Après la découverte de Ronda la veille, et la randonnée du Caminito del Rey dans la matinée, la suite de ce road-trip en Andalousie nous conduit dans les jolis villages de Setenil de las Bodegas et de Olvera. Je souhaitais vraiment les visiter avant de filer vers Cadix. Ils font parti de la célèbre « Route des villages blancs » de la Sierra de Cadix. Ce sont des villages aux allures de carte postale, avec des maisons aux façades blanches, les murs peint à la chaux pour se protéger de la chaleur. Découvrons ça, hop en route! 🙂
Setenil de las Bodegas
Nous arrivons donc à Setenil de las Bodegas. Ce village est situé à environ 30min de route de Ronda et 1h30 de Malaga. Comme il est quasi impossible de se garer dans le village, la solution la plus pratique c’est d’utiliser le grand parking souterrain Los Canos. Il y a beaucoup d’espace et les tarifs sont corrects (1.80€/heure, et 9.60€ pour une journée). Sinon, vous pouvez tenter de vous garer le long de la route à l’extérieur du village. Il y a plusieurs emplacements gratuits mais peu de places, et comme c’est un village très touristique, elles partent vite.


Setenil de Las Bodegas est considéré comme un des plus beaux villages d’Espagne (la liste complète est dispo sur ce site : Pueblos más bonitos de España). Celui-ci est incontournable pour son côté insolite. Le village est en effet situé dans un canyon. Les habitations et les ruelles sont sous d’énormes surplombs rocheux! Depuis 1985, le village est classé « site historique et artistique » pour sa beauté et l’originalité de son urbanisme 🙂
Le village doit sa configuration vraiment unique à la rivière du rio Trejo. Dans ce terrain composé de calcaire et de marne, la rivière a creusé un canyon au fil des millénaires. Les couches argileuses plus tendre ont fini par disparaitre peu à peu, laissant de grands espaces sous la roche plus dure. Hop, les humains s’y sont installés dès la préhistoire, et plus tard on y a construit des maisons troglodytiques (troglodytiques certes, mais sans trop creuser la roche).

Sur les hauteurs du village, on peut apercevoir une tour carré. Ce petit donjon c’est tout ce qu’il reste de l’ancienne forteresse arabe du XIIIe. Elle possédait de grandes murailles et des tours fortifiées. La défense de cette petite cité était remarquable. Elle avait même la réputation d’être imprenable. Entre 1407 et 1484, il aura fallu pas moins de 7 sièges menés par les armées de Castille pour que les chrétiens arrivent enfin à conquérir la cité! Son nom viendrait d’ailleurs de là: « septem nihil », sept fois rien (et bodegas, car la ville possède des caves naturelles utilisées depuis longtemps pour y stocker le vin 😉 ). Le village traverse ensuite l’histoire et vit maintenant de l’activité agricole et du tourisme.


Setenil de las Bodegas, ce n’est vraiment pas très grand et il n’y a pas véritablement de monuments à visiter. Le petit donjon ne présente pas beaucoup d’intérêt. L’église Notre Dame de l’Incarnation, construite à la place de l’ancienne mosquée, est originale car une partie est en style mudeja et une partie en style gothique. Mais rien de fou non plus. Si on vient dans ce village, c’est surtout pour déambuler dans les ruelles et avoir le nez en l’air en se disant « mais comment c’est possible de vivre ici sans avoir peur que tout s’écroule sur sa tête? » 🙂

Les deux principales rues troglodytes sont Calle Cuevas del Sol, la plus commerçante et exposée au soleil, et Calle Cuevas de la Sombra, exposée au nord et souvent à l’ombre. Il ne faut pas hésiter à rentrer dans les boutiques et les bars sous la roche pour découvrir la déco étonnante à l’intérieur. Un avantage de vivre ici : les habitations sont naturellement climatisées tout l’été 😉


En 2 ou 3h (déjeuner inclus) on a fait le tour du village. Dommage pour la météo, le ciel bleu n’était pas au rendez-vous ce jour là. En tout cas c’est vraiment un bel endroit à visiter si vous êtes de passage dans la région. Plus d’infos sur le site du village.
À proximité : à moins de 10km de Setenil de las Bodegas, il y a un chouette site à découvrir. Ce sont les ruines romaines de la petite cité d’Acinipo, construite sur un plateau calcaire. Il n’en reste plus grand chose. Le principal monument encore un peu debout, c’est l’amphithéâtre, devant un joli panorama. Bonus : le site est gratuit et se visite rapidement en 30min, mais il n’est ouvert que le matin. Il était déjà trop tard pour nous, dommage …
Tant pis, hop en route vers la prochaine destination, Olvera, à une quinzaine de kilomètres ! 🙂

Sur la petite route de campagne entre Setenil de las Bodegas et Olvera, il y a ce genre de paysage. J’ai adoré ce panorama, beau comme un tableau, avec ce patchwork de couleurs de cultures, entre champs et plantations d’oliviers. C’est beau la campagne andalouse dans la Sierra de Cadix! 🙂
Olvera
Quand on arrive à proximité d’Olvera, on comprend pourquoi cette localité fait parti de la « route des villages blancs » 🙂 La colline est littéralement recouverte de maisons blanches et se détache nettement au milieu d’une mer de plantations d’oliviers! La beauté de cet endroit fait qu’Olvera est aussi classé site historique et artistique. Pour visiter la ville, je vous conseille d’utiliser le parking gratuit qui se trouve dans une montée derrière le château (Ctra. Subida a la Iglesia, 3). Comme vous vous en doutez, les rues de la ville sont bien pentues!

Olvera est une petite ville d’origine arabe. Elle est conquise par les chrétiens en 1327. Pour repeupler la ville après le départ des Maures, une méthode originale est utilisée. Le roi signe la charte royale « Carta Puebla » qui promettait l’amnistie à tout criminel s’il restait au moins un an et un jour dans la ville. De cette pratique est né un dicton « Tue un homme et va à Olvera ». Cette méthode inédite sera utilisée ensuite dans d’autres villes reconquises. Il devait y avoir une drôle d’ambiance dans les premières fêtes de villages à cette époque!


La petite ville est dominée par un donjon perché au sommet d’un éperon rocheux à 623m d’altitude. C’est ce qu’il reste de l’ancien château arabe du XIIe siècle. Pour la modique somme de 2€ il est possible de le visiter. Les ruines sont bien restaurées mais il y n’a pas grand chose à voir dans les deux étages du donjon (et la citerne). La visite vaut surtout le coup pour le magnifique panorama au sommet 🙂 Attention, il y a beaucoup de marches à monter et les escaliers sont bien raides et étroits. Le billet donne aussi l’accès à un petit musée historique sur le site.
Sur la place qui sert de belvédère, au pied du château, il y a la grande Église Notre-Dame de l’Incarnation. Avec sa façade monumentale à double clochers, elle domine le paysage! Sa construction remonte à 1843 à la demande du Duc d’Osuna. La façade extérieure est vraiment impressionnante mais j’ai trouvé que l’intérieur était un peu vide et tristounet (c’est peut-être lié au fait qu’elle a été victime d’un grand incendie en 2010).

Il y a un site intéressant à visiter juste à côté. Il est caché à l’arrière du château, juste sous les anciens remparts. C’est le cimetière paroissial d’Olvera. Il ressemble presque à un petit village blanc en miniature. C’est un lieu étrange, ouvert sur un magnifique panorama d’oliviers d’un côté, et de l’autre côté, sous la silhouette massive du vieux château. Il a été élu plus beau cimetière d’Espagne en 2019. Pas évident de conseiller un cimetière comme destination touristique, mais ça vaut le coup d’y jeter un œil (bien sûr avec respect et discrétion).


Pour continuer la découverte d’Olvera, il faut descendre dans les ruelles étroites et sinueuses du quartier de La Villa au pieds des remparts. C’est la plus ancienne partie de la ville qui correspond à l’ancienne médina arabe. La vue sur l’église depuis la rue Calle Calzada est la plus photogénique. Mais après cette longue journée (et sachant qu’il restait encore la route à faire jusqu’à Cadix), nous avons écourté la visite. En quittant Olvera, il y a un autre site à 2km à peine. C’est le Sanctuaire Notre-Dame de Los Remedios. Construit au XVIIe siècle, il abrite une statue de la sainte patronne de la ville. L’entrée est gratuite. Le sanctuaire est réputé pour son très beau patio coloré, sa décoration riche et l’importante dévotion des fidèles qui brulent des centaines de cierges et bougies.
➡️ Plus d’infos sur Olvera sur le site officiel.
À une quinzaine de kilomètres à l’ouest d’Olvera, si vous aimez la nature, vous trouverez le grand éperon rocheux de Zaframagon. Situé près d’une voie verte, il abrite une des plus grandes concentration de vautours fauves d’Europe.
En route pour Cadix
Pour nous, la route continue en direction de Cadix, à 1h30 d’ici. C’est la prochaine étape de ce roadtrip en Andalousie 🙂 Comme les logements dans le centre ville étaient soit complets soit hors de prix, notre choix s’est porté un peu plus loin dans la baie à El Puerto de Santa Maria. C’est donc l’hôtel Pinomar (C. Jade, 7, 11500 El Puerto de Sta María) en dehors de la ville qui a le privilège de nous recevoir! Situé au calme entre les pins et la mer, c’est un étonnant bâtiment au style andalou avec un vaste patio lumineux. Beaucoup de plantes et surtout une décoration riche et excentrique, et qui ne laisse pas indifférent haha 🙂


Pour le diner, je vous conseille l’excellent restaurant spécialisé en poissons et fruits de mer, le Maria Castana (C. Jade, 7, 11500 El Puerto de Sta María). Il est situé près de l’hôtel, le long du port Santa Maria, tout proche de la Playa de la Puntilla. Un bon repas, et un bon poulpe, ça fait toujours plaisir 😉
Laisser un commentaire