Randonnée à la Rhune, sommet mythique du Pays Basque

Si vous cherchez l’expérience incontournable pour prendre de la hauteur lors de votre séjour au Pays basque, vous êtes au bon endroit. Aujourd’hui, on lace nos chaussures, on remplit les gourdes et hop en route pour l’ascension de La Rhune ! 🙂

La Rhune, c’est le plus haut sommet du massif. Il ne culmine qu’à 905m d’altitude mais on le voit quasiment depuis partout avec son allure d’enclume. Il marque la frontière entre la France et l’Espagne. Ce sommet mythique offre l’un des plus beaux panoramas de la région. Si beaucoup choisissent de monter à bord du célèbre petit train à crémaillère, nous avons choisi de relever le défi à pied, en prenant le sentier au départ d’Ascain, un des itinéraires les plus authentiques et sauvages.

Fiche technique de la randonnée

La randonnée fait environ 10km aller-retour avec un dénivelé de 760m. Il faut compter 2h30 de montée et un peu moins pour le retour. Cette randonnée est accessible à tout le monde.

Le départ se fait depuis le joli village d’Ascain, commence au charmant village d’Ascain. Pour vous garer, direction le Parking des Carrières, indiqué à la sortie du village vers les montagnes.

Enfin, un petit détail qui peut s’avérer très utile. Un proverbe du Pays Basque dit : « Si tu vois la Rhune, c’est qu’il va pleuvoir. Si tu ne la vois pas, c’est qu’il pleut » 🙂 Sans vouloir en rajouter, si le pays Basque est si vert, c’est qu’il pleut souvent. Et la Rhune en est le parfait exemple. Les nuées en provenance du Golfe de Gascogne ont tendance à s’agglutiner au sommet. Un petit k-way de secours n’est pas inutile.

Le départ d’Ascain

Après une première partie de montée à l’ombre d’une zone boisée, le sentier émerge enfin sur les hauteurs, c’est le grand spectacle pastoral basque. En chemin on croise de vieilles cabanes en pierre sèche. Certaines étaient utilisée dans les 1900-1920 pour chasser le vautour. L’espèce n’était pas protégée à l’époque. Même si les vautours étaient quasiment inoffensifs pour les éleveurs, les chasseurs redescendaient leurs prises comme autant de trophées. Sur des vieilles cartes postales d’époque on peut retrouver des photos qui illustrent ces « exploits ».

Le sommet de la Rhune est droit devant 🙂

Au passage, on s’inquiète un tout petit peu pour les nuages qui recouvrent de plus en plus le ciel. Mais il faut être optimiste, hop en route!

Le plateau des trois fontaines

On arrive sur le plateau des trois fontaines où se croisent plusieurs sentiers. C’est généralement dans cette zone qu’on peut croiser un pottok (prononcez « potiok »). C’est une race de poney typique du pays basque. Son nom signifie d’ailleurs littéralement « petit cheval » en basque. Ils vivent en semi-liberté sur la montagne. Rustiques et résistants, ils se plaisent bien dans ce climat parfois difficile. Ils sont paisibles, habitués aux randonneurs, mais rappelez-vous qu’ils restent sauvages : on les admire avec respect, sans essayer de les caresser ni de les nourrir !

Dans ces parages on a aussi retrouvé des traces de la présence de l’homme remontant à la préhistoire. Quelques vestiges de cromlechs datant de la nuit des temps subsistent encore.

La dernière montée

Après ce replat bucolique, on entame la dernière montée, la plus raide du parcours, au milieu des éboulis de pierres.

Après une série de lacets un peu plus sportive, le sentier rejoint le tracé du Petit Train de la Rhune. On longe les rails sur une petite distance puis c’est la récompense, nous voici au sommet de la Rhune! 🙂

Félicitations, comme l’impératrice Eugénie (épouse de Napoléon III) en 1859, vous êtes arrivés au sommet! Une obélisque commémore d’ailleurs sa montée depuis Ascain (à dos de mulet, ça va) suivie par une cinquantaine de courtisans. Pour nous rien de tout ça, au sommet, c’est la foule des touristes, et surtout, on ne voit rien!

Le sommet!

Si on vient au sommet, c’est aussi un peu pour avoir le plaisir de contempler un magnifique panorama à 360° sur les Pyrénées, la forêt des landes, l’océan atlantique, et la côte de Saint-Sébastien. Enfin ça c’est la théorie. Ce jour là, le sommet est complètement noyé dans les nuages. Une véritable purée de pois. On se dit qu’en attendant un peu et en laissant filer le temps, ça va s’améliorer. Ca tombe bien au sommet de la Rhune il y a trois petits restaurants, ou plutôt des ventas. Ces établissement remplacent les anciens repères de contrebandiers. On peut y manger et boire, et aussi acheter de la nourriture de l’alcool et du tabac. Pour nous ce sera un grand pichet de sangria! Attention, ne soyez pas surpris, la Rhune est remplie de touristes, alors ce sont des prix à touristes 🙂

Hélas, à la fin du pichet de sangria, le temps ne s’améliore pas. Après un dernier regard sur la grande antenne de 58m de l’émetteur de la Rhune, on se décide à prendre le chemin du retour. On pourrait prendre le même chemin qu’à l’aller, ou bien choisir la facilité en prenant le petit train. On décide finalement de longer la crête pour faire une petite boucle supplémentaire.

En chemin sur la crête, on découvre cette étonnante et mystérieuse formation rocheuse.

Elle parait tellement mystérieuse qu’elle me rappelle une histoire. En 1609, alors qu’il y avait une véritable chasse aux sorcière dans le pays Basque, le sommet de la Rhune était fréquemment mentionné comme étant un lieu de sabbat. Un endroit où les sorcières se réunissaient pour faire des pactes avec le diable. Est-ce que c’était autour de ce rocher ? Mystèèèère …

Juste derrière, la prairie est recouverte de noms laissés par les visiteurs en assemblant des pierres sur le sol. C’est à la fois beau et un peu débile. Je ne sais pas trop quoi en penser haha

Le chemin du retour descend sur la droite du promontoire rocheux au bout de cette prairie. Sur cette partie de la Rhune, il n’y a plus un seul touriste. On redécouvre le plaisir de la randonnée dans un environnement sauvage et désert.

Enfin pas si désert que ça, car on croise à nouveau un pottok. Après avoir bifurqué sur la gauche pour prendre la direction d’Ascain, on découvre les autres habitants de la Rhune.

Les vautours de la Rhune

Le massif de la Rhune est en effet un site d’observation privilégié pour observer les grands rapaces et en particulier les vautours fauves!

Pas de danger, les vautours ne s’attaquent pas aux humains. Ce sont de véritables éboueurs des pâturages d’altitude. Quand ils ne sont pas posés au sol à nous regarder passer dédaigneusement, ils planent majestueusement dans les airs. Ils peuvent facilement rester des heures à planer haut dans le ciel grâce à leur large envergure (2.60m) et en profitant des courants thermiques ascendants.

Avec leur vue puissante et leur odorat développé, ils peuvent repérer une carcasse à des kilomètres de distance. En jouant le rôle de charognards des animaux morts dans les hauteurs, ils évitent la propagation de maladies dans les vallées.

Le Train de la Rhune

Finalement le sentier fini par croiser à nouveau les rails du Train de la Rhune qui a la bonne idée de passer devant nous pour la photo 🙂 Ce petit train à crémaillère relie le col de Saint-Ignace au sommet de la Rhune depuis 1924. La montée (comme la descente) dure 35 minutes. Le train fonctionne à l’électricité (depuis un siècle!) et roule à la vitesse moyenne de 8km/h. Vous ne serez pas ébouriffés par le vent 😉

Pour profiter de ce confort et de ce charme un peu désuet (ce sont toujours les rames d’époque qui roulent), ce n’est pas gratuit. Il faut compter au moins 26€ le billet aller-retour. En plus il faut réserver son heure, et votre temps au sommet est limité (un peu plus d’une heure).

➡️ Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site officiel du train de la Rhune

Pour nous, c’est l’option « avec les pieds » qui continue. La descente nous conduit enfin aux premières habitations proche d’Ascain. C’est la fin de cette jolie randonnée 🙂

Alors, on valide ?

Vous avez déjà grimpé La Rhune ou vous prévoyez de le faire bientôt ? Vous avez choisi la randonnée ou le train ? Racontez-moi vos impressions ou posez vos questions en commentaire !

Et on n’oublie pas d’aller à la découverte des autres merveilles du pays Basque 🙂

Chartreuse, l’appel du Plateau des Petites Roches

Le Plateau des Petites Roches, c’est la partie orientale du massif de la Chartreuse. C’est un plateau tout en longueur, d’une dizaine de kilomètres de long sur un kilomètre de large. Il domine la vallée du Grésivaudan, face à la chaîne de Belledone. D’un côté des falaises à pic de 800m, et de l’autre côté, la Dent de Crolles et 1000m de falaises. C’est un territoire qui cache de belles choses à voir et il faut répondre à son appel. Alors hop en route 🙂

Depuis Saint-Pierre-en-Chartreuse, on prend la petite route qui grimpe vers le Col du Coq (1434m) pour contourner la Dent de Crolles (2062m) par le sud. Attention, la route du col est fermée l’hiver pour ne pas perturber la nidification du Tétras Lyre qui vit dans cet espace naturel sensible. Le nom de Col du Coq ne vient pas du tout de la présence du Tétras Lyre (ou petit coq de bruyère), mais de l’aspect de la Dent de Crolles depuis le col, qui fait penser à une crête de coq.

Le Col du Coq c’est aussi le point de départ de randonnées vers la Dent de Crolles. Je n’ai pas encore eu le plaisir d’y grimper, mais ça ne saurait tarder!

La route descend ensuite vers Saint-Pancrasse, on arrive sur le plateau des Petites Roches 🙂

On se rend pas alors trop compte à quel point ce plateau situé à 1000m d’altitude donne sur d’immenses falaises! Tous les cours d’eau de la Chartreuse sur ce versant du massif se déversent dans la vallée par de grandes cascades. Par exemple, un peu plus bas, il y a la grande Cascade de Crolles (40m de hauteur), facilement accessible depuis la commune de Crolles.

Pour avoir un bon aperçu de ce panorama d’exception, à la commune suivante, Le Margain, prenez à droite au niveau des terrains de sport. Tout au bout du chemin, après un cours passage dans les bois, on arrive ici :

Le Bec Margain

Juste au bord du précipice, une table d’orientation est installée, vous voici au Bec Margain. C’est un superbe belvédère où il ne faut pas avoir le vertige 🙂

Tout en bas s’étend la grande vallée du Grésivaudan, longue de 50km, où coule l’Isère. Avec ces terres riches favorables à la culture, le roi Louis XII, de passage dans la région en 1507, avait qualifié la vallée de « plus beau jardin de France ». Merci Louis!

Toutes ces falaises sont un terrain de jeu privilégié pour les pratiquants du deltaplane et du parapente. Il y a de nombreux points d’envol, et vous verrez surement des gens dans les airs. Et quelles belles vues depuis le ciel ! 🙂

Ici on voit la Dent de Crolles qui domine le plateau de toute sa hauteur.

Sur la vue suivante, on distingue une ligne descendre de la falaise vers la vallée. C’est le funiculaire de St Hilaire du Touvet.

Il date des années 1920. Il servait à monter les matériaux lors de la construction des centres de cures sur le plateau, afin de traiter la tuberculose. Il y avait d’ailleurs le plus grand sanatorium de France qui pouvait accueillir 646 malades. C’était le Sanatorium du Rhône, situé juste sous la Dent de Crolles, abandonné puis totalement détruit dans les années 2000. Depuis des années ce funiculaire transporte des milliers de touristes depuis la gare basse de Lubin (proche des ruines du château de Montfort) jusqu’à la gare de Saint Hilaire. C’est le funiculaire avec la plus grande inclinaison de France. Pour les sportifs ou les plus courageux, le sentier du Pal de Fer grimpe la falaise juste à côté de son tracé.

Mais attention : depuis des grosses intempéries de l’hiver 2022, le funiculaire est en travaux et le chemin de randonnée du Pal de Fer est fermé. On espère une réouverture prochaine … Plus d’infos sur ce site.

Pour une chouette pause déjeuner dans le coin, je vous conseille fortement de vous arrêter au restaurant Déco Ouest (1 Chem. du Funiculaire). Une cuisine simple et bonne, mais surtout une superbe terrasse et une décoration intérieure chaleureuse où on se sent chez soi 🙂

La Cascade des Dioux

C’est aussi le point de départ d’une petite balade (environ 6km aller-retour) pour aller voir la Cascade des Dioux. Il faut prendre le GR « Les pas des Huguenots ». Après l’aire d’envol des parapentes et la petite chapelle, le sentier des crêtes longe la falaise avant de rejoindre la forêt le moulin de Porte Traine.

Ici, il faudra faire une bonne descente pour découvrir le ruisseau du Bruyant qui se jette d’une quinzaine de mètres depuis une falaise formée de nombreuses strates. C’est très joli 🙂

Le retour se fait par le même chemin.

On reprend la route et on suit la D30 qui descend dans la vallée. En chemin, si on a le temps, on peut aller à la découverte de la Cascade inférieure du Glésy et de la Cascade de la Gorge. Mais, là je vous emmène à un endroit tout aussi joli 🙂

Le Chateau du Touvet

À quelques kilomètres de là se trouve la commune de Touvet. Sur ses hauteurs on peut visiter un très bel endroit, c’est le Château du Touvet. C’est une propriété privée habitée par la même famille depuis plus de 500 ans mais le château et les jardins sont ouverts au public. De l’ancien château fort du XIIIe siècle qui défendait la vallée, il ne reste pas grand chose. Au XVIIIe siècle il a été transformé en demeure de plaisance. Il est maintenant classé monument historique et ses jardins à la française sont eux aussi classés « jardins remarquables de France ». Autant dire que cet endroit mérite la visite 😉

À l’intérieur du château vous découvrirez les souvenirs historiques de Nicolas Oudinot (Maréchal de Napoléon) et une jolie décoration raffinée de la noblesse dauphinoise, avec une mention spéciale pour les tentures de cuir doré!

Dans les jardins, il y a un superbe escalier d’eau à l’italienne, alimenté par des sources de la montagnes. Les fontaines et les bassins sont animés par des eaux jaillissantes (après un petit tour de manivelle).

Le point de vue sur la vallée est de toute beauté. C’est une très belle sortie historique qui change un peu des innombrables randonnées qu’on peut faire dans la massif de la Chartreuse. Je vous conseille vraiment cette petite visite 🙂

➡️ Enfin le château propose régulièrement des animations culturelles, festives et ludiques! Pour visiter le château et les jardins, c’est 11€. Plus d’infos sur ce site.

Les Cascades d’Alloix

À peine 4km après le château du Touvet, il y a un nouveau site naturel à découvrir sur les hauteurs de la commune de Montalieu. En remontant le canyon de l’Alloix on peut voir toute une succession de jolies cascades. La première est vraiment facile d’accès, c’est la cascade de la Gouille Michel avec son bassin couleur émeraude.

Pour atteindre les autres cascades, il faudra grimper et avaler pas mal de dénivelé, avec certains passages où il faut s’aider d’une main courante. Le débit était tellement faible et la journée déjà bien entamée, alors on a fait l’impasse sur les autres cascades plus haut. Mais ça donne envie d’y retourner car il parait qu’elles sont vraiment belles 🙂

Le monastère de la Grande Chartreuse

Le monastère de la Grande Chartreuse, c’est mille ans de silence au cœur des Alpes. Niché dans un vallon isolé au milieu des forêts profondes du massif de la Chartreuse, ce monastère est un des lieux spirituels les plus fascinants de France. Maison-mère de l’ordre des Chartreux, il a eu une influence dans l’histoire locale, dans l’économie montagnarde et jusque dans une bouteille mondialement connue : la célèbre liqueur de Chartreuse. Partons à la découverte de ce lieu, hop en route! 🙂

Direction donc le massif de la Chartreuse en Isère, et plus précisément entre le village de Saint-Pierre-de-Chartreuse et Saint-Laurent-du-Pont. C’est ici, dans un vallon perdu à 850m d’altitude que se trouve le fameux monastère de la Grande Chartreuse, dominé par la montagne du Grand Som.

L’histoire de Saint Bruno

L’origine de ce monastère est directement liée à celle de Saint Bruno, et cette histoire remonte à bien longtemps. Elle commence donc avec Bruno, qui nait en Allemagne à Cologne en 1030. Il devient chanoine de la prestigieuse église-école de Reims, puis on lui propose le titre d’évêque, mais il refuse. À 40 ans, il donne tous ses biens aux pauvres et part à la recherche d’une vie d’ermite. Après un temps en Bourgogne, on lui conseille d’aller voir l’évêque de Grenoble. Ce dernier lui propose de s’installer au dessus de la ville, dans la solitude sauvage du massif de la Chartreuse. Il lui offre un vallon proche du village de Saint-Pierre-de-Chartreuse. C’est ici qu’en 1084, il fonde l’ermitage la Grande Chartreuse avec six compagnons. Ils s’appelleront les Chartreux. Après 6 années de vie paisible et de prières, il est appelé à Rome par le pape Urbain II pour l’aider dans des réformes à mettre en place. Au bout de deux années, ne supportant pas la vie à Rome, il part et refuse à nouveau un poste d’évêque. Il s’installe finalement dans un lieu isolé en Calabre où il retrouve une vie de solitude jusqu’à sa mort en 1101.

Important à savoir : le monastère de la Grande Chartreuse ne se visite pas. C’est le musée du monastère qui se visite. Je vous raconte tout ça 🙂

Le monastère de la Grande Chartreuse

Le monastère de la Grande Chartreuse qu’on aperçoit de nos jours n’a plus grand chose à voir avec celui de Saint Bruno. L’emplacement initial est en réalité tout au fond du vallon, à l’emplacement de la chapelle Saint Bruno. La vie y était si dure que les moines sont descendus un peu plus bas pour rebâtir la Grande Chartreuse. En effet, au fil des siècles, le monastère a subi des incendies, des avalanches et des pillages, qui ont contraint les moines à reconstruire plusieurs fois leur grande maison. La construction qu’on peut voir date du XVIIe siècle.

En 1789, lors de la Révolution Française, les religieux sont expulsés et leurs bien confisqués (leur prestigieuse bibliothèque est transférée à Grenoble). Plus tard, après la lois contre les congrégations religieuses de 1901, ils sont à nouveau expulsés. Pendant ce nouvel exil forcé, le monastère devient un lieu touristique à la mode puis une maison universitaire. Finalement en 1940, les moines alors exilés en Italie sont autorisés à revenir. Durant la seconde guerre mondiale et ensuite, le monastère servira de refuge pour toutes personnes pourchassées. Plus tard, à force de persévérance, les moines obtiennent l’interdiction du survol par les avions de tourisme et l’interdiction de la route pour les voitures. Un musée est alors créé dans l’ancienne maison basse, 2km plus bas, pour accueillir les visiteurs et les curieux.

De nos jours, le monastère est toujours habité par une trentaine de moines, mais c’est l’Etat qui est propriétaire des lieux. L’ordre des Chartreux lui paye un loyer modeste. Les moines, fidèles à leur règle de retrait du monde, n’accueillent personne. Ils vivent pour Dieu, dans le silence et la solitude. Cette grande discrétion contribue largement au mystère qui entoure la Grande Chartreuse.

Pour en savoir plus sur leur mode de vie, il faut donc se rendre au Musée.

Le Musée de la Grande Chartreuse

À l’entrée du vallon c’est le terminus pour la route des visiteurs. On découvre l’ancienne « maison basse » qui servait de lieu de vie aux moines pour les activités de cultures et d’élevages. Depuis 1957, elle est transformée en Musée de la Grande Chartreuse.

Le musée présente une partie historique et une partie monastique pour suivre le quotidien d’un chartreux du lever au coucher.

➡️ L’entrée du musée est à 10€. Possibilité de coupler le billet avec la visite du site des Caves de la Chartreuse à Voiron pour 20€. Plus d’infos sur le site officiel.

Une des composantes de la vie des Chartreux, en plus de la solitude, c’est le silence. Dès le début, Bruno crée une grande zone de silence autour du monastère. C’est ce qu’on appelle le « désert des Chartreux ». Il représentait toute la superficie visible sur cette ancienne carte.

Des oratoires servaient à marquer physiquement cette frontière symbolique. Une de ces bornes se trouve par exemple au bord de la route, entre le Charmant Som et la Pinéa.*** (je précise au passage que pour la photo en drone, j’étais à distance respectueuse, j’ai utilisé le zoom, je n’ai pas survolé le monastère et ça ne faisait pas plus de bruit qu’une grosse abeille pendant 5 min). Depuis le village de Saint-Pierre-de-Chartreuse, on pénétrait dans le désert par la Porte de l’Enclos. Cet étroit passage servait de frontière naturelle pour délimiter le territoire des moines. Il ne faut pas confondre avec ce « désert des Chartreux » avec le « désert d’Entremont ». Même s’il est situé lui aussi dans le massif de la Chartreuse un peu plus loin au nord, ça n’a rien à voir. C’est le nom d’une petite station de ski de fond créée en 1968 près d’Entremont-le-Vieux.

Chaque moine dispose d’une cellule où il passe la plus grande partie de sa vie, comme un désert à l’intérieur du désert. Cette « cellule » est en fait une petite maisonnette individuelle, avec une chambre, un atelier et un petit jardin. Il ne sort de son espace que pour la prière à l’église et la promenade hebdomadaire. Sinon, il prie, médite, lit ou exerce une activité manuelle (reliure, menuiserie, …) s’il le souhaite.

Le but pour le moine, c’est d’échapper à la distraction de l’esprit, parvenir au silence intérieur, et trouver Dieu au fond de son cœur. Toutes les journées sont identiques ou presque. On retrouve par exemple, un réveil à minuit pour une grande messe en commun, un nouveau réveil à 6h30, des prières, un repas pris seul dans sa cellule (pas de viande, le vendredi seulement du pain et de l’eau), le coucher à 20h.

À travers le monde, 21 grandes maisons de Chartreux sont en activité.

➡️ Pour plus de détails sur la vie des moines et l’ordre des Chartreux, il y a ce site.

Depuis leurs origines, les Chartreux ne tiraient de ressources que de l’élevage, du peu d’agriculture possible et du travail du bois. Pendant un temps, il y a aussi eu une petite activité d’exploitation de mine de fer et de forge. Maintenant la plus grande partie de l’argent provient du commerce de leur célèbre alcool.

La Liqueur de Chartreuse

La principale source de revenus du monastère, c’est la célèbre liqueur de Chartreuse 🙂 Ce qui est fascinant, c’est qu’il y a toute une légende autour de cet alcool! L’histoire remonte en 1605 à Paris, où se trouvent les moines de la Chartreuse de Vauvert. Un jour, ils reçoivent un manuscrit mystérieux avec la formule d’un Elixir de longue vie. C’est un présent de François-Annibal d’Estrées (futur maréchal de France). Nul ne connait l’origine du manuscrit. La formule de l’élixir intéresse les moines herboristes, mais avec 130 plantes, fleurs, baies, racines et épices dans la recette, elle est jugée trop complexe est mise de côté. Après plus d’un siècle, le monastère de la Grande Chartreuse reprend l’étude du manuscrit en 1737. C’est finalement après de longues années de recherches et d’expérimentations que les moines arrivent enfin à produire leur élixir de la Grande Chartreuse (69°) en 1764.

Face au succès de la recette, ils développent 2 variations de la formule pour en faire des digestifs. C’est ainsi qu’en 1840, on voit apparaitre la Chartreuse Verte (55°) et la Chartreuse Jaune (43°) plus douce et moelleuse. Mais ces célèbres digestifs ont bien faillit ne jamais voir le jour! Après la Révolution, quand les Chartreux sont chassés, un moine conserve avec lui le manuscrit original. Le moine fini emprisonné à Bordeaux mais arrive à faire sortir le manuscrit de prison. Il finira entre les mains d’un pharmacien de Grenoble, qui tentera de décrypter la formule mais n’y arrivera pas. L’ordre des Chartreux ayant disparu, c’est peut être la fin de cet élixir. En 1810, Napoléon ordonne que tous les « remèdes secrets » soient partagés pour être examinés et exploités par l’Etat lui-même. Le précieux manuscrit part donc à Paris … et revient quelques temps plus tard. Il est « refusé » car trop complexe et l’élixir étant déjà connu de la population, il n’est donc plus « secret ». À la mort du pharmacien il lègue le manuscrit aux moines qui sont de retour dans le monastère. La production de l’élixir, puis des digestifs, peut reprendre. Pour faire face à la demande sans cesse croissante, en 1935 les moines créent une nouvelle distillerie plus grande à Voiron. Depuis 2018, ils ont réinstallé un nouvel atelier tout proche du monastère, au hameau d’Aiguenoire, à 12km de là.

C’est un alcool unique au monde! La Chartreuse serait la seule liqueur ayant naturellement une teinte verte sans avoir recours à un colorant. Il y a un savoir-faire vieux de plus de deux siècles pour la maitrise des ingrédients, des durées de distillation et du temps de vieillissement. Et le fait que la recette est toujours tenue secrète et seulement connue de quelques moines seulement rajoute une touche mystérieuse qui fait son charme. Le manuscrit est caché dans un coffre fermé à clé 🙂

Vous pourrez acheter les liqueurs de la Chartreuse Verte et Jaune au meilleur prix directement à la boutique du musée. Ainsi que l’élixir végétal (69°) vendu dans une fiole en bois, et plutôt à usage médicinal ou comme fortifiant 😉

Pour finir, une petite vue du vallon du monastère, depuis le sommet du Charmant Som. Un point de vue unique que je vous conseille, plus de détails sur cette page!

Si vous êtes de passage dans le massif de la Chartreuse, je vous recommande vraiment de faire une halte (silencieuse ou presque) dans cet endroit unique, chargé d’histoire, de spiritualité, et d’un peu d’alcool! 😉

Et n’oubliez pas d’aller découvrir les autres merveilles de la Chartreuse!

Les plus beaux endroits du Massif de la Chartreuse!

Aujourd’hui, on vous embarque au cœur du massif de la Chartreuse, une forteresse de calcaire et de verdure suspendue entre l’Isère et la Savoie. Véritable paradis des randonneurs et des amoureux de nature sauvage, ce parc naturel régional regorge de panoramas à couper le souffle, de sommets mythiques et de secrets bien gardés. Des falaises vertigineuses du mont Granier aux prairies suspendues de Chamechaude, en passant par le silence mystique du célèbre monastère, découvrez notre sélection des plus beaux trésors de la Chartreuse pour votre prochaine escapade. Hop en route! 🙂

Si vous cherchez un lieu d’hébergement durant votre séjour, pour débuter l’exploration de ce vaste terrain de jeux, ne vous posez pas plus de questions.

Saint-Pierre de Chartreuse

Le village de Saint-Pierre de Chartreuse, c’est vraiment le meilleur endroit où loger pour découvrir le massif de la Chartreuse.

C’est un peu le spot central, idéal pour vadrouiller un peu partout 🙂

C’est ce village qui a donné le nom au massif (et non l’inverse).

Le monastère de la Grande Chartreuse

Vous pourrez découvrir l’histoire millénaire du monastère de la Grande Chartreuse dans un vallon juste à côté du village de Saint-Pierre de Chartreuse. Et n’oubliez pas de gouter sa célèbre liqueur 😉

➡️ Je vous explique tout ça sur cette page.

En partant vers le nord, vous trouverez un charmant village, celui de Saint-Pierre d’Entremont, dominé par la Roche Veyrand.

Ici, il faut obligatoirement faire une halte à la fromagerie presque centenaire (72 Route des Entremonts) pour faire le plein de bons produits locaux, à déguster et savourer durant des piqueniques en pleine nature 😉

Le Cirque de Saint-Même

À proximité se trouve un des sites naturels les plus populaires du massif de la Chartreuse, et on comprend pourquoi une fois qu’on y est allé, c’est le Cirque de Saint-Même 🙂

C’est un lieu de toute beauté, avec ses cascades et ses superbes randonnées.

➡️ Je vous donne plus de détails sur cette page 🙂

Le Mont Granier

Marquant symboliquement la frontière nord-est du massif de la Chartreuse, on trouve le Mont Granier (1933m). Sa silhouette se reconnait facilement avec cette immense falaise de 700m. Cet aspect, c’est le résultat du plus grand éboulement connu des Alpes. En 1248, une partie de l’ancienne montagne Apremont s’est écroulée, en rasant 16 villages et faisant des milliers de morts. Depuis elle a été renommée du nom d’un des villages disparus.

La face nord est toujours relativement instable, il y a eu d’autres éboulements marquants en 2013 et 2023. Pour une jolie pause près de cette montagne, faites une halte sur la route au Col du Granier (1133m), et installez vous à la terrasse du grand chalet restaurant . Depuis 1960, c’est une étape gourmande incontournable de la région 🙂 Le restaurant propose aussi une belle boutique de souvenirs et de produits locaux.

La Cascade de Couz

Tout au nord du massif, il y a une grande et belle cascade hyper facile d’accès, c’est la Cascade de Couz.

Il suffit de se garer sur le petit parking proche de la voie ferrée, marcher 150m et on y est! Difficile de faire plus simple 😉

La Voie Sarde

À l’ouest du massif de la Chartreuse, il y un lieu particulièrement étonnant et spectaculaire et pourtant peu connu. Je vous invite à découvrir la Voie Sarde.

C’est un étroit canyon naturel aménagé par les romains. Pendant des siècles, c’était le seul passage permettant d’aller de Lyon aux Alpes sans avoir à faire un long détour pour contourner le massif.

Vous découvrirez la grande rampe construite au XVIIe siècle par le Duc de Savoie pour en faire une voie carrossable royale. C’est aussi l’occasion d’explorer des grottes et visiter un site préhistorique sur les hauteurs.

➡️ Tout est expliqué sur cette page 🙂

Le Plateau des Petites Roches

Sur le versant oriental du massif de la Chartreuse, on peut explorer le Plateau des Petites Roches. C’est une longue bande de terre avec des falaises impressionnantes donnant sur la vallée du Grésivaudan.

Cette partie comporte aussi des belles surprises entre points de vue à couper le souffle, des belles cascades et des châteaux à visiter.

➡️ Plus d’infos sur cette page 🙂

La randonnée au sommet de Chamechaude

Pour prendre un peu de hauteur, quoi de mieux qu’une randonnée sur le plus haut sommet du massif de la Chartreuse ? 🙂 Pour ça, il faut grimper tout en haut de Chamechaude (2082m).

C’est une très belle randonnée sans difficultés particulières qui vous offrira des panoramas exceptionnels!

➡️ À faire obligatoirement si vous découvrez la région! Plus d’infos sur cette page 😉

Le Charmant Som

Un autre sommet emblématique du massif de la Chartreuse, c’est le Charmant Som (1867m). On y accède facilement par la route. C’est l’endroit idéal pour une balade familiale sur les sommets sans trop se fatiguer.

C’est aussi un des plus beaux panoramas du massif !

➡️ Pour une sortie réussie, les infos sur cette page 🙂

La Pinéa

La randonnée au sommet de la Pinéa (1711m), c’est la balade idéale à jumeler avec une sortie au Charmant Som. Cet éperon rocheux se repère de loin avec sa silhouette en forme de dent.

La randonnée est facile est ne demandera des efforts que sur le dernière partie. Il ne faut pas avoir le vertige au sommet, mais en récompense vous avez cette vue incroyable sur Grenoble et sa vallée!

➡️ Les infos de cette petite rando sur cette page 🙂

Le Lac de Paladru

En bonus, comment ne pas parler du Lac de Paladru, aussi appelé le « lac bleu ». Il se trouve à l’ouest du massif, dans la région des Terres Froides. C’est un sublime lac d’origine glaciaire de 5km de long avec une eau cristalline et turquoise qui fait rêver! En été l’eau peut atteindre 25°C, idéale pour une belle baignade 🙂

Le lac est une propriété privée (par une société civile) depuis 1874. Les accès sont réglementés mais on peut facilement profiter des joies des sports nautiques en tout genre. Et pour s’y baigner, direction la petite plage de Charavines, au sud du lac.

➡️ Plus d’infos sur ce site.

Le Charmant Som et la Pinéa

Ha le Charmant Som 🙂 Voici un sommet emblématique du massif de la Chartreuse. C’est l’endroit idéal pour une sortie en famille et pour une petite balade au grand air avec des paysages magnifiques à la clé. On y va, hop en route!

Le Charmant Som

Ce sommet se trouve au cœur du massif de la Chartreuse, en Isère, à une quinzaine de kilomètres au nord de Grenoble. Le Charmant Som tire son nom de « charme » qui signifie un paturage d’alpage, et de « som » pour sommet. Mais allez, on pourra faire l’amalgame et dire que ce mont est charmant quand même 😉

On y accède très facilement en voiture depuis le Col de Porte, par une route creusée à coup de pioches dans les années 1930. Au bout de la route, c’est le petit parking de l’Auberge du Charmant Som. Le sommet se trouve à peine 200m plus haut.

Au moyen-âge, les moines du monastère de la Grande Chartreuse ont déboisés tout le sommet afin d’y faire paître leurs troupeaux. La montagne appartenaient alors à leur domaine. On découvre donc ces belles et verdoyantes prairies d’alpages 🙂

Dès votre arrivée, vous serez probablement suivis par le gang des chocards à bec jaune 😉 Ces oiseaux peu farouches viennent souvent grapiller de la nourriture auprès des randonneurs ou à l’auberge (il ne faut pas les nourrir avec du pain, ils ne le digèrent pas). Une fois qu’ils sont repartis faire leurs acrobaties en vol, prenez le petit sentier qui grimpe vers le sommet.

La montée ne prend vraiment pas longtemps. Ce n’est pas une randonnée, mais une simple balade, idéale pour les enfants. Le Charmant Som culmine à 1867m d’altitude. Devant nous au nord-est, la vue est magnifique sur le Massif de la Chartreuse 🙂

On aperçoit le sommet du Grand Som, et plus bas dans le vallon à gauche, le monastère de la Grande Chartreuse, à découvrir sur cette page.

Et encore plus loin, au fond là-bas, on distingue le sommet du Mont Blanc 🙂

Vers le nord-ouest, derrière l’arête rocheuse, c’est l’ouverture du massif qui mène vers Saint-Laurent-du-Pont.

Si le versant sud du Charmant Som est en pente douce et propose une petite balade tranquille, le versant nord est bien plus abrupt et raide. On y a découvert dans les années 1960 un gouffre profond nommé puits Kriska. Ce gouffre rejoint un réseau de cavités profondes sous la montagne, le réseau Ded. Les spéléologues ont exploré ses failles qui s’enfoncent jusqu’à 700m de profondeur!

En se tournant vers le sud-est, une montagne isolée se détache, c’est le mont Chamechaude, le sommet le plus haut du massif de la Chartreuse.

Il y a une très chouette randonnée pour aller au sommet, je vous présente ça sur cette page 🙂

Vers le sud, la ligne de crête s’étend jusqu’à la dent de la Pinéa, qui se dresse au milieu de la forêt. C’est d’ailleurs la prochaine destination que je vous présente un peu plus bas.

En redescendant vers l’auberge on peut croiser un peu de faune de la montagne. Les juments de trait en estive, avec leurs carrures massives et pourtant de tempérament si calme. Sur ces mêmes alpages, les vaches tarines broutent paisiblement au son des cloches. Leur lait est d’ailleurs directement transformé à la petite fromagerie qui jouxte l’auberge fromagerie. On peut ainsi découvrir et déguster une production 100% locale, le sérac (un fromage blanc compact à base de petit-lait) et la tome du Charmant Som.

Enfin, un petit mot sur l’Auberge du Charmant Som 🙂 Ce lieu est une véritable institution locale qui propose la même carte depuis plus de 50 ans. Du simple et du bon : salades, charcuteries, omelettes, fondues, fromages et leur fameuse tarte briochée aux myrtilles. Le tout avec des bons producteurs locaux. Le lieu est vraiment sympathique et agréable, c’est l’endroit idéal pour se restaurer à 1670m d’altitude. Quelques précisions supplémentaires : il n’y a pas de réseau (paiement en espèces), pas d’eau potable (à payer en supplément) et pas d’électricité (éclairage à la bougie le soir). Enfin, la réservation est quasi obligatoire pour profiter des fondues le soir.

➡️ Pour plus de détails, voici leur site.

L’oratoire d’Orgeval

Vous passerez forcément à côté de ce petit monument au bord de la route, c’est l’oratoire d’Orgeval. Son existence remonte au XVe siècle. Comme d’autres oratoires dans la région, il a été construit par les moines Chartreux avec cinq grosses pierres et surmonté d’une croix.

En plus de leurs fonctions religieuses (celui-ci est dédié à Saint Pierre), il faisait parti des 7 oratoires délimitant la zone du « désert » des Chartreux. C’était une grande zone autour du monastère où le silence devait être respecté pour ne pas déranger la solitude des moines.

La Pinéa

La silhouette de la Pinéa se présente comme un éperon rocheux élancé vers le ciel. Quand on découvre cette silhouette étonnante depuis le Charmant Som, on a forcément envie d’aller voir ça de plus près 🙂

On peut y accéder en randonnée depuis le Col de Porte en suivant le GR9. Si on est déjà sur les hauteurs pour le Charmant Som, il suffit de rejoindre l’oratoire d’Orgeval, quasiment situé à mi-chemin. De là, un sentier suit la ligne de crête jusqu’à la Pinéa. On ne peut pas se perdre, il n’y a qu’un chemin à suivre 😉

Depuis l’oratoire, il faut compter environ 6.5km aller-retour et un dénivelé de 340m. Comptez une petite balade de 2-3h suivant votre rythme. La majeure partie du chemin le long de la crête est pratiquement à plat, et c’est super agréable, d’autant plus qu’il n’y a quasiment personne sur le chemin (à la différence du Charmant Som victime de son succès).

La toute dernière montée vers le sommet de la Pinéa (1771m) est un peu raide et se transforme en grimpette à quelques endroits. Mais c’est ok, absolument rien d’insurmontable. Il faudra juste faire attention si vous avez le vertige, car le sommet est étroit et donne directement sur la falaise vertigineuse du flanc ouest.

Vue depuis les hauteurs, la face ouest de la Pinéa donne un aspect totalement différent à la montagne. L’éperon élancé devient alors une longue barre rocheuse. En arrière-plan le grand sommet de Chamechaude vous contemple.

En regardant vers le nord, on reconnait le Charmant Som avec ses grands alpages.

En regardant vers le sud, le panorama est époustouflant! 🙂

En bas à droite on remarque l’étonnant piton rocheux de l’Aiguille de Quaix (1143m) et le mont Néron (1299m) derrière lui. Juste après, c’est la ville de Grenoble et sa large vallée.

Après avoir bien profité de ce beau panorama, il est temps de faire demi-tour, via le même sentier.

C’est une sympathique et belle balade qui donne le sourire 🙂

Et qui donne envie de découvrir les autres merveilles du massif de la Chartreuse!

Rando à Chamechaude, le sommet de la Chartreuse

Hop en route pour Chamechaude, le point culminant du massif de la Chartreuse dans l’Isère. Cette montagne avec un sommet à 2082m d’altitude se trouve à une douzaine de kilomètres au nord de Grenoble. C’est un terrain de jeu idéal pour avoir un panorama exceptionnel. Je vous y emmène 🙂

Tout d’abord, direction le Col de Porte (1324m). Ce col se trouve a un emplacement stratégique, entre trois sommets emblématiques de la Chartreuse : Chamechaude, Pinéa et le Charmant Som. C’est le point de départ de la rando classique sur le versant ouest de la montagne.

Le versant est, c’est un tout autre paysage, avec une falaise verticale de 200m de haut. Si vous voulez passer par là, ce n’est plus de la rando mais de l’escalade. Il y a tout de même un passage. Pour cette option, il faut prendre le sentier qui contourne Chamechaude par le sud, en direction du Habert de Chamechaude. (un habert, c’est le nom donné dans la chartreuse à petite maisonnette d’alpage utilisée par les bergers et pouvant servir de refuge aux randonneurs). Après avoir traversé des ravines et des éboulis, il faudra passer par la Brèche Arnaud. C’est une cheminée verticale de 80m de haut qui nécessite un minimum de précaution et de matériels. À réserver uniquement aux randonneurs expérimentés et bien équipés.

Un petit conseil avant de vous lancer dans cette randonnée : si la météo est incertaine, n’hésitez pas à consulter la webcam du Col de Porte.

Nous allons choisir le parcours plus tranquille 😉 Le trajet aller-retour fait environ 6km avec un dénivelé de 760m. Comptez environ 3-4h de marche. Comme cette rando est très populaire, je vous conseille vivement d’y aller tôt le matin pour être tranquille.

Durant la montée à l’ombre de la forêt, vous pourrez avoir de temps en temps ce superbe panorama. En chemin vous pourrez aussi remplir votre gourde à la source du Bachasson (1610m), qui coule modestement par un tuyau.

Plus loin, on peut apercevoir le monolithe de la Folatière (1788m) avec sa forme étrange qui se détache nettement dans le paysage. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas un gros bloc éboulé de la montagne. C’est une portion intacte de la grande dalle rocheuse qui compose le haut plateau de Chamechaude.

Vers le nord de la montagne, on peut voir la grande entaille du Jardin au-dessus des Gorges de l’Oiseau. C’est aussi un itinéraire possible et un peu plus engageant, mais nous n’allons pas par là.

Le sentier monte ensuite en lacets dans une grande pente herbeuse, et longe le bord du plateau donnant sur la falaise. C’est très beau 🙂

Pour atteindre le sommet, il y a un dernier passage où il faudra faire un tout petit peu de grimpette avec l’aide d’une corde fixée dans la roche.

Nous voici au sommet de Chamechaude (2082m), c’est le moment du piquenique et de la contemplation du panorama à 360 degrés 🙂

La croix en chêne au sommet a été installée en 2001 après une série de vandalismes dans la région. En face, c’est la vue sur la chaîne de Belledone (et le mont Blanc visible au loin).

En regardant vers le nord, la silhouette du Grand Som (2026m) se détache du paysage et nous fait face.

En prenant un peu de hauteur, on se rend bien compte que la falaise de l’autre côté de la montagne est sacrément impressionnante! C’est un terrain de jeux pour la pratique de l’escalade avec une douzaine de voies répertoriée sur la falaise.

Vers le sud, c’est le point de vue sublime sur la vallée de Grenoble 🙂

Ensuite, il suffit de prendre le même chemin dans le sens inverse pour redescendre jusqu’au Col de Porte.

C’est une très belle randonnée sans difficultés particulière et qui offre des panoramas exceptionnels. Je recommande grandement 🙂

Et si vous êtes dans le coin, profitez-en pour découvrir les autres merveilles de la Chartreuse. Hop en route! 😉

Road Trip en Grèce : de la plaine de Thessalie aux plages de Thessalonique

Cette dernière étape du road trip sera une longue remontée vers le nord de la Grèce, pour rendre la voiture à l’aéroport de Thessalonique et ainsi boucler cette superbe épopée à travers les routes et les paysages de ce beau pays. Mais en attendant, je suis à Loutra Ypatis, un petit village de la Grèce centrale, à une vingtaine de kilomètre de Lamia, la grande ville la plus proche. Pourquoi j’ai choisi cette étape? pour la tranquillité du lieu, et aussi car j’avais envie de profiter des thermes 🙂

Les thermes d’Ypati

Ce village est né au XIXe siècle autour d’un centre thermal. En effet, il y a ici une source thermale connue depuis l’antiquité. Suite à un tremblement de terre au IVe siècle av JC, l’eau chaude aurait jaillit du sol. Elle était réputée pour ses vertus curatives. Des héros grecs s’y sont probablement baignés, alors pourquoi pas moi 😉 La fameuse source historique n’est pas difficile à trouver, elle est au centre de l’unique et beau parc du village, à l’abri sous un pavillon.

On sent que l’heure de gloire de la source est passée. Autour du parc, on trouve un hôtel abandonné et toutes les installations sont vieillottes. Mais c’est ce qui fait le charme! J’en profite donc pour aller à Ypati Springs, le centre thermal du village. On a l’impression de faire un voyage dans le temps et d’être de retour dans les années 1970 🙂 je ne cherchais pas le grand luxe, je suis servi! Pour quelques euros seulement, on peut accéder à la grande piscine extérieure, alimentée par la source miraculeuse. Cette eau a la particularité rare d’être à la fois riche en acide carbonique et en hydrogène sulfuré. Cette double nature est quasiment unique au monde! En plus l’eau est à 33°C, zéro stress thermique. Cette eau guérit un peu tout, par contre il ne faut pas se baigner plus de 20-30 minutes (et ne pas faire d’hyper tension ni avoir de plaie ouverte sur la peau).

Si vous voulez tester cette baignade originale, plus d’infos sur ce site.

La Cascade Ypati

Avant de quitter la région, je profite de la voiture pour faire un mini détour. On m’a dit qu’il y avait une cascade à voir à quelques kilomètres à peine. Et une cascade, ça ne se refuse pas! En route donc pour le minuscule village Ypati à flanc de montagne à 400m d’altitude. Et de façon surprenante j’apprends que ce village possède une école d’astronomie avec un planétarium et un observatoire, dans l’ancienne école primaire! Mais a priori, seules les scolaires peuvent le visiter. La cascade n’est pas difficile à trouver, juste à l’entrée du virage, littéralement au bord de la route. Le débit n’est pas incroyable, mais ça fait toujours plaisir à voir 🙂

Je découvre aussi ce tank au bord de la route. J’apprends que ce char américain M24 est placé là pour commémorer le massacre d’Ypati. Le 17 juin 1944, en représailles aux actions des résistants grecs très actifs dans la région, des troupes nazis SS sont venues brûler le village et massacrer les habitants. Après ce triste souvenir (difficile d’enchainer sur quelques chose de joyeux à écrire), je reprends la route. La lonnnngue route vers le nord du pays …

La Plaine de Thessalie

Ma route traverse l’immense plaine de Thessalie. Paysage monotone à perte de vue dans cette plaine verdoyante qui est le grenier de la Grèce. Enfin ça c’est la théorie. Car hélas, mille fois hélas. Quelques semaines avant, il y a eu des inondations terribles et meurtrières. Et encore à ce moment, des zones étaient en parti inondées et je traversais des villages qui ressemblaient à des zones de guerres avec des sinistrés, et où on voyait qu’une vague de boue avait largement atteint le premier étage de toutes les maisons. Terriblement impressionnant et dur à voir …

Après 300km me voici à Thessalonique, la deuxième plus grande ville de Grèce. Je pensais visiter un peu la ville, mais je suis pris dans des embouteillages monstres et je n’ai plus qu’une envie : m’échapper d’ici. Je décide donc de finir l’après-midi à la plage.

La plage de Thessalonique

En réalité il n’y a pas de plage à Thessalonique, il faut aller plus loin au sud, après l’aéroport. Il y a deux grandes plages (accessibles en bus depuis la ville d’ailleurs) : Perea Beach et Neoi Epivates Beach.

Et très franchement, elles ne sont pas incroyables. Il y a bien mieux mais plus loin, et je n’avais plus envie de rouler. Et puis un peu de sable, la mer, le soleil, ça suffit au bonheur non ? 🙂

Pour terminer cette journée je rejoins ma dernière étape, Néa Michaniona, une petite ville récente de bord de mer. Je l’ai choisie uniquement car j’ai trouvé un logement pas cher et elle est proche de l’aéroport (décollage tôt le lendemain matin). Je découvre que cette localité est réputée pour son grand port de pêche, particulièrement actif. Elle possède même le plus grand marché au poissons du nord de la Grèce.

Et c’est pour ça que je vais manger dans un très bon italien et ne pas gouter au poisson! Ne cherchez pas la logique haha 🙂 En tout cas je vous recommande le restaurant Nove (Politechniou 117), j’y ai passé une excellente soirée.

Et c’est ici que s’achève ce road-trip. La restitution de la voiture à l’agence de location de l’aéroport, 4Rent Thessaloniki, se déroulera sans aucun problème (je vous la recommande aussi).

J’espère que les différentes étapes de mon parcours vous inspireront et vous donneront à vous aussi l’envie d’aller explorer un peu les terres grecques 😉

Hop en route!

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Road Trip en Grèce : de l’Oracle de Delphes au Thermopyles des Spartiates

Après une très chouette étape à Athènes, c’est reparti pour ce road trip en Grèce.

La première étape de cette journée se situe à environ 2h de route d’Athènes.

Le Monastère Osios Loukas

Ici se trouve un des plus beaux monastères byzantins de Grèce, classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1990, c’est le monastère Osios Loukas (ou Saint Luc).

Son histoire commence avec Luc, un moine de la région qui vivait en ermite et avait un don de prophétie. Il s’installe sur les lieux de son futur monastère, à l’emplacement d’un ancien temple de Déméter. Sa renommée attire d’autres moines ainsi que de nombreuses aides financières. Ensemble, ils construisent une église dédiée à Sainte Barbe et un monastère où il meurt en 953. Après sa mort, en 1011, les moines construisent une nouvelle grande église dédiée à Saint Luc. Les deux églises sont collées l’une à l’autre et partagent même un mur en commun. De nombreuses pierres issues de monuments antiques ont été réutilisées pour ces constructions.

Le Catholicon (ou église St Luc) est la plus grande des deux églises, avec un plan en croix grecque, surmonté d’une coupole de 9m de diamètre. L’architecture de cette coupole qui s’appuie sur 8 piliers a servi de référence à de nombreux autres édifices religieux à l’époque.

L’intérieur de l’église est riche de mosaïques, de fresques et de marbres précieux. La richesse de cette décoration est due à la générosité des empereurs byzantins qui ont fait de nombreux dons et envoyé des artisans de Constantinople.

Au sol on retrouve un pavement précieux en marbres colorés. La crypte a ses murs richement décorés avec des peintures absolument partout. Les pèlerins venait s’y allonger en espérant un miracle.

On peut aussi visiter l’église Théotokos, la plus ancienne.

Le monastère a été pillé à de nombreuses reprises, mais il est toujours habité par des moines. On peut en visiter une partie avec un petit musée dans l’ancien réfectoire, expliquant la vie monacale, ainsi que la visite de l’ancien pressoir à huile d’olive.

Prendre un petit café en terrasse, au calme le matin, avec cette vue, c’est vraiment agréable 🙂 Vous pouvez aussi acheter des produits monastiques et locaux dans la petite boutique du monastère.

Hélas, le paysage portait encore les stigmates du terrible incendie de 2023 qui a faillit le détruire. Heureusement, Saint Luc a protégé son monastère!

L’entrée au monastère est gratuite, et le musée se visite pour quelques euros. Attention aux vêtements, il faut en théorie avec les épaules et les jambes couvertes. Il est aussi conseillé d’arriver tôt le matin, avant les cars de touristes en provenance d’Athènes. Plus d’infos sur ce site.

La route longe ensuite les pentes du mont Parnasse (2460m). On peut venir y faire du ski l’hiver. Au sommet de la montagne, c’est la plus grande stations de ski de Grèce 😉

Une quarantaine de kilomètres plus loin, on arrive sur un des sites les plus sacrés de la Grèce antique. Nous voici à Delphes!

L’Oracle de Delphes

Voilà encore un lieu incroyable chargé d’histoires, de légendes et de mythes 🙂

Il y a bien longtemps, à la naissance de Zeus, sa mère Rhéa doit ruser pour éviter qu’il soit mangé par son père Cronos. Elle enveloppe une pierre dans du linge, et c’est cette pierre qui est mangée à la place de Zeus. Plus tard, Zeus fera recracher cette pierre (ainsi que ses frères et sœurs). Après avoir vaincu les titans, les nouveaux maîtres du monde sont dirigés par Zeus. Il doit trouve le centre du monde. Des aigles qu’il a lancé à chaque extrémité du monde se croisent près d’une montagne. C’est ici qu’il scelle la pierre de l’Omphalos et décrète que c’est le « nombril du monde ». Bien plus tard, un humain nommé Parnassos arrive sur ce site sacré. Il invente la divination par l’observation des oiseaux, dédie un culte à Gaïa et créé la première ville du monde. Bien plus tard, lors du déluge de Deucalion, les survivants échouent au sommet de la montagne. Quand les eaux se retirent, un monstre nait de la boue, c’est Python. Il s’enfonce alors dans une faille rocheuse au pied de la montagne, à l’endroit des anciens rituels primitifs. Il garde l’oracle pour le compte de sa mère Gaia, désormais la divination viendra des profondeurs du sol. Bien plus tard, le dieu Apollon arrive dans la région. Avec son arc et ses flèches d’or, il tue Python. Il enterre les cendres du monstre sous l’Omphalos, utilise sa peau pour confectionner le trépied sur lequel va s’asseoir l’Oracle, et laisse le corps pourrir dans les profondeurs de la terre. Désormais, la divination sera réalisée par une Pythie (prolongement du nom de Python), qui interprètera la volonté du dieu de lumière Apollon Et tout ça, c’est ici, à Delphes! Bim! 🙂

Concrètement, on pense que les mycéniens avaient ici un village prospère et un sanctuaire lié à un culte de la fertilité de la terre entre -1400 et -1100. Puis, un nouveau culte solaire est venu s’approprier ce lieu de divination. On retrouve l’apparition des premiers ex-voto dédiés à Apollon vers -900. Le grand sanctuaire de Delphes s’est ainsi peu à peu construit. À son apogée, il ressemblait à ça :

Pour avoir le privilège d’avoir une divination de l’oracle, il fallait déjà faire le voyage jusqu’à Delphes (seuls les hommes pouvaient interroger la Pythie).

La première étape nécessitait de passer par le Sanctuaire d’Athéna Pronaia situé en contrebas. C’est ici que ce trouve le célèbre Tholos, la rotonde circulaire de Delphes, en marbre précieux (mais dont on ne sait pas exactement à quoi elle servait). Cocorico, dans ce sanctuaire, il y a un petit bâtiment correspondant au trésor des marseillais! Il s’agit d’une offrande réalisée par les habitants de Massalia. Preuve de l’importance de la cité phocéenne dans l’antiquité 😉

Après avoir réalisé les premières offrandes et sacrifices à Athéna, on allait se rafraichir et se purifier à la fontaine de Castalie (qui coule toujours, juste au bord de la route dans le virage 😉 )

Ensuite, il fallait payer une sorte de péage pour avoir le droit d’accéder au sanctuaire d’Apollon et faire examiner sa demande. La somme était en fonction du demandeur (exorbitante pour une cité état, très chère pour un particulier). Il fallait ensuite attendre son tour, ou alors essayer d’acheter un privilège pour passer devant les autres. Il fallait aussi acheter un animal à sacrifier (une chèvre ou un bélier). Si le test du sacrifice n’était pas réussi, la séance était annulée (et on n’était pas remboursé). Si le test était positif, après purification, on pouvait consulter la Pythie qui jouait le rôle d’Oracle.

La Pythie était une jeune femme pure, innocente. Il fallait surtout qu’elle soit simple, sans connaissances, une âme vierge qui pourrait entendre les paroles du dieu. Au début, on ne pouvait consulter l’oracle que le 7 du mois Bysios (vers février-mars), le jour correspondant à la naissance d’Apollon. Puis face à l’affluence des demandes, les consultations avaient lieu le 7 de chaque mois (sauf en hiver, car à ce moment là, Apollon n’était plus à Delphes mais parti en Hyperborée). Pour pouvoir faire sa divination, après purification, la Pythie descendait dans l’Adytum, la pièce souterraine et sacrée du temple d’Apollon. Ici se trouvait l’Omphalos et une statue d’or et d’ivoire à l’image d’Apollon, à côté d’une faille d’où s’échappaient des vapeurs. Sur la faille, il y avait le trépied avec la peau de Python. La Pythie s’asseyait dessus, mâchait des feuilles de laurier et buvait l’eau de la source Cassotis. Elle rentrait ensuite en transe. Les prêtres qui assistaient à la cérémonie notaient chaque mots et bribes de phrases. Ils se réunissaient ensuite pour reformuler le tout et donnaient la réponse (souvent ambiguë) à la personne venu consulter.

On pense que la transe de la Pythie était due à plusieurs causes : intoxication au laurier-rose, vapeur d’éthylène à travers les roches poreuses du site et provoquant des hallucinations. Il y avait même des cas d’overdose et des morts de Pythie. Si on en sait autant sur le fonctionnement des cérémonies, c’est principalement grâce aux écrits de Plutarque. Ce célèbre personnage a officié pendant 20 ans comme grand prêtre de Delphes à la fin de sa vie, au Ier siècle.

De nos jours, les ruines du Temple d’Apollon qu’on peut voir datent du IVe siècle av JC. Il mesurait 60m de long pour 24m de large. C’est la 6e version du temple où il était écrit le fameux message « Connais-toi toi-même! ».

Avant d’atteindre le temple, les visiteurs devaient monter le long de la Voie Sacrée, bordée d’une vingtaine de monuments. Généralement, ils s’agissaient de trésors présentant les richesses offertes par les cités demandant l’aide d’Apollon, comme le Trésor des Athéniens.

Un peu plus haut, on trouve cet incroyable mur polygonal. C’est un mur construit au VIe siècle av JC afin de créer une terrasse stable pour la construction du Temple d’Apollon. Les pierres assemblées ainsi résistent mieux aux séismes.

Pendant des siècles ce mur a aussi servi de panneau d’affichage public. Les pierres sont gravées de nombreux actes officiels, décrets et affranchissement d’esclaves.

Plus haut on découvre cette étonnante colonne, c’est la Colonne Serpentine. C’est une grande colonne en bronze, qui représentait 3 serpents enroulés, avec au sommet un trépied en or posé sur leurs têtes. C’était un cadeau de la Grèce à Apollon après la victoire sur les Perses en -479. Au IVe siècle, cette colonne est récupérée par l’empereur Constantin pour décorer son hippodrome à Constantinople. Elle y restera jusqu’à être brisée et disparaitre en 1700. On l’a retrouvée lors des fouilles autour de Sainte-Sophie en 1848. Elle est toujours visible à Istanbul et une des têtes de serpents est au musée archéologique d’Istanbul. Sur le site de Delphes, on a réinstallé une colonne à son emplacement à partir d’un moulage.

À proximité, une réplique de l’Omphalos était exposée à la vue des visiteurs à l’extérieur du temple.

Le Théâtre de Delphes est construit en -160, il pouvait accueillir 4500 spectateurs. C’est le plus grand monument du sanctuaire.

Tout en haut du site, on trouve un autre grand monument, le Stade de Delphes. Sa construction remonte au IIIe siècle av JC. Il fait 178m de long. On y organisait les Jeux Pythiques tous les 4 ans. Après ceux d’Olympie, c’était les plus importants du monde Grec.

Une douzaine de cités se partageaient la charge d’entretenir le Sanctuaire de Delphes. C’était vraiment un endroit sacré et central qui allait au delà des divisions, un véritable site unificateur pour le monde Grec.

Pour compléter la visite, le site propose un très chouette petit musée qui renferment quelques pépites! 🙂 Ces trésors trouvés lors des fouilles réalisées entre 1892 et 1903 ont tout d’abord nécessité de déplacer un village entier. En effet, le petit village de Kastri s’était construit directement sur le site du sanctuaire de Delphes !

Les fouilles ont mis à jour la réplique de l’Omphalos qui était exposée le long de la Voie Sacrée. On trouve aussi l’énorme Sphinx des Naxiens, un des plus anciens monuments retrouvés, datant de -575.

Une statue en bronze retient l’attention, c’est l’Aurige de Delphes daté de -470. C’est encore un miracle. Si cette statue est visible de nos jours, c’est uniquement car elle a été enfouie par un glissement de terrain. Sinon elle aurait été fondu pour son métal il y a bien longtemps. C’est un pur chef d’œuvre qui faisait parti d’un ensemble où le conducteur était débout sur un char avec 4 chevaux. Quand on voit déjà le détail apporté sur cette statue, on a du mal à imaginer le résultat formidable de l’œuvre dans son entièreté.

Finalement, tout ce formidable ensemble qui composait le sanctuaire de Delphes disparaitra après l’interdiction des cultes païens promulguée en 392. Avec la fin du culte d’Apollon et de l’Oracle de Delphes, un des sites les plus incroyables de l’antiquité tombe dans l’oubli et ne sera redécouvert qu’au XIXe siècle.

Plus d’infos sur ce site.

Pour visiter ce site incroyable, ça coute 20€ et il n’y a pas trop la queue pour acheter son ticket sur place. Si vous souhaitez assurer le coup et acheter en avance, ça se passe sur la billetterie officielle ici.

C’est fini pour Delphes, il est temps de quitter cette vallée merveilleuse. Hop en route vers le nord du pays en direction de la ville de Lamia. La prochaine étape se trouve à 1h30 de route.

Léonidas et les Thermopyles

Nous voici dans un nouveau lieu qui sonne à mes oreilles : les Thermopyles. C’est à cet endroit que s’est joué un incroyable évènement historique et un terrible sacrifice. Ce lieu est indiqué par une statue commémorative au bord de la route. On y voit le roi Léonidas, roi de Sparte, brandir sa lance.

Pour comprendre ce qu’il s’est passé ici (si vous n’avez suivi un peu l’histoire ou vu le film ‘300’), il faut remonter en -480. Nous sommes en pleine guerres médiques. Les armées du roi Xerxès en provenance de Perse déferlent sur la Grèce. Il veut se venger de la défaite de son père Darius lors de la bataille de Marathon. Il a méticuleusement préparé son invasion pendant 4 longues années. Il lève une armée de plusieurs centaines de milliers de soldats et envahit la Grèce par la terre et par la mer. C’est un véritable raz de marée qui semble impossible à arrêter et qui se dirige droit vers Athènes. Les cités grecques tardent à s’organiser et la puissante armée Spartiate, alors en pleine trêve olympique, ne peut pas se mettre en mouvement. Le roi Léonidas obtient l’autorisation pour une expédition militaire limitée. Il part avec seulement 300 hommes de sa garde royale. Son but est de bloquer un passage stratégique que devra utiliser l’armée Perse, le défilé des Thermopyles. En chemin, il arrive à rallier 7.000 soldats grecs à ses troupes. Il arrive au défilé, fortifie sa position et attend l’arrivée de Perses. À l’époque le niveau de l’eau était beaucoup plus proche des berges, et toute la zone était un marais impraticable, à part un étroit passage.

L’armée de Xerxès arrive finalement devant les Thermopyles. Il propose aux grecs de se rendre en échange de terres fertiles. Léonidas lui dit gentiment d’aller se faire foutre 🙂 Xerxès attend encore quelques jours en espérant qu’ils fuient le passage. Peine perdue. Il ne peut pas attendre plus longtemps, son énorme armée est très compliquée à approvisionner et doit être en mouvement. Il attaque. Il lance tout d’abord un barrage de flèches tellement massif qu’il cache le soleil. Sans effet sur les boucliers spartiates. Il envoie alors des vagues de 10.000 hommes combattre les spartiates. Ils s’écrasent tous contre un véritable mur. La phalange grecque, avec des boucliers massifs et de longues lances est infranchissable. Les perses ont des armes courtes et leur principale avantage réside dans le nombre (inutile ici) et dans leur puissante cavalerie (inutilisable ici). Les grecs résistent toute la journée. Le lendemain, c’est exactement la même chose. Les 300 spartiates de Léonidas sont impossible à passer. C’est alors que Xerxès apprend une information capitale. Un grec, un certain Ephialtès informe Xerxès de l’existence d’un passage dans la montagne qui permet de contourner le défiler et permettrait de prendre les grecs à revers. Il espère une récompense qu’il ne recevra jamais… Son nom est maintenant synonyme de traitrise en grec. Ce sentier était connu de Léonidas, et il avait positionné 1000 soldats de Phocide pour protéger ce passage. Mais ils ne font pas le poids. Car à l’aube du troisième jour, Xerxès envoie 20.000 soldats dans ce sentier abrupt. Bien moins expérimentés que les spartiates, les phocidiens sont mis en déroute, et les perses foncent vers Léonidas. Ce dernier est informé de cette manœuvre. Il propose aux autres soldats grecs de prendre la fuite s’ils le souhaitent. Lui, il restera là avec ses 300 spartiates pour ralentir au maximum l’armée de Xerxès. Lors de cette dernière journée, attaqués des deux côté, les spartiates finissent par tomber les uns après les autres, ainsi que le roi Léonidas. Xerxès est furieux, il récupère le corps de Léonidas et le décapite. Même s’il a remporté une victoire, son immense armée a été bloquée pendant 3 journées face à seulement 300 spartiate. C’est une humiliation. La nouvelle du sacrifice de Léonidas et ses hommes servira aussi à motiver les troupes des soldats grecs.

La suite de cette guerre? Les perses arrivent jusqu’à Athènes, désertée par ses habitants parti se réfugier sur une île, et la réduisent en cendres. Puis c’est la bataille navale de Salamine qui est décisive. Xerxès a perdu, il doit fuir. Les Grecs sont victorieux. C’est la fin des invasions Perses en Grèce.

Et bien tout ça, ça s’est passé ici! 🙂 Quand on est posé tranquillement au bord de la route, on a du mal à s’imaginer ces évènements survenus il y a plus de 2000 ans. Tout à l’air si calme!

Ce chemin de la trahison existe toujours. On peut faire une rando de 16km qui suit le même tracé que les perses pour prendre à revers Léonidas. Il faut chercher l’itinéraire du sentier Anopaia Atrapos.

Comme je n’avais plus trop le temps pour cette randonnée, j’ai préféré une activité bien plus calme. Juste à côté du site des 300 de Léonidas, il y a une source chaude sulfureuse. C’est d’ailleurs elle qui a donné son nom au site des Thermopyles, les Portes Chaudes. La température de l’eau est à 40°C toute l’année.

On y accède gratuitement (attention les pierres sont très glissantes) 🙂 il est recommandé de ne pas y rester plus de 15 minutes. Ces eaux sont sensées guérir plein de choses! Même Héraclès en a profité pour se débarrasser du poison de l’Hydre de Lerne. C’est vous dire que c’est efficace haha

Après cette mini session thermale, je rejoins mon hôtel à 30km d’ici, dans le village de Loutra Ypatis.

Après avoir profité de la piscine de l’hôtel ENA je pars manger au seul restaurant du village, la taverne Mouries. Simple et sans chichi 🙂

Demain, c’est la dernière journée du road trip en Grèce, mais avec encore de belles choses à voir! 😉

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Road trip en Grèce : Athènes, les plus beaux endroits à découvrir

Athènes! Ha ça faisait depuis bien longtemps que je voulais découvrir la capitale de la Grèce! Bercé par la mythologie et le poids historique de ce nom, Athènes me faisait rêver! Alors durant ce road trip en Grèce, il fallait absolument y faire une étape. Mon passage n’y a été que pour une journée et demi, c’était court mais intense, et j’y reviendrais avec grand plaisir 🙂 C’est parti pour la découverte de la plus grande ville de Grèce, le berceau de la civilisation occidentale. Hop en route!

Comme d’habitude, avant d’aller découvrir cette ville, un petit rappel historique car ça ne fait jamais de mal 😉

Athènes, des origines à nos jours

Athènes aurait été fondée il y a bien longtemps par le roi légendaire Cécrops et placée sous la protection de la déesse Athéna. Historiquement, la ville existe officiellement -800 et se concentre autour de l’Acropole. Devenue une puissante cité, elle sera plongée dans les guerre médiques (conflits entre les cités-états grecques du continent, contre les Perses, à cause du soutien à l’indépendance des cités-états grecques d’Asie). Les athéniens triompheront une première fois en -492 à la bataille de Marathon face à Darius. Ce sera ensuite la vengeance de Xerxès qui déferle sur la Grèce avec ses armées et pille Athènes en -480. Mais une nouvelle fois Athènes triomphe pendant la bataille navale de Salamine. Ensuite, c’est l’âge d’or d’Athènes sous le règne de Périclès. Puis ce sera la Guerre du Péloponnèse et la défaite face à Sparte. La ville passera ensuite sous contrôle Macédonien avant d’être conquise et pillée par les romain en -86. Après un nouvel essor, elle est de nouveau détruite par l’invasion des Hérules germaniques en 267. Durant la période byzantine, Athènes n’est plus qu’une petite ville de province, presque oubliée. Elle traverse l’histoire et passe sous contrôle Ottoman en 1456, puis c’est la guerre d’Indépendance de la Grèce. C’est Athènes qui est choisie comme capitale du nouveau royaume de Grèce en 1834. À ce moment, l’ancienne puissante cité n’est plus qu’une petite ville inhabitée et en partie en ruines! La reconstruction sous le roi Othon suit les recommandations de ses architectes et urbanistes bavarois. On construit des palais et des grandes maisons, mais les rues ne sont ni pavées ni éclairées, et tout autour, c’est des terrains vagues. Dans les années 1920, après la guerre gréco-turque, un grand afflux de population et de réfugiés arrivent à Athènes, et de nouveaux quartiers émergent. Après la guerre civile grecque, à partir des années 1950, la ville commence véritablement à devenir le cœur économique de la Grèce moderne. C’est désormais la plus grande ville du pays et une des principales destinations touristiques d’Europe 🙂

Maintenant que les présentations sont faites, partons à la visite de la ville. Direction le cœur historique de la cité, l’endroit le plus célèbre : la fameuse Acropole!

L’Aéropage

Tout d’abord, un arrêt par l’Aéropage (rien à voir avec un aéroport). C’est un énorme bloc de marbre situé juste à côté de l’Acropole. On grimpe au sommet de ce monolithe par un escalier, l’accès est libre et gratuit. Il porte ce nom car il est associé depuis toujours au dieu Arès. Selon la mythologie, sur ce promontoire rocheux, un fils du dieu Poséidon a violé Alcippe, une fille du dieu Arès. Plein de colère, le dieu de la guerre a tué le fils de Poséidon. Ce dernier demande à Zeus une réparation. C’est donc ici sur ce rocher qu’aurait eut lieu le premier procès de l’histoire, un tribunal des dieux.

Pendant l’antiquité, ce rocher reste lié au pouvoir et à l’ordre. C’est ici que siégeait le Conseil des Anciens de la ville, et plus tard un puissant tribunal judiciaire. Au même endroit, l’apôtre Paul a prêché auprès des athéniens avec cette fameuse phrase « Or, ce Dieu inconnu que vous vénérez sans le connaître, voilà ce que, moi, je viens vous annoncer ». Il y a une petite plaque commémorative pour rappeler cet épisode biblique.

Maintenant c’est avant tout un des meilleurs spots pour profiter d’un sunset sur la ville. Vous rêvez d’un petit apéro cool et voir les plus belles couleurs sur l’Acropole? c’est ici qu’il faut venir 🙂

L’Acropole d’Athènes

Pour visiter l’Acropole, tout un tas de sites proposent des billets, mais il n’y a qu’une seule billetterie officielle, c’est Hellenic Heritage, sur ce lien. Pour tenter de régler les problèmes de sur fréquentation du site, il faut choisir un créneau horaire lors de l’achat du billet. Je vous conseille grandement d’acheter ce billet bien en avance. Déjà, pour être certain d’avoir une entrée, et aussi, pour choisir un horaire en dehors des heures les plus chaudes de la journée. Préférez soit tôt le matin ou en fin d’après-midi. Prévoyez aussi une casquette et de l’eau, car il n’y a aucune zone d’ombre sur l’Acropole. Grimper à l’Acropole c’est mettre ses pas directement dans les plus anciennes traces de la mythologie grecque. L’histoire liée à l’Acropole est juste hallucinante, lisez ça 🙂

L’Acropole, c’est une colline avec un plateau rocheux qui culmine à 156m au dessus de la ville. Le site est occupé depuis la nuit des temps, mais c’est à partir de -1300 que le plateau est entouré de remparts et de murs pour servir de véritable sanctuaire forteresse. L’Acropole porte ce nom en rapport avec le premier roi légendaire de la cité : Cécrops. Il y a très longtemps, cet homme « né directement de la terre », mi-homme mi-serpent (probablement un exilé égyptien), arrive dans la région. Aux hommes qui sont encore presque à l’état sauvage, il apporte l’écriture, l’agriculture, le mariage et les règles de la civilisation. Il explique qui sont les dieux, avec Zeus à leur tête, et comment les adorer. Il interdit les sacrifices humains archaïques et instaure à la place des offrandes de gâteaux au miel (les pelanoi). Bref, Cécrops, c’est LE personnage fondateur d’Athènes. Il arbitre aussi le duel entre la déesse Athéna et le dieu Poséidon qui s’affrontent sur cette colline pour savoir qui contrôlera la province de l’Attique et sera la divinité de la cité. Poséidon fait jaillir de la roche une source d’eau salée d’un coup de trident. Athéna fait pousser un olivier. Cécrops juge qu’Athéna a remporté le duel. La cité devient Athènes, le commerce de l’huile d’olive devient la première source de richesse, et un culte sera rendu à la déesse. Pendant des siècles, la dévotion à Athéna sera donnée à un xoanon, une pièce de bois difforme tombée du ciel et non sculptée par l’homme. Cet objet sacré représentant la divinité était régulièrement couvert de bijoux et de vêtements précieux. Quand Athènes est évacuée en -480 avant l’arrivée des armées de Xerxès, le xoanon d’Athéna est la priorité à sauver. Tant pis si l’Acropole brûle et si la cité est rasée, tant que le xoanon est intact, Athènes est toujours vivante! La reconstruction de l’Acropole se fera principalement sous le règne de Périclès.

La visite de l’Acropole débute par les marches qui montent jusqu’aux Propylées. C’est le monument qui servait d’entrée principale. Périclès voulait une entrée monumentale avec un complexe de temples. Les travaux lancés en -437 ne seront jamais finis, interrompus par la guerre du Péloponnèse et la défaite contre Sparte. Bien plus tard, les romains, les byzantins, les florentins et les ottomans modifieront et démoliront des portions des Propylées pour en faire des palais pour les évêques et les princes, et même un dépôt d’armes!

Après cette grande entrée majestueuse, les visiteurs pouvaient admirer la grande statue en bronze d’Athéna. Comme l’Acropole abritait plusieurs statues sacrées d’Athéna, elles ont toutes un nom. Celle en bronze, c’était Athéna Promachos. Elle est achevée par le sculpteur Phidias en -450 après 10 ans de travaux! Elle mesurait plus de 10m de haut et était visible à des kilomètres de distance. En arme et pointant sa lance vers l’ouest, son regard jugeait tous ceux qui montaient à l’Acropole. Un millénaire plus tard, en 465, elle sera emmenée comme d’autres trésors de l’Acropole jusqu’à Constantinople. Elle disparait de l’histoire lors de la capture de la ville par les Croisés en 1204, probablement fondue pour son bronze. Sur l’Acropole, il ne reste plus que son piédestal vaguement visible au milieu des décombres sur la gauche …

Le Parthénon! Ah, tout le monde vient pour ce monument qui fait parler de lui depuis l’antiquité 🙂 Il fait parti du grand plan de reconstruction de l’Acropole après la dévastation laissée par les Perses. Après la guerre, la cité d’Athènes redevient riche et puissante et veut honorer la déesse. Le Parthénon est construit entre -447 et -438. Il mesure 69m de long et 30m de large. C’est un des rares temples grecs tout en marbre. D’ailleurs est-ce que c’était un temple? et bien non. Le Parthénon était d’avantage vu comme une grande salle aux trésors, un véritable coffre-fort géant. En plus des tonnes d’argent du trésor de la Ligue de Délos, on y trouvait des butins et des trophées de guerre, avec entre autre le trône d’argent de Xerxès (Durant la grande bataille navale de Salamine, le roi Perse avait fait installer un siège pour contempler sa victoire. Mais hélas pour lui, c’est la flotte Grecque qui remporte le combat, Xerxès fuit avec son armée, laissant son trône symbole de sa défaite). Et encore plus important, le Parthénon devait abriter la plus grande statue d’Athéna. Il a d’ailleurs été presque conçu uniquement dans ce but.

Après la réalisation de la grande statue de bronze, Phidias se voit confier la tâche d’une statue encore plus grande! C’est Athéna Parthénos. Elle est appelée chryséléphantine, car on utilisait de l’ivoire d’éléphant pour reproduire la peau, et de l’or pour les bijoux et les vêtements. Elle avait une armature en bois imputrescible (sans doute du cyprès). Achevée en -438, elle faisait plus de 11m de haut. Sa construction a nécessité une somme énorme, estimée à l’équivalent de 200 navires de guerre, presque autant que la flotte athénienne! Même si cette statue était sacrée, elle servait aussi de réserve d’or en cas de besoin (avec plus d’une tonne d’or, qu’on pouvait emprunter par plaques et rembourser avec des intérêts). Elle était placée au centre du Parthénon et sa tête touchait presque le plafond! Devant la statue, il y avait un bassin d’eau huileuse, utilisé à la fois pour lustrer la statue et entretenir l’ivoire, assainir l’air, et lui donner un aspect encore plus vivant grâce aux reflets sur l’eau. Malgré ce nouveau chef d’œuvre, on accusa Phidias d’avoir détourné de l’or durant la construction et d’être impie car il avait sculpté un visage lui ressemblant sur le bouclier de la déesse sans en avoir la permission. Chassé d’Athènes, il s’exilera à Olympie, où il construira la statue de Zeus, une des sept merveilles du monde. Mais ça, c’est une autre histoire, et Olympie j’en parle sur cette page 😉 *** Et au fait, que devient cette grande statue Athéna Parthénos ? Et bien elle aussi sera démontée par les romains et envoyée à Constantinople où elle disparaitra dans un incendie …

Lors de sa construction, le fronton du Parthénon est le plus grand de l’époque. D’un côté il y avait des sculptures représentant la naissance d’Athéna. De l’autre côté, la scène représentée était le fameux duel entre Athéna et Poséidon. Tout autour, une grande frise sculptée longue de 160m décrit le déroulement des festivités des jeux panathénaïques en l’honneur de la déesse.

Le Parthénon traverse les siècles. Il est préservé par les romains. Par miracle, à l’époque byzantine quand les cultes païens sont interdits dans l’empire, il est reconverti en église pour ne pas être détruit. On lui rajoute même un petit clocher! Mille ans plus tard, quand les turcs font la conquête d’Athènes en 1458, Mehmed II décide de le transformer en mosquée. Le clocher devient un minaret et le Panthéon est à nouveau sauvé! En fait il n’y aura jamais vraiment de culte musulman à l’intérieur du monument, il semblerait que c’était d’avantage une volonté du sultan de préserver ce magnifique monument. Finalement la plus grosse destruction intervient en 1687 quand Venise est en guerre contre les turcs à Athènes. Un boulet de canon vénitien vise et touche la réserve de poudre qui était entreposée ici. L’explosion détruit une bonne partie du Parthénon et il finit par tomber en ruines.

Malgré tout ça, c’était quasiment le seul exemple de grand temple antique dont les sculptures pourtant païennes sur les frontons avaient été préservées du vandalisme et avaient survécues jusqu’à nos jours. Enfin ça, c’était jusqu’en 1802. Car le coup de grâce donné au Parthénon est réalisé par l’anglais Thomas Bruce, alors ambassadeur britannique dans l’empire Ottoman. Après avoir distribué de nombreux pots de vin aux autorités turcs, il découpe à la scie les frontons du Parthénon (alors qu’il ne devait faire que des moulages) et repart avec en Angleterre! Et le comble, c’est que le bateau transportant secrètement la précieuse cargaison a coulé dans une tempête près de Cythère, une île du sud du Péloponnèse. Des plongeurs pêcheurs d’éponges grecs, appelés à la rescousse, ont réussi à remonter les caisses (annoncées contenir des pierres sans valeurs) des fonds marins. Depuis, le tout est exposé au British Museum à Londres, et c’est une crise diplomatique sans fin entre la Grèce et l’Angleterre pour la restitution des fresques du Parthénon…

Malgré cette longue histoire pleines de rebondissements, le Parthénon reste mondialement renommé pour ses grandes dimensions et son élégance. Ce symbole de la puissance d’Athènes et du monde grec antique est un incroyable témoignage du passé 🙂

Et vous saviez qu’il existe une réplique en taille réelle du Parthénon ? C’est à Nashville dans le Tennessee aux USA. En 1897, pour les festivités du centenaire de la création de l’état, on décide de construire un Parthénon grandeur nature (en bois, briques et plâtres). Il y a même la grande statue d’Athéna taille réelle à l’intérieur!

Tout ça n’est presque rien comparé à l’Érechthéion 🙂 C’est le petit temple construit tout près du rebord de l’Acropole, pour remplacer l’ancien temple Athéna Polias, détruit par les Perses en -480. Ces ruines sont d’ailleurs visibles juste à côté. Les athéniens ne voulaient pas reconstruire les temples détruits par les perses pour justement garder en mémoire ce terrible évènement. L’Érechthéion est construit en -421. Son rôle est de garder les objets sacrés liés au culte d’Athéna. Le plus sacré d’entre tous, c’était le Palladion, ou xoanon, la fameuse petite statue de bois tombée du ciel.

C’est vers cette statuette que convergeait la grande procession des Panathénées à travers la cité pour lui offrir le peplos sacré (Chaque année, une tunique était tissée pendant 9 mois par des jeunes athéniennes et offerte à la déesse. La tunique précédente, devenue sacrée, était alors soigneusement conservée dans les trésors du Parthénon). La statue était éclairée en permanence par une lampe à huile magique qui ne s’éteignait jamais. En le réservoir à huile de la lampe était tellement grand qu’on ne le remplissait qu’une fois par an, et sa mèche ne se consumait pas car elle était sans doute en amiante.

L’Érechthéion marque aussi physiquement l’emplacement de la dispute divine entre Athéna et Poséidon. La marque du trident de Poséidon est visible, avec la trace d’une fissure dans la roche d’où jaillissait de l’eau (la source est à sec depuis longtemps). L’olivier sacré d’Athéna est à côté du temple. Il était toujours vert et ne grandissait jamais. Il est brulé comme tout le reste par les Perses, mais quand les athéniens reviennent dans leur cité en cendres, une branche verte avait déjà repoussé! Celui qu’on voit de nos jours a été planté dans les années 1950 à l’endroit supposé où se trouvait l’ancien olivier sacré. Encore plus fort, l’Érechthéion garde aussi une trace de Zeus! Une ouverture dans le plafond et une faille dans le sol marquent l’emplacement où le roi des dieux, Zeus, aurait envoyé sa foudre pour tuer le roi Erechthée (6e roi légendaire d’Athènes). C’était pour le punir d’avoir tué au combat le roi Thrace Eumolpos (un fils de Poséidon). Erechthée est considéré comme un héros de la cité et le temple porte son nom.

La légende veut que sous le célèbre porche des Cariatides sur le côté du temple, se trouve la tombe du mythique Cécrops. Une énorme poutre en marbre a été placée au dessus pour ne pas abîmer la tombe. Les cariatides portent éternellement les offrandes pour le roi légendaire situé sous leurs pieds. Une autre tombe sous le temple est sensée être celle du roi Erechthée. La légende dit qu’elle abritait un serpent géant que les prêtresses d’Athéna devaient régulièrement nourrir avec des offrandes.

Le tout a été pillé et transformé à de nombreuses reprises durant l’histoire. Le xaonon sacré a sans doute été brulé comme un vulgaire bout de bois par des fanatiques chrétiens. L’Érechthéion sera transformé en église, puis en palais et même en harem. Une des cariatides sera arrachée par le fameux anglais (et aussi exposée au British Museum). Les 5 autres sont à l’abri au musée de l’Acropole. Celles qu’on voit sur le temple sont des répliques exactes. Enfin, pendant la guerre d’indépendance grecque en 1827, l’Érechthéion est bombardé.

Voilà, c’est fini pour l’histoire incroyable et fascinante de l’Acropole! 🙂

Sinon, grimper à l’Acropole, c’est aussi l’occasion de découvrir des superbes points de vue sur la ville. Par exemple, vers le nord-est, c’est la vue sur le quartier Plaka, Syntagma (le centre politique et moderne), et enfin le quartier chic de Kolonaki sur les pentes du mont Lycabette 🙂

Côté sud-ouest, la jolie vue sur la colline de Filipappou, ainsi qu’une bonne couche de pollution au loin…

En bas, on aperçoit l’Odéon d’Hérode Atticus construit en 161 par un riche banquier de la cité. Ce théâtre pouvait accueillir 5.000 spectateurs. Malgré ses dimensions impressionnantes, il était recouvert par un plafond en bois de cèdre. Il sera incendié et pillé un siècle plus tard, lors de l’invasion des Hérules. Depuis sa rénovation dans les années 1950, il est régulièrement utilisé pour des grands concerts en plein air 🙂

Plein sud, c’est le quartier Makriyanni, avec au premier plan le théâtre de Dionysos. Au départ il s’agissait d’un sanctuaire dédié à Dionysos, le dieu du vin de la fête et du théâtre. Les spectateurs assistaient aux cérémonies et sacrifices en s’asseyant directement dans l’herbe de la colline. Puis, le lieu prend une autre dimension au Ve siècle avant JC. Il pouvait alors accueillir jusqu’à 17.000 spectateurs. Il devient le premier théâtre du monde. C’est ici que les grands dramaturges Sophocle, Euripide et Eschyle font jouer leurs chefs d’œuvres pour la première fois.

Derrière le théâtre, on aperçoit un grand bâtiment moderne, c’est justement la prochaine étape de la visite 🙂

Le Musée de l’Acropole

Quasiment indissociable d’une visite de l’Acropole, c’est la visite du musée de l’Acropole, situé juste au pied de la colline sur le versant sud. C’est un grand bâtiment à l’architecture moderne (et bien climatisé) inauguré en 2009. Il est dédié exclusivement aux résultats des fouilles réalisées sur la colline de l’Acropole.

On peut y découvrir la grande frise sculptée qui faisait le tour du Parthénon et s’approcher au plus près des fameuses cariatides de l’Erechthéion.

Une partie des collections provient du « dépôt des Perses ». C’est ainsi qu’on appelle les nombreuses sculptures détruites par les troupes de Xerxès Ier lors du pillage d’Athènes en -480.

Pèle mêle, une petite compilation d’œuvres présentées 🙂

Le musée est intéressant mais je trouve que la visite est un peu gâchée par la foule. Il y a vraiment énormément de touristes, et souvent plus intéressés par les selfies que par les antiquités.

Si vous voulez le visiter, plus d’infos sur ce site.

On continue la balade dans le quartier en allant prendre un peu de hauteur 🙂

La colline de Filopappou

C’est une grande colline au sud-ouest de l’Acropole. Elle était souvent utilisée par les attaquants lors des sièges de la ville. L’accès à cette colline est libre. Ici on est loin de la foule et on peut se balader de façon bien plus paisible à l’ombre des pins avant d’atteindre des points de vue tous plus beaux les uns que les autres.

La colline porte ce nom en référence au monument construit à son sommet. Ce monument en marbre a été construit en l’an 119 pour honorer le prince Philopappos, un bienfaiteur de la cité.

Cette colline abrite aussi quelques petites grottes qui sont présentées comme la prison de Socrate. Pour rappel, dans l’Antiquité, quand Athènes perd la guerre face à Sparte, c’est la déchéance et il faut trouver des coupables. On accuse entre autres le célèbre philosophe Socrate de dépraver la jeunesse. À l’issu d’un procès où il ne cherche pas à se défendre, il est condamné à mort par empoisonnement. Selon la légende, c’est dans une de ses grottes qu’il aurait mis fin à ses jours, en présence de ses disciples, dont Platon.

Depuis le sommet de la colline on aperçoit Le Pirée situé quelques kilomètres plus loin au sud. Le Pirée c’est le port historique qui a permis à Athènes d’étendre son influence grâce à sa flotte militaire et marchande. Deux gigantesques longs murs fortifiés partaient de la cité jusqu’au port. Maintenant, Le Pirée, c’est un des principaux sites industriels de Grèce et un des plus grands ports du monde pour le transport de passagers.

On en profite aussi pour admirer la vue sur l’Acropole et le Parthénon, on ne s’en lasse pas 🙂

De nuit aussi, c’est très joli 😉

L’Agora Romaine

On continue la visite au nord de l’Acropole. Après la conquête de la ville par Rome en -86, la cité se devait d’avoir une traditionnelle Agora Romaine. Elle sera construite à côté de l’antique Agora Grecque construite 6 siècles plus tôt. Après deux mille ans d’existence, l’Agora romaine a peu à peu disparue sous les constructions et les habitations de la ville. Des récentes restaurations ont permit de remettre à jour ce qui restait du site. On commence par la grande Porte d’Athéna Archegetis. C’était un monument construit par les romains pour les athéniens, en l’an -11, en hommage à la déesse Athéna. Elle marquait l’entrée de l’Agora.

Dans l’agora, on trouve la célèbre Tour des Vents aussi appelée horloge d’Andronicos. Cette tour octogonale de 13m de haut doit son nom aux sculptures représentant les 8 dieux des vents. Cette modeste construction était en réalité une ingénieuse horloge hydraulique, accompagnée de cadrans solaires et d’une girouette. C’était une prouesse technologique à l’époque! On a retrouvé des traces de canalisations mais on n’a aucune idée du mécanisme qu’il y avait à l’intérieur de la tour, mystère! Occupée (et préservée pendant) des siècles, elle n’a été totalement dégagée que lors des fouilles du XIXe siècle.

Deux rues plus loin, on peut découvrir le site de la Bibliothèque d’Hadrien, construite en l’an 131 par l’empereur du même nom. Le monumental bâtiment été d’avantage comme une sorte de grand centre culturel, avec une bibliothèque, des salles d’expositions d’œuvres d’arts etc … En partie détruit lors du pillage d’Athènes en 267 par les Hérules germaniques, l’ensemble n’a jamais été totalement reconstruit. Un grand mur a été restauré dans les années 1980, et c’est tout ce qu’il reste du fameux monument.

Sur le même site, on peut voir les ruines du Temple de Tetrakochochos. C’était une basilique byzantine construite sur les vestiges de la bibliothèque antique. L’entrée de l’Agora romaine est payante (10€), mais on peut voir la majorité des ruines gratuitement depuis la rue.

Hadrianopolis

À l’est de l’Acropole, au IIe siècle, l’empereur Hadrien, grand fan de la culture grecque, décide d’agrandir la cité avec un tout nouveau quartier, Hadrianopolis. Pour marquer symboliquement la frontière entre l’ancienne cité et la nouvelle, un monument est construit. C’est l’Arche d’Hadrien. Un monument en marbre de 18m de haut érigé en l’honneur de l’empereur romain. L’arche a miraculeusement survécut jusqu’à nos jours. Maintenant une route encombrée de voitures passe juste à côté.

Juste après cette arche, on découvre le monumental Temple de Zeus Olympien. Sa construction a commencé bien avant les romains, au VIe siècle avant JC. À l’époque, les tyrans, dirigeants athéniens, voulaient construire le plus grand temple du monde. Plus de 100m de long et 40m de large, et une centaine de colonnes hautes de 17m! Après la chute des tyrans et la naissance de la République d’Athènes, on abandonne sa construction, jugée inutile et beaucoup trop couteuse. Le temple reste à l’abandon pendant plus de 3 siècles. Les travaux reprennent en -174 avant d’être à nouveau interrompus. En -86, le général romain Sylla fit même transporter des colonnes du temple jusqu’à Rome pour orner le Capitole. Le grand temple de Zeus ne sera finalement achevé que sous le règne de l’empereur romain Hadrien en 129 (presque 800 ans après les premières pierres).

À l’intérieur le temple abritait une gigantesque statue de Zeus en or et en ivoire, ainsi qu’une énorme statue de l’empereur Hadrien, s’élevant ainsi lui-même au rang de divinité. Finalement ce gigantesque temple n’aura vécut qu’un siècle seulement. Il sera détruit et pillé en 267 par les Hérules. Impossible à réparer, il servira de carrière de pierres pour la reconstruction de la cité. Sur les 104 gigantesques colonnes, il n’en reste plus que 16 encore debout. L’entrée du site est payante (20€!) et a priori il n’y a plus grand chose à voir.

Le Stade Panathénaïque

Un peu plus loin à l’est, après avoir traversé une grande avenue, on arrive devant le Stade panathénaïque, le « stade de tous les athéniens ». Son origine remonte en l’an -330. Il est de forme allongée avec une piste longue de 220m et un virage très serré. On y célébrait les Panathénées tous les 4 ans (des espèces de mini-jeux olympiques propres aux Athéniens). Plus tard, en 140, les romains agrandissent le stade antique. Il devient alors un grand stade recouvert de marbre qui pouvait accueillir 50.000 spectateurs! Après l’interdiction des fêtes païennes au Ve siècle, le stade n’est plus utilisé. Le marbre est alors pillé pour d’autres constructions et le stade situé dans un creux entre deux collines fini recouvert par la terre et la végétation.

Il disparait de la mémoire des hommes avant de réapparaitre suite aux fouilles archéologiques du XIXe siècle. Il est alors entièrement remis en état pour les Jeux Olympiques de 1896.

L’entrée sur le stade coûte 12€ et permet d’accéder aussi à un petit espace musée. Plus d’infos sur ce site.

Revenons maintenant dans le quartier historique de Plaka 🙂 Au milieu de ces jolies ruelles animées on trouve quelques pépites.

Le Manoir Benizelos

C’est officiellement la plus ancienne maison existante d’Athènes. La famille aristocratique athénienne des Benizelos vivait dans cette demeure au XVIe siècle. Elle deviendra ensuite une taverne, puis sera divisée en plusieurs habitations et tombera en ruines dans les années 1980.

Après d’importants travaux de rénovation, l’ancien manoir ouvre au public et essaye de montrer l’intérieur typique d’une habitation à Athènes au XVIIIe siècle. On y découvre un petit musée expliquant la vie dans les différentes pièces d’une riche demeure à Athènes durant la période Ottomane. L’entrée est à prix libre (donation).

Une figure importante de la famille Benizelos, c’est sainte Philothée. C’était une jeune femme belle, intelligente et extrêmement riche. Par exemple elle avait reçu en héritage un quartier entier d’Athènes! Elle décide d’en faire don à l’église et devient nonne. Elle utilisera toute sa fortune pour des actions caritatives et sociales. Elle meurt en 1589 après des tortures que les turcs lui font subir. Sa relique est préservée dans la cathédrale. C’est la sainte patronne d’Athènes.

La Cathédrale d’Athènes

Un peu plus loin, on arrive sur la place Mitropoleos. On y voit la statue de Constantin XI (dernier empereur de l’Empire Romain d’Orient) et celle à l’allure sévère de l’archevêque Damaskinos (premier ministre de la Grèce en 1946). Mais on vient surtout ici pour visiter la grande Cathédrale d’Athènes. Sa construction est lancée en 1842 par le nouveau roi de Grèce Othon 1er.

Sa construction durera 20 ans. Le marbre utilisé provient de 70 église démolies ou en ruines après le départ des ottomans d’Athènes.

Juste à côté de la grande cathédrale, on trouve la petite église connue comme la Petite Métropole. On pense qu’elle a été construite vers le XIVe siècle.

Ce qui est assez curieux, c’est que presque toutes les pierres proviennent d’autres constructions. C’est une petite église recyclée 😉

Quelques rues plus loin, il y a une autre curiosité, avec cette étonnante et pittoresque église Agia Dynami. Elle est construite au XVIe siècle sur les ruines d’un ancien temples d’Héraclès, pendant l’époque ottomane. Ironie du sort, elle a faillit être détruite dans les années 1980, lors de la construction du Ministère de l’éducation et des affaires religieuses, celui qui doit justement protéger les églises! Elle est finalement sauvegardée et se retrouve maintenant coincée entre les piles de l’immeuble moderne reconverti depuis en hôtel 5 étoiles. Les femmes enceintes viennent prier ici pour se donner de la force pour l’accouchement et avoir un enfant en bonne santé. Cette petite église a aussi servi de réseau clandestin de munition pendant la guerre d’indépendance grecque. Tant de choses pour un si petit bâtiment 😉

Dans le même quartier, on peut découvrir la plus grande et la plus ancienne église byzantine d’Athènes ayant survécu, c’est l’église Agia Sotiria Lykodimou, connue comme l’église de la Sainte Trinité. Elle date du XIe siècle et elle est maintenant rattachée à l’église orthodoxe russe.

Le Parlement Grec

Plus loin, c’est la grande place Sýntagma, la place principale de la capitale. Il y a un énorme bâtiment : c’est le Parlement Grec. Juste après l’indépendance de la Grèce acquise en 1830 face à l’empire Ottoman, l’Europe des grandes puissances impose Othon 1er comme jeune roi de ce nouveau pays. Il choisit Athènes comme capitale (qui n’est alors qu’une ville modeste), et dans la foulée, il fait appel à l’architecte de son père Louis 1er de Bavière pour la construction de sa grande demeure royale. L’ancien palais royal est donc construit en 1843.

Si on vient ici, ce n’est pas juste pour admirer l’énorme façade. C’est aussi car il y a la tombe du soldat inconnu grec. La cérémonie de la relève de la garde est un spectacle que tout le monde s’empresse de venir voir 🙂 Les gardes en question sont des Evzones, des soldats d’élites, mais avec un costume traditionnel à la limite du ridicule, avec la petite jupette et les pompons sur les chaussures ! On rigole moins quand on sait que ce pompon pouvait servir à cacher une lame acérée qui dépasse de la chaussure! Bref, cette fameuse relève de la garde, elle a lieu toutes les heures …

Enfin ça c’est la théorie. Ce jour là il y avait une énorme manifestation sur la place, et la police bouclait tout le périmètre! Snif .. à refaire!

Le Jardin national d’Athènes

Les 16 hectares du Jardin National d’Athènes, c’est un véritable havre de paix au milieu de l’agitation, du bruit et de la pollution d’Athènes. C’est pratiquement le seul espace vert de la capitale. Créé en 1839 comme jardin royal par la reine Amélie, ce n’est qu’en 1923 qu’il devient un jardin ouvert au public.

On profite de l’ombre bienvenue, on se promène sous les pergolas fleuries, et on contemple les dizaines de tortues dans la mare. C’est un bel endroit où se détendre au milieu de plantes venues du monde entier.

Au sud du parc vous pourrez découvrir le Zappéion. C’est un grand bâtiment à l’aspect classique, destiné au sport et en particulier à la première édition des Jeux Olympiques modernes en 1896. Il accueille maintenant des évènements privés. Pour tenter de le visiter, plus d’infos sur ce site.

Le jardin du palais présidentiel se trouve juste à côté. En revanche, il n’est ouvert au public que le dimanche de 10h à 14h30 (pensez à prendre votre passeport ou une pièce d’identité qui vous sera demandé à l’entrée).

Le quartier Anafiotika

Voici une petite visite insolite à ne pas manquer, tout proche de l’Acropole 🙂 Sur le flanc nord-est, il y a le quartier pittoresque d’Anafiotika. Il prend naissance au XIXe siècle quand de nombreux habitants de l’ile d’Anafi viennent à Athènes comme ouvriers pour aider à reconstruire la ville. Sur la pente de l’Acropole, dans l’illégalité, ils se construisent des logements dans le style des cyclades.

Une partie du quartier a été démoli dans les années 1950 quand des fouilles ont été réalisées. Il ne reste plus que 45 petites maisons typiques avec les murs blanchis, des bougainvilliers fleuris dans les cours et des chats qui se prélassent au soleil. C’est un véritable petit labyrinthe qui dépayse vraiment 🙂 Les ruelles ne portent même pas de véritables noms!

La fin de la balade se fait au milieu des terrasses des restaurants qui envahissent les marches des escaliers qui rejoignent le quartier Plaka 🙂

Au nord du quartier Plaka, c’est une Athènes plus moderne et dynamique, sans doute moins touristique, mais qui grouille de vie 🙂

Le marché d’Athènes

En plus des grandes avenues commerçantes et des boutiques modernes, on y trouve par exemple le marché centrale d’Athènes dans les halles municipales de Varvakios, surnommées « le ventre d’Athènes ». Vous découvrirez des grands étals de viandes et de poissons. Ce n’est pas particulièrement une destination touristique, car le marché est bruyant et rempli d’odeurs haha. Le marché est fermé le dimanche. Le quartier est aussi très populaire et très vivant. Dans les rues adjacentes, il y a de nombreuses petites échoppes qui vendent des épices. Pendant des siècles, le grand marché d’Athènes se déroulait à l’emplacement de l’Agora romaine. Après l’incendie du marché en 1884, on en a profité pour le délocaliser dans une nouvelle halle moderne en 1886 (et c’était aussi l’occasion de lancer des fouilles archéologiques plus poussées sur l’Agora)

Le Musée archéologique d’Athènes

Si vous voulez vraiment voir un magnifique musée sur la Grèce antique à Athènes, alors sans aucune hésitation, il faut aller au Musée archéologique d’Athènes! Rien à voir avec le Musée de l’Acropole qui se limite uniquement aux fouilles de l’Acropole. Ici, c’est une autre dimension, ce musée propose la plus grande collection d’antiquités grecques au monde! Il se trouve au nord de la ville.

On y trouve plein de choses incroyables. Je vous montre une petite compilation des pièces les plus marquantes!

Par exemple les fresques colorées des murs des maisons d’Akrotiri datant du XVIe siècle av JC, préservées sous des couches de cendres après l’éruption du Santorin. C’est fou de se dire qu’on regarde la peinture des murs d’une maison datant d’il y a 3600 ans!

On peut admirer des trésors de la civilisation mycénienne. Il y a par exemple le célèbre Masque d’Agamemnon retrouvé dans une tombe lors de fouilles à Mycènes *** Même si depuis, on sait que ces masques en or datent de plusieurs siècles avant la Guerre de Troie.

Les dagues en bronze avec des incrustations d’or et d’argents sont absolument sublimes!

La grande statue du Kouros de Sounion mesurant plus de 3m de haut datant du VIe siècle av JC, à l’époque où les statues représentant les hommes idéalisés s’inspiraient des sculptures égyptiennes. Elle a été retrouvée dans les ruines laissées par les Perses sur un temple de Poséidon à Cap Sounion, au sud-est d’Athènes.

Autre chef d’œuvre, le Dieu de l’Artémision datant du Ve siècle av JC. C’est une des rares statues en bronze qui a survécu jusqu’à nos jours sans être refondue. On pense que cette statue de Zeus (ou Poséidon) provenait du pillage de Corinthe, car on l’a retrouvé dans une épave romaine qui a fait naufrage au IIe siècle, au large du cap Artémision.

Une salle regroupe des copies romaines d’originaux grecs classiques. Ces copies datant du IIe siècle montrent l’influence qu’avait l’art grec sur les romains. On retrouve par exemple une statue d’Hermès découverte à Atalante.

L’Aphrodite de Syracuse ou Héraclès enfant 🙂

Des sculptures du IVe-IIIe siècle utilisées dans des stèles funéraires monumentales, comme ce cheval ou ce soldat (naiskos).

Les 2 éphèbes en bronze, avec l’Ephèbe d’Anticythère (retrouvée dans la fameuse épave où on a aussi retrouvé le célèbre mécanisme, aussi exposé dans ce musée) et l’Ephèbe de Marathon.

La sculpture la plus incroyable à mon avis, c’est celle du Cavalier de l’Artémision, datée vers -150. C’est un des seuls exemples de cheval de course de la Grèce antique et si cette statue est encore là, c’est uniquement car elle a été perdue dans le naufrage du navire qui la transportait. Sinon, comme la majorité des sculptures en bronze en antique, elle aurait été fondue et aurait disparue à jamais.

Qui sait le nombre d’autres chefs d’œuvres absolument incroyables qui ont été oubliés de cette façon. Et ce qui nous parait incroyable ici était peut être presque commun, avec des statues en bronze à chaque coins de rues haha 😉

Une petite compilation de têtes étonnantes 🙂 avec la tête en bronze du philosophe (retrouvée elle aussi dans l’épave d’Anticythère), un masque de théâtre, et la tête d’Attale II roi de Pergame.

Ou encore l’enfant au canard, le petit enfant portant un chien, et cette tête inconnue mais si expressive.

Ou bien encore, la grande statue du Poséidon de Milos, provenant de la même île que la célèbre Vénus de Milo.

Et justement une autre Aphrodite qui menace Pan d’un coup de sandale 😉

Vraiment, ce musée est une merveille. Il y a tant de choses à voir! C’est un must absolu si vous voyagez en Grèce et que vous êtes un petit peu intéressés par l’histoire classique 😉

L’entrée coûte 20€, et prévoyez plusieurs heures sur place. Personnellement je pourrais y passer plusieurs jours 😉 Plus d’infos sur ce site.

Alors Athènes ?

Athènes, c’est chouette! 🙂 Hélas, il y a encore plein d’endroits que je souhaite découvrir, mais ce sera pour une prochaine fois. J’ai adoré Athènes et son effervescence. J’ai un peu moins aimé la pollution (qui se ressent vraiment) et le fait que la ville n’est pas très belle du point de vue de l’architecture. Dès qu’on s’éloigne des quartiers historiques, c’est la ville du béton et du ciment. Mais ça n’enlève pas l’envie d’y revenir 😉

Allez, on reprend le road trip! Prochaine étape, direction l’Oracle de Delphes et les Thermopyles des spartiates! 🙂

>> Suite du road trip : Delphes et les Thermopyles
<< Etape précédente : Nauplie, Tyrinthe, Néméa, Corinthe

Road trip en Grèce : Nauplie, Tirynthe, Néméa, Corinthe, et Athènes :-)

Le road trip en Grèce continue. Aujourd’hui, on continue la découverte des richesses du Péloponnèse avant de rejoindre la capitale Athènes. Hop en route!

Visite de Nauplie

Après avoir diné la veille sur le port, je prends le temps ce matin de découvrir un peu plus la ville de Nauplie. Selon la légende, la ville aurait été fondée sur une presqu’ile par Nauplie, un fils de Poséidon. Le fils de Nauplie, Palamède (un héros de la Guerre de Troie) donne son nom au grand rocher qui domine la ville. Dans l’antiquité, c’est une petite cité sans réelle importance. Elle commence à prendre son essor sous l’empire byzantin. En 1032, on y fait construire des fortifications et une grande bataille permettra de repousser une flotte arabe. On l’appelait la « Naples de Romanie » pour la distinguer de la ville de Naples en Italie. Après les byzantins, les vénitiens puis les ottomans contrôlent la cité. La ville et le port deviennent un des principaux centres commerciaux du Péloponnèse. En 1821 pendant la Guerre d’indépendance Grecque, Nauplie est une des cibles prioritaires. Après un siège de plusieurs mois, les turcs finissent par la rendre aux grecs. Elle devient la capitale du jeune état Grec de 1829 à 1834 (ensuite la capitale est transférée à Athènes).

Commençons par l’extrémité de la péninsule. Sur le grand rocher de 45m de haut, la citadelle Acronauplie garde la ville au XIIe siècle. Elle perdra son importance avec la construction de la forteresse Palamède, plus moderne, quelques siècles plus tard. De cette citadelle antique, il ne reste presque plus rien.

Au pied du rocher, en longeant le port, on aperçoit un ilot fortifié, c’est la forteresse Bourdzi. Elle est construite par les vénitiens en 1473 pour défendre la ville des pirates. Plus tard, la forteresse servira de prison et même d’hôtel.

Dans la vieille ville, la promenade est agréable. On sent que Nauplie vit du tourisme et cherche à se faire belle. Les rues sont propres, remplies de boutiques et de terrasses de restaurants. Toute la zone du centre est quasi piétonne, c’est vraiment chouette 🙂 Sur la place principale, Syntagma, vous pourrez visiter si vous avez le temps le musée archéologique, à l’intérieur d’un ancien palais vénitien (entrée 6€). L’ancienne mosquée de la ville (construite en 1730), à l’angle de cette place, sera reconvertit et deviendra le premier Parlement Grec.

Un peu plus loin, se trouve la cathédrale Saint-Georges, que je n’ai pas pu visiter pour cause de travaux ce jour là…

La balade amène naturellement à la porte vénitienne de Xira. Elle faisait partie des anciens remparts de la ville qui ont tous été détruits. En 1966, l’ancienne porte d’entrée de la ville est reconstruite pour faire joli 😉

Juste derrière, dans le petit parc Staikopoulos il y a le restaurant Skarpeta. C’est une excellente adresse, au calme, à l’ombre, pour manger, grignoter ou juste prendre un verre ou un café. Vraiment un chouette endroit que je recommande! 🙂

Ensuite, c’est la longue place Kolokotronis qui est joliment arborée et décorée avec des statues. Elle longe l’ancienne gare de la ville reconvertie en école de musique et musée du jouet. C’est aussi l’endroit où se tient le marché de la ville.

Le principal monument de Nauplie, celui qu’on voit tout le temps, c’est la forteresse Palamède. Elle domine la ville depuis la colline à 216m de hauteur. Les Vénitiens achèvent sa construction en 1714, et hélas pour eux, les troupes turques s’en emparent l’année suivante.

Pour accéder au sommet, il faudra gravir un escalier de 999 marches (bon en fait 857 en réalité)! Avec cette chaleur, je n’avais pas du tout envie de me lancer dans cette grimpette! Il est aussi possible de s’y rendre en voiture, il y a un petit parking de l’autre côté. L’entrée de la citadelle coute 8€. Vous me direz si ça vaut la coup 😉

Plus loin, c’est le quartier de Pronoia. Il est plus moderne et aménagé à partir de 1828 pour accueillir des réfugiés grecs de la guerre d’indépendance. C’est une autre ambiance avec des voitures qui klaxonnent partout, des bouchons et énoooormément de monde. Il y a tout de même une curiosité à découvrir dans ce quartier.

Il faut se rendre entre le cimetière et l’ancienne petit église (construite à l’intérieur d’une grotte de la colline). Dans un square, se trouve le Lion des Bavarois. Cette énorme sculpture creusée dans la roche date de 1841. À l’époque, le jeune Othon est désigné premier roi de Grèce. C’était un prince de Bavière. Son père, le roi Ludwig de Bavière, lui a demandé de créer un monument en hommage aux troupes germanique mortes du Typhus en Grèce.

La cité de Tirynthe

Juste à la sortie de la ville de Nauplie, littéralement au bord de la route, il y a le site archéologique de Tirynthe. C’est une ancienne cité de l’époque mycénienne, il y a 3.000 ans. Elle se trouve sur une colline de 30m de haut et 300m de long. À l’époque antique, la mer arrivait à ses pieds.

Selon la légende, elle a été fondée par Protée, le frère jumeaux d’Acrisios (roi d’Argos) avec l’aide des cyclopes bâtisseurs. En effet, on retrouve à nouveau des murailles cyclopéennes avec des rochers vraiment énormes! Peut-être même encore plus grands que ceux de Mycènes. On estime que les murailles pouvaient atteindre 8m d’épaisseur et 18m de haut, c’est juste énorme! Homère la décrivait en disant « Tirynthe, puissante et fortifiée ». On estime que la cité comptait au moins 10.000 habitants.

Selon la légende, c’est dans cette cité de Tirynthe que le héros Héraklès est venu servir le roi Euristhée pour réaliser les fameux douze travaux.

Du site antique, il ne reste que les énormes fondations. Argos, la cité rivale lui a fait subir le même sort que Mycènes : tout a été détruit. L’entrée ne coute que 4€ et la visite est assez rapide. Vous ne croiserez pas beaucoup de touristes ici. Personnellement, ces sites millénaires où les légendes mythologiques se mêlent à l’histoire, ça me fascine 🙂

N’oubliez pas de visiter un autre site, à seulement 2km de là. C’est une autre tombe tholos de l’époque mycénienne. Elle est moins impressionnante que celle qu’on peut visiter sur le site de Mycènes mais elle reste intéressante.

Je trouve même qu’elle a d’avantage de charme. Elle est cachée, à l’abri du tourisme de masse, discrètement perdue au milieu d’une orangeraie à flanc de colline. Un petit chemin de terre y mène. On a l’impression de pénétrer dans un site mystérieux multi millénaires qui aurait été à peine découvert.

J’ai vraiment aimé ! En plus l’entrée est gratuite et une petite tortue est venue me dire bonjour, que demander de plus ? 🙂

Némée et le Temple de Zeus

Avant de quitter le Péloponnèse, je poursuis mes sauts dans la Grèce antique en me rendant au site de Némée. Dans la mythologie, ce lieu est connu car c’est ici qu’Héraclès a réalisé le premier de ses douze travaux : tuer le lion de Némée. Historiquement, le site est surtout connu pour abriter un sanctuaire dédié à Zeus au VIe siècle avant JC. Il y avait notamment un grand temple de Zeus construit vers -330.

Malgré les guerres, les tremblements de terre et les autres catastrophes, 3 grandes étaient toujours debout depuis l’antiquité. Grâce aux travaux d’archéologues américains de l’université de Berkeley dans les années 2000, 9 colonnes ont été redressées 🙂

Dans ce sanctuaire se déroulaient des jeux importants. Ils faisaient partie des 4 jeux panhelléniques qui composaient les Olympiades dans la Grèce antique : les Jeux Olympiques à Olympie, les Jeux Pythiques à Delphes, les Jeux Isthmiques à Corinthe et les Jeux Néméens à Némée. Les Jeux Néméens commencent la première fois en -573. Il y a toujours le stade antique de Némée à quelques centaines de mètres du site archéologique (il se visite avec le même ticket). Pas de chance pour moi. Ce jour là, la route d’accès était en travaux, je n’ai pas pu y aller. Soyons honnêtes, le site de Némée et son petit musée m’ont un peu déçu. À moins d’être véritablement passionné par l’archéologie, ne faites pas spécialement un détour pour cet endroit.

Le Canal de Corinthe

Il est temps de quitter le Péloponnèse. Pour arriver dans la péninsule, j’avais emprunté le grand pont moderne de Rion-Antirion. Pour en partir, je voulais absolument passer par le célèbre Canal de Corinthe 🙂 Sur cette petite bande de terre qui sépare le Péloponnèse de la Grèce continentale, l’idée ne date pas d’hier pour rejoindre rapidement en bateau le golfe de Corinthe et le golfe Saronique. En effet, au lieu de faire tout le tour de la péninsule, soit 400km, il n’y a que 6km de terrain à traverser! Au VIe siècle avant JC, les grecs avaient déjà mis en place un système pour faire « rouler » des navires sur une voie dallée spécialement aménagée. Sous l’empereur romain Néron, en l’an 67, le premier coup de pelle (en or) est officiellement donné pour creuser un canal! Après un an de travaux et la mort de milliers d’esclaves, le projet est finalement abandonné. Presque deux millénaire plus tard, à la suite de l’inauguration du Canal de Suez en 1869, l’état Grec remet le sujet du Canal de Corinthe sur la table. Les travaux commencent en 1882 et l’inauguration officielle a lieu en 1893. C’est un navire français qui est le premier à passer, cocorico!

Le canal mesure un peu plus de 6km de long, avec une largeur d’à peine 22m et une profondeur d’eau de 8m. Les murs de la tranchées atteignent 50m de haut. C’est vraiment impressionnant! 🙂 Ici sur la photo, c’est le point de vue depuis le pont de la route principale. Je serais bien resté plus longtemps à attendre le passage d’un navire, mais il était trop loin à l’horizon.

Avant de partir, un petit mot supplémentaire sur Corinthe. Ce n’est pas qu’un canal. Une cité existait depuis bien longtemps, dès le VIIIe siècle av JC. Elle était perchée dans une citadelle à 575m d’altitude et abritait un célèbre sanctuaire d’Aphrodite. Grâce à son emplacement stratégique et ses 2 ports, elle s’enrichit mais reste à l’écart des grands conflits. Elle sera finalement totalement rasé par les romains en -146. Un siècle plus tard, Jules César fonde une nouvelle Corinthe. Si vous êtes déjà allé un peu à l’église vous avez probablement entendu « Apôtre Paul, épître aux corinthiens », et bien il était ici! Finalement en 1858, un terrible séisme détruit totalement la petite ville sur la colline. La Corinthe moderne se fonde un peu plus loin au nord. Donc par manque de temps, je fais l’impasse sur la visite de la Corinthe historique la haut sur la montagne.

Tant pis, hop en route, je continue le road trip, prochaine étape : Athènes ! 🙂

En route pour Athènes !

Au lieu de prendre directement l’autoroute E94 pour avaler les derniers 75km restants jusqu’à la capitale, je décide de passer par la route côtière. Je me disais que j’allais profiter un peu du paysage. Je ne suis pas déçu … dès le début je longe l’énooooorme centre pétrochimique de la raffinerie de Corinthe (compagnie Motor Oil). C’est la deuxième plus grande raffinerie d’Europe.

J’aurais mieux fait de prendre l’autoroute haha 🙂

J’appréhendais mon arrivée à Athènes en voiture en fin d’après-midi. Des voitures et des bouchons il y en a eu, mais finalement rien de trop pénible. Pour un grand parking facile d’accès, proche du centre et pas trop cher, j’avais repéré en avance le parking souterrain Varvakeios, juste à côté du grand marché des Halles Municipales, au nord de la ville. Pour la modique somme de 10€ la journée, c’est vraiment le bon plan!

Pour l’hébergement chouette et bon marché, en mode dernière minute via booking ou autre (comme je fais depuis le début du séjour), ce n’était plus possible. On sent tout de suite la différence de prix en arrivant dans la capitale. J’ai finalement trouvé une petite perle rare : Tip Top Suites (Gladstonos 5), pour deux nuits, 190€ et pas trop loin du parking. Hébergement situé dans une ruelle piétonne et populaire, un hall d’immeuble qui donne moyennement envie d’y rentrer, et surprise au 6e étage : tout est neuf, propre, moderne. Un studio top confort 🙂

Je pars ensuite explorer la capitale. Je vous détaille tout ça dans le prochain article 😉

>> Suite du road trip : Athènes 🙂
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Road trip en Grèce : Monemvasia, Mycènes, Epidaure, les trésors du Péloponnèse

Je continue ce road trip en Grèce à la découverte des trésors du Péloponnèse. Au programme de cette belle journée : l’étonnante Monemvasia, les vestiges de l’antique Mycènes et le grand théâtre d’Epidaure. Des belles choses en perspective! Hop en route 🙂

La journée commence à Gefira, la petite ville de bord de mer où j’ai passé la nuit. Littéralement juste en face, il y a ça 🙂

Monemvasia

On est vraiment surpris par cet énorme masse de roche qui semble surgit de nul part dans la mer. C’est Monemvasia.

C’est comme un gigantesque et monumental navire de pierre. Ce rocher mesure 1.5km de long et 200m de haut.

Une petite digue naturelle de 400m de long avec une unique route relie le rocher au continent. Son aspect unique lui a valu le surnom de Gibraltar de l’Est.

À l’extrémité du rocher, caché aux yeux du continent, se trouve la petite cité de Monemvasia. Elle est fondée au VIe siècle par les habitants de la Laconie et des habitants de l’ancienne Sparte qui cherchaient à fuir et à se protéger des invasions slaves. Au cours des siècles suivants, elle sera souvent assiégée et détruite, puis reconstruite. Par les vénitiens, les francs, les pirates, les turcs, avant que finalement ça se calme. En 1821, elle redevient Grecque. Le sommet du rocher est un large plateau. Il abritait une forteresse et les habitations de la ville haute. Tout a été abandonné au XVIe siècle.

Depuis les années 1970, la petite ville basse reprend des couleurs. Elle est exclusivement piétonne, cachée derrière la falaise et ses remparts. Elle reprend vie grâce au tourisme. Et des touristes vous allez en croiser, beaucoup même! Des cars entiers se déversent en continu dès le matin et les petites ruelles de la ville basse sont prises d’assaut. La rançon du succès! C’est peut-être pour ça que j’ai moyennement apprécié la visite de cet endroit (et aussi au fait qu’un bug technique a perdu mes photos grrr).

Je quitte cet endroit méconnu et pourtant incroyable pour remonter plus au nord dans le Péloponnèse. C’est parti pour 3h de route! Après avoir traversé la plaine fertile d’Argos, la route prend la direction des collines et j’arrive dans un endroit légendaire.

La cité antique de Mycènes

La nouvelle étape de ce road trip c’est la cité antique de Mycènes 🙂 Après m’être garé à l’ombre sur le parking, je prends le billet d’entrée à 12€ et c’est parti!

La ville de Mycènes est au sommet d’une colline, entourée par deux sommets, le mont Profitis Iilias et le mont Zara. Elle dominait toute la région.

Selon la mythologie, c’est le héros Persée (celui qui a vaincu la terrible Méduse) qui aurait fondé la ville avant de partir vers l’Asie. Pour l’aider à construite la ville, il aurait demandé l’aide des cyclopes. Ces géants avec un œil unique au milieu de front possèdent une force incroyable. Le site est habité depuis des millénaires, mais la puissante cité de Mycènes aurait été bâti vers -1800. Quand des siècles et des siècles plus tard, des Grecs de l’antiquité découvrent ces gigantesques ruines, ils supposent que seuls des géants avaient la force d’assembler des blocs de pierre aussi énormes. Toujours selon la légende, dans l’Illiade, c’est depuis Mycènes que le puissant roi Agamemnon part à la conquête de Troie. Toutes ces légendes antiques parlent de Mycènes comme une cité pleine de richesses, avec des remparts qui montent jusqu’aux cieux. Elle connait son apogée entre les XIV et XIIIe siècle av JC et étend son influence dans tout le monde Grec. On parle alors de la civilisation mycénienne. Puis on trouve des traces de destructions dans les siècles suivants. Elle devient une cité mineure. Finalement en -468, la ville et les fortifications sont détruites par la cité rivale d’Argos (située à une vingtaine de kilomètres). Mycènes n’est plus qu’une ruine qui traverse les époques et tombe dans l’oubli. Elle n’est plus connue que par les légendes. Ce n’est qu’en 1841 qu’on la redécouvre et qu’on y effectue des fouilles.

Des véritables fondateurs historiques de la cité, on ne sait pas grand chose. On sait en revanche qu’un palais et une citadelle se trouvait au sommet de la colline. Ce n’est qu’ensuite que les remparts avec les énormes pierres ont été construit, quand la citadelle s’est agrandie pour devenir une véritable cité. Les vestiges des remparts font jusqu’à 8m d’épaisseur. On estime que les remparts et les murailles qui étaient au dessus devaient atteindre jusqu’à 20m de hauteur. De quoi dissuader les attaques ennemies!

La Porte des Lionnes est sans aucun doute l’image la plus connue de la cité. C’est l’entrée principale, imposante et massive. Cette sculpture monumentale est le seul monument de l’âge du bronze Grec qui a survécu jusqu’à nos jours sans avoir été enterré.

La porte est datée de l’an -1250. Juste après cette imposante entrée, on trouve les entrepôts et les tombes à fosses où en 1876, on a retrouvé de nombreux trésors, dont cinq masques en or. Le plus célèbre est le fameux « masque d’Agamemnon », entreposé au Musée national archéologique d’Athènes. Ce masque ne serait en fait pas celui du célèbre roi. Il plus ancien que l’époque supposée de la Guerre de Troie, et en plus, il aurait probablement été contrefait par l’archéologue allemand de l’époque. Heinrich Schliemann devait absolument satisfaire à son empereur Guillaume Ier qui finançait les fouilles!

Au point le plus haut de la cité se trouvais le Palais Royal. Il n’en reste rien, à part quelques pierres et l’empreinte de son emplacement au sol. Depuis cette esplanade, on peut observer la même vue sur la région qu’avait le roi Agamemnon depuis son trône.

En se promenant au milieu de ces vestiges, on essaie de se projeter plus de 3.000 ans dans le passé et imaginer la vie des habitants de cette cité qui a inspiré tant de légendes!

Pour compléter la visite, un petit musée archéologique moderne expose certains des objets découverts dans les tombes : céramiques, bijoux, armes, et tablettes d’écriture.

La Tombe du Trésor d’Atrée

Le billet d’entrée de Mycènes donne aussi accès à la grande tombe du Trésor d’Atrée, située à quelques centaines de mètres. Sans surprise, c’est une tombe datant de l’époque mycénienne. On pense qu’elle date de -1250. Elle fait partie d’un groupe de neufs tombes à tholos découvertes sur le site de Mycènes. Une tombe à tholos, c’est une tombe avec un accès par une entrée inclinée ouverte (un dromos) et donnant sur une pièce principale circulaire. C’est la plus grande tombe de ce type découverte.

Le nom de trésor d’Atrée vient de Pausanias, un voyageur de l’antiquité qui a laissé de nombreux textes de ces explorations au IIe siècle. Il pensait que c’était la tombe d’Atrée, le fils du légendaire Pélops, qui donne la lignée des Atrides et dont le fils est le fameux Agamemnon. En fait, on n’a aucune idée de qui pouvait être enterré ici. Sans doute un des rois de Mycènes vu l’importance du site. La tombe a été pillée dès l’antiquité. Il ne reste rien. Tout ça est bien mystérieux!

L’entrée de la tombe est surmontée par une énorme pierre de 9m de long sur 5m de large pensant 120 tonnes! La salle principale circulaire est vraiment étonnante. Elle fait 14m de diamètre et une hauteur de 13m. Quand on se tient au centre, il y a un écho très fort. Ne manquez pas la visite de ce site vraiment étonnant 🙂

Après cette matinée plongée dans le lointain passé de la Grèce, je m’offre une bonne pause déjeuner dans le village de Mykines, juste en contrebas de Mycènes. Je choisis la grande terrasse du restaurant Electra sur la route principale. L’accueil et le service est vraiment adorable, la nourriture est classique et pas chère. Une bonne petite adresse pas prise de tête 🙂

La prochaine étape du road trip se trouve à une quarantaine de kilomètres vers l’est.

Le Sanctuaire et le Théâtre d’Epidaure

Le site d’Epidaure est occupé par l’homme depuis des millénaires, mais ce n’est que sous l’époque classique au VIe siècle av JC que la cité prend de l’importance grâce à son sanctuaire renommé dans toute la Grèce.

Le sanctuaire d’Asclépios. Ce fils d’Apollon est mort foudroyé par Zeus pour avoir ressuscité les morts. On le connait d’avantage pour son fameux bâton d’Esculape : le bâton avec une couleuvre enroulée autour, le symbole qu’on retrouve dans toutes les pharmacies, le fameux caducée de la médecine. La légende dit que ce bâton permettait de guérir toutes les maladies. Esculape ou Asclépios était donc le dieu de la médecine (à ne pas confondre avec Hippocrate, père de la médecine). Ce sanctuaire était le plus réputé de l’antiquité! Des malades affluaient de toute la Grèce pour espérer une guérison dans le sanctuaire. Ici il n’y avait pas de médecins, la guérison miraculeuse se faisait par le rêve! Après un rituel de purification, le pèlerin s’endormait dans bâtiment particulier, l’abaton, qui mesurait 70m de long et 10m de large. Pendant son sommeil, le dieu Asclépios venait le visiter dans son rêve pour le guérir par le toucher ou lui indiquer le remède à préparer… ou pas. En tout cas, ça devait fonctionner un minimum car on a retrouvé 43 tablettes en argile de remerciements de des pèlerins guéris.

Quand l’empereur byzantin Théodose II interdit les cultes antiques en l’an 426, c’est la fin de l’activité du sanctuaire. La ville d’Epidaure disparait peu à peu. Ce n’est qu’en 1821 qu’un petit village réapparait ici et des fouilles archéologiques sont lancées en 1881.

Maintenant, si tout le monde vient à Epidaure, c’est principalement pour voir son fabuleux théâtre antique à 500m au sud du sanctuaire, sur la colline. Le théâtre d’Epidaure est le plus beau et le mieux conservé de tous les théâtres antiques grecs.

Il aurait été construit en -340 par l’architecte Polyclète. Il peut accueillir jusqu’à 13.000 spectateurs sur 55 rangées. Il est considéré comme le plus parfait des théâtre pour son acoustique exceptionnelle.

Sur place, tout le monde réalise la même expérience : on chuchote au centre de la scène et on entend parfaitement jusqu’aux dernières rangées! Chaque année pendant l’été, le monument revit, et accueille le festival de théâtre d’Epidaure qui rejoue des tragédies antiques. Plus d’infos sur le festival ici.

Enfin, un petit musée complète la visite du site. Il est ouvert en 1909. C’est d’ailleurs l’un des plus anciens musées de Grèce.

La visite est assez rapide et je n’ai pas été emballé par la présentation. On dirait un hangar remplit en vrac de tout ce qu’on a pu y mettre.

Nauplie, l’ancienne capitale

Je termine cette belle journée en me rendant dans la ville de Nauplie à une trentaine de kilomètres à l’ouest d’Epidaure. Cette ville qui donne sur le golfe d’Argos a été temporairement la capitale de la Grèce de 1828 à 1834.

Pour le logement ce sera l’excellent Park Hotel. Il est idéalement situé à la frontière entre la vieille ville (sur la bande de terre entre le port et la citadelle) et la ville moderne qui s’étend plus loin. En plus, c’est facile de se garer gratuitement dans les rues autour. Après un repos dans la très belle et confortable chambre climatisée, je pars déambuler dans les ruelles animées de la vieille ville. C’est une destination touristique du Péloponnèse. Il y a énormément de boutiques et de restaurants, avec un front de mer et un port où il se passe toujours quelque chose 🙂

Pour le restaurant, j’ai testé The Nest (Boumpoulinas 61). Je craignais un peu que ce soit un restaurant attrape-touriste, mais en fait pas du tout, le repas fut vraiment très bon, je recommande 🙂

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Road trip en Grèce : la péninsule du Magne, merveille cachée du Péloponnèse

Pour cette nouvelle journée de road trip en Grèce, l’objectif sera de visiter une zone peu connue du Péloponnèse, la Péninsule du Magne. Allons découvrir ça, hop en route!

De bon matin, après un petit café au calme sur ma petite plage privative dans le village d’Agios Andreas, je quitte mon petit havre de paix du Sarantakis Apartements

Direction la péninsule du Magne. C’est une zone particulièrement aride et rude, où il n’y a presque pas de végétation. Le sol est pauvre et les roches apparentes. La région a longtemps était isolée et presque oubliée, tout au sud du Péloponnèse. C’était une terre de pirates qui s’abritaient dans les nombreuses criques. La population est composée de grandes familles formant de véritables clans qui se livrent des guerres de vendettas sans fin. Puis dans les années 1960, c’est l’exode rural. Une bonne partie des habitants partent vers les villes et notamment Athènes. Ce n’est que dans les années 1970 seulement que des véritables routes sont créées. L’état veut en finir avec l’isolement du Magne et tenter de mettre fin au règnes des clans. Récemment, la péninsule connait un regain touristique et de nombreuses résidences secondaires sont construites.

Pourquoi visiter cette région ? Car cet isolement et cette histoire dure et mouvementée lui donne un caractère unique en Grèce. Car l’architecture du Magne, ces maison austères en pierre et marbre gris, qui ressemblent à des petits donjons fortifiés est typique et unique. Car les paysage arides sont de toute beauté. Car le Magne n’est pas encore touché par le tourisme de masse. Car vous aurez une impression de bout du monde. Bref, car le Magne, c’est beau 🙂

Depuis la ville de Kalamata, il faut prendre l’unique route en direction d’Aeropoli, la deuxième ville du Magne, avec à peine un millier d’habitants. Vous voilà prévenu, il n’y a vraiment pas la foule dans cette région! La route qui longe la côte est déjà particulièrement jolie. Ici par exemple, un beau point de vue depuis le village de Kardamyli.

Tout proche d’Aeropoli, on peut éventuellement visiter les Grottes de Diros. Ces grottes immergées qui se découvrent à bord d’une barque sont parait-il vraiment belles. En revanche, les avis semblent unanimes sur le côté usine à touristes… tant pis, une autre fois peut être! On continue la route vers le sud en direction de Geroliménas.

On rentre dans le Magne profond, limite désertique, et c’est très beau! Il faut s’échapper de temps en temps sur les minuscules routes secondaires pour explorer les petits villages fortifiés typiques.

Depuis le village de Stauri, une petite randonnée vous amène à une vieille église byzantine du XIIe siècle, la petite église Odigitria. Elle a été construite à côté d’une grotte sur la falaise, pour servir de poste de surveillance et servir de symbole de protection contre les attaques de pirates.

Je m’arrête au minuscule village de Geroliménas (53 habitants) niché au fond d’une crique. Pendant l’occupation turque, c’était un repaire de pirates maniotes (les habitants de la Magne). Jusque dans les années 1970, Gerolimenas n’était accessible que par la mer. Il n’y a rien à visiter ici, mais je m’offre une belle petite pause déjeuner à la taverne Mani Mani, qui n’a rien d’extraordinaire, mais c’est toujours agréable de manger au bord de l’eau 🙂

L’étape suivante du road trip, 10km plus loin, c’est l’incontournable village abandonné de Vathia, situé au sommet d’une colline. Ce village fortifié typique avec ses 70 maisons en forme de donjons a été totalement déserté après la seconde guerre mondiale. Exode rural, conséquence des vendettas à répétitions entre grande famille, visiblement la vie était plus belle ailleurs. Actuellement, il ne compte officiellement que 6 habitants.

On peut se promener librement dans les ruelles de ce village abandonné. Depuis quelques années, l’organisation nationale du tourisme grec a racheté des maisons et a lancé un programme de rénovation.

Il n’y aura jamais la foule de touristes ici, car pour y accéder, il n’y que quelques places de parking dans un virage serré. Les seuls habitants que vous croiserez seront des chats errants 😉

Ce village fantôme avec son ambiance si particulière, suspendu au dessus de la mer, mérite vraiment une halte 🙂

En continuant la route vers le sud, on croise d’autres tours fortifiées. Certaines sont reconverties en résidence de luxe, comme le Tainaron Blue Retreat. On ne peut pas la louper au bord de la route! D’autres sont toujours là, en ruine, et montent inlassablement la garde, comme la tour Grigorakakis, isolée sur sa colline.

Toujours plus au sud, on arrive au Cap Ténare (ou Tainaro). La route se termine sur un petit parking en terre battue. Les spartiates qui dominaient la région y ont construit plusieurs sanctuaires et temples, le principale était le Temple de Poséidon. Il a été détruit depuis et on pense que la vieille chapelle a utilisé ses antiques pierres. Plus curieux, on trouve un antique sanctuaire toujours utilisé de nos jours pour des offrandes!

Ce sanctuaire communiquerait avec une minuscule grotte toute proche. Dans l’antiquité, on pensait qu’ici se trouvait une des entrées pour le monde des enfers où régnait Hadès. C’est par cette entrée que le héros Hercules serait rentré aux enfers pour réaliser le dernier de ses 12 travaux, capturer Cerbère, le fameux chien à trois têtes qui gardait l’entrée du royaume des morts. J’ai bien cherché, mais cette grotte ne mène nul part maintenant!

On trouve aussi les restes de belles mosaïques datant de l’occupation romaine.

En plus de cet héritage antique et archéologique, le Cap Ténare propose une chouette balade. Il faut suivre l’unique sentier qui longe la colline sur la droite. Après une bonne marche entre pierres, poussières et broussailles, le tout sous un soleil de plomb et sans aucune ombre, on arrive au phare.

Il mesure 16m de haut. Il est en service depuis 1882. De l’autre côté de la Méditerranée, juste en face, c’est la côte de la Libye.

On est ici au point le plus au sud de la Grèce continentale.

Pour vous rafraichir après cette marche, quoi de mieux que se baigner dans cette minuscule petite plage de galets. Pour votre plus grand plaisir, le seul est unique arbre de la région est justement là pour vous apporter un peu d’ombre. Cette plage intimiste avec son eau incroyablement limpide est vraiment magique!

À ce moment là, c’était pour moi la plus belle plage du monde 🙂

Il est temps de reprendre la route pour découvrir maintenant la côte Est du Magne.

J’ai trouvé cette route de la côte Est encore plus belle que celle de la côte ouest. Cependant, je me suis retrouvé coincé derrière un bus scolaire roulant à la vitesse d’un escargot, et impossible à dépasser à cause de l’étroitesse de la route. Les kilomètres m’ont paru bien longs!

Je vous partage tout de même quelques chouettes points de vue. C’est toujours aussi beau 🙂

Je m’autorise une dernière étape en quittant le Magne, non loin de la petite ville de Gythio, pour me rendre sur la plage de Valtaki. Cette jolie plage est facilement accessible, avec un parking gratuit en terre battue. Elle est naturelle, sans installations touristiques, et abrite de nombreux nids de tortues de mer. Cette plage est aussi célèbre pour l’épave du Dimitrios.

Ce vieux navire cargo s’est échoué sur la plage le 23 décembre 1981, après s’être décroché de son amarre près du port de Gythio. Les autorités l’ont laissé à son sort, aucune opération de renflouage n’a été lancée. Il se désagrège petit à petit, au rythme des vagues qui le grignotent inexorablement …

Cette épave recouverte de graffitis, échouée sur une belle plage de sable fin, éclairée par les rayons d’un soleil en train de se coucher, c’est vraiment beau 🙂

Il me reste encore une bonne heure de route avant de rejoindre la petite ville de Géfira, sur la côte ouest du Péloponnèse. Mon logement pour la nuit sera la Villa Diamanti. C’est une nouvelle belle adresse comme je les aime! Beau logement, belle déco, parking sécurisé, pas cher, à deux pas du centre, et avec un superbe accueil. Je recommande 🙂

En attendant, je tente de trouver un bel endroit où dîner sur le port de Géfira. On voit que je suis revenu dans une zone touristique. Le front de mer est chargé de terrasses et de touristes. Je voulais manger au petit restaurant familial Aktaion qui a une excellente réputation, mais il était hélas archi complet.

Je me suis finalement rabattu sur la terrasse du restaurant juste à côté, le Mateo’s, un restaurant à touristes. Mais quand je découvre qu’ils ont une belle collection de bières, et notamment de bonnes bières belges, le sourire est revenu! 😉 J’y ai finalement passé une très bonne soirée. En plus des touristes, on y découvre une petite troupe d’habitués très sympathique. Le patron avec un air bien bourru au premier abord, est en réalité vraiment chaleureux. Ambiance familiale, on joue avec les enfants qui aident pour le service. Un chouette repas et bonne nuit les amis 🙂

>> Suite du road trip : Monemvasia, Mycènes, Epidaure
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