Road trip en Grèce : Météores, Gorges de Vikos et Grèce occidentale

Deuxième journée sur le célèbre site des Météores. Au programme, continuer la visite des monastères, puis partir vers l’ouest, vers la Grèce Occidentale. Des magnifiques site à découvrir, vous allez voir ça 🙂

Les Météores, la suite!

Après les différentes visites de la veille, je commence la journée avec la découverte du Monastère du Grand Météore. Il est fondé par Saint Athanase, un moine qui priait avec sa communauté au mont Athos au XIVe siècle. Comme les moines du mont Athos étaient souvent pris pour cibles par les pirates turcs, Saint Athanase décide de quitter les lieux pour trouver un nouvel endroit où se retirer pour prier. Il finit par découvrir le site des Météores où vivent déjà quelques ermites. C’est l’endroit idéal! Il s’installe sur le plus haut rocher et prie Dieu, loin du monde. D’autres moines le rejoignent. En 1382, il construit une église et instaure une vie monastique. Sa renommée va se propager dans toute la Grèce. C’est principalement grâce à lui que les moines affluent de toute part et que les autres monastères sont créés. Le monastère actuel est fondé en 1536, et la petite église initiale est conservée comme sanctuaire de la grande église.

C’est donc le monastère principal du site des Météores, c’est le plus grand, et c’est aussi le plus touristique… Après avoir gravi les 146 marches d’un escalier creusé en 1922, on domine tous les autres monastères depuis le sommet. Est-ce l’afflux des touristes dès le matin, une certaine lassitude après avoir visité les autres monastères la veille ? Toujours est-il que je n’ai pas été plus transporté que ça par le monastère du Grand Météore … je crois que la vie de moine, ça ne me fait définitivement pas rêver haha 🙂

Je fais d’ailleurs l’impasse sur un autre monastère, celui de Saint-Nicolas Anapafsas (le plus petit des monastères, et le plus proche du village de Kostraki). Après tout, 5 monastères visités sur 6, c’est déjà un bon score ! Il ne faut pas trop abuser des bonnes choses.

Après un dernier regard sur le très beau Monastère de Varlaam, il est temps de reprendre la route pour sillonner l’ouest de la Grèce continentale 🙂

Janina

Une centaine de kilomètres à l’ouest des Météores et de la ville de Kalambaka, se trouve la ville de Janina (ou Ioannina). C’est la ville la plus importante de la région d’Epire. Elle est située sur la rive ouest du grand lac Pamvotis. Sur ce lac se trouve une petite île. Cette ville, ce lac et cette île sont très connus en Grèce. Ils sont étroitement liés à l’histoire du célèbre Ali Pacha. Ce personnage d’origine albanaise, un peu brigand, un peu politique, à force d’alliances et de magouilles diverses, fini par obtenir le titre de Pacha en 1784. À l’époque la Grèce fait partie l’empire Ottoman, et à Constantinople le Sultan règne sur l’empire. Les Pachas sont des sortes de gouverneurs de provinces. Grâce à ce titre, son influence s’étend. À son apogée, il gouverne 2 millions d’habitants et plusieurs dizaines de milliers de troupes dans son armée. Il devient alors un interlocuteur des occidentaux qui voient en lui une possibilité de grignoter l’empire Ottoman. Ali Pacha s’imagine en effet un peu plus que Pacha et rêve même d’indépendance. Le nouveau sultan Mahmoud II ne voit pas du tout les choses de cette façon. C’est le début de la guerre ouverte en 1820. Les troupes du sultan assiègent la région et renversent l’armée d’Ali Pacha. En 1822, il se réfugie sur l’ile au milieu du lac. Des assassins finissent par le tuer et sa tête est ramenée en trophée à Constantinople. Cette guerre qui a mobilisée une bonne partie des troupes turques sera le point de départ de la Guerre d’Indépendance. Profitant de cette agitation, des révolutionnaires sèment le trouble et se révoltent. Cette guerre aboutira à l’indépendance de la Grèce en 1830, mais c’est une autre histoire 🙂

La route E92 qui passe sur les hauteurs au nord du lac permet d’avoir une belle vue sur ce lieu d’histoire 🙂

Au passage vous remarquerez ce petit ex-voto sur la photo. Il y en a partout sur les routes de Grèce. On les appelle aussi des afieroma. Ils sont parfois en forme de basilique en pierre ou en ciment, et parfois même décorés. Ils célèbrent à la fois le souvenir d’une personne décédée dans un accident de la route, ou au contraire quelqu’un qui a échappé à un accident, ou le culte d’un saint. Vous en verrez vraiment partout et je tenais à laisser un petit mot à ce sujet 🙂

Zagori

Ce mot étrange correspond à une zone située à une trentaine de kilomètres au nord ouest de Janina. La région montagneuse de Zagori est constituée de petits villages de pierres entourés de forêts sacrées et reliés entre eux par des chemins pavés, des escaliers et des ponts en arc. Cette unité culturelle autour du bassin de la rivière Vikos est même inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco!

La route qui grimpe vers cette région passe à côté d’une grande statue de 6m de haut, visible de loin. C’est le monument en hommage aux femmes Zagoria des montagnes du Pinde. Pendant la seconde guerre mondiale, en automne 1940, les troupes italiennes tentent d’envahir la Grèce en passant par l’Albanie. Les troupes grecques stoppent leur avancée dans les montagnes, dans la région de Vrysochori. Mais hélas, ils sont loin de tout ravitaillement possible. Ce sont finalement les femmes des villages, qui porteront sur leur dos, à travers les montagnes et dans la neige, les armes et les provisions nécessaires aux combattants, leur permettant ainsi de contrer victorieusement les armées fascistes. Ce sacrifice et cette bravoure des femmes est commémoré ici.

Et en plus, en vous arrêtant ici, vous aurez un très beau panorama sur la région!

En continuant sur la route, les superbes paysages de Zagori s’offrent à vous 🙂

Au loin on distingue le village de Monodéndri, la principale localité de la région.

Les Gorges de Vikos

Il y a de nombreuses manières de découvrir les Gorges de Vikos. Vous pouvez rejoindre le petit hameau de Vikos à une trentaine de kilomètres au nord, il donne droit sur l’entrée des gorges. De là, vous pourrez suivre un sentier de randonnée le long de rivière Voïdomátis qui coule au fond du canyon, avec son eau limpide et fraiche 🙂 Si vous voulez une option plus sportive, choisissez les marches de Vradeto. Après avoir traversé des vieux ponts ottomans en pierres avec leurs arches typiques de la région (dont le fameux pont Kokkori), vous grimperez la falaise en suivant un antique escalier (1100 marches, 39 virages, 250m de dénivelé!). Cette randonnée vous conduira au point de vue de Beloi. Il existe une option plus tranquille, c’est celle que j’ai choisi 😉 Il suffit de continuer la route unique qui traverse le village de Monodendri en direction du point de vue Oxya.

En prenant cette option, n’oubliez pas de vous arrêter à la forêt de pierre. Ce site naturel est juste au bord de la route, dans un virage. Vous découvrirez un incroyable labyrinthe de formations rocheuses aux formes improbables.

C’est vraiment un très chouette endroit à découvrir! 🙂

Deux kilomètres plus loin, la route se termine sur un petit parking. Enfin, après quelques minutes de marche, on débouche sur ça! BIM !

Le point de vue Oxya sur les Gorges Vikos est sublime! 🙂

Si vous êtes sensibles au vertige, ne vous avancez pas plus loin, car le petit sentier continue à flanc de falaise, et sans aucune sécurité. Vikos est classée par le Guinness des records comme la gorge la plus profonde du monde par rapport à sa largeur!

Ce grand canyon s’étend sur 10 km, entre Monodendri et Vikos. Les parois à pic peuvent atteindre une hauteur maximale de 1200m!

Ce site peu connu mérite laaaaargement le détour dans un roadtrip en Grèce! 🙂

Après en avoir pris plein les yeux, je reprends la route vers le sud. Direction du sud-est pour traverser le Parc National de Tzoumerka.

Le Parc National de Tzoumerka

Ici, d’autres merveilles vous attendent sur la route. Par exemple, depuis le petit village de Kalentzi, une piste vous amène à proximité de la belle cascade de Klifkis. Ce site naturel se mérite car si la descente est facile, la remontée sera bien plus pénible (se renseigner avant au village pour savoir s’il y a du débit, et là, il n’y avait pas d’eau du tout snif).

En chemin, vous pourrez avoir ce beau point de vue sur le canyon d’Arachtos. En tournant la tête sur droite, c’est la vallée de Tzoumerka. On distingue bien le grand massif montagneux qui s’étire sur 40km de long et qui forme une frontière naturelle entre l’Épire et la Thessalie.

En plein cœur de ce massif, il y a un site naturel que je voulais découvrir : les grandes cascades de Tzoumerka, qui sont situées sur les hauteurs à une altitude de 1360m. Hélas, en me rapprochant de plus en plus du site, je croise plusieurs personnes qui me confirment qu’elles sont complètement à sec. Petite déception … Je m’évite finalement ce détour supplémentaire dans la montagne et je reprends la route vers le sud en direction de l’Epire et de la ville d’Arta. En tout cas si la chance est avec vous, vous pourrez découvrir les plus belles cascades de Grèce 🙂

L’aqueduc romain de Nikopolis

En arrivant à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de la ville d’Arta, il y a une curiosité à découvrir : l’aqueduc romain de Nikopolis. Ce site est juste au bord de la route E951, mais il n’est presque pas indiqué, alors ne loupez pas la sortie. Nikopolis est une cité fondée par l’empereur romain Octave pour célébrer sa victoire à la grande bataille navale d’Actium en l’an -31 dans le Golfe Ambracique pas très loin d’ici (où il affrontait Marc-Antoine et Cléopâtre). Cette bataille lui ouvrira la voie au titre d’Empereur Romain.

L’aqueduc (qui faisait partie d’un réseau long de 50km) permettait d’alimenter en eau potable la cité de Nikopolis et ses 150.000 habitants!

Cette merveille d’ingénierie romaine a traversé les millénaires sans trop de dégâts. Vous pourrez vous approchez au plus près de ces arches en briques romaines qui enjambent la jolie rivière Louros.

Les collines rouges de Kokkinopilos

Juste à côté, il y a une curiosité à découvrir! Un peu plus loin, garez vous sur la route, au niveau d’un petit parking, à côté du tunnel creusé sous la montagne (dans le prolongement de l’aqueduc). Depuis ce parking, une dizaine de mètres à gauche du tunnel, vous verrez un petit escalier qui grimpe dans la végétation. Après quelques minutes de marche, le chemin se dégage et débouche sur les collines rouges de Kokkinopilos 🙂

La couleur de ces étranges collines est due à de l’argile rouge et de l’oxyde de fer présent en quantité dans le sol de la région.

Le temps et l’érosion a transformé ce plateau en une succession de petites collines, de ravines, avec des ilots de végétations ici et là.

Ce site naturel insolite mérite le détour 🙂

Menidi

Pour finir cette longue et belle journée, j’ai choisi le petit village balnéaire de Menidi situé au bord du golfe Ambracique. Le village date des années 1950 et l’ambiance y est calme et paisible. J’ai choisi une chambre dans le petit hôtel familial Corali (Coastal Road, Menidi 300 16, Grèce), situé juste au bord de l’eau. Bel accueil, propre et pas cher, je recommande.

Après avoir profité de la grande terrasse rooftop pour le sunset, je me promène le long de la petite marina et je m’arrête à l’Ocean Cafe, un bar de plage comme il en existe des milliers.

Petite soirée sympathique : burger, bières et match de foot à la télé, et en prime un politicien en campagne qui vient me serrer la main avec tout son staff (je ne comprenais rien du tout, c’est le patron du bar qui m’a expliqué ensuite haha).

>> Suite du road trip : à la découverte de la belle Leucade
<< Etape précédente : en route pour les Météores!

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *