Ronda en Andalousie, c’est une magnifique découverte! Cette petite ville est perchée sur un plateau à 730m d’altitude, au bord de la falaise, traversée par une gorge profonde creusé. Un panorama incroyable, une belle atmosphère, et un incroyable pont, symbole de la ville. C’est une destination touristique incontournable. Préparez-vous à un véritable coup de cœur à Ronda 😉
L’histoire de Ronda
Ronda est une des plus vieilles villes d’Espagne. D’abord connue comme Arunda avec les Celtes, elle devient une colonie fortifiée romaine, puis Wisigoth. En 713, c’est la domination musulmane sur la péninsule ibérique. Elle devient Izn-Rand Onda, une cité stratégique de la province. Reprise par les chrétiens en 1485, l’ancienne médina arabe devient « la ciudad » historique. Au XVIIIe siècle, il y a une forte croissance, qui sera marquée par la construction de la « ville nouvelle » et du fameux pont. Durement touchée par la guerre contre les armées de Napoléon, puis appauvrit par la Guerre Civile Espagnole, Ronda reprend finalement des couleurs grâce au tourisme. Chaque jour des milliers de visiteurs venant de la Costa del Sol sont attirés par le charme de cette jolie ville andalouse 🙂
La ville historique n’est pas très grande. On peut facilement visiter les principaux points d’intérêts en une journée (ou deux en prenant son temps).
Venir à Ronda
Ronda est la première étape de ce road-trip en Andalousie. Elle se situe à environ 1h20 de route depuis Malaga. Première épreuve : le challenge quand on arrive en voiture à Ronda c’est de se garer. La ville attire énormément de touristes, le centre ville est minuscule et perché au bord d’une falaise. Autant dire que les places sont chères, dans tous les sens du terme. Pour ne pas se prendre la tête à galérer dans les petites ruelles, on a choisi le parking Poeta Rilke (il était juste à côté du logement). Ce n’était pas franchement l’option la plus rentable, il faut compter 25€ pour une journée! Beaucoup moins cher, il y a le grand parking public (non gardé) de La Concepción (si vous trouvez une place de libre). Attention, ne vous garez pas n’importe où dans les rues. Si vous voyez une ligne jaune sur le trottoir, ne restez pas là! La politique de stationnement est très stricte à Ronda, et les rues et les zones réservées évoluent régulièrement. Pour ne pas avoir de mauvaises surprises, retrouvez les dernières infos à jour sur ce site. Pour le logement, nous avons choisi un petit appartement (Apartamentos Alameda le long de C. Jerez).
Découverte de la ville
Pour commencer la visite de cette jolie petite ville, nous nous immergeons immédiatement dans la culture andalouse … en se faisant un resto japonais! haha 🙂 Sans rire, je vous conseille l’excellent Myagi Express (C. Jerez, 2)! Après ce bon repas, nous arrivons à la Placa Cristóbal Aguilar Barea.

Au bout de ce joli espace ombragé, c’est le point de vue Balcón del Coño. C’est le premier panorama sur la Sierra de Grazalema et la campagne andalouse depuis les hautes falaises de Ronda.

Bah voilà, ça commence bien, c’est magnifique! 🙂
L’arène de Ronda
En continuant le long de la rue, nous arrivons à l’arène de Ronda (Plaza de Toros de Ronda). Qu’on aime ou pas la corrida, c’est je pense un lieu qu’il faut visiter car il apprend beaucoup sur l’histoire de la tauromachie. Le ticket d’entrée (9€) donne aussi accès à un musée très intéressant (plus d’infos sur les horaires et tarifs ici) qui parle d’autres sujets que la corrida. On peut par exemple découvrir la sellerie royale où sont présentées des selles orientales extraordinaires.


On apprend qu’en 1572, le roi Philippe II créé une école d’équitation royale. La noblesse espagnole peut ainsi s’exercer aux pratiques militaires à cheval à la Real Maestranza de Caballeria de Ronda. Depuis l’antiquité les courses de taureaux existent en Espagne. Logiquement, les nobles ont continué cette pratique, mais à cheval. Les corridas sont alors principalement des joutes où un picador, un cavalier armé d’une lance, affronte le taureau.


Puis, vers le XVIIIe siècle, lors d’une nouvelle course à Ronda, Francisco Romero demande l’autorisation de tuer le taureau. Cette fois, il le fait sans cheval, avec une épée, et après avoir épuisé le taureau avec un leurre (la muletilla). Ce n’est pas le premier dans l’histoire à le faire, mais c’est celui qui rendra cette nouvelle pratique célèbre et populaire. C’est le premier matador professionnel. C’est ainsi que la corrida moderne est née à Ronda. Réputé pour son courage et son élégance, il donnera un prestige nouveau à la corrida.

Devant l’essor populaire de cette nouvelle tauromachie, on fait construire l’arène de Ronda en 1785. C’est une des plus anciennes arènes d’Espagne toujours en activité. Elle mesure 66m de diamètre et elle est considérée comme une des plus belles arènes du monde 🙂
Si vous avez la chance de visiter Ronda en septembre, vous pourrez peut-être assister aux célébrations des fêtes de Pedro Romero, du nom d’un autre célèbre Matador de Ronda (le petit fils de Francisco). Pour cette occasion, la ville organise une corrida goyesque. Le principe, c’est de faire une corrida avec les habits et les coiffures traditionnelles du XVIIIe siècle (époque du célèbre peintre Goya).
Juste derrière l’arène, après avoir traversé un petit jardin, on arrive à côté d’un élégant kiosque à musique. Un balcon a été aménagé au dessus du précipice.

Pour un point de vue de folie avec les pieds dans le vide, c’est ici qu’il faut venir. Vertige assuré! 😉
Le Puento Nuevo
Un peu plus loin, après avoir traversé la Plaza España, on découvre enfin le principal monument de Ronda. Le Puento Nuevo (pont neuf), véritable prouesse architecturale, est devenu le symbole de la ville. C’est un monumental pont en pierre construit au dessus des impressionnantes gorges de Tajo de Ronda où coule le Rio Guadalevin, profondes de 100m!


Le pont est construit au XVIIIe siècle, à la même période que l’arène et la ville nouvelle. C’est l’époque où Ronda connait un fort regain économique. Avant sa construction, on devait traverser le Rio Guadalevin plus bas, sur un vieux pont. Lors de son inauguration en 1793, le pont de Ronda est celui avec la plus haute travée au monde! Pour réaliser cet exploit (et éviter un drame comme l’effondrement du pont précédent qui a fait 50 morts), les architectes ont fortement consolidé le ravin. Après avoir sécurisé le tout avec d’énormes piliers, il ne reste plus qu’une petite arche à construire. Dans cette arche on aperçoit une petite fenêtre. Il y a un espace à l’intérieur, qui a longtemps servi de prison. Maintenant, c’est un petit espace d’exposition.

Pour voir ce grand pont dans son intégralité, il faut s’éloigner un peu et quitter le centre ville. Un sentier descend avec une forte pente depuis la vieille ville et permet d’avoir un peu plus de recul. À noter, il y a un autre passage à flanc de falaise qui permettait d’arriver jusqu’au pied du pont. Son accès est désormais payant (5 Eur) et il y a des travaux de rénovation. Je vous conseille de le laisser de côté et suivre le chemin un peu plus loin. Il y a plusieurs miradors aménagés pour avoir des beaux points de vue, et c’est gratuit 🙂
La vieille ville
En remontant depuis les miradors du Pont Neuf, vous pouvez faire un petit détour pour passer par la Puerta del Almocábar. Cette ancienne porte du XIIIe siècle est un des rares vestiges des fortifications de la cité musulmane. Après la reconquête chrétienne, la médina arabe a été transformée. Par exemple, l’ancien Château des Lauriers est devenu un grand sanctuaire avec l’église Maria Auxiliadora. La mosquée est devenue la grande église Santa Maria la Mayor. Même si cette partie de Ronda est un peu moins touristique, c’est avec plaisir qu’on se perd dans les minuscules ruelles aux murs blanchis à la chaux.

Après avoir franchi la porte Arco de San Felipe, un chemin pavé mène au Puento Viejo. C’est un pont d’origine arabe qui relie l’ancienne vieille ville musulmane avec la quartier du Mercadillo. Il est beaucoup moins impressionnant que le grand Puento Nuevo, mais il est tout de même à 30m au dessus du Guadalevin!


Malgré cette hauteur, ça ne l’a pas empêché d’être plusieurs fois détruit par des crues dévastatrices de la rivière. On a du mal à imaginer ces scènes quand on voit le rio qui semble bien calme tout au fond du canyon!
Il y a un autre pont (le troisième de Ronda) situé un peu plus bas. C’est le plus ancien. Sans doute d’origine romaine, il a été refaçonné à de nombreuses reprises au cours des siècles. Juste à côté, il y a le site des bains arabes du XIIIe siècle. Ces ruines peuvent se découvrir lors d’une courte visite et accompagnée d’une vidéo explicative (entrée 5 Eur).
Jardines de Cuenca
On remonte ensuite par l’autre rive des gorges, en passant par Jardines de Cuenca. Le nom est trompeur car il ne s’agit pas vraiment d’un jardin, mais d’avantage une promenade aménagée.

Il n’empêche, c’est un endroit vraiment agréable où on se balade sur les différentes terrasses au bord du vide. Les points de vue sont encore une fois splendides 🙂
Le Palacio del Rey Moro
On ne peut pas louper le Palacio del Rey Moro (la maison du Roi Maure). C’est une construction qui se démarque de l’autre côté des gorges. Ce lieu est intimement lié à l’histoire de la ville. Il est construit sur une faille de la falaise. À l’époque de la domination arabe, une mine creusée dans cette faille permettait de descendre jusqu’à la rivière. Là, une grande roue était actionnée par des esclaves chrétiens et permettait d’approvisionner la ville en eau. En 1485, les troupes castillanes font le long siège de la cité Izn-Rand Onda. Finalement, un musulman finira par trahir l’existence de cette mine secrète. Une fois localisée, les castillans détruisent le grande roue. Sans eau pour les habitants, la chute de la cité est rapide. La prise de Ronda est alors un grand pas en avant dans la Reconquista espagnole!

Plus tard au XVIIIe siècle, des habitations sont construites au dessus de l’ancienne mine. En 1911, la duchesse Parcent achète ce site et décide d’en une grande maison au style néo-mudéja qu’on appelle désormais « la maison du Roi Maure » (alors qu’aucun roi n’a jamais habité ici). La duchesse fait appel à un paysagiste français pour réaliser un grand et magnifique jardin en terrasses au bord de la falaise. Le Jardin et l’ancienne mine secrète menant jusqu’à la rivière peuvent se visiter (tarif 10 Eur). La grande maison est hélas en travaux de rénovations depuis des années et n’est toujours pas ouverte au public. Pour les horaires et les tarifs, plus d’infos sur ce site.
El Mercadillo
On se promène ensuite dans El Mercadillo. C’est la partie de Ronda qui correspond à la ville nouvelle. Le cœur de ce quartier, c’est Plaza del Socorro.

Cette charmante place avec vue sur l’église colorée Nuestra Senora del Socorro est l’endroit idéal pour boire un verre à l’une des nombreuses terrasses et profiter de la douceur du soir 🙂


Pour le restaurant du soir, cette fois c’est du traditionnel andalou 😉 C’est le Gastro-Bar MK (C. Armiñán, 25) situé dans la vieille ville. C’est un petit restaurant familial qui propose une bonne nourriture typique (goutez le Rabo de Toro – ragout de queue de taureau) dans une ambiance conviviale. Je recommande 🙂
Bonne nuit Ronda 🙂
➡️ La suite du road-trip en Andalousie : La randonnée du Caminito del Rey
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