Séville, découvrez la capitale de l’Andalousie

Après une étape dans la belle ville Cadix, nous voici en route pour Séville, la capitale de l’Andalousie! Direction la 4e ville d’Espagne, entourée de plaines fertiles. C’est une des villes avec le climat le plus chaud et le plus sec du pays! Et comme par hasard lors de notre passage, on a eu le droit à des nuages et même un peu de pluie! Mais Séville, c’est avant tout une des plus riches cités européennes du point de vue architectural et historique. C’est vraiment une ville que j’avais hâte de découvrir, et je vais vous partager tous les beaux endroits à voir 🙂

J’en profite pour partager la première chose étonnante qu’on découvre en arrivant à Séville : les orangers. Il y a des orangers plantés absolument partout! C’est beau, ça parfume agréablement les rues, et on s’étonne de voir ces grosses oranges à portée de main. Même si c’est très tentant, il est déconseillé de les manger. Ce sont des oranges amères (Citrus Arantium). Cette tradition de planter des orangers remonte au XIIe siècle, pour embellir la ville. On utilisait aussi la fleur d’oranger dans les parfums et pour confectionner des marmelades amères. Bref, les orangers, c’est tout bête, mais ça m’a surpris 🙂

Avant de se lancer à la découverte de la ville, commençons par un rapide résumé historique (car j’aime bien ça).

Un peu d’histoire

Selon la légende, c’est le héros mythologique Hercules qui aurait fondé la cité, après avoir remonté le fleuve, et tué Geryon (roi de Tartessos) pour lui voler ses bœufs. Une fondation avec des origines mythologique, c’est plutôt classe ! 🙂 Véritable légende ou pas, on sait en tout cas qu’historiquement, la civilisation des tartessiens était bien là en -800, et que la cité s’appelait alors Ispal. La ville deviendra romaine (Hispalis), puis sera conquise par les Wisigoths avant de tomber aux mains des musulmans en 712 et renommée en Isbiliya. Plus de cinq siècles plus tard, en 1248, les troupes de Castille du roi Ferdinand III reprennent la ville. Plus tard, après la découverte des Amériques, c’est le Siècle d’Or de l’Espagne, et Séville devient une des villes les plus puissantes du monde! Puis, la capitale de l’Andalousie commence à perdre peu à peu de son importance. À cause de l’ensablement du port, la riche activité portuaire est transférée à Cadix. La ville conserve son aura de ville savante avec une prestigieuse université, une vie artistique riche et la plus grande cathédrale du monde. Elle souffrira des guerres napoléoniennes, où une bonne partie de son patrimoine sera pillé par les français ou dispersé (à Madrid notamment). En 1929 elle accueille la grande exposition Euro-Américaine qui aide à faire rentrer la cité dans le monde moderne. En 1992, l’Exposition Universelle lui donne un véritable coup de neuf. Depuis, Séville, c’est la perle Andalouse, dynamique, vivante et capitale du tourisme 🙂

Venir à Séville

En avion, en train, en voiture, vous avez le choix ! Pour nous, c’est une étape de notre roadtrip en Andalousie. Nous venons de Cadix à environ 1h30 de route. Pour le logement (réservé à la dernière minute), nous avons choisi l’hôtel ON Suites Sevilla, moderne, confortable, bien insonorisé. C’est un excellent rapport qualité prix. Son emplacement est tout proche du quartier historique, mais aussi du quartier moderne de la Cartuja au nord ouest de la ville. On décide donc de commencer la visite de Séville par ce quartier. On en profite aussi pour y garer la voiture, car le stationnement dans les rues est facile à trouver et gratuit, ce qui est bien pratique!

Au passage, un bon moyen de visiter Séville, c’est de le faire à vélo! La ville est toute plate et à l’exception des grands boulevards, les rues sont tranquilles. Pour en profiter, il y a les vélos en libre service Sevici.

La Cartuja

C’est un quartier moderne et réhabilité où a eu lieu l’Exposition Universelle de 1992. On sent que ce modernisme n’a pas trop fonctionné, car on a l’impression de traverser un quartier un peu désert et sans âme. Entre les grands ensembles administratifs et les vestiges de l’exposition qui vieillissent plus ou moins bien, on découvre deux grands bâtiments. Le premier c’est la massive tour ronde Torre Triana (55m de haut). C’est un grand bâtiment administratif qui s’inspire du château Saint-Ange de Rome.

L’autre gigantesque monument, c’est LE gratte ciel de Séville, la Torre Sevilla. De forme elliptique, il atteint 180m de haut! En principe, il est interdit de construire aussi haut, car à Séville, aucun bâtiment ne doit être plus haut que la Giralda de la cathédrale (98m). L’exception qui confirme la règle quoi. Pour info, il est possible d’aller profiter de la vue sur le rooftop le plus haut de la ville pour 8 Eur (ticket en vente sur ce site).

Le quartier El Arenal, le longs du Guadalquivir

Nous allons ensuite dans le quartier El Arenal en longeant les quais du fleuve Guadalquivir (nom donné par les arabes). C’est un fleuve navigable jusqu’à l’océan, situé 70km plus loin. Il a grandement participé à la richesse de Séville. Il permet d’irriguer les vastes plaines agricoles autour de la ville, il a favorisé le commerce et les grands voyages à la découverte du monde. Les longs quais du fleuve sont propres, modernes et aménagés en promenades (un héritage de l’Expo Universelle de 1992). On découvre le joli pont Isabelle-II, long de 149m, aussi connu sous le nom de pont de Triana. Il est construit en 1852, et aussi incroyable que ça puisse l’être, c’est le premier pont de Séville! Ce qui veut dire qu’avant cette date (1852 je le rappelle hein), pour aller de l’autre côté du fleuve, il n’y avait qu’un pont flottant avec des barques! Et jusqu’à son embouchure dans la mer, c’était quasiment le seul point de passage permettant de traverser le Guadalquivir! Voilà, je trouve toujours ces histoires hallucinantes. De nos jours, avoir plein de ponts, ça parait juste tellement normal qu’on a du mal à réaliser la vie d’avant.

Un peu plus loin, un étrange navire est à quai. C’est le Nao Victoria, une « caraque » à trois mâts, un bateau de la marine espagnole du XVIe siècle. Il a une véritable histoire! C’est la reconstitution du navire Victoria, qui faisait parti de l’expédition de Magellan. Ce célèbre explorateur navigateur est le premier à faire le tour du monde. Il part de Séville en 1519. Sur les cinq navires de cette expédition, le Victoria sera le seul à revenir tant bien que mal au port après 3 ans de voyage et de péripéties autour du globe. Magellan est mort en cours de route, il ne reste que 18 membres d’équipages seulement sur les 245 présents au départ. Mais le navire est chargé de clous de girofle en provenance des Moluques, les légendaires îles aux épices d’Indonésie. C’est un énorme succès commercial et de prestige pour la couronne espagnole! La reconstitution de ce bateau survivant peut se visiter (10€). Et ce n’est pas juste une attraction touristique, car ce Nao Victoria peut réellement naviguer. Il a même réalisé un tour du monde en 2006!

Un autre témoin de l’histoire se dresse un peu plus loin, c’est la Torre del Oro. Haute de 36m, cette « Tour de l’Or » date de l’époque arabe. Elle faisait alors parti des murailles et fortifications qui protégeaient la cité Isbiliya. Son rôle était de surveiller et contrôler le fleuve. Plus tard, les espagnols conserveront la tour et y stockeront une partie des richesses des navires chargés d’or et d’argent revenant des Amériques, d’où son nom. La tour abrite maintenant un petit musée gratuit sur l’histoire navale de la ville. Plus d’infos sur ce site.

J’en profite pour ajouter un petit détail : le fameux Guadalquivir qui traverse la ville de Séville, et bien ce n’est pas un fleuve, en tout cas depuis 1948! Comme il y avait souvent des inondations lors des crues, un grand canal a été creusé à l’ouest de la ville. Le fleuve a été totalement dévié. L’ancien lit du fleuve qui traverse Séville est même bouché au nord. C’est maintenant un simple plan d’eau qui s’appelle le Canal Alphonse XIII. Comme il n’y a pas de courant, c’est un endroit parfait pour pratiquer l’aviron ou le canoé par exemple 🙂

En s’éloignant du pseudo-fleuve sur quelques rues, on découvre des belles habitations aux façades colorées (ça change des murs blancs à la chaux qu’on retrouve partout en Andalousie). Les riches demeures sont surchargées de nombreuses moulures et de balcons à encorbellement.

On retrouve quelques beaux exemples de cette architecture bourgeoise dans la rue C. Pastor y Landero ou au très bon resto à tapas Cinco Jotas (C. de Castelar, 1), qui est d’ailleurs une très bonne adresse 😉

Puis, on arrive devant les grandes arènes de la Real Maestranza. La tauromachie et l’Espagne, c’est une histoire indissociable, et particulièrement en Andalousie. Au début, c’était une pratique réservée aux nobles, et qui se pratiquait à cheval. Puis, la corrida est devenu un lieu de prestige pour l’affrontement entre un matador à pied et un taureau de combat. Si l’histoire de la corrida vous intéresse, il faut absolument passer par la très jolie ville de Ronda. L’arène de Séville est achevée en 1881. Il aura fallu 120 ans pour la construire (entre temps, le roi Charles III avait interdit les corridas, une décision pas très populaire à l’époque). Elle peut accueillir 12.500 spectateurs. Il est possible de la visiter (12€). Plus d’infos sur ce site (bon à savoir, il y a aussi parfois des visites gratuites).

Dans un petit square situé devant l’arène, on peut voir une statue en bronze de Curro Romero, un des matadors les plus célèbres (pour sa recherche de la « beauté du geste ») et controversé (pour son attitude et son caractère) de Séville.

Quelques rues plus loin, il y a un très bel endroit caché à découvrir. C’est la Plaza del Cabildo, une jolie place semi-circulaire. D’un côté, il y a cet élégant bâtiment en arc de cercle, et de l’autre côté, la place est fermée par une section des anciens remparts de la ville.

Cette place a été créée dans les années 1950 à l’emplacement de l’ancien collège San Miguel. C’est un véritable petit oasis de tranquillité loin de l’agitation des rues de Séville. Vous tomberez forcément sous le charme 😉 Tous les dimanches matins, la place accueille un marché d’antiquaires.

À deux pas d’ici, c’est le quartier de Santa Cruz, où se trouve l’immense cathédrale de Séville!

La Cathédrale de Séville

On arrive maintenant à la fameuse Cathédrale de Séville! Je dois bien l’avouer, à première vue, elle ne me parait pas aussi incroyable que ça. Elle a une forme étrange, une allure massive et brute, et ne parait pas si grande que ça. Bref, de l’extérieur, j’ai déjà vu mieux! Alors est-ce que ça vaut le coup de la visiter. Absolument OUI! C’est un peu l’édifice de tous les records. C’est la plus grande cathédrale gothique du monde et un des monuments les plus visités d’Espagne avec plus de deux millions de visiteurs par an.

Sur ce même emplacement, il y avait tout d’abord la grande mosquée de Séville (avec un grand minaret), construite au XIIe siècle par les Almohades alors au pouvoir. Après la prise de la ville par les chrétiens en 1248, elle est reconvertie en cathédrale. Pendant plus de 150 ans, les habitants de Séville utiliseront cette « mosquée-cathédrale ». Puis, à la suite d’un tremblement de terre, trop endommagée, elle est finalement détruite. Par chance, le minaret intact est conservé. C’est maintenant l’actuel Giralda qui sert de clocher. On décide aussi de conserver la grande cour d’ablutions qui deviendra la Cour des Orangers. En 1433, la ville lance les travaux d’une cathédrale grandiose qui doit être la plus belle de toutes. En 60 ans, le plus gros des travaux est achevé. Ensuite, ce sont des siècles de décorations, de réparations et d’embellissement. Elle survit presque sans dommages aux secousses du terrible tremblement de terre de Lisbonne de 1755. Et mis à part l’effondrement d’un grand pilier à l’intérieur en 1888, elle se porte bien.

Pour acheter son billet d’entrée, ça se passe sur ce site. La visite libre de la cathédrale et de la Giralda avec un audioguide vous coutera 18€.

Dès qu’on pénètre à l’intérieur, on est pris de vertige par le gigantisme de l’édifice. C’est un immense espace de 116m de long sur 76m de large. Les voûtes culminent à 37m de haut. On se sent tout petit dans cet immense construction!

On est frappé par la richesse de son architecture. Il suffit de lever les yeux pour se rendre compte qu’absolument tout est décoré ou sculpté!

Une petite anecdote sur ce plafond : durant des travaux de restauration dans les années 2000, des capteurs ont mesurés que les murs de la cathédrale se dilatent le jour et et se contractent la nuit sur plus de 2 cm, un peu comme une grande et lente respiration régulière. Depuis, on a coutume de dire que la cathédrale de Séville respire 🙂

Où qu’on regarde, c’est une profusion de richesses dans les moindres recoins, dans la moindre chapelle!

On parcourt les différentes chapelles les yeux écarquillés. Puis, on aperçoit l’énorme autel en argent où trône l’eucharistie, dans un soleil rayonnant qui semble fait de diamants et d’argent.

En face, il y a un attroupement de visiteurs. La cathédrale abrite en effet un énorme tombeau qui ne laisse pas indifférent. Il s’agit du tombeau de Christophe Colomb.

D’abord enterré à Valladolid (où il est mort en 1506), la dépouille du célèbre navigateur découvreur des Amériques est envoyée à l’autre bout du monde à Saint-Domingue, puis à La Havane. Quand l’Espagne perd la possession de l’ile de Cuba en 1899, ses restes contenus dans une urne en plomb sont rapatriés à Séville. En 1902, il repose officiellement dans la cathédrale.

L’urne est placée dans un grand cercueil décoratif, porté par quatre grands hérauts. Ces personnages hauts de 2.60m, sont en bronze avec le visage en albâtre. Ils représentent les quatre royaumes espagnols (Castille, Leon, Aragon et Navarre).

Si jamais vous avez des doutes sur l’authenticité de la dépouille de Christophe Colomb, des analyses génétiques ont montrées récemment que l’ADN correspond bien au célèbre marin Génois (en comparant avec des échantillons existant de son frère et son fils).

Dans la nef centrale, la partie la plus solennelle de la cathédrale, il y a un véritable chef d’œuvre (un de plus me direz-vous haha). Ici se trouve le plus grand retable de la chrétienté avec 30m de haut sur 20m de large. Sa réalisation commencée en 1482 aura demandé plus d’un siècle de travail aux différents artistes pour créer la plus grande sculpture en bois polychrome de l’époque. Le tout a ensuite été recouvert de feuilles d’or (ah les richesses du nouveau monde). Plus de 200 figures de saints sont représentées. Il y a des détails d’une finesse absolue et des dorures absolument partout. C’est une œuvre incroyable!

On attrape un autre torticolis quand on est devant le grand orgue! Celui-ci est récent car il date de 1901. Le précédent avait été détruit lors de l’effondrement du pilier de 1888.

La nef centrale est occupée par le chœur. Entouré de murs en pierre, il abrite les stalles sculptées en bois pour les 117 sièges du clergé de la cathédrale.

Derrière le chœur, on trouve le jubé qui marque la frontière entre les ecclésiastiques et les fidèles.

Ce trascoro est superbement décoré en mélangeant le bronze, le marbre et le jaspe.

Il est temps maintenant d’aller découvrir deux ajouts majeurs à la cathédrale, réalisés durant la Renaissance au XVIe siècle.

Commençons tout d’abord par la Chapelle royale. Surmontée d’une grande coupole, elle est magnifique avec son style baroque. C’est ici qu’on peut voir la fameuse « Virgen de los Reyes » (la Vierge des Rois). Cette sculpture de la Vierge aurait accompagné le roi Ferdinand durant toutes ses batailles jusqu’à la prise de Séville. Elle est célébrée le 15 aout avec une grande procession à travers les rues de la ville.

Plusieurs têtes couronnées d’Espagne sont enterrées ici, dont le célèbre Ferdinand III de Castille qui a joué un rôle majeur dans la Reconquista.

En suivant un couloir, on atteint la Salle Capitulaire. Là aussi, c’est une grande réussite architecturale 🙂 Elle surprend immédiatement car elle a une forme elliptique!

C’est ici que se tenaient les assemblées importantes pour débattre sur la gouvernance spirituelle. Une attention particulière a été apportée pour avoir une décoration sobre et lumineuse, pour « aider à apporter une harmonie dans les débats ».

Le plafond de forme ovale est lui aussi tout à fait étonnant! Vous verrez que l’acoustique y est surprenante, on a l’impression d’y entendre le moindre chuchotement.

Enfin, on termine la visite de cet incroyable cathédrale par la Giralda 🙂 C’est un des emblèmes de la ville. Cette gigantesque tour haute de 104m est l’ancien minaret de la grande mosquée. Il a gardé une partie de ses décorations almohades. Le sommet a été réhaussé durant la Renaissance pour l’ajoute d’une statue en bronze de 3.5m de haut. Cette silhouette féminine, Giraldillo, représente le triomphe de la foi. Montée en girouette, c’est elle qui a donné son nom au clocher.

On peut grimper au sommet de la Giralda. Il faut juste s’armer d’un peu de patience avant d’y pénétrer car il y a toujours la queue. Après avoir gravi les 34 étages en pente douce sans s’essouffler, on peut enfin profiter du panorama sur Séville 🙂

Evidemment, avec un beau ciel bleu, tout ça aurait été tellement plus beau, snif snif 🙂

On peut apercevoir un grand bâtiment carré (en bas à droite sur cette photo). C’était la Casa de la Contractacion. Elle servait à collecter le quinto real, une taxe obligatoire de 20% sur toutes les richesses du nouveau monde qui arrivaient en Espagne.

Après le transfert de cette administration et de ses privilèges à Cadix en 1717, le bâtiment devient les Archives Générales des Indes. Il accumulait et compilait toutes les connaissances de l’époque sur les Amériques. Il est possible de le visiter gratuitement en s’inscrivant ici.

Juste à côté se trouve l’autre immense monument de Séville, le plus ancien palais habité d’Europe, j’ai nommé …

Le Real Alcazar de Séville

Un alcazar, c’est un palais fortifié. Celui-ci est construit dès l’arrivé des arabes à Séville en 720. Il est modifié à de nombreuses reprises au cours des siècles par les musulmans. Après la prise de la ville par les espagnols, il est converti en résidence royale. C’est surtout Pierre Ier de Castille qui fera les plus grands changements au XIVe siècle. Ce palais est un superbe exemple du style mudéjar (celui des musulmans restés en Espagne).

Pour acheter son billet (15€), c’est sur ce site. Il faut compter environ 2-3h pour la visite. Venez de préférence dès l’ouverture pour ne pas avoir trop de monde.

On franchit d’abord les anciennes murailles arabes du XIIe siècle en passant par la Porte du Lion pour arriver sur le Patio Monteria.

Sur la gauche, on peut découvrir la Salle de Justice, où le roi rendait ses jugements. Il n’y a pas grand chose d’intéressant à voir à l’intérieur. Je préfère aller à droite dans le Salon de l’Amiral. C’est ici que se discutaient le destin des grandes expéditions maritimes soutenues par la couronne espagnole. Cette salle sert maintenant de lieu d’exposition pour des grands tableaux, comme le chef d’œuvre de Virgilio Mattoni, peint en 1887, qui illustre l’agonie du roi Ferdinand III. Sur son lit de mort, il se lève pour la sainte hostie présentée devant lui et meurt les bras en croix.

La pièce adjacente, c’est la Salle des Audiences. La pièce artistique majeure ici, c’est le retable de la Vierge des Navigateurs. On y voit les explorateurs des Amériques (dont Christophe Colomb).

On pénètre maintenant dans le Palais mudéjar (remodelé par le roi Pierre Ier). Etrangement, le souverain chrétien fait appel à des artisans arabes pour les décorations et à plusieurs reprises des inscriptions en arabes donnent des louanges à Dieu et au roi.

On est irrésistiblement attiré par la lumière et l’ouverture du Patio de las Doncellas (la Cour des Demoiselles). C’est une grande et belle cour rectangulaire entourée d’arcades, avec un long bassin au centre. Son nom vient d’une légende selon laquelle les maures exigeaient un tribut de 100 jeunes filles vierges par an de la part des royaumes chrétiens.

Jusque dans les années 2000, la cour était pavée de marbre blanc. Puis après des fouilles, on a découvert que ce marbre rajouté au XVIe siècle recouvrait en fait un ancien bassin et des jardins. Depuis la cour a retrouvé l’aspect qu’elle avait à son origine.

Tout autour de la cour, c’est une profusion d’arcs finement sculptés et d’azulejos colorés qui recouvrent les murs. Les galeries sont également décorées et peintes.

On découvre ensuite la Cour des Poupées (Patio de las Munecas), nommée ainsi à cause des minuscules visages sculptés dans le stuc. Cette partie du palais était réservé à la reine.

Au XIXe siècle, cette cour a été surélevée d’un étage et une verrière a été rajoutée. Ce n’est pas du tout dans l’esprit des patios arabes où l’air doit circuler, mais ça reste joli quand même 😉

Plus loin, il y a une magnifique entrée avec un arc en forme de fer à cheval. C’est forcément pour aller dans un endroit splendide.

Et cet endroit, c’est le Salon des Ambassadeurs, la plus belle salle du palais! 🙂 Au plafond, on est complètement bouche bée devant cette incroyable coupole dorée!

La suite de la visite de l’Alcazar passe par le Palais Gothique. Je trouve cette partie beaucoup moins intéressante. On notera tout de même le Salon des Tapisseries, avec les gigantesques tapisseries représentant la conquête de Tunis par Charles Quint.

Après ce palais gothique « récent » mais qui parait pourtant bien « vieillot », on sort prendre l’air.

Les Jardins de Séville

On s’éloigne de la foule pour pénétrer dans les jardins de l’Alcazar 🙂 On commence par le Jardin de la Galera près du Salon des Ambassadeurs. Avec ses treilles recouvertes de glycines et ses jolis arbustes, c’est un petit havre de paix curieusement délaissé par les visiteurs.

Les jardins font partie intégrante de l’alcazar. C’est un lieu de promenade, de sérénité, de senteurs et de fraicheur. Ils ont été modifiés entre l’époque arabe, la Renaissance et les temps modernes. On se balade dans des grandes allées, au milieu des palmiers et des senteurs des fleurs d’orangers 🙂

Les jardins sont vraiment immenses, il y a énormément à voir! Peut-être même un peu trop d’ailleurs.

Et j’avoue ne pas avoir été franchement subjugué par la beauté de ces jardins. Peut être que le ciel un peu gris n’a pas aidé.

Le Quartier de Santa Cruz

Quittons l’Alcazar pour continuer à nous perdre dans les ruelles du quartier de Santa Cruz. Bon, à vrai dire, on n’était pas du tout perdu, je savais exactement où je voulais aller. Je vous encourage à faire de même et de vous diriger vers la petite Plaza Alfaro pour y découvrir une curiosité locale. À l’angle d’une rue, vous verrez cette ancienne grille devant une fenêtre. Elle n’a l’air de rien et pourtant! C’est la Reja del Diablo, la grille du diable! D’après la légende, le fer doit être forgé à blanc pour réaliser une telle prouesse, et à l’époque, seul le diable pourrait y arriver sans se brûler (ou alors un habile ferronnier). Toujours est-il que cette petite grille de fenêtre est considérée comme un chef d’œuvre de métallurgie andalouse!

Un tout petit peu plus loin en allant vers le parc, vous pourrez admirer le très joli balcon de Rosina. C’est le balcon du plus célèbre opéra du monde, le Barbier de Séville de Rossini. Pour la petite histoire, dans cet opéra, la passionnée Rosina et son amoureux Lindoro s’y retrouvent pour se donner la sérénade, aidés par Figaro, le fameux barbier. Bref, un petit endroit sympa à découvrir avant de rentrer dans le beau Jardin de Las Tres Fuentes et ses magnifiques ficus géants 🙂 C’est un jardin botanique calme et vraiment agréable.

Ce petit coin de verdure donne sur le grand Jardines de Murillo, tout en longueur. Au centre de ce jardin trône un grand monument dédié à Christophe Colomb.

Le Parc Maria Luisa et la Plaza d’Espana

En suivant ce long jardin jusqu’au sud, on arrive à l’immense Parc Maria Luisa. L’endroit le plus célèbre ici, c’est la fameuse Plaza de España, d’une superficie de 50 000 mètres carrés! 🙂

Ce gigantesque ensemble architectural a été construit pour la grande Exposition ibéro-américaine de 1929. C’est une place ouverte « qui symbolise l’Espagne accueillant ses anciennes colonies à bras ouverts ». Au centre de la place trône une grande fontaine, entourée d’un canal de 515m de long. Il est possible de louer des barques (6€ pour 4 personnes) et de ramer plus ou moins fièrement le long de ce beau canal 😉 Il est enjambé par quatre ponts décorés de céramiques (représentant les royaumes de Castille, Aragon, Navarre et Leon).

Un grand palais en brique et en marbre longe la périphérie de la place. Aux deux extrémités, il y a une grande tour de 80m de haut, comme des répliques de la Giralda. On peut s’y balader librement à l’abri de larges galeries couvertes.

Des bancs décorés d’azulejos colorés longent l’édifice. Ils représentent les 49 provinces d’Espagne de l’époque. Chacune est représentée avec sa carte, le blason de sa capitale, et quelques fresques historiques.

La place accueille régulièrement des concerts tout au long de l’été et vous y verrez sans aucun doute des représentations de flamenco 🙂 Jusqu’à 10.000 personnes peuvent se rassembler ici. Vous l’avez peut-être aussi déjà vu au cinéma dans un film Star Wars (L’attaque des clones).

Si vous en avez l’occasion, visitez aussi les larges allées verdoyantes du grand Parc Maria Luisa. Il s’agit des anciens jardins du Palais de San Telmo. Ils sont offerts à la ville en 1893 par l’infante Maria Luisa (pour rappel, « infante » est un titre officiel que portent en Espagne les enfants du roi qui n’héritent pas du trône). C’est un immense espace de verdure dans la ville où il fait bon se promener en vélo, pour aller se détendre de fontaines en fontaines. Vraiment, vous allez aimer 🙂

L’Université de Séville

En revenant sur vos pas en direction du centre historique, faites un petit détour pour découvrir l’Université de Séville, surnommée La Hispalense. Sa fondation remonte en 1505!

Son siège actuel se trouve depuis 1959 dans l’immense bâtiment de l’ancienne Fabrique Royale de Tabac de Séville. Lors de sa construction au XVIIIe siècle, cet édifice de 185m de long sur 147m de large est un des plus grands bâtiments industriels du monde.

Plus d’infos sur l’université sur le site officiel.

Après une petite halte devant la belle fontaine d’Hispalis sur la Plaza Puerta de Jerez, retournons dans le centre de Séville 🙂

Enfin, on ne peut pas visiter Séville sans aller voir Metropol Parasol. Cette étrange structure en bois est inaugurée en 2011 après de nombreux problèmes techniques durant sa construction. D’après l’architecte, sa forme est sensée rappeler les voûtes de la cathédrale et les grands ficus de la place. Pour tout le monde, ça ressemble à des champignons géants. C’est une des plus grandes structures en bois au monde, et c’est maintenant un des emblèmes de la ville de Séville.

La structure abrite un marché couvert, un musée abritant des vestiges archéologiques découverts lors des travaux sur la place. On peut aussi se restaurer dans un restaurant perché. Une promenade de 250m est aménagée sur le toit de la structure, à 28m de hauteur. Pour découvrir ce point de vue unique, le ticket est à 16 Eur, disponible sur ce site. Il est recommandé d’y aller en fin de journée pour profiter des belles couleurs au soleil couchant et des illuminations la nuit!

C’est ici que s’achève cette découverte de la belle ville de Séville 🙂

➡️ La suite du road-trip en Andalousie : Cordoue, une merveille

⬅️ L’étape précédente : La belle ville de Cadix

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