Sauve et la Mer des Rochers

Je vous emmène à la découverte d’un joli village historique et d’une intrigante Mer de Rochers en pleine nature, ça vous tente ? Allons-y, hop en route! 🙂

Direction le village de Sauve dans le département du Gard à moins d’une heure de route de Nîmes, Alès ou Montpellier. À votre arrivée par la route de Quissac, garez vous sur le grand parking gratuit à l’entrée de la commune.

Le joli village de Sauve

Sauve est un village médiéval de caractère bâti contre la falaise du Coutach et bordé par le fleuve Vidourle. Il apparait au Xe siècle avec la puissante famille Sauve-Anduze et l’essor d’une abbaye (disparue depuis). Le village obtient rapidement un certain prestige. On y construit des remparts, des portes fortifiées, et le Pont Vieux sur le Vidourle. C’est d’ailleurs un des plus vieux ponts de France.

Le village traverse les époques (la lutte contre les Camisards résistants Protestants, les inondations du Vidourle et les destructions de la Révolution) sans trop de dégâts. C’est maintenant un endroit très agréable à visiter avec un petit air de village hors du temps 🙂

Perdez vous dans les ruelles en pente (quasi piétonnes), à travers les escaliers, les porches, les passages couverts. Sur l’espace occupé par l’ancienne abbaye et ses fortifications, vous découvrirez l’église Saint Pierre, la Tour de Môle (XIIIe siècle), la grande mairie au style néo-classique qui se prolonge sur une place de village incroyablement charmante. Depuis ce grand balcon, vous avez une belle vue sur le bas du village et le fleuve. C’est l’endroit parfait pour un petit apéro le soir sous les lampions du restaurant Le Bossens. Une excellente adresse que je vous recommande. Pensez à réserver ici 😉

J’ai une autre belle adresse à vous recommander pour manger, c’est le chouette resto La Servane, juste à côté du parking. On m’a aussi conseillé deux autres adresses que je n’ai pas pu tester, vous me direz si c’est aussi bon que ça en à l’air 😉 La première c’est le restaurant l’Ancienne Gare, qui se trouve justement dans l’ancienne gare de Sauve, datant de 1872. Si vous cherchez un excellent repas dans un décor insolite, c’est ici qu’il faut venir! La deuxième adresse, c’est Au Bon Jaja pour son côté charmant façon carte postale de place de village, et pour sa bonne cuisine!

Il n’y a pas que de la bonne nourriture à Sauve, Il y a aussi de la culture et de l’art! Le village est labellisé Ville et Métiers d’Art. Plus d’une trentaine de boutiques d’artisans, ateliers d’artistes et galeries d’art sont à découvrir! Parmi elles, petite mention pour la Galerie Vidourle Prix (4 Rue des Bourgardes), près du pont neuf. Si vous aimez la bande dessinée, il faut venir ici 🙂 Les dessinateurs de bd américains underground Crumb vivent en effet à Sauve (depuis l’élection de Georges Bush) et alimentent cette galerie – lieu de vie et de partage.

Le village de Sauve est aussi célèbre pour la fabrication de fourches en bois! Et oui, la fameuse « Fourche de Sauve » est le fruit d’un savoir-faire ancestral remontant au XIIe siècle. Pour la modique somme de 4 Eur, le Conservatoire de la Fourche vous permettra de découvrir tous les secrets (ou presque) sur l’art de faire pousser et tailler le micocoulier (un petit arbre), sélectionner les branches pour arriver à façonner des fourches à trois dents d’un seul tenant. Légère, souple et solide, la fourche de Sauve authentique se reconnait grâce à son espèce de petite cravate sombre réalisée en écorce, très chic.

Enfin, sur le chemin qui longe le fleuve, vous découvrirez les fontaines de Sauve. Il s’agit en fait de résurgences du Vidourle. Il perd une partie de ses eaux en amont à travers le terrain karstique. Après de fortes pluies, ces fontaines calmes ressemblent presque à des geysers!

➡️ Pour votre prochaine visite, plus d’infos sur le village et ses animations sur le site officiel.

La Mer des Rochers

Sur les hauteurs de Sauve on trouve le plateau du Coutach (ça se prononce « couta » pour faire local). C’est ici qu’il y a la fameuse Mer des Rochers. On y grimpe par un sentier bien indiqué depuis le village. La Mer des Rochers c’est un étonnant chaos calcaire, avec des grands rochers dressés un peu partout dans la végétation 🙂

L’aspect de la Mer de Rochers devait être bien différent en remontant dans le passé. Pendant des siècles, on cultivait des cerisiers, des figuiers et des micocouliers entre ces géants de pierre. La raison, c’est la « terra rossa », un terre argileuse très fine et très riche. Tout pousse ici, un véritable jardin suspendu. Mais l’exploitation de ces cultures devenant trop pénible, les habitants y ont mit fin. Depuis, la garrigue et les chênes verts repoussent un peu partout et réduisent d’autant plus la visibilité de cette Mer de Rochers

Différents tracés permettent de se balader dans ce dédale. Le sentier balisé en jaune est la boucle classique, comptez environ 45min de marche. On a toujours l’envie de grimper sur le premier rocher venu, tel un explorateur naufragé cherchant son cap dans cette région étrange 🙂

Je vous invite à vous éloigner un peu du sentier classique, en faisant une boucle un peu plus grande, vous pourrez ainsi découvrir le grand Aven de Sauve. C’est un gouffre impressionnant qui mesure 90m de diamètre et 40m de profondeur. Tout au fond, les spéléos ont exploré une petite grotte donnant sur un lac souterrain, qui alimente la fontaine de Sauve.

C’est magnifique mais c’est dangereux, les bords ne sont pas du tout sécurisés. Faites bien attention!

Vous passerez aussi à côté des restes du Château de Roquevaire. Il ne reste plus que des ruines, et une tour encore debout. Cette tour est aménagée et se trouve sur un terrain privé. On peut parfois la visiter lors des journées du patrimoine.

C’est une balade courte, insolite, dans un paysage qui sort de l’ordinaire. N’hésitez-pas, et allez explorer la Mer des Rochers à Sauve 😉

Les mystères de l’Abîme de Bramabiau

Niché en plein cœur des Cévennes gardoises se trouve un site naturel d’exception! Imaginez un canyon qui se termine par d’immenses falaises, et comme transpercées par une lame, une étroite faille verticale dans la roche. Et depuis les entrailles de la terre, une cascade jaillit par cette faille. Fantastique! Allons voir ça, hop en route 🙂

Direction le département du Gard et la petite commune de Saint-Sauveur-Camprieu, à 1h de route de Millau. Pour accéder à l’Abîme de Bramabiau, il faudra obligatoirement passer par l’entrée principale lors d’une visite guidée. L’accueil se trouve sur la route de Meyrueis (Coordonnées G.P.S: N.44°07.350′ E.3°28.815′). Il y a un parking gratuit, et possibilité snack / pique-nique, entouré d’une jolie nature 🙂

Un site naturel exceptionnel

Les origines de l’Abîme de Bramabiau, c’est le Bonheur 🙂 Ou plus précisément, il s’agit de la rivière du Bonheur. La source du Bonheur existe donc 🙂 Elle se trouve pas très loin d’ici, à proximité de la source du fleuve l’Hérault, près de la station de ski Alti Aigoual. Cette petite rivière du Bonheur parcourt quelques kilomètres avant de disparaitre mystérieusement sous terre à Camprieu. Quelques centaines de mètres plus loin, le sol de la plaine est effondré et laisse place à un canyon profond d’où surgit mystérieusement une rivière, baptisée le Bramabiau. Deux mystères, c’est bien mystérieux! Les habitants appelaient cet endroit le « bonheur des ténèbres », ils se doutaient bien qu’il devait y avoir un lien.

La traversée historique

En 1888, une étrange petite équipe venue de Paris arrive dans le village. À sa tête on retrouve Edouard-Alfred Martel, un jeune passionné d’exploration de grottes. Il a entendu parler de l’Abîme de Bramabiau et il compte bien s’y aventurer. Malgré les doutes des habitants, avec leurs échelles, cordes et un canoé, ils arrivent finalement à traverser cette faille insondable et remontent jusqu’à la Perte du Bonheur. Cette traversée réussie de 1300m dans les sombres galeries souterraines est immédiatement consignée dans un procès verbal à la mairie de Camprieu. C’est officiellement le premier acte de spéléologie au monde. Par la suite, Martel va explorer et découvrir de nombreux autres gouffres et grottes en France et dans le monde. Il est unanimement reconnu comme le père de la spéléologie. Martel décrit le site de Bramabiau comme « un caprice de la nature tel qu’on en connaît pas de semblable ». Au fur et à mesure des explorations suivantes, on découvre un véritable labyrinthe. De nos jours, près de 11km de galeries, grottes et cavités ont été répertoriées. On a aussi retrouvé des traces d’occupation durant la préhistoire avec des empreintes de pieds humains dans l’argile.

Visite le long de la rivière souterraine

Les premiers aménagements pour les touristes apparaissent en 1925. L’accès à l’abîme se fait uniquement par une visite guidée payante sur un circuit aménagé de 1km. Avant cette exploration, il faut acheter le billet (14 Eur) et prévoir un vêtement chaud, car la température est à l’intérieur est à 10 degrés seulement. S’il y a des grands orages et des fortes pluies, les visites n’auront pas lieu à cause des crues.

Depuis l’accueil, il faudra faire une petite balade d’un quart d’heure pour arriver à destination. On descend dans le canyon à l’ombre d’une foret de hêtres jusqu’à la rivière Bramabiau. En remontant le cours de la rivière, on entend peu à peu le bruit de la cascade. D’ailleurs, en occitan « bramabiau » se traduit par « boeuf qui brame », en référence au bruit assourdissant de la cascade quand les eaux en crue et amplifié par les parois du canyon.

Quand on arrive enfin au bout du canyon, c’est le choc! Une immense alcôve de pierre avec des falaises qui atteignent 100m de haut. On se sent tout petit! En plus du bruit de la cascade, on sent très clairement un souffle frais continue qui sort des entrailles de la terre.

La visite guidée à l’intérieur dure environ une heure. Le guide est plein d’humour, c’est réellement intéressant et passionnant (et expliqué avec l’accent du coin 😉 ). On franchit des passages vertigineux, et on a vraiment du mal à imaginer ce qu’à du être l’exploration il y a plus d’un siècle. C’est hyper impressionant!

Ce qui est impressionnant aussi, c’est la force de l’eau. On l’entend parfois rugir dans les profondeurs obscures. Mais lors des périodes de fortes crues, à certains endroits elle atteint presque le plafond et les infrastructures en métal et en béton armé sont arrachées par la violence de l’eau!

En bonus, lors de la sortie par un tunnel, on peut observer quelques traces de dinosaures! En fait lors du creusement du tunnel, quelques empreintes de dinosaures sont apparues dans les strates des voutes.

La visite de l’Abîme de Bramabiau, c’est vraiment une visite étonnante d’un site exceptionnel. Une sortie qui peut plaire à tout le monde 🙂

➡️ Pour les horaires et tarifs, plus d’infos sur le site officiel.

Ne manquez pas, à de 5min de marche de l’accueil, le long de la route, il y a un superbe point de vue panoramique sur l’Abîme de Bramabiau depuis les hauteurs. C’est splendide, mais suite à un problème technique j’ai perdu la photo …

À proximité

Si vous avez un peu de temps, il faut évidemment faire une petite marche pour découvrir la Perte du Bonheur. Cette étonnante et grande cavité rocheuse où disparait la rivière du bonheur est facilement accessible à pied (même souci technique pour ma photo hélas…). Elle se trouve à quelques centaines de mètres de l’accueil de l’abîme ou depuis le village de Campieu. D’ailleurs si vous vous arrêtez là-bas, je vous conseille absolument de manger à l’Auberge du Bonheur. C’est un régal, et un très bon rapport qualité prix !

Et bien évidemment, il faut aller au sommet du Mont Aigoual 🙂 Je vous explique tout ça sur cette page 🙂

Au sommet du Mont Aigoual

Partons à la découverte du Mont Aigoual, le géant des Cévennes! Situé à la frontière entre la Lozère et le Gard, c’est un des grands sommets emblématiques de cette partie du Massif Central. Vous allez voir que c’est une sortie qui vaut le coup! Hop en route 🙂

Le « toit du Gard » culmine à 1567m d’altitude. Son histoire est marquée par des siècles de surexploitation forestière, à tel point que pour la première fois en France, on s’est réellement rendu compte des conséquences et de l’impact négatif : une érosion majeure des sols et des crues catastrophiques. Il fallait réagir. À la fin du XIXe siècle, c’est l’ingénieur forestier Georges Fabre qui est en charge de la première opération de reboisement massive en France. Les pentes du mont se recouvrent petit à petit de forêts de châtaigniers et de hêtres, on retrouve même des cèdres de l’Atlas. L’équilibre délicat entre la biodiversité, le respect de la forêt d’origine et la rentabilité n’était clairement pas évident. Il n’empêche, ça a fonctionné. En plus de ça, l’aménagement du Mont Aigoual avec des nouvelles routes et la création de plusieurs arboretum en a fait un grand lieu touristique (et un petit paradis pour les botanistes). La forêt du Mont Aigoual est labellisée « forêt d’exception » 🙂

Plusieurs routes grimpent au sommet. Je vous invite à prendre la direction du village de l’Espérou. En sortant du bourg, vous passerez devant l’Office de Tourisme Mont Aigoual Causses Cévennes. N’hésitez pas à y faire un arrêt. Vous aurez toutes les infos sur les randos et activités du coin. Il y a aussi une grande boutique de producteurs locaux, de quoi se faire plaisir 😉

Juste après, dans la montée, profitez de ce très beau point de vue depuis le belvédère de la Serreyrède 🙂 Plus loin, la route passe par une petite station de ski, c’est Alti Aigoual, au lieu dit Prat Peyrot. Les infos tarifs, ouverture des pistes et tout le reste, c’est sur ce site.

Pour les curieux, la source du fleuve l’Hérault est d’ailleurs cachée pas loin, à une centaine de mètres, à gauche de la remontée mécanique. Rien de sensationnel à voir, mais pour info, c’est là 🙂 Et encore plus fou, non loin, il y a la véritable source du bonheur! Enfin, la source d’une petite rivière qui s’appelle le bonheur. C’est pas beau ça ? 😉

Quand on dépasse les 1500m d’altitude en arrivant sur la crête, l’environnement change radicalement. Fini les arbres, ici ce sont des grandes prairies sur un plateau. Les rares arbres sont petits et au ras du sol. Au sommet du mont Aigoual il y a souvent du vent, et du vent violent. La crête marque aussi la ligne de partage des eaux. Tout ce qui coule d’un côté de la montagne finira dans l’océan Atlantique, et de l’autre coté, dans la Méditerranée. Une fois garé sur le grand parking gratuit, on peut explorer le sommet et profiter de la vue 🙂 Quand le ciel est dégagé, on peut voir les Alpes, les Pyrénées, le Puy de Sancy et même la Méditerranée. Le quart de la France en faisant un 360 degrés! Mais il faut être chanceux, car le mont Aigoual est souvent dans les records de météo en France, et pas les plus agréables. Les masses d’air océaniques et méditerranéennes se rencontrent au sommet, et elles font rarement bon ménage. Les épisodes cévenols, ça vous parle ? Des terribles orages violents et des pluies véritablement diluviennes! Le Mont Aigoual, c’est l’endroit le plus arrosé de France! En moyenne aussi, 240 jours de brouillard par an, et un record de vent à 335km/h lors d’une tempête. Bon heureusement, ce jour là, il faisait beau 🙂

La webcam au sommet pour surveiller la météo est disponible sur ce site.

Le sommet du Mont Aigoual est occupé par une station météorologique. Sa construction qui a duré 7 ans a été très pénible à cause de la rudesse du climat. Inaugurée en 1894, elle ressemble à un château fort avec sa tour crénelée. Au sommet de cette tour se trouve une grande table d’orientation. La station du Mont Aigoual était la dernière station météo de montagne en France toujours occupée jusqu’à sont automatisation en 2023. Officiellement baptisé, « Le Climatographe », l’Observatoire du Mont-Aigoual peut se visiter 🙂 Pour un tarif de 9 Eur, vous avez accès à de grandes expositions vraiment intéressantes sur la météo et le changement climatique. Plus d’infos sur le site de l’observatoire.

Il y a aussi un petit restaurant adossé à l’observatoire. Pour boire une petit verre en terrasse au soleil, c’est parfait. Pour manger, un peu moins. Je vous conseille plutôt de faire un bon pique nique avec les produits locaux achetés plus bas sur la route.

Qui dit montagne, dit randonnées! Et dans les Cévennes, il y a une randonnée mythique sur le Mont Aigoual, c’est la célèbre randonnée des 4000 marches. Elle grimpe le versant sud, avec comme point de départ les marches du parvis de l’église de Valleraugue. Environ 1200m de dénivelé et 9km pour rejoindre le sommet (sans compter le chemin du retour ensuite haha). Bref de quoi se faire plaisir si on aime marcher. C’est parait-il à faire au moins une fois dans sa vie, il faudra donc que je revienne tester ça 😉

De façon plus simple et tranquille, depuis l’observatoire vous pouvez faire la jolie petite boucle de Trépaloup 🙂

C’est une balade facile qui prend moins d’une heure de marche, avec quelques jolis passage exposés 🙂

Dans cette partie de la montagne, la roche qui affleure à la surface est très particulière. Le granit laisse place à des feuillets de roches friables et brillantes. C’est de la micaschiste avec de nombreuses incrustations de mica et de quartz. Vous vous surprendrez à ramasser quelques cailloux en souvenirs!

Et ce panorama les amis, c’est tout de même fabuleux ! 🙂

Cerise sur le gâteau, vous passerez à côté du Menhir de Trépaloup, un menhir de schiste, isolé dans le plus beau des décors. À quoi pouvait-il servir il y a des milliers d’années ? mystère!

Sur le chemin vous croiserez aussi une des œuvres de land-art du circuit Les Balcons de l’Aigoual. C’est une boucle de 8km pour découvrir 12 œuvres d’art insérées dans la nature. Comme vous le voyez, il y a l’embarras du choix pour les randos et balades 🙂

À proximité

Quelques kilomètres à l’ouest du Mont Aigoual, il y a un superbe site naturel à découvrir. C’est l’Abîme de Bramabiau, et je vous explique tout sur cette page 😉

Balade au Cirque de Mourèze, Lac du Salagou et Canyon du Diable

Je vous propose une chouette balade pour découvrir trois sites naturels exceptionnels. Au programme, une mer de rochers aux formes étonnantes, un lac aux couleurs spectaculaires, et un canyon secret et insolite! Ça vous tente ? C’est parti, hop en route! 🙂

Pour la première étape de cette belle balade, direction le département de l’Hérault, et plus précisément dans la commune de Mourèze, à moins d’une heure de route de Montpellier ou Béziers. Ce joli petit village pittoresque est minuscule, la seule option pour se garer c’est le petit parking payant aménagé à l’entrée est (2€ pour 4h30, 3€ pour 6h30).

➡️ Plus d’infos sur le site web du village de Mourèze.

Le Cirque de Mourèze

Si ce village attire tant de visiteurs, c’est pour le célèbre Cirque de Mourèze. C’est un site unique en France! C’est un grand cirque dolomitique qui s’étend sur 340 ha. Et là on se demande « ça veut dire quoi dolomitique? » Ça veut dire que les roches sont principalement composées de dolomie. Et la dolomie, c’est un mélange de dolomite et de calcite. On est bien avancé haha 🙂 Il faut surtout retenir que c’est le résultat d’un dépôt sédimentaire d’anciens océans datant d’il y a plus de 160 millions d’années, que c’est riche en magnésium, et que l’érosion naturelle a éliminé les parties tendres et laissé les parties dures, ce qui donne ce paysage aussi particulier 😉

Le site du Cirque de Mourèze est habité par l’homme depuis la préhistoire. On pense même que certains rochers ont été creusé et taillé dans un passé lointain pour en exagérer leurs formes, en faire des refuges ou des sortes de rochers totems. Avec le temps, chaque rocher a reçu un nom bien à lui (la tête de mort, le sphinx, la demoiselle, les fées, le phallus, etc…).

On peut évidemment se perdre avec plaisir dans ce labyrinthe minéral. Il y a plusieurs sentiers qui serpentent au milieu de cette mer de rochers aux formes improbables. Certains suivent le tracé historique des anciens charbonniers qui transportaient leur combustible depuis le mont Liausson jusqu’à la route de Mourèze. Quelque soit votre choix, on ne peut pas vraiment se perdre, et cet espace est comme un grand terrain de jeux à explorer.

Il faut principalement retenir ces deux tracés :

  • le Parc des Courtinals : une boucle d’environ 2.5km qui vous prendra une petite heure de balade. C’est accessible à toute la famille et vous aurez accès à un très beau belvédère
  • le Cirque : c’est une boucle un peu plus longue et sportive. Elle passe par le mont Liausson. Il faut compter au moins 3h de marche pour faire les 8km (et 430m de dénivelé)

Jusqu’à une époque pas si lointaine, le cirque avait un véritable allure de désert! Mais dans les années 1970, le pastoralisme prend fin, les troupeaux ne mangent plus la végétation et la nature reprend ses droits. Vous aurez le plaisir de vous balader au milieu de romarins, de bruyères, de genévriers et d’arbousiers 🙂

➡️ Plus d’infos sur le site du Cirque de Mourèze.

Au nord du cirque, il y a la barrière naturelle du mont Liausson (523m). Au sommet se trouve les ruines de l’ancien ermitage Saint Jean (accès interdit à cause des risques de chutes de pierres). Juste de l’autre côté se trouve l’autre site naturel à découvrir 😉

Le Lac du Salagou

Nous voici maintenant au Lac du Salagou 🙂 C’est un lac qui s’est formé à la suite de la construction du barrage du Salagou à la fin des années 1960, sur la rivière du même nom. Avec ses 7km de long et 50m de profondeur, il joue un rôle économique important pour l’irrigation des champs, vergers et vignes. Mais c’est aussi un atout touristique pour le département! Car c’est un lac unique qui offre un paysage spectaculaire de collines rouges qui contraste avec le bleu du lac 🙂

Ce sol rouge si particulier, c’est les ruffes. Il s’agit de sédiments argileux datant de plus de 250 millions d’années. Ils sont très riches en oxyde de fer ce qui leur donne cette teinte rouge si particulière. On ne sait plus trop si on se promène sur la planète Mars ou au milieu d’un désert américain, et tout ça, en plein cœur de l’Hérault! 🙂

On trouve aussi d’anciennes traces d’activité volcaniques datant d’il y a 2 millions d’années au moins, comme des anciennes coulées de lave ou des cheminées basaltiques. Un bel exemple se trouve au neck de la Roque. Le rocher aurait même gardé des propriétés magnétiques datant de sa formation. Ça perturberait les boussoles parait-il, mais je n’ai pas pu le tester.

Le lac du Salagou, c’est aussi un bel endroit pour pratiquer plein d’activités comme la rando, du vtt (le tour complet du lac représente un circuit de 28km), du kayak ou paddle, etc. mais sur place il y a très peu d’infos ou d’infrastructures indiquées. Cette relative absence de sur-tourisme donne un caractère sauvage bien agréable au lac 🙂

Néanmoins, pour en profiter, je vous conseille plusieurs spots :

  • Le Parking de la Roque : pour découvrir le neck de la Roque ou grimper au sommet de la Sure (320m), une petite montagne colline issue de l’activité volcanique. Ce secteur possède aussi un beau sol où les ruffes rouges sont bien présentes 🙂
  • Vous détendre à la chouette Guinguette du Relais Nautique, à l’ouest du lac 😉
  • Au nord du lac, il y a le petit village fantôme de Celles qui devait être noyé par les eaux dans les années 1960. Ambiance étrange et paisible assurée!
  • Tout à l’est, il y a évidemment le barrage du Salagou
  • En longeant la rive sud, vous avez un chouette point de vue depuis le Mont Redon, et une petite base nautique à proximité du grand camping.
  • Vous pouvez aussi explorer la presqu’île de Rouens

La baignade est autorisée ainsi que la pêche (il parait que le lac abrite d’énormes silures). Bref le lac du Salagou, c’est un endroit à découvrir absolument si vous êtes dans le coin 🙂

Le Canyon du Diable

Tout près du Lac de Salagou, il y a un dernier endroit qui mérite vraiment le détour! Pourtant, il est assez peu connu. Il s’agit du Canyon du Diable! 🙂

Pour découvrir cet endroit étonnant au nom terrifiant, partez en direction de la commune de Saint-Jean-de-la-Blaquière, puis prenez la direction du hameau Les Marcassins. Une piste part sur la droite, roulez prudemment car elle n’est pas en très bon état. Enfin garez vous sur le bas côté, vous êtes arrivés!

Vous pouvez maintenant explorer ce paysage incroyable! Les terres rouges des ruffes ont été sculptées par l’érosion. C’est un véritable labyrinthe de ravines qui rappelle les canyons américains 🙂

Attention, c’est un site naturel et fragile. Respectez les sentiers pour préserver l’écosystème et ramassez tous vos déchets!

Les chemins ne sont pas vraiment balisés, on part un peu à l’aventure. Pensez à bien suivre votre itinéraire pour ne pas vous perdre, ce serait dommage 😉

Ce canyon mystérieux possède aussi deux cascades! La cascade du Saut du Poisson et la cascade d’Agaras. Pour espérer y voir de l’eau, il vaut mieux venir après des pluies, car en été vous risquez d’être un peu déçu, c’est tout sec.

Enfin, un bon conseil : ne prenez pas des chaussures qui craignent ou des vêtements clairs. Vous sortirez du canyon couvert de poussières rouges 😉

La Grotte de Trabuc aux 100 000 soldats

Au cœur des Cévennes se trouve une grotte unique au monde! Partons découvrir ce joyaux souterrain et sa mystérieuse « armée des 100 000 soldats ». Hop en route 🙂

Venir à la Grotte de Trabuc

Direction le département du Gard, à Mialet, entre Anduze et Saint-Jean-du-Gard. Le site de la Grotte de Trabuc est facilement accessible en voiture, à 20min d’Alès et 1h de route de Nîmes ou Montpellier. Le site dispose d’un parking gratuit et d’un snack. La grotte attire plus de 50.000 visiteurs par an. Afin de préserver l’équilibre de la grotte en pleine saison (juillet/ aout) il y a un quota d’entrées par jour et les visites sont obligatoirement guidées (environ 1h). En dehors de cette période, la visite se fait en audio-guide et on y reste autant de temps qu’on le souhaite 🙂 La partie ouverte au public représente environ 1km aller retour. Le site n’est pas adapté aux poussettes car il y a plusieurs escaliers à gravir pour découvrir les différentes salles.

Une fois son billet en poche (14.90Eur) et une petite laine sur le dos (température constante de 14 degrés dans la grotte), on traverse un tunnel creusé de 30m de long et on découvre cet incroyable monde souterrain 🙂

L’histoire de la grotte

La grotte de Trabuc est connue depuis la nuit des temps. On a retrouvé à l’intérieur des ossements et des outils datant de la préhistoire. L’entrée naturelle de la grotte était facile d’accès et débouchait sur une vaste salle avec de l’eau. Elle sera murée par les forces royales au XVIIe siècle, pendant les troubles liés à la Réforme. Les grottes de la région servaient de refuge aux camisards (les résistants protestants). Plus tard, cette grotte servira d’abri pour des brigands. Ils étaient armés de « trabuc« . C’est le nom occitan du tromblon (une sorte d’ancien fusil à courte portée). C’est l’origine du nom de la grotte.

Sa réelle exploration commence au XIXe siècle. C’est la partie de la grotte qu’on appelle le « vieux Trabuc ». Car plus tard, en 1945, un nouveau passage est dégagé. Le spéléologue Georges Vaucher explore alors un tout nouveau réseau sur plus de 7km, c’est le « nouveau Trabuc ». Dans les années 1950, le tunnel d’accès (la partie supérieure) est creusé. Les aménagements pour les touristes sont installés en 1974.

Visite de la grotte

On peut découvrir 7 salles successives sur plusieurs niveaux. Lors de cette visite on peut admirer de nombreuses stalactites et de très belles draperies de calcaire 🙂

C’est une grotte vivante. Il faut entendre par là que l’eau et l’air continuent de façonner la poussée des différentes stalactites et stalagmites. La grotte abrite aussi le « lac de minuit » avec son bassin aux eaux turquoises 🙂

Dans cette grande salle du lac, une installation interactive est disponible. À l’aide d’un joystick, on peut allumer des projecteurs et éclairer les formes étonnantes, le tout dans une ambiance sonore envoutante 🙂

Le mystère des 100 000 soldats

La particularité géologique unique au monde qui fait la célébrité de la Grotte de Trabuc, c’est l’armée des 100.000 soldats. Lors de son exploration, Vaucher découvre une zone incroyable dans une salle. Sa lampe éclaire des milliers de minuscules concrétions de quelques centimètres à peine. Il les a baptisé ainsi, car on se croirait face à la maquette d’un champ de bataille où des milliers de soldats sont réunis.

C’est la seule grotte au monde avec ces concrétions. Ce qui est encore plus fou, c’est qu’on ne sait pas comment elles se sont formées. Le mystère est complet!

Elles ressemblent à des minuscules stalagmites, mais il n’y a pas d’eau qui s’écoule dans cette partie de la grotte, il n’y a pas de stalactites au plafond.

Composées de 95% de calcite et 5% d’argile, on suppose que ces galettes empilées sont liées à des fluctuations de niveau d’eau, sans certitudes. Il y a d’autres théories sur des interactions avec des microbes ou des champignons, mais rien de probant. Le mystère reste entier, et c’est aussi ce qui fait son charme 🙂

En bonus dans la grotte

La grotte de Trabuc propose parfois en fin de journée une visite guidée à la façon des premiers explorateurs 🙂 Les lumières artificielles de la grotte sont alors éteintes et l’exploration se fait uniquement à la lueur de petites lampes à carbures. Pour vivre cette expérience immersive totale, il faut réserver. Durée environ 1h40, tarif 23.50Eur.

➡️ Plus d’informations sur le site officiel.

Le Pont du Mescladou

Il y a un très chouette spot à découvrir à quelques kilomètres à peine. Il se trouve sur la commune de Thoiras-Corbès. Les deux rivières du Gardon de St Jean du Gard et le Gardon de Mialet se rejoignent et se mélangent pour former le Gardon d’Anduze. C’est d’ailleurs le mot « mescladou » en occitan, le mélange.

Ce joli site possède aussi un beau viaduc en courbe de onze arches. C’est le Pont du Mescladou. Il est encore utilisé par la ligne touristique du Train à Vapeur des Cévennes. Je vous en parle ici.

Toute cette zone est un bon spot à baignade par beau temps 🙂 Entre la plage de galet ou les blocs rocheux des « boules de Gargantua » dans le Gardon du Mialet, vous avez l’embarras du choix.

À proximité

Il y a un endroit absolument incroyable à visiter à moins de 10km de la grotte de Trabuc. C’est la Bambouseraie en Cévennes, un des plus beaux parcs de France 🙂 Je vous présente ça sur cette page.

La Bambouseraie en Cévennes : un voyage exotique au cœur du Gard

Nichée à Générargues, près d’Anduze, la Bambouseraie en Cévennes est bien plus qu’un jardin botanique : c’est une immersion dans un univers végétal unique en Europe. Pour avoir visité de nombreux parcs botaniques, je peux vous assurer que la Bambouseraie en Cévennes est un des plus beaux parcs de France! Allons découvrir ce lieu incroyable, hop en route! 🙂

Pour découvrir ce site exceptionnel, direction le département du Gard, et plus précisément à Générargues, situé à 20min d’Alès et 1h de route de Nîmes ou Montpellier. Une fois garé sur le parking gratuit et le ticket en poche (15.50€), vous pouvez pénétrer dans ce lieu hors du commun qui abrite plus d’un millier de variétés végétales, dont 180 espèces de bambous, offrant une expérience sensorielle et culturelle rare.

Une histoire fascinante

L’aventure commence en 1856, lorsque Eugène Mazel, héritier marseillais et explorateur dans l’âme, décide d’acclimater des plantes exotiques venues de Chine, du Japon, de l’Himalaya et d’Amérique du Nord. Après sa faillite en 1890, le domaine est repris par Gaston Nègre, qui poursuit l’œuvre avec passion. Depuis, la même famille Nègre préserve et enrichit ce lieu hors du commun qui s’étend sur plus de 34 hectares. Le parc est ouvert au public depuis 1945. La Bambouseraie est même classée Monument Historique en 2008 et figure parmi les plus beaux jardins de France, symbole d’un patrimoine vivant et préservé.

Une promenade avec un dépaysement garanti

Dès l’entrée, la forêt de bambous géants vous enveloppe dans une atmosphère de jungle apaisante. On est rapidement transporté en Asie du Sud-Est en découvrant un village laotien! 🙂 Il a été construit par un membre du personnel originaire du Laos et son équipe.

En plus de retrouver des éléments d’architecture et de décorations traditionnels, les alentours du village abritent des espèces authentiques du Laos (bananiers, taros, cannes à sucre..).

Plus loin, le voyage en Asie continue. Au détour d’une forêt de bambous, un torii marque le début d’un nouvel univers. Cette fois, en route pour le Japon!

Le magnifique Vallon du Dragon s’offre à vous 🙂 Ce grand jardin japonais s’inspirant des principes du Feng Shui a été conçu par le paysagiste Erik Borja en l’an 2000 (année du Dragon). Il invite à la contemplation zen avec ses cascades et ses roches disposées selon les principes du Feng Shui.

La pièce d’eau représente le souffle du dragon. Elle est enjambée par le Pavillon du Phoenix rouge construit en bois dans le style japonais.

Le mariage entre les éléments aquatiques, minéraux et végétaux est véritablement superbe! 🙂

On quitte ensuite le Japon pour se perdre dans une prairie de bambous. L’imagination continue de voyager, on est bercé par le doux bruissement de ces milliers d’immenses bambous. Les tiges élancées, pouvant atteindre 25 mètres, filtrent la lumière et créent un jeu d’ombres fascinant.

Les pas nous amènent devant une ancienne ferme en U sur 4 niveaux. Datant du XVe siècle, c’est un exemple typique de mas Cévenol.

Plus loin, on découvre le Jardin des Bassins d’Eugène. Le ruissellement de l’eau dans les bassins et les nombreux bonsaïs continuent de vous plonger dans une atmosphère de pure détente.

Les bassins se prolongent sur les serres Mazel. C’est une nouvelle fois l’occasion de découvrir des plantes exotiques venant du monde entier. Couleurs et senteurs sont au rendez-vous 🙂

La flore resplendit de milliers de fleurs colorées!

Personnellement je trouve que la grande allée des palmiers de Chine est incroyablement photogénique! La perspective est parfaite.

Au milieu de cette longue allée, un espace zen a été aménagé pour se détendre paisiblement 🙂

Une autre grande allée du parc est bordée de séquoias centenaires et d’autres arbres remarquables. Ces géants atteignent plus de 40m de haut!

Les amateurs de botanique pourront apprécier le Bambousarium, espace pédagogique dédié aux différentes variétés de bambous, tandis que les curieux se perdront volontiers dans le labyrinthe végétal. Les enfants ne sont pas oubliés. La bambouseraie héberge aussi une zone dédiée avec un espace ludique et des jeux. On peut même s’aventurer sur une passerelle suspendue à 8 mètres du sol pour admirer la canopée.

Un engagement écologique fort

La Bambouseraie n’est pas seulement un lieu de beauté, c’est aussi un modèle de gestion durable. Aucun produit chimique n’est utilisé, la biodiversité est protégée, et le site est labellisé par la Ligue pour la Protection des Oiseaux. Les tiges de bambous sont recyclées pour créer des structures et objets, témoignant d’une approche respectueuse de l’environnement.

Conseils pour votre visite

Prévoyez au moins deux heures pour profiter pleinement du site. Évitez les heures d’affluence en privilégiant la matinée ou la fin de journée. Si vous êtes en famille, participez au jeu de piste “La Quête de la Fleur d’Aleya” pour une visite ludique. Et surtout, prenez le temps de vous imprégner de la sérénité 🙂 Enfin, le site propose un grand espace boutique jardinerie, un snack écoresponsable, et régulièrement des installations artistiques sont proposées.

➡️ Retrouvez plus de détails sur le site officiel.

Quitte à me répéter encore et encore, la Bambouseraie en Cévennes, c’est véritablement une merveille! Il faut absolument visiter cet endroit ! 🙂

À proximité

Vous pouvez embarquer à bord du Train à Vapeur des Cévennes! Une escapade bucolique et un brin nostalgique vous attend sur un parcours de 13km. Ce voyage hors du temps vous transporte depuis la gare d’Anduze jusqu’à Saint-Jean-du-Gard. Un arrêt existe aussi au niveau de la Bambouseraie 😉

Le trajet aller complet dure environ 40 minutes. Le temps de profiter d’une petite balade et d’un déjeuner et vous revenez par le train suivant. Le prix du billet aller-retour est 17.50€.

➡️ Plus d’infos sur le site officiel.

Le train franchira le joli Viaduc du Mescladou que je vous invite à découvrir sur cette page.

Et surtout ne manquez pas un peu plus loin, la très belle Grotte de Trabuc! Je vous emmène la découvrir sur cette page.

La Grotte de Clamouse et le Pont du Diable dans l’Hérault

Au cœur des magnifiques Gorges de l’Hérault, je vous propose deux sites d’exception à découvrir à moins d’une heure de route de Montpellier. Ces sites sont séparés de quelques centaines de mètres à peine et sont facilement accessibles en voiture. Hop en route! 🙂

La Grotte de Clamouse

Au cœur des Gorges de l’Hérault, la Grotte de Clamouse offre une richesse souterraine exceptionnelle 🙂 C’est vraiment une belle visite à faire et qui ravira tout le monde. En plus ça pourra même vous apporter un peu de fraicheur en été. Alors on n’hésite pas et on y va! 😉

Même si elle est connue depuis la nuit des temps, son exploration scientifique a commencé en 1945. Depuis, des spéléologues ont exploré plus de 4km de cavités sur différents niveaux. Un étage fossile magnifiquement décoré, un labyrinthe de tunnels, et un réseau immergé où circule une rivière souterraine. Le niveau supérieur (à sec) est ouvert au public depuis 1964. On prend sa petite laine (la température est constante à 15°C toute l’année) et c’est parti pour la visite guidée!

Après un petit film immersif en introduction, on découvre les magnifiques trésors de cette très belle grotte. C’est agréable et instructif. Il y a des formes étonnantes à découvrir dans les moindres recoins! On traverse cet incroyable monde minéral sur un parcours aménagé de 900m.

La visite d’environ 1h30 se ponctue par un spectacle son et lumière dans la grande salle de la Cathédrale du Temps. (Personnellement, les sons et lumières dans les grottes, je ne suis vraiment pas fan, mais il en faut pour tous les goûts …)

Dans la Grotte de Clamouse, vous pourrez découvrir des concrétions spectaculaires avec des orgues gigantesques et d’immenses draperies de calcaire. Plus rare, il y a des fistuleuses, des stalactites ultra fines (et ultra fragiles). Encore plus rare, il y a des excentriques (suivant différents facteurs, des petites stalactites semblent partir dans toutes les directions) et des fleurs de cristaux d’aragonite qui se forment sur certaines stalagmites. Ces chefs d’œuvres de la nature font la renommée internationale de cette grotte!

En bonus, vous pourrez aussi découvrir des exemples de faune cavernicole avec des aquariums où vivent des poissons aveugles et transparents, et d’étonnantes salamandres aveugles!

Ce n’est pas tout, il y a encore un bonus! 🙂 La grotte propose aussi des activités plus ludiques pour les petits et les grands, comme le Spéléopark (un parcours acrobatique) et un Escape Game! Elle s’inscrit aussi dans un engagement écologique durable en étant une des premières grottes avec uniquement un éclairage LED pour consommer moins d’énergie et éviter le réchauffement de l’air dans la grotte, qui est un milieu naturel très sensible.

➡️ Pour préparer votre visite à la Grotte de Clamouse, retrouvez les tarifs et les horaires sur le site officiel.

Le Pont du Diable

Il y a plusieurs ponts du diable en France, mais celui-ci est sans doute le plus célèbre! 🙂 Ce Pont du Diable est situé à un emplacement spectaculaire. D’un côté, il y a une grande plage formée par les dépôts transportés par l’Hérault. On a presque l’impression d’être sur un lac ou un plan d’eau calme et paisible. C’est l’endroit idéal pour se délasser, se baigner et faire du canoé ou du paddle. Mais attention, le fleuve peut être sujet à de terribles crues et le niveau peut facilement monter d’une dizaine de mètres! Face à la plage, de l’autre côté, c’est l’entrée des Gorges de l’Hérault. Et comme pour marquer cette frontière, un grand pont en pierre se trouve là 🙂

Ce n’est pas n’importe quel pont. En plus d’être spectaculaire, c’est aussi un des plus anciens ponts médiévaux de France! Sa construction remonte au IXe siècle, suite à un accord entre l’abbé d’Aniane et l’abbé de Gellone (le célèbre Saint Guilhem). Chaque abbaye devait construire une moitié du pont, et l’accord interdisait de le fortifier ou d’y faire payer un droit de passage. Les moines ont réalisé un incroyable travail en construisant un pont de pierre de 65m de long sur deux arches. Les pèlerins en route pour Saint Jacques de Compostelle pouvaient désormais traverser les gorges sans effort à 18m au-dessus du fleuve.

Initialement, il s’appelait le Pont du Gouffre Noir (ou pont du gour noir). Il ne prendra le nom de Pont du Diable que trois siècles après sa construction, quand en l’an 1160, une légende raconte sa construction. On l’attribue alors à Guillaume d’Orange, un célèbre guerrier au nez coupé, fameux défenseur du Royaume contre les Sarrasins. C’est un personnage de fiction s’inspirant de Saint Guilhem. Dans cette histoire, Guillaume décide la construction du pont, mais chaque nuit, le diable vient enlever les pierres. N’en pouvant plus, un accord est conclue : le diable laisse le pont se construire mais en échange il prendra l’âme de celui qui le traversera en premier. Une fois le pont terminé, les hommes font passer un chat! Fou de rage de s’être fait berné, le diable tente de détruire le pont mais n’y arrive pas et il fini par se jeter dans l’eau. Depuis, le pont porte le nom de Pont du Diable.

Le Pont du Diable est classé Monument Historique, mais c’est aussi un spot réputé pour le saut! Chaque année, il y a des courageux pour se jeter dans le vide du haut des 18m, et chaque année il y a des accidents (malgré les interdictions et les arrêtés municipaux).

Le Pont du Diable n’est en fait pas le seul à cet endroit. Il y a trois ponts! Juste derrière lui se trouve le pont neuf pour permettre le trafic routier. Un peu plus loin, il y a un autre pont discret et pourtant vital, c’est un « pont canal » pour le Canal de Gignac. Ce canal long de 52km capte une partie de l’eau de l’Hérault en amont de Saint-Guilhem. Il longe d’abord les gorges avant d’aller irriguer plus de 3000 ha de vignes et de vergers dans la vallée. On le surnomme le Canal des Vignes.

➡️ Infos pratiques : Pour profiter de ce site d’exception, vous n’aurez pas d’autre choix que d’utiliser un grand parking (payant) proche de la Maison du Grand Site de France. Vous pourrez alors rejoindre la plage et le pont à pieds. Un service de navette gratuite peut aussi vous transporter jusqu’à la Grotte de Clamouse ainsi qu’au village de Sain-Guilhem-le-Désert. Plus d’infos sur les tarifs et les horaires sur ce site.

À proximité

Evidemment si vous êtes ici, il faut ABSOLUMENT aller vous balader dans le très joli village de Saint-Guilhem-le-Désert. C’est aussi l’occasion de faire de très belles randonnées pour découvrir le Cirque de l’Infernet. Je vous raconte tout ça sur cette page 🙂

Rando à Saint Guilhem le Désert, le Cirque de l’Infernet

Je vous propose une des plus belles randonnées à faire dans la région des Gorges de l’Hérault. Au programme : des paysages grandioses, un patrimoine historique classé à l’Unesco et un des plus beaux villages de France. C’est plus qu’un site, c’est un Grand Site! Je vous explique tout ça, hop en route! 🙂

Direction donc le département de l’Hérault, et plus précisément le village de Saint-Guilhem-le-Désert, à moins d’une heure de route de Montpellier. Différents tracés sont possibles pour cette randonnée. Le tracé que je vous présente est une belle et grande boucle d’environ 18km et 1000m de dénivelé. C’est un peu sportif mais pas trop 😉 Il faut compter environ 6h de marche.

Voici le tracé en détail :

Le point de départ de la rando se trouve au petit parking (gratuit) de la Cascade du Moulin, à moins d’un kilomètre de l’entrée du village de Saint-Guilhem-le-Désert. Dès le début, il faudra rentrer dans le dur, et prendre le chemin sur la gauche qui grimpe par le Saut de la Pansière à travers la sauvage Combe Brunan.

Une fois arrivé au sommet vous aurez cette magnifique vue sur la vallée où coule l’Hérault 🙂 Ca valait bien quelques efforts. Ce n’est que le commencement!

Si vous êtes attentifs, le long du sentier vous pourrez apercevoir l’entrée de la Grotte de Brunan. C’est une petite grotte de 50m de long qu’on peut explorer (si on a une lampe pour s’éclairer et si on n’a pas peur de se faufiler dans des passages étroits). Il y a une jolie stalagmite en forme de bénitier à découvrir dans les salles intérieures.

Le sentier serpente à travers la jolie garrigue jusqu’au belvédère de Brunan. Il domine la Combe de Brunan. En face, c’est le Cirque de Brunan. Bref, tout ce coin s’appelle Brunan, c’est Brunan-joli quoi 🙂

À proximité, on arrive à la maison forestière des Plos, aussi appelée la Maison des légendes. C’est une ancienne bergerie transformée en un magnifique gîte écologique. Si vous voulez réserver ce logement pour passer un super moment en pleine nature avec des amis, ça se passe sur ce site (le gîte est accessible en voiture uniquement par une piste forestière).

C’est donc un site privé, mais en longeant la propriété, vous pourrez découvrir quelques personnages étonnants tout droit sortis de légendes anciennes 😉

Ensuite, il faut suivre le sentier à l’ombre des chênes verts en direction du Carrefour des Plos. À l’embranchement, prendre à droite vers le point de vue de Max Nègre, à 535m d’altitude. Il porte le nom d’un ancien membre du Club Cévénol, des passionnés qui entretiennent les sentiers de la région et qui ont aménagé et inauguré ce point de vue vertigineux en 1953.

Le sentier descend ensuite vers le plateau rocheux du Roc de la Bissonne. Lors de cette randonnée, le paysage se remettait difficilement d’un feu de forêt survenu deux mois auparavant. Il y avait toujours une odeur de cendre et il s’en dégageait aussi un grand sentiment de désolation et de gâchis.

C’est un rappel important aux randonneurs, touristes et habitants : la nature est fragile et la moindre étincelle peut provoquer de terribles dégâts!

Une fois arrivé au promontoire rocheux situé juste sous le Roc de la Bissonne on a sans doute le plus beau point de vue sur le Cirque d’Infernet 🙂

Le Cirque de l’Infernet c’est cette énorme muraille de pierre qui marque la fin du Val de Gellone où coule le Verdus. C’est littéralement le « bout du monde » pour le village de Saint-Guilhem-le-Désert. L’endroit est véritablement majestueux et les photos ne rendent pas honneur à la beauté des lieux. C’est vraiment grandiose 🙂

On continue la rando! Hop on suit le sentier qui descend. Il longe les immenses falaises de calcaires hautes de 400m! On attrape vite le torticolis à force de regarder les sommets 🙂

C’est un site absolument magnifique 🙂

Au centre du Cirque, c’est le site des Fenestrettes. Au XVIIe siècle, les moines de l’abbaye de Génolle ont aménagé le sentier du bout du monde avec d’impressionnants contreforts en pierres. Il facilitait ainsi l’accès aux Causses du Larzac pour les muletiers et les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle.

La suite du chemin s’éloigne un peu du Cirque de l’Infernet et grimpe vers la Combe de Goufous. Au loin on aperçoit le sommet du Mont Saint-Baudille (848m), surmonté d’une grande antenne.

Un peu plus loin, on bifurque sur la droite, on traverse le Verdus, on prend de la hauteur et on revient en direction du Cirque.

Le chemin grimpe à nouveau fortement à flanc de colline, mais les points de vue sont toujours aussi magnifiques 🙂

À la fin de la montée, le sentier rejoint une large piste forestière. C’est visuellement moins joli, mais c’est une pause bienvenue pour les pieds, car le sol est bien plus agréable pour randonner.

Au bout d’un moment, il faut quitter la piste forestière au niveau du Cap de la Pousterle. C’est une trouée dans le roc de la Candelle, sur la droite de la piste.

On retrouve un sentier caillouteux qui zigzague dans la garrigue et les rochers. En longeant le Saut des Mazérages, on descend de 200m d’altitude. Si vous êtes un peu curieux, au niveau du croisement des différents sentiers, prenez celui qui part vers le nord-ouest et s’enfonce dans la végétation. Après quelques minutes, vous découvrirez la statuette de Notre-Dame des Solitudes, cachée dans une mini grotte.

Si vous remontez un peu plus haut à 500m d’ici par un autre sentier, vous trouverez l’ermitage Notre-Dame du Lieu-Plaisant. C’est un petite chapelle datant du XIVe siècle, construite par un laïc après avoir reçu une réponse personnelle du pape! C’est devenu depuis un lieu de pèlerinage annuel pour les habitants du village.

Le sentier longe ensuite une ligne de crête. Tout au bout, sur un éperon rocheux, on aperçoit les ruines du Château du Géant qui domine le village et la vallée de Gellone. Il n’en reste plus grand chose. Son vrai nom c’est le château du Verdun. En raison des chutes de pierres, l’accès y est interdit par arrêté municipal. Il est inoccupé et en ruines depuis le XIIe siècle.

Comme tout lieu oublié à l’histoire incertaine, ce château possède sa légende. On raconte qu’un géant y vivait, avec une pie. Comme il terrorisait la région, un jour Saint Guilhem se déguise en servante et grimpe vers le château pour y apporter de l’eau. La pie remarque que la servante n’est pas comme d’habitude et prévient le géant. Mais celui-ci, sûr de sa force, ne prend pas garde. Il y aura alors un terrible combat. Guilhem avec l’aide de son épée « Joyeuse » parviendra à le vaincre et à le jeter dans le vide. Depuis, il n’y a plus de pie dans la vallée!

Après avoir franchi une antique porte médiévale, le chemin débouche enfin dans le joli village de Saint-Guilhem-du-Désert, classé dans « Les plus beaux villages de France ». Dès qu’on arrive sur la place du village, on aperçoit au centre le Roi Platane qui trône fièrement. C’est un grand platane (classé « arbre remarquable de France ») âgé d’au moins 165 ans et qui mesure plus de 20m de haut! C’est une fierté du village! C’est aussi l’endroit parfait pour boire un rafraichissement bien mérité à l’ombre 🙂

Cette petite pause permet de revenir sur les origines du village de Saint-Guilhem-le-Désert 🙂

Son histoire remonte en l’an 800. Vers la fin de sa vie, Guillaume (cousin de Charlemagne et Comte de Toulouse) décide de fonder une abbaye dans un lieu reculé, loin de toute présence humaine. Il choisi un endroit désert, le vallon de Gellone. L’abbaye de Gellone devient l’abbaye de Saint-Guilhem (Guillaume s’écrit Guilhem en langue d’Oc) après sa canonisation en 1066. C’est un lieu de pèlerinage très réputé à l’époque, car elle possède en relique un morceau de la vraie croix (un cadeau de Charlemagne à Guillaume). Peu à peu, un village se forme autour de l’abbaye. C’est la naissance de Saint-Guilhem-le-Désert.

La visite de l’abbaye est gratuite, mais hélas il ne reste plus grand chose à voir. Une grande partie des œuvres d’art médiévales de l’abbaye ont été vendues en 1906 à un collectionneur d’art américain, et sont désormais visibles au Musée des Cloitres à New-York, ce qui n’est pas très pratique!

Profitez-en pour flâner dans les quelques ruelles du village et découvrir les différentes boutiques des artisans locaux. Le village n’est pas très grand, vous ne pouvez pas vous perdre. Il suffit de suivre le Verdus 😉

À la sortie du village, il faut prendre à droite pour retrouver le parking du départ de la randonnée. Et pour que ce retour le long de la route soit plus sympa, vous trouverez un petit chemin sur la gauche. Il longe l’Hérault et vous fera découvrir les moulins de Brunan et ses petites cascades. C’est tout de suite plus sympathique non? 🙂

Bravo! Félicitations! Vous êtes arrivé au bout de cette belle randonnée! 🙂

À proximité ?

Et bien on continue un peu plus loin! À quelques kilomètres à peine, on peut découvrir deux sites d’exception : la Grotte de Clamouse et le Pont du Diable! C’est vraiment juste à côté, je vous montre tout ça sur cette page 🙂

Escapade dans la Baie de Somme

Un week-end pour découvrir la Baie de Somme ? Excellente idée! Partez à la découverte des grandes étendues, des phoques, des oiseaux migrateurs, des jolis villages, des plages de sable, des plages de galets et même des falaises! C’est parti, hop en route 🙂

La Baie de Somme est une immense étendue de 70km², là où le fleuve de la Somme se jette dans la Manche. Il y a en réalité deux estuaires de deux fleuves, celui de la Somme (au sud) et de la Maye (au nord). Dans ce vaste et magnifique paysage se mélangent des zones de slikke (de la vase recouverte par la mer à chaque marée) et de schorre ou pré-salé (recouvert seulement pendant les grandes marées). Chaque marée transforme la baie, mais une chose est certaine, elle s’ensable inexorablement. Alors il faut vite se dépêcher de profiter ce magnifique endroit 😉

Une façon originale de visiter la baie de somme, c’est à bord du train historique du Chemin de fer de la Baie de Somme 🙂 Depuis les années 1980, des passionnés continuent de faire vivre l’ancienne voie du réseau des bains de mer. Au rythme lent de 25km/h, une vielle locomotive à vapeur transporte les voyageurs curieux et nostalgiques entre Le Crotoy, Saint-Valery-sur-Somme et Cayeux-sur-Mer. Pour réserver ce voyage dans le temps, direction le site officiel.

Les phoques de la Baie de Somme

Vous aimez les phoques? 🙂 Vous serez heureux, car la plus grande colonie de phoques de France a élu domicile dans la Baie de Somme. Elle est particulièrement visible à marée basse quand ils viennent se reposer sur les bancs de sables en faisant des longues siestes. Ces périodes de repos et de siestes sont d’ailleurs vitales pour eux.

Pour les observer dans la baie de somme, la digue de galets de la pointe du Hourdel est un bon spot, mais il faudra des jumelles ou un bon zoom. Il est possible aussi de s’en approcher à marée basse en excursion à cheval ou en kayak.

Un rappel important : les phoques sont des animaux sauvages protégés. Il ne faut pas trop s’en approcher (risque d’attaque s’ils se sentent en danger ou transmission de maladies). Si par hasard, vous trouvez un bébé phoque qui fait la sieste sur la plage (ce qui est incroyablement mignon 😉 ), restez à l’écart, sinon sa mère pourrait ne plus vouloir le rejoindre et l’abandonner (ce qui serait incroyablement triste)! On considère qu’il faut respecter une distance de 300m pour les observer. En gros dès qu’un phoque lève la tête c’est qu’il vous a repéré. Il faut alors reculer sinon il filera dans l’eau!

On compte environ 400 phoques veaux-marins et 200 phoques gris. Les phoques gris, plus foncés et tachetés, peuvent atteindre jusqu’à 3m de long et 300kg!

Le Parc du Marquenterre

Au nord de la Baie de Somme, il y a un nom qui résonne forcément pour les amoureux de la nature, c’est le Parc du Marquenterre. C’est un haut lieu de l’ornithologie en Europe qui sert de refuge à des milliers d’oiseaux migrateurs. Au fil des saisons, plus de 300 espèces d’oiseaux peuvent être observées dans un espace protégé de 200 hectares.

Au début, cette zone appartenait à un agriculteur qui faisait pousser des fleurs. Dans les années 1970, il décide de convertir ses terrains pour en faire un lieu d’accueil idéal pour les oiseaux. C’est la naissance du Parc 🙂 On peut suivre un sentier balisé de 6km qui passe à travers les différents habitats aménagés. Il est ponctué de 12 postes d’observations. Tout le long du parcours, vous rencontrerez des bénévoles et des passionnés qui partagerons leurs connaissances. Prévoyez environ 2h30 de balade à travers les marais aménagés. Tarif 12 Eur, et ne pas oublier ses jumelles ou le téléobjectif 🙂

Voici quelques rencontres avec ces charmants volatiles 🙂 Des cigognes, des cignes de Bewick, des foulques macroules, et de nombreux canards.

Pour rappel, ce n’est pas un zoo ni un parc animalier. Il s’agit vraiment d’un espace naturel protégé et les oiseaux sont ici s’ils le veulent bien. Vous ne verrez peut être pas toutes les espèces qui vous font rêver, mais à n’importe quelle période de l’année, nos amis à plumes sont présents.

On peut croiser d’importants groupes d’aigrettes et de vanneaux huppés. Les avocettes élégantes (j’adore ce nom) avec leurs longs becs fins et recourbés vers le haut sont aussi présentes en grand nombre. Mon oiseau préféré reste la spatule blanche avec son long bec facilement reconnaissable en forme de spatule 🙂

Ne soyez pas trop surpris durant votre balade quand vous entendrez un vacarme étrange, comme une basse-cour remplie d’otaries! C’est tout à fait normal, il s’agit en fait d’une impressionnante et bruyante colonie de grands cormorans! 🙂

Il n’y a pas que des oiseaux dans le parc. Vous pourrez aussi croiser des moutons d’Ouessant et des vaches des Highlands, qui aident à préserver le site.

La maison du parc propose aussi un sympathique restaurant de cuisine locale avec une terrasse au milieu des pins. Cette pinède a été plantée dans les années 70 pour fixer les dunes.
Plus d’infos pour préparer votre visite sur le site officiel.

Le sentier d’accès à la mer, les Crocs

Il y a une magnifique randonnée à faire juste au nord du Parc du Marquenterre, près de Saint-Quentin-en-Tourmont. Il faut tout d’abord trouver le parking rue du Bout d’Amont. Ensuite, il suffit de suivre le sentier d’accès à la mer. C’est un parcours de 3.6km (qui peut être fatiguant à cause du sol sableux) en pleine nature à travers la pinède. Après une dernière montée éprouvante en sortant de la foret, il y a une véritable surprise, car d’un seul coup, vous avez ce paysage en récompense 🙂

Une vaste plage déserte et des dunes, appelées « les Crocs » en picard. Un magnifique panorama, une véritable impression de bout du monde. Bref, le bonheur 🙂

Il n’y a plus qu’à profiter de l’espace immense, et même pourquoi pas une baignade rafraichissante 😉

Il faut prévoir environ 2h aller-retour pour le sentier des Crocs. Si vous êtes vraiment motivé (et si c’est marée basse!), il y a une autre option pour le retour. Vous pouvez faire une grande boucle vers le sud en suivant le littoral. Cette traversée longera le Parc du Marquenterre avant de revenir en suivant la route jusqu’au parking.

Pour vous récompenser de cette marche, rien de mieux qu’un petit verre en terrasse en bord de mer à la petite station balnéaire de Quend-Plage, juste à côté 🙂

Le village de Saint-Valéry-sur-Somme

LE village touristique de la Baie de Somme, c’est Saint-Valéry-sur-Somme 🙂 Ne cherchez pas à vous garer dans le centre ville, c’est pratiquement mission impossible. Choisissez plutôt le Parking du canal à l’entrée de Saint-Valery-sur-Somme, c’est gratuit. Ensuite vous attendez une navette gratuite ou vous marchez environ 15min pour rejoindre le centre ville en longeant le Canal de la Somme.

Ce canal qui va jusqu’à Abbeville a été construit de 1786 à 1827. Il devait permettre le trafic commercial, mais l’ensablement de la baie a scellé son destin. C’est maintenant un canal utilisé pour la plaisance. Le chemin de halage est devenu une voie verte pour les piétons et les cyclistes.

L’histoire de cette petite ville remonte à il y a bien longtemps. Cet endroit niché sur un promontoire rocheux s’appelait Leuconay et il n’y avait pas grand monde pour faire face à la vaste baie. Au VIe siècle, le moine Valery qui a une solide réputation est envoyé pour évangéliser la Baie de Somme. Il créé un monastère, puis une abbaye. Sa renommée s’étend au delà des frontières, un bourg se créé près de l’abbaye, puis une petite ville. Après sa mort, ses reliques seront dispersées dans toute l’Europe. Le roi Hugues Capet fera même le voyage exprès pour en récupérer une partie. La petite ville s’appelle désormais Saint-Valery-sur-Somme 🙂

Saint-Valery-sur-Somme est composée d’une « ville haute », la vieille ville médiévale, et d’une « ville basse ». La ville basse, c’est le quartier de Courtgain, l’ancien quartier des pêcheurs. Son nom vient du peu d’argent qu’ils gagnaient, des courts gains. Ils péchaient principalement des crevettes grises, appelées sauterelles. À cause de l’ensablement de la baie, la pêche est de moins en moins pratiquée. Il reste les maisons colorées du quartier où il est agréable de flâner 🙂 On y trouve aussi l’office de tourisme, dans les anciens entrepôts des sels du XVIIIe siècle. Ils pouvaient stocker 20 tonnes de sel. Maintenant le bâtiment abrite aussi une salle de spectacle et un restaurant gastronomique, le Schorre. La majorité des restaurants et bars se trouvent dans ce quartier.

Après avoir passé la Place des Pilotes et le Tribunal de Commerce (où il y a régulièrement des expositions), on peut se promener le long d’un long magnifique quai. Il est bordé de belles villas du XIXe siècle construites par des riches armateurs. Pour profiter du soleil, vous pouvez vous arrêter manger au Quai N°5. Ce n’est pas un gastronomique, mais c’est l’endroit parfait pour manger loin de la foule, en plein air et au bord de la baie 😉

Au bout du long quai, c’est la grande plage de Saint-Valery-sur-Somme. Ici vous pouvez réserver des excursions en kayak dans la Baie de Somme. L’occasion unique de découvrir cette belle nature, les bancs de sable et les phoques! Pour vivre cette expérience unique, c’est sur ce site 🙂 Si vous ne voulez pas faire d’avantage d’efforts, la Buvette du Mouton vous attend pour boire un verre les doigts de pieds dans le sable, ambiance garantie!

Depuis la plage, un sentier grimpe vers la ville haute. D’ici, on a un magnifique panorama sur la baie. En s’éloignant un peu, on peut aller vers l’ancienne abbaye. Mais depuis la Révolution, il n’en reste pratiquement plus rien. Au milieu des champs, au sommet du Cap Hornu, vous pourrez découvrir la jolie Chapelle Saint Valery. Elle marque l’emplacement de la tombe du moine le plus connu de l’époque mérovingienne.

On pénètre dans la ville médiévale par les tours Guillaume. Elles ont ce nom depuis le passage de Guillaume le Conquérant. En 1066, les navires de ses armées patientent dans le port de Saint-Valéry-sur-Somme que la météo s’améliore. C’est en promenant les reliques de Valéry dans la ville que le miracle se produira. Ensuite, c’est la traversée de la Manche, et la Conquête de l’Angleterre, mais c’est une autre histoire 😉

On se balade avec plaisir dans la petite ville médiévale avec ses ruelles étroites et pavées. Le monument principal à voir, c’est l’église Saint Martin, au bord des remparts. Elle date du XIIIe siècle mais reconstruite au XVe siècle après avoir subit beaucoup de dégâts.

Elle possède des murs avec un damier de pierre calcaire et de silex. C’est quelque chose qu’on retrouve souvent sur le littoral en Picardie.

Pour quitter la ville médiéval et retrouver la ville basse, on longe l’église et on passe par l’autre porte fortifiée, la Porte de Nevers.

Une balade à Saint-Valéry-sur-Somme, c’est une étape obligatoire quand on visite la Baie de Somme 🙂 Pour planifier votre journée au milieu des valéricains (les habitants de la ville), vous trouverez plus d’infos sur le site officiel.

La Pointe du Hourdel

Au sud de la Baie de Somme, la Pointe du Hourdel marque la limite avec la mer. On rejoint le hameau du Hourdel et son petit port de plaisance pour se garer. Attention, les parkings ne sont pas très grands et les places sont chères (dans tous les sens du terme).

Après avoir pris une petite glace près du phare, on peut s’aventurer dans la nature.

Le dépaysement est immédiat et total. Toute la Baie de Somme s’offre à vous 🙂

Au Hourdel, impossible de manquer le Bunker le long de la route blanche. Cet immense bloc de béton abandonné sur la plage intrigue. C’est un des éléments du Mur de l’Atlantique érigé par les Allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale. Cet énorme blockhaus est officiellement la Casemate R612 composé de 380m3 de béton armé quasiment indestructible.

Alors on peut se poser la question : Pourquoi ce bunker est comme ça, échoué sur la plage? En fait à l’époque de sa construction il était bien caché à l’abri des dunes. Depuis 1943, la plage a reculé de 65m!

Cayeux-sur-Mer

Sous la pointe du Hourdel, on trouve Cayeux-sur-Mer. Pendant longtemps, c’est un village sauvage perdu au milieu des dunes. Depuis, c’est devenu une agréable station balnéaire familiale 🙂 Elle est célèbre pour son chemin de planche (le plus long d’Europe) avec plus de 500 cabines colorées sur 2km, fièrement dressées au bord de la plage. Cayeux-sur-Mer c’est aussi un spot pour pratiquer le kitesurf. Au nord de Cayeux, au milieu du XIXe siècle, une station balnéaire de luxe est construite par les anglais, le hameau de Brighton (si vous voulez découvrir la véritable Brighton anglaise, c’est sur cette page 😉 ).

Si vous voulez en savoir plus sur l’actualité de Cayeux-sur-Mer, c’est sur le site officiel.

Cayeux, c’est aussi les plages de galets. Des galets de silex à l’infini! Ils proviennent de l’érosion des falaises tout le long du littoral au sud. Ils sont poussés par les courants marins jusqu’ici et se retrouvent bloqués par le courant de la Baie de Somme. C’est un des principal gisement de galets de mer d’Europe. Comme ils sont très riches en silices, ils sont calcinés et réduits en poudre pour être utilisés dans la construction, ou simplement vendus à usage décoratif.

Au sud de Cayeux, on trouve le Hâble d’Ault. Cette grande zone humide protégée (qui est aussi une zone de chasse) est un important refuge pour de très nombreuses espèces d’oiseaux. Un sentier de 5km permet d’en faire le tour et de jouer à l’ornithologue depuis des postes d’observations aménagés. Avant d’être un marais, cet endroit était un refuge pour les navires de pêches au XVIIe siècle, quant le Hâble d’Ault était encore relié à la mer. Un signe de plus qui montre l’ensablement de la baie!

Les falaises d’Ault

En longeant la côte vers le sud on arrive à Ault. Cette petite commune marque la frontière entre les plages de galets depuis l’entrée de la Baie de Somme et les falaises qui se prolongent ensuite jusqu’à l’estuaire de la Seine au Havre. Ces grandes falaises de craie qui peuvent atteindre 50m de haut sont terriblement belles 🙂

Elles sont aussi malheureusement comme une épée de Damoclès pour la commune… En 1700, Ault était un important port de pêche et comptait plus de 5.000 habitants. Il y avait alors une ville basse et une ville haute. Mais l’érosion a fini par faire s’effondrer les falaises. La ville basse et le port ont complètement disparus!! Une bonne partie de la population est partie se réfugier au Tréport. Il ne restait plus que la ville haute. La population restante s’est tournée vers une nouvelle activité, la serrurerie. Au XIXe siècle, au nord de la commune, une station balnéaire est créée, Onival. Elle était très prisée et remplie de belle villas d’architectes parisien. Hélas, les guerres mondiales et les tempêtes les ont quasiment toutes détruites.

L’érosion des falaises est hélas inexorable. Elles sont composées à 90% de craie et 10% de silex. On estime qu’elles reculent en moyenne de 30cm par an! En un siècle on a observé au moins 70m de retrait. On le voit bien sur ces photos historiques où des quartiers entiers ont disparus!

Source – © 2008 S. Costa, Atelier EUCC-France Baie de Somme 2013 p.31

L’érosion est principalement causée par les infiltrations d’eau et les périodes de gel et dégel qui fragilisent les falaises. La mer apporte aussi sa contribution avec une érosion causée par les vagues. On tente de freiner cette érosion marines avec des galets, mais ils sont régulièrement emportés au large par les marées, et poussés vers le nord par les courants. L’eau de la mer a parfois une couleur laiteuse à cause de la dissolution du carbonate de calcium contenue dans la craie des falaises.

Ces falaises fragiles et éphémères sont terriblement belles. Elles sont un peu l’équivalent français des célèbres Seven Sisters, juste en face sur les côtes anglaises 🙂

Un sentier du littoral permet de faire une jolie balade 🙂 Mais restez prudent et ne vous approchez pas trop du bord! Au sud d’Ault, ne loupez pas le Bois-de-Cise. C’est un joli village-hameau, verdoyant et boisé. Il y a des belles villas au bord des falaises. Mais on sait déjà qu’elles sont condamnées à disparaitre à plus ou moins long terme…

La visite de Dijon, capitale de la Bourgogne

Ah Dijon, la capitale des ducs de Bourgogne, la cité des ducs, la ville aux cents clochers, la capitale de la gastronomie. Cette ville possède plein de surnoms et mérite réellement une visite avec un centre ville historique classé au patrimoine de l’Unesco. Découvrons Dijon, hop en route! 🙂

Dijon a vraiment été une très belle découverte, et j’ai envie de vous partager mon enthousiasme pour cette ville. Depuis Paris, il faut 3h de voiture ou 1h30 de train pour arriver à la préfecture du département de la Côte d’or. Comme à mon habitude, j’aime présenter un rapide portrait historique avant de partir en balade 😉

Un peu d’histoire dijonnaise

À l’origine il y avait ici une petite cité fortifiée gallo-romaine, appelée Divio, au milieu d’une plaine fertile. Elle traverse le moyen-âge sous le nom de Dijon. Au XIe siècle elle rejoint le duché de Bourgogne dont elle devient la capitale. Les ducs de Bourgogne vont faire de cette province une grande puissance. Au XVe siècle, c’est l’apogée et la construction des principaux monuments de la ville. La Bourgogne s’étend alors jusqu’aux Pays-Bas. Elle tente même de devenir un royaume indépendant! Après une longue lutte de pouvoir et la guerre de Cents Ans, elle est finalement rattachée au Royaume de France. En 1513, le Saint Empire Romain Germanique tente de prendre Dijon et fait un long siège avec une armée composée de mercenaires suisses. Le gouverneur de la ville arrivera a faire lever le siège en promettant une forte somme d’argent aux suisses. Dijon abrite le Parlement de Bourgogne et la noblesse fait construire de nombreux hôtels particuliers à travers la cité. Plus tard, c’est le règne des Princes de Condé. Quand arrive la Révolution, de nombreux monuments sont détruits (la Charteuse de Champmol, la Rotonde Saint-Bénigne, la Sainte-Chapelle, et la grande statue en bronze de louis XIV). La petite ville sort de son carcan médiéval et s’agrandit. Les anciens remparts et le château sont démolis. Par chance, la ville de Dijon ne souffre pas trop lors des Guerres Mondiales. Elle offre maintenant un joli centre historique vraiment très agréable à visiter 🙂

Commençons la visite depuis la Gare de Dijon. On rejoint la Place Darcy et son joli jardin avec des fontaines et des cascades. Il y a d’ailleurs une anecdote étonnante à ce sujet! En 1840, un aqueduc souterrain est creusé pour alimenter un grand réservoir sous le sol. Il permet d’alimenter toutes les fontaines de la ville et d’amener l’eau aux étages de toutes les maisons. À l’époque, Dijon est la deuxième ville d’Europe après Rome à avoir l’eau courante!

Le centre historique de Dijon

Le centre historique de Dijon est classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Il est principalement piéton 🙂 Rentrons par la Porte Guillaume, surnommée l’Arc de Triomphe de Dijon. Cette porte symbolise l’entrée de la ville. Elle est construite en 1788 en hommage au Prince de Condé, à l’emplacement d’une ancienne porte des remparts du moyen-âge. Elle sera renommée plus tard en hommage à Guillaume de Volpiano, l’abbé de l’ancienne abbaye Saint-Bénigne du XIe siècle.

La Porte Guillaume donne sur la Rue de la Liberté. C’est la principale rue piétonne et commerçante de la ville. C’est le lieu de promenade obligatoire des dijonnais. La balade amène naturellement devant la célèbre Maison aux trois visages. Ce bâtiment qui date de 1470 est sans doute le plus bel exemple de maison à colombages de la ville 🙂

Un peu plus loin, on arrive à la Place Rude. C’est une jolie place pittoresque et touristique. Maisons à colombages, manège ancien, sol pavé, et des belles terrasses. Tout est là pour en faire une véritable carte postale 🙂 Elle est nommée en hommage au célèbre sculpteur François Rude qui est né dans une maison juste à coté. Je vous en reparle un peu plus tard sur cette page.

Cette place porte aussi un nom étrange : la place du Bareuzai. Ce nom fait référence à une petite statue de la fontaine située sur la place. Cette statue représente un vendangeur foulant du raisin avec ses pieds. Ceux qui faisaient cette activité avaient le bas des jambes teinté de rose. Ils avaient alors les bas rosé, et on les appelait donc les « bareuzai« . Hop le mystère est résolu! 🙂

La Place de la Libération

La longue Rue de la Liberté fini par déboucher sur la Place de la Libération. C’est la grande place royale du centre de la ville. Il y avait là une grande statue équestre en bronze de louis XIV. À cause de son poids (26 tonnes) et du mauvais état des routes, il avait fallu des années pour la transporter de Paris jusqu’ici! Comme tant d’autres choses, cette grande statue sera détruite lors de la Révolution…

Maintenant, chaque année au centre de la place, il y a le grand sapin des féeries de noël. Ce sapin monumental n’est en fait un pas un véritable grand sapin. C’est une structure métallique sur laquelle on installe 361 petits sapins en provenance du Morvan. Ils sont assemblés pour faire cette incroyable cône végétal 🙂 Pour profiter pleinement de cette ambiance de fêtes, vous trouverez plus d’infos sur le programme des Féeries de noël de Dijon sur le site officiel.

Le Palais des Ducs de Bourgogne

La Place de la Libération s’ouvre sur le Palais des Ducs de Bourgogne. Ce grand ensemble architectural est le cœur de Dijon. Il abrite actuellement l’Hôtel de Ville de Dijon et le Musée des Beaux Arts. Son histoire remonte au XIVe siècle, quand les ducs décident d’agrandir leur château. Il sera considérablement transformé au fil des siècles. Il devient le palais des gouverneurs de Dijon, puis une résidence royale quand un roi de France est de passage en bourgogne.

La partie la plus ancienne du palais c’est la tour du Bar (ou Tour Philippe le Bon). Elle est construite en 1460 d’abord comme tour de guet. Avec ses 6 étages et une hauteur de 46m, elle domine le centre ville. C’était un véritable symbole de puissance des ducs de Bourgogne visible par tous. On peut grimper au sommet pour avoir une belle vue panoramique sur la ville (tarif 6 euros, réservation obligatoire à l’Office du Tourisme au 11 rue des Forges).

À l’arrière du Palais, il y a le joli square des Ducs avec ses grands arbres centenaires. Ce jardin à l’anglaise remodelé au XIXe siècle, c’est tout ce qu’il reste du grand jardin médiéval de Marguerite de Flandres, épouse du Duc Philippe le Hardi. Elle avait fait aménager un grand parc avec une véritable animalerie (oiseaux, chevreuils et sangliers). Dans un grand bassin d’eaux vives, il y avait même un marsouin! Pour rappel, un marsouin est un cousin du dauphin. Amazing!

Dans ce square on trouve une grande statue. C’est Philippe Le Bon. Au XVe siècle, ce Duc de Bourgogne fait alliance avec les anglais pendant la guerre de Cent Ans, car il estime que le roi de France est responsable de l’assassinat de son père (Jean sans Peur). Les armées de Philippe le Bon captureront Jeanne d’Arc et la livreront aux anglais. Plus tard, réconcilié avec le Roi de France, il deviendra un des seigneurs les plus puissant d’Europe et fera briller la Cour de Bourgogne. Je vous rappelle les noms de cette fameuse lignée des ducs de Bourgogne issues de la Maison de Valois. De pères en fils, ils firent les grandes heures de la Bourgogne : Philippe le Hardi, Jean Sans Peur, Philippe le Bon, et Charles le Téméraire.

La ville aux cents clochers

Dijon est aussi surnommée la Ville aux Cents Clochers en raison des nombreuses églises construites. Je vous rassure, il n’y en a pas cent, et je ne vais pas vous faire la visite de toutes 😉

Commençons par visiter la principale, l’église Notre Dame de Dijon (et sa chouette). Elle se trouve juste à coté du Square des Ducs. Cette église est une magnifique réalisation de l’architecture gothique du XIIIe siècle. Même Eugène Viollet-le-Duc a dit que Notre Dame de Dijon était « un chef-d’œuvre de raison ». Elle mesure 65m de long et sa flèche atteint 83m de haut. Ce qui marque le plus, c’est sa façade vraiment unique. C’est la seule église gothique de France avec cette apparence, comme un écran!

On compte 51 gargouilles sur cette étonnante façade. Elles sont juste pour la déco, car elles ne servent pas à recracher l’eau de pluie. D’ailleurs, elles ne devraient même plus être visibles. On raconte qu’en 1240, un jeune couple allait rentrer dans l’église pour se marier. Et paf! une gargouille tombe sur la tête du futur marié, le tuant sur le coup! La ville a alors décidé de retirer toutes les gargouilles (sauf une). Ce n’est que lors d’une restauration de l’église en 1882 que des sculpteurs ont taillés à nouveau ce bestiaire fantastique en pierre. Et cette fois, elles sont bien fixées! Enfin on espère 😉

Sur le toit de l’église, il y a un campanile avec une horloge. Mais il y a surtout le Jacquemart. Il s’agit d’une prise de guerre de Philippe le Hardi. En 1382, alors qu’il guerroyait à Coutrai en Belgique, il décide de faire démonter la grosse cloche de la ville et surtout son automate qui été connu dans toute la région. Une fois de retour en Bourgogne, l’automate est installé au sommet de l’église de Dijon. Il sonnera la cloche toutes les heures. Deux siècle plus tard, on lui rajoute une copine, une automate femme. C’est Jacqueline, qui frappe les heures avec lui. Au bout de cent ans, ils ont un enfant! Il y a un nouveau petit automate, Jacquelinet, pour sonner les demi-heures. Enfin, encore un siècle plus tard en 1884, une petite sœur Jacquelinette le rejoint! La petite famille ne s’est pas agrandi depuis 🙂

À l’intérieur de cette église on trouve la statue Notre-Dame de Bon-Espoir. C’est une statue en bois de la vierge qui date du XIe siècle. Ce serait une des plus anciennes statues de la Vierge en France. Elle a été peinte en noir au XVe siècle, sans qu’on sache pourquoi. Elle est souvent habillée d’une grande robe brillante. On lui attribue le « miracle » de la levée du Siege de Dijon de 1513. Un autre miracle, après une messe à la Vierge, Dijon est libérée en 1944. Un 11 septembre, exactement la même date que pour le fameux Siège quatre siècles plus tôt. Incroyable! 🙂

Ne loupez pas au niveau du portail de l’église, la petite tête de diable. Elle est enchainée pour montrer que le mal reste à l’entrée et ne peut pas rentrer!

Ce qui rend cette église célèbre, c’est aussi la chouette! Cette fameuse chouette, c’est une pierre sculptée dans un angle à l’extérieur de l’église. Elle est devenu l’emblème de la ville. En fait, on ne sait absolument pas qui l’a sculpté, ni quand, ni pourquoi. On n’est pas vraiment sûr non plus que ce soit véritablement une chouette. Comme elle se trouve à l’angle de la rue de la Chouette, ça paraissait logique que ce soit elle. Elle est terriblement usée à cause d’une tradition ancienne disant qu’il faut caresser la chouette de la main gauche et faire un vœu 😉

(Pour info la pierre actuelle de la chouette est une pierre polie réalisée à partir d’un ancien moulage. Car en 2001, un détraqué l’a abimé à coups de marteau! pfff … elle est maintenant surveillée par caméras)

Juste à coté de l’église Notre Dame, vous pourrez découvrir le plus bel hôtel particulier de Dijon. Il s’agit de l’hôtel de Vogüé avec sa jolie toiture en tuiles vernissées de bourgogne.

Il a été bâti en 1614 par un riche conseiller du Parlement de Bourgogne.

L’autre grande église de Dijon, c’est la monumentale église Saint Michel. Elle remplace la précédente église qui était devenue trop petite. À partir de 1497, on lance les travaux. Elle est consacrée en 1529 mais les tours de la façade ne seront achevées qu’en 1667. Sa façade aussi est unique car elle mélange le style gothique et Renaissance!

J’ai omis la Cathédrale Saint-Bénigne de Dijon, une ancienne abbaye devenue cathédrale en 1792. En fait je ne l’ai pas trouvé très intéressante … mais elle a une magnifique toiture en tuiles vernissées de Bourgogne! 😉

Le Musée des Beaux Arts de Dijon

Alors mesdames et messieurs, s’il y a bien un endroit à visiter à Dijon, c’est celui là! Le Musée des Beaux Arts de Dijon est absolument incroyable! Déjà, c’est un des plus vieux musées de France. Il est ouvert gratuitement au public dès 1787 (bien avant le Louvre). C’est surtout un musée incroyablement riche. Je ne m’attendais vraiment pas à voir autant de belles choses 🙂

Comme expliqué un peu plus haut dans l’article, il est est installé dans les ailes du Palais des Ducs de Bourgogne. L’entrée donne le ton avec un escalier monumental! Après une collection sur l’antiquité, on arrive dans la galerie Bellegarde avec sa collection médiévale.

Parmi toutes œuvres présentées, mention spéciale pour les magnifiques retables du XIVe siècle par le célèbre sculpteur flamand Jacques de Baerze.

Ils étaient auparavant dans la Chartreuse de Champmol. C’était le grand édifice construit par Philippe Le Hardi pour avoir une nécropole des ducs de bourgogne qui pourrait rivaliser avec celle des rois de France à Saint Denis. La Chartreuse de Champmol a été en partie détruite par la Révolution puis est devenue un hôpital. Heureusement, une grande partie des ses œuvres d’art ont survécus et sont exposées ici.

Dans les musées, j’aime aussi prendre en photo les pires ratés! La peinture à l’époque médiévale, c’était pas si facile 😉

Je vous présente donc les terrifiant dragons qui affrontent Sainte Marguerite, le bœuf de la Nativité sous ecstasy, le Christ avec des soucis de vertèbres cervicales et un soldat romain derrière lui avec un air vraiment trop cheulou!

On peut aussi voir un moulage en provenance du Puits de Moïse de la Chartreuse de Champmol. Avec surprise, on découvre que Moïse est cornu! Ces cornes mystérieuses proviennent d’une mauvaise traduction de l’Ancien Testament, et ça a pas mal embêté les artistes pendant des siècles!

On arrive ensuite dans l’ancienne grande salle d’apparat du Palais avec sa cheminée monumentale. C’est ici que sont exposés les tombeaux des Ducs Bourgogne. Ils étaient eux aussi dans la Chartreuse de Champmol. Détruits en morceaux à la Révolution, ils sont restaurés en 1827. Ce ne sont en réalité que des statues peintes (les véritables dépouilles des Ducs reposent dans des caveaux de la cathédrale). On peut voir les gisants de Philippe le Hardi, Jean Sans Peur et son épouse Marguerite de Bavière. Les suivants n’ont pas continué la tradition.

Après avoir croisé une impressionnante sculpture de la mort du XVIe siècle en provenance de l’ancienne abbaye de Clairvaux, on déambule à travers une multitude d’œuvres de la renaissance. Puis, on arrive dans la magnifique salle des statues!

Il y a ici le très beau Gladiateur Combattant (1786) de Pierre Petitot, inspiré du célèbre gladiateur antique Borghèse du Louvre. Coup de cœur pour Hébé et l’aigle de Jupiter (1857). C’est une œuvre de François Rude. Cet artiste à Dijon est célèbre pour avoir sculpté entre autre la grande Marseillaise de 11m de haut sur l’Arc de Triomphe à Paris.

On trouve d’autres belles réalisations de François Rude, comme le Jeune pécheur napolitain et Louis XIII enfant.

Plus loin, derrière la belle statue du Faucheur d’Henri Bouchard, on peut découvrir la collection des œuvres du XIXe siècle.

Là aussi quelques coups de cœur avec par exemple Félix Trutat et le Portrait de l’artiste et sa mère, un jeune peintre dijonnais mort de la tuberculose à 24 ans en 1848.

Ou Alphonse Legros avec cette étude de tête.

Une autre icône de l’art, c’est le Pompon! 🙂 Enfin il s’agit plutôt des sculptures animalières de François Pompon, né à Dijon en 1855. Ses œuvres sont facilement reconnaissables avec un style novateur et des surfaces simples lisses et polies.

Le Musée des Beaux Arts de Dijon possède aussi une partie contemporaine et moderne avec par exemple des œuvres de Maria Helena Vieira da Silva, l’éclatement de Judit Reigl ou la Vache-paysage de Samuel Buri.

Si vous voulez aussi découvrir ce très beaux musée (et bien sûr que vous en avez envie), retrouvez toutes les infos sur le site officiel. Ah oui en plus, il est gratuit! 😉

La gastronomie à Dijon!

Dijon est aussi la capitale de la gastronomie! La Bourgogne regorge de spécialités culinaires comme le bœuf bourguignon, le jambon persillé, les escargots de Bourgogne, les œufs meurettes, les gougères, etc … il semblerait par contre que la fondue bourguignonne soit en réalité d’origine suisse mais avec de la viande originaire de Bourgogne. Ouf, l’honneur est sauf!

Bien évidemment il y a la célèbre moutarde de Dijon! Elle était déjà populaire au XIIIe siècle. Son appellation n’est pas protégée. En fait « Moutarde de Dijon », ça correspond à une méthode de fabrication, pas un terroir. On peut faire de la moutarde de Dijon partout. Mais comme c’est plus sympa d’en faire à Dijon, il est possible de participer à un atelier de création de votre véritable moutarde 🙂 Pour ça, il faut réserver en ligne. Ca se passe dans une ancienne moutarderie (86 Rue Monge), en association avec la maison Edmond Fallot, dernier moutardier artisanal de Dijon. On peut visiter une boutique-atelier (16 Rue de la Chouette).

Tout le monde connait le Kir? Ce mélange de vin blanc (bourgogne aligoté) et de crème de cassis a été inventé à Dijon. Il a hérité du nom de Félix Kir, le maire de Dijon de 1945 à 1968. À boire avec modération (ou pas 😉 ), accompagné de bonnes gougères, un classique!

Si vous cherchez où boire des bons cocktails à Dijon, ne cherchez plus! Il y a une adresse incontournable, c’est Monsieur Moutarde (40 rue des Forges). Installé dans une ancienne bâtisse du XIIIe siècle, avec une déco parfaite, c’est l’endroit idéal pour venir se poser après une journée de visite. Allez-y vous ne le regretterez pas 😉

Si vous préférez le chocolat, alors je vous conseille la boutique Fabrice Gillotte (21 rue du Bourg), meilleur ouvrier chocolatier de France 😉

Il y a aussi les grandes halles de Dijon, inscrites aux monuments historiques, pour y faire son marché et gouter les meilleures spécialités. Tout autour des halles, c’est une succession de restaurants et de bars. Vous y trouverez votre bonheur 🙂

Enfin, Dijon possède maintenant la Cité internationale de la Gastronomie et du Vin. Plus d’infos sur le site officiel. Je ne l’ai pas visité et à vrai dire pour la gastronomie et le vin, je préfère aller directement dans les restaurants haha

Un peu plus à découvrir ?

Vous pouvez aller à l’ancienne Chartreuse de Champmol voir le fameux Puits de Moïse. Ce grand socle sculpté de 7m de haut a survécu à la Révolution. Si vous avez envie de verdure, une balade dans le Jardin Botanique de l’Arquebuse est toujours agréable! Enfin on n’oublie pas le vin, car à moins d’une heure de route, il y a les Hospices de Beaune à découvrir!

Le Château de Vincennes, une forteresse royale à Paris!

Aux portes de Paris se trouve un château de tous les records. À la fois résidence royale pendant des siècles, forteresse et prison. C’est un monument important de l’histoire de France. Hop en route pour découvrir le Château de Vincennes 🙂

Pour découvrir ce joyau d’histoire, on prend la ligne 1 du métro et on descend à la station « Château de Vincennes » (ou avec le RER A, station Vincennes). Une fois le billet d’entrée en poche (13 eur), faisons un grand pas dans l’histoire de France!

Remontons à l’époque du moyen-âge à l’est de Paris. Il y a une vaste forêt que les rois Francs transforment en réserve de chasse. Ils y font construire un manoir royal qui leur sert de résidence secondaire. On dit même que le roi Saint Louis (1214-1270) y rendait la justice assis sous un chêne. Plus tard, en pleine Guerre de Cent Ans, ayant vu les émeutiers attaquer le Palais de la Cité à Paris, le roi Charles V décide de transformer le manoir royal de Vincennes en une véritable forteresse! Désormais le Palais de la Cité ne sera plus utiliser que pour des banquets royaux. À Vincennes, il fait construire un grand donjon et y emménage dès1368. Cette résidence royale sous forme de cité fortifiée est entourée d’un mur d’enceinte de 11m de haut et de plus d’un kilomètre de longueur. Les murailles sont renforcées par 9 grandes tours fortifiées de 40m de haut.

Les grandes douves du château sont alimentées par un petit ruisseau venant des coteaux de Montreuil. Le trop plein se jetait dans le lac de Saint Mandé. Dans l’enceinte du château il fait construire une Sainte Chapelle et différents bâtiments pour abriter la cour royale, l’administration, une armée, etc… En 1380, c’est une véritable petite ville dans le plus vaste château d’Europe.

Les tours fortifiées et le grand donjon du château de Vincennes étaient visibles de loin. Avec 52m de haut, c’est le plus haut donjon d’Europe. Il devait abriter le roi en cas de danger, à l’abri derrière des murs de 3m d’épaisseur. Il est entouré de douves, on y accède par un pont-levis, c’est une véritable place forte à l’intérieur du château.

Au rez-de-chaussée du donjon on trouvait les réserves de provisions. Une grande salle de réception accueillait les invités au premier étage. La chambre du roi, la plus confortable, était au deuxième étage.

Le donjon devient aussi une prison d’état pour les prisonniers de haute naissance. Il ne peut garder que 14 détenus. Parmi les nombreux prisonniers qui seront retenus dans le donjon de Vincennes, il y a quelques noms célèbres comme Voltaire, le marquis de Sade ou Mirabeau.

En visitant ces anciennes cellules, on peut découvrir les graffitis laissés par les prisonniers à travers les époques. Il y a par exemple une fresque dessinée par Monseigneur Boulogne, évêque de Troyes, emprisonné par Napoléon.

Le château de Vincennes abrite aussi une merveille de l’art gothique. Le roi Charles V avait le projet de faire construire une Sainte Chapelle, comme son ancêtre Saint Louis l’avait fait avant lui avec la Sainte Chapelle au Palais de la Cité à Paris. Les travaux commencent en 1379 mais le roi meurt avant la fin. Elle est inaugurée seulement en 1552 sous le règne du roi Henri II.

Elle devait conserver les reliques de la Passion du Christ, avec la Couronne d’épines et un morceau de la Vraie Croix. Construite dans le style gothique flamboyant, la Sainte Chapelle de Vincennes mesure 40m de long et 20m de haut.

Lors de Révolution, les riches décors intérieurs sont détruits. Parmi les trésors conservés dans la Sainte Chapelle, il y avait un bassin précieux, d’origine orientale. Il était utilisé pour le baptême des enfants royaux. On l’a appelé le baptistère de Saint Louis même s’il n’avait aucun rapport avec ce roi.

De nos jours, ce joyau de pierre et de verre (avec des magnifiques vitraux représentant l’Apocalypse) accueille régulièrement des installations artistiques 🙂

Après plusieurs siècles, le château médiéval commence à manquer de confort. En 1658, le jeune roi Louis XIV fait construire le Pavillon du Roi, suivi du Pavillon de la Reine. Mais il trouve que la situation du château de Vincennes est toujours trop proche de Paris et de sa population menaçante. Il décide finalement de faire construire un château plus moderne loin d’ici, à Versailles. Le Roi et la cour quittent le château de Vincennes en 1682.

Plus tard, le roi Louis XV trouve une nouvelle utilité pour le château de Vincennes délaissé. En 1740 il y autorise l’installation d’une fabrique de porcelaine, et une école militaire en 1751. La manufacture de Vincennes devient rapidement une des plus réputées d’Europe. Victime de son succès, elle déménage en 1756 pour s’installer dans l’ouest parisien et deviendra la célèbre Manufacture de Sèvres.

Apres la Révolution, on se demande s’il faut encore conserver ce château. On décide d’y installer l’arsenal de Paris qui deviendra le principal site de production de munitions pour les armées de Napoléon. Vincennes est alors une véritable place forte militaire On fait réduire la hauteur des tours fortifiées pour y installer des batteries d’artillerie au sommet.

En 1814, le reste de l’Europe fait alliance pour affronter Napoléon. La ville de Paris se rend et les troupes prussiennes veulent évidemment s’emparer de l’arsenal du château de Vincennes. Pas de chance, à ce moment, l’arsenal est sous le commandement de l’intrépide et courageux général Pierre Dausmenil. Quand on lui demande de se rendre, ce fidèle de Napoléon répond  « Quand vous me rendrez ma jambe, je vous rendrai ma place ! ». Comme le général avait perdu sa jambe dans une précédente bataille, vous imaginez la suite! Après 5 mois de siège et de résistance acharnée, il finit par se rendre et sort de la forteresse en portant fièrement le drapeau tricolore. Une véritable légende de Vincennes! 🙂

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les nazis détruisent des dépôts de munitions lors de la libération de paris en 1944. Un grand incendie détruit les pavillons du Roi et de la Reine. Ils seront reconstruit pour abriter le Service Historique de l’Armée de Terre de l’Air et de la Marine. En 1958, le président Charles de Gaulle avait le projet de quitter le Palais de l’Elysée et d’installer la présidence française au château de Vincennes. Finalement ce projet sera abandonné. Toutefois, il reste toujours un autre projet, le « Plan Escale ». Si un jour la Seine devait avoir une crue centenaire qui inonderait tout Paris, un plan spécial d’évacuation est prévu pour déménager les services de l’Élysée à Vincennes.

Je vous partage aussi quelques photos d’illuminations dans le château. Il y a régulièrement de chouettes évènements organisés 🙂

Pour connaitre le calendrier des actualités et préparer votre visite, le site officiel.

Un dernier regard sur la Tour du Village, la dernière des 9 tours fortifiées de Charles V, et hop en route vers de nouvelles aventures 😉

Visiter Strasbourg, le guide complet

Ah Strasbourg, la capitale de l’Alsace, la capitale Européenne, la capitale de Noël. Cette grande ville de l’Est de la France est un véritable coup de cœur! Je vous embarque pour une visite touristique, historique, culturelle et insolite de la ville! C’est parti, hop en route 🙂

Une fois arrivé à Strasbourg, direction le centre ville historique. L’Office du Tourisme est d’ailleurs situé juste à côté de la Maison Kammerzell, qui est l’emblème de la maison à colombages 🙂

Commençons par un peu d’histoire car c’est toujours intéressant de connaître le passé de la ville!

Un peu d’histoire strasbourgeoise 😉

L’histoire de Strasbourg remonte à plus de 2000 ans. Les Celtes avaient une petite cité, Argentorate, puis les Romains y fondent le camp Argentoratum en l’an -15. Le camp devient une colonie militaire importante avant d’être détruit par Attila quand il envahit la gaulle en 451. Les Francs rebâtissent la cité en Stratiburg (château des routes). C’est alors une petite ville modeste à la croisée des routes commerciales sur un des rares ponts traversant le Rhin. Avec la montée en puissance du pouvoir des évêques, c’est l’essor au XIIe siècle. Strasbourg devient une des plus grandes ville du Saint-Empire Romain Germanique. On lance la construction d’une nouvelle et grandiose cathédrale, on agrandi les remparts. Devenue ville impériale libre, elle continue à gagner en richesse et en prospérité. En 1439, la flèche de la cathédrale est achevée, c’est le monument le plus haut de la chrétienté, un véritable symbole de puissance pour la ville! Grâce à l’invention de Gutenberg qui a vécut à Strasbourg, la ville devient un grand centre d’imprimerie et attire de plus en plus d’intellectuels. Elle est le berceau des idées de la Réforme, en conflit contre les richesses de l’église et les abus des évêques. La ville devient protestante en 1532 (la cathédrale est partagé en deux entre un évêque catholique et un protestant, ce qui créera beaucoup de conflits). Pendant la guerre de Trente Ans qui ravage toute l’Alsace, Strasbourg se tient à l’écart des problèmes, bien cachée derrière ses puissants remparts. L’empire germanique est battu et la ville se rend à Louis XIV en 1681. Elle est officiellement rattachée au royaume de France. Cependant, elle reste majoritairement protestante et on y parle allemand. Strasbourg est toujours prospère et rayonnante et son grande université est renommée. Apres la Révolution, le maire de Strasbourg demande un hymne à Rouget de l’sle pour la guerre contre la Prusse et l’Autriche. Il va composer un « Chant pour l’armée du Rhin », qui deviendra un symbole de la Révolution puis la fameuse Marseillaise, l’hymne national. Au XIXe siècle, la ville est à l’étroit dans son urbanisme médiéval. Des travaux sont lancés pour tenter de la moderniser. En 1870, c’est à nouveau la guerre. Les anciens remparts ne résistent pas longtemps devant l’artillerie moderne. La ville capitule et devient allemande. Elle va devenir une vitrine du savoir faire germanique. Elle est modernisée et sa surface triplée! Puis, c’est la Première Guerre Mondiale, et Strasbourg redevient française. Quand la Deuxième Guerre Mondiale arrive, la ville est évacuée dès 1939. En 1940, elle redevient allemande et les nazis n’acceptent que des habitants d’origines allemandes. Bombardée puis libérée en 1944 par le général Leclerc, Strasbourg redevient française. Après avoir changé 4 fois de nationalité en 75 ans, elle est un symbole de la réconciliation franco-allemande. On décide d’y installer les neuves institutions européennes. Depuis, Strasbourg est toujours florissante économiquement et attire de nombreux touristes qui veulent découvrir les charmes de l’Alsace et son joli centre ville historique préservé 🙂

La Cathédrale de Strasbourg

C’est la cathédrale de tous les records. C’est la cathédrale la plus visitée de France après Notre-Dame de Paris. Pendant deux siècles, c’était le plus haut bâtiment du monde! C’est aussi la cathédrale du torticolis! Contrairement à d’autres villes, il n’y a pas eu ici de véritable destructions autour pour dégager un grand parvis. Alors quand on est devant sa façade de 51m de large et ses 112m de longueur, on est un peu embêté haha 😉 Bombardée plusieurs fois, c’est un miracle si elle est toujours là. Découvrons ce « prodige du gigantesque et du délicat » comme disait Victor Hugo 🙂

Aux origines, il y avait ici un ancien sanctuaire celte ou romain, puis une précédente grande cathédrale romane brulée lors d’un incendie. Alors au XIIe siècle on lance les grands travaux pour une nouvelle cathédrale majestueuse en grès rose! D’abord construite dans un style Roman, l’arrivée d’un nouvel évêque en 1220 change tout, il veut absolument du Gothique. En 1360, elle ressemblait beaucoup à Notre-Dame de Paris avec ses deux tours. Mais changement de plan, on décide de remplir l’espace entre les deux tours! et on se dit « Pourquoi pas une grande flèche par dessus tout ça? » Banco! En 1399, la ville embauche l’architecte le plus réputé du moment, Ulrich d’Ensingen. Il a travaillé sur la grande cathédrale de Milan (que je vous présente sur cette page) et la grande cathédrale d’Ulm. La flèche est finalement achevée en 1439 et culmine à 142m. Strasbourg possède maintenant le plus haut bâtiment du monde! Evidemment, on aimerait une deuxième flèche, mais aucun projet ne sera retenu.

Quand la ville devient protestante, on retire les sculptures des Saints, on recouvre les fresques des murs, et on change le sol pour mettre un dallage sobre à la place des pierres tombales. En 1759, la foudre provoque un terrible incendie! À peine restaurée, la Révolution va provoquer des dégâts : 253 statues sont détruites, les bronzes du portail et les ornements métalliques sont arrachés et fondus. La grande flèche a même faillit être démolie! En 1806 commence la réparation des dégâts, on resculpte des statues, on restaure les vitraux. Mais patatra, en 1870 elle est visée par les obus de la Prusse et subit un nouvel incendie! Dans les années 1920, on se rend compte que la tour nord n’a pas les fondations nécessaire pour supporter le poids de la haute flèche, et que tout menace de s’effondrer! De justesse on consolide tout avec du béton.

Quand la Seconde Guerre Mondiale arrive, les vitraux sont mis à l’abri. D’abord cachés par la France en Dordogne, ils seront finalement rendus aux nazis et entreposés dans une mine de sel en Allemagne! Hitler projette de la transformer et d’en faire un Mémorial pour les Soldats Allemands. Ca faisait parti de son grand projet pour faire de Strasbourg une nouvelle mégalopole du Reich. En attendant, il y interdit le culte catholique et la cathédrale est fermée jusqu’à nouvel ordre. Finalement elle subira les bombardements des alliés en aout 1944. Enfin, de longs travaux de rénovation seront lancés dans les années 1960 et dureront des décennies! Ouf, maintenant la cathédrale est belle et elle n’attend plus que vous 🙂

Vous découvrirez par exemple la très belle chaire de pierre réalisée au XVe siècle pour le prédicateur Jean Geiler. C’est un formidable chef d’œuvre avec des sculptures fines et délicates. Insolite, cette chaire abrite un petit chien sculpté. Il a été rajouté en référence au chien du prédicateur qui l’accompagnait toujours quand il montait pour faire ses sermons. Depuis, cette sculpture est un peu devenue la mascotte de la cathédrale. Caressée par des millions de mains, la pierre du petit chien est devenue toute noire!

On peut aussi y admirer le célèbre Pilier des Anges. C’est un pilier en grès rose de 18m de haut, soutenant la charpente, construit vers 1230. On l’appelle aussi le Pilier du Jugement Dernier. En bas on trouve les 4 évangélistes, puis des anges qui sonnent les trompettes de l’Apocalypse et enfin le Christ au sommet. Derrière, éclairé par un projecteur, on aperçoit un homme accoudé à une balustrade qui semble regarder le pilier. Il est très connu mais on ne sait absolument pas qui est ce personnage 🙂 Le pilier a une légende. Un jour, alors que le que le diable chevauchait le vent à travers de Strasbourg, il passe devant la cathédrale. Curieux, il descend pour visiter l’intérieur, et contemple longuement le pilier. Il ne voit pas le temps passer et la messe commence. Il se retrouve alors immédiatement piégé à l’intérieur du pilier! Depuis, son cheval venteux l’attend toujours à l’extérieur, et c’est pour ça qu’il y a souvent du vent dans les ruelles autour de la cathédrale.

Une autre réalisation qui fait la renommée de cette cathédrale, c’est son horloge astronomique. Elle est achevée en 1574. Considérée comme un véritable chef d’œuvre de la Renaissance, cette horloge a aussi sa légende. On dit que le maire de Strasbourg, jaloux et voulant éviter que cette merveille puisse être reproduite ailleurs, a fait crever les yeux de son constructeur, le mathématicien Dasypodius. Rassurez-vous, ce n’est jamais arrivé 😉 Les rouages du mécanisme sont usés après trois siècles de fonctionnement, et un jour, l’horloge s’arrête! Un ingénieur strasbourgeois réussira à remplacer tout le mécanisme intérieur en 1842. Depuis, tous les jours à 12h30 précisément, les automates de l’horloge s’animent! 🙂 Pour assister à ce spectacle, il faut acheter sur place un billet à 4 Eur.

Les orgues magnifiquement décorés datent du XVIIIe siècle.

On peut aussi grimper au sommet (ou presque) de la cathédrale! Une fois le billet acheté (8 Eur), préparez vous à gravir les 332 marches pour atteindre la plateforme de la Tour Sud, à 66m de hauteur.

Depuis la maison du gardien construite en 1782 pour prévenir les risques d’incendie, on a une vue panoramique à couper le souffle sur le vieux Strasbourg 🙂

Depuis la plateforme on peut aussi admirer d’un peu plus près l’impressionnante flèche qui atteint 142m de haut. Une véritable dentelle de pierre, toute en finesse et en légèreté. On a du mal à s’imaginer le travail des derniers tailleurs de pierre perchés sur des échafaudage au dessus du vide. Il ne fallait vraiment pas avoir le vertige pour installer la dernière pierre!

Insolite, on peut aussi découvrir les innombrables graffitis gravés dans la pierre par les visiteurs entre 1818 et 1870! Parmi eux, on retrouve quelques noms célèbres comme Victor Hugo ou Goethe. Attention, maintenant c’est interdit, même si vous êtes « famous »! En revanche, vous pourrez toujours graver votre nom via un écran tactile sur un livre d’or virtuel 😉

Si ça vous intéresse, encore plus d’infos sur le site officiel.

Enfin, chaque été, la cathédrale s’illumine la nuit 🙂 C’est un merveilleux spectacle gratuit, qu’on ne se lasse pas d’admirer!

Le Palais Rohan

En face de la cathédrale, de l’autre côté de la place, il y a le Palais Rohan. Ce grand bâtiment date du XVIIIe siècle. Après avoir récupéré Strasbourg, Louis XIV arrive à faire nommer un jeune noble de la famille Rohan comme évêque, avec la tâche de ramener la population de la ville dans le catholicisme et la langue française. En parallèle, l’évêque Rohan, sans doute à l’étroit dans son ancien palais, achète plusieurs pâtés de maison et fait tout détruire. À la place, il fait bâtir ce grand palais! Il choisit le même style architectural que les grands hôtels parisiens. Après la Révolution, le palais accueille le Musée des Beaux-Arts, le Musée Archéologique et le Musée des Arts Décoratifs! L’entrée de chaque musée coûte 7.50 Eur. Vous pouvez choisir le Pass à la journée à 16 Eur pour visiter les trois musées (ou attendre le premier dimanche du mois, là c’est gratuit). Si vous avez la malchance d’avoir de la pluie, c’est la visite idéale!

En choisissant le Musée des Arts Décoratifs vous pourrez voir les « pièces historiques » du Palais. Après avoir traversé la cour d’honneur, on déambule notamment dans le Salon des Evêques et la Chambre du Roi. Pour information, ces pièces ne sont pas d’époque. Il s’agit de reproductions fidèles, car une bonne partie du Palais a été bombardée en 1944.

Le musée propose aussi d’innombrables « chefs d’œuvres » de faïences et de porcelaines, comme ce choux farci crémeux! haha 🙂 On y trouve aussi la première horloge astronomique de la cathédrale, qui date de 1354.

Au fait, le nom Rohan vous est peut être familier ? Alors aucun rapport avec Rahan, et encore moins avec Tolkien et le Seigneur des Anneaux (si vous avez la ref’ 😉 ). En fait la famille Rohan donnera 4 évêques de Strasbourg (et grand aumoniers de France). Pour, le dernier, pas de bol, il sera célèbre malgré lui en se faisant avoir en beauté dans le Scandale du Collier de la Reine !

Autour de la Place

Autour de la place, on trouve aussi le bâtiment du Musée de l’Œuvre Notre-Dame (du XIIIe siècle) qui abrite un musée médiéval (7.50 Eur aussi l’entrée). Juste à côté, c’est la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame (du XVIe siècle) avec son étrange portail, qui gère l’entretien de la cathédrale depuis 1224! On y trouve aussi un joli jardin médiéval … créé en 1937 🙂

Ne manquez pas le pilier de la minceur 😉 Il se trouve à l’angle de la rue Mercière et de la Place. Il y a un espace de 35cm entre le pilier et le mur. Selon une tradition qui remonte à 1567, chaque année, les membres du conseil de la ville devaient passer de profil dans cet espace, pour vérifier qu’ils n’avaient pas abusé de choucroutes et de bières. À votre tour maintenant! 🙂

Insolite, dans un coin de la place, vous verrez une plaque au sol. C’est la capsule temporelle de Strasbourg! En 1995, 14 bidons en plastique avec des milliers d’objets du quotidien des strasbourgeois ont été scellés sous terre dans un bunker en béton armé! La notice indique aux archéologues du futur qu’il ne faudra pas l’ouvrir avant 3790! Patience, Patience 🙂

La Place Kléber

Une autre place mérite le détour. C’est la grande Place Kléber (du nom de l’ancien général né à Strasbourg). C’est la plus grande place de Strasbourg. Tous les grands évènements populaires ont lieu ici, comme le grand sapin de noël, ou le traditionnel marché de noël depuis 1570. Ce soir là, c’était un chérubin géant qui volait au dessus de la place, tout à fait normal haha 🙂

La Place Kléber est bordée par le grand bâtiment de l’Aubette. Cette ancienne caserne où les ordres étaient donnés à l’aube (d’où son nom) est maintenant à moitié un centre commercial (L’Aubette shopping) et à moitié un musée (Aubette 1928, gratuit). À deux pas de la place, ne manquez pas la façade décorée de la pâtisserie Christian au 12 rue de l’Outre. Cette peinture en trompe l’œil date de 1987 lors de la restauration de cette bâtisse du XVIe siècle. Au passage, c’est aussi la pâtisserie la plus réputée de la ville, avis aux gourmands (la carte ici) 😉

Le quartier de La Petite France

LE quartier touristique de Strasbourg se trouve à l’ouest de la ville, c’est la célèbre Petite France. Des belles maisons à colombages, des canaux qui donnent un air de Venise, des chouettes restaurants. Tout est là pour en faire une carte postale idéale. Pourtant, la signification de la Petite France ne fait pas rêver! 🙂 Remontons dans le temps. En 1494, le roi Français Charles VIII part faire la guerre en Italie. Ses soldats fricotent avec les filles de joie napolitaines, et de retour au pays, ils sont couverts de furoncles. On découvre alors une nouvelle maladie, la syphilis, qu’on appelle à l’époque le « mal français ». Les mercenaires rentrés à Strasbourg sont placés à l’écart dans un hospice du quartier. On le surnommera plus tard la Petite France.

Le quartier abritait principalement des meuniers, des pêcheurs et des tanneurs. D’ailleurs la célèbre Maison des Tanneurs construite en 1572 est toujours là 🙂 Depuis 1949, c’est un restaurant traditionnel. Pour manger une bonne choucroute dans un bâtiment classé monument historique, pensez à réserver ici.

Ensuite, hop on enjambe le Pont du Faisan pour traverser la rivière de l’Ill. C’est un pont mobile construit en 1888, qui s’ouvre régulièrement pour laisser passer les bateaux-mouches. Il remplace l’antique pont en bois du XIVe siècle.

Une curiosité se cache près des écluses et des canaux. Elle se trouve derrière une baie vitrée de l’hôtel 5 étoiles du Régent (pour y réserver une chambre qui n’a pas de prix, c’est ici). Au moyen-âge il y avait là un grand moulin. Puis au XIXe siècle, on le remplace par des machineries complexes, les anciennes glacières de Strasbourg. Elles produisaient jusqu’à 200 pains de glaces par jour pour les brasseurs, les charcutiers, les restaurateurs et les particuliers. Elles sont fermées depuis 1990.

Juste à côté, on découvre les fameux Ponts Couverts de Strasbourg. Au XIIIe siècle, les bourgeois de la ville font construire quatre ponts couverts pour fermer l’accès à l’Ill et défendre la ville d’une attaque par la rivière. Pour être encore plus costauds, ils rajoutent cinq tours fortifiées (il n’en reste plus que quatre).

Plus tard, quand ce système de défense moyenâgeux devient obsolète et inutile, on remplace les ponts couverts par des ponts normaux (mais le nom est resté). Les tours sont conservées pour servir de prison jusqu’en 1823.

Juste en face, c’est le Barrage Vauban! Il est construit en 1688 pour moderniser la défense de la ville. C’est un pont écluse sur la rivière. L’idée est toute simple : si la ville est attaquée, il suffit de fermer les portes des arches, tous les terrains au sud seront inondés par la rivière et deviendront un marécage bloquant les troupes ennemies. Cette stratégie sera utilisée bien plus tard en 1870 quand l’armée de la Prusse fait le siège de Strasbourg. Le sud de la ville sera inondé et épargné, mais la cité sera sera capturée par le nord.

Depuis, le barrage Vauban est reconvertie en galerie couverte et terrasse panoramique 🙂

Avant de quitter ce joli quartier de la Petite France je vous propose de découvrir deux endroits insolites supplémentaires. Le premier, c’est le plus vieil arbre de Strasbourg 🙂 C’est un superbe platane qui date de 1667! On peut retrouver son énorme tronc au 3 quai de la Bruche.

Le deuxième, c’est la plus petite maison de la ville 🙂 Cette minuscule maison bleue digne d’un schtroumpf se trouve au 9 rue des Moulins, à côté de la terrasse du restaurant Chez l’Oncle Freddy.

Au fil de l’Ill 🙂

Suivons maintenant le bras de la rivière de l’Ill qui coule au sud de la grande île du centre ville historique de Strasbourg.

Visitons la vieille église Saint Thomas avec son allure de forteresse. Sa construction remonte au XIIe siècle, mais plus tard elle a longtemps été considérée comme la cathédrale du protestantisme français.

Dans l’église on peut découvrir l’ancien sarcophage en grés rose de l’évêque Adeloch mort en 1130. Mais c’est surtout le fond de l’église qui attire le regard, avec le magnifique mausolée du maréchal Maurice de Saxe. C’était un officier d’origine allemande (et protestant) qui a victorieusement commandé les troupes de Louis XV dans plusieurs conflits. Après sa mort en 1750 dans son Château de Chambord, on lui refuse le droit d’être enterré à Paris. On envoie donc sa dépouille dans la plus grande ville protestante du royaume, et le roi passera commande de ce grand mausolée qui mettra vingt ans à être sculpté!

L’église est aussi célèbre pour ses orgues splendides qui datent de 1741. Même Mozart qui a joué dessus en 1781 a vanté la beauté et la sonorité de l’instrument 🙂

La rivière passe maintenant sous le pont Saint Thomas qui date de 1841. C’est le plus ancien pont de fonte conservé en France.

Si on traverse le pont et qu’on va un peu plus au sud dans le quartier de Finkwiller, il y a un bel endroit à visiter!

Les caves historiques des Hospices de Strasbourg

En 1395, un nouvel hôpital est créé au sud de Strasbourg. Il se dote de grandes caves, car en plus des soins, les religieux qui dirigent l’institution proposent aussi à boire et à manger aux pèlerins et aux pauvres. On pouvait payer ses soins avec des dons en nature, ou des legs. Avec le temps, l’hôpital devient un des plus importants propriétaires fonciers d’Alsace! L’hôpital historique est détruit dans un incendie en 1716, mais les caves sont épargnées, ouf! Pour son 600e anniversaire en 1995, la cave devient une coopérative viticole. Une trentaine de vignerons mettent leur production en commun dans les grands tonneaux et récupèrent ensuite une partie des bouteilles, le « Vin des Hospices ». Le reste des bouteilles est vendue directement par la cave et les bénéfices servent à l’achat d’appareils médicaux.

On peut donc visiter cette grande cave voutée médiévale de 1200m². Le clou du spectacle c’est un tonneau de 300 litres datant de 1472 et qui a conservé le même vin blanc jusqu’en 2014! C’est le plus vieux vin du monde en tonneau! (Il a ensuite été transféré dans un nouveau tonneau, pour les siècles à venir).

Ce fameux millésime 1472 n’a été servi qu’à trois reprises : en 1576 (pour remercier les Zurichois venus au secours de la ville), en 1718 (après la reconstruction de l’hôpital) et en 1944 pour le Général Philippe Leclerc qui a libéré la ville. La cave abrite aussi un petit espace musée et on peut y découvrir un des plus grands tonneaux des hospices. Il date de 1881, avec une contenance de 26 080 litres. Ca en fait des bouteilles! La visite des caves historiques des hospices est libre et gratuite. La Cave se situe à l’intérieur de l’Hôpital Civil (côté centre-ville), au sous-sol du bâtiment de la Direction Générale (services administratifs). Il suffit de suivre le panneau. N’hésitez à déguster (avec modération) et acheter (sans modération) en boutique, c’est pour la bonne cause! 🙂
Plus d’infos sur le site officiel.

La rivière passe maintenant sous le pont Saint Nicolas, à côté de l’église protestante du même nom.

Sur le quai, on aperçoit un grand bâtiment, c’est l’ancienne douane de Strasbourg. En 1358, ces douanes servaient à contrôler, taxer et stocker les marchandises naviguant le long du Rhin tout proche (principalement de vin, poisson, sel et tabac). Pendant tout le moyen-âge, c’était le plus grand bâtiment civil de Strasbourg. En 1803, les douanes disparaissent et le grand bâtiment héberge des marchés. Il est pratiquement détruit par les bombardements de 1944, mais il sera reconstruit en 1966. Maintenant il abrite un restaurant, des ateliers et une salle exposition.

Attardons nous un peu sur le Quai des Bateliers avec une pause gourmande Aux Trois Chevaliers. Ce restaurant avec une carte traditionnelle alsacienne et une adresse emblématique du quartier. Un endroit que je vous recommande 😉 Pour réserver, voici leur site.

On peut maintenant découvrir cette Place du Corbeau avec le Musée Historique de la Ville de Strasbourg (entrée 7.50 eur) et l’embarcadère. Il y a aussi le Pont du Corbeau qui permet de relier le centre historique au quartier Krutenau. C’est un joli pont qui date de 1892, et en dessous passent les bateaux-mouches. C’est charmant 🙂 Mais au moyen-âge c’était totalement différent. Ici, il y avait un pont en bois, le Pont des Supplices. La jolie rivière de l’Ill était alors un véritable égout à ciel ouvert. On y noyait des condamnés dans une sorte de grand panier, le schandkorb. Ou alors, on les jetait simplement depuis le pont. Comme quasiment personne ne savait nager à l’époque, on mourrait noyé dans les matières fécales! C’est quand même bien plus sympathique maintenant 🙂

Et pourquoi corbeau au fait? Car ces oiseaux étaient nombreux dans le quartier pour venir picorer les dépouilles des condamnés… D’ailleurs en souvenir de cette belle époque, il y a une statue de corbeau à un angle de mur, juste avant de rentrer dans la discrète Cour du Corbeau.

La Cour du Corbeau est classée Monument Historique dès 1930. C’est un très bel exemple de maisons à pans de bois et encorbellements, datant du XVIe siècle.

Un peu plus loin dans le quartier, juste derrière le pont et l’église Sainte Madeleine, on peut trouver la Porte des Remparts.

C’est un des derniers vestiges des remparts construits au XIIe siècle pour protéger le sud de Strasbourg. Le portail a été creusé bien plus tard en 1913.

Après avoir dépassé la petite passerelle de l’Abreuvoir, on arrive au Pont Saint Guillaume bâti en 1892 (et son trottoir peint 🙂 ).

En s’éloignant un tout petit peu du pont en direction du centre ville, on arrive sur la Place Saint Etienne. C’est une jolie place médiévale pittoresque bordée des traditionnelles maisons à colombages. Entre deux tilleuls, au centre de la place, on trouve la fontaine du Meiselocker. C’est une statue reçue en 1929 de la part de la ville de Munich en échange de la statue du Père Rhin (Vater Rhein) qui ne plaisait pas du tout aux strasbourgeois (je vous laisse chercher une photo sur le net pour découvrir son fameux déhanché haha).

Cette statue représente un Meiselocker, un charmeur de mésanges. C’est un des surnoms des strasbourgeois. La tradition voulait qu’au printemps, les jeunes allaient à la campagne jouer de la flûte pour attirer et capturer des mésange, pour les vendre ensuite aux marchés en ville.

Depuis cette place, si vous continuez de remonter la rue de l’Arc-en-Ciel, vous arriverez à La Nouvelle Poste. C’est un bar vraiment cool que je vous recommande 😉

De retour sur le Pont Saint Guillaume, on peut découvrir la petite église protestante Saint Guillaume avec son étrange façade et son clocher de travers. Vous verrez, une fois devant, on se rend compte que quelque chose n’est pas droit. 😉

Plus loin, on arrive à la grande église Saint Paul qui ressemble à une cathédrale gothique. On la voit de loin avec les deux flèches de sa façade qui culminent à 76m de hauteur! Elle est récente car construite en 1897. Il y a 16 portes autour de l’église. La raison, c’est qu’elle a été bâtie pour la garnison allemande (protestante) stationnée à Strasbourg. Chaque porte correspond à un grade de l’armée allemande. Cette grande église fait partie du projet de la Neustadt.

La Neustadt de Strasbourg

En 1871, quand l’Alsace et la Lorraine changent de pays, les allemands projettent de transformer Strasbourg. Ils veulent littéralement créé une ville nouvelle, une Neustadt. Le but est d’agrandir les frontières de la ville qui n’ont pas bougées depuis le moyen-âge, accueillir tous les nouveaux résidents allemands, et faire de Strasbourg une vitrine du savoir faire germanique. Les travaux commencent en 1880. Cette nouvelle ville impériale prend naissance à l’est du centre historique. Fini les maisons à colombages, place à l’art nouveau, aux immeubles, aux villas et aux larges avenues. Malgré cette modernité, il y a des belles choses à voir dans cette partie de la ville 🙂

Un bel exemple, c’est le magnifique Lycée des Pontonniers, construit en 1902. Il sert tout d’abord de lycée de jeunes filles avant de devenir en 1979 un lycée international. Si vous voulez plus d’infos sur cet établissement, voici le site officiel.

Un autre bâtiment immanquable dans la ville nouvelle, c’est le Palais du Rhin, achevé en 1888. C’est avant tout un palais impérial qui de part sa masse imposante marque la présence allemande à Strasbourg dans la pierre. Il accueillera l’empereur Guillaume une dizaine de reprises.

Après avoi servi de Kommandantur pour les nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale, il a faillit être détruit par la ville dans les années 1950. Finalement le palais sera conservé. Il abrite maintenant deux services administratifs (la Commission centrale pour la navigation sur le Rhin, et la Direction régionale des affaires cultures d’Alsace). Il est parfois ouvert au public, comme lors des journées du patrimoine.

À quelques minutes à pied du Palais du Rhin, on peut découvrir une curiosité architecturale: la « maison égyptienne ». C’est un immeuble situé au 10 rue du Général Rapp. Lors de sa construction en 1906, les architectes ont voulu mélanger art nouveau et touche d’exotisme avec cette belle fresque digne de l’Egypte ancienne 🙂

Un peu plus loin, au 5 rue Saint Léon, il y a un autre détail insolite à voir à la maison Muller Simonis. Dans cet immeuble qui abrite désormais Caritas Alsace (une structure du Secours Catholique), il y a un étrange personnage assis au 3e étage. C’est l’Elsässer, symbole de l’alsacien et du journal « Le Nouvel Alsacien » qui était imprimé dans la cour de l’immeuble.

De l’autre côté de la rue, on peut admirer le grand dôme en cuivre de la monumentale église catholique Saint Pierre-le-Jeune. L’église culmine à 56m de hauteur et le dôme a un diamètre intérieur de 18m. C’est la plus grande coupole d’Alsace.

Cette grande église en grès rose a été achevée en 1893. C’est une des constructions majeures de la Neustadt.

Au centre de l’église, il y a un grand lustre en couronne qui symbolise la Jérusalem céleste avec les douze portes et les douze apôtres. Plus d’infos sur le site officiel.

Plus loin, il y a le joli Parc de l’Orangerie de 26 hectares, accessible en tramway (Ligne E – Arrêt : Droits de l’Homme). Ce parc aurait été planté en 1801 d’après des plans d’André le Nôtre. En 1804 on y fait construire le Pavillon Joséphine. Il devait abriter une collection de 140 orangers confisqués lors de la Révolution au château de Bouxwiller. C’est l’origine du nom du parc 🙂 Le pavillon historique a été détruit par un incendie en 1968 et reconstruit à l’identique. C’est maintenant une salle municipale qui peut se louer.

Dans le parc il y a aussi le Buerehiesel, une ancienne maison à colombages construite vers 1600 … à Molsheim, à 25km d’ici! Elle a été démontée puis remontée pièce par pièce pour l’Exposition Industrielle et Artisanale de 1895. Cette belle maison abrite maintenant un restaurant gastronomique étoilé. Pour réserver votre table, c’est sur ce site.

C’est d’ailleurs à l’occasion de cette grande exposition de 1895 que le parc a été agrandi, avec un lac artificiel et sa cascade et une multitude de statues. C’est vraiment un parc magnifique où il fait bon se promener et se reposer 🙂 Avec un peu de chance, vous pourrez même y voir des cigognes!

À proximité du parc, il y a évidemment le Parlement Européen. Ce grand bâtiment a été inauguré en 1999 pour abriter le plus vaste hémicycle d’Europe avec 750 sièges. Avant sa construction, les députés européens siégeaient au Palais Universitaire, puis au Palais de l’Europe. Il est accessible en tramway (Ligne E – Arrêt ‘Parlement Européen’). Il peut se visiter gratuitement, plus d’infos sur ce site.

Beaucoup moins connu que le Parlement Européen, il y a la Cité Ungemach. C’est une cité-jardin de 140 pavillons créée dans les années 1920 par le riche industriel Léon Ungemach. Sous couvert de progrès social, ce projet relevait d’un idéal eugéniste qui pense que la sélection humaine peut amener à la formation d’une élite. Pour avoir le droit d’habiter dans une de ces maisons, il fallait être un « couple parfait » : être en bonne santé, avoir une bonne morale, avoir une épouse qui soit femme au foyer, avoir des enfants (au minimum trois), etc … Il y avait un règlement de 356 articles à respecter, un barème de points et des visites annuelles d’évaluation! Heureusement il n’y avait pas de critères de sélection physiques ou raciales. Dans les années 1980, la ville de Strasbourg devient propriétaire de la cité-jardin et applique le règlement classique des logements sociaux. Cette cité de logements avec jardin à prix modéré, juste à côté du Parlement Européen, continue de défier les promoteurs immobiliers 😉

Je vous emmène maintenant dans un endroit insolite, totalement de l’autre côté de la ville 🙂 À une dizaine de minutes de marche depuis la gare de Strasbourg, vous pouvez visiter un endroit unique, le château musée vodou! Déjà, l’endroit est surprenant, le musée se trouve dans l’ancien château d’eau de la gare, classé monument historique en 1984. Ensuite la thématique du musée est inédite, les mystères du vodou! 🙂

Après l’achat du billet d’entrée (14 eur) on peut découvrir la plus grande collection d’objets vodous africain au monde. Cette collection privée présente des pièces venant principalement du Bénin, du Togo, du Ghana et du Nigéria. Le vaudou représente un ensemble de divinités, leurs incarnations en iwas sous plusieurs formes, et les pratiques pour se mettre en relation avec ce monde invisible. Les pratiques magiques du vaudou ont survécus en secret malgré la répression des colonisations en Afrique, et elles se sont même propagées dans le monde à cause de l’esclavagisme.

C’est vraiment un musée très intéressant et qui pousse à la curiosité! C’est une visite que je vous recommande fortement et qui sort un peu de la carte postale Strasbourg alsacienne 😉
Plus d’infos sur le site officiel.

Il y a encore d’autres merveilles à découvrir dans cette très belle ville. En tout cas j’espère sincèrement que cette page vous aura donné envie d’aller la visiter 🙂