Hop en route pour Chamechaude, le point culminant du massif de la Chartreuse dans l’Isère. Cette montagne avec un sommet à 2082m d’altitude se trouve à une douzaine de kilomètres au nord de Grenoble. C’est un terrain de jeu idéal pour avoir un panorama exceptionnel. Je vous y emmène 🙂
Tout d’abord, direction le Col de Porte (1324m). Ce col se trouve a un emplacement stratégique, entre trois sommets emblématiques de la Chartreuse : Chamechaude, Pinéa et le Charmant Som. C’est le point de départ de la rando classique sur le versant ouest de la montagne.
Le versant est, c’est un tout autre paysage, avec une falaise verticale de 200m de haut. Si vous voulez passer par là, ce n’est plus de la rando mais de l’escalade. Il y a tout de même un passage. Pour cette option, il faut prendre le sentier qui contourne Chamechaude par le sud, en direction du Habert de Chamechaude. (un habert, c’est le nom donné dans la chartreuse à petite maisonnette d’alpage utilisée par les bergers et pouvant servir de refuge aux randonneurs). Après avoir traversé des ravines et des éboulis, il faudra passer par la Brèche Arnaud. C’est une cheminée verticale de 80m de haut qui nécessite un minimum de précaution et de matériels. À réserver uniquement aux randonneurs expérimentés et bien équipés.
Un petit conseil avant de vous lancer dans cette randonnée : si la météo est incertaine, n’hésitez pas à consulter la webcam du Col de Porte.
Nous allons choisir le parcours plus tranquille 😉 Le trajet aller-retour fait environ 6km avec un dénivelé de 760m. Comptez environ 3-4h de marche. Comme cette rando est très populaire, je vous conseille vivement d’y aller tôt le matin pour être tranquille.
Durant la montée à l’ombre de la forêt, vous pourrez avoir de temps en temps ce superbe panorama. En chemin vous pourrez aussi remplir votre gourde à la source du Bachasson (1610m), qui coule modestement par un tuyau.
Plus loin, on peut apercevoir le monolithe de la Folatière (1788m) avec sa forme étrange qui se détache nettement dans le paysage. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas un gros bloc éboulé de la montagne. C’est une portion intacte de la grande dalle rocheuse qui compose le haut plateau de Chamechaude.
Vers le nord de la montagne, on peut voir la grande entaille du Jardin au-dessus des Gorges de l’Oiseau. C’est aussi un itinéraire possible et un peu plus engageant, mais nous n’allons pas par là.
Le sentier monte ensuite en lacets dans une grande pente herbeuse, et longe le bord du plateau donnant sur la falaise. C’est très beau 🙂
Pour atteindre le sommet, il y a un dernier passage où il faudra faire un tout petit peu de grimpette avec l’aide d’une corde fixée dans la roche.
Nous voici au sommet de Chamechaude (2082m), c’est le moment du piquenique et de la contemplation du panorama à 360 degrés 🙂
La croix en chêne au sommet a été installée en 2001 après une série de vandalismes dans la région. En face, c’est la vue sur la chaîne de Belledone (et le mont Blanc visible au loin).
En regardant vers le nord, la silhouette du Grand Som (2026m) se détache du paysage et nous fait face.
En prenant un peu de hauteur, on se rend bien compte que la falaise de l’autre côté de la montagne est sacrément impressionnante! C’est un terrain de jeux pour la pratique de l’escalade avec une douzaine de voies répertoriée sur la falaise.
Vers le sud, c’est le point de vue sublime sur la vallée de Grenoble 🙂
Ensuite, il suffit de prendre le même chemin dans le sens inverse pour redescendre jusqu’au Col de Porte.
C’est une très belle randonnée sans difficultés particulière et qui offre des panoramas exceptionnels. Je recommande grandement 🙂
Et si vous êtes dans le coin, profitez-en pour découvrir les autres merveilles de la Chartreuse. Hop en route! 😉
Cette dernière étape du road trip sera une longue remontée vers le nord de la Grèce, pour rendre la voiture à l’aéroport de Thessalonique et ainsi boucler cette superbe épopée à travers les routes et les paysages de ce beau pays. Mais en attendant, je suis à Loutra Ypatis, un petit village de la Grèce centrale, à une vingtaine de kilomètre de Lamia, la grande ville la plus proche. Pourquoi j’ai choisi cette étape? pour la tranquillité du lieu, et aussi car j’avais envie de profiter des thermes 🙂
Les thermes d’Ypati
Ce village est né au XIXe siècle autour d’un centre thermal. En effet, il y a ici une source thermale connue depuis l’antiquité. Suite à un tremblement de terre au IVe siècle av JC, l’eau chaude aurait jaillit du sol. Elle était réputée pour ses vertus curatives. Des héros grecs s’y sont probablement baignés, alors pourquoi pas moi 😉 La fameuse source historique n’est pas difficile à trouver, elle est au centre de l’unique et beau parc du village, à l’abri sous un pavillon.
On sent que l’heure de gloire de la source est passée. Autour du parc, on trouve un hôtel abandonné et toutes les installations sont vieillottes. Mais c’est ce qui fait le charme! J’en profite donc pour aller à Ypati Springs, le centre thermal du village. On a l’impression de faire un voyage dans le temps et d’être de retour dans les années 1970 🙂 je ne cherchais pas le grand luxe, je suis servi! Pour quelques euros seulement, on peut accéder à la grande piscine extérieure, alimentée par la source miraculeuse. Cette eau a la particularité rare d’être à la fois riche en acide carbonique et en hydrogène sulfuré. Cette double nature est quasiment unique au monde! En plus l’eau est à 33°C, zéro stress thermique. Cette eau guérit un peu tout, par contre il ne faut pas se baigner plus de 20-30 minutes (et ne pas faire d’hyper tension ni avoir de plaie ouverte sur la peau).
Si vous voulez tester cette baignade originale, plus d’infos sur ce site.
La Cascade Ypati
Avant de quitter la région, je profite de la voiture pour faire un mini détour. On m’a dit qu’il y avait une cascade à voir à quelques kilomètres à peine. Et une cascade, ça ne se refuse pas! En route donc pour le minuscule village Ypati à flanc de montagne à 400m d’altitude. Et de façon surprenante j’apprends que ce village possède une école d’astronomie avec un planétarium et un observatoire, dans l’ancienne école primaire! Mais a priori, seules les scolaires peuvent le visiter. La cascade n’est pas difficile à trouver, juste à l’entrée du virage, littéralement au bord de la route. Le débit n’est pas incroyable, mais ça fait toujours plaisir à voir 🙂
Je découvre aussi ce tank au bord de la route. J’apprends que ce char américain M24 est placé là pour commémorer le massacre d’Ypati. Le 17 juin 1944, en représailles aux actions des résistants grecs très actifs dans la région, des troupes nazis SS sont venues brûler le village et massacrer les habitants. Après ce triste souvenir (difficile d’enchainer sur quelques chose de joyeux à écrire), je reprends la route. La lonnnngue route vers le nord du pays …
La Plaine de Thessalie
Ma route traverse l’immense plaine de Thessalie. Paysage monotone à perte de vue dans cette plaine verdoyante qui est le grenier de la Grèce. Enfin ça c’est la théorie. Car hélas, mille fois hélas. Quelques semaines avant, il y a eu des inondations terribles et meurtrières. Et encore à ce moment, des zones étaient en parti inondées et je traversais des villages qui ressemblaient à des zones de guerres avec des sinistrés, et où on voyait qu’une vague de boue avait largement atteint le premier étage de toutes les maisons. Terriblement impressionnant et dur à voir …
Après 300km me voici à Thessalonique, la deuxième plus grande ville de Grèce. Je pensais visiter un peu la ville, mais je suis pris dans des embouteillages monstres et je n’ai plus qu’une envie : m’échapper d’ici. Je décide donc de finir l’après-midi à la plage.
La plage de Thessalonique
En réalité il n’y a pas de plage à Thessalonique, il faut aller plus loin au sud, après l’aéroport. Il y a deux grandes plages (accessibles en bus depuis la ville d’ailleurs) : Perea Beach et Neoi Epivates Beach.
Et très franchement, elles ne sont pas incroyables. Il y a bien mieux mais plus loin, et je n’avais plus envie de rouler. Et puis un peu de sable, la mer, le soleil, ça suffit au bonheur non ? 🙂
Pour terminer cette journée je rejoins ma dernière étape, Néa Michaniona, une petite ville récente de bord de mer. Je l’ai choisie uniquement car j’ai trouvé un logement pas cher et elle est proche de l’aéroport (décollage tôt le lendemain matin). Je découvre que cette localité est réputée pour son grand port de pêche, particulièrement actif. Elle possède même le plus grand marché au poissons du nord de la Grèce.
Et c’est pour ça que je vais manger dans un très bon italien et ne pas gouter au poisson! Ne cherchez pas la logique haha 🙂 En tout cas je vous recommande le restaurant Nove(Politechniou 117), j’y ai passé une excellente soirée.
Et c’est ici que s’achève ce road-trip. La restitution de la voiture à l’agence de location de l’aéroport, 4Rent Thessaloniki, se déroulera sans aucun problème (je vous la recommande aussi).
J’espère que les différentes étapes de mon parcours vous inspireront et vous donneront à vous aussi l’envie d’aller explorer un peu les terres grecques 😉
Après une très chouette étape à Athènes, c’est reparti pour ce road trip en Grèce.
La première étape de cette journée se situe à environ 2h de route d’Athènes.
Le Monastère Osios Loukas
Ici se trouve un des plus beaux monastères byzantins de Grèce, classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1990, c’est le monastère Osios Loukas (ou Saint Luc).
Son histoire commence avec Luc, un moine de la région qui vivait en ermite et avait un don de prophétie. Il s’installe sur les lieux de son futur monastère, à l’emplacement d’un ancien temple de Déméter. Sa renommée attire d’autres moines ainsi que de nombreuses aides financières. Ensemble, ils construisent une église dédiée à Sainte Barbe et un monastère où il meurt en 953. Après sa mort, en 1011, les moines construisent une nouvelle grande église dédiée à Saint Luc. Les deux églises sont collées l’une à l’autre et partagent même un mur en commun. De nombreuses pierres issues de monuments antiques ont été réutilisées pour ces constructions.
Le Catholicon (ou église St Luc) est la plus grande des deux églises, avec un plan en croix grecque, surmonté d’une coupole de 9m de diamètre. L’architecture de cette coupole qui s’appuie sur 8 piliers a servi de référence à de nombreux autres édifices religieux à l’époque.
L’intérieur de l’église est riche de mosaïques, de fresques et de marbres précieux. La richesse de cette décoration est due à la générosité des empereurs byzantins qui ont fait de nombreux dons et envoyé des artisans de Constantinople.
Au sol on retrouve un pavement précieux en marbres colorés. La crypte a ses murs richement décorés avec des peintures absolument partout. Les pèlerins venait s’y allonger en espérant un miracle.
On peut aussi visiter l’église Théotokos, la plus ancienne.
Le monastère a été pillé à de nombreuses reprises, mais il est toujours habité par des moines. On peut en visiter une partie avec un petit musée dans l’ancien réfectoire, expliquant la vie monacale, ainsi que la visite de l’ancien pressoir à huile d’olive.
Prendre un petit café en terrasse, au calme le matin, avec cette vue, c’est vraiment agréable 🙂 Vous pouvez aussi acheter des produits monastiques et locaux dans la petite boutique du monastère.
Hélas, le paysage portait encore les stigmates du terrible incendie de 2023 qui a faillit le détruire. Heureusement, Saint Luc a protégé son monastère!
L’entrée au monastère est gratuite, et le musée se visite pour quelques euros. Attention aux vêtements, il faut en théorie avec les épaules et les jambes couvertes. Il est aussi conseillé d’arriver tôt le matin, avant les cars de touristes en provenance d’Athènes. Plus d’infos sur ce site.
La route longe ensuite les pentes du mont Parnasse (2460m). On peut venir y faire du ski l’hiver. Au sommet de la montagne, c’est la plus grande stations de ski de Grèce 😉
Une quarantaine de kilomètres plus loin, on arrive sur un des sites les plus sacrés de la Grèce antique. Nous voici à Delphes!
L’Oracle de Delphes
Voilà encore un lieu incroyable chargé d’histoires, de légendes et de mythes 🙂
Il y a bien longtemps, à la naissance de Zeus, sa mère Rhéa doit ruser pour éviter qu’il soit mangé par son père Cronos. Elle enveloppe une pierre dans du linge, et c’est cette pierre qui est mangée à la place de Zeus. Plus tard, Zeus fera recracher cette pierre (ainsi que ses frères et sœurs). Après avoir vaincu les titans, les nouveaux maîtres du monde sont dirigés par Zeus. Il doit trouve le centre du monde. Des aigles qu’il a lancé à chaque extrémité du monde se croisent près d’une montagne. C’est ici qu’il scelle la pierre de l’Omphalos et décrète que c’est le « nombril du monde ». Bien plus tard, un humain nommé Parnassos arrive sur ce site sacré. Il invente la divination par l’observation des oiseaux, dédie un culte à Gaïa et créé la première ville du monde. Bien plus tard, lors du déluge de Deucalion, les survivants échouent au sommet de la montagne. Quand les eaux se retirent, un monstre nait de la boue, c’est Python. Il s’enfonce alors dans une faille rocheuse au pied de la montagne, à l’endroit des anciens rituels primitifs. Il garde l’oracle pour le compte de sa mère Gaia, désormais la divination viendra des profondeurs du sol. Bien plus tard, le dieu Apollon arrive dans la région. Avec son arc et ses flèches d’or, il tue Python. Il enterre les cendres du monstre sous l’Omphalos, utilise sa peau pour confectionner le trépied sur lequel va s’asseoir l’Oracle, et laisse le corps pourrir dans les profondeurs de la terre. Désormais, la divination sera réalisée par une Pythie (prolongement du nom de Python), qui interprètera la volonté du dieu de lumière Apollon Et tout ça, c’est ici, à Delphes! Bim! 🙂
Concrètement, on pense que les mycéniens avaient ici un village prospère et un sanctuaire lié à un culte de la fertilité de la terre entre -1400 et -1100. Puis, un nouveau culte solaire est venu s’approprier ce lieu de divination. On retrouve l’apparition des premiers ex-voto dédiés à Apollon vers -900. Le grand sanctuaire de Delphes s’est ainsi peu à peu construit. À son apogée, il ressemblait à ça :
Pour avoir le privilège d’avoir une divination de l’oracle, il fallait déjà faire le voyage jusqu’à Delphes (seuls les hommes pouvaient interroger la Pythie).
La première étape nécessitait de passer par le Sanctuaire d’Athéna Pronaia situé en contrebas. C’est ici que ce trouve le célèbre Tholos, la rotonde circulaire de Delphes, en marbre précieux (mais dont on ne sait pas exactement à quoi elle servait). Cocorico, dans ce sanctuaire, il y a un petit bâtiment correspondant au trésor des marseillais! Il s’agit d’une offrande réalisée par les habitants de Massalia. Preuve de l’importance de la cité phocéenne dans l’antiquité 😉
Après avoir réalisé les premières offrandes et sacrifices à Athéna, on allait se rafraichir et se purifier à la fontaine de Castalie (qui coule toujours, juste au bord de la route dans le virage 😉 )
Ensuite, il fallait payer une sorte de péage pour avoir le droit d’accéder au sanctuaire d’Apollon et faire examiner sa demande. La somme était en fonction du demandeur (exorbitante pour une cité état, très chère pour un particulier). Il fallait ensuite attendre son tour, ou alors essayer d’acheter un privilège pour passer devant les autres. Il fallait aussi acheter un animal à sacrifier (une chèvre ou un bélier). Si le test du sacrifice n’était pas réussi, la séance était annulée (et on n’était pas remboursé). Si le test était positif, après purification, on pouvait consulter la Pythie qui jouait le rôle d’Oracle.
La Pythie était une jeune femme pure, innocente. Il fallait surtout qu’elle soit simple, sans connaissances, une âme vierge qui pourrait entendre les paroles du dieu. Au début, on ne pouvait consulter l’oracle que le 7 du mois Bysios (vers février-mars), le jour correspondant à la naissance d’Apollon. Puis face à l’affluence des demandes, les consultations avaient lieu le 7 de chaque mois (sauf en hiver, car à ce moment là, Apollon n’était plus à Delphes mais parti en Hyperborée). Pour pouvoir faire sa divination, après purification, la Pythie descendait dans l’Adytum, la pièce souterraine et sacrée du temple d’Apollon. Ici se trouvait l’Omphalos et une statue d’or et d’ivoire à l’image d’Apollon, à côté d’une faille d’où s’échappaient des vapeurs. Sur la faille, il y avait le trépied avec la peau de Python. La Pythie s’asseyait dessus, mâchait des feuilles de laurier et buvait l’eau de la source Cassotis. Elle rentrait ensuite en transe. Les prêtres qui assistaient à la cérémonie notaient chaque mots et bribes de phrases. Ils se réunissaient ensuite pour reformuler le tout et donnaient la réponse (souvent ambiguë) à la personne venu consulter.
On pense que la transe de la Pythie était due à plusieurs causes : intoxication au laurier-rose, vapeur d’éthylène à travers les roches poreuses du site et provoquant des hallucinations. Il y avait même des cas d’overdose et des morts de Pythie. Si on en sait autant sur le fonctionnement des cérémonies, c’est principalement grâce aux écrits de Plutarque. Ce célèbre personnage a officié pendant 20 ans comme grand prêtre de Delphes à la fin de sa vie, au Ier siècle.
De nos jours, les ruines du Temple d’Apollon qu’on peut voir datent du IVe siècle av JC. Il mesurait 60m de long pour 24m de large. C’est la 6e version du temple où il était écrit le fameux message « Connais-toi toi-même! ».
Avant d’atteindre le temple, les visiteurs devaient monter le long de la Voie Sacrée, bordée d’une vingtaine de monuments. Généralement, ils s’agissaient de trésors présentant les richesses offertes par les cités demandant l’aide d’Apollon, comme le Trésor des Athéniens.
Un peu plus haut, on trouve cet incroyable mur polygonal. C’est un mur construit au VIe siècle av JC afin de créer une terrasse stable pour la construction du Temple d’Apollon. Les pierres assemblées ainsi résistent mieux aux séismes.
Pendant des siècles ce mur a aussi servi de panneau d’affichage public. Les pierres sont gravées de nombreux actes officiels, décrets et affranchissement d’esclaves.
Plus haut on découvre cette étonnante colonne, c’est la Colonne Serpentine. C’est une grande colonne en bronze, qui représentait 3 serpents enroulés, avec au sommet un trépied en or posé sur leurs têtes. C’était un cadeau de la Grèce à Apollon après la victoire sur les Perses en -479. Au IVe siècle, cette colonne est récupérée par l’empereur Constantin pour décorer son hippodrome à Constantinople. Elle y restera jusqu’à être brisée et disparaitre en 1700. On l’a retrouvée lors des fouilles autour de Sainte-Sophie en 1848. Elle est toujours visible à Istanbul et une des têtes de serpents est au musée archéologique d’Istanbul. Sur le site de Delphes, on a réinstallé une colonne à son emplacement à partir d’un moulage.
À proximité, une réplique de l’Omphalos était exposée à la vue des visiteurs à l’extérieur du temple.
Le Théâtre de Delphes est construit en -160, il pouvait accueillir 4500 spectateurs. C’est le plus grand monument du sanctuaire.
Tout en haut du site, on trouve un autre grand monument, le Stade de Delphes. Sa construction remonte au IIIe siècle av JC. Il fait 178m de long. On y organisait les Jeux Pythiques tous les 4 ans. Après ceux d’Olympie, c’était les plus importants du monde Grec.
Une douzaine de cités se partageaient la charge d’entretenir le Sanctuaire de Delphes. C’était vraiment un endroit sacré et central qui allait au delà des divisions, un véritable site unificateur pour le monde Grec.
Pour compléter la visite, le site propose un très chouette petit musée qui renferment quelques pépites! 🙂 Ces trésors trouvés lors des fouilles réalisées entre 1892 et 1903 ont tout d’abord nécessité de déplacer un village entier. En effet, le petit village de Kastri s’était construit directement sur le site du sanctuaire de Delphes !
Les fouilles ont mis à jour la réplique de l’Omphalos qui était exposée le long de la Voie Sacrée. On trouve aussi l’énorme Sphinx des Naxiens, un des plus anciens monuments retrouvés, datant de -575.
Une statue en bronze retient l’attention, c’est l’Aurige de Delphes daté de -470. C’est encore un miracle. Si cette statue est visible de nos jours, c’est uniquement car elle a été enfouie par un glissement de terrain. Sinon elle aurait été fondu pour son métal il y a bien longtemps. C’est un pur chef d’œuvre qui faisait parti d’un ensemble où le conducteur était débout sur un char avec 4 chevaux. Quand on voit déjà le détail apporté sur cette statue, on a du mal à imaginer le résultat formidable de l’œuvre dans son entièreté.
Finalement, tout ce formidable ensemble qui composait le sanctuaire de Delphes disparaitra après l’interdiction des cultes païens promulguée en 392. Avec la fin du culte d’Apollon et de l’Oracle de Delphes, un des sites les plus incroyables de l’antiquité tombe dans l’oubli et ne sera redécouvert qu’au XIXe siècle.
Pour visiter ce site incroyable, ça coute 20€ et il n’y a pas trop la queue pour acheter son ticket sur place. Si vous souhaitez assurer le coup et acheter en avance, ça se passe sur la billetterie officielle ici.
C’est fini pour Delphes, il est temps de quitter cette vallée merveilleuse. Hop en route vers le nord du pays en direction de la ville de Lamia. La prochaine étape se trouve à 1h30 de route.
Léonidas et les Thermopyles
Nous voici dans un nouveau lieu qui sonne à mes oreilles : les Thermopyles. C’est à cet endroit que s’est joué un incroyable évènement historique et un terrible sacrifice. Ce lieu est indiqué par une statue commémorative au bord de la route. On y voit le roi Léonidas, roi de Sparte, brandir sa lance.
Pour comprendre ce qu’il s’est passé ici (si vous n’avez suivi un peu l’histoire ou vu le film ‘300’), il faut remonter en -480. Nous sommes en pleine guerres médiques. Les armées du roi Xerxès en provenance de Perse déferlent sur la Grèce. Il veut se venger de la défaite de son père Darius lors de la bataille de Marathon. Il a méticuleusement préparé son invasion pendant 4 longues années. Il lève une armée de plusieurs centaines de milliers de soldats et envahit la Grèce par la terre et par la mer. C’est un véritable raz de marée qui semble impossible à arrêter et qui se dirige droit vers Athènes. Les cités grecques tardent à s’organiser et la puissante armée Spartiate, alors en pleine trêve olympique, ne peut pas se mettre en mouvement. Le roi Léonidas obtient l’autorisation pour une expédition militaire limitée. Il part avec seulement 300 hommes de sa garde royale. Son but est de bloquer un passage stratégique que devra utiliser l’armée Perse, le défilé des Thermopyles. En chemin, il arrive à rallier 7.000 soldats grecs à ses troupes. Il arrive au défilé, fortifie sa position et attend l’arrivée de Perses. À l’époque le niveau de l’eau était beaucoup plus proche des berges, et toute la zone était un marais impraticable, à part un étroit passage.
L’armée de Xerxès arrive finalement devant les Thermopyles. Il propose aux grecs de se rendre en échange de terres fertiles. Léonidas lui dit gentiment d’aller se faire foutre 🙂 Xerxès attend encore quelques jours en espérant qu’ils fuient le passage. Peine perdue. Il ne peut pas attendre plus longtemps, son énorme armée est très compliquée à approvisionner et doit être en mouvement. Il attaque. Il lance tout d’abord un barrage de flèches tellement massif qu’il cache le soleil. Sans effet sur les boucliers spartiates. Il envoie alors des vagues de 10.000 hommes combattre les spartiates. Ils s’écrasent tous contre un véritable mur. La phalange grecque, avec des boucliers massifs et de longues lances est infranchissable. Les perses ont des armes courtes et leur principale avantage réside dans le nombre (inutile ici) et dans leur puissante cavalerie (inutilisable ici). Les grecs résistent toute la journée. Le lendemain, c’est exactement la même chose. Les 300 spartiates de Léonidas sont impossible à passer. C’est alors que Xerxès apprend une information capitale. Un grec, un certain Ephialtès informe Xerxès de l’existence d’un passage dans la montagne qui permet de contourner le défiler et permettrait de prendre les grecs à revers. Il espère une récompense qu’il ne recevra jamais… Son nom est maintenant synonyme de traitrise en grec. Ce sentier était connu de Léonidas, et il avait positionné 1000 soldats de Phocide pour protéger ce passage. Mais ils ne font pas le poids. Car à l’aube du troisième jour, Xerxès envoie 20.000 soldats dans ce sentier abrupt. Bien moins expérimentés que les spartiates, les phocidiens sont mis en déroute, et les perses foncent vers Léonidas. Ce dernier est informé de cette manœuvre. Il propose aux autres soldats grecs de prendre la fuite s’ils le souhaitent. Lui, il restera là avec ses 300 spartiates pour ralentir au maximum l’armée de Xerxès. Lors de cette dernière journée, attaqués des deux côté, les spartiates finissent par tomber les uns après les autres, ainsi que le roi Léonidas. Xerxès est furieux, il récupère le corps de Léonidas et le décapite. Même s’il a remporté une victoire, son immense armée a été bloquée pendant 3 journées face à seulement 300 spartiate. C’est une humiliation. La nouvelle du sacrifice de Léonidas et ses hommes servira aussi à motiver les troupes des soldats grecs.
La suite de cette guerre? Les perses arrivent jusqu’à Athènes, désertée par ses habitants parti se réfugier sur une île, et la réduisent en cendres. Puis c’est la bataille navale de Salamine qui est décisive. Xerxès a perdu, il doit fuir. Les Grecs sont victorieux. C’est la fin des invasions Perses en Grèce.
Et bien tout ça, ça s’est passé ici! 🙂 Quand on est posé tranquillement au bord de la route, on a du mal à s’imaginer ces évènements survenus il y a plus de 2000 ans. Tout à l’air si calme!
Ce chemin de la trahison existe toujours. On peut faire une rando de 16km qui suit le même tracé que les perses pour prendre à revers Léonidas. Il faut chercher l’itinéraire du sentier Anopaia Atrapos.
Comme je n’avais plus trop le temps pour cette randonnée, j’ai préféré une activité bien plus calme. Juste à côté du site des 300 de Léonidas, il y a une source chaude sulfureuse. C’est d’ailleurs elle qui a donné son nom au site des Thermopyles, les Portes Chaudes. La température de l’eau est à 40°C toute l’année.
On y accède gratuitement (attention les pierres sont très glissantes) 🙂 il est recommandé de ne pas y rester plus de 15 minutes. Ces eaux sont sensées guérir plein de choses! Même Héraclès en a profité pour se débarrasser du poison de l’Hydre de Lerne. C’est vous dire que c’est efficace haha
Après cette mini session thermale, je rejoins mon hôtel à 30km d’ici, dans le village de Loutra Ypatis.
Après avoir profité de la piscine de l’hôtel ENA je pars manger au seul restaurant du village, la taverne Mouries. Simple et sans chichi 🙂
Demain, c’est la dernière journée du road trip en Grèce, mais avec encore de belles choses à voir! 😉
Athènes! Ha ça faisait depuis bien longtemps que je voulais découvrir la capitale de la Grèce! Bercé par la mythologie et le poids historique de ce nom, Athènes me faisait rêver! Alors durant ce road trip en Grèce, il fallait absolument y faire une étape. Mon passage n’y a été que pour une journée et demi, c’était court mais intense, et j’y reviendrais avec grand plaisir 🙂 C’est parti pour la découverte de la plus grande ville de Grèce, le berceau de la civilisation occidentale. Hop en route!
Comme d’habitude, avant d’aller découvrir cette ville, un petit rappel historique car ça ne fait jamais de mal 😉
Athènes, des origines à nos jours
Athènes aurait été fondée il y a bien longtemps par le roi légendaire Cécrops et placée sous la protection de la déesse Athéna. Historiquement, la ville existe officiellement -800 et se concentre autour de l’Acropole. Devenue une puissante cité, elle sera plongée dans les guerre médiques (conflits entre les cités-états grecques du continent, contre les Perses, à cause du soutien à l’indépendance des cités-états grecques d’Asie). Les athéniens triompheront une première fois en -492 à la bataille de Marathon face à Darius. Ce sera ensuite la vengeance de Xerxès qui déferle sur la Grèce avec ses armées et pille Athènes en -480. Mais une nouvelle fois Athènes triomphe pendant la bataille navale de Salamine. Ensuite, c’est l’âge d’or d’Athènes sous le règne de Périclès. Puis ce sera la Guerre du Péloponnèse et la défaite face à Sparte. La ville passera ensuite sous contrôle Macédonien avant d’être conquise et pillée par les romain en -86. Après un nouvel essor, elle est de nouveau détruite par l’invasion des Hérules germaniques en 267. Durant la période byzantine, Athènes n’est plus qu’une petite ville de province, presque oubliée. Elle traverse l’histoire et passe sous contrôle Ottoman en 1456, puis c’est la guerre d’Indépendance de la Grèce. C’est Athènes qui est choisie comme capitale du nouveau royaume de Grèce en 1834. À ce moment, l’ancienne puissante cité n’est plus qu’une petite ville inhabitée et en partie en ruines! La reconstruction sous le roi Othon suit les recommandations de ses architectes et urbanistes bavarois. On construit des palais et des grandes maisons, mais les rues ne sont ni pavées ni éclairées, et tout autour, c’est des terrains vagues. Dans les années 1920, après la guerre gréco-turque, un grand afflux de population et de réfugiés arrivent à Athènes, et de nouveaux quartiers émergent. Après la guerre civile grecque, à partir des années 1950, la ville commence véritablement à devenir le cœur économique de la Grèce moderne. C’est désormais la plus grande ville du pays et une des principales destinations touristiques d’Europe 🙂
Maintenant que les présentations sont faites, partons à la visite de la ville. Direction le cœur historique de la cité, l’endroit le plus célèbre : la fameuse Acropole!
L’Aéropage
Tout d’abord, un arrêt par l’Aéropage (rien à voir avec un aéroport). C’est un énorme bloc de marbre situé juste à côté de l’Acropole. On grimpe au sommet de ce monolithe par un escalier, l’accès est libre et gratuit. Il porte ce nom car il est associé depuis toujours au dieu Arès. Selon la mythologie, sur ce promontoire rocheux, un fils du dieu Poséidon a violé Alcippe, une fille du dieu Arès. Plein de colère, le dieu de la guerre a tué le fils de Poséidon. Ce dernier demande à Zeus une réparation. C’est donc ici sur ce rocher qu’aurait eut lieu le premier procès de l’histoire, un tribunal des dieux.
Pendant l’antiquité, ce rocher reste lié au pouvoir et à l’ordre. C’est ici que siégeait le Conseil des Anciens de la ville, et plus tard un puissant tribunal judiciaire. Au même endroit, l’apôtre Paul a prêché auprès des athéniens avec cette fameuse phrase « Or, ce Dieu inconnu que vous vénérez sans le connaître, voilà ce que, moi, je viens vous annoncer ». Il y a une petite plaque commémorative pour rappeler cet épisode biblique.
Maintenant c’est avant tout un des meilleurs spots pour profiter d’un sunset sur la ville. Vous rêvez d’un petit apéro cool et voir les plus belles couleurs sur l’Acropole? c’est ici qu’il faut venir 🙂
L’Acropole d’Athènes
Pour visiter l’Acropole, tout un tas de sites proposent des billets, mais il n’y a qu’une seule billetterie officielle, c’est Hellenic Heritage, sur ce lien. Pour tenter de régler les problèmes de sur fréquentation du site, il faut choisir un créneau horaire lors de l’achat du billet. Je vous conseille grandement d’acheter ce billet bien en avance. Déjà, pour être certain d’avoir une entrée, et aussi, pour choisir un horaire en dehors des heures les plus chaudes de la journée. Préférez soit tôt le matin ou en fin d’après-midi. Prévoyez aussi une casquette et de l’eau, car il n’y a aucune zone d’ombre sur l’Acropole. Grimper à l’Acropole c’est mettre ses pas directement dans les plus anciennes traces de la mythologie grecque. L’histoire liée à l’Acropole est juste hallucinante, lisez ça 🙂
L’Acropole, c’est une colline avec un plateau rocheux qui culmine à 156m au dessus de la ville. Le site est occupé depuis la nuit des temps, mais c’est à partir de -1300 que le plateau est entouré de remparts et de murs pour servir de véritable sanctuaire forteresse. L’Acropole porte ce nom en rapport avec le premier roi légendaire de la cité : Cécrops. Il y a très longtemps, cet homme « né directement de la terre », mi-homme mi-serpent (probablement un exilé égyptien), arrive dans la région. Aux hommes qui sont encore presque à l’état sauvage, il apporte l’écriture, l’agriculture, le mariage et les règles de la civilisation. Il explique qui sont les dieux, avec Zeus à leur tête, et comment les adorer. Il interdit les sacrifices humains archaïques et instaure à la place des offrandes de gâteaux au miel (les pelanoi). Bref, Cécrops, c’est LE personnage fondateur d’Athènes. Il arbitre aussi le duel entre la déesse Athéna et le dieu Poséidon qui s’affrontent sur cette colline pour savoir qui contrôlera la province de l’Attique et sera la divinité de la cité. Poséidon fait jaillir de la roche une source d’eau salée d’un coup de trident. Athéna fait pousser un olivier. Cécrops juge qu’Athéna a remporté le duel. La cité devient Athènes, le commerce de l’huile d’olive devient la première source de richesse, et un culte sera rendu à la déesse. Pendant des siècles, la dévotion à Athéna sera donnée à un xoanon, une pièce de bois difforme tombée du ciel et non sculptée par l’homme. Cet objet sacré représentant la divinité était régulièrement couvert de bijoux et de vêtements précieux. Quand Athènes est évacuée en -480 avant l’arrivée des armées de Xerxès, le xoanon d’Athéna est la priorité à sauver. Tant pis si l’Acropole brûle et si la cité est rasée, tant que le xoanon est intact, Athènes est toujours vivante! La reconstruction de l’Acropole se fera principalement sous le règne de Périclès.
La visite de l’Acropole débute par les marches qui montent jusqu’aux Propylées. C’est le monument qui servait d’entrée principale. Périclès voulait une entrée monumentale avec un complexe de temples. Les travaux lancés en -437 ne seront jamais finis, interrompus par la guerre du Péloponnèse et la défaite contre Sparte. Bien plus tard, les romains, les byzantins, les florentins et les ottomans modifieront et démoliront des portions des Propylées pour en faire des palais pour les évêques et les princes, et même un dépôt d’armes!
Après cette grande entrée majestueuse, les visiteurs pouvaient admirer la grande statue en bronze d’Athéna. Comme l’Acropole abritait plusieurs statues sacrées d’Athéna, elles ont toutes un nom. Celle en bronze, c’était Athéna Promachos. Elle est achevée par le sculpteur Phidias en -450 après 10 ans de travaux! Elle mesurait plus de 10m de haut et était visible à des kilomètres de distance. En arme et pointant sa lance vers l’ouest, son regard jugeait tous ceux qui montaient à l’Acropole. Un millénaire plus tard, en 465, elle sera emmenée comme d’autres trésors de l’Acropole jusqu’à Constantinople. Elle disparait de l’histoire lors de la capture de la ville par les Croisés en 1204, probablement fondue pour son bronze. Sur l’Acropole, il ne reste plus que son piédestal vaguement visible au milieu des décombres sur la gauche …
Le Parthénon! Ah, tout le monde vient pour ce monument qui fait parler de lui depuis l’antiquité 🙂 Il fait parti du grand plan de reconstruction de l’Acropole après la dévastation laissée par les Perses. Après la guerre, la cité d’Athènes redevient riche et puissante et veut honorer la déesse. Le Parthénon est construit entre -447 et -438. Il mesure 69m de long et 30m de large. C’est un des rares temples grecs tout en marbre. D’ailleurs est-ce que c’était un temple? et bien non. Le Parthénon était d’avantage vu comme une grande salle aux trésors, un véritable coffre-fort géant. En plus des tonnes d’argent du trésor de la Ligue de Délos, on y trouvait des butins et des trophées de guerre, avec entre autre le trône d’argent de Xerxès(Durant la grande bataille navale de Salamine, le roi Perse avait fait installer un siège pour contempler sa victoire. Mais hélas pour lui, c’est la flotte Grecque qui remporte le combat, Xerxès fuit avec son armée, laissant son trône symbole de sa défaite). Et encore plus important, le Parthénon devait abriter la plus grande statue d’Athéna. Il a d’ailleurs été presque conçu uniquement dans ce but.
Après la réalisation de la grande statue de bronze, Phidias se voit confier la tâche d’une statue encore plus grande! C’est Athéna Parthénos. Elle est appelée chryséléphantine, car on utilisait de l’ivoire d’éléphant pour reproduire la peau, et de l’or pour les bijoux et les vêtements. Elle avait une armature en bois imputrescible (sans doute du cyprès). Achevée en -438, elle faisait plus de 11m de haut. Sa construction a nécessité une somme énorme, estimée à l’équivalent de 200 navires de guerre, presque autant que la flotte athénienne! Même si cette statue était sacrée, elle servait aussi de réserve d’or en cas de besoin (avec plus d’une tonne d’or, qu’on pouvait emprunter par plaques et rembourser avec des intérêts). Elle était placée au centre du Parthénon et sa tête touchait presque le plafond! Devant la statue, il y avait un bassin d’eau huileuse, utilisé à la fois pour lustrer la statue et entretenir l’ivoire, assainir l’air, et lui donner un aspect encore plus vivant grâce aux reflets sur l’eau. Malgré ce nouveau chef d’œuvre, on accusa Phidias d’avoir détourné de l’or durant la construction et d’être impie car il avait sculpté un visage lui ressemblant sur le bouclier de la déesse sans en avoir la permission. Chassé d’Athènes, il s’exilera à Olympie, où il construira la statue de Zeus, une des sept merveilles du monde. Mais ça, c’est une autre histoire, et Olympie j’en parle sur cette page 😉 *** Et au fait, que devient cette grande statue Athéna Parthénos ? Et bien elle aussi sera démontée par les romains et envoyée à Constantinople où elle disparaitra dans un incendie …
Lors de sa construction, le fronton du Parthénon est le plus grand de l’époque. D’un côté il y avait des sculptures représentant la naissance d’Athéna. De l’autre côté, la scène représentée était le fameux duel entre Athéna et Poséidon. Tout autour, une grande frise sculptée longue de 160m décrit le déroulement des festivités des jeux panathénaïques en l’honneur de la déesse.
Le Parthénon traverse les siècles. Il est préservé par les romains. Par miracle, à l’époque byzantine quand les cultes païens sont interdits dans l’empire, il est reconverti en église pour ne pas être détruit. On lui rajoute même un petit clocher! Mille ans plus tard, quand les turcs font la conquête d’Athènes en 1458, Mehmed II décide de le transformer en mosquée. Le clocher devient un minaret et le Panthéon est à nouveau sauvé! En fait il n’y aura jamais vraiment de culte musulman à l’intérieur du monument, il semblerait que c’était d’avantage une volonté du sultan de préserver ce magnifique monument. Finalement la plus grosse destruction intervient en 1687 quand Venise est en guerre contre les turcs à Athènes. Un boulet de canon vénitien vise et touche la réserve de poudre qui était entreposée ici. L’explosion détruit une bonne partie du Parthénon et il finit par tomber en ruines.
Malgré tout ça, c’était quasiment le seul exemple de grand temple antique dont les sculptures pourtant païennes sur les frontons avaient été préservées du vandalisme et avaient survécues jusqu’à nos jours. Enfin ça, c’était jusqu’en 1802. Car le coup de grâce donné au Parthénon est réalisé par l’anglais Thomas Bruce, alors ambassadeur britannique dans l’empire Ottoman. Après avoir distribué de nombreux pots de vin aux autorités turcs, il découpe à la scie les frontons du Parthénon (alors qu’il ne devait faire que des moulages) et repart avec en Angleterre! Et le comble, c’est que le bateau transportant secrètement la précieuse cargaison a coulé dans une tempête près de Cythère, une île du sud du Péloponnèse. Des plongeurs pêcheurs d’éponges grecs, appelés à la rescousse, ont réussi à remonter les caisses (annoncées contenir des pierres sans valeurs) des fonds marins. Depuis, le tout est exposé au British Museum à Londres, et c’est une crise diplomatique sans fin entre la Grèce et l’Angleterre pour la restitution des fresques du Parthénon…
Malgré cette longue histoire pleines de rebondissements, le Parthénon reste mondialement renommé pour ses grandes dimensions et son élégance. Ce symbole de la puissance d’Athènes et du monde grec antique est un incroyable témoignage du passé 🙂
Et vous saviez qu’il existe une réplique en taille réelle du Parthénon ? C’est à Nashville dans le Tennessee aux USA. En 1897, pour les festivités du centenaire de la création de l’état, on décide de construire un Parthénon grandeur nature (en bois, briques et plâtres). Il y a même la grande statue d’Athéna taille réelle à l’intérieur!
Tout ça n’est presque rien comparé à l’Érechthéion 🙂 C’est le petit temple construit tout près du rebord de l’Acropole, pour remplacer l’ancien temple Athéna Polias, détruit par les Perses en -480. Ces ruines sont d’ailleurs visibles juste à côté. Les athéniens ne voulaient pas reconstruire les temples détruits par les perses pour justement garder en mémoire ce terrible évènement. L’Érechthéion est construit en -421. Son rôle est de garder les objets sacrés liés au culte d’Athéna. Le plus sacré d’entre tous, c’était le Palladion, ou xoanon, la fameuse petite statue de bois tombée du ciel.
C’est vers cette statuette que convergeait la grande procession des Panathénées à travers la cité pour lui offrir le peplos sacré(Chaque année, une tunique était tissée pendant 9 mois par des jeunes athéniennes et offerte à la déesse. La tunique précédente, devenue sacrée, était alors soigneusement conservée dans les trésors du Parthénon). La statue était éclairée en permanence par une lampe à huile magique qui ne s’éteignait jamais. En le réservoir à huile de la lampe était tellement grand qu’on ne le remplissait qu’une fois par an, et sa mèche ne se consumait pas car elle était sans doute en amiante.
L’Érechthéion marque aussi physiquement l’emplacement de la dispute divine entre Athéna et Poséidon. La marque du trident de Poséidon est visible, avec la trace d’une fissure dans la roche d’où jaillissait de l’eau (la source est à sec depuis longtemps). L’olivier sacré d’Athéna est à côté du temple. Il était toujours vert et ne grandissait jamais. Il est brulé comme tout le reste par les Perses, mais quand les athéniens reviennent dans leur cité en cendres, une branche verte avait déjà repoussé! Celui qu’on voit de nos jours a été planté dans les années 1950 à l’endroit supposé où se trouvait l’ancien olivier sacré. Encore plus fort, l’Érechthéion garde aussi une trace de Zeus! Une ouverture dans le plafond et une faille dans le sol marquent l’emplacement où le roi des dieux, Zeus, aurait envoyé sa foudre pour tuer le roi Erechthée (6e roi légendaire d’Athènes). C’était pour le punir d’avoir tué au combat le roi Thrace Eumolpos (un fils de Poséidon). Erechthée est considéré comme un héros de la cité et le temple porte son nom.
La légende veut que sous le célèbre porche des Cariatides sur le côté du temple, se trouve la tombe du mythique Cécrops. Une énorme poutre en marbre a été placée au dessus pour ne pas abîmer la tombe. Les cariatides portent éternellement les offrandes pour le roi légendaire situé sous leurs pieds. Une autre tombe sous le temple est sensée être celle du roi Erechthée. La légende dit qu’elle abritait un serpent géant que les prêtresses d’Athéna devaient régulièrement nourrir avec des offrandes.
Le tout a été pillé et transformé à de nombreuses reprises durant l’histoire. Le xaonon sacré a sans doute été brulé comme un vulgaire bout de bois par des fanatiques chrétiens. L’Érechthéion sera transformé en église, puis en palais et même en harem. Une des cariatides sera arrachée par le fameux anglais (et aussi exposée au British Museum). Les 5 autres sont à l’abri au musée de l’Acropole. Celles qu’on voit sur le temple sont des répliques exactes. Enfin, pendant la guerre d’indépendance grecque en 1827, l’Érechthéion est bombardé.
Voilà, c’est fini pour l’histoire incroyable et fascinante de l’Acropole! 🙂
Sinon, grimper à l’Acropole, c’est aussi l’occasion de découvrir des superbes points de vue sur la ville. Par exemple, vers le nord-est, c’est la vue sur le quartier Plaka, Syntagma (le centre politique et moderne), et enfin le quartier chic de Kolonaki sur les pentes du mont Lycabette 🙂
Côté sud-ouest, la jolie vue sur la colline de Filipappou, ainsi qu’une bonne couche de pollution au loin…
En bas, on aperçoit l’Odéon d’Hérode Atticus construit en 161 par un riche banquier de la cité. Ce théâtre pouvait accueillir 5.000 spectateurs. Malgré ses dimensions impressionnantes, il était recouvert par un plafond en bois de cèdre. Il sera incendié et pillé un siècle plus tard, lors de l’invasion des Hérules. Depuis sa rénovation dans les années 1950, il est régulièrement utilisé pour des grands concerts en plein air 🙂
Plein sud, c’est le quartier Makriyanni, avec au premier plan le théâtre de Dionysos. Au départ il s’agissait d’un sanctuaire dédié à Dionysos, le dieu du vin de la fête et du théâtre. Les spectateurs assistaient aux cérémonies et sacrifices en s’asseyant directement dans l’herbe de la colline. Puis, le lieu prend une autre dimension au Ve siècle avant JC. Il pouvait alors accueillir jusqu’à 17.000 spectateurs. Il devient le premier théâtre du monde. C’est ici que les grands dramaturges Sophocle, Euripide et Eschyle font jouer leurs chefs d’œuvres pour la première fois.
Derrière le théâtre, on aperçoit un grand bâtiment moderne, c’est justement la prochaine étape de la visite 🙂
Le Musée de l’Acropole
Quasiment indissociable d’une visite de l’Acropole, c’est la visite du musée de l’Acropole, situé juste au pied de la colline sur le versant sud. C’est un grand bâtiment à l’architecture moderne (et bien climatisé) inauguré en 2009. Il est dédié exclusivement aux résultats des fouilles réalisées sur la colline de l’Acropole.
On peut y découvrir la grande frise sculptée qui faisait le tour du Parthénon et s’approcher au plus près des fameuses cariatides de l’Erechthéion.
Une partie des collections provient du « dépôt des Perses ». C’est ainsi qu’on appelle les nombreuses sculptures détruites par les troupes de Xerxès Ier lors du pillage d’Athènes en -480.
Pèle mêle, une petite compilation d’œuvres présentées 🙂
Le musée est intéressant mais je trouve que la visite est un peu gâchée par la foule. Il y a vraiment énormément de touristes, et souvent plus intéressés par les selfies que par les antiquités.
Si vous voulez le visiter, plus d’infos sur ce site.
On continue la balade dans le quartier en allant prendre un peu de hauteur 🙂
La colline de Filopappou
C’est une grande colline au sud-ouest de l’Acropole. Elle était souvent utilisée par les attaquants lors des sièges de la ville. L’accès à cette colline est libre. Ici on est loin de la foule et on peut se balader de façon bien plus paisible à l’ombre des pins avant d’atteindre des points de vue tous plus beaux les uns que les autres.
La colline porte ce nom en référence au monument construit à son sommet. Ce monument en marbre a été construit en l’an 119 pour honorer le prince Philopappos, un bienfaiteur de la cité.
Cette colline abrite aussi quelques petites grottes qui sont présentées comme la prison de Socrate. Pour rappel, dans l’Antiquité, quand Athènes perd la guerre face à Sparte, c’est la déchéance et il faut trouver des coupables. On accuse entre autres le célèbre philosophe Socrate de dépraver la jeunesse. À l’issu d’un procès où il ne cherche pas à se défendre, il est condamné à mort par empoisonnement. Selon la légende, c’est dans une de ses grottes qu’il aurait mis fin à ses jours, en présence de ses disciples, dont Platon.
Depuis le sommet de la colline on aperçoit Le Pirée situé quelques kilomètres plus loin au sud. Le Pirée c’est le port historique qui a permis à Athènes d’étendre son influence grâce à sa flotte militaire et marchande. Deux gigantesques longs murs fortifiés partaient de la cité jusqu’au port. Maintenant, Le Pirée, c’est un des principaux sites industriels de Grèce et un des plus grands ports du monde pour le transport de passagers.
On en profite aussi pour admirer la vue sur l’Acropole et le Parthénon, on ne s’en lasse pas 🙂
De nuit aussi, c’est très joli 😉
L’Agora Romaine
On continue la visite au nord de l’Acropole. Après la conquête de la ville par Rome en -86, la cité se devait d’avoir une traditionnelle Agora Romaine. Elle sera construite à côté de l’antique Agora Grecque construite 6 siècles plus tôt. Après deux mille ans d’existence, l’Agora romaine a peu à peu disparue sous les constructions et les habitations de la ville. Des récentes restaurations ont permit de remettre à jour ce qui restait du site. On commence par la grande Porte d’Athéna Archegetis. C’était un monument construit par les romains pour les athéniens, en l’an -11, en hommage à la déesse Athéna. Elle marquait l’entrée de l’Agora.
Dans l’agora, on trouve la célèbre Tour des Vents aussi appelée horloge d’Andronicos. Cette tour octogonale de 13m de haut doit son nom aux sculptures représentant les 8 dieux des vents. Cette modeste construction était en réalité une ingénieuse horloge hydraulique, accompagnée de cadrans solaires et d’une girouette. C’était une prouesse technologique à l’époque! On a retrouvé des traces de canalisations mais on n’a aucune idée du mécanisme qu’il y avait à l’intérieur de la tour, mystère! Occupée (et préservée pendant) des siècles, elle n’a été totalement dégagée que lors des fouilles du XIXe siècle.
Deux rues plus loin, on peut découvrir le site de la Bibliothèque d’Hadrien, construite en l’an 131 par l’empereur du même nom. Le monumental bâtiment été d’avantage comme une sorte de grand centre culturel, avec une bibliothèque, des salles d’expositions d’œuvres d’arts etc … En partie détruit lors du pillage d’Athènes en 267 par les Hérules germaniques, l’ensemble n’a jamais été totalement reconstruit. Un grand mur a été restauré dans les années 1980, et c’est tout ce qu’il reste du fameux monument.
Sur le même site, on peut voir les ruines du Temple de Tetrakochochos. C’était une basilique byzantine construite sur les vestiges de la bibliothèque antique. L’entrée de l’Agora romaine est payante (10€), mais on peut voir la majorité des ruines gratuitement depuis la rue.
Hadrianopolis
À l’est de l’Acropole, au IIe siècle, l’empereur Hadrien, grand fan de la culture grecque, décide d’agrandir la cité avec un tout nouveau quartier, Hadrianopolis. Pour marquer symboliquement la frontière entre l’ancienne cité et la nouvelle, un monument est construit. C’est l’Arche d’Hadrien. Un monument en marbre de 18m de haut érigé en l’honneur de l’empereur romain. L’arche a miraculeusement survécut jusqu’à nos jours. Maintenant une route encombrée de voitures passe juste à côté.
Juste après cette arche, on découvre le monumental Temple de Zeus Olympien. Sa construction a commencé bien avant les romains, au VIe siècle avant JC. À l’époque, les tyrans, dirigeants athéniens, voulaient construire le plus grand temple du monde. Plus de 100m de long et 40m de large, et une centaine de colonnes hautes de 17m! Après la chute des tyrans et la naissance de la République d’Athènes, on abandonne sa construction, jugée inutile et beaucoup trop couteuse. Le temple reste à l’abandon pendant plus de 3 siècles. Les travaux reprennent en -174 avant d’être à nouveau interrompus. En -86, le général romain Sylla fit même transporter des colonnes du temple jusqu’à Rome pour orner le Capitole. Le grand temple de Zeus ne sera finalement achevé que sous le règne de l’empereur romain Hadrien en 129 (presque 800 ans après les premières pierres).
À l’intérieur le temple abritait une gigantesque statue de Zeus en or et en ivoire, ainsi qu’une énorme statue de l’empereur Hadrien, s’élevant ainsi lui-même au rang de divinité. Finalement ce gigantesque temple n’aura vécut qu’un siècle seulement. Il sera détruit et pillé en 267 par les Hérules. Impossible à réparer, il servira de carrière de pierres pour la reconstruction de la cité. Sur les 104 gigantesques colonnes, il n’en reste plus que 16 encore debout. L’entrée du site est payante (20€!) et a priori il n’y a plus grand chose à voir.
Le Stade Panathénaïque
Un peu plus loin à l’est, après avoir traversé une grande avenue, on arrive devant le Stade panathénaïque, le « stade de tous les athéniens ». Son origine remonte en l’an -330. Il est de forme allongée avec une piste longue de 220m et un virage très serré. On y célébrait les Panathénées tous les 4 ans (des espèces de mini-jeux olympiques propres aux Athéniens). Plus tard, en 140, les romains agrandissent le stade antique. Il devient alors un grand stade recouvert de marbre qui pouvait accueillir 50.000 spectateurs! Après l’interdiction des fêtes païennes au Ve siècle, le stade n’est plus utilisé. Le marbre est alors pillé pour d’autres constructions et le stade situé dans un creux entre deux collines fini recouvert par la terre et la végétation.
Il disparait de la mémoire des hommes avant de réapparaitre suite aux fouilles archéologiques du XIXe siècle. Il est alors entièrement remis en état pour les Jeux Olympiques de 1896.
L’entrée sur le stade coûte 12€ et permet d’accéder aussi à un petit espace musée. Plus d’infos sur ce site.
Revenons maintenant dans le quartier historique de Plaka 🙂 Au milieu de ces jolies ruelles animées on trouve quelques pépites.
Le Manoir Benizelos
C’est officiellement la plus ancienne maison existante d’Athènes. La famille aristocratique athénienne des Benizelos vivait dans cette demeure au XVIe siècle. Elle deviendra ensuite une taverne, puis sera divisée en plusieurs habitations et tombera en ruines dans les années 1980.
Après d’importants travaux de rénovation, l’ancien manoir ouvre au public et essaye de montrer l’intérieur typique d’une habitation à Athènes au XVIIIe siècle. On y découvre un petit musée expliquant la vie dans les différentes pièces d’une riche demeure à Athènes durant la période Ottomane. L’entrée est à prix libre (donation).
Une figure importante de la famille Benizelos, c’est sainte Philothée. C’était une jeune femme belle, intelligente et extrêmement riche. Par exemple elle avait reçu en héritage un quartier entier d’Athènes! Elle décide d’en faire don à l’église et devient nonne. Elle utilisera toute sa fortune pour des actions caritatives et sociales. Elle meurt en 1589 après des tortures que les turcs lui font subir. Sa relique est préservée dans la cathédrale. C’est la sainte patronne d’Athènes.
La Cathédrale d’Athènes
Un peu plus loin, on arrive sur la place Mitropoleos. On y voit la statue de Constantin XI (dernier empereur de l’Empire Romain d’Orient) et celle à l’allure sévère de l’archevêque Damaskinos (premier ministre de la Grèce en 1946). Mais on vient surtout ici pour visiter la grande Cathédrale d’Athènes. Sa construction est lancée en 1842 par le nouveau roi de Grèce Othon 1er.
Sa construction durera 20 ans. Le marbre utilisé provient de 70 église démolies ou en ruines après le départ des ottomans d’Athènes.
Juste à côté de la grande cathédrale, on trouve la petite église connue comme la Petite Métropole. On pense qu’elle a été construite vers le XIVe siècle.
Ce qui est assez curieux, c’est que presque toutes les pierres proviennent d’autres constructions. C’est une petite église recyclée 😉
Quelques rues plus loin, il y a une autre curiosité, avec cette étonnante et pittoresque église Agia Dynami. Elle est construite au XVIe siècle sur les ruines d’un ancien temples d’Héraclès, pendant l’époque ottomane. Ironie du sort, elle a faillit être détruite dans les années 1980, lors de la construction du Ministère de l’éducation et des affaires religieuses, celui qui doit justement protéger les églises! Elle est finalement sauvegardée et se retrouve maintenant coincée entre les piles de l’immeuble moderne reconverti depuis en hôtel 5 étoiles. Les femmes enceintes viennent prier ici pour se donner de la force pour l’accouchement et avoir un enfant en bonne santé. Cette petite église a aussi servi de réseau clandestin de munition pendant la guerre d’indépendance grecque. Tant de choses pour un si petit bâtiment 😉
Dans le même quartier, on peut découvrir la plus grande et la plus ancienne église byzantine d’Athènes ayant survécu, c’est l’église Agia Sotiria Lykodimou, connue comme l’église de la Sainte Trinité. Elle date du XIe siècle et elle est maintenant rattachée à l’église orthodoxe russe.
Le Parlement Grec
Plus loin, c’est la grande place Sýntagma, la place principale de la capitale. Il y a un énorme bâtiment : c’est le Parlement Grec. Juste après l’indépendance de la Grèce acquise en 1830 face à l’empire Ottoman, l’Europe des grandes puissances impose Othon 1er comme jeune roi de ce nouveau pays. Il choisit Athènes comme capitale (qui n’est alors qu’une ville modeste), et dans la foulée, il fait appel à l’architecte de son père Louis 1er de Bavière pour la construction de sa grande demeure royale. L’ancien palais royal est donc construit en 1843.
Si on vient ici, ce n’est pas juste pour admirer l’énorme façade. C’est aussi car il y a la tombe du soldat inconnu grec. La cérémonie de la relève de la garde est un spectacle que tout le monde s’empresse de venir voir 🙂 Les gardes en question sont des Evzones, des soldats d’élites, mais avec un costume traditionnel à la limite du ridicule, avec la petite jupette et les pompons sur les chaussures ! On rigole moins quand on sait que ce pompon pouvait servir à cacher une lame acérée qui dépasse de la chaussure! Bref, cette fameuse relève de la garde, elle a lieu toutes les heures …
Enfin ça c’est la théorie. Ce jour là il y avait une énorme manifestation sur la place, et la police bouclait tout le périmètre! Snif .. à refaire!
Le Jardin national d’Athènes
Les 16 hectares du Jardin National d’Athènes, c’est un véritable havre de paix au milieu de l’agitation, du bruit et de la pollution d’Athènes. C’est pratiquement le seul espace vert de la capitale. Créé en 1839 comme jardin royal par la reine Amélie, ce n’est qu’en 1923 qu’il devient un jardin ouvert au public.
On profite de l’ombre bienvenue, on se promène sous les pergolas fleuries, et on contemple les dizaines de tortues dans la mare. C’est un bel endroit où se détendre au milieu de plantes venues du monde entier.
Au sud du parc vous pourrez découvrir le Zappéion. C’est un grand bâtiment à l’aspect classique, destiné au sport et en particulier à la première édition des Jeux Olympiques modernes en 1896. Il accueille maintenant des évènements privés. Pour tenter de le visiter, plus d’infos sur ce site.
Le jardin du palais présidentiel se trouve juste à côté. En revanche, il n’est ouvert au public que le dimanche de 10h à 14h30 (pensez à prendre votre passeport ou une pièce d’identité qui vous sera demandé à l’entrée).
Le quartier Anafiotika
Voici une petite visite insolite à ne pas manquer, tout proche de l’Acropole 🙂 Sur le flanc nord-est, il y a le quartier pittoresque d’Anafiotika. Il prend naissance au XIXe siècle quand de nombreux habitants de l’ile d’Anafi viennent à Athènes comme ouvriers pour aider à reconstruire la ville. Sur la pente de l’Acropole, dans l’illégalité, ils se construisent des logements dans le style des cyclades.
Une partie du quartier a été démoli dans les années 1950 quand des fouilles ont été réalisées. Il ne reste plus que 45 petites maisons typiques avec les murs blanchis, des bougainvilliers fleuris dans les cours et des chats qui se prélassent au soleil. C’est un véritable petit labyrinthe qui dépayse vraiment 🙂 Les ruelles ne portent même pas de véritables noms!
La fin de la balade se fait au milieu des terrasses des restaurants qui envahissent les marches des escaliers qui rejoignent le quartier Plaka 🙂
Au nord du quartier Plaka, c’est une Athènes plus moderne et dynamique, sans doute moins touristique, mais qui grouille de vie 🙂
Le marché d’Athènes
En plus des grandes avenues commerçantes et des boutiques modernes, on y trouve par exemple le marché centrale d’Athènes dans les halles municipales de Varvakios, surnommées « le ventre d’Athènes ». Vous découvrirez des grands étals de viandes et de poissons. Ce n’est pas particulièrement une destination touristique, car le marché est bruyant et rempli d’odeurs haha. Le marché est fermé le dimanche. Le quartier est aussi très populaire et très vivant. Dans les rues adjacentes, il y a de nombreuses petites échoppes qui vendent des épices. Pendant des siècles, le grand marché d’Athènes se déroulait à l’emplacement de l’Agora romaine. Après l’incendie du marché en 1884, on en a profité pour le délocaliser dans une nouvelle halle moderne en 1886 (et c’était aussi l’occasion de lancer des fouilles archéologiques plus poussées sur l’Agora)
Le Musée archéologique d’Athènes
Si vous voulez vraiment voir un magnifique musée sur la Grèce antique à Athènes, alors sans aucune hésitation, il faut aller au Musée archéologique d’Athènes! Rien à voir avec le Musée de l’Acropole qui se limite uniquement aux fouilles de l’Acropole. Ici, c’est une autre dimension, ce musée propose la plus grande collection d’antiquités grecques au monde! Il se trouve au nord de la ville.
On y trouve plein de choses incroyables. Je vous montre une petite compilation des pièces les plus marquantes!
Par exemple les fresques colorées des murs des maisons d’Akrotiri datant du XVIe siècle av JC, préservées sous des couches de cendres après l’éruption du Santorin. C’est fou de se dire qu’on regarde la peinture des murs d’une maison datant d’il y a 3600 ans!
On peut admirer des trésors de la civilisation mycénienne. Il y a par exemple le célèbre Masque d’Agamemnon retrouvé dans une tombe lors de fouilles à Mycènes *** Même si depuis, on sait que ces masques en or datent de plusieurs siècles avant la Guerre de Troie.
Les dagues en bronze avec des incrustations d’or et d’argents sont absolument sublimes!
La grande statue du Kouros de Sounion mesurant plus de 3m de haut datant du VIe siècle av JC, à l’époque où les statues représentant les hommes idéalisés s’inspiraient des sculptures égyptiennes. Elle a été retrouvée dans les ruines laissées par les Perses sur un temple de Poséidon à Cap Sounion, au sud-est d’Athènes.
Autre chef d’œuvre, le Dieu de l’Artémision datant du Ve siècle av JC. C’est une des rares statues en bronze qui a survécu jusqu’à nos jours sans être refondue. On pense que cette statue de Zeus (ou Poséidon) provenait du pillage de Corinthe, car on l’a retrouvé dans une épave romaine qui a fait naufrage au IIe siècle, au large du cap Artémision.
Une salle regroupe des copies romaines d’originaux grecs classiques. Ces copies datant du IIe siècle montrent l’influence qu’avait l’art grec sur les romains. On retrouve par exemple une statue d’Hermès découverte à Atalante.
L’Aphrodite de Syracuse ou Héraclès enfant 🙂
Des sculptures du IVe-IIIe siècle utilisées dans des stèles funéraires monumentales, comme ce cheval ou ce soldat (naiskos).
Les 2 éphèbes en bronze, avec l’Ephèbe d’Anticythère (retrouvée dans la fameuse épave où on a aussi retrouvé le célèbre mécanisme, aussi exposé dans ce musée) et l’Ephèbe de Marathon.
La sculpture la plus incroyable à mon avis, c’est celle du Cavalier de l’Artémision, datée vers -150. C’est un des seuls exemples de cheval de course de la Grèce antique et si cette statue est encore là, c’est uniquement car elle a été perdue dans le naufrage du navire qui la transportait. Sinon, comme la majorité des sculptures en bronze en antique, elle aurait été fondue et aurait disparue à jamais.
Qui sait le nombre d’autres chefs d’œuvres absolument incroyables qui ont été oubliés de cette façon. Et ce qui nous parait incroyable ici était peut être presque commun, avec des statues en bronze à chaque coins de rues haha 😉
Une petite compilation de têtes étonnantes 🙂 avec la tête en bronze du philosophe (retrouvée elle aussi dans l’épave d’Anticythère), un masque de théâtre, et la tête d’Attale II roi de Pergame.
Ou encore l’enfant au canard, le petit enfant portant un chien, et cette tête inconnue mais si expressive.
Ou bien encore, la grande statue du Poséidon de Milos, provenant de la même île que la célèbre Vénus de Milo.
Et justement une autre Aphrodite qui menace Pan d’un coup de sandale 😉
Vraiment, ce musée est une merveille. Il y a tant de choses à voir! C’est un must absolu si vous voyagez en Grèce et que vous êtes un petit peu intéressés par l’histoire classique 😉
L’entrée coûte 20€, et prévoyez plusieurs heures sur place. Personnellement je pourrais y passer plusieurs jours 😉 Plus d’infos sur ce site.
Alors Athènes ?
Athènes, c’est chouette! 🙂 Hélas, il y a encore plein d’endroits que je souhaite découvrir, mais ce sera pour une prochaine fois. J’ai adoré Athènes et son effervescence. J’ai un peu moins aimé la pollution (qui se ressent vraiment) et le fait que la ville n’est pas très belle du point de vue de l’architecture. Dès qu’on s’éloigne des quartiers historiques, c’est la ville du béton et du ciment. Mais ça n’enlève pas l’envie d’y revenir 😉
Allez, on reprend le road trip! Prochaine étape, direction l’Oracle de Delphes et les Thermopyles des spartiates! 🙂
Le road trip en Grèce continue. Aujourd’hui, on continue la découverte des richesses du Péloponnèse avant de rejoindre la capitale Athènes. Hop en route!
Visite de Nauplie
Après avoir diné la veille sur le port, je prends le temps ce matin de découvrir un peu plus la ville de Nauplie. Selon la légende, la ville aurait été fondée sur une presqu’ile par Nauplie, un fils de Poséidon. Le fils de Nauplie, Palamède (un héros de la Guerre de Troie) donne son nom au grand rocher qui domine la ville. Dans l’antiquité, c’est une petite cité sans réelle importance. Elle commence à prendre son essor sous l’empire byzantin. En 1032, on y fait construire des fortifications et une grande bataille permettra de repousser une flotte arabe. On l’appelait la « Naples de Romanie » pour la distinguer de la ville de Naples en Italie. Après les byzantins, les vénitiens puis les ottomans contrôlent la cité. La ville et le port deviennent un des principaux centres commerciaux du Péloponnèse. En 1821 pendant la Guerre d’indépendance Grecque, Nauplie est une des cibles prioritaires. Après un siège de plusieurs mois, les turcs finissent par la rendre aux grecs. Elle devient la capitale du jeune état Grec de 1829 à 1834 (ensuite la capitale est transférée à Athènes).
Commençons par l’extrémité de la péninsule. Sur le grand rocher de 45m de haut, la citadelle Acronauplie garde la ville au XIIe siècle. Elle perdra son importance avec la construction de la forteresse Palamède, plus moderne, quelques siècles plus tard. De cette citadelle antique, il ne reste presque plus rien.
Au pied du rocher, en longeant le port, on aperçoit un ilot fortifié, c’est la forteresse Bourdzi. Elle est construite par les vénitiens en 1473 pour défendre la ville des pirates. Plus tard, la forteresse servira de prison et même d’hôtel.
Dans la vieille ville, la promenade est agréable. On sent que Nauplie vit du tourisme et cherche à se faire belle. Les rues sont propres, remplies de boutiques et de terrasses de restaurants. Toute la zone du centre est quasi piétonne, c’est vraiment chouette 🙂 Sur la place principale, Syntagma, vous pourrez visiter si vous avez le temps le musée archéologique, à l’intérieur d’un ancien palais vénitien (entrée 6€). L’ancienne mosquée de la ville (construite en 1730), à l’angle de cette place, sera reconvertit et deviendra le premier Parlement Grec.
Un peu plus loin, se trouve la cathédrale Saint-Georges, que je n’ai pas pu visiter pour cause de travaux ce jour là…
La balade amène naturellement à la porte vénitienne de Xira. Elle faisait partie des anciens remparts de la ville qui ont tous été détruits. En 1966, l’ancienne porte d’entrée de la ville est reconstruite pour faire joli 😉
Juste derrière, dans le petit parc Staikopoulos il y a le restaurant Skarpeta. C’est une excellente adresse, au calme, à l’ombre, pour manger, grignoter ou juste prendre un verre ou un café. Vraiment un chouette endroit que je recommande! 🙂
Ensuite, c’est la longue place Kolokotronis qui est joliment arborée et décorée avec des statues. Elle longe l’ancienne gare de la ville reconvertie en école de musique et musée du jouet. C’est aussi l’endroit où se tient le marché de la ville.
Le principal monument de Nauplie, celui qu’on voit tout le temps, c’est la forteresse Palamède. Elle domine la ville depuis la colline à 216m de hauteur. Les Vénitiens achèvent sa construction en 1714, et hélas pour eux, les troupes turques s’en emparent l’année suivante.
Pour accéder au sommet, il faudra gravir un escalier de 999 marches (bon en fait 857 en réalité)! Avec cette chaleur, je n’avais pas du tout envie de me lancer dans cette grimpette! Il est aussi possible de s’y rendre en voiture, il y a un petit parking de l’autre côté. L’entrée de la citadelle coute 8€. Vous me direz si ça vaut la coup 😉
Plus loin, c’est le quartier de Pronoia. Il est plus moderne et aménagé à partir de 1828 pour accueillir des réfugiés grecs de la guerre d’indépendance. C’est une autre ambiance avec des voitures qui klaxonnent partout, des bouchons et énoooormément de monde. Il y a tout de même une curiosité à découvrir dans ce quartier.
Il faut se rendre entre le cimetière et l’ancienne petit église (construite à l’intérieur d’une grotte de la colline). Dans un square, se trouve le Lion des Bavarois. Cette énorme sculpture creusée dans la roche date de 1841. À l’époque, le jeune Othon est désigné premier roi de Grèce. C’était un prince de Bavière. Son père, le roi Ludwig de Bavière, lui a demandé de créer un monument en hommage aux troupes germanique mortes du Typhus en Grèce.
La cité de Tirynthe
Juste à la sortie de la ville de Nauplie, littéralement au bord de la route, il y a le site archéologique de Tirynthe. C’est une ancienne cité de l’époque mycénienne, il y a 3.000 ans. Elle se trouve sur une colline de 30m de haut et 300m de long. À l’époque antique, la mer arrivait à ses pieds.
Selon la légende, elle a été fondée par Protée, le frère jumeaux d’Acrisios (roi d’Argos) avec l’aide des cyclopes bâtisseurs. En effet, on retrouve à nouveau des murailles cyclopéennes avec des rochers vraiment énormes! Peut-être même encore plus grands que ceux de Mycènes. On estime que les murailles pouvaient atteindre 8m d’épaisseur et 18m de haut, c’est juste énorme! Homère la décrivait en disant « Tirynthe, puissante et fortifiée ». On estime que la cité comptait au moins 10.000 habitants.
Selon la légende, c’est dans cette cité de Tirynthe que le héros Héraklès est venu servir le roi Euristhée pour réaliser les fameux douze travaux.
Du site antique, il ne reste que les énormes fondations. Argos, la cité rivale lui a fait subir le même sort que Mycènes : tout a été détruit. L’entrée ne coute que 4€ et la visite est assez rapide. Vous ne croiserez pas beaucoup de touristes ici. Personnellement, ces sites millénaires où les légendes mythologiques se mêlent à l’histoire, ça me fascine 🙂
N’oubliez pas de visiter un autre site, à seulement 2km de là. C’est une autre tombe tholos de l’époque mycénienne. Elle est moins impressionnante que celle qu’on peut visiter sur le site de Mycènes mais elle reste intéressante.
Je trouve même qu’elle a d’avantage de charme. Elle est cachée, à l’abri du tourisme de masse, discrètement perdue au milieu d’une orangeraie à flanc de colline. Un petit chemin de terre y mène. On a l’impression de pénétrer dans un site mystérieux multi millénaires qui aurait été à peine découvert.
J’ai vraiment aimé ! En plus l’entrée est gratuite et une petite tortue est venue me dire bonjour, que demander de plus ? 🙂
Némée et le Temple de Zeus
Avant de quitter le Péloponnèse, je poursuis mes sauts dans la Grèce antique en me rendant au site de Némée. Dans la mythologie, ce lieu est connu car c’est ici qu’Héraclès a réalisé le premier de ses douze travaux : tuer le lion de Némée. Historiquement, le site est surtout connu pour abriter un sanctuaire dédié à Zeus au VIe siècle avant JC. Il y avait notamment un grand temple de Zeus construit vers -330.
Malgré les guerres, les tremblements de terre et les autres catastrophes, 3 grandes étaient toujours debout depuis l’antiquité. Grâce aux travaux d’archéologues américains de l’université de Berkeley dans les années 2000, 9 colonnes ont été redressées 🙂
Dans ce sanctuaire se déroulaient des jeux importants. Ils faisaient partie des 4 jeux panhelléniques qui composaient les Olympiades dans la Grèce antique : les Jeux Olympiques à Olympie, les Jeux Pythiques à Delphes, les Jeux Isthmiques à Corinthe et les Jeux Néméens à Némée. Les Jeux Néméens commencent la première fois en -573. Il y a toujours le stade antique de Némée à quelques centaines de mètres du site archéologique (il se visite avec le même ticket). Pas de chance pour moi. Ce jour là, la route d’accès était en travaux, je n’ai pas pu y aller. Soyons honnêtes, le site de Némée et son petit musée m’ont un peu déçu. À moins d’être véritablement passionné par l’archéologie, ne faites pas spécialement un détour pour cet endroit.
Le Canal de Corinthe
Il est temps de quitter le Péloponnèse. Pour arriver dans la péninsule, j’avais emprunté le grand pont moderne de Rion-Antirion. Pour en partir, je voulais absolument passer par le célèbre Canal de Corinthe 🙂 Sur cette petite bande de terre qui sépare le Péloponnèse de la Grèce continentale, l’idée ne date pas d’hier pour rejoindre rapidement en bateau le golfe de Corinthe et le golfe Saronique. En effet, au lieu de faire tout le tour de la péninsule, soit 400km, il n’y a que 6km de terrain à traverser! Au VIe siècle avant JC, les grecs avaient déjà mis en place un système pour faire « rouler » des navires sur une voie dallée spécialement aménagée. Sous l’empereur romain Néron, en l’an 67, le premier coup de pelle (en or) est officiellement donné pour creuser un canal! Après un an de travaux et la mort de milliers d’esclaves, le projet est finalement abandonné. Presque deux millénaire plus tard, à la suite de l’inauguration du Canal de Suez en 1869, l’état Grec remet le sujet du Canal de Corinthe sur la table. Les travaux commencent en 1882 et l’inauguration officielle a lieu en 1893. C’est un navire français qui est le premier à passer, cocorico!
Le canal mesure un peu plus de 6km de long, avec une largeur d’à peine 22m et une profondeur d’eau de 8m. Les murs de la tranchées atteignent 50m de haut. C’est vraiment impressionnant! 🙂 Ici sur la photo, c’est le point de vue depuis le pont de la route principale. Je serais bien resté plus longtemps à attendre le passage d’un navire, mais il était trop loin à l’horizon.
Avant de partir, un petit mot supplémentaire sur Corinthe. Ce n’est pas qu’un canal. Une cité existait depuis bien longtemps, dès le VIIIe siècle av JC. Elle était perchée dans une citadelle à 575m d’altitude et abritait un célèbre sanctuaire d’Aphrodite. Grâce à son emplacement stratégique et ses 2 ports, elle s’enrichit mais reste à l’écart des grands conflits. Elle sera finalement totalement rasé par les romains en -146. Un siècle plus tard, Jules César fonde une nouvelle Corinthe. Si vous êtes déjà allé un peu à l’église vous avez probablement entendu « Apôtre Paul, épître aux corinthiens », et bien il était ici! Finalement en 1858, un terrible séisme détruit totalement la petite ville sur la colline. La Corinthe moderne se fonde un peu plus loin au nord. Donc par manque de temps, je fais l’impasse sur la visite de la Corinthe historique la haut sur la montagne.
Tant pis, hop en route, je continue le road trip, prochaine étape : Athènes ! 🙂
En route pour Athènes !
Au lieu de prendre directement l’autoroute E94 pour avaler les derniers 75km restants jusqu’à la capitale, je décide de passer par la route côtière. Je me disais que j’allais profiter un peu du paysage. Je ne suis pas déçu … dès le début je longe l’énooooorme centre pétrochimique de la raffinerie de Corinthe (compagnie Motor Oil). C’est la deuxième plus grande raffinerie d’Europe.
J’aurais mieux fait de prendre l’autoroute haha 🙂
J’appréhendais mon arrivée à Athènes en voiture en fin d’après-midi. Des voitures et des bouchons il y en a eu, mais finalement rien de trop pénible. Pour un grand parking facile d’accès, proche du centre et pas trop cher, j’avais repéré en avance le parking souterrain Varvakeios, juste à côté du grand marché des Halles Municipales, au nord de la ville. Pour la modique somme de 10€ la journée, c’est vraiment le bon plan!
Pour l’hébergement chouette et bon marché, en mode dernière minute via booking ou autre (comme je fais depuis le début du séjour), ce n’était plus possible. On sent tout de suite la différence de prix en arrivant dans la capitale. J’ai finalement trouvé une petite perle rare : Tip Top Suites(Gladstonos 5), pour deux nuits, 190€ et pas trop loin du parking. Hébergement situé dans une ruelle piétonne et populaire, un hall d’immeuble qui donne moyennement envie d’y rentrer, et surprise au 6e étage : tout est neuf, propre, moderne. Un studio top confort 🙂
Je pars ensuite explorer la capitale. Je vous détaille tout ça dans le prochain article 😉
Je continue ce road trip en Grèce à la découverte des trésors du Péloponnèse. Au programme de cette belle journée : l’étonnante Monemvasia, les vestiges de l’antique Mycènes et le grand théâtre d’Epidaure. Des belles choses en perspective! Hop en route 🙂
La journée commence à Gefira, la petite ville de bord de mer où j’ai passé la nuit. Littéralement juste en face, il y a ça 🙂
Monemvasia
On est vraiment surpris par cet énorme masse de roche qui semble surgit de nul part dans la mer. C’est Monemvasia.
C’est comme un gigantesque et monumental navire de pierre. Ce rocher mesure 1.5km de long et 200m de haut.
Une petite digue naturelle de 400m de long avec une unique route relie le rocher au continent. Son aspect unique lui a valu le surnom de Gibraltar de l’Est.
À l’extrémité du rocher, caché aux yeux du continent, se trouve la petite cité de Monemvasia. Elle est fondée au VIe siècle par les habitants de la Laconie et des habitants de l’ancienne Sparte qui cherchaient à fuir et à se protéger des invasions slaves. Au cours des siècles suivants, elle sera souvent assiégée et détruite, puis reconstruite. Par les vénitiens, les francs, les pirates, les turcs, avant que finalement ça se calme. En 1821, elle redevient Grecque. Le sommet du rocher est un large plateau. Il abritait une forteresse et les habitations de la ville haute. Tout a été abandonné au XVIe siècle.
Depuis les années 1970, la petite ville basse reprend des couleurs. Elle est exclusivement piétonne, cachée derrière la falaise et ses remparts. Elle reprend vie grâce au tourisme. Et des touristes vous allez en croiser, beaucoup même! Des cars entiers se déversent en continu dès le matin et les petites ruelles de la ville basse sont prises d’assaut. La rançon du succès! C’est peut-être pour ça que j’ai moyennement apprécié la visite de cet endroit (et aussi au fait qu’un bug technique a perdu mes photos grrr).
Je quitte cet endroit méconnu et pourtant incroyable pour remonter plus au nord dans le Péloponnèse. C’est parti pour 3h de route! Après avoir traversé la plaine fertile d’Argos, la route prend la direction des collines et j’arrive dans un endroit légendaire.
La cité antique de Mycènes
La nouvelle étape de ce road trip c’est la cité antique de Mycènes 🙂 Après m’être garé à l’ombre sur le parking, je prends le billet d’entrée à 12€ et c’est parti!
La ville de Mycènes est au sommet d’une colline, entourée par deux sommets, le mont Profitis Iilias et le mont Zara. Elle dominait toute la région.
Selon la mythologie, c’est le héros Persée (celui qui a vaincu la terrible Méduse) qui aurait fondé la ville avant de partir vers l’Asie. Pour l’aider à construite la ville, il aurait demandé l’aide des cyclopes. Ces géants avec un œil unique au milieu de front possèdent une force incroyable. Le site est habité depuis des millénaires, mais la puissante cité de Mycènes aurait été bâti vers -1800. Quand des siècles et des siècles plus tard, des Grecs de l’antiquité découvrent ces gigantesques ruines, ils supposent que seuls des géants avaient la force d’assembler des blocs de pierre aussi énormes. Toujours selon la légende, dans l’Illiade, c’est depuis Mycènes que le puissant roi Agamemnon part à la conquête de Troie. Toutes ces légendes antiques parlent de Mycènes comme une cité pleine de richesses, avec des remparts qui montent jusqu’aux cieux. Elle connait son apogée entre les XIV et XIIIe siècle av JC et étend son influence dans tout le monde Grec. On parle alors de la civilisation mycénienne. Puis on trouve des traces de destructions dans les siècles suivants. Elle devient une cité mineure. Finalement en -468, la ville et les fortifications sont détruites par la cité rivale d’Argos (située à une vingtaine de kilomètres). Mycènes n’est plus qu’une ruine qui traverse les époques et tombe dans l’oubli. Elle n’est plus connue que par les légendes. Ce n’est qu’en 1841 qu’on la redécouvre et qu’on y effectue des fouilles.
Des véritables fondateurs historiques de la cité, on ne sait pas grand chose. On sait en revanche qu’un palais et une citadelle se trouvait au sommet de la colline. Ce n’est qu’ensuite que les remparts avec les énormes pierres ont été construit, quand la citadelle s’est agrandie pour devenir une véritable cité. Les vestiges des remparts font jusqu’à 8m d’épaisseur. On estime que les remparts et les murailles qui étaient au dessus devaient atteindre jusqu’à 20m de hauteur. De quoi dissuader les attaques ennemies!
La Porte des Lionnes est sans aucun doute l’image la plus connue de la cité. C’est l’entrée principale, imposante et massive. Cette sculpture monumentale est le seul monument de l’âge du bronze Grec qui a survécu jusqu’à nos jours sans avoir été enterré.
La porte est datée de l’an -1250. Juste après cette imposante entrée, on trouve les entrepôts et les tombes à fosses où en 1876, on a retrouvé de nombreux trésors, dont cinq masques en or. Le plus célèbre est le fameux « masque d’Agamemnon », entreposé au Musée national archéologique d’Athènes. Ce masque ne serait en fait pas celui du célèbre roi. Il plus ancien que l’époque supposée de la Guerre de Troie, et en plus, il aurait probablement été contrefait par l’archéologue allemand de l’époque. Heinrich Schliemann devait absolument satisfaire à son empereur Guillaume Ier qui finançait les fouilles!
Au point le plus haut de la cité se trouvais le Palais Royal. Il n’en reste rien, à part quelques pierres et l’empreinte de son emplacement au sol. Depuis cette esplanade, on peut observer la même vue sur la région qu’avait le roi Agamemnon depuis son trône.
En se promenant au milieu de ces vestiges, on essaie de se projeter plus de 3.000 ans dans le passé et imaginer la vie des habitants de cette cité qui a inspiré tant de légendes!
Pour compléter la visite, un petit musée archéologique moderne expose certains des objets découverts dans les tombes : céramiques, bijoux, armes, et tablettes d’écriture.
La Tombe du Trésor d’Atrée
Le billet d’entrée de Mycènes donne aussi accès à la grande tombe du Trésor d’Atrée, située à quelques centaines de mètres. Sans surprise, c’est une tombe datant de l’époque mycénienne. On pense qu’elle date de -1250. Elle fait partie d’un groupe de neufs tombes à tholos découvertes sur le site de Mycènes. Une tombe à tholos, c’est une tombe avec un accès par une entrée inclinée ouverte (un dromos) et donnant sur une pièce principale circulaire. C’est la plus grande tombe de ce type découverte.
Le nom de trésor d’Atrée vient de Pausanias, un voyageur de l’antiquité qui a laissé de nombreux textes de ces explorations au IIe siècle. Il pensait que c’était la tombe d’Atrée, le fils du légendaire Pélops, qui donne la lignée des Atrides et dont le fils est le fameux Agamemnon. En fait, on n’a aucune idée de qui pouvait être enterré ici. Sans doute un des rois de Mycènes vu l’importance du site. La tombe a été pillée dès l’antiquité. Il ne reste rien. Tout ça est bien mystérieux!
L’entrée de la tombe est surmontée par une énorme pierre de 9m de long sur 5m de large pensant 120 tonnes! La salle principale circulaire est vraiment étonnante. Elle fait 14m de diamètre et une hauteur de 13m. Quand on se tient au centre, il y a un écho très fort. Ne manquez pas la visite de ce site vraiment étonnant 🙂
Après cette matinée plongée dans le lointain passé de la Grèce, je m’offre une bonne pause déjeuner dans le village de Mykines, juste en contrebas de Mycènes. Je choisis la grande terrasse du restaurant Electra sur la route principale. L’accueil et le service est vraiment adorable, la nourriture est classique et pas chère. Une bonne petite adresse pas prise de tête 🙂
La prochaine étape du road trip se trouve à une quarantaine de kilomètres vers l’est.
Le Sanctuaire et le Théâtre d’Epidaure
Le site d’Epidaure est occupé par l’homme depuis des millénaires, mais ce n’est que sous l’époque classique au VIe siècle av JC que la cité prend de l’importance grâce à son sanctuaire renommé dans toute la Grèce.
Le sanctuaire d’Asclépios. Ce fils d’Apollon est mort foudroyé par Zeus pour avoir ressuscité les morts. On le connait d’avantage pour son fameux bâton d’Esculape : le bâton avec une couleuvre enroulée autour, le symbole qu’on retrouve dans toutes les pharmacies, le fameux caducée de la médecine. La légende dit que ce bâton permettait de guérir toutes les maladies. Esculape ou Asclépios était donc le dieu de la médecine (à ne pas confondre avec Hippocrate, père de la médecine). Ce sanctuaire était le plus réputé de l’antiquité! Des malades affluaient de toute la Grèce pour espérer une guérison dans le sanctuaire. Ici il n’y avait pas de médecins, la guérison miraculeuse se faisait par le rêve! Après un rituel de purification, le pèlerin s’endormait dans bâtiment particulier, l’abaton, qui mesurait 70m de long et 10m de large. Pendant son sommeil, le dieu Asclépios venait le visiter dans son rêve pour le guérir par le toucher ou lui indiquer le remède à préparer… ou pas. En tout cas, ça devait fonctionner un minimum car on a retrouvé 43 tablettes en argile de remerciements de des pèlerins guéris.
Quand l’empereur byzantin Théodose II interdit les cultes antiques en l’an 426, c’est la fin de l’activité du sanctuaire. La ville d’Epidaure disparait peu à peu. Ce n’est qu’en 1821 qu’un petit village réapparait ici et des fouilles archéologiques sont lancées en 1881.
Maintenant, si tout le monde vient à Epidaure, c’est principalement pour voir son fabuleux théâtre antique à 500m au sud du sanctuaire, sur la colline. Le théâtre d’Epidaure est le plus beau et le mieux conservé de tous les théâtres antiques grecs.
Il aurait été construit en -340 par l’architecte Polyclète. Il peut accueillir jusqu’à 13.000 spectateurs sur 55 rangées. Il est considéré comme le plus parfait des théâtre pour son acoustique exceptionnelle.
Sur place, tout le monde réalise la même expérience : on chuchote au centre de la scène et on entend parfaitement jusqu’aux dernières rangées! Chaque année pendant l’été, le monument revit, et accueille le festival de théâtre d’Epidaure qui rejoue des tragédies antiques. Plus d’infos sur le festival ici.
Enfin, un petit musée complète la visite du site. Il est ouvert en 1909. C’est d’ailleurs l’un des plus anciens musées de Grèce.
La visite est assez rapide et je n’ai pas été emballé par la présentation. On dirait un hangar remplit en vrac de tout ce qu’on a pu y mettre.
Nauplie, l’ancienne capitale
Je termine cette belle journée en me rendant dans la ville de Nauplie à une trentaine de kilomètres à l’ouest d’Epidaure. Cette ville qui donne sur le golfe d’Argos a été temporairement la capitale de la Grèce de 1828 à 1834.
Pour le logement ce sera l’excellent Park Hotel. Il est idéalement situé à la frontière entre la vieille ville (sur la bande de terre entre le port et la citadelle) et la ville moderne qui s’étend plus loin. En plus, c’est facile de se garer gratuitement dans les rues autour. Après un repos dans la très belle et confortable chambre climatisée, je pars déambuler dans les ruelles animées de la vieille ville. C’est une destination touristique du Péloponnèse. Il y a énormément de boutiques et de restaurants, avec un front de mer et un port où il se passe toujours quelque chose 🙂
Pour le restaurant, j’ai testé The Nest(Boumpoulinas 61). Je craignais un peu que ce soit un restaurant attrape-touriste, mais en fait pas du tout, le repas fut vraiment très bon, je recommande 🙂
Pour cette nouvelle journée de road trip en Grèce, l’objectif sera de visiter une zone peu connue du Péloponnèse, la Péninsule du Magne. Allons découvrir ça, hop en route!
De bon matin, après un petit café au calme sur ma petite plage privative dans le village d’Agios Andreas, je quitte mon petit havre de paix du Sarantakis Apartements
Direction la péninsule du Magne. C’est une zone particulièrement aride et rude, où il n’y a presque pas de végétation. Le sol est pauvre et les roches apparentes. La région a longtemps était isolée et presque oubliée, tout au sud du Péloponnèse. C’était une terre de pirates qui s’abritaient dans les nombreuses criques. La population est composée de grandes familles formant de véritables clans qui se livrent des guerres de vendettas sans fin. Puis dans les années 1960, c’est l’exode rural. Une bonne partie des habitants partent vers les villes et notamment Athènes. Ce n’est que dans les années 1970 seulement que des véritables routes sont créées. L’état veut en finir avec l’isolement du Magne et tenter de mettre fin au règnes des clans. Récemment, la péninsule connait un regain touristique et de nombreuses résidences secondaires sont construites.
Pourquoi visiter cette région ? Car cet isolement et cette histoire dure et mouvementée lui donne un caractère unique en Grèce. Car l’architecture du Magne, ces maison austères en pierre et marbre gris, qui ressemblent à des petits donjons fortifiés est typique et unique. Car les paysage arides sont de toute beauté. Car le Magne n’est pas encore touché par le tourisme de masse. Car vous aurez une impression de bout du monde. Bref, car le Magne, c’est beau 🙂
Depuis la ville de Kalamata, il faut prendre l’unique route en direction d’Aeropoli, la deuxième ville du Magne, avec à peine un millier d’habitants. Vous voilà prévenu, il n’y a vraiment pas la foule dans cette région! La route qui longe la côte est déjà particulièrement jolie. Ici par exemple, un beau point de vue depuis le village de Kardamyli.
Tout proche d’Aeropoli, on peut éventuellement visiter les Grottes de Diros. Ces grottes immergées qui se découvrent à bord d’une barque sont parait-il vraiment belles. En revanche, les avis semblent unanimes sur le côté usine à touristes… tant pis, une autre fois peut être! On continue la route vers le sud en direction de Geroliménas.
On rentre dans le Magne profond, limite désertique, et c’est très beau! Il faut s’échapper de temps en temps sur les minuscules routes secondaires pour explorer les petits villages fortifiés typiques.
Depuis le village de Stauri, une petite randonnée vous amène à une vieille église byzantine du XIIe siècle, la petite église Odigitria. Elle a été construite à côté d’une grotte sur la falaise, pour servir de poste de surveillance et servir de symbole de protection contre les attaques de pirates.
Je m’arrête au minuscule village de Geroliménas (53 habitants) niché au fond d’une crique. Pendant l’occupation turque, c’était un repaire de pirates maniotes (les habitants de la Magne). Jusque dans les années 1970, Gerolimenas n’était accessible que par la mer. Il n’y a rien à visiter ici, mais je m’offre une belle petite pause déjeuner à la taverne Mani Mani, qui n’a rien d’extraordinaire, mais c’est toujours agréable de manger au bord de l’eau 🙂
L’étape suivante du road trip, 10km plus loin, c’est l’incontournable village abandonné de Vathia, situé au sommet d’une colline. Ce village fortifié typique avec ses 70 maisons en forme de donjons a été totalement déserté après la seconde guerre mondiale. Exode rural, conséquence des vendettas à répétitions entre grande famille, visiblement la vie était plus belle ailleurs. Actuellement, il ne compte officiellement que 6 habitants.
On peut se promener librement dans les ruelles de ce village abandonné. Depuis quelques années, l’organisation nationale du tourisme grec a racheté des maisons et a lancé un programme de rénovation.
Il n’y aura jamais la foule de touristes ici, car pour y accéder, il n’y que quelques places de parking dans un virage serré. Les seuls habitants que vous croiserez seront des chats errants 😉
Ce village fantôme avec son ambiance si particulière, suspendu au dessus de la mer, mérite vraiment une halte 🙂
En continuant la route vers le sud, on croise d’autres tours fortifiées. Certaines sont reconverties en résidence de luxe, comme le Tainaron Blue Retreat. On ne peut pas la louper au bord de la route! D’autres sont toujours là, en ruine, et montent inlassablement la garde, comme la tour Grigorakakis, isolée sur sa colline.
Toujours plus au sud, on arrive au Cap Ténare (ou Tainaro). La route se termine sur un petit parking en terre battue. Les spartiates qui dominaient la région y ont construit plusieurs sanctuaires et temples, le principale était le Temple de Poséidon. Il a été détruit depuis et on pense que la vieille chapelle a utilisé ses antiques pierres. Plus curieux, on trouve un antique sanctuaire toujours utilisé de nos jours pour des offrandes!
Ce sanctuaire communiquerait avec une minuscule grotte toute proche. Dans l’antiquité, on pensait qu’ici se trouvait une des entrées pour le monde des enfers où régnait Hadès. C’est par cette entrée que le héros Hercules serait rentré aux enfers pour réaliser le dernier de ses 12 travaux, capturer Cerbère, le fameux chien à trois têtes qui gardait l’entrée du royaume des morts. J’ai bien cherché, mais cette grotte ne mène nul part maintenant!
On trouve aussi les restes de belles mosaïques datant de l’occupation romaine.
En plus de cet héritage antique et archéologique, le Cap Ténare propose une chouette balade. Il faut suivre l’unique sentier qui longe la colline sur la droite. Après une bonne marche entre pierres, poussières et broussailles, le tout sous un soleil de plomb et sans aucune ombre, on arrive au phare.
Il mesure 16m de haut. Il est en service depuis 1882. De l’autre côté de la Méditerranée, juste en face, c’est la côte de la Libye.
On est ici au point le plus au sud de la Grèce continentale.
Pour vous rafraichir après cette marche, quoi de mieux que se baigner dans cette minuscule petite plage de galets. Pour votre plus grand plaisir, le seul est unique arbre de la région est justement là pour vous apporter un peu d’ombre. Cette plage intimiste avec son eau incroyablement limpide est vraiment magique!
À ce moment là, c’était pour moi la plus belle plage du monde 🙂
Il est temps de reprendre la route pour découvrir maintenant la côte Est du Magne.
J’ai trouvé cette route de la côte Est encore plus belle que celle de la côte ouest. Cependant, je me suis retrouvé coincé derrière un bus scolaire roulant à la vitesse d’un escargot, et impossible à dépasser à cause de l’étroitesse de la route. Les kilomètres m’ont paru bien longs!
Je vous partage tout de même quelques chouettes points de vue. C’est toujours aussi beau 🙂
Je m’autorise une dernière étape en quittant le Magne, non loin de la petite ville de Gythio, pour me rendre sur la plage de Valtaki. Cette jolie plage est facilement accessible, avec un parking gratuit en terre battue. Elle est naturelle, sans installations touristiques, et abrite de nombreux nids de tortues de mer. Cette plage est aussi célèbre pour l’épave du Dimitrios.
Ce vieux navire cargo s’est échoué sur la plage le 23 décembre 1981, après s’être décroché de son amarre près du port de Gythio. Les autorités l’ont laissé à son sort, aucune opération de renflouage n’a été lancée. Il se désagrège petit à petit, au rythme des vagues qui le grignotent inexorablement …
Cette épave recouverte de graffitis, échouée sur une belle plage de sable fin, éclairée par les rayons d’un soleil en train de se coucher, c’est vraiment beau 🙂
Il me reste encore une bonne heure de route avant de rejoindre la petite ville de Géfira, sur la côte ouest du Péloponnèse. Mon logement pour la nuit sera la Villa Diamanti. C’est une nouvelle belle adresse comme je les aime! Beau logement, belle déco, parking sécurisé, pas cher, à deux pas du centre, et avec un superbe accueil. Je recommande 🙂
En attendant, je tente de trouver un bel endroit où dîner sur le port de Géfira. On voit que je suis revenu dans une zone touristique. Le front de mer est chargé de terrasses et de touristes. Je voulais manger au petit restaurant familial Aktaion qui a une excellente réputation, mais il était hélas archi complet.
Je me suis finalement rabattu sur la terrasse du restaurant juste à côté, le Mateo’s, un restaurant à touristes. Mais quand je découvre qu’ils ont une belle collection de bières, et notamment de bonnes bières belges, le sourire est revenu! 😉 J’y ai finalement passé une très bonne soirée. En plus des touristes, on y découvre une petite troupe d’habitués très sympathique. Le patron avec un air bien bourru au premier abord, est en réalité vraiment chaleureux. Ambiance familiale, on joue avec les enfants qui aident pour le service. Un chouette repas et bonne nuit les amis 🙂
Pour cette nouvelle étape de road trip en Grèce, je pars du magnifique sanctuaire d’Olympie que j’ai visité la veille. Je prends la direction de l’ouest à travers le Péloponnèse, en direction des montagnes. Hop en route!
En chemin, je fais quelques pauses pour profiter de la beauté des paysages. Comme par exemple à la charmante petite église de Kakouraiika.
Le temps est splendide, la vue dégagée. Il fait beau et chaud. La route devient sinueuse et serpente dans les montagnes. Mais c’est toujours un réel plaisir de conduire en Grèce 🙂
Les Gorges de Lousios
J’arrive enfin à mon étape suivante, les gorges de Lousios. Ces belles gorges où coule la rivière Lousios sont aussi connues pour abriter un des plus célèbres monastères de Grèce. Pour y arriver, vous avez deux options. Soit vous garer au parking situé au nord des gorges, juste devant le Monastère du Nouveau Philosophe, soit vous garer au sud des gorges, sur le parking de la petite église de la Transfiguration. Comme j’arrive par la route du nord, je choisis donc la première option. Ce « nouveau » monastère date du 17e siècle. Il remplace l’ancien monastère du Xe siècle dont les ruines à flanc de falaises sont encore accessibles un peu plus loin (ce jour là, le chemin était bloqué à cause des risques d’éboulements). Le nom de « philosophe » vient de son fondateur, qui était secrétaire (et philosophe) de l’empereur de Byzance. Je ne prends pas de photos en traversant la cour du monastère, car des moines orthodoxes étaient tranquillement en train de discuter sur une petite table, je ne voulais pas les déranger. Ils m’indiquent poliment la petite porte en fer qui permet de rejoindre le chemin de randonnée.
Le monastère étant perché au sommet de la falaise, la vue sur les gorges est splendide 🙂 Les gorges atteignent une profondeur de 500m et s’étirent sur près de 5km.
Tout au fond là-bas, accroché aux falaises, je distingue le but de cette petite randonnée qui prendra environ 2 heures aller-retour 😉
Il faut descendre beaucoup de marches, il fait terriblement chaud. Heureusement une bonne partie du sentier est à l’ombre de la végétation. Le chemin est agréable et passe d’un versant à l’autre une fois la rivière franchie au dessus d’un impressionnant torrent qui gronde.
Il y a régulièrement des superbes points de vue sur les Gorges de Lousios 🙂
Pour savoir si vous êtes bientôt arrivé, il suffit de tendre l’oreille. Quand vous entendez un chien aboyer, c’est que vous y êtes presque!
Le Monastère de Prodromos
Le chemin débouche sur cet incroyable monastère perché à flanc de falaise : le Monastère de Prodromos! Il date du XVIe siècle, quand des moines décident d’investir des grottes naturelles afin d’y construire un endroit encore plus à l’écart du monde pour pouvoir y prier en paix.
On peut y entrer librement (tenue correcte recommandée), l’accès est gratuit (il est généralement fermé de 13h à 17h). Vous pourrez vous y rafraichir à une fontaine, et peut être même un petit café et un loukoum de bienvenue offert par un moine 🙂 Le jour de mon passage, il y avait des cérémonies de baptêmes et je n’ai pas pu trop les quelques parties du monastères accessibles au public.
Pendant la période ottomane, le monastère servait d’école secrète pour préserver la langue grecque. De nos jours, une douzaine de moines vivent encore dans le monastère. À la fin des années 1960, des arbres fruitiers sont plantés, une petite ferme et un champ sont créés pour apporter l’autosuffisance alimentaire. En 1970, le monastère est raccordé au réseau électrique.
Quand on voit comment certaines parties du monastère tiennent encore debout, c’est un véritable miracle!
N’hésitez pas à prolonger la balade en suivant le chemin longeant la falaise (attention les pierres sont glissantes).
Tout au bout, vous arriverez à la petite église de la Transfiguration, là où se trouve l’autre parking pour accéder à ces gorges. Cette église date des années 1970 et n’est pas particulièrement intéressante. En revanche, elle est située sur un bord de falaise et vous offre un point de vue inégalé sur les Gorges de Lousios. Rien que pour ça, ça vaut le coup d’y aller 🙂
Ensuite, et bien il ne vous reste plus qu’à faire tout le chemin dans le sens inverse pour revenir jusqu’au premier parking 😉
Histoire d’agrémenter la balade, il est possible de se baigner dans la rivière Lousios. L’eau est (très) fraiche! Après l’interminable volée de marche pour rejoindre le monastère du Nouveau Philosophe, je salues les moines en tirant la langue (il fait chauuuuud) et je reprends la route.
Après 45min de conduite sur minuscule route de montagne étroite et sinueuse, je jette un dernier coup d’œil sur les gorges au loin.
Ensuite, j’arrive à un autre endroit que je vous recommande vraiment.
Le vieux pont en pierre d’Atsicholou
La route en direction du village de Karytaina traverse la rivière Lousios sur un pont moderne. Mais juste à côté se trouve un vieux pont en pierre datant de la période ottomane. C’est le vieux pont d’Atsicholou.
Je trouve ce vieux pont plein de charme et très photogénique. N’hésitez pas à vous arrêter à cet endroit pour faire une pause rafraichissante. On peut descendre sur la berge de la rivière. C’est littéralement enchanteur!
À ce moment là, j’ai vraiment trouvé que c’était la plus belle rivière du monde! On s’attend vraiment à voir surgir des nymphes comme dans les vieilles légendes de la Grèce antique. Vous l’aurez compris, j’ai adoré cet endroit ! Coup de cœur 🙂
Mégalopolis
Je fais ensuite une halte dans la grande plaine du fleuve Alphée pour m’arrêter à Mégalopolis. En fait, le nom de cette ville est tellement incroyable que je tenais absolument à y passer! Son nom signifie littéralement ‘grande ville’ en Grec, ce qui a donné le mot mégalopole. Cette cité a été fondée en – 371 pour contrer l’expansion de Sparte. Ce n’était pas du tout la plus grande ville de Grèce (mais elle avait un des plus grands théâtres avec 20.000 places assises). Elle a survécu un millénaire avant d’être détruite et abandonnée lors des invasions slaves du VIIe siècle. Des siècles plus tard, un petit village nommé Sinanou reprend forme sur les ruines, puis la petite ville retrouve son nom Mégalopolis après la guerre d’indépendance. De l’antique cité grecque il ne reste pratiquement rien. La visite de la ville n’est donc pas très intéressante. J’en profite surtout pour me rassasier au petit restaurant de grillades Mpagiátiko (Archeou Theatrou 14), des gens sympas, bon et pas cher, miam! En quittant la ville je découvre alors la grande mine de lignite (une sorte de charbon) à ciel ouvert qui est exploitée depuis les années 1970. Elle alimente une grande centrale thermique. Le décor est incroyable, le sol est retourné, creusé jusqu’à l’horizon. C’est lunaire. Des tuyaux, des tapis pour le minerais et d’énormes engins de chantier partout. Et la petite route passe au milieu de tout ça. S’il n’y avait pas eu tous les camions de chantier et la poussière, je serais bien resté à prendre quelques photos.
L’église miraculeuse Agia Theodora
Après environ une heure de route j’arrive à la prochaine étape, le minuscule village de Vasta. Ici c’est un endroit miraculeux! La petite église Agia Theodora mérite en effet le détour. La légende autour de cette église commence il y a un millénaire, sous la domination byzantine. Chaque famille devait fournir un garçon à la milice locale pour défendre les villages contre les brigands. Si les familles n’avaient pas de garçons, ils devaient engager un mercenaire. Dans une famille très pauvre, il n’y avait qu’une fille, Théodora. Pour éviter des ennuis à ses parents, elle décide de se déguiser en homme, et s’engage dans la milice sous le nom de Théodore. Elle, ou plutôt il, devient rapidement très populaire grâce à son courage et sa beauté. On lui confie la garde et la protection d’un couvent. Une des nonnes tombe amoureuse de Théodore. Comme Théodore refuse ses avances, la nonne décide de se venger en allant dans les bras d’un autre soldat et finit par tomber enceinte. Elle accuse alors Théodore en disant qu’il est le père de son enfant à venir. Théodor(a)e ne cherche pas à prouver son innocence, car elle ne veut pas de représailles contre sa famille, et elle ne peut toujours pas épouser la nonne pour se racheter puisqu’elle est une femme. Les autorités ordonnent donc sa décapitation. Juste avant sa mort, elle aurait dit « que ma tombe soit une église, mes cheveux des arbres, mon sang une rivière ».
C’est après sa mort qu’on découvre qu’elle était une femme. On l’enterre à la sortie du village et une petite chapelle est érigée sur sa tombe. Avec le temps, pas moins de 17 arbres poussent sur cette chapelle. Ils mesurent près de 20m de haut et pèsent plusieurs tonnes. Et pourtant la petite église tient toujours debout. Encore plus incroyable, il n’y a aucune racine visible! Que ce soit à l’extérieur ou à l’intérieur de l’église, il n’y a rien!
Une étude récente a permit de démontrer que les racines se sont frayées un chemin à travers les interstices des pierres mais sans détruire le minuscule bâtiment. Ce qui est un véritable miracle!
Theodora est célébrée comme une sainte le 11 septembre. Ce jour là, c’est un véritable pèlerinage de plusieurs milliers de croyants qui affluent de toute la Grèce pour la prier et espérer obtenir un miracle. Ce lieu est véritablement incroyable et attire continuellement des croyants et des curieux. Vous aussi vous n’en croirez pas vos yeux en pénétrant à l’intérieur de cette église miraculeuse 🙂
Les oliviers!
Une dizaine de kilomètres plus loin vers le sud, quand la route redescend vers la plaine, je suis saisi par ce panorama incroyable.
La plaine est recouverte de plantations qui s’étendent jusqu’à l’horizon! Des oliviers par milliers, par millions même, à perte de vue!
C’est toute cette région qui produit les fameuses olives de Kalamata.
La lagune de Gialova
Après plus de 100km de route en direction de Pylos, j’arrive sur la côte ouest du Péloponnèse, dans une zone préservée et protégée Natura 2000. C’est la lagune de Gialova (aussi connu sous le nom de lagune de Divari).
Cette zone humide est un véritable paradis pour les oiseaux (258 espèces répertoriées dont des espèces rares) et c’est aussi un paradis pour les moustiques… On y trouve aussi le caméléon africain. C’est d’ailleurs le seul endroit d’Europe où on peut observer cette espèce en liberté dans la nature.
Une longue piste sableuse longe la grande plage de Divari qui donne sur la baie de Navarin.
Du sable fin, une eau transparente, de la belle nature, et beaucoup de place! C’est presque un véritable luxe en Grèce 😉
Il est facile de se garer à peu près où on veut. Je profite de cette belle fin d’après-midi avec un grand plaisir 🙂
Un peu plus loin se cache un autre trésor : la plage de Voidokillia. Avec sa forme originale en fer à cheval, c’est sans aucun doute une des plus belles plages de Grèce 🙂
Des dunes de sables blancs en font le tour, l’eau est transparente et peu profonde. Elle est magnifiquement préservée car il n’y a aucune installation ou bar de plage, et le village le plus proche est à 2km.
(Elle n’a peut être qu’un seul défaut, les moustiques)
Pour rejoindre cette sublime plage, il faut contourner un imposant massif rocheux d’une hauteur de 200m à l’entrée de la baie. Au sommet on y trouve le Château du Vieux-Navarin, ou Navarino. Cette forteresse a été construite par les Francs en 1280, puis a changé de propriétaires à de nombreuses reprises au cours des siècles. Il n’en reste plus que des remparts en ruine. L’accès est libre mais la visite est en théorie interdite à cause des risques d’éboulements.
Il y a un autre site curieux sur ce massif rocheux : la Grotte de Nestor. Selon la légende, c’est dans cette grotte qu’Hermès aurait caché les 50 bœufs volés à Apollon. L’intérieur de la grotte n’est pas très intéressant, son principal intérêt (en plus de la légende mythologique), c’est que son ouverture donne directement sur la belle plage de Voidokillia.
Il est temps de rejoindre mon logement du soir, à 1h de route. J’arrive dans la petite localité d’Agios Andreas, donnant sur le golfe de Messénie. Je loge au Sarantakis apartments, un chouette endroit que je recommande vraiment. Des chambres immenses avec terrasses, un jardin privatif et calme, et un accès à une petite plage privée. C’est parfait! 🙂
Pour le diner, c’est très simple, à seulement deux minutes à pieds, il y a le restaurant Jamas. J’y ai sans doute mangé mon meilleur repas de ce roadtrip en Grèce 🙂 Cuisine familiale, un accueil et un service adorable, tout était frais et bon. Vraiment une belle adresse!
Nouvelle journée dans la belle ile de Leucade, avant de reprendre la route pour ce road trip en Grèce. La prochaine étape du trajet sera de rejoindre la péninsule du Péloponnèse dans le sud du pays, et en particulier le célèbre site d’Olympie! 🙂
Le saut de Leucade
Tout d’abord, direction la pointe sud de Leucade. Ici se trouve un site connue depuis l’antiquité appelé le Saut de Leucade.
Selon une ancienne légende, les amants qui n’étaient pas aimés en retour, se jetaient de désespoir depuis la falaise. S’ils survivaient, ils étaient guéris de cet amour malheureux. Quand on pense que la falaise mesure 72m de haut, on se doute que le taux de survie ne devait pas être très élevé. Heureusement cette tradition remonte loin dans le passé. Sinon, vous pouvez juste venir ici car c’est joli 🙂
Le phare Akrotiri a été construit au sommet de la falaise en 1913.
Après cette chouette balade matinale, il est temps hélas pour moi de quitter cette belle ile de Leucade. Direction le Péloponnèse. Hop en route pour environ 2-3h et 200km de trajet!
Le Pont Rion-Antirion
Pour rentrer dans la péninsule du Péloponnèse, je choisi de passer par le grand pont Rion-Antirion, qui comme son nom l’indique, rejoint les villes d’Antirion (côté Grèce continentale) et Rion (côté Péloponnèse). Une fois qu’on a payé le péage (14.70€), hop en 5 minutes on est de l’autre côté! Si vous n’êtes pas pressé, vous pouvez prendre l’autre option qui consiste à traverser en ferry. C’est moins cher que le pont et la traversée dure 26 minutes. En bonus, vous aurez aussi l’occasion de découvrir cette merveille d’ingénierie sous toutes ses coutures.
Ce gigantesque pont à haubans est en effet une fierté pour les Grecs. Il est achevé en 2004 pour les JO d’Athènes. Il mesure 2.8km de long et son point culminant est à 163m de hauteur. C’est le troisième plus grand pont à haubans du monde derrière le viaduc de Millau et un pont en Chine. Ce pont a entre autre été conçu pour résister à un tremblement de terre de magnitude 7, ainsi qu’à un choc frontal contre un pétrolier et il peut s’adapter à la tectonique. En effet le Péloponnèse s’éloigne de la Grèce d’environ 8mm par an et le pont est capable de s’étirer! Mais jusqu’à quel point? mystère!
Patras
Peu après la traversée du pont, je décide de faire une petite pause dans la ville côtière de Patras pour visiter la plus grande église de Grèce! Il s’agit de la Basilique Saint-André-Apôtre de Patras. Elle est inaugurée en 1974. La basilique a une capacité de 5500 places assises. Le dôme mesure 50m de haut avec une croix en or de 5m au sommet. Il est entouré de 12 autres dômes symbolisant les douze Apôtres de Jésus.
Selon la légende, André, un des douze apôtres de Jésus aurait fini crucifié en martyr à Patras en l’an 60. Son corps a ensuite été transporté à Constantinople, puis Rome. Son crâne était d’ailleurs une des reliques les plus importantes de la basilique Saint-Pierre de Rome jusqu’en 1964. En effet, cette année là, le pape Paul VI décide de rendre le saint crâne à la ville de Patras. Il est maintenant conservé dans la basilique, dans un très joli reliquaire en argent.
Le grand lustre qui pend du plafond peint et particulièrement imposant!
Le centre ville n’offre pas grand chose à voir. Patras a été presque entièrement détruite en 1821 durant la guerre de d’indépendance des Grecs contre l’empire Turc. C’est une ville moderne avec un important port industriel. Il faut tout de même noter le musée archéologique de Patras. Il est réputé et c’est parait-il le deuxième plus grand de Grèce après celui d’Athènes. Mais je n’ai pas trop le temps pour le visiter (un musée archéologique, j’y passe des heures!). Sur les hauteurs qui dominent la ville, on peut aussi visiter les ruines de l’ancienne forteresse du VIe siècle et les quelques ruelles du Patras historique autour.
Je décide donc de faire une bonne pause déjeuner dans une petite taverne de rue 100% locale. Le resto Tzelos mezeklikia(Riga Fereou 171). Chouette accueil, ambiance familiale, plein de bons petits plats à grignoter, pas cher, bref une adresse cool comme on les aime 🙂
Je ne m’attarde pas trop car il me reste encore une bonne centaine de kilomètres et environ deux heures de route avant de rejoindre la prochaine étape de ce roadtrip : un des sites les plus connus de Grèce!
Olympie
Me voici arrivé à Olympie et je suis assez surpris : c’est minuscule! C’est un tout petit village composé de quelques rues et il ne doit pas y avoir plus de 1200 habitants. Ce village « moderne » n’existe administrativement que depuis 1908. C’est assez curieux quand on sait qu’il est collé à l’un des sites archéologiques les plus célèbres du monde. En fait dans l’antiquité, Olympie n’a jamais été une ville ou une cité, mais un sanctuaire, uniquement habité par des prêtres et le personnel des temples.
J’arrive donc dans l’après-midi dans cette petite bourgade perdue au milieu de la campagne, et je m’arrête à mon logement. C’est le petit Hôtel Hermès, juste à l’entrée de la ville sur la route principale. C’est un hôtel simple qui n’a pas bougé depuis les années 1970. Tout est d’époque haha Une chambre plus que basique et tarif plus que pas cher. Pour une nuit, ça suffira. Je file ensuite à pieds jusqu’à l’entrée du site archéologique d’Olympie, situé à quelques minutes de marche. Au cas où, il y a un grand parking gratuit juste à l’entrée du site 🙂
Après avoir traversé le pont métallique enjambant le ruisseau qui délimite le site Olympique, je me dirige à l’entrée du musée pour prendre le billet combiné 12€ (site + musée) et je me dirige vers le sanctuaire. Le site d’Olympie est occupé depuis des millénaires et on sait qu’il était plus particulièrement dédié à Zeus, le roi des dieux de l’Olympe.
Alors comme le sujet m’intéresse, je vous fais un « petit » résumé des Jeux Olympiques dans l’Antiquité 🙂 Dans la mythologie, le héros Héraclès aurait instauré la tradition des Jeux Olympiques (et de la trêve qui l’accompagne). Ces jeux perdus depuis des siècles sont repris officiellement en l’an -776 par le roi Iphitos. Tous les quatres ans, on fait annoncer dans toute la Grèce que les jeux vont avoir lieu et que c’est le début de la trêve sacrée. Toute attaque est punie d’amende et la cité-état prise en faute est exclue des jeux. Les athlètes ont un mois pour rejoindre le site et s’entrainer avec les autres participants. Une véritable foire est alors organisée autour des jeux. Les artistes poètes, les sculpteurs et peintres de toute la Grèce viennent exposer et se montrer. Le public afflue en masse. Les esclaves et les barbares (les non-grecs) peuvent aussi assister aux Jeux, mais pas les femmes. Elles ont leur propres jeux réservés, les Héraia. Les athlètes font un serment devant la statue de Zeus avant de se préparer pour les épreuves qui s’étalent sur 7 jours. Les épreuves sont composées de courses hippiques (en char et aussi à dos de cheval, sans selle ni étrier), et d’épreuves gymniques où les athlètes sont complètements nus et la peau enduite d’huile. On y retrouve l’épreuve du pentathlon (lancer du disque et du javelot, saut en longueur, course et lutte). L’épreuve reine des jeux, c’est le Stadion, l’équivalent du 100m moderne. C’est la course la plus rapide pour couvrir la longueur d’un stade, soit 192m. Le vainqueur donne alors son nom à l’olympiade. Le grand stade d’Olympie pouvait accueillir 40.000 spectateurs!
Les épreuves de lutte sont très populaires, tout comme le pugilat qui ressemble à la boxe anglaise, où on doit mettre KO son adversaire par des coups à la tête. Il y a aussi l’épreuve du pancrace où on peut tout faire pour mettre son adversaire hors de combat, sauf mettre ses doigts dans ses yeux, le mordre ou tirer sur ses parties génitales. Bref, un peu l’ancêtre du MMA 🙂 Il y avait aussi une course en armes où les athlètes doivent courir deux tours de stade avec un casque et un bouclier. Seul le vainqueur de chaque épreuve a droit au bandeau de la victoire et au tour d’honneur sous les acclamations de la foule en délire. Il n’y a pas de récompense pour le deuxième et le troisième. À la fin des jeux, chaque vainqueur d’épreuve reçoit une couronne d’olivier lors d’un grand banquet. Les poètes chanteront leurs exploits à travers les contrées, et une statue en leur honneur est dressée sur le site d’Olympie.
De retour dans leurs cités, les athlètes porteurs de la couronne d’olivier sont célébrés en héros et reçoivent richesses et privilèges. Leur prestige est tel que les cités rivalisent pour avoir plus le plus de champions à leur palmarès. À ce jeux là, c’est la cité de Sparte qui l’emporte sur les autres. Parfois, des cités n’hésitent pas à essayer de débaucher des athlètes étrangers ou à tenter la corruption et les pots de vin. Les athlètes pris en flagrant délit de tricherie doivent payer une forte amende. L’argent récolté sert à ériger des statues à l’entrée du stade où on rappelle que tricher c’est pas bien et le nom des athlètes tricheurs est affiché et lu par tout le monde. Un véritable hall of shame! 🙂
Cette formule des Jeux Olympiques rencontre un vif succès et se répand dans tout le monde Grec. D’autres cités créeront aussi leurs propres jeux en copiant ceux d’Olympie. Mais c’est vraiment les Jeux d’Olympie qui sont les plus importants et les plus sacrés.
On a du mal à imaginer la splendeur des temples quand Olympie rayonnait dans le monde Grec. Par exemple, c’est ici que se trouvait une des 7 merveilles du monde : la grande statue de Zeus, en ivoire et en or, haute de plus de 12m et sculptée par Phidias! Elle était dans un temple immense dont il ne reste rien. La statue a plus tard été emportée par les romains jusqu’à Constantinople, et elle a hélas disparu dans un incendie.
Les jeux olympiques vont se dérouler pendant plus de mille ans sans interruption, jusqu’en l’an 393, quand l’empereur romain Théodose décide d’arrêter les traditions grecques païennes. Plus tard, en 426, les romains détruisent les temples. Enfin, un siècle plus tard, un séisme finira d’achever le sanctuaire d’Olympie et il restera plus qu’un champ de ruines laissé à l’abandon. Puis, tout le site disparait sous les sédiments au cours des siècles. Ce n’est qu’en 1829 que des fouilles permettent de redécouvrir les traces de l’antique Olympie.
Les objets découverts lors de ces fouilles sont maintenant entreposés dans le musée. Avec son look néo-classique épuré au milieu de la nature, il est très beau de l’extérieur. Et il est encore plus beau à l’intérieur!
Des milliers d’artefacts antiques ont été découverts lors des fouilles et on retrouve dans ce musée la plus grande collection de bronzes antiques au monde.
Parmi les chef d’œuvres présents, il y a deux grandes statues : Hermès portant Dionysos enfant sur un bras et la déesse de la Victoire Niké.
On retrouve aussi les deux frontons du grand Temple de Zeus, des ensembles de sculptures monumentales de 26m de long. Au moment de sa construction, le grand temple de Zeus à Olympie était le plus grand temple de Grèce! Le fronton ouest représente le banquet de mariage du héros Pirithoos et Hippodamie. Dans cette épisode de la mythologie, durant le banquet des festivité, parmi les invités, il y a des Centaures de la région. Ils deviennent rapidement complètement ivres à cause du vin et kidnappent la jeune mariée et ainsi que les autres femmes présentes au banquet pour abuser d’elles! Il s’en suit évidemment une terrible bataille avec d’un côté le héros (soutenu par Appolon, la grande statue centrale) et les Lapithes (la tribu de la mariée), et de l’autre côté, les Centaures.
Bien évidemment, les Centaures en prennent plein la tronche! On retiendra donc qu’il ne faut pas les inviter à un banquet de mariage pour ne pas gâcher la fête!
Le fronton du côté Est représente un des mythes fondateurs du Péloponnèse : la préparation de la course de chars entre le héros Pélops et le roi Oenomaos. La légende raconte que le roi Oenomaos, fils du dieu de la guerre Arès, reçoit un jour la prédiction qu’il sera tué par celui qui épouserait sa fille. Pour éviter ce fâcheux incident, il déclare publiquement qu’il donnera la main de sa fille à celui qui remportera la victoire dans une course de char face à lui. Possédant un char de combat et des chevaux imbattables, offerts par son père le dieu Arès, il remporte toutes les courses et tous les malheureux prétendants sont mis à mort.
Mais un jour, le héros Pélops se présente. Il est le fils de Tantale et un protégé de Poséidon. Il reçoit l’aide du dieu des mers qui lui offre des chevaux divins. Il va aussi soudoyer Myrtilos, le cocher du roi, qui va saboter le char de combat. Pendant la course, au moment où les adversaires sont au coude à coude, une roue du char du roi se détache, il chute et meurt trainé par ses chevaux. Pélops devient alors le nouveau grand roi et le Péloponnèse porte son nom 🙂
J’ai personnellement adoré la visite de ce musée que je vous recommande particulièrement!
Je fini cette belle journée à l’une des nombreuses terrasses de tavernes d’Olympie 🙂
… avant de rejoindre mon fabuleux hôtel Hermès. J’avais promis au vieux propriétaire de venir y manger le soir, car c’est son encore plus vieux père qui fait la cuisine! Autant vous dire que le cuisinier avait largement dépassé l’âge de la retraite mais il insistait pour continuer de faire cuire ses grillades. Ce n’était peut être pas le meilleur repas du monde, mais c’était très touchant. Je sympathise aussi avec un couple de voyageurs français et on passe toute la nuit à discuter, manger et trinquer 🙂 Du moins jusqu’au moment où le propriétaire nous demande de partir de table car il veut rentrer dormir haha. C’est donc avec le sourire que se termine cette nouvelle belle journée bien remplie en Grèce 🙂
Pour cette nouvelle journée de road trip en Grèce, l’objectif du jour est de rejoindre Leucade, une magnifique île grecque de la mer Ionienne, célèbre pour ses falaises de craie blanche et ses eaux turquoise. Contrairement à la plupart des îles grecques, elle présente la particularité unique d’être accessible en voiture depuis le continent. Alors j’en profite, hop en route! 🙂
Réveil à Menidi
Cette journée commence par un réveil agréable dans le petit village de Menidi. Après un agréable café sur la terrasse ensoleillée du Corali, le petit hôtel familial où j’ai passé la nuit, je prends la voiture pour grimper sur les hauteurs du village. Au niveau du terrain de football communal, il y a cette belle vue sur le Golfe Ambracique 🙂
La journée s’annonce excellente !
Petit bonus, il y a une curiosité insolite à découvrir cet endroit. Il s’agit d’un avion de chasse! Plus précisément un ancien Lockheed F-104G de la Force Aérienne Grecque!
Si vous êtes passionné par le sujet, sachez qu’il y en a d’autres exposés un peu partout dans le pays. Il y a même une liste disponible sur ce site.
Je reprends la route en direction d’un des joyaux de la Grèce, l’île de Leucade!
En réalité je devrais plutôt dire la presqu’île de Leucade, car depuis l’antiquité, elle est reliée au continent par un étroit passage au nord, qui permet de la rejoindre sans avoir à prendre un bateau.
Leucade, la ville
Quand on arrive sur l’ile de Leucade, on passe obligatoirement par sa capitale, la ville de Leucade (ou Lefkada) et ses 10.000 habitants. Cette cité a été fondée au VIIe siècle avant JC par les Corinthiens.
La balade dans cette ville ne m’a pas laissé un souvenir impérissable : beaucoup de monde, des embouteillages sur la route principale qui fait tout le tour de la ville, des boutiques pour touristes partout, un port de plaisance assez banal, un labyrinthe de petite ruelles sans charmes mais qui ont au moins le mérite d’être bien colorées.
Sur la colline qui surplombe la ville, vous pouvez visiter le monastère de Faneromeni. Il vaut le coup pour son joli parc où il y a même un minuscule zoo et un petit jardin botanique. Mais j’avoue qu’après avoir visité tous les monastères des Météores, j’étais un peu moins intéressé …
Leucade, la plage
Je m’enfuis rapidement de la petite ville car je ne suis pas venu ici pour ça. Direction la plage! Je longe donc la côte ouest de l’ile. C’est la plus belle côte, celle qui donne sur la Mer Ionienne, sur les grands espaces, sur les belles falaises et les plages de rêve! À environ 20min de route de la ville de Leucade, il y a le petit village Agios Nikitas que je vous recommande fortement!
Ce village pittoresque et touristique possède aussi une petite plage paradisiaque :Paralia Agios Nikitas 🙂 On rejoint cette plage à pied en quelques minutes depuis la rue principale bordée de tavernes et de terrasses.
Le plus dur sera d’arriver à se garer, les quelques places de parking au niveau de la rue principale sont toutes prises d’assaut. Mon conseil : se garer le long du mur en béton avant d’arriver au village.
Depuis la route un sentier mène directement à ce petit coin de paradis à l’écart de la foule, où vous pourrez vous baigner en toute tranquillité, dans une eau limpide au milieu des rochers 🙂
Bonus : il y a une autre plage secrète! La plage de Mylos. Elle se mérite d’avantage. Il faut grimper sur la colline et marcher environ 20min (ou prendre un bateau taxi pour 3 euros). En récompense, une belle grande plage entourée de falaises et ‘presque’ rien que pour vous 🙂
Leucade, les hauteurs
Le centre de l’ile est recouvert de montagnes. Sur ces sommets on trouve quelques villages perchés. Un des plus typique est celui de Karya. Il est réputé pour son artisanat autour de la dentelle. De nombreuses boutiques vendent les créations locales.
Ce qui fait aussi le charme de ce village c’est sans aucun doute sa grande et belle place centrale bordée de platanes. C’est réellement l’endroit idéal pour siroter un verre à l’ombre à la terrasse d’une des nombreuses tavernes 🙂
Urbex dans une ancienne base militaire
Près du village de Kyria, sur le plateau Agios Donatos, il y a un lieu insolite : une ancienne base militaire construite par les USA pendant la guerre froide en 1965. Le site est facilement accessible en voiture et vous pouvez explorer librement les lieux. C’est une des bases faisant partie du réseau « 486L – MEDiteranean COMmunications Troposcatter ».
Quatre grandes antennes en acier permettaient de communiquer avec des bases de l’Otan en Méditerranée. Elles sont regroupées par paires dans des directions opposées, une antenne pour émettre, une antenne pour recevoir.
En contrebas des grandes antennes, il reste les ruines du camp militaire qui abritait une trentaine de soldats. Après la chute du Mur de Berlin et la fin de la guerre froide, la base est abandonnée. Le site est rendu à l’état Grec et la population locale est venu récupérer tout ce qui restait. C’est une chouette visite insolite 🙂
La petite église du prophète Elias
À proximité du site de l’ancienne base militaire, il y a cette incroyable minuscule église isolée et perchée sur un sommet. La route qui y conduit n’est pas en très bon état, mais le déplacement en vaut la peine. Coup de cœur assuré!
L’intérieur de l’église est plus que sobre et minimaliste et comporte une unique fresque colorée sur un mur.
Depuis ce site d’exception, vous aurez une panorama à 360 degrés sur toute l’ile de Leucade.
C’est vraiment de toute beauté 🙂
Pour finir la journée en mode farniente, je rejoins l’hôtel Thalero Holidays Center(Ligia, Kariotes 311 00) au nord-est de l’ile. Belle chambre à prix correct, et surtout une grande piscine et un bar à cocktails 🙂
J’en profite jusqu’au coucher du soleil. Pour diner, je vous recommande le restaurant Koutouki, à quelques minutes à pieds à peine, le long de la route principale. C’est une belle taverne grecque traditionnelle, au service impeccable, avec de bonnes portions et des prix corrects.
Après une belle nuit, c’est reparti pour profiter de la beauté et des douceurs de l’ile de Leucade 🙂
La plage de Pefkoulia
Direction la plaaaage! 🙂 Je reprends la route en direction d’une plage que j’avais vu la veille, la grande plage de Pefkoulia au nord-ouest. La vue depuis la route sur les hauteurs, la plage, tout est magnifique!
La plage est facilement accessible en voiture. Un parking gratuit vous attend au pied de la falaise. Le passage à pied vers la plage se fait par la terrasse du bar-resto The Deck. La plage est divisée en deux parties. La partie gauche, c’est celle qui est organisée, avec les transats payants. La partie droite, la plus grande, c’est la plage libre et gratuite. C’est cette partie que j’ai choisi, avec une grande étendue de sable, où il y a de la place pour tout le monde et où on est au calme 🙂
Encore plus loin sur la droite, c’est la zone pour du camping sauvage à l’abri des pins et les naturistes. En bonus, de temps en temps, vous verrez des parapentes venir atterrir sur la plage! J’ai vraiment aimé cette plage pour sa tranquillité, son eau limpide et son côté nature. Petit coup de cœur 🙂
Panorama sur la Plage d’Egremmi
En suivant la côte vers le sud, c’est la zone des grandes falaises et des plages plus belles les unes que les autres, mais qui sont aussi de plus en plus difficiles d’accès. Depuis le point de vue aménagé en face du restaurant Taverna Oasis, vous aurez par exemple un panorama magnifique sur la plage d’Egremmi. Elle est classée dans le top 10 des plus belles plages du monde!
Cette plage se mérite : après un parking (payant 8 euros), il faut marcher 2km le long d’une route en pente à 15% (fermée à la circulation) puis emprunter un escalier vertigineux le long de la falaises avec 409 marches. Environ 30-40 min à l’aller, et au moins 1h30 au retour, et le tout sans ombre! Bon courage! 🙂 (sinon, la plage est aussi accessible en bateau)
J’ai préféré la voir depuis les hauteurs 😉
Café Panorama
En continuant la route vers le sud de l’ile, il y a un endroit qui ne paye pas de mine. Mais si on s’arrête, c’est le coup de cœur assuré 🙂 Ce lieu, c’est le Café Panorama. Dans un virage au bord de la route, il y a cette petite bicoque. N’hésitez pas, garez vous! Commandez un café glacé, une petite bière ou un petit quelque chose à grignoter. Il n’y a pas grand chose d’autre à commander, et c’est pas cher. Installez vous sur un tabouret et là, vous avez ça 🙂
Vous êtes littéralement perché complètement au dessus du vide, avec une falaise de plus de 100 mètres juste en dessous de vous! Ce n’est pas le moment de faire tomber quelque chose haha.
Pour info, c’est au niveau de la petite flèche jaune sur la photo!
Cette vue imprenable mérite vraiment une petite halte pour le plus beau café panorama 😉
Porto Katsiki
C’est LA plage la plus célèbre de Leucade, un peu plus loin sur la route : Porto Katsiki. Avec son étroite bande de sable sous des hautes falaises blanches et une eau bleu transparente, elle a tout pour faire rêver! 🙂 Elle est considérée comme une des plus belles plages du monde!
Derrière cette véritable image de carte postale, il y a le revers de la médaille. L’accès par la route est un véritable calvaire. Ca bouchonne, quasi impossible de trouver une place pour se garer le long de la route ou encore moins dans l’unique petit parking, où on vous demandera de payer au moins 10 euros de stationnement. Il faut ensuite prendre un escalier raide de 100 marches pour rejoindre la plage, où il n’y a pas d’ombre et où les rochers ont parfois tendance à chuter de la falaise. Enfin, l’unique bar de plage a la réputation d’être de mauvaise qualité et hors de prix, et enfin, il n’y a pas de toilettes. Pour couronner le tout, cette plage est aussi desservie par des bateaux de touristes qui déversent d’un seul coup des centaines de personnes. Les bateaux restent ensuite devant la plage avec de la musique à fond.
Si malgré tout ça, vous voulez toujours y aller, alors foncez! 🙂
Vasiliki
Quelques kilomètres plus loin se trouve le village de Vasiliki, à l’abri d’une très belle baie au sud de Leucade. L’endroit est populaire pour faire de la planche à voile grâce à un vent chaud qui se lève en fin d’après-midi. Malgré le vent, il n’y a pas de grosses vagues. Il y a une grande plage de petits galets avec une eau peu profonde. Attention tout de même si vous vous baignez à ne pas vous prendre une planche à voile dans la tête!
C’est dans ce charmant petit coin de paradis que je termine ma journée. J’ai choisi l’hôtel Katerina Lefkada. Belle piscine et joli point de vue en hauteur, mais la chambre est assez petite, et la route d’accès est vraiment étroite et difficile. Pour le dîner, je vous conseille le restaurant Maistros au bord de l’eau pour ses excellentes grillades de poissons. Après cette belle journée où j’ai totalement cramé à la plage, je m’endors dans les bras de morphée 🙂
Deuxième journée sur le célèbre site des Météores. Au programme, continuer la visite des monastères, puis partir vers l’ouest, vers la Grèce Occidentale. Des magnifiques site à découvrir, vous allez voir ça 🙂
Les Météores, la suite!
Après les différentes visites de la veille, je commence la journée avec la découverte du Monastère du Grand Météore. Il est fondé par Saint Athanase, un moine qui priait avec sa communauté au mont Athos au XIVe siècle. Comme les moines du mont Athos étaient souvent pris pour cibles par les pirates turcs, Saint Athanase décide de quitter les lieux pour trouver un nouvel endroit où se retirer pour prier. Il finit par découvrir le site des Météores où vivent déjà quelques ermites. C’est l’endroit idéal! Il s’installe sur le plus haut rocher et prie Dieu, loin du monde. D’autres moines le rejoignent. En 1382, il construit une église et instaure une vie monastique. Sa renommée va se propager dans toute la Grèce. C’est principalement grâce à lui que les moines affluent de toute part et que les autres monastères sont créés. Le monastère actuel est fondé en 1536, et la petite église initiale est conservée comme sanctuaire de la grande église.
C’est donc le monastère principal du site des Météores, c’est le plus grand, et c’est aussi le plus touristique… Après avoir gravi les 146 marches d’un escalier creusé en 1922, on domine tous les autres monastères depuis le sommet. Est-ce l’afflux des touristes dès le matin, une certaine lassitude après avoir visité les autres monastères la veille ? Toujours est-il que je n’ai pas été plus transporté que ça par le monastère du Grand Météore … je crois que la vie de moine, ça ne me fait définitivement pas rêver haha 🙂
Je fais d’ailleurs l’impasse sur un autre monastère, celui de Saint-Nicolas Anapafsas (le plus petit des monastères, et le plus proche du village de Kostraki). Après tout, 5 monastères visités sur 6, c’est déjà un bon score ! Il ne faut pas trop abuser des bonnes choses.
Après un dernier regard sur le très beau Monastère de Varlaam, il est temps de reprendre la route pour sillonner l’ouest de la Grèce continentale 🙂
Janina
Une centaine de kilomètres à l’ouest des Météores et de la ville de Kalambaka, se trouve la ville de Janina (ou Ioannina). C’est la ville la plus importante de la région d’Epire. Elle est située sur la rive ouest du grand lac Pamvotis. Sur ce lac se trouve une petite île. Cette ville, ce lac et cette île sont très connus en Grèce. Ils sont étroitement liés à l’histoire du célèbre Ali Pacha. Ce personnage d’origine albanaise, un peu brigand, un peu politique, à force d’alliances et de magouilles diverses, fini par obtenir le titre de Pacha en 1784. À l’époque la Grèce fait partie l’empire Ottoman, et à Constantinople le Sultan règne sur l’empire. Les Pachas sont des sortes de gouverneurs de provinces. Grâce à ce titre, son influence s’étend. À son apogée, il gouverne 2 millions d’habitants et plusieurs dizaines de milliers de troupes dans son armée. Il devient alors un interlocuteur des occidentaux qui voient en lui une possibilité de grignoter l’empire Ottoman. Ali Pacha s’imagine en effet un peu plus que Pacha et rêve même d’indépendance. Le nouveau sultan Mahmoud II ne voit pas du tout les choses de cette façon. C’est le début de la guerre ouverte en 1820. Les troupes du sultan assiègent la région et renversent l’armée d’Ali Pacha. En 1822, il se réfugie sur l’ile au milieu du lac. Des assassins finissent par le tuer et sa tête est ramenée en trophée à Constantinople. Cette guerre qui a mobilisée une bonne partie des troupes turques sera le point de départ de la Guerre d’Indépendance. Profitant de cette agitation, des révolutionnaires sèment le trouble et se révoltent. Cette guerre aboutira à l’indépendance de la Grèce en 1830, mais c’est une autre histoire 🙂
La route E92 qui passe sur les hauteurs au nord du lac permet d’avoir une belle vue sur ce lieu d’histoire 🙂
Au passage vous remarquerez ce petit ex-voto sur la photo. Il y en a partout sur les routes de Grèce. On les appelle aussi des afieroma. Ils sont parfois en forme de basilique en pierre ou en ciment, et parfois même décorés. Ils célèbrent à la fois le souvenir d’une personne décédée dans un accident de la route, ou au contraire quelqu’un qui a échappé à un accident, ou le culte d’un saint. Vous en verrez vraiment partout et je tenais à laisser un petit mot à ce sujet 🙂
Zagori
Ce mot étrange correspond à une zone située à une trentaine de kilomètres au nord ouest de Janina. La région montagneuse de Zagori est constituée de petits villages de pierres entourés de forêts sacrées et reliés entre eux par des chemins pavés, des escaliers et des ponts en arc. Cette unité culturelle autour du bassin de la rivière Vikos est même inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco!
La route qui grimpe vers cette région passe à côté d’une grande statue de 6m de haut, visible de loin. C’est le monument en hommage aux femmes Zagoria des montagnes du Pinde. Pendant la seconde guerre mondiale, en automne 1940, les troupes italiennes tentent d’envahir la Grèce en passant par l’Albanie. Les troupes grecques stoppent leur avancée dans les montagnes, dans la région de Vrysochori. Mais hélas, ils sont loin de tout ravitaillement possible. Ce sont finalement les femmes des villages, qui porteront sur leur dos, à travers les montagnes et dans la neige, les armes et les provisions nécessaires aux combattants, leur permettant ainsi de contrer victorieusement les armées fascistes. Ce sacrifice et cette bravoure des femmes est commémoré ici.
Et en plus, en vous arrêtant ici, vous aurez un très beau panorama sur la région!
En continuant sur la route, les superbes paysages de Zagori s’offrent à vous 🙂
Au loin on distingue le village de Monodéndri, la principale localité de la région.
Les Gorges de Vikos
Il y a de nombreuses manières de découvrir les Gorges de Vikos. Vous pouvez rejoindre le petit hameau de Vikos à une trentaine de kilomètres au nord, il donne droit sur l’entrée des gorges. De là, vous pourrez suivre un sentier de randonnée le long de rivière Voïdomátis qui coule au fond du canyon, avec son eau limpide et fraiche 🙂 Si vous voulez une option plus sportive, choisissez les marches de Vradeto. Après avoir traversé des vieux ponts ottomans en pierres avec leurs arches typiques de la région (dont le fameux pont Kokkori), vous grimperez la falaise en suivant un antique escalier (1100 marches, 39 virages, 250m de dénivelé!). Cette randonnée vous conduira au point de vue de Beloi. Il existe une option plus tranquille, c’est celle que j’ai choisi 😉 Il suffit de continuer la route unique qui traverse le village de Monodendri en direction du point de vue Oxya.
En prenant cette option, n’oubliez pas de vous arrêter à la forêt de pierre. Ce site naturel est juste au bord de la route, dans un virage. Vous découvrirez un incroyable labyrinthe de formations rocheuses aux formes improbables.
C’est vraiment un très chouette endroit à découvrir! 🙂
Deux kilomètres plus loin, la route se termine sur un petit parking. Enfin, après quelques minutes de marche, on débouche sur ça! BIM !
Le point de vue Oxya sur les Gorges Vikos est sublime! 🙂
Si vous êtes sensibles au vertige, ne vous avancez pas plus loin, car le petit sentier continue à flanc de falaise, et sans aucune sécurité. Vikos est classée par le Guinness des records comme la gorge la plus profonde du monde par rapport à sa largeur!
Ce grand canyon s’étend sur 10 km, entre Monodendri et Vikos. Les parois à pic peuvent atteindre une hauteur maximale de 1200m!
Ce site peu connu mérite laaaaargement le détour dans un roadtrip en Grèce! 🙂
Après en avoir pris plein les yeux, je reprends la route vers le sud. Direction du sud-est pour traverser le Parc National de Tzoumerka.
Le Parc National de Tzoumerka
Ici, d’autres merveilles vous attendent sur la route. Par exemple, depuis le petit village de Kalentzi, une piste vous amène à proximité de la belle cascade de Klifkis. Ce site naturel se mérite car si la descente est facile, la remontée sera bien plus pénible (se renseigner avant au village pour savoir s’il y a du débit, et là, il n’y avait pas d’eau du tout snif).
En chemin, vous pourrez avoir ce beau point de vue sur le canyon d’Arachtos. En tournant la tête sur droite, c’est la vallée de Tzoumerka. On distingue bien le grand massif montagneux qui s’étire sur 40km de long et qui forme une frontière naturelle entre l’Épire et la Thessalie.
En plein cœur de ce massif, il y a un site naturel que je voulais découvrir : les grandes cascades de Tzoumerka, qui sont situées sur les hauteurs à une altitude de 1360m. Hélas, en me rapprochant de plus en plus du site, je croise plusieurs personnes qui me confirment qu’elles sont complètement à sec. Petite déception … Je m’évite finalement ce détour supplémentaire dans la montagne et je reprends la route vers le sud en direction de l’Epire et de la ville d’Arta. En tout cas si la chance est avec vous, vous pourrez découvrir les plus belles cascades de Grèce 🙂
L’aqueduc romain de Nikopolis
En arrivant à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de la ville d’Arta, il y a une curiosité à découvrir : l’aqueduc romain de Nikopolis. Ce site est juste au bord de la route E951, mais il n’est presque pas indiqué, alors ne loupez pas la sortie. Nikopolis est une cité fondée par l’empereur romain Octave pour célébrer sa victoire à la grande bataille navale d’Actium en l’an -31 dans le Golfe Ambracique pas très loin d’ici (où il affrontait Marc-Antoine et Cléopâtre). Cette bataille lui ouvrira la voie au titre d’Empereur Romain.
L’aqueduc (qui faisait partie d’un réseau long de 50km) permettait d’alimenter en eau potable la cité de Nikopolis et ses 150.000 habitants!
Cette merveille d’ingénierie romaine a traversé les millénaires sans trop de dégâts. Vous pourrez vous approchez au plus près de ces arches en briques romaines qui enjambent la jolie rivière Louros.
Les collines rouges de Kokkinopilos
Juste à côté, il y a une curiosité à découvrir! Un peu plus loin, garez vous sur la route, au niveau d’un petit parking, à côté du tunnel creusé sous la montagne (dans le prolongement de l’aqueduc). Depuis ce parking, une dizaine de mètres à gauche du tunnel, vous verrez un petit escalier qui grimpe dans la végétation. Après quelques minutes de marche, le chemin se dégage et débouche sur les collines rouges de Kokkinopilos 🙂
La couleur de ces étranges collines est due à de l’argile rouge et de l’oxyde de fer présent en quantité dans le sol de la région.
Le temps et l’érosion a transformé ce plateau en une succession de petites collines, de ravines, avec des ilots de végétations ici et là.
Ce site naturel insolite mérite le détour 🙂
Menidi
Pour finir cette longue et belle journée, j’ai choisi le petit village balnéaire de Menidi situé au bord du golfe Ambracique. Le village date des années 1950 et l’ambiance y est calme et paisible. J’ai choisi une chambre dans le petit hôtel familial Corali (Coastal Road, Menidi 300 16, Grèce), situé juste au bord de l’eau. Bel accueil, propre et pas cher, je recommande.
Après avoir profité de la grande terrasse rooftop pour le sunset, je me promène le long de la petite marina et je m’arrête à l’Ocean Cafe, un bar de plage comme il en existe des milliers.
Petite soirée sympathique : burger, bières et match de foot à la télé, et en prime un politicien en campagne qui vient me serrer la main avec tout son staff (je ne comprenais rien du tout, c’est le patron du bar qui m’a expliqué ensuite haha).
Nouvelle étape de ce road trip en Grèce. Le programme du jour, c’est rejoindre le célèbre site des Météores depuis la petite ville de Litochoro au pied du mont Olympe. Il me faudra environ 3h de route. Je ne prend pas l’itinéraire le plus rapide (en 2h) qui passe au sud du massif du mont Olympe car les routes sont impraticables suite à des récentes inondations. Je dois donc prendre un itinéraire qui contourne le massif par le nord. Ce sera l’occasion de découvrir des endroits splendides! 🙂
La Cascade Orlias
La première petite merveille sur la route se trouve sur les contreforts du Mont Olympe, à la sortie du village de Dion. Il faut se garer le long de la route en montée. Ce n’est pas très bien indiqué, alors voici exactement l’endroit, cliquez ici.
Après seulement quelques minutes de marche, on découvre la cascade d’Orlias. Il s’agit en fait de plusieurs belles cascades facilement accessibles. Le site est magnifique! L’eau est bien trop fraiche pour s’y baigner ce matin haha.
Si vous en voulez encore plus, vous pouvez suivre le chemin de randonnée qui remonte le canyon. Après une heure de marche vous arriverez devant une autre cascade de 20m de haut! 🙂 Personnellement, je n’avais pas envie de marcher d’avantage ce matin après ma longue randonnée de la veille sur le mont Olympe.
Alors je reprends la route car les Météores m’attendent!
Je suis les indications du GPS à travers les petites routes de campagnes qui contournent le mont Olympe par le nord. Le paysage est toujours aussi beau!
Le hasard de la route fait bien les choses, j’arrive sur une nouvelle pépite (précisément ici 40°12’45.1″N 22°19’05.6″E). Je suis vraiment tombé sous le charme de ce petit coin de nature, avec cette belle rivière juste au bord de la route 🙂
La route débouche ensuite sur la grande plaine de la Thessalie avec le fleuve Pénée qui serpente au milieu. Cette région est le grenier à blé de la Grèce.
Les Météores
J’arrive enfin à la petite ville de Kalambaka, au pied des fameuses Météores! Pour le logement, j’ai choisi de m’écarter un peu du centre ville bruyant et sans charme de Kalambaka. Juste à côté se trouve le petit village de Kastraki, bien plus agréable 🙂 Je vous conseille le petit hôtel Zozas Rooms(Patriarchou Dimitriou, Kastraki 422 00). C’est vraiment pas cher, le hall d’entrée vaut le détour (haha) et les chambres ont une très belle vue sur les Météores.
Les Météores c’est quoi ? Il s’agit de grandes formations rocheuses formées de « poudingue » (une roche composée d’un amalgame de galets et de ciment sableux). Selon la légende, elles auraient été envoyées depuis le ciel pour permettre aux croyants de s’y retirer pour prier, d’où leurs noms de « météores ». Etrangement, il n’y aucune trace de sanctuaire de la Grèce antique ici. C’est à se demander pourquoi les grecs de l’antiquité n’ont pas utilisé ce site naturel incroyable? Ce n’est qu’après l’arrivée de Saint Athanase au XIVe siècle que les sommets des Météores se couvrent de monastères perchés. Sur les 24 monastères existant au XVe siècle, il n’en reste plus que 6. Les autres ont été abandonnés ou ont été détruits durant les guerres.
Visiter les Météores : infos pratiques
Visiter les célèbres monastères perchés des Météores, c’est facile, mais il y a quelques petites choses à savoir.
Le site n’est pas très étendu. Il peut même se visiter à pieds, mais très franchement, vous allez perdre un temps infini et marcher le long de la route, c’est pas très agréable. Il faut donc privilégier la voiture. Une petite route serpente sur les hauteurs et permet de rejoindre rapidement chaque monastère. Ils disposent tous d’un parking gratuit. S’il est rempli, ce n’est généralement pas compliqué de se garer le long de la route. Attention, les monastères ne sont pas tous ouverts les mêmes jours! Je vous conseille donc de passer au moins une nuit sur place pour pouvoir les découvrir. Cerise sur le gâteau, ça vous permettra aussi de voir un magnifique coucher de soleil 😉
Pour vous y retrouver, voici la liste :
Grand Météore
Horaire d’été: 9:00-15:00 Fermé le Mardi
Monastère de Varlaam
Horaire d’été: 9:00-16:00 Fermé le Vendredi
Monastère de Roussanou
Horaire d’été: 10:00-16:00 Fermé le Mercredi
Monastère Saint-Nicolas Anapafsas
Horaire d’été: 9:00-16:00 Fermé le Vendredi
Monastère Sainte-Trinité
Horaire d’été: 9:00-17:00 Fermé le Jeudi
Monastère Saint-Étienne
Horaire d’été: 9:00-13:20 & 15:30-17:30 Le Dimanche ouvre 9:30 – Fermé le Lundi
N’hésitez pas à vérifier les dates et horaires sur le site officiel. Après de longs calculs savants, j’avais choisi d’être sur place le mardi et le mercredi 😉
L’entrée des monastères est payante (3euros, prévoyez la monnaie) et il n’y a pas de visites guidées. Les femmes doivent porter une jupe et se couvrir les épaules et les hommes doivent porter un pantalon (cette règle n’est pas toujours systématiquement appliqué). À l’entrée, si vous n’avez pas la bonne tenue, on pourra vous prêter des vêtements adéquats à mettre par dessus les vôtres.
Le Monastère de Varlaam
Je commence ma découverte des monastères par celui qui est réputé le plus beau, le monastère de Varlaam 🙂
Le monastère porte le nom d’un moine qui s’est installé au sommet du piton rocheux au XIVe siècle et y a construit une petite église et une cellule pour prier. Le site est ensuite abandonné jusqu’à l’arrivée de deux frères qui lancent la construction du monastère en 1536.
Je découvre avec curiosité les mécanismes qui permettent depuis des siècles de transporter de la marchandises dans les monastères perchés : un treuil, un long câble et un filet. Le filet permet aussi de faire monter les moines ! 🙂 Il y avait aussi des échelles de bois. Tout ça parait tellement lointain et périlleux. Maintenant on y accède « facilement » en empruntant un bel escalier de 150 marches taillées dans la pierre.
L’église principale du monastère est dédiée à tous les saints. Elle est superbe avec ses boiseries, ses icônes brillantes et ses fresques magnifiques.
Il est en théorie interdit de prendre des photos dans le Katholikon (l’église principale du monastère) mais je crois que mon appareil s’est déclenché à l’insu de mon plein gré …
En dessous de l’église se trouve un petit musée. Une curiosité de ce monastère, c’est sa grande barrique en bois d’une contenance de 12.000 litres!
Visiter le monastère, c’est l’occasion idéale pour faire des emplettes et acheter des produits issus de l’artisanat des moines (une icone sacrée, un cadeau original qui fera toujours plaisir!)
On ne peut visiter qu’une petite partie du monastère. Le reste est réservé aux moines qui continuent de vivre loin de l’agitation du monde et de la foule des touristes.
Il faut avouer qu’ils ont bien choisi leur emplacement car la petite esplanade fleurie devant l’église est splendide 🙂
On profite évidemment de la vue sur le reste du site des Météores.
Malgré le nombre de visiteurs important, je trouve que ce monastère mérite vraiment une visite 🙂
Le Monastère de Roussanou
Je continue la visite avec le monastère de Roussanou. Ce petit monastère recouvre totalement le sommet du piton rocheux. Un grand escalier et deux petits ponts au dessus du vide permettent de s’y rendre. Avant, il fallait utiliser des échelles de cordes!
La partie visitable du monastère est vraiment minuscule. À la différence des autres monastère, il n’est pas tenu par des moines, mais par des nonnes.
Encore une fois, la vue est jolie, mais il n’y a vraiment pas grand chose à visiter dans ce monastère. N’ayez pas trop de regrets si vous ne le visitez pas 😉
Le Monastère Aghia Triada
La suite de la visite se déroule au monastère Aghia Triada, dit de la Sainte Trinité. Sa construction date de 1476 ce qui en fait le plus vieux des monastères des Météores. Il est sur un piton rocheux de 300m de haut. Sévèrement endommagé pendant la Seconde Guerre Mondiale, il sera sauvé de la ruine dans les années 1970.
Lui aussi n’était accessible que par des échelles de cordes ou le système du filet. Depuis 1925 un escalier de 140 marches rend la vie plus facile.
À noter, ce monastère dispose d’une innovation, il a aussi d’une sorte de télécabine 🙂
J’ai trouvé la visite de ce monastère très agréable. Il est plus grand et ouvert que les autres, et il y a moins de visiteurs. Après avoir dépassé le petit jardin on atteint la grande terrasse offrant un panorama sur toute la région, avec la ville de Kalambaka et le fleuve Pénée en contrebas.
Cette vue est vraiment magnifique. Ne serait-ce que pour ça je vous recommande cette visite ! 🙂
Le Monastère Agios Stefanos
Mon dernier monastère de la journée, c’est Agios Stefanos (Saint-Etienne). Il est situé à l’extrémité sud du site des Météores. C’est le seul monastère qu’on peut visiter sans avoir à monter de nombreuses marches. On y accède directement par un petit pont.
Le monastère renferme encore de nombreuses reliques et les décoration de ses deux églises sont très jolies. Peut-être à cause du grand nombre de visiteurs (sans doute lié à sa facilité d’accès), j’ai un peu moins aimé cette visite.
Je vous conseille tout de même de le découvrir 😉
Après la fermeture des monastères au public en fin d’après-midi, il est temps de vous préparer pour l’autre activité de la journée!
Le coucher de soleil aux Météores
Le coucher de soleil aux Météores, c’est presqu’un rituel obligatoire 🙂
Vous trouverez sans problèmes les 2 principaux spots pour profiter de ce spectacle. Ca se passe sur la route qui surplombe les Météores. Il y a deux éperons rocheux, vierges de monastères, où on peut venir s’installer confortablement. Le seul problème, c’est que vous ne serez pas le seul à avoir cette bonne idée. Les places pour se garer le long de la route sont rares et attendez vous à avoir du monde à vos côtés 🙂
Mes photos ne rendent pas justice à la beauté de ce moment. En tout cas je vous garantie que ce coucher de soleil mérite presque à lui seul le fait de rester au moins deux jours aux Météores 😉
C’est clairement magnifique!
Je vous montre tout de même l’envers du décor, avec la foule et les shootings photos, pour que vous ne soyez pas trop surpris une fois sur place 😉
Après avoir rassasié mes yeux avec ce magnifique moment offert par Dame Nature, il est temps de rassasier l’estomac! 🙂 Je choisi le petit restaurant situé juste à côté de mon hôtel. C’est le Stefanos Meteora Tavern(Eparchiaki Odos Kalampakas, Agiou Stefanou 17, Kastraki 422 00). C’est une petite taverne familiale avec un énorme barbecue en pierre pour y faire griller au feu de bois toutes les souvlakis que vous désirez. Un chouette accueil souriant, une bonne nourriture sans chichi, simple bon et pas cher, « what else » ! 🙂