Direction le département de la Lozère pour découvrir un monde minéral insolite sur le Causse Méjean. Cette balade accessible à toute la famille réveillera votre imaginaire. C’est parti, hop en route 🙂
Le Causse Méjean est le plus haut des grands Causses. On s’y attarde rarement. Si sa partie Ouest possède quelques reliefs boisés, la partie à l’Est ressemble à vaste une lande désertique qui pourrait presque paraitre sans intérêt. C’est pourtant précisément ici que nous allons aujourd’hui, à 1h de route de Millau, pour découvrir le Chaos de Nîmes-le-Vieux 🙂

Il faut tout d’abord rejoindre la commune de Fraissinet-de-Fourques (ou Cabrillac), puis prendre la direction du Col de Perjuret. Ensuite, il faut suivre le panneau vers le hameau de L’Hom. Là, un petit parking est aménagé. Hop, vous êtes arrivé! Il suffit ensuite de traverser le hameau à pied. Sur la gauche après les bâtiments agricoles, il y a le point de départ du circuit.


Le Chaos de Nîmes-le-Vieux, c’est une centaines de rocs aux formes étonnantes, qui sont mystérieusement éparpillés sur une portion du Causse Méjean. Le site a été « découvert » en 1908 par Paul Arnal, un pasteur et membre du Club Cévénol. Comme ce paysage étonnant n’était pas répertorié dans les ouvrages décrivant les sites naturels de la région, il décide de le baptiser. Pour le choix du nom, il s’inspire du Chaos de Montpellier-le-Vieux, un site similaire découvert 25 ans plus tôt sur le Causse Noir par Martel (grand explorateur des Causses et père de la spéléologie moderne). Alors ici, ce sera donc le Chaos de Nîmes-le-Vieux!

Ces rocs dolomitiques aux formes étranges, sont le fruit de millions d’années d’érosion. Très, très (mais alors très) lentement, l’eau a érodé et creusé petit à petit le paysage en attaquant le calcaire plus tendre. Ce long travail a fini par laisser les roches les plus dures bien apparentes. Le résultat, c’est ce champs de pierres dressées 🙂

Un sentier pédagogique est aménagé pour faire découvrir l’histoire de ce beau site naturel et ceux qui y vivent. C’est une boucle de 6km qui vous prendra environ 3h de balade, en faisant un détour par le hameau de Veygalier avant de revenir à L’Hom. Ce sentier aménagé en 2025 remplace un ancien sentier, plus court, qui serpentait au milieu des rocs. A priori, le nouveau tracé passerait un peu plus en périphérie des formations rocheuses. Mais rassurez-vous, il y a tout de même plein de belles choses à voir 🙂
On prend un réel plaisir à se promener dans ce magnifique paysage au milieu des rochers. On a envie de grimper partout, on a envie de renommer chaque rocher par un nom d’animal ou d’objet. Bref, c’est comme un terrain de jeu, agrémenté de quelques panneaux explicatifs pour rester un peu sérieux tout de même 😉


Attention : le sentier traverse aussi des espaces de pâturages. Vous risquez de croiser des troupeaux gardés par des chiens. Dans ce cas, ne vous approchez pas et faites prudemment le tour du troupeau. Il est d’ailleurs recommandé de ne pas venir sur ce sentier si vous avez un chien, pour éviter tout risque d’attaque.
Pour profiter un peu plus du paysage, je vous invite à filer un peu plus loin en voiture. Après avoir dépassé la ferme de Villeneuve, la route rejoint l’extrémité du Causse avant de redescendre dans la vallée en direction du village de Vébron. Ne prenez pas la descente, garez vous, et ouvrez grands les yeux! 🙂

Vous êtes au bord du précipice! Le Causse Méjean se termine sur un grand front de falaises. Tout au fond coule le Tarnon qui marque la frontière avec les Cévennes. On a une sensation de bout du monde. C’est infini, c’est grand, c’est beau! 🙂


En prenant un peu plus de hauteur, on se rend vraiment compte du paysage incroyable qui s’étend devant nous. On espère aussi que les troupeaux connaissent parfaitement la fin de leur pâturages, car la transition est assez radicale!

On peut aussi apercevoir quelques dolines. À certains endroits, l’érosion a créé des dépressions dans le sol en forme de cuvette. La terre et l’argile a fini par s’accumuler dans le creux, ce qui rend le sol imperméable. Elles sont utilisées pour retenir l’eau qui permet d’abreuver les troupeaux.


Car on le répète encore, les Causses sont des déserts, arides, rugueux, mais tellement beau 🙂 Alors venez découvrir ce très bel endroit, hop en route!
En bonus 😉 je vous partage un petit site intéressant et méconnu, quasiment juste en face! Mais il y a une petite demi-heure de route depuis le Chaos. Il faut rejoindre le minuscule village de Saint-Laurent-de-Trèves. C’était un petit lieu fortifié avec une position privilégiée sur la ligne de crête des Cévennes et sur la route de Nîmes à Saint-Flour. De nos jours, les fortifications ont disparues et à part une jolie vue sur les pentes du Causse Méjean, on peut se demander ce qui peut valoir le coup de s’arrêter ici ?

Et bien dans ce village, sur un promontoire, il y a plusieurs dalles rocheuses naturelles. Et sur ces dalles il y a des fleurs de lys gravées dans la roche. Enfin ça, c’est ce qu’on pensait jusqu’en 1935, quand on découvre qu’il s’agit en fait d’empreintes de dinosaures!



Plus précisément il s’agit des empreintes d’un Grallator. C’est un « petit » dinosaure de 4m de haut, qui gambadait joyeusement ici il y a des millions d’années. À l’époque le paysage était totalement différent, c’était une plage au bord d’un vaste océan. L’océan a disparu, mais la plage et ses empreintes ont traversées les temps jusqu’à nous 🙂

Et si ces discrètes empreintes vous laissent de marbre (ou de pierre ho ho), vous pourrez toujours profiter de ce magnifique panorama 🙂
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