Je continue ce road trip en Grèce à la découverte des trésors du Péloponnèse. Au programme de cette belle journée : l’étonnante Monemvasia, les vestiges de l’antique Mycènes et le grand théâtre d’Epidaure. Des belles choses en perspective! Hop en route 🙂
La journée commence à Gefira, la petite ville de bord de mer où j’ai passé la nuit. Littéralement juste en face, il y a ça 🙂
Monemvasia
On est vraiment surpris par cet énorme masse de roche qui semble surgit de nul part dans la mer. C’est Monemvasia.

C’est comme un gigantesque et monumental navire de pierre. Ce rocher mesure 1.5km de long et 200m de haut.

Une petite digue naturelle de 400m de long avec une unique route relie le rocher au continent. Son aspect unique lui a valu le surnom de Gibraltar de l’Est.

À l’extrémité du rocher, caché aux yeux du continent, se trouve la petite cité de Monemvasia. Elle est fondée au VIe siècle par les habitants de la Laconie et des habitants de l’ancienne Sparte qui cherchaient à fuir et à se protéger des invasions slaves. Au cours des siècles suivants, elle sera souvent assiégée et détruite, puis reconstruite. Par les vénitiens, les francs, les pirates, les turcs, avant que finalement ça se calme. En 1821, elle redevient Grecque. Le sommet du rocher est un large plateau. Il abritait une forteresse et les habitations de la ville haute. Tout a été abandonné au XVIe siècle.

Depuis les années 1970, la petite ville basse reprend des couleurs. Elle est exclusivement piétonne, cachée derrière la falaise et ses remparts. Elle reprend vie grâce au tourisme. Et des touristes vous allez en croiser, beaucoup même! Des cars entiers se déversent en continu dès le matin et les petites ruelles de la ville basse sont prises d’assaut. La rançon du succès! C’est peut-être pour ça que j’ai moyennement apprécié la visite de cet endroit (et aussi au fait qu’un bug technique a perdu mes photos grrr).
Je quitte cet endroit méconnu et pourtant incroyable pour remonter plus au nord dans le Péloponnèse. C’est parti pour 3h de route! Après avoir traversé la plaine fertile d’Argos, la route prend la direction des collines et j’arrive dans un endroit légendaire.
La cité antique de Mycènes
La nouvelle étape de ce road trip c’est la cité antique de Mycènes 🙂 Après m’être garé à l’ombre sur le parking, je prends le billet d’entrée à 12€ et c’est parti!
La ville de Mycènes est au sommet d’une colline, entourée par deux sommets, le mont Profitis Iilias et le mont Zara. Elle dominait toute la région.

Selon la mythologie, c’est le héros Persée (celui qui a vaincu la terrible Méduse) qui aurait fondé la ville avant de partir vers l’Asie. Pour l’aider à construite la ville, il aurait demandé l’aide des cyclopes. Ces géants avec un œil unique au milieu de front possèdent une force incroyable. Le site est habité depuis des millénaires, mais la puissante cité de Mycènes aurait été bâti vers -1800. Quand des siècles et des siècles plus tard, des Grecs de l’antiquité découvrent ces gigantesques ruines, ils supposent que seuls des géants avaient la force d’assembler des blocs de pierre aussi énormes. Toujours selon la légende, dans l’Illiade, c’est depuis Mycènes que le puissant roi Agamemnon part à la conquête de Troie. Toutes ces légendes antiques parlent de Mycènes comme une cité pleine de richesses, avec des remparts qui montent jusqu’aux cieux. Elle connait son apogée entre les XIV et XIIIe siècle av JC et étend son influence dans tout le monde Grec. On parle alors de la civilisation mycénienne. Puis on trouve des traces de destructions dans les siècles suivants. Elle devient une cité mineure. Finalement en -468, la ville et les fortifications sont détruites par la cité rivale d’Argos (située à une vingtaine de kilomètres). Mycènes n’est plus qu’une ruine qui traverse les époques et tombe dans l’oubli. Elle n’est plus connue que par les légendes. Ce n’est qu’en 1841 qu’on la redécouvre et qu’on y effectue des fouilles.
Des véritables fondateurs historiques de la cité, on ne sait pas grand chose. On sait en revanche qu’un palais et une citadelle se trouvait au sommet de la colline. Ce n’est qu’ensuite que les remparts avec les énormes pierres ont été construit, quand la citadelle s’est agrandie pour devenir une véritable cité. Les vestiges des remparts font jusqu’à 8m d’épaisseur. On estime que les remparts et les murailles qui étaient au dessus devaient atteindre jusqu’à 20m de hauteur. De quoi dissuader les attaques ennemies!

La Porte des Lionnes est sans aucun doute l’image la plus connue de la cité. C’est l’entrée principale, imposante et massive. Cette sculpture monumentale est le seul monument de l’âge du bronze Grec qui a survécu jusqu’à nos jours sans avoir été enterré.

La porte est datée de l’an -1250. Juste après cette imposante entrée, on trouve les entrepôts et les tombes à fosses où en 1876, on a retrouvé de nombreux trésors, dont cinq masques en or. Le plus célèbre est le fameux « masque d’Agamemnon », entreposé au Musée national archéologique d’Athènes. Ce masque ne serait en fait pas celui du célèbre roi. Il plus ancien que l’époque supposée de la Guerre de Troie, et en plus, il aurait probablement été contrefait par l’archéologue allemand de l’époque. Heinrich Schliemann devait absolument satisfaire à son empereur Guillaume Ier qui finançait les fouilles!

Au point le plus haut de la cité se trouvais le Palais Royal. Il n’en reste rien, à part quelques pierres et l’empreinte de son emplacement au sol. Depuis cette esplanade, on peut observer la même vue sur la région qu’avait le roi Agamemnon depuis son trône.

En se promenant au milieu de ces vestiges, on essaie de se projeter plus de 3.000 ans dans le passé et imaginer la vie des habitants de cette cité qui a inspiré tant de légendes!



Pour compléter la visite, un petit musée archéologique moderne expose certains des objets découverts dans les tombes : céramiques, bijoux, armes, et tablettes d’écriture.



La Tombe du Trésor d’Atrée
Le billet d’entrée de Mycènes donne aussi accès à la grande tombe du Trésor d’Atrée, située à quelques centaines de mètres. Sans surprise, c’est une tombe datant de l’époque mycénienne. On pense qu’elle date de -1250. Elle fait partie d’un groupe de neufs tombes à tholos découvertes sur le site de Mycènes. Une tombe à tholos, c’est une tombe avec un accès par une entrée inclinée ouverte (un dromos) et donnant sur une pièce principale circulaire. C’est la plus grande tombe de ce type découverte.

Le nom de trésor d’Atrée vient de Pausanias, un voyageur de l’antiquité qui a laissé de nombreux textes de ces explorations au IIe siècle. Il pensait que c’était la tombe d’Atrée, le fils du légendaire Pélops, qui donne la lignée des Atrides et dont le fils est le fameux Agamemnon. En fait, on n’a aucune idée de qui pouvait être enterré ici. Sans doute un des rois de Mycènes vu l’importance du site. La tombe a été pillée dès l’antiquité. Il ne reste rien. Tout ça est bien mystérieux!


L’entrée de la tombe est surmontée par une énorme pierre de 9m de long sur 5m de large pensant 120 tonnes! La salle principale circulaire est vraiment étonnante. Elle fait 14m de diamètre et une hauteur de 13m. Quand on se tient au centre, il y a un écho très fort. Ne manquez pas la visite de ce site vraiment étonnant 🙂
Après cette matinée plongée dans le lointain passé de la Grèce, je m’offre une bonne pause déjeuner dans le village de Mykines, juste en contrebas de Mycènes. Je choisis la grande terrasse du restaurant Electra sur la route principale. L’accueil et le service est vraiment adorable, la nourriture est classique et pas chère. Une bonne petite adresse pas prise de tête 🙂
La prochaine étape du road trip se trouve à une quarantaine de kilomètres vers l’est.
Le Sanctuaire et le Théâtre d’Epidaure
Le site d’Epidaure est occupé par l’homme depuis des millénaires, mais ce n’est que sous l’époque classique au VIe siècle av JC que la cité prend de l’importance grâce à son sanctuaire renommé dans toute la Grèce.


Le sanctuaire d’Asclépios. Ce fils d’Apollon est mort foudroyé par Zeus pour avoir ressuscité les morts. On le connait d’avantage pour son fameux bâton d’Esculape : le bâton avec une couleuvre enroulée autour, le symbole qu’on retrouve dans toutes les pharmacies, le fameux caducée de la médecine. La légende dit que ce bâton permettait de guérir toutes les maladies. Esculape ou Asclépios était donc le dieu de la médecine (à ne pas confondre avec Hippocrate, père de la médecine). Ce sanctuaire était le plus réputé de l’antiquité! Des malades affluaient de toute la Grèce pour espérer une guérison dans le sanctuaire. Ici il n’y avait pas de médecins, la guérison miraculeuse se faisait par le rêve! Après un rituel de purification, le pèlerin s’endormait dans bâtiment particulier, l’abaton, qui mesurait 70m de long et 10m de large. Pendant son sommeil, le dieu Asclépios venait le visiter dans son rêve pour le guérir par le toucher ou lui indiquer le remède à préparer… ou pas. En tout cas, ça devait fonctionner un minimum car on a retrouvé 43 tablettes en argile de remerciements de des pèlerins guéris.


Quand l’empereur byzantin Théodose II interdit les cultes antiques en l’an 426, c’est la fin de l’activité du sanctuaire. La ville d’Epidaure disparait peu à peu. Ce n’est qu’en 1821 qu’un petit village réapparait ici et des fouilles archéologiques sont lancées en 1881.
Maintenant, si tout le monde vient à Epidaure, c’est principalement pour voir son fabuleux théâtre antique à 500m au sud du sanctuaire, sur la colline. Le théâtre d’Epidaure est le plus beau et le mieux conservé de tous les théâtres antiques grecs.

Il aurait été construit en -340 par l’architecte Polyclète. Il peut accueillir jusqu’à 13.000 spectateurs sur 55 rangées. Il est considéré comme le plus parfait des théâtre pour son acoustique exceptionnelle.

Sur place, tout le monde réalise la même expérience : on chuchote au centre de la scène et on entend parfaitement jusqu’aux dernières rangées! Chaque année pendant l’été, le monument revit, et accueille le festival de théâtre d’Epidaure qui rejoue des tragédies antiques. Plus d’infos sur le festival ici.
Enfin, un petit musée complète la visite du site. Il est ouvert en 1909. C’est d’ailleurs l’un des plus anciens musées de Grèce.

La visite est assez rapide et je n’ai pas été emballé par la présentation. On dirait un hangar remplit en vrac de tout ce qu’on a pu y mettre.
Nauplie, l’ancienne capitale
Je termine cette belle journée en me rendant dans la ville de Nauplie à une trentaine de kilomètres à l’ouest d’Epidaure. Cette ville qui donne sur le golfe d’Argos a été temporairement la capitale de la Grèce de 1828 à 1834.

Pour le logement ce sera l’excellent Park Hotel. Il est idéalement situé à la frontière entre la vieille ville (sur la bande de terre entre le port et la citadelle) et la ville moderne qui s’étend plus loin. En plus, c’est facile de se garer gratuitement dans les rues autour. Après un repos dans la très belle et confortable chambre climatisée, je pars déambuler dans les ruelles animées de la vieille ville. C’est une destination touristique du Péloponnèse. Il y a énormément de boutiques et de restaurants, avec un front de mer et un port où il se passe toujours quelque chose 🙂



Pour le restaurant, j’ai testé The Nest (Boumpoulinas 61). Je craignais un peu que ce soit un restaurant attrape-touriste, mais en fait pas du tout, le repas fut vraiment très bon, je recommande 🙂
>> Suite du road trip : Nauplie, Tyrinthe, Néméa, Corinthe
<< Etape précédente : la péninsule du Magne, merveille cachée du Péloponnèse
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