Visiter Luxembourg-Ville, c’est une destination étrange, non ? Je vous l’avoue, pour ce coup-là, ce sont des amis installés sur place qui nous ont proposé de passer chez eux avant de filer en Belgique, au super festival de Chassepierre. Alors ok, hop en route pour le Luxembourg !
Et le trajet commence déjà par un petit clin d’œil. En passant par Longwy, sur la N830, un rond-point surnommé « rond-point de l’Europe » vous permet, en un seul tour complet, de passer par la France, la Belgique et le Luxembourg! J’ai fait le tour, évidemment 🙂
Visiter Luxembourg-Ville, c’est propre et vert
Quand on dit Luxembourg, on pense au pays, mais je vous parle ici de Luxembourg-Ville. Elle est de taille modeste, très propre, plutôt récente avec ses quartiers d’affaires, et surtout très verte.
La ville est creusée de vallées et de falaises, ce qui donne des vues inattendues dès qu’on s’éloigne des grandes rues.
La Gibraltar du Nord
J’ai découvert au passage que la ville était surnommée la « Gibraltar du Nord », et pour cause. Au cœur de la ville historique se dresse un grand promontoire rocheux entouré de falaises, le Bock. Un comte nommé Siegfried y a fait construire une forteresse dès le Xe siècle, et c’est autour de ce rocher que la ville s’est développée. Au fil des siècles, le Luxembourg a changé de mains à de nombreuses reprises. Il a longtemps été espagnol, revenant par héritage à Charles Quint, duc de Luxembourg. Les Espagnols ont commencé à creuser les casemates en 1644, en s’appuyant sur les caves de l’ancien château. Vauban les a agrandies dans les années 1680, après la prise de la ville par la France, puis les Autrichiens ont poursuivi les travaux au milieu du XVIIIe siècle. Le rocher est devenu l’une des places fortes les plus redoutées d’Europe, pris et repris au gré des conflits avec la France, avant la naissance du Grand-Duché. Petit pays, grande forteresse !


Aujourd’hui, il reste environ 17 km de galeries souterraines, et l’ensemble est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1994. Les casemates du Bock se trouvent à la Montée de Clausen, près de l’église Saint-Michel. Cette visite des Casemates du Bock est vraiment intéressante, et je vous la conseille 🙂
➡️ Horaires et tarifs sur le site officiel : ils changent selon la saison, vérifiez-les avant de partir.
Dans les rues
Sinon, je l’avoue, la ville ne m’a pas énormément séduit : trop de banques, trop peu d’insolite, à mon goût. Mais il suffit d’ouvrir l’œil pour dénicher quelques loufoqueries, comme cette joyeuse troupe sur la Place du Théâtre.
Et quelques objets urbains artistiques, colorés et funs dans cet univers luxembourgeois qui reste malgré tout très sérieux et rigide.



La Cathédrale Notre-Dame
En remontant vers le centre, impossible de rater la cathédrale Notre-Dame. De loin, ce sont ses flèches qui attirent l’œil : deux flèches sombres encadrent une flèche centrale d’un joli vert, la couleur du cuivre patiné par le temps. L’histoire du lieu est plus surprenante qu’il n’y paraît. Ce n’est pas une cathédrale d’origine : c’était l’église des Jésuites, dont la première pierre a été posée en 1613 et qui a été consacrée en 1621. Elle ne prend le nom de Notre-Dame qu’en 1848, puis devient cathédrale en 1870, quand Luxembourg est élevé au rang d’évêché.


L’intérieur vaut le détour. Les voûtes sont entièrement peintes de motifs ocre et rouge, les piliers sont décorés, et au fond du chœur, des vitraux bleus éclairent toute la nef d’une lumière presque irréelle.
Si vous avez le temps, sachez que la crypte abrite les sépultures de grands-ducs et de grandes-duchesses, ainsi que celle de Jean l’Aveugle, roi de Bohême, transférée d’Allemagne en 1945.
Les banques du Luxembourg
Je parlais de banques tout à l’heure, mais il faut reconnaître que certaines ont de l’allure. Près du pont Adolphe, sur la place de Metz, le siège de la Spuerkeess (la Banque et Caisse d’Épargne de l’État) ressemble plus à un petit château qu’à une banque traditionnelle avec sa grande façade en pierre et sa haute tour coiffée de cuivre vert, avec son horloge. Elle mesure 46 mètres de haut, dans un style néo-Renaissance. Elle date de 1913,
Petite parenthèse, parce que la question revient toujours : pourquoi y a-t-il autant de banques au Luxembourg ? La Spuerkeess, elle, n’a rien d’une banque de l’ombre. Son nom signifie simplement « caisse d’épargne », elle a été créée en 1856 et appartient entièrement à l’État luxembourgeois. Bref, une banque du quotidien dans un bâtiment de conte de fées.
Le reste de la place financière a une histoire plus compliquée. Pendant longtemps, le secret bancaire permettait à des étrangers d’y placer leur argent sans que leur administration fiscale soit prévenue, et l’affaire LuxLeaks a révélé en 2014 des accords fiscaux très avantageux avec de grandes entreprises. D’où l’étiquette de « paradis fiscal » qui lui colle à la peau. Depuis, le pays a mis fin au secret bancaire. Mais il n’empêche, on comprend mieux pourquoi, en se promenant, on a l’impression de croiser plus de façades de banques que de bars à bières 🙂
Mais au fait, pourquoi un grand-duché ?
Plus loin, au cœur du centre historique, la statue équestre du grand-duc Guillaume II, sur la place du même nom, devant l’hôtel de ville. Le Luxembourg est bien un pays à part entière, mais il porte le titre de « grand-duché », et il est d’ailleurs le seul au monde.
Tout commence en 963, quand le comte Sigefroi acquiert la petite forteresse sur le rocher du Bock. Le comté devient duché en 1354. Pendant des siècles, le pays change ensuite de maître : ducs de Bourgogne, Habsbourg d’Espagne, France, Autriche… Au Congrès de Vienne, en 1815, il reçoit son titre de grand-duché et il est confié au roi des Pays-Bas. Pendant des décennies, le grand-duc est donc aussi roi des Pays-Bas. Le pays prend sa forme actuelle en 1839, quand une partie du territoire part à la Belgique. Sa neutralité est garantie depuis 1867. Il a sa propre dynastie en 1890 et fonctionne comme une monarchie constitutionnelle. Le Grand-Duc représente le pays, mais dans les faits ce sont le gouvernement et les députés font tourner le Luxembourg.
Un petit mot de luxembourgeois
Moien ! C’est comme ça qu’on vous dit bonjour au Luxembourg, en luxembourgeois. Cette langue mélange des éléments germaniques et romans et a longtemps été surtout parlée. Le résultat, c’est un pays où l’on passe sans cesse d’une langue à l’autre : les lois sont rédigées en français, l’allemand domine dans la presse écrite, et à l’école les enfants apprennent d’abord à lire en allemand, puis en français. Mais rassurez-vous, on arrive très bien à se faire comprendre si on parle uniquement le français 🙂
Conseils pratiques
- Venir en voiture : compter un peu de temps pour se garer en centre-ville. Le plus simple est de laisser la voiture en périphérie et de marcher.
- Depuis février 2020, les transports publics (bus, tram, train) sont gratuits sur tout le pays pour tout le monde, touristes compris. C’est très pratique pour une escale. Vérifiez les conditions sur mobilitegratuite.lu
- Chaussures confortables : la ville est en dénivelé, entre ville haute et vallées.
- Une demi-journée suffit pour les casemates et un tour du centre.
Mon avis : une escale plutôt qu’un coup de cœur, mais les casemates valent à elles seules le détour.
Et bienvenue à Lululand ! 😉




