu perdue au milieu des vignes et des chênes, voici que tout à coup apparait cet endroit que j’ai vraiment envie de vous présenter 🙂

Le Village de Saint-Jean de Buèges

Imaginez une jolie vallée verdoyante, paisible et isolée. Et là, comme hors du temps, il y a un petit village médiéval, bordé par la rivière de la Buèges et traversé par le petit ruisseau du Garrel. C’est le village de Saint-Jean de Buèges 🙂

Ce qui retient l’attention quand on découvre ce village, c’est évidemment le château sur son promontoire rocheux. Le tout dominé par la grande falaise d’une montagne isolée.

Les ruelles sont typique des villages médiévaux du Languedoc. Les grands platanes plus que centenaires invitent à se poser près de la fontaine sur une petite place ombragée. On tombe tout de suite sous le charme 🙂

Dans ce minuscule village, vous pourrez faire une agréable dégustation de vin à la cave du Domaine Coulet, tenue par des jeunes vignerons dynamiques. Pour compléter la dégustation, n’hésitez pas à vous poser juste à côté, sur la très mignonne terrasse ombragée du Bar du Château, un sympathique restaurant 🙂

Evidemment, on grimpe ensuite les ruelles pour aller en direction du château qui surplombe la commune. L’ancienne tour de donjon du XIIe siècle devient le Château de Baulx au XIVe siècle. La construction du château répond à l’essor du village à cette époque. La culture des vers à soie pratiquée dans toute la région était une importante source de revenus.

Plus tard, le château n’est plus habité. Il devient alors une carrière de pierres au XVIIIe siècle. De nombreuses maisons du village possèdent des bouts du château dans leurs murs. De nos jours, une association s’occupe de préserver ce qu’il en reste. Il est possible de visiter librement les ruines et le jardin. Il y a parfois des visites guidées possibles, se renseigner au village.

➡️ Plus d’infos sur le site de la commune.

Derrière le château, l’étonnante petite montagne, c’est Roc Tras Castel. En suivant le sentier tracé, il est possible de grimper au sommet. Des petits cairns de pierres sont sensés baliser le chemin.

La falaise du Roc est un spot utilisé par les pratiquants d’escalade.

Sur le versant qui fait face au château, il y a la Grotte du Garrel. Découverte en 1974, son réseau a été exploré sur plus de 7500m. Elle est en accès libre, mais c’est réellement une grotte dédiée à la spéléologie avec baudrier obligatoire. Des sorties spéléo sont possibles, par exemple en réservant sur ce site.

Enfin, vous pouvez aussi tout simplement vous balader sur le sentier qui longe la rivière dans la très mignonne vallée de la Buèges 🙂

J’espère que cette présentation vous donnera envie de découvrir ce bel endroit, à l’écart du tourisme de masse 😉

Visite de la Grotte des Demoiselles

Partons à la découverte d’une grotte magique dans le département de l’Hérault, près de Ganges, sur la commune de Saint-Bauzille-de-Putois. Nous sommes dans le massif du Thaurac, à 40min de Montpellier et 1h de Nîmes. Ce site à découvrir, c’est la Grotte des Demoiselles 🙂

Même si l’existence de cette grotte est connue depuis la nuit des temps, sa réelle exploration commence en 1889 quand Édouard-Alfred Martel s’y aventure. Pour rappel, ce Monsieur Martel est considéré comme l’inventeur de la spéléologie moderne. Jusqu’en 1931, la seule entrée de la grotte c’était par le haut, en descendant dans l’aven. Pour rendre la grotte plus accessible au public on décide de faire creuser le premier funiculaire souterrain d’Europe! L’accès à la grotte se fait maintenant directement depuis le porche d’entrée au pied de la grande falaise. Son inauguration est réalisée en présence du Président de la République Gaston Doumergue. Le trajet en funiculaire parcourt 160m de long et fait grimper de 54m. Au milieu de ce long tunnel, il y a une rencontre insolite! On tombe nez à museau avec un énorme ours des cavernes! Il s’agit en fait d’une reconstitution grandeur nature d’un Ursus Spelaeus (un énorme ours des caverners quoi) dont on a retrouvé les restes dans la grotte.

Le nom de la Grotte des Demoiselles est lié à une légende locale. Il y a bien longtemps, un berger cherchait un agneau disparu dans la garrigue. Pensant qu’il est tombé dans le gouffre de la grotte, il s’y aventure. Le berger entend alors les cris de l’agneau, loin là-bas, dans les profondeurs de la grotte. S’enfonçant de plus en plus profondément dans les entrailles sombres de la terre, simplement éclairé d’une petite torche, il finit par glisser et fait une chute terrible. Alors qu’il est en train de s’évanouir, il aperçoit brièvement autour de lui des demoiselles en train de chanter et danser. Mystérieusement, à son réveil, il se retrouve à la surface et son agneau à ses côtés! Tadaaaam 🙂

L’exploration de la Grotte des Demoiselles se déroule exclusivement lors d’une visite guidée qui dure environ 1h15. Le parcours de la visite fait environ 1km et comprend la montée et descente de nombreuses marches. La température est à 15 degrés toute l’année. La grotte est accessible par tout les temps. C’est une bonne idée de sortie pour se rafraichir en pleine canicule ou pour caler une visite en cas de pluie.

Le clou du spectacle dans la Grotte des Demoiselles, c’est la grande Salle de la Cathédrale. Les dimensions sont vraiment gigantesques! 50m de haut, 48m de large et sur 120m de long. En fait on pourrait pratiquement faire rentrer la cathédrale Notre-Dame de Paris dans cette salle! Et ça, à 70m sous terre! Cette salle est aussi réputée pour son acoustique. Régulièrement des concerts sont donnés ici, ainsi que la célébration de la messe de Noël depuis 50 ans.

Aux origines, cette salle était remplie par un grand lac souterrain. Lors de sa disparition il y a 700.000 ans environ, c’est le début de la formation des concrétion. Le résultat ce sont ces incroyables stalagmites et stalactites, ces draperies et ces piliers. Une de ces formations les plus connues, c’est celle de « la Vierge et l’Enfant », qu’on voit ici au premier plan.

La visite passe aussi sous l’entrée naturelle. C’est par ce chemin que des animaux et des humains descendaient dans la grotte par accident ou pour se mettre à l’abri.

Les grandes concrétions sont bien mises en valeur et les éclairages sont plutôt sobres et les explications de la visite guidée instructives. On se sent vraiment tout petit dans cette cathédrale de pierre 🙂

La fin de la visite se fait par le même tunnel qu’à l’aller. Mais cette fois-ci vous pourrez prendre l’option des 300 marches ou attendre le funiculaire 🙂

La visite est au tarif de 16 eur. La Grotte des Demoiselles propose aussi des « visites contées » pour les enfants et des visites uniquement éclairées à la lueur de petites lanternes comme les premiers explorateurs. Pour les amateurs de sensations fortes, il est même possible faire un saut pendulaire depuis une plateforme située à 35m de haut dans la salle de la cathédrale, ou de descendre en rappel par l’entrée naturelle.

➡️ Vous retrouverez ces offres et plus d’infos pratiques sur le site officiel

Une fois la visite terminée, profitez de la terrasse panoramique avec sa jolie vue, ou faites une petite promenade dans le petit jardin méditerranéen juste devant l’entrée. Il y a aussi un bar restaurant, mais très honnêtement, vous trouverez bien mieux ailleurs pour manger 😉

Et hop en route pour découvrir les autres superbes endroits de cette magnifique région ! 🙂

La Cascade de la Vis et le Cirque de Navacelles, 2 merveilles à découvrir

Hop en route pour découvrir deux merveilles dans le département du Gard. Au programme une des plus belles cascades de France, et un site naturel majestueux qui vous en mettra plein les yeux. C’est parti ! 🙂

Hop en route pour le département du Gard. Le premier site à découvrir se trouve sur la commune de Saint-Laurent-le-Minier.

La Cascade de la Vis

Le premier challenge pour découvrir la Cascade de la Vis, c’est d’arriver à se garer! Pour vous éviter des galères, ne vous posez pas de questions, et garez vous directement au parking du restaurant Le Glacier de la Vis 🙂 Ce chouette endroit est loin d’être un attrape touriste. Bonne ambiance et bonne nourriture, c’est validé! C’est aussi quasiment l’unique endroit où se garer à proximité. Sinon, il y a un parking municipal à 600m de là, au tarif unique de 10 Eur (qu’on reste 20 minutes ou une journée). En faisant quelques pas sur le vieux pont en pierre qui surplombe la Vis, vous avez cette vue sur la cascade 🙂

La rivière la Vis (un affluent de l’Hérault) se jette dans cette large cascade magique, dans un décor majestueux. C’est absolument sublime! 🙂 On comprend pourquoi la Cascade de la Vis est considérée comme une des plus belles cascades de France. Mais parfois, quand c’est trop beau pour être vrai, c’est peut-être car ce n’est pas vrai. C’est le cas pour la Cascade de la Vis. Ce n’est pas une cascade naturelle, mais une cascade artificielle. Sa création remonte au XVIIe siècle. Elle permet de créer une retenue d’eau qui alimente un petit aqueduc. L’eau est ensuite acheminée pour alimenter des bassins et fontaines et irriguer les jardins et vergers du château qui fait face à la cascade.

Il s’agit du Château de Saint-Laurent-Le Minier datant du XVIIe siècle. Il possède des beaux jardins à la française qui suivent des plans réalisés par Le Nôtre (le célèbre jardinier de Louis XIV). C’est un château privé qui ne se visite pas. La Cascade de la Vis est aussi une propriété privée. Les accès aux berge de la Vis et grimper sur la cascade sont interdits. L’accès à la rivière et la baignade est toléré mais sans surveillance. C’est la raison pour laquelle ce magnifique site n’est pas aménagé pour recevoir beaucoup de touristes. Un bon conseil, évitez d’y aller en pleine saison, car cette sympathique visite pourrait devenir un cauchemar avec la difficulté pour se garer, beaucoup trop de monde, et des détritus …

Avec une beauté pareille on comprend que la Cascade de la Vis soit victime de son succès 🙂

Je me permets aussi de signaler un petit détail. Le secteur de Saint-Laurent-le-Minier, comme son nom l’indique, a été utilisé depuis l’antiquité pour l’exploitation minière. Jusqu’en 1991, il y avait même la plus grande mine de France d’extraction de plomb à moins de 2 km de la cascade, à la mine de la Maline en Gard. Le résultat de ces siècles d’activité, c’est une pollution aux métaux lourds qu’on retrouve un peu partout sur la commune, et aussi un peu dans la rivière. Hem …

Reprenons la route et allons voir 30km plus loin 🙂

Les Gorges de la Vis

À la frontière entre le département du Gard et de l’Hérault, entre le Causse de Blandas (côté nord) et le Causse du Larzac (côté sud), se trouve un site naturel incroyable. Après avoir traversé le grand plateau aride du Causse de Blandas qui semble s’étendre jusqu’à l’horizon, on ne s’attend pas à un pareil paysage. Comme une faille vertigineuse qui éventre la terre, on arrive devant les Gorges de la Vis 🙂

C’est un des canyons les plus larges d’Europe! Il a été patiemment creusé par la rivière de la Vis pendant des millions d’années. Le long de ces falaises vertigineuses, on a retrouvé des grottes habitées depuis la préhistoire (comme la grotte du Roc-du-Midi).

De chaque côté des immenses gorges, un espace est aménagé pour les touristes afin de profiter au mieux du paysage. La Maison du Site de Blandas, construite en 2013, s’intègre parfaitement dans le paysage malgré une architecture moderne. Garez-vous ici (parking gratuit), et allez profiter de la vue au belvédère Blandas et au belvédère de la cascade. Les chemins sont très bien indiqués et les belvédères sont accessibles en quelques minutes à pied sur terrain plat. Dans la maison du Site de Blandas, vous pourrez aussi visiter un espace musée et vous régaler au restaurant Les belvédères de Blandas. De l’autre côté en face, c’est la Maison du Site de la Baume Auriol.

Le Cirque de Navacelles

Si ça ne suffisait pas pour rendre cet endroit incroyable, tout au fond des Gorges de la Vis, la rivière capricieuse a donné naissance au magnifique Cirque de Navacelles 🙂

Aux origines, la rivière de la Vis faisait un méandre de plus et une large boucle. Puis au fil du temps, avec l’apport de tuf calcaire déposé par la rivière, ça lui a permis de déborder et franchir ce passage par une cascade, délaissant ainsi l’ancien lit de la rivière totalement à sec depuis.

C’est à cet endroit que se trouve le hameau de Navacelles qui a donné son nom au site. Les premières habitations datent du IXe siècle, lors de l’arrivée de moines en provenance de l’abbaye de Gellone. C’est d’ailleurs un magnifique endroit à découvrir à Saint-Guilhem-le-Désert 😉 Pour visiter ce minuscule hameau, sa cascade et son vieux pont du XVe siècle, il faudra descendre le long d’une route sinueuse et croiser les doigts pour trouver de la place sur le petit parking payant (4 eur la journée). Une très bonne alternative, c’est de laisser votre voiture à un des deux belvédères, et utiliser le service de navettes gratuites. Elles font régulièrement le trajet entre le site de Blandas et la Baume Auriol, en s’arrêtant évidemment à Navacelles.

➡️ Plus d’infos pratiques sur ce site.

La vue depuis le Belvédère de la Baume Auriol est tout simplement fantastique! 🙂 Ce qui peut l’être encore plus, c’est que cette même vue, vous pouvez l’avoir tranquillement attablé, en train de déguster les spécialités locales, depuis le restaurant panoramique Chez Lucienne 😉

Les Moulins de la Foux

Si vous avez envie de vous dégourdir un peu plus les jambes, il y a une petite randonnée menant aux Moulins de la Foux. Ils sont intimement liés à la Vis. Cette rivière qui prend sa source dans les Cévennes disparait sous terre à Alzon, à une quinzaine de kilomètres d’ici. Ce qui laisse le lit de la rivière à sec dans les méandre des gorges. Le « Vis sec » a d’ailleurs donné son nom à la petite commune de Vissec 😉 Et tout à coup, la rivière réapparait en surgissant des entrailles de la terre, dans une des résurgences les plus puissantes de France. C’est à cet endroit que les moulins de la Foux ont été installés dès le XIe siècle. Ils sont régulièrement détruits et reconstruits avec les crues de la rivière, jusqu’à leur abandon lors d’une inondation en 1907. Cette petite rando jusqu’au Moulin de la Foux peut se faire depuis un minuscule parking dans un virage en épingle à cheveux de la D713 dans la descente depuis le belvédère de Blandas. Comptez une petite demi-heure de marche pour y arriver 🙂

Sauve et la Mer des Rochers

Je vous emmène à la découverte d’un joli village historique et d’une intrigante Mer de Rochers en pleine nature, ça vous tente ? Allons-y, hop en route! 🙂

Direction le village de Sauve dans le département du Gard à moins d’une heure de route de Nîmes, Alès ou Montpellier. À votre arrivée par la route de Quissac, garez vous sur le grand parking gratuit à l’entrée de la commune.

Le joli village de Sauve

Sauve est un village médiéval de caractère bâti contre la falaise du Coutach et bordé par le fleuve Vidourle. Il apparait au Xe siècle avec la puissante famille Sauve-Anduze et l’essor d’une abbaye (disparue depuis). Le village obtient rapidement un certain prestige. On y construit des remparts, des portes fortifiées, et le Pont Vieux sur le Vidourle. C’est d’ailleurs un des plus vieux ponts de France.

Le village traverse les époques (la lutte contre les Camisards résistants Protestants, les inondations du Vidourle et les destructions de la Révolution) sans trop de dégâts. C’est maintenant un endroit très agréable à visiter avec un petit air de village hors du temps 🙂

Perdez vous dans les ruelles en pente (quasi piétonnes), à travers les escaliers, les porches, les passages couverts. Sur l’espace occupé par l’ancienne abbaye et ses fortifications, vous découvrirez l’église Saint Pierre, la Tour de Môle (XIIIe siècle), la grande mairie au style néo-classique qui se prolonge sur une place de village incroyablement charmante. Depuis ce grand balcon, vous avez une belle vue sur le bas du village et le fleuve. C’est l’endroit parfait pour un petit apéro le soir sous les lampions du restaurant Le Bossens. Une excellente adresse que je vous recommande. Pensez à réserver ici 😉

J’ai une autre belle adresse à vous recommander pour manger, c’est le chouette resto La Servane, juste à côté du parking. On m’a aussi conseillé deux autres adresses que je n’ai pas pu tester, vous me direz si c’est aussi bon que ça en à l’air 😉 La première c’est le restaurant l’Ancienne Gare, qui se trouve justement dans l’ancienne gare de Sauve, datant de 1872. Si vous cherchez un excellent repas dans un décor insolite, c’est ici qu’il faut venir! La deuxième adresse, c’est Au Bon Jaja pour son côté charmant façon carte postale de place de village, et pour sa bonne cuisine!

Il n’y a pas que de la bonne nourriture à Sauve, Il y a aussi de la culture et de l’art! Le village est labellisé Ville et Métiers d’Art. Plus d’une trentaine de boutiques d’artisans, ateliers d’artistes et galeries d’art sont à découvrir! Parmi elles, petite mention pour la Galerie Vidourle Prix (4 Rue des Bourgardes), près du pont neuf. Si vous aimez la bande dessinée, il faut venir ici 🙂 Les dessinateurs de bd américains underground Crumb vivent en effet à Sauve (depuis l’élection de Georges Bush) et alimentent cette galerie – lieu de vie et de partage.

Le village de Sauve est aussi célèbre pour la fabrication de fourches en bois! Et oui, la fameuse « Fourche de Sauve » est le fruit d’un savoir-faire ancestral remontant au XIIe siècle. Pour la modique somme de 4 Eur, le Conservatoire de la Fourche vous permettra de découvrir tous les secrets (ou presque) sur l’art de faire pousser et tailler le micocoulier (un petit arbre), sélectionner les branches pour arriver à façonner des fourches à trois dents d’un seul tenant. Légère, souple et solide, la fourche de Sauve authentique se reconnait grâce à son espèce de petite cravate sombre réalisée en écorce, très chic.

Enfin, sur le chemin qui longe le fleuve, vous découvrirez les fontaines de Sauve. Il s’agit en fait de résurgences du Vidourle. Il perd une partie de ses eaux en amont à travers le terrain karstique. Après de fortes pluies, ces fontaines calmes ressemblent presque à des geysers!

➡️ Pour votre prochaine visite, plus d’infos sur le village et ses animations sur le site officiel.

La Mer des Rochers

Sur les hauteurs de Sauve on trouve le plateau du Coutach (ça se prononce « couta » pour faire local). C’est ici qu’il y a la fameuse Mer des Rochers. On y grimpe par un sentier bien indiqué depuis le village. La Mer des Rochers c’est un étonnant chaos calcaire, avec des grands rochers dressés un peu partout dans la végétation 🙂

L’aspect de la Mer de Rochers devait être bien différent en remontant dans le passé. Pendant des siècles, on cultivait des cerisiers, des figuiers et des micocouliers entre ces géants de pierre. La raison, c’est la « terra rossa », un terre argileuse très fine et très riche. Tout pousse ici, un véritable jardin suspendu. Mais l’exploitation de ces cultures devenant trop pénible, les habitants y ont mit fin. Depuis, la garrigue et les chênes verts repoussent un peu partout et réduisent d’autant plus la visibilité de cette Mer de Rochers

Différents tracés permettent de se balader dans ce dédale. Le sentier balisé en jaune est la boucle classique, comptez environ 45min de marche. On a toujours l’envie de grimper sur le premier rocher venu, tel un explorateur naufragé cherchant son cap dans cette région étrange 🙂

Je vous invite à vous éloigner un peu du sentier classique, en faisant une boucle un peu plus grande, vous pourrez ainsi découvrir le grand Aven de Sauve. C’est un gouffre impressionnant qui mesure 90m de diamètre et 40m de profondeur. Tout au fond, les spéléos ont exploré une petite grotte donnant sur un lac souterrain, qui alimente la fontaine de Sauve.

C’est magnifique mais c’est dangereux, les bords ne sont pas du tout sécurisés. Faites bien attention!

Vous passerez aussi à côté des restes du Château de Roquevaire. Il ne reste plus que des ruines, et une tour encore debout. Cette tour est aménagée et se trouve sur un terrain privé. On peut parfois la visiter lors des journées du patrimoine.

C’est une balade courte, insolite, dans un paysage qui sort de l’ordinaire. N’hésitez-pas, et allez explorer la Mer des Rochers à Sauve 😉

Les mystères de l’Abîme de Bramabiau

Niché en plein cœur des Cévennes gardoises se trouve un site naturel d’exception! Imaginez un canyon qui se termine par d’immenses falaises, et comme transpercées par une lame, une étroite faille verticale dans la roche. Et depuis les entrailles de la terre, une cascade jaillit par cette faille. Fantastique! Allons voir ça, hop en route 🙂

Direction le département du Gard et la petite commune de Saint-Sauveur-Camprieu, à 1h de route de Millau. Pour accéder à l’Abîme de Bramabiau, il faudra obligatoirement passer par l’entrée principale lors d’une visite guidée. L’accueil se trouve sur la route de Meyrueis (Coordonnées G.P.S: N.44°07.350′ E.3°28.815′). Il y a un parking gratuit, et possibilité snack / pique-nique, entouré d’une jolie nature 🙂

Un site naturel exceptionnel

Les origines de l’Abîme de Bramabiau, c’est le Bonheur 🙂 Ou plus précisément, il s’agit de la rivière du Bonheur. La source du Bonheur existe donc 🙂 Elle se trouve pas très loin d’ici, à proximité de la source du fleuve l’Hérault, près de la station de ski Alti Aigoual. Cette petite rivière du Bonheur parcourt quelques kilomètres avant de disparaitre mystérieusement sous terre à Camprieu. Quelques centaines de mètres plus loin, le sol de la plaine est effondré et laisse place à un canyon profond d’où surgit mystérieusement une rivière, baptisée le Bramabiau. Deux mystères, c’est bien mystérieux! Les habitants appelaient cet endroit le « bonheur des ténèbres », ils se doutaient bien qu’il devait y avoir un lien.

La traversée historique

En 1888, une étrange petite équipe venue de Paris arrive dans le village. À sa tête on retrouve Edouard-Alfred Martel, un jeune passionné d’exploration de grottes. Il a entendu parler de l’Abîme de Bramabiau et il compte bien s’y aventurer. Malgré les doutes des habitants, avec leurs échelles, cordes et un canoé, ils arrivent finalement à traverser cette faille insondable et remontent jusqu’à la Perte du Bonheur. Cette traversée réussie de 1300m dans les sombres galeries souterraines est immédiatement consignée dans un procès verbal à la mairie de Camprieu. C’est officiellement le premier acte de spéléologie au monde. Par la suite, Martel va explorer et découvrir de nombreux autres gouffres et grottes en France et dans le monde. Il est unanimement reconnu comme le père de la spéléologie. Martel décrit le site de Bramabiau comme « un caprice de la nature tel qu’on en connaît pas de semblable ». Au fur et à mesure des explorations suivantes, on découvre un véritable labyrinthe. De nos jours, près de 11km de galeries, grottes et cavités ont été répertoriées. On a aussi retrouvé des traces d’occupation durant la préhistoire avec des empreintes de pieds humains dans l’argile.

Visite le long de la rivière souterraine

Les premiers aménagements pour les touristes apparaissent en 1925. L’accès à l’abîme se fait uniquement par une visite guidée payante sur un circuit aménagé de 1km. Avant cette exploration, il faut acheter le billet (14 Eur) et prévoir un vêtement chaud, car la température est à l’intérieur est à 10 degrés seulement. S’il y a des grands orages et des fortes pluies, les visites n’auront pas lieu à cause des crues.

Depuis l’accueil, il faudra faire une petite balade d’un quart d’heure pour arriver à destination. On descend dans le canyon à l’ombre d’une foret de hêtres jusqu’à la rivière Bramabiau. En remontant le cours de la rivière, on entend peu à peu le bruit de la cascade. D’ailleurs, en occitan « bramabiau » se traduit par « boeuf qui brame », en référence au bruit assourdissant de la cascade quand les eaux en crue et amplifié par les parois du canyon.

Quand on arrive enfin au bout du canyon, c’est le choc! Une immense alcôve de pierre avec des falaises qui atteignent 100m de haut. On se sent tout petit! En plus du bruit de la cascade, on sent très clairement un souffle frais continue qui sort des entrailles de la terre.

La visite guidée à l’intérieur dure environ une heure. Le guide est plein d’humour, c’est réellement intéressant et passionnant (et expliqué avec l’accent du coin 😉 ). On franchit des passages vertigineux, et on a vraiment du mal à imaginer ce qu’à du être l’exploration il y a plus d’un siècle. C’est hyper impressionant!

Ce qui est impressionnant aussi, c’est la force de l’eau. On l’entend parfois rugir dans les profondeurs obscures. Mais lors des périodes de fortes crues, à certains endroits elle atteint presque le plafond et les infrastructures en métal et en béton armé sont arrachées par la violence de l’eau!

En bonus, lors de la sortie par un tunnel, on peut observer quelques traces de dinosaures! En fait lors du creusement du tunnel, quelques empreintes de dinosaures sont apparues dans les strates des voutes.

La visite de l’Abîme de Bramabiau, c’est vraiment une visite étonnante d’un site exceptionnel. Une sortie qui peut plaire à tout le monde 🙂

➡️ Pour les horaires et tarifs, plus d’infos sur le site officiel.

Ne manquez pas, à de 5min de marche de l’accueil, le long de la route, il y a un superbe point de vue panoramique sur l’Abîme de Bramabiau depuis les hauteurs. C’est splendide, mais suite à un problème technique j’ai perdu la photo …

À proximité

Si vous avez un peu de temps, il faut évidemment faire une petite marche pour découvrir la Perte du Bonheur. Cette étonnante et grande cavité rocheuse où disparait la rivière du bonheur est facilement accessible à pied (même souci technique pour ma photo hélas…). Elle se trouve à quelques centaines de mètres de l’accueil de l’abîme ou depuis le village de Campieu. D’ailleurs si vous vous arrêtez là-bas, je vous conseille absolument de manger à l’Auberge du Bonheur. C’est un régal, et un très bon rapport qualité prix !

Et bien évidemment, il faut aller au sommet du Mont Aigoual 🙂 Je vous explique tout ça sur cette page 🙂

Au sommet du Mont Aigoual

Partons à la découverte du Mont Aigoual, le géant des Cévennes! Situé à la frontière entre la Lozère et le Gard, c’est un des grands sommets emblématiques de cette partie du Massif Central. Vous allez voir que c’est une sortie qui vaut le coup! Hop en route 🙂

Le « toit du Gard » culmine à 1567m d’altitude. Son histoire est marquée par des siècles de surexploitation forestière, à tel point que pour la première fois en France, on s’est réellement rendu compte des conséquences et de l’impact négatif : une érosion majeure des sols et des crues catastrophiques. Il fallait réagir. À la fin du XIXe siècle, c’est l’ingénieur forestier Georges Fabre qui est en charge de la première opération de reboisement massive en France. Les pentes du mont se recouvrent petit à petit de forêts de châtaigniers et de hêtres, on retrouve même des cèdres de l’Atlas. L’équilibre délicat entre la biodiversité, le respect de la forêt d’origine et la rentabilité n’était clairement pas évident. Il n’empêche, ça a fonctionné. En plus de ça, l’aménagement du Mont Aigoual avec des nouvelles routes et la création de plusieurs arboretum en a fait un grand lieu touristique (et un petit paradis pour les botanistes). La forêt du Mont Aigoual est labellisée « forêt d’exception » 🙂

Plusieurs routes grimpent au sommet. Je vous invite à prendre la direction du village de l’Espérou. En sortant du bourg, vous passerez devant l’Office de Tourisme Mont Aigoual Causses Cévennes. N’hésitez pas à y faire un arrêt. Vous aurez toutes les infos sur les randos et activités du coin. Il y a aussi une grande boutique de producteurs locaux, de quoi se faire plaisir 😉

Juste après, dans la montée, profitez de ce très beau point de vue depuis le belvédère de la Serreyrède 🙂 Plus loin, la route passe par une petite station de ski, c’est Alti Aigoual, au lieu dit Prat Peyrot. Les infos tarifs, ouverture des pistes et tout le reste, c’est sur ce site.

Pour les curieux, la source du fleuve l’Hérault est d’ailleurs cachée pas loin, à une centaine de mètres, à gauche de la remontée mécanique. Rien de sensationnel à voir, mais pour info, c’est là 🙂 Et encore plus fou, non loin, il y a la véritable source du bonheur! Enfin, la source d’une petite rivière qui s’appelle le bonheur. C’est pas beau ça ? 😉

Quand on dépasse les 1500m d’altitude en arrivant sur la crête, l’environnement change radicalement. Fini les arbres, ici ce sont des grandes prairies sur un plateau. Les rares arbres sont petits et au ras du sol. Au sommet du mont Aigoual il y a souvent du vent, et du vent violent. La crête marque aussi la ligne de partage des eaux. Tout ce qui coule d’un côté de la montagne finira dans l’océan Atlantique, et de l’autre coté, dans la Méditerranée. Une fois garé sur le grand parking gratuit, on peut explorer le sommet et profiter de la vue 🙂 Quand le ciel est dégagé, on peut voir les Alpes, les Pyrénées, le Puy de Sancy et même la Méditerranée. Le quart de la France en faisant un 360 degrés! Mais il faut être chanceux, car le mont Aigoual est souvent dans les records de météo en France, et pas les plus agréables. Les masses d’air océaniques et méditerranéennes se rencontrent au sommet, et elles font rarement bon ménage. Les épisodes cévenols, ça vous parle ? Des terribles orages violents et des pluies véritablement diluviennes! Le Mont Aigoual, c’est l’endroit le plus arrosé de France! En moyenne aussi, 240 jours de brouillard par an, et un record de vent à 335km/h lors d’une tempête. Bon heureusement, ce jour là, il faisait beau 🙂

La webcam au sommet pour surveiller la météo est disponible sur ce site.

Le sommet du Mont Aigoual est occupé par une station météorologique. Sa construction qui a duré 7 ans a été très pénible à cause de la rudesse du climat. Inaugurée en 1894, elle ressemble à un château fort avec sa tour crénelée. Au sommet de cette tour se trouve une grande table d’orientation. La station du Mont Aigoual était la dernière station météo de montagne en France toujours occupée jusqu’à sont automatisation en 2023. Officiellement baptisé, « Le Climatographe », l’Observatoire du Mont-Aigoual peut se visiter 🙂 Pour un tarif de 9 Eur, vous avez accès à de grandes expositions vraiment intéressantes sur la météo et le changement climatique. Plus d’infos sur le site de l’observatoire.

Il y a aussi un petit restaurant adossé à l’observatoire. Pour boire une petit verre en terrasse au soleil, c’est parfait. Pour manger, un peu moins. Je vous conseille plutôt de faire un bon pique nique avec les produits locaux achetés plus bas sur la route.

Qui dit montagne, dit randonnées! Et dans les Cévennes, il y a une randonnée mythique sur le Mont Aigoual, c’est la célèbre randonnée des 4000 marches. Elle grimpe le versant sud, avec comme point de départ les marches du parvis de l’église de Valleraugue. Environ 1200m de dénivelé et 9km pour rejoindre le sommet (sans compter le chemin du retour ensuite haha). Bref de quoi se faire plaisir si on aime marcher. C’est parait-il à faire au moins une fois dans sa vie, il faudra donc que je revienne tester ça 😉

De façon plus simple et tranquille, depuis l’observatoire vous pouvez faire la jolie petite boucle de Trépaloup 🙂

C’est une balade facile qui prend moins d’une heure de marche, avec quelques jolis passage exposés 🙂

Dans cette partie de la montagne, la roche qui affleure à la surface est très particulière. Le granit laisse place à des feuillets de roches friables et brillantes. C’est de la micaschiste avec de nombreuses incrustations de mica et de quartz. Vous vous surprendrez à ramasser quelques cailloux en souvenirs!

Et ce panorama les amis, c’est tout de même fabuleux ! 🙂

Cerise sur le gâteau, vous passerez à côté du Menhir de Trépaloup, un menhir de schiste, isolé dans le plus beau des décors. À quoi pouvait-il servir il y a des milliers d’années ? mystère!

Sur le chemin vous croiserez aussi une des œuvres de land-art du circuit Les Balcons de l’Aigoual. C’est une boucle de 8km pour découvrir 12 œuvres d’art insérées dans la nature. Comme vous le voyez, il y a l’embarras du choix pour les randos et balades 🙂

À proximité

Quelques kilomètres à l’ouest du Mont Aigoual, il y a un superbe site naturel à découvrir. C’est l’Abîme de Bramabiau, et je vous explique tout sur cette page 😉

L’Aire du Tableau du Pompidou vous attend à quelques kilomètres à vol d’oiseau du Mont Aigoual (mais à presque une heure de route). En suivant la fameuse Route de la Corniche des Cévennes, on arrive au petit village de Pompidou (aucun rapport avec l’ancien Président). Sur les hauteurs, au niveau des virages en lacets, quand vous voyez une petite sortie, c’est là. Rien d’extraordinaire sur place : juste une petite aire de pique nique et une très jolie vue. Que demander de plus? 😉

Depuis 1984, le Parc National des Cévennes est jumelé avec le Parc National du Saguenay au Québec, et il y a quelques échanges de noms et des clins d’œil. Justement, dans ce parc de l’autre côté de l’Atlantique, il y a une falaise lisse qui s’appelle le Tableau. Alors, cette jolie vue avec le pâturage du Champ de l’Aultre qui s’étale sur 1km jusqu’à la ligne de crête lui rend hommage.

Il faut bien reconnaître que c’est beau comme un tableau 😉

Balade au Cirque de Mourèze, Lac du Salagou et Canyon du Diable

Je vous propose une chouette balade pour découvrir trois sites naturels exceptionnels. Au programme, une mer de rochers aux formes étonnantes, un lac aux couleurs spectaculaires, et un canyon secret et insolite! Ça vous tente ? C’est parti, hop en route! 🙂

Pour la première étape de cette belle balade, direction le département de l’Hérault, et plus précisément dans la commune de Mourèze, à moins d’une heure de route de Montpellier ou Béziers. Ce joli petit village pittoresque est minuscule, la seule option pour se garer c’est le petit parking payant aménagé à l’entrée est (2€ pour 4h30, 3€ pour 6h30).

➡️ Plus d’infos sur le site web du village de Mourèze.

Le Cirque de Mourèze

Si ce village attire tant de visiteurs, c’est pour le célèbre Cirque de Mourèze. C’est un site unique en France! C’est un grand cirque dolomitique qui s’étend sur 340 ha. Et là on se demande « ça veut dire quoi dolomitique? » Ça veut dire que les roches sont principalement composées de dolomie. Et la dolomie, c’est un mélange de dolomite et de calcite. On est bien avancé haha 🙂 Il faut surtout retenir que c’est le résultat d’un dépôt sédimentaire d’anciens océans datant d’il y a plus de 160 millions d’années, que c’est riche en magnésium, et que l’érosion naturelle a éliminé les parties tendres et laissé les parties dures, ce qui donne ce paysage aussi particulier 😉

Le site du Cirque de Mourèze est habité par l’homme depuis la préhistoire. On pense même que certains rochers ont été creusé et taillé dans un passé lointain pour en exagérer leurs formes, en faire des refuges ou des sortes de rochers totems. Avec le temps, chaque rocher a reçu un nom bien à lui (la tête de mort, le sphinx, la demoiselle, les fées, le phallus, etc…).

On peut évidemment se perdre avec plaisir dans ce labyrinthe minéral. Il y a plusieurs sentiers qui serpentent au milieu de cette mer de rochers aux formes improbables. Certains suivent le tracé historique des anciens charbonniers qui transportaient leur combustible depuis le mont Liausson jusqu’à la route de Mourèze. Quelque soit votre choix, on ne peut pas vraiment se perdre, et cet espace est comme un grand terrain de jeux à explorer.

Il faut principalement retenir ces deux tracés :

  • le Parc des Courtinals : une boucle d’environ 2.5km qui vous prendra une petite heure de balade. C’est accessible à toute la famille et vous aurez accès à un très beau belvédère
  • le Cirque : c’est une boucle un peu plus longue et sportive. Elle passe par le mont Liausson. Il faut compter au moins 3h de marche pour faire les 8km (et 430m de dénivelé)

Jusqu’à une époque pas si lointaine, le cirque avait un véritable allure de désert! Mais dans les années 1970, le pastoralisme prend fin, les troupeaux ne mangent plus la végétation et la nature reprend ses droits. Vous aurez le plaisir de vous balader au milieu de romarins, de bruyères, de genévriers et d’arbousiers 🙂

➡️ Plus d’infos sur le site du Cirque de Mourèze.

Au nord du cirque, il y a la barrière naturelle du mont Liausson (523m). Au sommet se trouve les ruines de l’ancien ermitage Saint Jean (accès interdit à cause des risques de chutes de pierres). Juste de l’autre côté se trouve l’autre site naturel à découvrir 😉

Le Lac du Salagou

Nous voici maintenant au Lac du Salagou 🙂 C’est un lac qui s’est formé à la suite de la construction du barrage du Salagou à la fin des années 1960, sur la rivière du même nom. Avec ses 7km de long et 50m de profondeur, il joue un rôle économique important pour l’irrigation des champs, vergers et vignes. Mais c’est aussi un atout touristique pour le département! Car c’est un lac unique qui offre un paysage spectaculaire de collines rouges qui contraste avec le bleu du lac 🙂

Ce sol rouge si particulier, c’est les ruffes. Il s’agit de sédiments argileux datant de plus de 250 millions d’années. Ils sont très riches en oxyde de fer ce qui leur donne cette teinte rouge si particulière. On ne sait plus trop si on se promène sur la planète Mars ou au milieu d’un désert américain, et tout ça, en plein cœur de l’Hérault! 🙂

On trouve aussi d’anciennes traces d’activité volcaniques datant d’il y a 2 millions d’années au moins, comme des anciennes coulées de lave ou des cheminées basaltiques. Un bel exemple se trouve au neck de la Roque. Le rocher aurait même gardé des propriétés magnétiques datant de sa formation. Ça perturberait les boussoles parait-il, mais je n’ai pas pu le tester.

Le lac du Salagou, c’est aussi un bel endroit pour pratiquer plein d’activités comme la rando, du vtt (le tour complet du lac représente un circuit de 28km), du kayak ou paddle, etc. mais sur place il y a très peu d’infos ou d’infrastructures indiquées. Cette relative absence de sur-tourisme donne un caractère sauvage bien agréable au lac 🙂

Néanmoins, pour en profiter, je vous conseille plusieurs spots :

  • Le Parking de la Roque : pour découvrir le neck de la Roque ou grimper au sommet de la Sure (320m), une petite montagne colline issue de l’activité volcanique. Ce secteur possède aussi un beau sol où les ruffes rouges sont bien présentes 🙂
  • Vous détendre à la chouette Guinguette du Relais Nautique, à l’ouest du lac 😉
  • Au nord du lac, il y a le petit village fantôme de Celles qui devait être noyé par les eaux dans les années 1960. Ambiance étrange et paisible assurée!
  • Tout à l’est, il y a évidemment le barrage du Salagou
  • En longeant la rive sud, vous avez un chouette point de vue depuis le Mont Redon, et une petite base nautique à proximité du grand camping.
  • Vous pouvez aussi explorer la presqu’île de Rouens

La baignade est autorisée ainsi que la pêche (il parait que le lac abrite d’énormes silures). Bref le lac du Salagou, c’est un endroit à découvrir absolument si vous êtes dans le coin 🙂

Le Canyon du Diable

Tout près du Lac de Salagou, il y a un dernier endroit qui mérite vraiment le détour! Pourtant, il est assez peu connu. Il s’agit du Canyon du Diable! 🙂

Pour découvrir cet endroit étonnant au nom terrifiant, partez en direction de la commune de Saint-Jean-de-la-Blaquière, puis prenez la direction du hameau Les Marcassins. Une piste part sur la droite, roulez prudemment car elle n’est pas en très bon état. Enfin garez vous sur le bas côté, vous êtes arrivés!

Vous pouvez maintenant explorer ce paysage incroyable! Les terres rouges des ruffes ont été sculptées par l’érosion. C’est un véritable labyrinthe de ravines qui rappelle les canyons américains 🙂

Attention, c’est un site naturel et fragile. Respectez les sentiers pour préserver l’écosystème et ramassez tous vos déchets!

Les chemins ne sont pas vraiment balisés, on part un peu à l’aventure. Pensez à bien suivre votre itinéraire pour ne pas vous perdre, ce serait dommage 😉

Ce canyon mystérieux possède aussi deux cascades! La cascade du Saut du Poisson et la cascade d’Agaras. Pour espérer y voir de l’eau, il vaut mieux venir après des pluies, car en été vous risquez d’être un peu déçu, c’est tout sec.

Enfin, un bon conseil : ne prenez pas des chaussures qui craignent ou des vêtements clairs. Vous sortirez du canyon couvert de poussières rouges 😉

La Grotte de Trabuc aux 100 000 soldats

Au cœur des Cévennes se trouve une grotte unique au monde! Partons découvrir ce joyaux souterrain et sa mystérieuse « armée des 100 000 soldats ». Hop en route 🙂

Venir à la Grotte de Trabuc

Direction le département du Gard, à Mialet, entre Anduze et Saint-Jean-du-Gard. Le site de la Grotte de Trabuc est facilement accessible en voiture, à 20min d’Alès et 1h de route de Nîmes ou Montpellier. Le site dispose d’un parking gratuit et d’un snack. La grotte attire plus de 50.000 visiteurs par an. Afin de préserver l’équilibre de la grotte en pleine saison (juillet/ aout) il y a un quota d’entrées par jour et les visites sont obligatoirement guidées (environ 1h). En dehors de cette période, la visite se fait en audio-guide et on y reste autant de temps qu’on le souhaite 🙂 La partie ouverte au public représente environ 1km aller retour. Le site n’est pas adapté aux poussettes car il y a plusieurs escaliers à gravir pour découvrir les différentes salles.

Une fois son billet en poche (14.90Eur) et une petite laine sur le dos (température constante de 14 degrés dans la grotte), on traverse un tunnel creusé de 30m de long et on découvre cet incroyable monde souterrain 🙂

L’histoire de la grotte

La grotte de Trabuc est connue depuis la nuit des temps. On a retrouvé à l’intérieur des ossements et des outils datant de la préhistoire. L’entrée naturelle de la grotte était facile d’accès et débouchait sur une vaste salle avec de l’eau. Elle sera murée par les forces royales au XVIIe siècle, pendant les troubles liés à la Réforme. Les grottes de la région servaient de refuge aux camisards (les résistants protestants). Plus tard, cette grotte servira d’abri pour des brigands. Ils étaient armés de « trabuc« . C’est le nom occitan du tromblon (une sorte d’ancien fusil à courte portée). C’est l’origine du nom de la grotte.

Sa réelle exploration commence au XIXe siècle. C’est la partie de la grotte qu’on appelle le « vieux Trabuc ». Car plus tard, en 1945, un nouveau passage est dégagé. Le spéléologue Georges Vaucher explore alors un tout nouveau réseau sur plus de 7km, c’est le « nouveau Trabuc ». Dans les années 1950, le tunnel d’accès (la partie supérieure) est creusé. Les aménagements pour les touristes sont installés en 1974.

Visite de la grotte

On peut découvrir 7 salles successives sur plusieurs niveaux. Lors de cette visite on peut admirer de nombreuses stalactites et de très belles draperies de calcaire 🙂

C’est une grotte vivante. Il faut entendre par là que l’eau et l’air continuent de façonner la poussée des différentes stalactites et stalagmites. La grotte abrite aussi le « lac de minuit » avec son bassin aux eaux turquoises 🙂

Dans cette grande salle du lac, une installation interactive est disponible. À l’aide d’un joystick, on peut allumer des projecteurs et éclairer les formes étonnantes, le tout dans une ambiance sonore envoutante 🙂

Le mystère des 100 000 soldats

La particularité géologique unique au monde qui fait la célébrité de la Grotte de Trabuc, c’est l’armée des 100.000 soldats. Lors de son exploration, Vaucher découvre une zone incroyable dans une salle. Sa lampe éclaire des milliers de minuscules concrétions de quelques centimètres à peine. Il les a baptisé ainsi, car on se croirait face à la maquette d’un champ de bataille où des milliers de soldats sont réunis.

C’est la seule grotte au monde avec ces concrétions. Ce qui est encore plus fou, c’est qu’on ne sait pas comment elles se sont formées. Le mystère est complet!

Elles ressemblent à des minuscules stalagmites, mais il n’y a pas d’eau qui s’écoule dans cette partie de la grotte, il n’y a pas de stalactites au plafond.

Composées de 95% de calcite et 5% d’argile, on suppose que ces galettes empilées sont liées à des fluctuations de niveau d’eau, sans certitudes. Il y a d’autres théories sur des interactions avec des microbes ou des champignons, mais rien de probant. Le mystère reste entier, et c’est aussi ce qui fait son charme 🙂

En bonus dans la grotte

La grotte de Trabuc propose parfois en fin de journée une visite guidée à la façon des premiers explorateurs 🙂 Les lumières artificielles de la grotte sont alors éteintes et l’exploration se fait uniquement à la lueur de petites lampes à carbures. Pour vivre cette expérience immersive totale, il faut réserver. Durée environ 1h40, tarif 23.50Eur.

➡️ Plus d’informations sur le site officiel.

Le Pont du Mescladou

Il y a un très chouette spot à découvrir à quelques kilomètres à peine. Il se trouve sur la commune de Thoiras-Corbès. Les deux rivières du Gardon de St Jean du Gard et le Gardon de Mialet se rejoignent et se mélangent pour former le Gardon d’Anduze. C’est d’ailleurs le mot « mescladou » en occitan, le mélange.

Ce joli site possède aussi un beau viaduc en courbe de onze arches. C’est le Pont du Mescladou. Il est encore utilisé par la ligne touristique du Train à Vapeur des Cévennes. Je vous en parle ici.

Toute cette zone est un bon spot à baignade par beau temps 🙂 Entre la plage de galet ou les blocs rocheux des « boules de Gargantua » dans le Gardon du Mialet, vous avez l’embarras du choix.

À proximité

Il y a un endroit absolument incroyable à visiter à moins de 10km de la grotte de Trabuc. C’est la Bambouseraie en Cévennes, un des plus beaux parcs de France 🙂 Je vous présente ça sur cette page.