Si vous cherchez l’expérience incontournable pour prendre de la hauteur lors de votre séjour au Pays basque, vous êtes au bon endroit. Aujourd’hui, on lace nos chaussures, on remplit les gourdes et hop en route pour l’ascension de La Rhune ! 🙂
La Rhune, c’est le plus haut sommet du massif. Il ne culmine qu’à 905m d’altitude mais on le voit quasiment depuis partout avec son allure d’enclume. Il marque la frontière entre la France et l’Espagne. Ce sommet mythique offre l’un des plus beaux panoramas de la région. Si beaucoup choisissent de monter à bord du célèbre petit train à crémaillère, nous avons choisi de relever le défi à pied, en prenant le sentier au départ d’Ascain, un des itinéraires les plus authentiques et sauvages.
Fiche technique de la randonnée
La randonnée fait environ 10km aller-retour avec un dénivelé de 760m. Il faut compter 2h30 de montée et un peu moins pour le retour. Cette randonnée est accessible à tout le monde.
Le départ se fait depuis le joli village d’Ascain, commence au charmant village d’Ascain. Pour vous garer, direction le Parking des Carrières, indiqué à la sortie du village vers les montagnes.
Enfin, un petit détail qui peut s’avérer très utile. Un proverbe du Pays Basque dit : « Si tu vois la Rhune, c’est qu’il va pleuvoir. Si tu ne la vois pas, c’est qu’il pleut » 🙂 Sans vouloir en rajouter, si le pays Basque est si vert, c’est qu’il pleut souvent. Et la Rhune en est le parfait exemple. Les nuées en provenance du Golfe de Gascogne ont tendance à s’agglutiner au sommet. Un petit k-way de secours n’est pas inutile.
Le départ d’Ascain
Après une première partie de montée à l’ombre d’une zone boisée, le sentier émerge enfin sur les hauteurs, c’est le grand spectacle pastoral basque. En chemin on croise de vieilles cabanes en pierre sèche. Certaines étaient utilisée dans les 1900-1920 pour chasser le vautour. L’espèce n’était pas protégée à l’époque. Même si les vautours étaient quasiment inoffensifs pour les éleveurs, les chasseurs redescendaient leurs prises comme autant de trophées. Sur des vieilles cartes postales d’époque on peut retrouver des photos qui illustrent ces « exploits ».


Le sommet de la Rhune est droit devant 🙂

Au passage, on s’inquiète un tout petit peu pour les nuages qui recouvrent de plus en plus le ciel. Mais il faut être optimiste, hop en route!
Le plateau des trois fontaines
On arrive sur le plateau des trois fontaines où se croisent plusieurs sentiers. C’est généralement dans cette zone qu’on peut croiser un pottok (prononcez « potiok »). C’est une race de poney typique du pays basque. Son nom signifie d’ailleurs littéralement « petit cheval » en basque. Ils vivent en semi-liberté sur la montagne. Rustiques et résistants, ils se plaisent bien dans ce climat parfois difficile. Ils sont paisibles, habitués aux randonneurs, mais rappelez-vous qu’ils restent sauvages : on les admire avec respect, sans essayer de les caresser ni de les nourrir !


Dans ces parages on a aussi retrouvé des traces de la présence de l’homme remontant à la préhistoire. Quelques vestiges de cromlechs datant de la nuit des temps subsistent encore.
La dernière montée
Après ce replat bucolique, on entame la dernière montée, la plus raide du parcours, au milieu des éboulis de pierres.


Après une série de lacets un peu plus sportive, le sentier rejoint le tracé du Petit Train de la Rhune. On longe les rails sur une petite distance puis c’est la récompense, nous voici au sommet de la Rhune! 🙂


Félicitations, comme l’impératrice Eugénie (épouse de Napoléon III) en 1859, vous êtes arrivés au sommet! Une obélisque commémore d’ailleurs sa montée depuis Ascain (à dos de mulet, ça va) suivie par une cinquantaine de courtisans. Pour nous rien de tout ça, au sommet, c’est la foule des touristes, et surtout, on ne voit rien!
Le sommet!
Si on vient au sommet, c’est aussi un peu pour avoir le plaisir de contempler un magnifique panorama à 360° sur les Pyrénées, la forêt des landes, l’océan atlantique, et la côte de Saint-Sébastien. Enfin ça c’est la théorie. Ce jour là, le sommet est complètement noyé dans les nuages. Une véritable purée de pois. On se dit qu’en attendant un peu et en laissant filer le temps, ça va s’améliorer. Ca tombe bien au sommet de la Rhune il y a trois petits restaurants, ou plutôt des ventas. Ces établissement remplacent les anciens repères de contrebandiers. On peut y manger et boire, et aussi acheter de la nourriture de l’alcool et du tabac. Pour nous ce sera un grand pichet de sangria! Attention, ne soyez pas surpris, la Rhune est remplie de touristes, alors ce sont des prix à touristes 🙂

Hélas, à la fin du pichet de sangria, le temps ne s’améliore pas. Après un dernier regard sur la grande antenne de 58m de l’émetteur de la Rhune, on se décide à prendre le chemin du retour. On pourrait prendre le même chemin qu’à l’aller, ou bien choisir la facilité en prenant le petit train. On décide finalement de longer la crête pour faire une petite boucle supplémentaire.
En chemin sur la crête, on découvre cette étonnante et mystérieuse formation rocheuse.

Elle parait tellement mystérieuse qu’elle me rappelle une histoire. En 1609, alors qu’il y avait une véritable chasse aux sorcière dans le pays Basque, le sommet de la Rhune était fréquemment mentionné comme étant un lieu de sabbat. Un endroit où les sorcières se réunissaient pour faire des pactes avec le diable. Est-ce que c’était autour de ce rocher ? Mystèèèère …
Juste derrière, la prairie est recouverte de noms laissés par les visiteurs en assemblant des pierres sur le sol. C’est à la fois beau et un peu débile. Je ne sais pas trop quoi en penser haha

Le chemin du retour descend sur la droite du promontoire rocheux au bout de cette prairie. Sur cette partie de la Rhune, il n’y a plus un seul touriste. On redécouvre le plaisir de la randonnée dans un environnement sauvage et désert.


Enfin pas si désert que ça, car on croise à nouveau un pottok. Après avoir bifurqué sur la gauche pour prendre la direction d’Ascain, on découvre les autres habitants de la Rhune.
Les vautours de la Rhune
Le massif de la Rhune est en effet un site d’observation privilégié pour observer les grands rapaces et en particulier les vautours fauves!


Pas de danger, les vautours ne s’attaquent pas aux humains. Ce sont de véritables éboueurs des pâturages d’altitude. Quand ils ne sont pas posés au sol à nous regarder passer dédaigneusement, ils planent majestueusement dans les airs. Ils peuvent facilement rester des heures à planer haut dans le ciel grâce à leur large envergure (2.60m) et en profitant des courants thermiques ascendants.


Avec leur vue puissante et leur odorat développé, ils peuvent repérer une carcasse à des kilomètres de distance. En jouant le rôle de charognards des animaux morts dans les hauteurs, ils évitent la propagation de maladies dans les vallées.
Le Train de la Rhune
Finalement le sentier fini par croiser à nouveau les rails du Train de la Rhune qui a la bonne idée de passer devant nous pour la photo 🙂 Ce petit train à crémaillère relie le col de Saint-Ignace au sommet de la Rhune depuis 1924. La montée (comme la descente) dure 35 minutes. Le train fonctionne à l’électricité (depuis un siècle!) et roule à la vitesse moyenne de 8km/h. Vous ne serez pas ébouriffés par le vent 😉


Pour profiter de ce confort et de ce charme un peu désuet (ce sont toujours les rames d’époque qui roulent), ce n’est pas gratuit. Il faut compter au moins 26€ le billet aller-retour. En plus il faut réserver son heure, et votre temps au sommet est limité (un peu plus d’une heure).
➡️ Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site officiel du train de la Rhune

Pour nous, c’est l’option « avec les pieds » qui continue. La descente nous conduit enfin aux premières habitations proche d’Ascain. C’est la fin de cette jolie randonnée 🙂
Alors, on valide ?
Vous avez déjà grimpé La Rhune ou vous prévoyez de le faire bientôt ? Vous avez choisi la randonnée ou le train ? Racontez-moi vos impressions ou posez vos questions en commentaire !
Et on n’oublie pas d’aller à la découverte des autres merveilles du pays Basque 🙂
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