Road trip en Grèce : la péninsule du Magne, merveille cachée du Péloponnèse

Pour cette nouvelle journée de road trip en Grèce, l’objectif sera de visiter une zone peu connue du Péloponnèse, la Péninsule du Magne. Allons découvrir ça, hop en route!

De bon matin, après un petit café au calme sur ma petite plage privative dans le village d’Agios Andreas, je quitte mon petit havre de paix du Sarantakis Apartements

Direction la péninsule du Magne. C’est une zone particulièrement aride et rude, où il n’y a presque pas de végétation. Le sol est pauvre et les roches apparentes. La région a longtemps était isolée et presque oubliée, tout au sud du Péloponnèse. C’était une terre de pirates qui s’abritaient dans les nombreuses criques. La population est composée de grandes familles formant de véritables clans qui se livrent des guerres de vendettas sans fin. Puis dans les années 1960, c’est l’exode rural. Une bonne partie des habitants partent vers les villes et notamment Athènes. Ce n’est que dans les années 1970 seulement que des véritables routes sont créées. L’état veut en finir avec l’isolement du Magne et tenter de mettre fin au règnes des clans. Récemment, la péninsule connait un regain touristique et de nombreuses résidences secondaires sont construites.

Pourquoi visiter cette région ? Car cet isolement et cette histoire dure et mouvementée lui donne un caractère unique en Grèce. Car l’architecture du Magne, ces maison austères en pierre et marbre gris, qui ressemblent à des petits donjons fortifiés est typique et unique. Car les paysage arides sont de toute beauté. Car le Magne n’est pas encore touché par le tourisme de masse. Car vous aurez une impression de bout du monde. Bref, car le Magne, c’est beau 🙂

Depuis la ville de Kalamata, il faut prendre l’unique route en direction d’Aeropoli, la deuxième ville du Magne, avec à peine un millier d’habitants. Vous voilà prévenu, il n’y a vraiment pas la foule dans cette région! La route qui longe la côte est déjà particulièrement jolie. Ici par exemple, un beau point de vue depuis le village de Kardamyli.

Tout proche d’Aeropoli, on peut éventuellement visiter les Grottes de Diros. Ces grottes immergées qui se découvrent à bord d’une barque sont parait-il vraiment belles. En revanche, les avis semblent unanimes sur le côté usine à touristes… tant pis, une autre fois peut être! On continue la route vers le sud en direction de Geroliménas.

On rentre dans le Magne profond, limite désertique, et c’est très beau! Il faut s’échapper de temps en temps sur les minuscules routes secondaires pour explorer les petits villages fortifiés typiques.

Depuis le village de Stauri, une petite randonnée vous amène à une vieille église byzantine du XIIe siècle, la petite église Odigitria. Elle a été construite à côté d’une grotte sur la falaise, pour servir de poste de surveillance et servir de symbole de protection contre les attaques de pirates.

Je m’arrête au minuscule village de Geroliménas (53 habitants) niché au fond d’une crique. Pendant l’occupation turque, c’était un repaire de pirates maniotes (les habitants de la Magne). Jusque dans les années 1970, Gerolimenas n’était accessible que par la mer. Il n’y a rien à visiter ici, mais je m’offre une belle petite pause déjeuner à la taverne Mani Mani, qui n’a rien d’extraordinaire, mais c’est toujours agréable de manger au bord de l’eau 🙂

L’étape suivante du road trip, 10km plus loin, c’est l’incontournable village abandonné de Vathia, situé au sommet d’une colline. Ce village fortifié typique avec ses 70 maisons en forme de donjons a été totalement déserté après la seconde guerre mondiale. Exode rural, conséquence des vendettas à répétitions entre grande famille, visiblement la vie était plus belle ailleurs. Actuellement, il ne compte officiellement que 6 habitants.

On peut se promener librement dans les ruelles de ce village abandonné. Depuis quelques années, l’organisation nationale du tourisme grec a racheté des maisons et a lancé un programme de rénovation.

Il n’y aura jamais la foule de touristes ici, car pour y accéder, il n’y que quelques places de parking dans un virage serré. Les seuls habitants que vous croiserez seront des chats errants 😉

Ce village fantôme avec son ambiance si particulière, suspendu au dessus de la mer, mérite vraiment une halte 🙂

En continuant la route vers le sud, on croise d’autres tours fortifiées. Certaines sont reconverties en résidence de luxe, comme le Tainaron Blue Retreat. On ne peut pas la louper au bord de la route! D’autres sont toujours là, en ruine, et montent inlassablement la garde, comme la tour Grigorakakis, isolée sur sa colline.

Toujours plus au sud, on arrive au Cap Ténare (ou Tainaro). La route se termine sur un petit parking en terre battue. Les spartiates qui dominaient la région y ont construit plusieurs sanctuaires et temples, le principale était le Temple de Poséidon. Il a été détruit depuis et on pense que la vieille chapelle a utilisé ses antiques pierres. Plus curieux, on trouve un antique sanctuaire toujours utilisé de nos jours pour des offrandes!

Ce sanctuaire communiquerait avec une minuscule grotte toute proche. Dans l’antiquité, on pensait qu’ici se trouvait une des entrées pour le monde des enfers où régnait Hadès. C’est par cette entrée que le héros Hercules serait rentré aux enfers pour réaliser le dernier de ses 12 travaux, capturer Cerbère, le fameux chien à trois têtes qui gardait l’entrée du royaume des morts. J’ai bien cherché, mais cette grotte ne mène nul part maintenant!

On trouve aussi les restes de belles mosaïques datant de l’occupation romaine.

En plus de cet héritage antique et archéologique, le Cap Ténare propose une chouette balade. Il faut suivre l’unique sentier qui longe la colline sur la droite. Après une bonne marche entre pierres, poussières et broussailles, le tout sous un soleil de plomb et sans aucune ombre, on arrive au phare.

Il mesure 16m de haut. Il est en service depuis 1882. De l’autre côté de la Méditerranée, juste en face, c’est la côte de la Libye.

On est ici au point le plus au sud de la Grèce continentale.

Pour vous rafraichir après cette marche, quoi de mieux que se baigner dans cette minuscule petite plage de galets. Pour votre plus grand plaisir, le seul est unique arbre de la région est justement là pour vous apporter un peu d’ombre. Cette plage intimiste avec son eau incroyablement limpide est vraiment magique!

À ce moment là, c’était pour moi la plus belle plage du monde 🙂

Il est temps de reprendre la route pour découvrir maintenant la côte Est du Magne.

J’ai trouvé cette route de la côte Est encore plus belle que celle de la côte ouest. Cependant, je me suis retrouvé coincé derrière un bus scolaire roulant à la vitesse d’un escargot, et impossible à dépasser à cause de l’étroitesse de la route. Les kilomètres m’ont paru bien longs!

Je vous partage tout de même quelques chouettes points de vue. C’est toujours aussi beau 🙂

Je m’autorise une dernière étape en quittant le Magne, non loin de la petite ville de Gythio, pour me rendre sur la plage de Valtaki. Cette jolie plage est facilement accessible, avec un parking gratuit en terre battue. Elle est naturelle, sans installations touristiques, et abrite de nombreux nids de tortues de mer. Cette plage est aussi célèbre pour l’épave du Dimitrios.

Ce vieux navire cargo s’est échoué sur la plage le 23 décembre 1981, après s’être décroché de son amarre près du port de Gythio. Les autorités l’ont laissé à son sort, aucune opération de renflouage n’a été lancée. Il se désagrège petit à petit, au rythme des vagues qui le grignotent inexorablement …

Cette épave recouverte de graffitis, échouée sur une belle plage de sable fin, éclairée par les rayons d’un soleil en train de se coucher, c’est vraiment beau 🙂

Il me reste encore une bonne heure de route avant de rejoindre la petite ville de Géfira, sur la côte ouest du Péloponnèse. Mon logement pour la nuit sera la Villa Diamanti. C’est une nouvelle belle adresse comme je les aime! Beau logement, belle déco, parking sécurisé, pas cher, à deux pas du centre, et avec un superbe accueil. Je recommande 🙂

En attendant, je tente de trouver un bel endroit où dîner sur le port de Géfira. On voit que je suis revenu dans une zone touristique. Le front de mer est chargé de terrasses et de touristes. Je voulais manger au petit restaurant familial Aktaion qui a une excellente réputation, mais il était hélas archi complet.

Je me suis finalement rabattu sur la terrasse du restaurant juste à côté, le Mateo’s, un restaurant à touristes. Mais quand je découvre qu’ils ont une belle collection de bières, et notamment de bonnes bières belges, le sourire est revenu! 😉 J’y ai finalement passé une très bonne soirée. En plus des touristes, on y découvre une petite troupe d’habitués très sympathique. Le patron avec un air bien bourru au premier abord, est en réalité vraiment chaleureux. Ambiance familiale, on joue avec les enfants qui aident pour le service. Un chouette repas et bonne nuit les amis 🙂

>> Suite du road trip : Monemvasia, Mycènes, Epidaure
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