Road trip en Grèce : de Leucade à Olympie

Nouvelle journée dans la belle ile de Leucade, avant de reprendre la route pour ce road trip en Grèce. La prochaine étape du trajet sera de rejoindre la péninsule du Péloponnèse dans le sud du pays, et en particulier le célèbre site d’Olympie! 🙂

Le saut de Leucade

Tout d’abord, direction la pointe sud de Leucade. Ici se trouve un site connue depuis l’antiquité appelé le Saut de Leucade.

Selon une ancienne légende, les amants qui n’étaient pas aimés en retour, se jetaient de désespoir depuis la falaise. S’ils survivaient, ils étaient guéris de cet amour malheureux. Quand on pense que la falaise mesure 72m de haut, on se doute que le taux de survie ne devait pas être très élevé. Heureusement cette tradition remonte loin dans le passé. Sinon, vous pouvez juste venir ici car c’est joli 🙂

Le phare Akrotiri a été construit au sommet de la falaise en 1913.

Après cette chouette balade matinale, il est temps hélas pour moi de quitter cette belle ile de Leucade. Direction le Péloponnèse. Hop en route pour environ 2-3h et 200km de trajet!

Le Pont Rion-Antirion

Pour rentrer dans la péninsule du Péloponnèse, je choisi de passer par le grand pont Rion-Antirion, qui comme son nom l’indique, rejoint les villes d’Antirion (côté Grèce continentale) et Rion (côté Péloponnèse). Une fois qu’on a payé le péage (14.70€), hop en 5 minutes on est de l’autre côté! Si vous n’êtes pas pressé, vous pouvez prendre l’autre option qui consiste à traverser en ferry. C’est moins cher que le pont et la traversée dure 26 minutes. En bonus, vous aurez aussi l’occasion de découvrir cette merveille d’ingénierie sous toutes ses coutures.

Ce gigantesque pont à haubans est en effet une fierté pour les Grecs. Il est achevé en 2004 pour les JO d’Athènes. Il mesure 2.8km de long et son point culminant est à 163m de hauteur. C’est le troisième plus grand pont à haubans du monde derrière le viaduc de Millau et un pont en Chine. Ce pont a entre autre été conçu pour résister à un tremblement de terre de magnitude 7, ainsi qu’à un choc frontal contre un pétrolier et il peut s’adapter à la tectonique. En effet le Péloponnèse s’éloigne de la Grèce d’environ 8mm par an et le pont est capable de s’étirer! Mais jusqu’à quel point? mystère!

Patras

Peu après la traversée du pont, je décide de faire une petite pause dans la ville côtière de Patras pour visiter la plus grande église de Grèce! Il s’agit de la Basilique Saint-André-Apôtre de Patras. Elle est inaugurée en 1974. La basilique a une capacité de 5500 places assises. Le dôme mesure 50m de haut avec une croix en or de 5m au sommet. Il est entouré de 12 autres dômes symbolisant les douze Apôtres de Jésus.

Selon la légende, André, un des douze apôtres de Jésus aurait fini crucifié en martyr à Patras en l’an 60. Son corps a ensuite été transporté à Constantinople, puis Rome. Son crâne était d’ailleurs une des reliques les plus importantes de la basilique Saint-Pierre de Rome jusqu’en 1964. En effet, cette année là, le pape Paul VI décide de rendre le saint crâne à la ville de Patras. Il est maintenant conservé dans la basilique, dans un très joli reliquaire en argent.

Le grand lustre qui pend du plafond peint et particulièrement imposant!

Le centre ville n’offre pas grand chose à voir. Patras a été presque entièrement détruite en 1821 durant la guerre de d’indépendance des Grecs contre l’empire Turc. C’est une ville moderne avec un important port industriel. Il faut tout de même noter le musée archéologique de Patras. Il est réputé et c’est parait-il le deuxième plus grand de Grèce après celui d’Athènes. Mais je n’ai pas trop le temps pour le visiter (un musée archéologique, j’y passe des heures!). Sur les hauteurs qui dominent la ville, on peut aussi visiter les ruines de l’ancienne forteresse du VIe siècle et les quelques ruelles du Patras historique autour.

Je décide donc de faire une bonne pause déjeuner dans une petite taverne de rue 100% locale. Le resto Tzelos mezeklikia (Riga Fereou 171). Chouette accueil, ambiance familiale, plein de bons petits plats à grignoter, pas cher, bref une adresse cool comme on les aime 🙂

Je ne m’attarde pas trop car il me reste encore une bonne centaine de kilomètres et environ deux heures de route avant de rejoindre la prochaine étape de ce roadtrip : un des sites les plus connus de Grèce!

Olympie

Me voici arrivé à Olympie et je suis assez surpris : c’est minuscule! C’est un tout petit village composé de quelques rues et il ne doit pas y avoir plus de 1200 habitants. Ce village « moderne » n’existe administrativement que depuis 1908. C’est assez curieux quand on sait qu’il est collé à l’un des sites archéologiques les plus célèbres du monde. En fait dans l’antiquité, Olympie n’a jamais été une ville ou une cité, mais un sanctuaire, uniquement habité par des prêtres et le personnel des temples.

J’arrive donc dans l’après-midi dans cette petite bourgade perdue au milieu de la campagne, et je m’arrête à mon logement. C’est le petit Hôtel Hermès, juste à l’entrée de la ville sur la route principale. C’est un hôtel simple qui n’a pas bougé depuis les années 1970. Tout est d’époque haha Une chambre plus que basique et tarif plus que pas cher. Pour une nuit, ça suffira. Je file ensuite à pieds jusqu’à l’entrée du site archéologique d’Olympie, situé à quelques minutes de marche. Au cas où, il y a un grand parking gratuit juste à l’entrée du site 🙂

Après avoir traversé le pont métallique enjambant le ruisseau qui délimite le site Olympique, je me dirige à l’entrée du musée pour prendre le billet combiné 12€ (site + musée) et je me dirige vers le sanctuaire. Le site d’Olympie est occupé depuis des millénaires et on sait qu’il était plus particulièrement dédié à Zeus, le roi des dieux de l’Olympe.

Alors comme le sujet m’intéresse, je vous fais un « petit » résumé des Jeux Olympiques dans l’Antiquité 🙂 Dans la mythologie, le héros Héraclès aurait instauré la tradition des Jeux Olympiques (et de la trêve qui l’accompagne). Ces jeux perdus depuis des siècles sont repris officiellement en l’an -776 par le roi Iphitos. Tous les quatres ans, on fait annoncer dans toute la Grèce que les jeux vont avoir lieu et que c’est le début de la trêve sacrée. Toute attaque est punie d’amende et la cité-état prise en faute est exclue des jeux. Les athlètes ont un mois pour rejoindre le site et s’entrainer avec les autres participants. Une véritable foire est alors organisée autour des jeux. Les artistes poètes, les sculpteurs et peintres de toute la Grèce viennent exposer et se montrer. Le public afflue en masse. Les esclaves et les barbares (les non-grecs) peuvent aussi assister aux Jeux, mais pas les femmes. Elles ont leur propres jeux réservés, les Héraia. Les athlètes font un serment devant la statue de Zeus avant de se préparer pour les épreuves qui s’étalent sur 7 jours. Les épreuves sont composées de courses hippiques (en char et aussi à dos de cheval, sans selle ni étrier), et d’épreuves gymniques où les athlètes sont complètements nus et la peau enduite d’huile. On y retrouve l’épreuve du pentathlon (lancer du disque et du javelot, saut en longueur, course et lutte). L’épreuve reine des jeux, c’est le Stadion, l’équivalent du 100m moderne. C’est la course la plus rapide pour couvrir la longueur d’un stade, soit 192m. Le vainqueur donne alors son nom à l’olympiade. Le grand stade d’Olympie pouvait accueillir 40.000 spectateurs!

Les épreuves de lutte sont très populaires, tout comme le pugilat qui ressemble à la boxe anglaise, où on doit mettre KO son adversaire par des coups à la tête. Il y a aussi l’épreuve du pancrace où on peut tout faire pour mettre son adversaire hors de combat, sauf mettre ses doigts dans ses yeux, le mordre ou tirer sur ses parties génitales. Bref, un peu l’ancêtre du MMA 🙂 Il y avait aussi une course en armes où les athlètes doivent courir deux tours de stade avec un casque et un bouclier. Seul le vainqueur de chaque épreuve a droit au bandeau de la victoire et au tour d’honneur sous les acclamations de la foule en délire. Il n’y a pas de récompense pour le deuxième et le troisième. À la fin des jeux, chaque vainqueur d’épreuve reçoit une couronne d’olivier lors d’un grand banquet. Les poètes chanteront leurs exploits à travers les contrées, et une statue en leur honneur est dressée sur le site d’Olympie.

De retour dans leurs cités, les athlètes porteurs de la couronne d’olivier sont célébrés en héros et reçoivent richesses et privilèges. Leur prestige est tel que les cités rivalisent pour avoir plus le plus de champions à leur palmarès. À ce jeux là, c’est la cité de Sparte qui l’emporte sur les autres. Parfois, des cités n’hésitent pas à essayer de débaucher des athlètes étrangers ou à tenter la corruption et les pots de vin. Les athlètes pris en flagrant délit de tricherie doivent payer une forte amende. L’argent récolté sert à ériger des statues à l’entrée du stade où on rappelle que tricher c’est pas bien et le nom des athlètes tricheurs est affiché et lu par tout le monde. Un véritable hall of shame! 🙂

Cette formule des Jeux Olympiques rencontre un vif succès et se répand dans tout le monde Grec. D’autres cités créeront aussi leurs propres jeux en copiant ceux d’Olympie. Mais c’est vraiment les Jeux d’Olympie qui sont les plus importants et les plus sacrés.

On a du mal à imaginer la splendeur des temples quand Olympie rayonnait dans le monde Grec. Par exemple, c’est ici que se trouvait une des 7 merveilles du monde : la grande statue de Zeus, en ivoire et en or, haute de plus de 12m et sculptée par Phidias! Elle était dans un temple immense dont il ne reste rien. La statue a plus tard été emportée par les romains jusqu’à Constantinople, et elle a hélas disparu dans un incendie.

Les jeux olympiques vont se dérouler pendant plus de mille ans sans interruption, jusqu’en l’an 393, quand l’empereur romain Théodose décide d’arrêter les traditions grecques païennes. Plus tard, en 426, les romains détruisent les temples. Enfin, un siècle plus tard, un séisme finira d’achever le sanctuaire d’Olympie et il restera plus qu’un champ de ruines laissé à l’abandon. Puis, tout le site disparait sous les sédiments au cours des siècles. Ce n’est qu’en 1829 que des fouilles permettent de redécouvrir les traces de l’antique Olympie.

Les objets découverts lors de ces fouilles sont maintenant entreposés dans le musée. Avec son look néo-classique épuré au milieu de la nature, il est très beau de l’extérieur. Et il est encore plus beau à l’intérieur!

Des milliers d’artefacts antiques ont été découverts lors des fouilles et on retrouve dans ce musée la plus grande collection de bronzes antiques au monde.

Parmi les chef d’œuvres présents, il y a deux grandes statues : Hermès portant Dionysos enfant sur un bras et la déesse de la Victoire Niké.

On retrouve aussi les deux frontons du grand Temple de Zeus, des ensembles de sculptures monumentales de 26m de long. Au moment de sa construction, le grand temple de Zeus à Olympie était le plus grand temple de Grèce! Le fronton ouest représente le banquet de mariage du héros Pirithoos et Hippodamie. Dans cette épisode de la mythologie, durant le banquet des festivité, parmi les invités, il y a des Centaures de la région. Ils deviennent rapidement complètement ivres à cause du vin et kidnappent la jeune mariée et ainsi que les autres femmes présentes au banquet pour abuser d’elles! Il s’en suit évidemment une terrible bataille avec d’un côté le héros (soutenu par Appolon, la grande statue centrale) et les Lapithes (la tribu de la mariée), et de l’autre côté, les Centaures.

Bien évidemment, les Centaures en prennent plein la tronche! On retiendra donc qu’il ne faut pas les inviter à un banquet de mariage pour ne pas gâcher la fête!

Le fronton du côté Est représente un des mythes fondateurs du Péloponnèse : la préparation de la course de chars entre le héros Pélops et le roi Oenomaos. La légende raconte que le roi Oenomaos, fils du dieu de la guerre Arès, reçoit un jour la prédiction qu’il sera tué par celui qui épouserait sa fille. Pour éviter ce fâcheux incident, il déclare publiquement qu’il donnera la main de sa fille à celui qui remportera la victoire dans une course de char face à lui. Possédant un char de combat et des chevaux imbattables, offerts par son père le dieu Arès, il remporte toutes les courses et tous les malheureux prétendants sont mis à mort.

Mais un jour, le héros Pélops se présente. Il est le fils de Tantale et un protégé de Poséidon. Il reçoit l’aide du dieu des mers qui lui offre des chevaux divins. Il va aussi soudoyer Myrtilos, le cocher du roi, qui va saboter le char de combat. Pendant la course, au moment où les adversaires sont au coude à coude, une roue du char du roi se détache, il chute et meurt trainé par ses chevaux. Pélops devient alors le nouveau grand roi et le Péloponnèse porte son nom 🙂

J’ai personnellement adoré la visite de ce musée que je vous recommande particulièrement!

Je fini cette belle journée à l’une des nombreuses terrasses de tavernes d’Olympie 🙂

… avant de rejoindre mon fabuleux hôtel Hermès. J’avais promis au vieux propriétaire de venir y manger le soir, car c’est son encore plus vieux père qui fait la cuisine! Autant vous dire que le cuisinier avait largement dépassé l’âge de la retraite mais il insistait pour continuer de faire cuire ses grillades. Ce n’était peut être pas le meilleur repas du monde, mais c’était très touchant. Je sympathise aussi avec un couple de voyageurs français et on passe toute la nuit à discuter, manger et trinquer 🙂 Du moins jusqu’au moment où le propriétaire nous demande de partir de table car il veut rentrer dormir haha. C’est donc avec le sourire que se termine cette nouvelle belle journée bien remplie en Grèce 🙂

>> Suite du road trip : à travers le Péloponnèse
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