Le road trip en Grèce continue. Aujourd’hui, on continue la découverte des richesses du Péloponnèse avant de rejoindre la capitale Athènes. Hop en route!
Visite de Nauplie
Après avoir diné la veille sur le port, je prends le temps ce matin de découvrir un peu plus la ville de Nauplie. Selon la légende, la ville aurait été fondée sur une presqu’ile par Nauplie, un fils de Poséidon. Le fils de Nauplie, Palamède (un héros de la Guerre de Troie) donne son nom au grand rocher qui domine la ville. Dans l’antiquité, c’est une petite cité sans réelle importance. Elle commence à prendre son essor sous l’empire byzantin. En 1032, on y fait construire des fortifications et une grande bataille permettra de repousser une flotte arabe. On l’appelait la « Naples de Romanie » pour la distinguer de la ville de Naples en Italie. Après les byzantins, les vénitiens puis les ottomans contrôlent la cité. La ville et le port deviennent un des principaux centres commerciaux du Péloponnèse. En 1821 pendant la Guerre d’indépendance Grecque, Nauplie est une des cibles prioritaires. Après un siège de plusieurs mois, les turcs finissent par la rendre aux grecs. Elle devient la capitale du jeune état Grec de 1829 à 1834 (ensuite la capitale est transférée à Athènes).
Commençons par l’extrémité de la péninsule. Sur le grand rocher de 45m de haut, la citadelle Acronauplie garde la ville au XIIe siècle. Elle perdra son importance avec la construction de la forteresse Palamède, plus moderne, quelques siècles plus tard. De cette citadelle antique, il ne reste presque plus rien.


Au pied du rocher, en longeant le port, on aperçoit un ilot fortifié, c’est la forteresse Bourdzi. Elle est construite par les vénitiens en 1473 pour défendre la ville des pirates. Plus tard, la forteresse servira de prison et même d’hôtel.
Dans la vieille ville, la promenade est agréable. On sent que Nauplie vit du tourisme et cherche à se faire belle. Les rues sont propres, remplies de boutiques et de terrasses de restaurants. Toute la zone du centre est quasi piétonne, c’est vraiment chouette 🙂 Sur la place principale, Syntagma, vous pourrez visiter si vous avez le temps le musée archéologique, à l’intérieur d’un ancien palais vénitien (entrée 6€). L’ancienne mosquée de la ville (construite en 1730), à l’angle de cette place, sera reconvertit et deviendra le premier Parlement Grec.


Un peu plus loin, se trouve la cathédrale Saint-Georges, que je n’ai pas pu visiter pour cause de travaux ce jour là…


La balade amène naturellement à la porte vénitienne de Xira. Elle faisait partie des anciens remparts de la ville qui ont tous été détruits. En 1966, l’ancienne porte d’entrée de la ville est reconstruite pour faire joli 😉
Juste derrière, dans le petit parc Staikopoulos il y a le restaurant Skarpeta. C’est une excellente adresse, au calme, à l’ombre, pour manger, grignoter ou juste prendre un verre ou un café. Vraiment un chouette endroit que je recommande! 🙂


Ensuite, c’est la longue place Kolokotronis qui est joliment arborée et décorée avec des statues. Elle longe l’ancienne gare de la ville reconvertie en école de musique et musée du jouet. C’est aussi l’endroit où se tient le marché de la ville.
Le principal monument de Nauplie, celui qu’on voit tout le temps, c’est la forteresse Palamède. Elle domine la ville depuis la colline à 216m de hauteur. Les Vénitiens achèvent sa construction en 1714, et hélas pour eux, les troupes turques s’en emparent l’année suivante.


Pour accéder au sommet, il faudra gravir un escalier de 999 marches (bon en fait 857 en réalité)! Avec cette chaleur, je n’avais pas du tout envie de me lancer dans cette grimpette! Il est aussi possible de s’y rendre en voiture, il y a un petit parking de l’autre côté. L’entrée de la citadelle coute 8€. Vous me direz si ça vaut la coup 😉
Plus loin, c’est le quartier de Pronoia. Il est plus moderne et aménagé à partir de 1828 pour accueillir des réfugiés grecs de la guerre d’indépendance. C’est une autre ambiance avec des voitures qui klaxonnent partout, des bouchons et énoooormément de monde. Il y a tout de même une curiosité à découvrir dans ce quartier.

Il faut se rendre entre le cimetière et l’ancienne petit église (construite à l’intérieur d’une grotte de la colline). Dans un square, se trouve le Lion des Bavarois. Cette énorme sculpture creusée dans la roche date de 1841. À l’époque, le jeune Othon est désigné premier roi de Grèce. C’était un prince de Bavière. Son père, le roi Ludwig de Bavière, lui a demandé de créer un monument en hommage aux troupes germanique mortes du Typhus en Grèce.
La cité de Tirynthe
Juste à la sortie de la ville de Nauplie, littéralement au bord de la route, il y a le site archéologique de Tirynthe. C’est une ancienne cité de l’époque mycénienne, il y a 3.000 ans. Elle se trouve sur une colline de 30m de haut et 300m de long. À l’époque antique, la mer arrivait à ses pieds.

Selon la légende, elle a été fondée par Protée, le frère jumeaux d’Acrisios (roi d’Argos) avec l’aide des cyclopes bâtisseurs. En effet, on retrouve à nouveau des murailles cyclopéennes avec des rochers vraiment énormes! Peut-être même encore plus grands que ceux de Mycènes. On estime que les murailles pouvaient atteindre 8m d’épaisseur et 18m de haut, c’est juste énorme! Homère la décrivait en disant « Tirynthe, puissante et fortifiée ». On estime que la cité comptait au moins 10.000 habitants.
Selon la légende, c’est dans cette cité de Tirynthe que le héros Héraklès est venu servir le roi Euristhée pour réaliser les fameux douze travaux.


Du site antique, il ne reste que les énormes fondations. Argos, la cité rivale lui a fait subir le même sort que Mycènes : tout a été détruit. L’entrée ne coute que 4€ et la visite est assez rapide. Vous ne croiserez pas beaucoup de touristes ici. Personnellement, ces sites millénaires où les légendes mythologiques se mêlent à l’histoire, ça me fascine 🙂
N’oubliez pas de visiter un autre site, à seulement 2km de là. C’est une autre tombe tholos de l’époque mycénienne. Elle est moins impressionnante que celle qu’on peut visiter sur le site de Mycènes mais elle reste intéressante.

Je trouve même qu’elle a d’avantage de charme. Elle est cachée, à l’abri du tourisme de masse, discrètement perdue au milieu d’une orangeraie à flanc de colline. Un petit chemin de terre y mène. On a l’impression de pénétrer dans un site mystérieux multi millénaires qui aurait été à peine découvert.


J’ai vraiment aimé ! En plus l’entrée est gratuite et une petite tortue est venue me dire bonjour, que demander de plus ? 🙂
Némée et le Temple de Zeus
Avant de quitter le Péloponnèse, je poursuis mes sauts dans la Grèce antique en me rendant au site de Némée. Dans la mythologie, ce lieu est connu car c’est ici qu’Héraclès a réalisé le premier de ses douze travaux : tuer le lion de Némée. Historiquement, le site est surtout connu pour abriter un sanctuaire dédié à Zeus au VIe siècle avant JC. Il y avait notamment un grand temple de Zeus construit vers -330.

Malgré les guerres, les tremblements de terre et les autres catastrophes, 3 grandes étaient toujours debout depuis l’antiquité. Grâce aux travaux d’archéologues américains de l’université de Berkeley dans les années 2000, 9 colonnes ont été redressées 🙂


Dans ce sanctuaire se déroulaient des jeux importants. Ils faisaient partie des 4 jeux panhelléniques qui composaient les Olympiades dans la Grèce antique : les Jeux Olympiques à Olympie, les Jeux Pythiques à Delphes, les Jeux Isthmiques à Corinthe et les Jeux Néméens à Némée. Les Jeux Néméens commencent la première fois en -573. Il y a toujours le stade antique de Némée à quelques centaines de mètres du site archéologique (il se visite avec le même ticket). Pas de chance pour moi. Ce jour là, la route d’accès était en travaux, je n’ai pas pu y aller. Soyons honnêtes, le site de Némée et son petit musée m’ont un peu déçu. À moins d’être véritablement passionné par l’archéologie, ne faites pas spécialement un détour pour cet endroit.
Le Canal de Corinthe
Il est temps de quitter le Péloponnèse. Pour arriver dans la péninsule, j’avais emprunté le grand pont moderne de Rion-Antirion. Pour en partir, je voulais absolument passer par le célèbre Canal de Corinthe 🙂 Sur cette petite bande de terre qui sépare le Péloponnèse de la Grèce continentale, l’idée ne date pas d’hier pour rejoindre rapidement en bateau le golfe de Corinthe et le golfe Saronique. En effet, au lieu de faire tout le tour de la péninsule, soit 400km, il n’y a que 6km de terrain à traverser! Au VIe siècle avant JC, les grecs avaient déjà mis en place un système pour faire « rouler » des navires sur une voie dallée spécialement aménagée. Sous l’empereur romain Néron, en l’an 67, le premier coup de pelle (en or) est officiellement donné pour creuser un canal! Après un an de travaux et la mort de milliers d’esclaves, le projet est finalement abandonné. Presque deux millénaire plus tard, à la suite de l’inauguration du Canal de Suez en 1869, l’état Grec remet le sujet du Canal de Corinthe sur la table. Les travaux commencent en 1882 et l’inauguration officielle a lieu en 1893. C’est un navire français qui est le premier à passer, cocorico!

Le canal mesure un peu plus de 6km de long, avec une largeur d’à peine 22m et une profondeur d’eau de 8m. Les murs de la tranchées atteignent 50m de haut. C’est vraiment impressionnant! 🙂 Ici sur la photo, c’est le point de vue depuis le pont de la route principale. Je serais bien resté plus longtemps à attendre le passage d’un navire, mais il était trop loin à l’horizon.
Avant de partir, un petit mot supplémentaire sur Corinthe. Ce n’est pas qu’un canal. Une cité existait depuis bien longtemps, dès le VIIIe siècle av JC. Elle était perchée dans une citadelle à 575m d’altitude et abritait un célèbre sanctuaire d’Aphrodite. Grâce à son emplacement stratégique et ses 2 ports, elle s’enrichit mais reste à l’écart des grands conflits. Elle sera finalement totalement rasé par les romains en -146. Un siècle plus tard, Jules César fonde une nouvelle Corinthe. Si vous êtes déjà allé un peu à l’église vous avez probablement entendu « Apôtre Paul, épître aux corinthiens », et bien il était ici! Finalement en 1858, un terrible séisme détruit totalement la petite ville sur la colline. La Corinthe moderne se fonde un peu plus loin au nord. Donc par manque de temps, je fais l’impasse sur la visite de la Corinthe historique la haut sur la montagne.
Tant pis, hop en route, je continue le road trip, prochaine étape : Athènes ! 🙂
En route pour Athènes !
Au lieu de prendre directement l’autoroute E94 pour avaler les derniers 75km restants jusqu’à la capitale, je décide de passer par la route côtière. Je me disais que j’allais profiter un peu du paysage. Je ne suis pas déçu … dès le début je longe l’énooooorme centre pétrochimique de la raffinerie de Corinthe (compagnie Motor Oil). C’est la deuxième plus grande raffinerie d’Europe.

J’aurais mieux fait de prendre l’autoroute haha 🙂
J’appréhendais mon arrivée à Athènes en voiture en fin d’après-midi. Des voitures et des bouchons il y en a eu, mais finalement rien de trop pénible. Pour un grand parking facile d’accès, proche du centre et pas trop cher, j’avais repéré en avance le parking souterrain Varvakeios, juste à côté du grand marché des Halles Municipales, au nord de la ville. Pour la modique somme de 10€ la journée, c’est vraiment le bon plan!


Pour l’hébergement chouette et bon marché, en mode dernière minute via booking ou autre (comme je fais depuis le début du séjour), ce n’était plus possible. On sent tout de suite la différence de prix en arrivant dans la capitale. J’ai finalement trouvé une petite perle rare : Tip Top Suites (Gladstonos 5), pour deux nuits, 190€ et pas trop loin du parking. Hébergement situé dans une ruelle piétonne et populaire, un hall d’immeuble qui donne moyennement envie d’y rentrer, et surprise au 6e étage : tout est neuf, propre, moderne. Un studio top confort 🙂

Je pars ensuite explorer la capitale. Je vous détaille tout ça dans le prochain article 😉
>> Suite du road trip : Athènes 🙂
<< Etape précédente : Monemvasia, Mycènes, Epidaure
Laisser un commentaire