Road trip en Grèce : à travers le Péloponnèse

Pour cette nouvelle étape de road trip en Grèce, je pars du magnifique sanctuaire d’Olympie que j’ai visité la veille. Je prends la direction de l’ouest à travers le Péloponnèse, en direction des montagnes. Hop en route!

En chemin, je fais quelques pauses pour profiter de la beauté des paysages. Comme par exemple à la charmante petite église de Kakouraiika.

Le temps est splendide, la vue dégagée. Il fait beau et chaud. La route devient sinueuse et serpente dans les montagnes. Mais c’est toujours un réel plaisir de conduire en Grèce 🙂

Les Gorges de Lousios

J’arrive enfin à mon étape suivante, les gorges de Lousios. Ces belles gorges où coule la rivière Lousios sont aussi connues pour abriter un des plus célèbres monastères de Grèce. Pour y arriver, vous avez deux options. Soit vous garer au parking situé au nord des gorges, juste devant le Monastère du Nouveau Philosophe, soit vous garer au sud des gorges, sur le parking de la petite église de la Transfiguration. Comme j’arrive par la route du nord, je choisis donc la première option. Ce « nouveau » monastère date du 17e siècle. Il remplace l’ancien monastère du Xe siècle dont les ruines à flanc de falaises sont encore accessibles un peu plus loin (ce jour là, le chemin était bloqué à cause des risques d’éboulements). Le nom de « philosophe » vient de son fondateur, qui était secrétaire (et philosophe) de l’empereur de Byzance. Je ne prends pas de photos en traversant la cour du monastère, car des moines orthodoxes étaient tranquillement en train de discuter sur une petite table, je ne voulais pas les déranger. Ils m’indiquent poliment la petite porte en fer qui permet de rejoindre le chemin de randonnée.

Le monastère étant perché au sommet de la falaise, la vue sur les gorges est splendide 🙂 Les gorges atteignent une profondeur de 500m et s’étirent sur près de 5km.

Tout au fond là-bas, accroché aux falaises, je distingue le but de cette petite randonnée qui prendra environ 2 heures aller-retour 😉

Il faut descendre beaucoup de marches, il fait terriblement chaud. Heureusement une bonne partie du sentier est à l’ombre de la végétation. Le chemin est agréable et passe d’un versant à l’autre une fois la rivière franchie au dessus d’un impressionnant torrent qui gronde.

Il y a régulièrement des superbes points de vue sur les Gorges de Lousios 🙂

Pour savoir si vous êtes bientôt arrivé, il suffit de tendre l’oreille. Quand vous entendez un chien aboyer, c’est que vous y êtes presque!

Le Monastère de Prodromos

Le chemin débouche sur cet incroyable monastère perché à flanc de falaise : le Monastère de Prodromos! Il date du XVIe siècle, quand des moines décident d’investir des grottes naturelles afin d’y construire un endroit encore plus à l’écart du monde pour pouvoir y prier en paix.

On peut y entrer librement (tenue correcte recommandée), l’accès est gratuit (il est généralement fermé de 13h à 17h). Vous pourrez vous y rafraichir à une fontaine, et peut être même un petit café et un loukoum de bienvenue offert par un moine 🙂 Le jour de mon passage, il y avait des cérémonies de baptêmes et je n’ai pas pu trop les quelques parties du monastères accessibles au public.

Pendant la période ottomane, le monastère servait d’école secrète pour préserver la langue grecque. De nos jours, une douzaine de moines vivent encore dans le monastère. À la fin des années 1960, des arbres fruitiers sont plantés, une petite ferme et un champ sont créés pour apporter l’autosuffisance alimentaire. En 1970, le monastère est raccordé au réseau électrique.

Quand on voit comment certaines parties du monastère tiennent encore debout, c’est un véritable miracle!

N’hésitez pas à prolonger la balade en suivant le chemin longeant la falaise (attention les pierres sont glissantes).

Tout au bout, vous arriverez à la petite église de la Transfiguration, là où se trouve l’autre parking pour accéder à ces gorges. Cette église date des années 1970 et n’est pas particulièrement intéressante. En revanche, elle est située sur un bord de falaise et vous offre un point de vue inégalé sur les Gorges de Lousios. Rien que pour ça, ça vaut le coup d’y aller 🙂

Ensuite, et bien il ne vous reste plus qu’à faire tout le chemin dans le sens inverse pour revenir jusqu’au premier parking 😉

Histoire d’agrémenter la balade, il est possible de se baigner dans la rivière Lousios. L’eau est (très) fraiche! Après l’interminable volée de marche pour rejoindre le monastère du Nouveau Philosophe, je salues les moines en tirant la langue (il fait chauuuuud) et je reprends la route.

Après 45min de conduite sur minuscule route de montagne étroite et sinueuse, je jette un dernier coup d’œil sur les gorges au loin.

Ensuite, j’arrive à un autre endroit que je vous recommande vraiment.

Le vieux pont en pierre d’Atsicholou

La route en direction du village de Karytaina traverse la rivière Lousios sur un pont moderne. Mais juste à côté se trouve un vieux pont en pierre datant de la période ottomane. C’est le vieux pont d’Atsicholou.

Je trouve ce vieux pont plein de charme et très photogénique. N’hésitez pas à vous arrêter à cet endroit pour faire une pause rafraichissante. On peut descendre sur la berge de la rivière. C’est littéralement enchanteur!

À ce moment là, j’ai vraiment trouvé que c’était la plus belle rivière du monde! On s’attend vraiment à voir surgir des nymphes comme dans les vieilles légendes de la Grèce antique. Vous l’aurez compris, j’ai adoré cet endroit ! Coup de cœur 🙂

Mégalopolis

Je fais ensuite une halte dans la grande plaine du fleuve Alphée pour m’arrêter à Mégalopolis. En fait, le nom de cette ville est tellement incroyable que je tenais absolument à y passer! Son nom signifie littéralement ‘grande ville’ en Grec, ce qui a donné le mot mégalopole. Cette cité a été fondée en – 371 pour contrer l’expansion de Sparte. Ce n’était pas du tout la plus grande ville de Grèce (mais elle avait un des plus grands théâtres avec 20.000 places assises). Elle a survécu un millénaire avant d’être détruite et abandonnée lors des invasions slaves du VIIe siècle. Des siècles plus tard, un petit village nommé Sinanou reprend forme sur les ruines, puis la petite ville retrouve son nom Mégalopolis après la guerre d’indépendance. De l’antique cité grecque il ne reste pratiquement rien. La visite de la ville n’est donc pas très intéressante. J’en profite surtout pour me rassasier au petit restaurant de grillades Mpagiátiko (Archeou Theatrou 14), des gens sympas, bon et pas cher, miam! En quittant la ville je découvre alors la grande mine de lignite (une sorte de charbon) à ciel ouvert qui est exploitée depuis les années 1970. Elle alimente une grande centrale thermique. Le décor est incroyable, le sol est retourné, creusé jusqu’à l’horizon. C’est lunaire. Des tuyaux, des tapis pour le minerais et d’énormes engins de chantier partout. Et la petite route passe au milieu de tout ça. S’il n’y avait pas eu tous les camions de chantier et la poussière, je serais bien resté à prendre quelques photos.

L’église miraculeuse Agia Theodora

Après environ une heure de route j’arrive à la prochaine étape, le minuscule village de Vasta. Ici c’est un endroit miraculeux! La petite église Agia Theodora mérite en effet le détour. La légende autour de cette église commence il y a un millénaire, sous la domination byzantine. Chaque famille devait fournir un garçon à la milice locale pour défendre les villages contre les brigands. Si les familles n’avaient pas de garçons, ils devaient engager un mercenaire. Dans une famille très pauvre, il n’y avait qu’une fille, Théodora. Pour éviter des ennuis à ses parents, elle décide de se déguiser en homme, et s’engage dans la milice sous le nom de Théodore. Elle, ou plutôt il, devient rapidement très populaire grâce à son courage et sa beauté. On lui confie la garde et la protection d’un couvent. Une des nonnes tombe amoureuse de Théodore. Comme Théodore refuse ses avances, la nonne décide de se venger en allant dans les bras d’un autre soldat et finit par tomber enceinte. Elle accuse alors Théodore en disant qu’il est le père de son enfant à venir. Théodor(a)e ne cherche pas à prouver son innocence, car elle ne veut pas de représailles contre sa famille, et elle ne peut toujours pas épouser la nonne pour se racheter puisqu’elle est une femme. Les autorités ordonnent donc sa décapitation. Juste avant sa mort, elle aurait dit « que ma tombe soit une église, mes cheveux des arbres, mon sang une rivière ».

C’est après sa mort qu’on découvre qu’elle était une femme. On l’enterre à la sortie du village et une petite chapelle est érigée sur sa tombe. Avec le temps, pas moins de 17 arbres poussent sur cette chapelle. Ils mesurent près de 20m de haut et pèsent plusieurs tonnes. Et pourtant la petite église tient toujours debout. Encore plus incroyable, il n’y a aucune racine visible! Que ce soit à l’extérieur ou à l’intérieur de l’église, il n’y a rien!

Une étude récente a permit de démontrer que les racines se sont frayées un chemin à travers les interstices des pierres mais sans détruire le minuscule bâtiment. Ce qui est un véritable miracle!

Theodora est célébrée comme une sainte le 11 septembre. Ce jour là, c’est un véritable pèlerinage de plusieurs milliers de croyants qui affluent de toute la Grèce pour la prier et espérer obtenir un miracle. Ce lieu est véritablement incroyable et attire continuellement des croyants et des curieux. Vous aussi vous n’en croirez pas vos yeux en pénétrant à l’intérieur de cette église miraculeuse 🙂

Les oliviers!

Une dizaine de kilomètres plus loin vers le sud, quand la route redescend vers la plaine, je suis saisi par ce panorama incroyable.

La plaine est recouverte de plantations qui s’étendent jusqu’à l’horizon! Des oliviers par milliers, par millions même, à perte de vue!

C’est toute cette région qui produit les fameuses olives de Kalamata.

La lagune de Gialova

Après plus de 100km de route en direction de Pylos, j’arrive sur la côte ouest du Péloponnèse, dans une zone préservée et protégée Natura 2000. C’est la lagune de Gialova (aussi connu sous le nom de lagune de Divari).

Cette zone humide est un véritable paradis pour les oiseaux (258 espèces répertoriées dont des espèces rares) et c’est aussi un paradis pour les moustiques… On y trouve aussi le caméléon africain. C’est d’ailleurs le seul endroit d’Europe où on peut observer cette espèce en liberté dans la nature.

Une longue piste sableuse longe la grande plage de Divari qui donne sur la baie de Navarin.

Du sable fin, une eau transparente, de la belle nature, et beaucoup de place! C’est presque un véritable luxe en Grèce 😉

Il est facile de se garer à peu près où on veut. Je profite de cette belle fin d’après-midi avec un grand plaisir 🙂

Un peu plus loin se cache un autre trésor : la plage de Voidokillia. Avec sa forme originale en fer à cheval, c’est sans aucun doute une des plus belles plages de Grèce 🙂

Des dunes de sables blancs en font le tour, l’eau est transparente et peu profonde. Elle est magnifiquement préservée car il n’y a aucune installation ou bar de plage, et le village le plus proche est à 2km.

(Elle n’a peut être qu’un seul défaut, les moustiques)

Pour rejoindre cette sublime plage, il faut contourner un imposant massif rocheux d’une hauteur de 200m à l’entrée de la baie. Au sommet on y trouve le Château du Vieux-Navarin, ou Navarino. Cette forteresse a été construite par les Francs en 1280, puis a changé de propriétaires à de nombreuses reprises au cours des siècles. Il n’en reste plus que des remparts en ruine. L’accès est libre mais la visite est en théorie interdite à cause des risques d’éboulements.

Il y a un autre site curieux sur ce massif rocheux : la Grotte de Nestor. Selon la légende, c’est dans cette grotte qu’Hermès aurait caché les 50 bœufs volés à Apollon. L’intérieur de la grotte n’est pas très intéressant, son principal intérêt (en plus de la légende mythologique), c’est que son ouverture donne directement sur la belle plage de Voidokillia.

Il est temps de rejoindre mon logement du soir, à 1h de route. J’arrive dans la petite localité d’Agios Andreas, donnant sur le golfe de Messénie. Je loge au Sarantakis apartments, un chouette endroit que je recommande vraiment. Des chambres immenses avec terrasses, un jardin privatif et calme, et un accès à une petite plage privée. C’est parfait! 🙂

Pour le diner, c’est très simple, à seulement deux minutes à pieds, il y a le restaurant Jamas. J’y ai sans doute mangé mon meilleur repas de ce roadtrip en Grèce 🙂 Cuisine familiale, un accueil et un service adorable, tout était frais et bon. Vraiment une belle adresse!

>> Suite du road trip : la Péninsule du Magne
<< Etape précédente : de Leucade à Olympie

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