S’il y a bien un lieu à visiter à Grenade, c’est l’Alhambra! Avec près de 3 millions de visiteurs par ans, c’est le 2e site le plus visité d’Espagne après la Sagrada Familia à Barcelone. L’Alhambra, c’est un ensemble de palais majestueux qui domine la ville depuis la colline de Sabika. C’est le plus prestigieux témoignage de la présence musulmane en Espagne. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, ce site est réellement un incontournable d’une visite à Grenade 🙂
Infos pratiques
Voici quelques petites infos pratiques. On peut accéder à l’Alhambra directement à pieds depuis le centre ville. Il faudra grimper la colline jusqu’à la Puerta de Los Carros. Si vous arrivez directement en voiture, il y a de grands parking ombragés à quelques centaines de mètres de l’entrée principale. Le stationnement est évidemment payant, il faut compter environ 9€ pour 3h30 de visite (les tarifs changent régulièrement). Il est indispensable de planifier sa visite de l’Alhambra un minimum à l’avance. La palais des Nasrides en particulier a un nombre de visiteurs limité par jour et les billets s’écoulent très rapidement. C’est parfois complet des semaines à l’avance! Pensez aussi à prendre votre carte d’identité (ou passeport) qui pourra être demandée à l’entrée. Enfin, ne soyez pas en retard. Si vous loupez votre créneau horaire, tant pis pour vous! Si vous respectez ces points, tout devrait bien se passer, et sans stress 😉
➡️Pour acheter son ticket (tarif adulte 22.27€), voici le site officiel de la billetterie.
L’histoire de l’Alhambra
En 1238, après la chute des Almohades, un chef local s’empare de Grenade et en fait la capitale d’un nouvel émirat. C’est Mohammed ibn Nasr, le fondateur de la dynastie des nasrides. Grâce à la signature du « Pacte de Jaen », il devient vassal de Ferdinand III et profite d’une relative tranquillité. Il faut toutefois sécuriser la ville, alors il créé l’Alhambra. Son nom signifie « château rouge ». Ce n’est au début qu’une simple forteresse destinée à surveiller la région depuis le point le plus haut proche de la ville. Pendant plus de deux siècles, les différents souverains nasrides vont peu à peu agrandir et embellir l’Alhambra, en rajoutant des palais, des jardins et des systèmes d’irrigation. L’Alhambra devient un des plus beaux palais d’Europe! Puis, en 1492, c’est la fin du dernier royaume musulman d’Espagne. Malgré la volonté d’effacer toute trace de l’islam, le palais est conservé pour servir de résidence royale lorsque la cour passe à Grenade. En 1526, Charles Quint y fera même construire un grand palais, en changeant radicalement de style architectural. Puis, le site tombe peu à peu en ruines et sert de caserne. Il a même faillit disparaitre en 1812! Quand les troupes de Napoléon quittent la ville, on dit qu’elles avaient eu l’ordre de faire exploser l’Alhambra. C’est l’intervention in extremis d’un soldat espagnol qui aurait permis d’éviter ce désastre. Mais l’Alhambra n’est plus qu’un bâtiment fantôme, en ruine et habité par des pillards et des familles miséreuses. Le site sort de l’oubli en 1832, grâce à la publication et au succès du livre de l’écrivain américain Washington Irving, intitulé « Les Contes de l’Alhambra ». En 1890, après de timides travaux de conservation, un terrible incendie détruit l’Alhambra! Enfin, les autorités espagnoles reprennent sérieusement le sujet en main, et des grands travaux de restauration sont lancés. Ils dureront des décennies. Désormais le site a retrouvé une partie de sa superbe d’antan et on peut à nouveau profiter du plaisir de déambuler dans ce merveilleux palais 🙂
Le complexe de l’Alhambra est principalement constitué de ces secteurs
- l’Alcazaba
- le Palais des nasrides
- le Généralife
- les jardins
- le Palais de Charles Quint
Les présentations sont faites, c’est parti, hop en route! 😉
L’Alcazaba
Commençons la visite de l’Alhambra par sa pointe la plus à l’ouest, l’Alcazaba. C’est la partie la plus ancienne de l’Alhambra, qui remonte à l’époque de Mohammed ibn Nasr. En 1238, il décide d’aménager la colline de Sabika. Il fait ériger une citadelle fortifiée, des remparts massifs qui font tout le tour de la colline et plusieurs tours de guet.


Il se contentera de vivre dans une des tours fortifiées et n’aura pas le temps d’édifier un palais. À l’intérieur des murs de cette citadelle, il y avait une véritable ville miniature, avec des commerces, des artisans, des maisons pour les ouvriers, etc … Au début du XXe siècle, toute cette zone était en ruines, et c’est seulement lors des travaux de restauration qu’on a redécouvert les vestiges de ces habitations.
N’hésitez pas à grimper au sommet de la Torre de la Vela pour en prendre plein la vue! D’ici on peut apercevoir toute la plaine de Grenade. Le panorama est magnifique 🙂

La grande ville s’étend loin en bas. Au milieu des habitations, on arrive à distinguer la masse épaisse de la cathédrale de Grenade.


Depuis les remparts, on a aussi de très jolies vues sur l’Albaicin et Sacromonte un peu plus loin.

➡️ Pour découvrir le centre historique de Grenade et ces beaux quartiers, ça se trouve sur cette page 😉
Les Palais Nasrides, le cœur de l’Alhambra
Le point culminant de la visite, c’est évidemment la visite des palais nasrides. On parle de « palais nasrides » au pluriel, car chaque nouveau souverain modifiait ou agrandissait le palais précédent. On y recevait les ambassadeurs, les dignitaires et les visiteurs prestigieux. À votre tour maintenant de découvrir ces palais qui représentent l’apogée de l’art hispano-mauresque!
Après avoir traversé le petit bâtiment du Mexuar, on arrive au Palais de Comares. La façade dorée est absolument sublime et un grand avant-toit en bois de cèdre apporte un peu d’ombre.


On est tout de suite frappé par la richesse des décorations. L’art islamique recouvre chaque mur, chaque plafond, à base de calligraphie, de décoration florale stylisée et de motifs géométriques. On retrouve souvent sur les murs des versets coraniques et des poèmes.



La devise de la dynastie nasride « Wa lā gāliba illā-llāh » (Il n’y a de vainqueur que Dieu) est répétée plusieurs centaines de fois sur le site dans les différentes gravures. Certains textes parlent à la première personne et s’adresse au visiteur, comme « je suis le jardin, je m’embellis chaque matin ».
Le centre du Palais de Comares, on trouve la célèbre Cour des Myrtes avec son large bassin qui sert de véritable miroir d’eau. Cet espace correspondait un peu à une salle d’attente avant de rencontrer le sultan.

Les reflets de la Tour de Comares dans l’eau, c’est sans doute une des images iconiques de Grenade 🙂 Avec ses 45m de haut, c’est aussi la plus imposante des tours d’enceinte de l’Alhambra.
On pénètre ensuite dans la grande Salle des Ambassadeurs avec son incroyable plafond qui se trouve 18m plus haut.


Composé principalement de bois de cèdre sculpté, c’est un véritable chef d’œuvre de menuiserie, sensé représenter le ciel et le paradis islamique.
On découvre ensuite le Palais des Lions, construit après le Palais de Comares, à l’emplacement de son ancien jardin. On admire les 124 fines colonnes de marbre et les dentelles de sculptures qui les surplombent. C’est encore une fois absolument magnifique! 🙂

Ici aussi, le palais s’articule autour d’une cour centrale, la fameuse Cour des Lions avec sa fontaine centrale, un bassin en albâtre soutenu par 12 lions sculptés dans du marbre blanc.

Une rumeur persistante voudrait faire passer cette fontaine pour une une horloge hydraulique. Selon l’heure de la journée, l’eau jaillissait de la gueule d’un lion différent. En réalité, il n’en est rien. Mais c’est tout de même une petite merveille d’ingénierie pour le système d’irrigation, et cette fontaine a inspiré de nombreuses constructions par la suite.
Ensuite, on en prend plein les yeux lorsqu’on pénètre dans la Salle des Abencerrajes. Elle porte ce nom car le sultan Moulay Hasan y aurait fait exécuter 36 membres de la famille des Abencerrajes. La légende dit que des petites tâches rouges dans le bassin central de la pièce seraient des traces de sang provenant de ce massacre.

Mais ce qui retient surtout l’attention, c’est le plafond, avec l’incroyable coupole en muqarnas (les muqarnas, ce sont des motifs de décorations en forme d’alvéoles ou de stalactites). Cette pièce correspondait à la chambre privée du sultan.
La Salle des Rois qui occupe une des façades de la cour possède des magnifiques voûtes peintes. On y voit par exemple une représentation des dix premiers rois de Grenade et une autre scène avec des chevaliers.


Grâce à un échange artistique qui a eu lieu à l’époque avec Pierre Ier de Castille pour la restauration de l’Alcazar royal de Séville, on en sait plus sur la méthode utilisée. On rabotait des planches de poirier pour leur donner la bonne forme. On y fixait un cuir humide avec des clous. On appliquait une épaisse couche de plâtre et de colle sur le cuir. Avec un stylet on dessinait les motifs qui était peints ensuite.
En sortant du Palais des Lions, un grand bassin se présente devant nous.

C’est celui du Palais Partal (un des plus anciens palais, intégré dans le mur d’enceinte) et de la Tour des Dames qui se reflète dans l’eau.
Le Palais de Charles Quint
Au milieu de tout ce bel ensemble de palais délicats, on est surpris par la présence d’un énorme bâtiment massif qui tranche carrément avec ce qu’on vient de visiter. Cette construction, c’est le Palais de Charles Quint. En 1526, après son mariage, l’empereur réside plusieurs mois dans les palais de l’Alhambra qui lui font forte impression. Il commande donc aussitôt la construction d’un nouveau palais, digne de lui, avec l’intention d’y habiter.


Le palais ne sera jamais achevé, l’empereur meurt en 1558, et les travaux sont définitivement interrompus en 1637. Son architecture est complètement inédite : une grande structure en forme de carré, et au milieu, une grande cour ronde!

Il servira ensuite de poudrière et de réserve de munition. C’est un miracle s’il n’a pas explosé! Tombé lui aussi en ruines, il a été restauré de 1923 à 1958. Il abrite maintenant le petit Musée des Beaux Arts de Grenade au premier étage (entrée gratuite, plus d’infos sur ce site) ainsi que le Musée de l’Alhambra (entrée gratuite aussi). Si vous avez du temps avant votre créneau horaire pour les Palais Nasrides, sa visite est une bonne option!
Juste derrière le Palais de Charles Quint, il y a la modeste église Santa Maria construite en 1618.


Vous pouvez y jeter un oeil par curiosité pour voir le très bel autel sculpté.
Le Généralife
Un peu plus excentré, il y a le Généralife, qui signifie en arabe « le jardin de l’architecte ». C’était la résidence d’été des souverains nasrides. Un lieu de repos à l’écart de l’agitation politique du palais et de la cour. C’est une succession de jardin ombragés, de bassins et de fontaines. Il permettait à l’aristocratie de se délasser dans des jardins faisant penser au paradis.


C’est un des plus anciens jardins islamiques du moyen-âge conservé jusqu’à nos jours. Même si l’aspect actuel des jardins reprend surtout une inspiration « à l’italienne », imposée lors de la rénovation réalisée dans les années 1950.
Le Couvent de San Francisco
On a envie d’explorer ce magnifique bâtiment. C’est un ancien palais transformé après la conquête de la ville pour devenir le premier couvent de Grenade. Il n’abrite plus des moines, car de nos jours, c’est un sublime parador (un hôtel d’État).

Et il faut bien avouer qu’au bout de quelques heures, on commence à en avoir un peu plein les pattes 🙂 L’Alhambra, c’est magnifique, mais c’est grand! Trop de beauté fini même presque par fatiguer. Si possible, essayez de le visiter sur deux journées, histoire de faire une pause visuelle 😉
Et ensuite ? et bien :
➡️ La visite du centre historique de Grenade
➡️ La suite du road-trip en Andalousie : Du désert de Tabernas à la plage de San José
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