De Cadix à Séville, road-trip en Andalousie

Ah Cadix! 🙂 La plus vieille ville d’Espagne, et une des plus vieilles villes d’Europe de l’ouest, bâtie sur un rocher relié au continent par une étroite chaussée, au bord d’une baie donnant sur l’océan Atlantique. Ce n’est sans doute pas la plus belle ville d’Andalousie (car elle n’a pas toujours eu la vie facile) mais elle dégage une tranquillité agréable. Peut-être est-ce à cause de ses rues étroites et propres où il y a très peu de voitures, ou alors peut-être car on fini toujours par tomber sur l’océan au bout d’une rue. Mystère! Allons découvrir ça, hop en route! 🙂

Un brin d’histoire

De l’histoire, cette ville n’en manque pas! Car ses origines remontant à il y a plus de 3000 ans! La petite cité marchande de Gadir (signifiait « forteresse ») est fondée par les phéniciens vers l’an 1000 av JC. Elle passe ensuite sous le contrôle de Carthage puis de Rome avant d’être détruite par les wisigoths. En 711, les Maures envahissent l’Espagne et reconstruisent la cité, qui se nomme désormais « Qadis ». Elle est reprise par le Roi de Castille Alphonse X en 1262. Plus tard, après la découverte des Amériques, la ville devient très riche grâce aux bateaux chargés d’or et d’argent qui reviennent du nouveau monde. À la fin du XVIe siècle, elle est attaquée et pillée par les anglais. En 1755, le terrible tremblement de terre de Lisbonne a des effets dévastateurs sur la ville. Un tiers de Cadix est détruite ainsi qu’une grande partie des installations portuaires. Les navires qui reviennent des Amériques doivent donc aller vers d’autres ports (français, anglais ou hollandais). L’Espagne perd peu à peu sa puissance maritime. Le déclin de Cadix continue avec la guerre de Napoléon et la perte des colonies espagnoles aux Amériques. Maintenant, la ville vit principalement de son industrie portuaire, des chantiers navals et aussi un peu du tourisme 😉

Venir à Cadix

La « belle de Cadix » se trouve à moins d’1h30 de route de Séville. C’est le même temps de trajet depuis Olvera, qui était l’étape précédente de notre road-trip en Andalousie. Pour la visite de la ville, je n’ai pas cherché de parking particulier. Nous nous sommes simplement garés en plein centre ville, dans la grande rue Campo del Sur qui longe l’océan (en espérant revenir à l’heure car j’ai croisé plusieurs groupes d’agents de police municipale qui alignaient joyeusement les contraventions sur toutes les voitures, oups!).

Sur place, pas besoin de se déplacer en voiture, le centre historique de Cadix se visite très facilement à pied (et il n’y a pas de pentes dans les rues). Une particularité de Cadix, c’est que beaucoup de vieilles constructions utilisent la pierre d’ostionera. C’est une roche sédimentaire qu’on retrouve partout sur l’ilot et dans la région. Cette roche poreuse est composé d’anciens coquillages compactés. Elle a le surnom de « pierre d’huitres » car on devine parfois les minuscules coquillages qui la composent.

La Cathédrale de Cadix

Commençons la visite de la ville par le bâtiment qui est sans doute le plus emblématique, c’est la grande cathédrale de Cadix. Elle est aussi appelée « Sainte Croix sur les Eaux » car elle est vraiment installée juste au bord de la mer. La ville possédait déjà une vieille cathédrale (qui est d’ailleurs toujours debout) mais elle était devenue trop petite et manquait clairement de prestige pour une cité de cette importance. En 1717, la ville venait de récupérer à Séville le privilège de collecter l’impôt sur les marchandises revenant des Amériques. Alors pour marquer le coup (et comme il y avait beaucoup de sous grâce à cet taxe), hop on décide la construction d’une nouvelle cathédrale! Les travaux commencent en1722 mais ne seront finis qu’en 1838 (entretemps la richesse de la ville avait diminuée avec la perte des colonies). La visite de la cathédrale est payante (10€, un audioguide est inclus).

L’intérieur de cathédrale est majestueux et très lumineux. On remarque très vite la présence de filets au plafond. Je pensais au début qu’il s’agissait de filets anti-pigeons, mais a priori ce serait à cause de la fragilité de la pierre. Exposée à l’air marin et aux embruns, elle devient friable et des petits morceaux peuvent tomber du plafond. Des travaux de rénovations sont toujours en cours.

La cathédrale possède de nombreuses chapelles latérales magnifiquement décorées. Dans l’une d’elles, on peut découvrir cet énoooorme et riche ostensoir utilisé lors des processions. Il est intégralement réalisé en argent et date du XVIIe siècle. Ce jour là, il était méticuleusement nettoyé. C’est vraiment le genre de job où il ne faut pas glisser et tomber!

Dans la nef central, on trouve le chœur. Cet espace réservé aux membres du chapitre chargés de l’office est superbement décoré de stalles en bois recouvertes de sculptures. Deux grands orgues sont répartis de chaque côté (l’un d’entre eux provient d’ailleurs de l’ancienne cathédrale de Cadix).

Sous l’autel, on peut accéder à une crypte. C’est un étonnant et vaste espace circulaire à la décoration sobre. Ici reposent les dépouilles des évêques et des citoyens illustres de la ville. La crypte se trouve sous le niveau de la mer. Si on fait attention, on a parfois l’impression d’entendre le bruit des vagues contre les murs. La crypte possède aussi une particularité acoustique. Placez vous au centre et tapez légèrement du pied sur le sol, vous serez surpris par l’écho 😉

Enfin, on peut grimper sur le toit de la cathédrale! Plus précisément, on grimpe au sommet de la Tour de l’Horloge. De l’extérieur, sur la façade, on la distingue grâce à un discret cadran d’horloge, rajouté au XIXe siècle. Depuis les hauteurs, on peut admirer le grand dôme doré qui fait la renommée de la cathédrale de Cadix.

Je vous conseille de surveiller l’heure quand vous êtes au sommet de la tour. On est littéralement sous une énorme cloche. Et elle est toujours utilisée! Si vous ne voulez pas perdre un tympan ou avoir une crise cardiaque, essayez de ne pas être là au moment d’un changement d’heure haha 😉

➡️ Plus d’infos sur le site de la cathédrale.

Du haut de la cathédrale on peut avoir un panorama complet de la ville. Et par exemple sur cette photo, en bas, il y a plusieurs monuments que nous n’avons pas visité. Le premier, c’est celui en bas à droite. C’est la vieille cathédrale de Cadix qui date du XIIIe siècle.

Juste après la prise de la ville en 1262, le roi ordonne la construction d’une cathédrale à l’emplacement de la mosquée. Pendant presque cinq siècles, ce sera la cathédrale de Cadix, jusqu’à la construction de la nouvelle. À partir de 1838, elle redevient la simple église de Santa Cruz. Le grand bâtiment blanc juste à côté, c’est la Casa de la Contaduria. C’est maintenant un petit musée qui abrite les trésors et les objets d’art sacré de la cathédrale. Son entrée est comprise dans le ticket de la grande cathédrale. Mais avant d’être un musée, c’est justement dans ce bâtiment qu’on prélevait le fameux Quinto Real, qui a fait la richesse de Séville puis de Cadix. C’était une taxe royale de 20% prélevée sur toutes les marchandises qui revenaient des Amériques. Avant, elle était prélevée à Séville, mais à cause de l’ensablement progressif du port fluvial, ce privilège (et les riches que ça entrainait) a été transféré à Cadix en 1717. Cette « maison de la comptabilité » servait aussi à contrôler les équipages de ces navires. Il fallait par exemple vérifier qu’il n’y avait ni musulmans ni juifs à bord des navires. La couronne espagnole voulait s’assurer que seuls des chrétiens pouvaient poser les pieds en Amérique!

Juste derrière ces deux bâtiments, on a retrouvé par hasard en 1980 les ruines d’un grand théâtre romain. Avec 120m de diamètre, il pouvait accueillir jusqu’à 10.000 spectateurs. C’est le deuxième plus grand théâtre romain retrouvé en Espagne. L’entrée est libre (enfin s’il y a quelqu’un qui veut bien vous ouvrir la grille, car ce jour là, il n’y avait personne et c’était fermé). Pas trop de regrets non plus, car on peut l’apercevoir à travers les grilles depuis la rue et on constate qu’il est tout de même en assez mauvais état.

L’église Santiago Aposto

Sur la place de la grande cathédrale, on voit un beau clocher. C’est celui de l’Eglise Santiago. Elle est construite en 1635 à l’emplacement d’un ancien collège jésuite détruit par le pillage des anglais. Vue de l’extérieur, à part le clocher, elle ne semble pas bien extraordinaire. Mais si on pénètre à l’intérieur …

Tadam ! C’est lumineux et grandiose! Le grand retable en bois doré est absolument magnifique 🙂

La visite de cette petite visite ne vous prendra pas longtemps (sauf si vous êtes captivés par la sérénité des lieux et que vous vous laissez aller à une prière). Ce serait vraiment dommage de passer à côté. Et en plus c’est gratuit! 😉

Les rues de Cadix

Ensuite, et bien on part se perdre dans les rues de Cadix pour sentir un peu l’ambiance de la ville! En chemin, on s’arrête à la Plaza de Topete, une petite place triangulaire pleine de charme avec ses vendeurs de fleurs 🙂 Juste à côté, il faut y a une halte obligatoire au Mercado Central de Abastos. C’est un des plus vieux marchés couverts d’Espagne (1838). Un chouette endroit pour faire le tour des étals, et il y a plein de bars à tapas tout autour. Une ambiance locale et animée garantie 🙂

Pas loin, il y a la Torre Tavira. C’est le point le plus élevé du centre historique. Du haut de cette tour située dans la maison-palais des marquis de Recano, on surveillait le port au XVIIe siècle. On peut la visiter et même observer la ville à travers une chambre noire. Plus d’infos sur ce site.

On fait un petit tour sur une autre place entourée de belles bâtisses. C’est l’élégante Plaza de San Antonio où on retrouve la grande façade de l’église du même nom.

La partie récente de la ville qui se situe vers l’ouest peut paraitre un peu lassante. Il n’y a que des longues rues étroites et rectilignes qui finissent par se ressembler un peu toutes. Les surprises, ce sont les mignonnes petites places comme la petite place triangulaire (encore une) Plaza Mentidero.

On a du mal à imaginer cette place absolument noire de monde pendant le Carnaval de Cadix qui dure 10 jours! 🙂 Ici, on est loin d’un carnaval traditionnel. Le Carnaval de Cadix a clairement la réputation d’un carnaval ludique et satirique, un peu déjanté, comme si toute la ville participait à une grande récréation! Pour profiter de cet évènement coloré et populaire, il faut venir à Cadix en février 😉

Parque Genoves

Tout à l’ouest de la ville, on arrive au très beau Parque Genoves, situé face à l’océan. Son nom est trompeur car il pourrait se traduire par « parc génois », alors que les génois n’en sont pas du tout à l’origine. Il porte en fait le nom de son créateur, Eduardo Genoves, un ancien maire emblématique de Cadix. On tombe tout de suite sous le charme de la grande allée bordée de hauts cyprès taillés et de palmiers. C’est beau comme un tableau! 🙂

C’est un endroit calme et bien entretenu. Si vous recherchez de la nature et un lieu paisible à Cadix, c’est ici qu’il faut venir. Inauguré en 1892, le parc est comme un véritable jardin botanique. On y retrouve un grande diversité avec de nombreuses plantes exotiques qui se sont habituées au microclimat de Cadix.

En plus de toute cette végétation luxuriante et des ces volatiles plus ou moins colorés, vous pourrez même y découvrir une petite cascade! 😉

La Plage de la Caleta

En marchant un peu plus loin vers le sud, on arrive devant une chouette grande plage de centre ville. C’est la plage de la Caleta avec son sable doré et ses eaux calmes. Il y a très longtemps, cette plage était un chenal entre deux ilots, utilisé par les phéniciens comme un port naturel pour leurs navires. Avec le temps, les ilots ont disparus, une partie du chenal s’est comblé et cette plage est apparue. Le joli bâtiment en forme de pavillon blanc sur le sable au milieu de la plage c’est Balneario Nuestra señora de la Palma y del Real. En 1926, cet établissement de soin balnéaire proposait un spa au bord de la plage. Il a faillit être démoli. Suite à sa rénovation, il abrite le Centre andalou d’archéologie sous-marine.

Cette plage a beaucoup de charme! Elle a inspiré des poètes, des chanteurs, et même des cinéastes pour plusieurs décors de films dont un James Bond. Il paraitrait que cette plage a un petit air de La Havane à Cuba! La plage est bordée par deux forteresses. Au nord, c’est Castillo Santa Catalina. Il est construit au XVIIe siècle, suite au pillage de la cité par les anglais, pour protéger Cadix d’une nouvelle attaque en provenance de la mer. Au sud, c’est Castillo San Sebastian (XVIIIe siècle) avec son phare métallique de 42m de haut, sur un des anciens ilots. Il est relié au centre historique par une très étroite jetée (recouverte par les vagues dès que le vent se lève, faites attention). Les deux petites forteresses peuvent se visiter gratuitement. Il n’y a pas grand chose à voir, mais elles hébergent de temps en temps des installations artistiques. En bonus à Cadix, il y a une plage encore plus grande et plus belle! Elle est un peu plus éloignée du centre historique. C’est la Playa de Santa María del Mar, réputée pour son sable fin et ses vagues.

Et au fait, il faut dire / écrire Cadix ou Cadiz ? et bien a priori, on dit Cadix (cadikse) en français mais Cadiz (cadiss) en espagnol. Vous voilà bien avancé avec cette ville qui a les yeux de velours haha! Si jamais vous n’avez pas la référence, cherchez la Belle de Cadix, une célèbre chanson d’opérette de Luis Mariano 😉

Notre découverte de Cadix sur une petite journée s’achève ici.

➡️ La suite du road-trip en Andalousie : Séville, la capitale de l’Andalousie

⬅️ L’étape précédente : Les villages blancs de Setenil de las Bodegas et Olvera

Setenil de las Bodegas et Olvera, road-trip en Andalousie

Après la découverte de Ronda la veille, et la randonnée du Caminito del Rey dans la matinée, la suite de ce road-trip en Andalousie nous conduit dans les jolis villages de Setenil de las Bodegas et de Olvera. Je souhaitais vraiment les visiter avant de filer vers Cadix. Ils font parti de la célèbre « Route des villages blancs » de la Sierra de Cadix. Ce sont des villages aux allures de carte postale, avec des maisons aux façades blanches, les murs peint à la chaux pour se protéger de la chaleur. Découvrons ça, hop en route! 🙂

Setenil de las Bodegas

Nous arrivons donc à Setenil de las Bodegas. Ce village est situé à environ 30min de route de Ronda et 1h30 de Malaga. Comme il est quasi impossible de se garer dans le village, la solution la plus pratique c’est d’utiliser le grand parking souterrain Los Canos. Il y a beaucoup d’espace et les tarifs sont corrects (1.80€/heure, et 9.60€ pour une journée). Sinon, vous pouvez tenter de vous garer le long de la route à l’extérieur du village. Il y a plusieurs emplacements gratuits mais peu de places, et comme c’est un village très touristique, elles partent vite.

Setenil de Las Bodegas est considéré comme un des plus beaux villages d’Espagne (la liste complète est dispo sur ce site : Pueblos más bonitos de España). Celui-ci est incontournable pour son côté insolite. Le village est en effet situé dans un canyon. Les habitations et les ruelles sont sous d’énormes surplombs rocheux! Depuis 1985, le village est classé « site historique et artistique » pour sa beauté et l’originalité de son urbanisme 🙂

Le village doit sa configuration vraiment unique à la rivière du rio Trejo. Dans ce terrain composé de calcaire et de marne, la rivière a creusé un canyon au fil des millénaires. Les couches argileuses plus tendre ont fini par disparaitre peu à peu, laissant de grands espaces sous la roche plus dure. Hop, les humains s’y sont installés dès la préhistoire, et plus tard on y a construit des maisons troglodytiques (troglodytiques certes, mais sans trop creuser la roche).

Sur les hauteurs du village, on peut apercevoir une tour carré. Ce petit donjon c’est tout ce qu’il reste de l’ancienne forteresse arabe du XIIIe. Elle possédait de grandes murailles et des tours fortifiées. La défense de cette petite cité était remarquable. Elle avait même la réputation d’être imprenable. Entre 1407 et 1484, il aura fallu pas moins de 7 sièges menés par les armées de Castille pour que les chrétiens arrivent enfin à conquérir la cité! Son nom viendrait d’ailleurs de là: « septem nihil », sept fois rien (et bodegas, car la ville possède des caves naturelles utilisées depuis longtemps pour y stocker le vin 😉 ). Le village traverse ensuite l’histoire et vit maintenant de l’activité agricole et du tourisme.

Setenil de las Bodegas, ce n’est vraiment pas très grand et il n’y a pas véritablement de monuments à visiter. Le petit donjon ne présente pas beaucoup d’intérêt. L’église Notre Dame de l’Incarnation, construite à la place de l’ancienne mosquée, est originale car une partie est en style mudeja et une partie en style gothique. Mais rien de fou non plus. Si on vient dans ce village, c’est surtout pour déambuler dans les ruelles et avoir le nez en l’air en se disant « mais comment c’est possible de vivre ici sans avoir peur que tout s’écroule sur sa tête? » 🙂

Les deux principales rues troglodytes sont Calle Cuevas del Sol, la plus commerçante et exposée au soleil, et Calle Cuevas de la Sombra, exposée au nord et souvent à l’ombre. Il ne faut pas hésiter à rentrer dans les boutiques et les bars sous la roche pour découvrir la déco étonnante à l’intérieur. Un avantage de vivre ici : les habitations sont naturellement climatisées tout l’été 😉

En 2 ou 3h (déjeuner inclus) on a fait le tour du village. Dommage pour la météo, le ciel bleu n’était pas au rendez-vous ce jour là. En tout cas c’est vraiment un bel endroit à visiter si vous êtes de passage dans la région. Plus d’infos sur le site du village.

À proximité : à moins de 10km de Setenil de las Bodegas, il y a un chouette site à découvrir. Ce sont les ruines romaines de la petite cité d’Acinipo, construite sur un plateau calcaire. Il n’en reste plus grand chose. Le principal monument encore un peu debout, c’est l’amphithéâtre, devant un joli panorama. Bonus : le site est gratuit et se visite rapidement en 30min, mais il n’est ouvert que le matin. Il était déjà trop tard pour nous, dommage …

Tant pis, hop en route vers la prochaine destination, Olvera, à une quinzaine de kilomètres ! 🙂

Sur la petite route de campagne entre Setenil de las Bodegas et Olvera, il y a ce genre de paysage. J’ai adoré ce panorama, beau comme un tableau, avec ce patchwork de couleurs de cultures, entre champs et plantations d’oliviers. C’est beau la campagne andalouse dans la Sierra de Cadix! 🙂

Olvera

Quand on arrive à proximité d’Olvera, on comprend pourquoi cette localité fait parti de la « route des villages blancs » 🙂 La colline est littéralement recouverte de maisons blanches et se détache nettement au milieu d’une mer de plantations d’oliviers! La beauté de cet endroit fait qu’Olvera est aussi classé site historique et artistique. Pour visiter la ville, je vous conseille d’utiliser le parking gratuit qui se trouve dans une montée derrière le château (Ctra. Subida a la Iglesia, 3). Comme vous vous en doutez, les rues de la ville sont bien pentues!

Olvera est une petite ville d’origine arabe. Elle est conquise par les chrétiens en 1327. Pour repeupler la ville après le départ des Maures, une méthode originale est utilisée. Le roi signe la charte royale « Carta Puebla » qui promettait l’amnistie à tout criminel s’il restait au moins un an et un jour dans la ville. De cette pratique est né un dicton « Tue un homme et va à Olvera ». Cette méthode inédite sera utilisée ensuite dans d’autres villes reconquises. Il devait y avoir une drôle d’ambiance dans les premières fêtes de villages à cette époque!

La petite ville est dominée par un donjon perché au sommet d’un éperon rocheux à 623m d’altitude. C’est ce qu’il reste de l’ancien château arabe du XIIe siècle. Pour la modique somme de 2€ il est possible de le visiter. Les ruines sont bien restaurées mais il y n’a pas grand chose à voir dans les deux étages du donjon (et la citerne). La visite vaut surtout le coup pour le magnifique panorama au sommet 🙂 Attention, il y a beaucoup de marches à monter et les escaliers sont bien raides et étroits. Le billet donne aussi l’accès à un petit musée historique sur le site.

Sur la place qui sert de belvédère, au pied du château, il y a la grande Église Notre-Dame de l’Incarnation. Avec sa façade monumentale à double clochers, elle domine le paysage! Sa construction remonte à 1843 à la demande du Duc d’Osuna. La façade extérieure est vraiment impressionnante mais j’ai trouvé que l’intérieur était un peu vide et tristounet (c’est peut-être lié au fait qu’elle a été victime d’un grand incendie en 2010).

Il y a un site intéressant à visiter juste à côté. Il est caché à l’arrière du château, juste sous les anciens remparts. C’est le cimetière paroissial d’Olvera. Il ressemble presque à un petit village blanc en miniature. C’est un lieu étrange, ouvert sur un magnifique panorama d’oliviers d’un côté, et de l’autre côté, sous la silhouette massive du vieux château. Il a été élu plus beau cimetière d’Espagne en 2019. Pas évident de conseiller un cimetière comme destination touristique, mais ça vaut le coup d’y jeter un œil (bien sûr avec respect et discrétion).

Pour continuer la découverte d’Olvera, il faut descendre dans les ruelles étroites et sinueuses du quartier de La Villa au pieds des remparts. C’est la plus ancienne partie de la ville qui correspond à l’ancienne médina arabe. La vue sur l’église depuis la rue Calle Calzada est la plus photogénique. Mais après cette longue journée (et sachant qu’il restait encore la route à faire jusqu’à Cadix), nous avons écourté la visite. En quittant Olvera, il y a un autre site à 2km à peine. C’est le Sanctuaire Notre-Dame de Los Remedios. Construit au XVIIe siècle, il abrite une statue de la sainte patronne de la ville. L’entrée est gratuite. Le sanctuaire est réputé pour son très beau patio coloré, sa décoration riche et l’importante dévotion des fidèles qui brulent des centaines de cierges et bougies.

➡️ Plus d’infos sur Olvera sur le site officiel.

À une quinzaine de kilomètres à l’ouest d’Olvera, si vous aimez la nature, vous trouverez le grand éperon rocheux de Zaframagon. Situé près d’une voie verte, il abrite une des plus grandes concentration de vautours fauves d’Europe.

En route pour Cadix

Pour nous, la route continue en direction de Cadix, à 1h30 d’ici. C’est la prochaine étape de ce roadtrip en Andalousie 🙂 Comme les logements dans le centre ville étaient soit complets soit hors de prix, notre choix s’est porté un peu plus loin dans la baie à El Puerto de Santa Maria. C’est donc l’hôtel Pinomar (C. Jade, 7, 11500 El Puerto de Sta María) en dehors de la ville qui a le privilège de nous recevoir! Situé au calme entre les pins et la mer, c’est un étonnant bâtiment au style andalou avec un vaste patio lumineux. Beaucoup de plantes et surtout une décoration riche et excentrique, et qui ne laisse pas indifférent haha 🙂

Pour le diner, je vous conseille l’excellent restaurant spécialisé en poissons et fruits de mer, le Maria Castana (C. Jade, 7, 11500 El Puerto de Sta María). Il est situé près de l’hôtel, le long du port Santa Maria, tout proche de la Playa de la Puntilla. Un bon repas, et un bon poulpe, ça fait toujours plaisir 😉

➡️ La suite du road-trip en Andalousie : La ville de Cadix

⬅️ L’étape précédente : La randonnée de Caminito del Rey

Randonnée au Caminito del Rey

Pendant longtemps, le Caminito del Rey était un des sentiers de randonnée le plus emblématique d’Espagne. Ce « chemin du roi », à travers des gorges vertigineuses, était même considéré comme le sentier le plus dangereux du monde! De passage en Andalousie, il fallait évidemment partir à sa découverte! Je vous explique tout ça, c’est parti, hop en route! 🙂

Le Caminito del Rey

Concrètement, le Caminito del Rey c’est un chemin aménagé dans les Gorges de Gaitanes à plus de 100m au dessus de la rivière Guadalhorce. Son existence est récente. Ce passage vertigineux est créé en 1905 pour aider les ouvriers dans la constructions de barrages hydroélectriques sur la rivière. Lors de l’inauguration des barrages en 1921, le roi d’Espagne Alphonse XII a emprunté ce chemin. Depuis, il porte ce nom de « chemin du roi ». Après la construction des barrages, ce passage à vocation technique dans les gorges n’a plus d’utilité, il est laissé à l’abandon. Les plaques de béton des passerelles tombent peu à peu en morceaux, les supports métalliques rouillent et tiennent à peine. Pourtant l’existence de ce passage est toujours connue. Des aventuriers téméraires (voir parfois suicidaires) continuent de l’emprunter. Le Caminito del Rey gagne alors le titre de chemin le plus dangereux du monde (cherchez quelques vidéos anciennes sur le web et vous comprendrez pourquoi!). Après plusieurs accidents mortels, l’accès au chemin est fermé en 2000. Si on essayait malgré tout de s’y aventurer, en plus du risque de mourir, on avait une amende de 6.000 euros. Mais la Province de Malaga sent bien que ce chemin a un énorme potentiel touristique. On décide finalement de le réhabiliter, et surtout, de le sécuriser! Une nouvelle passerelle est construite au dessus de l’ancienne. L’accès à l’ancien « chemin de la mort » est à nouveau possible à partir de 2015. Maintenant, tout le monde peut y aller et c’est sans danger. Il ne faut juste pas avoir trop le vertige 🙂

Rejoindre le départ

Il faut tout d’abord rejoindre le parc naturel de Los Ardales à une heure de route de Ronda ou Malaga. Le sentier du Caminito del Rey n’est ouvert que dans un seul sens, du nord (depuis le barrage Gaitanejo) vers le sud (El Chorro). Plusieurs options sont possibles si on vient en voiture : tenter de se garer à El Chorro et prendre une navette, se garer au parking municipal près du restaurant El Mirador, ou le plus simple, se garer sur le grand parking aménagé du Centre d’accueil des visiteurs (2€ la journée). On le trouve facilement au bord de la route en venant d’Ardalès. Dans tous les cas, il faudra ensuite passer par un service de navettes. Elles font régulièrement le lien entre les différents parkings. Ce service fonctionne de 7h40 à 20h. Il faut payer un ticket de 2.50€ au chauffeur en montant dans le bus. Le ticket permet de faire plusieurs allers-retours dans la journée si on le souhaite.

La navette vous dépose au départ d’une piste menant au barrage Gaitanejo. Il faut marcher environ 15-20 min en longeant la rivière. En chemin, vous verrez une grande paroi rocheuse sur la rive opposée. Creusée dans la paroi en grès, il y a la fameuse « arche gothique ». Il s’agit en fait d’un tafoni, une érosion naturelle de la roche en forme d’alvéole causée par l’humidité. Enfin, la piste arrive au point de départ officiel. Il est fortement recommandé d’acheter son billet à l’avance sur internet, les places par jour sont limitées! Le tarif est de 10€ par personne (et 18€ pour une visite guidée, en espagnol ou en anglais). La visite guidée n’est pas du tout nécessaire. Comme les passerelles sont très étroites, il y a une jauge limitée de personnes par créneaux horaires.

➡️ Pour vérifier les disponibilités et acheter son billet : le site officiel.

On vous conseille de choisir si possible un départ le matin afin d’éviter les fortes chaleurs. Sur place, on vous donne aussi un casque (et une charlotte) à rendre à la fin de la randonnée. On passe le portique, et c’est parti! 🙂

Important à savoir : si les conditions météos sont trop mauvaises, l’accès peut être fermé à la dernière minute pour raisons de sécurité.

La randonnée

Juste après le petit barrage, le sentier devient une étroite passerelle en bois perchée sur une paroi des Gorges de Gaitanejo. Ce premier canyon est très impressionnant. Il mesure à peine 10m de large avec des falaises de calcaires hautes de 300m! C’est vertigineux et on se sent vraiment tout petit!

En se penchant un peu (sans trop trembler des genoux) pour regarder le fond du canyon, on voit que l’érosion et la force du courant a creusé de nombreuses « marmites » dans les parois. Ce sont des cavités où la dissolution du calcaire est plus prononcée qu’ailleurs.

Le premier canyon se termine et la passerelle redescend en lacets vers la rivière.

Presqu’au niveau de la rivière, une petite grotte rappelle qu’on a retrouvé ici des traces d’occupations datant du néolithique (5000 av JC). Des chasseurs de bouquetins s’abritaient dans les grottes des gorges et pêchaient les poissons de la rivière.

Tout au-dessus de vos têtes, loin là-haut, vous verrez peut-être des vautours planer dans le ciel. Comme les gorges ont longtemps étaient inaccessibles aux hommes, des grands rapaces y ont installés leurs nids.

De l’autre côté du canyon, on peut apercevoir la ligne de chemin de fer (toujours utilisée) et un tunnel ferroviaire. Une étroite passerelle, appelée le « pont du roi » permet d’y accéder. C’est à cet endroit qu’en 1921, le roi d’Esoagne est descendu du train avant de poursuivre son chemin dans les gorges.

Plus loin, on arrive dans la vallée de Hoyo. C’est une enclave boisée, cachée entre deux canyons. Ici, le Caminito del Rey reprend l’allure classique d’un simple chemin de terre. Plusieurs endroits sont aménagés pour prendre un pique-nique ou se reposer à l’ombre des arbres. Cette zone est aussi traversée par un canal qui longe la rivière et le sentier. Une petite mare a même était créée en 2015 pour protéger une espèce de grenouille endémique de la région 🙂

Le sentier fini par quitter cette vallée en reprenant franchement de la hauteur. On retrouve à nouveau un Caminito del Rey sous forme de passerelle étroite accrochée au dessus du vide le long d’immenses falaises. À plusieurs endroits on peut voir les vestiges de l’ancienne passerelle datant de plus d’un siècle. C’est en ruines et ça fait carrément flipper! Les Gorges de Gaitanes à cet endroit sont terriblement impressionnantes. Une portion de passerelle en plexiglass transparent a même été installée pour vous donner encore plus de sensations en voyant le vide sous ses pieds. Pas de chance ce jour là, un déluge s’est abattu sur nous alors quand on était sur cette portion du circuit. Avec la pluie soudaine et le vent froid qui s’est mis à souffler très fort, tout le monde était pressé d’avancer, et pas le temps de faire des jolies photos 🙂

La traversée du pont suspendu de 35m de long pourra donner quelques sueurs froides supplémentaires à ceux qui ont le vertige! Si vous êtes attentifs, vous aurez remarqué quelques plaques commémoratives accrochées tout le long du Caminito del Rey. Elles rappellent les différents accidents mortels survenus ici…

La sortie du canyon est sans doute le moment qui m’a le plus impressionné. D’un seul coup l’espace s’ouvre sur un grand bassin. Il n’y a plus de gorges étroites avec une paroi rocheuse en face. Dans ce grand décor, on réalise alors vraiment que la passerelle est minuscule, et que la paroi est vraiment vraiment abrupte et verticale! C’est super impressionnant!

Après ce dernier passage à sensations, c’est la fin du périple sur la passerelle. On peut enfin souffler, le Caminito del Rey redevient un petit sentier tranquille longeant la rivière.

Après avoir rendu le matériel à la fin du chemin, on peut trouver de nombreux stands de boissons et snack, ainsi que des toilettes. En revanche, l’arrêt de la navette pour rejoindre le parking n’est pas du tout ici. Il faut marcher encore une bonne quinzaine de minutes au bord de la route qui longe le village El Chorro, jusqu’à un croisement où se trouve un petit stand boissons et glaces : El Kiosko. Ici, il y a un parking où vous pourrez attendre l’arrivée de la navette qui vous ramène à votre parking. Fin de l’aventure! 🙂

Alors, le Caminito del Rey, ça vaut le coup?

La randonnée au Caminito del Rey était pour moi une étape obligatoire dans notre road-trip en Andalousie. J’avoue que j’étais un tout petit peu déçu. Je m’attendais à du sensationnel et du vertige. Mais à mon gout, le chemin est maintenant tellement sécurisé qu’on ne ressent presque aucun danger ou risque. Il y a aussi le fait que le Caminito del Rey est devenu un parcours hyper touristique. Ça a sans doute joué en sa défaveur. Se balader avec des groupes d’ados qui rigolent bruyamment, des enfants qui crient, des perches à selfies, etc … On est bien loin d’un sentier secret réservé à des aventuriers intrépides 🙂 Enfin, la météo n’était vraiment pas au rendez-vous, avec de la pluie sur une partie du parcours. Je ne regrette absolument pas cette visite, mais après coup, elle me parait maintenant beaucoup moins indispensable. Si vous avez 3h à combler dans votre planning et qu’il y a de la disponibilité, alors n’hésitez pas! Ce serait dommage de passer à côté. Et si vous n’avez pas trop l’habitude de faire des randos, alors dans ce cas, le Caminito del Rey peu devenir une expérience qui devrait vous marquer 😉

➡️ La suite du road-trip en Andalousie : Setenil de las Bodegas et Olvera

⬅️ L’étape précédente : La visite de Ronda

Visiter Ronda en Andalousie

Ronda en Andalousie, c’est une magnifique découverte! Cette petite ville est perchée sur un plateau à 730m d’altitude, au bord de la falaise, traversée par une gorge profonde creusé. Un panorama incroyable, une belle atmosphère, et un incroyable pont, symbole de la ville. C’est une destination touristique incontournable. Préparez-vous à un véritable coup de cœur à Ronda 😉

L’histoire de Ronda

Ronda est une des plus vieilles villes d’Espagne. D’abord connue comme Arunda avec les Celtes, elle devient une colonie fortifiée romaine, puis Wisigoth. En 713, c’est la domination musulmane sur la péninsule ibérique. Elle devient Izn-Rand Onda, une cité stratégique de la province. Reprise par les chrétiens en 1485, l’ancienne médina arabe devient « la ciudad » historique. Au XVIIIe siècle, il y a une forte croissance, qui sera marquée par la construction de la « ville nouvelle » et du fameux pont. Durement touchée par la guerre contre les armées de Napoléon, puis appauvrit par la Guerre Civile Espagnole, Ronda reprend finalement des couleurs grâce au tourisme. Chaque jour des milliers de visiteurs venant de la Costa del Sol sont attirés par le charme de cette jolie ville andalouse 🙂

La ville historique n’est pas très grande. On peut facilement visiter les principaux points d’intérêts en une journée (ou deux en prenant son temps).

Venir à Ronda

Ronda est la première étape de ce road-trip en Andalousie. Elle se situe à environ 1h20 de route depuis Malaga. Première épreuve : le challenge quand on arrive en voiture à Ronda c’est de se garer. La ville attire énormément de touristes, le centre ville est minuscule et perché au bord d’une falaise. Autant dire que les places sont chères, dans tous les sens du terme. Pour ne pas se prendre la tête à galérer dans les petites ruelles, on a choisi le parking Poeta Rilke (il était juste à côté du logement). Ce n’était pas franchement l’option la plus rentable, il faut compter 25€ pour une journée! Beaucoup moins cher, il y a le grand parking public (non gardé) de La Concepción (si vous trouvez une place de libre). Attention, ne vous garez pas n’importe où dans les rues. Si vous voyez une ligne jaune sur le trottoir, ne restez pas là! La politique de stationnement est très stricte à Ronda, et les rues et les zones réservées évoluent régulièrement. Pour ne pas avoir de mauvaises surprises, retrouvez les dernières infos à jour sur ce site. Pour le logement, nous avons choisi un petit appartement (Apartamentos Alameda le long de C. Jerez).

Découverte de la ville

Pour commencer la visite de cette jolie petite ville, nous nous immergeons immédiatement dans la culture andalouse … en se faisant un resto japonais! haha 🙂 Sans rire, je vous conseille l’excellent Myagi Express (C. Jerez, 2)! Après ce bon repas, nous arrivons à la Placa Cristóbal Aguilar Barea.

Au bout de ce joli espace ombragé, c’est le point de vue Balcón del Coño. C’est le premier panorama sur la Sierra de Grazalema et la campagne andalouse depuis les hautes falaises de Ronda.

Bah voilà, ça commence bien, c’est magnifique! 🙂

L’arène de Ronda

En continuant le long de la rue, nous arrivons à l’arène de Ronda (Plaza de Toros de Ronda). Qu’on aime ou pas la corrida, c’est je pense un lieu qu’il faut visiter car il apprend beaucoup sur l’histoire de la tauromachie. Le ticket d’entrée (9€) donne aussi accès à un musée très intéressant (plus d’infos sur les horaires et tarifs ici) qui parle d’autres sujets que la corrida. On peut par exemple découvrir la sellerie royale où sont présentées des selles orientales extraordinaires.

On apprend qu’en 1572, le roi Philippe II créé une école d’équitation royale. La noblesse espagnole peut ainsi s’exercer aux pratiques militaires à cheval à la Real Maestranza de Caballeria de Ronda. Depuis l’antiquité les courses de taureaux existent en Espagne. Logiquement, les nobles ont continué cette pratique, mais à cheval. Les corridas sont alors principalement des joutes où un picador, un cavalier armé d’une lance, affronte le taureau.

Puis, vers le XVIIIe siècle, lors d’une nouvelle course à Ronda, Francisco Romero demande l’autorisation de tuer le taureau. Cette fois, il le fait sans cheval, avec une épée, et après avoir épuisé le taureau avec un leurre (la muletilla). Ce n’est pas le premier dans l’histoire à le faire, mais c’est celui qui rendra cette nouvelle pratique célèbre et populaire. C’est le premier matador professionnel. C’est ainsi que la corrida moderne est née à Ronda. Réputé pour son courage et son élégance, il donnera un prestige nouveau à la corrida.

Devant l’essor populaire de cette nouvelle tauromachie, on fait construire l’arène de Ronda en 1785. C’est une des plus anciennes arènes d’Espagne toujours en activité. Elle mesure 66m de diamètre et elle est considérée comme une des plus belles arènes du monde 🙂

Si vous avez la chance de visiter Ronda en septembre, vous pourrez peut-être assister aux célébrations des fêtes de Pedro Romero, du nom d’un autre célèbre Matador de Ronda (le petit fils de Francisco). Pour cette occasion, la ville organise une corrida goyesque. Le principe, c’est de faire une corrida avec les habits et les coiffures traditionnelles du XVIIIe siècle (époque du célèbre peintre Goya).

Juste derrière l’arène, après avoir traversé un petit jardin, on arrive à côté d’un élégant kiosque à musique. Un balcon a été aménagé au dessus du précipice.

Pour un point de vue de folie avec les pieds dans le vide, c’est ici qu’il faut venir. Vertige assuré! 😉

Le Puento Nuevo

Un peu plus loin, après avoir traversé la Plaza España, on découvre enfin le principal monument de Ronda. Le Puento Nuevo (pont neuf), véritable prouesse architecturale, est devenu le symbole de la ville. C’est un monumental pont en pierre construit au dessus des impressionnantes gorges de Tajo de Ronda où coule le Rio Guadalevin, profondes de 100m!

Le pont est construit au XVIIIe siècle, à la même période que l’arène et la ville nouvelle. C’est l’époque où Ronda connait un fort regain économique. Avant sa construction, on devait traverser le Rio Guadalevin plus bas, sur un vieux pont. Lors de son inauguration en 1793, le pont de Ronda est celui avec la plus haute travée au monde! Pour réaliser cet exploit (et éviter un drame comme l’effondrement du pont précédent qui a fait 50 morts), les architectes ont fortement consolidé le ravin. Après avoir sécurisé le tout avec d’énormes piliers, il ne reste plus qu’une petite arche à construire. Dans cette arche on aperçoit une petite fenêtre. Il y a un espace à l’intérieur, qui a longtemps servi de prison. Maintenant, c’est un petit espace d’exposition.

Pour voir ce grand pont dans son intégralité, il faut s’éloigner un peu et quitter le centre ville. Un sentier descend avec une forte pente depuis la vieille ville et permet d’avoir un peu plus de recul. À noter, il y a un autre passage à flanc de falaise qui permettait d’arriver jusqu’au pied du pont. Son accès est désormais payant (5 Eur) et il y a des travaux de rénovation. Je vous conseille de le laisser de côté et suivre le chemin un peu plus loin. Il y a plusieurs miradors aménagés pour avoir des beaux points de vue, et c’est gratuit 🙂

La vieille ville

En remontant depuis les miradors du Pont Neuf, vous pouvez faire un petit détour pour passer par la Puerta del Almocábar. Cette ancienne porte du XIIIe siècle est un des rares vestiges des fortifications de la cité musulmane. Après la reconquête chrétienne, la médina arabe a été transformée. Par exemple, l’ancien Château des Lauriers est devenu un grand sanctuaire avec l’église Maria Auxiliadora. La mosquée est devenue la grande église Santa Maria la Mayor. Même si cette partie de Ronda est un peu moins touristique, c’est avec plaisir qu’on se perd dans les minuscules ruelles aux murs blanchis à la chaux.

Après avoir franchi la porte Arco de San Felipe, un chemin pavé mène au Puento Viejo. C’est un pont d’origine arabe qui relie l’ancienne vieille ville musulmane avec la quartier du Mercadillo. Il est beaucoup moins impressionnant que le grand Puento Nuevo, mais il est tout de même à 30m au dessus du Guadalevin!

Malgré cette hauteur, ça ne l’a pas empêché d’être plusieurs fois détruit par des crues dévastatrices de la rivière. On a du mal à imaginer ces scènes quand on voit le rio qui semble bien calme tout au fond du canyon!

Il y a un autre pont (le troisième de Ronda) situé un peu plus bas. C’est le plus ancien. Sans doute d’origine romaine, il a été refaçonné à de nombreuses reprises au cours des siècles. Juste à côté, il y a le site des bains arabes du XIIIe siècle. Ces ruines peuvent se découvrir lors d’une courte visite et accompagnée d’une vidéo explicative (entrée 5 Eur).

Jardines de Cuenca

On remonte ensuite par l’autre rive des gorges, en passant par Jardines de Cuenca. Le nom est trompeur car il ne s’agit pas vraiment d’un jardin, mais d’avantage une promenade aménagée.

Il n’empêche, c’est un endroit vraiment agréable où on se balade sur les différentes terrasses au bord du vide. Les points de vue sont encore une fois splendides 🙂

Le Palacio del Rey Moro

On ne peut pas louper le Palacio del Rey Moro (la maison du Roi Maure). C’est une construction qui se démarque de l’autre côté des gorges. Ce lieu est intimement lié à l’histoire de la ville. Il est construit sur une faille de la falaise. À l’époque de la domination arabe, une mine creusée dans cette faille permettait de descendre jusqu’à la rivière. Là, une grande roue était actionnée par des esclaves chrétiens et permettait d’approvisionner la ville en eau. En 1485, les troupes castillanes font le long siège de la cité Izn-Rand Onda. Finalement, un musulman finira par trahir l’existence de cette mine secrète. Une fois localisée, les castillans détruisent le grande roue. Sans eau pour les habitants, la chute de la cité est rapide. La prise de Ronda est alors un grand pas en avant dans la Reconquista espagnole!

Plus tard au XVIIIe siècle, des habitations sont construites au dessus de l’ancienne mine. En 1911, la duchesse Parcent achète ce site et décide d’en une grande maison au style néo-mudéja qu’on appelle désormais « la maison du Roi Maure » (alors qu’aucun roi n’a jamais habité ici). La duchesse fait appel à un paysagiste français pour réaliser un grand et magnifique jardin en terrasses au bord de la falaise. Le Jardin et l’ancienne mine secrète menant jusqu’à la rivière peuvent se visiter (tarif 10 Eur). La grande maison est hélas en travaux de rénovations depuis des années et n’est toujours pas ouverte au public. Pour les horaires et les tarifs, plus d’infos sur ce site.

El Mercadillo

On se promène ensuite dans El Mercadillo. C’est la partie de Ronda qui correspond à la ville nouvelle. Le cœur de ce quartier, c’est Plaza del Socorro.

Cette charmante place avec vue sur l’église colorée Nuestra Senora del Socorro est l’endroit idéal pour boire un verre à l’une des nombreuses terrasses et profiter de la douceur du soir 🙂

Pour le restaurant du soir, cette fois c’est du traditionnel andalou 😉 C’est le Gastro-Bar MK (C. Armiñán, 25) situé dans la vieille ville. C’est un petit restaurant familial qui propose une bonne nourriture typique (goutez le Rabo de Toro – ragout de queue de taureau) dans une ambiance conviviale. Je recommande 🙂

Bonne nuit Ronda 🙂

➡️ La suite du road-trip en Andalousie : La randonnée du Caminito del Rey

Roadtrip en Andalousie, les plus beaux endroits

Ah l’Andalousie, voilà une destination qui fait rêver! Ça sent le soleil, les tapas, les grands espaces, les monuments historiques et les plages 🙂 Alors quand l’occasion s’est présentée pour un roadtrip de 8 jours fin mai, on ne réfléchit pas trop longtemps. Hop en route ! 😉

Sur le papier ce road trip s’articule autour de ce circuit qui fait passer par les plus beaux endroits à visiter.

Voyons ce que ça va donner dans la réalité! 🙂

Malaga et la location de voiture

Le choix de Malaga comme point de départ et d’arrivée est principalement lié au prix des billets d’avions. Les vols vers Séville étaient bien plus chers, et l’aéroport de Malaga Costa del Sol accueille de nombreuses compagnies low-cost. Je vous conseille donc de privilégier Malaga si vous voulez réduire un peu le budget. Pour la location de voiture, comme d’habitude, j’ai un peu cherché pour avoir la « meilleure compagnie qui ne fait pas d’arnaque et au meilleur prix ». Ici mon choix s’est porté sur MalagaCar.com (Av. del Comandante García Morato, 34). Une navette vous transporte de l’aéroport jusqu’à leur société, qui est vraiment juste à côté (on pourrait y aller à pied). La procédure est rapide, les tarifs compétitifs, et il n’y a pas d’arnaque. Bref tout s’est passé sans aucun problème et c’est ça qu’on aime! Je recommande! 🙂 Les offres de locations sur leur site.

Le road trip en Andalousie

Voici les étapes de ce road trip de 8 jours. C’est évidemment un parcours qui peut se compléter de mille façon tant l’Andalousie regorge de trésors 😉

La belle Ronda et son fameux pont

La célèbre randonnée du Caminito del Rey

Les villages blancs de Setenil de las Bodegas et Olvera

La belle ville de Cadix

Séville, la capitale de l’Andalousie

Cordoue, une merveille

Grenade, les plus beaux endroits

La visite de l’Alhambra

Du désert de Tabernas à la plage de San José

La visite de Malaga

Balade à Montpellier, les incontournables

Partons à la découverte de Montpellier, une ville dynamique et vivante! Cette balade dans le centre-historique est une invitation à explorer les incontournables de la ville, entre patrimoine, art de vivre et douceur méditerranéenne. C’est part, hop en route! 🙂

La petite histoire de Montpellier

Comme j’aime bien l’histoire, je vous fais un petit résumé de celle de Montpellier. Rassurez-vous, ça va aller vite 😉 La cité prend naissance en l’an 985 avec la création d’une place fortifiée. Rapidement, elle devient une grande ville marchande grâce à sa position privilégiée pour le commerce entre l’Espagne, la Méditerranée et le nord de la France. Sa prospérité au moyen-âge s’accompagne de la création d’une des plus vieilles universités de médecine d’Europe. L’âge d’or prend fin avec l’arrivée de l’épidémie de peste qui décime la ville à la fin du XIVe siècle. Alors que la ville reprend son essor, les guerres de religions entre Protestants et Chrétiens réduisent de nombreux quartiers en cendres. Après la reconquête et le retour de l’ordre royal au XVIIe siècle, la noblesse fait construire de nombreux hôtels particuliers et des jardins. La ville devient un véritable centre culturel qui rayonne dans le sud de la France. Après la Seconde Guerre mondiale, c’est le boum économique et la population qui augmente fortement, suite à une immigration de pieds-noirs et d’habitants des pays du Maghreb. La ville de Montpellier rime avec dynamisme, jeunesse (les étudiants représentent 20% de la population ) et élégance. Plusieurs villes dans le monde se nomment Montpellier justement en hommage à cette réputation de « belle ville » 😉

Allons voir ça d’un peu plus près!

Balade dans l’Ecusson

Pour découvrir cette jolie ville je vous propose une balade dans le centre historique de Montpellier, surnommé l’Ecusson. Il porte ce nom car si on regarde sur un plan, les contours de l’ancienne ville historique ressemblent à un écusson médiéval. Pour cette grande balade en boucle, nous partirons de la gare de Montpellier Saint-Roch, au sud du centre ville. Face à la gare, c’est le grand carrefour des rails du tramway. Même s’il y a le Square Planchon, on ne s’y attarde pas trop car depuis quelques temps, c’est devenu un coin mal fréquenté (surtout le soir).

Alors hop en route, on remonte la grande rue Maguelone pour s’enfoncer dans le centre. La ville a été construite sur deux collines, alors il y aura un peu de reliefs dans quelques rues. On remarque aussi rapidement la couleur blanc crème des bâtiments de Montpellier. La pierre de Castries utilisée dans de nombreuses constructions donne une couleur typique à la ville 🙂

La Place de la Comédie

On arrive sur la jolie Place de la Comédie 🙂 C’est un peu la grande place centrale du centre ville de Montpellier. Toute en longueur, elle doit son nom à l’Opéra Comédie, un grand théâtre a l’italienne, avec une grande salle de 1200 places, inauguré en 1888 (à l’emplacement de l’ancien théâtre détruit par un incendie). Il est classé monument historique.

Au centre de la place trône la Fontaine des Trois Grâces (1790). C’est le point de rendez-vous par excellence avant de partir en promenade, ou pour faire du shopping avec les nombreuses enseignes autour de la place. Il y a aussi plein de terrasses de restaurants et de bars. C’est un bel endroit où se poser et profiter du beau temps 🙂

L’Esplanade Charles de Gaulle

La Place de la Comédie se prolonge sur l’Esplanade Charles de Gaulle. Ces deux ensembles réunis forment un des plus grands espaces piétons de France. Cette esplanade date du XVIIe siècle, quand Louis XIII fait détruire d’anciens remparts pour laisser une ouverture aux canons de sa citadelle, afin de mater toute nouvelle tentative de rébellion protestante dans la ville. L’esplanade longue de 500m est un joli lieu de promenade paysager, bordé de grands platanes. Il y a toujours de l’animation et une bonne ambiance 🙂

Bordant l’esplanade, il y a le joli petit parc du Jardin du Champ-de-Mars. De l’autre côté de ce jardin, c’est le grand Lycée Joffre. C’est un des plus anciens lycées de France, dans l’enceinte de l’ancienne citadelle de Montpellier. Le long de l’esplanade on peut aussi visiter le Musée Fabre. C’est le principal musée d’art de la ville. Pour la modique somme de 9 Eur vous pouvez découvrir les œuvres d’un des plus grands musées régionaux de France. Bon à savoir, l’accès aux collections permanentes est gratuit le premier dimanche du mois 😉 Plus d’infos sur ce site. Enfin, à l’extrémité de l’esplanade, il y a le Corum. C’est le grand espace d’exposition et évènementiel du centre ville. Pour suivre sa programmation, c’est sur ce site.

À travers les ruelles

On s’enfonce maintenant dans les vieilles ruelles médiévales de la ville. C’est coloré et vivant. Nos pas nous mènent au MO.CO. (Montpellier Contemporain). C’est un grand centre d’art contemporain, situé dans les anciens locaux de l’Université de Médecine. Bonus, les expos sont gratuites 🙂 Plus d’infos sur ce site. À l’intérieur on peut aussi profiter de la belle terrasse au calme du très bon Café de la Panacée dans un patio arboré.

Un peu plus loin, les ruelles nous conduisent devant l’escalier menant à la Place de la Canourgue. C’est la plus vielle place de Montpellier. C’est aussi la plus belle, la plus romantique et la plus élégante. Elle est entourée de beaux hôtels particuliers du XVIIe siècle. C’est le lieu idéal pour flâner au calme à l’ombre des arbres, déambuler au milieu de petits jardins aménager et se poser sur les terrasses accueillantes 🙂 Depuis la jolie Fontaine des Licornes, on distingue des grandes tours de pierres, c’est notre prochaine étape.

La Cathédrale Saint-Pierre

Nous voici devant la Cathédrale Saint-Pierre. Elle n’était tout d’abord que la simple petite église d’un monastère, avant de devenir une cathédrale en 1536. Pourtant, elle ressemble d’avantage à une forteresse avec ses quatre tours fortifiées et ses murs massifs. Elle possède aussi la particularité d’avoir un énorme porche en baldaquin soutenu par deux larges piliers. Elle a un petit air de Cathédrale d’Albi (même si Albi est bien plus grande et plus belle 😉 ) Elle est pillée et pratiquement détruite en 1561 pendant les Guerres de Religions quand les protestants arrivent à pénétrer à l’intérieur et massacrent les résistants. Une nouvelle cathédrale devait être reconstruite sur la place de la Canourgue juste à côté, mais Richelieu interdit ce projet et décide de conserver la cathédrale Saint-Pierre. Elle ne sera finalement vraiment reconstruite et agrandie qu’au XIXe siècle pour atteindre 100m de long.

À l’intérieur on peut admirer un grand orgue magnifique de 1778 qui fait sa renommée. La cathédrale se visite gratuitement. Il est même possible de grimper au sommet de la Tour Urbain V. Une fois les 200 marches franchies, on peut profiter d’une vue panoramique à 360° sur Montpellier. Des visites guidées ont lieu les après-midi (5 eur, se renseigner à l’office du tourisme).

Le Jardin des Plantes

Juste derrière la cathédrale, on peut découvrir le plus ancien jardin botanique de France! C’est l’œuvre de Pierre Richer de Belleval qui suit des cours de médecine à l’Université de Montpellier (on retrouve d’ailleurs une grande statue de ce personnage dans le jardin). En 1593, il arrive à rencontrer le roi Henri IV et lui parle de sa volonté de développer « la santé par les plantes ». Il le persuade ainsi de fonder un jardin botanique royal, à l’image de celui de Padoue en Italie. Rapidement le jardin prendra de l’ampleur et ne se limitera plus aux seules plantes médicinales. Après plus de quatre siècles d’existence, il s’étend maintenant sur 4.6 hectares et attire des milliers de visiteurs chaque année. Le Jardin des Plantes est classé monument historique et jardin remarquable. C’est vraiment un très bel endroit. L’entrée est gratuite, et vraiment pas besoin d’être un botaniste pour tomber sous le charme 🙂

C’est un véritable plaisir de s’y promener. Près de la Noria et des vestiges de l’ancien jardin détruit pendant les Guerres de Religions, on trouve un endroit insolite qui plaira aux amateurs de poésie. Selon la légende, c’est dans le Jardin des Plantes de Montpellier que le célèbre poète anglais du XVIIIe Edward Young aurait enterré secrètement sa fille Narcissa. Un squelette retrouvé plus tard par des jardiniers a suffit pour « officialiser » cette légende (et attirer ainsi d’avantages de visiteurs). Elle a désormais un véritable tombeau dans un mur du jardin.

La belle Allée Charles Martins longe une élégante orangerie achevée en 1806.

Derrière l’orangerie, c’est la « Montagne du Richer » qui marque la limite nord du jardin jusqu’au XIXe siècle. Dans un arboretum, on passe des arbustes méditerranéens, aux vénérables feuillus et à une exotique bambouseraie. Un voyage végétal en quelques pas 🙂

On arrive ensuite aux aménagements du XIXe siècle de Charles Martins, le directeur de l’époque. On y trouve un très agréable jardin anglais créé en 1860 avec ses vastes pelouses ornées de massifs de plantes. Il y a aussi le « marabout algérien », un ancien observatoire astronomique près du « lac au Nélumbos », une mare où s’épanouissent des lotus.

Un peu plus loin, c’est la grande serre Martins (1860) qui abrite une collection de « succulentes » venant de toutes les régions arides du monde.

Le jardin fait toujours parti de la Faculté de Médecine de Montpellier. Pour connaitre les différents évènements organisés et les ouvertures de la serre, plus d’infos sur ce site.

Je vous conseille absolument cette visite dans le poumon vert de la ville 🙂

Le Jardin de la Reine

Juste à côté du Jardin des Plantes, il y a un endroit peu connu et caché derrière des murs. Une petite entrée discrète permet d’y accéder depuis la Rue du Jardin de la Reine. On découvre un joli jardin historique. Ce terrain acheté par Richer en 1619 lui servait de parcelle d’expérimentation pour le grand Jardin des Plantes. Il porte le nom de Jardin de la Reine en référence à Marie de Montpellier, Reine d’Aragon de 1183 à 1213, qui avait un jardin à peu près à cet endroit.

Propriété de l’état, il était laissé à l’abandon depuis deux siècles. En 2013, il est mis en vente. Pour préserver ce patrimoine végétal historique, une forte mobilisation citoyenne a permis l’achat par la ville. Depuis, ce jardin est géré par une association. On peut le visiter gratuitement les samedis après-midi 🙂

C’est calme et agréable car il n’y a presque personne. On se promène entre le potager, le verger et le sous-bois. Le jardin garde une allure de nature spontanée, et on a vraiment l’impression de se promener à l’intérieur d’une petite forêt sauvage en plein centre ville historique 🙂 Retrouvez toutes les actualités du Jardin de la Reine sur ce site.

À quelques pas de ces jardins, les rues grimpent vers un des plus beaux endroits de Montpellier.

La Promenade du Peyrou

La Promenade du Peyrou, c’est un superbe ensemble architectural à l’ouest du centre historique. Au XVIIe siècle la ville prend la décision d’aménager le point culminant de Montpellier. L’ancien promontoire situé à 52m au dessus des champs et des vignes va être transformé en une vaste esplanade et place royale à la gloire du roi Louis XIV. Les travaux commencent en 1689. L’ancienne entrée fortifiée de la Porte du Peyrou est remplacée par un Arc de Triomphe en 1691.

Cette grande porte d’apparat de 15m de haut symbolise la puisse royale. L’arc donne sur un pont de pierre construit à la place de l’ancien pont-levis. Dans le prolongement, il y a la longue esplanade donnant sur la statue équestre de Louis XIV. La statue qui trône au centre de l’esplanade date de 1828. La statue originale, bien plus grande, a été détruite pendant la Révolution.

D’ailleurs, son arrivée à Montpellier ne s’était pas faite sans mal. Le navire qui transportait l’énorme statue en bronze de 19 tonnes a coulé à Bordeaux à cause de la foule de curieux! Il a fallu des mois pour repêcher la statue au fond du fleuve. Lors de son installation en 1718, Montpellier était la seule ville de France après Paris et Versailles à avoir l’honneur de posséder une représentation du roi.

La ville profite des grands travaux de l’esplanade pour construire l’aqueduc des Arceaux. Achevé en 1765, il permet enfin de capter l’eau de la source Saint-Clément et d’alimenter Montpellier en eau. L’architecte Pitot s’est inspiré du Pont du Gard pour la réalisation de ce pont-aqueduc de 900m de long. Il était encore utilisé jusqu’en 1983.

Si vous vous promenez au pied de l’aqueduc, vous pourrez voir une plaque commémorative. Elle marque l’endroit où a été prise en hiver 1939 la célèbre photo du futur résistant Jean Moulin avec son chapeau et son écharpe.

L’aqueduc s’achève sur une magnifique construction, le château d’eau du Peyrou (construit en 1768). Avec son bassin, il ressemble d’avantage à un temple antique. Et pourtant, sous ce bassin se trouve un grand réservoir premettant d’alimenter la ville.

Il faut absolument venir se promener sur l’esplanade du Peyrou pour profiter de la très jolie vue sur les Cévennes et le Pic Saint-Loup. C’est aussi un très bon spot pour les couchers de soleil. Tous les dimanches, l’esplanade laisse place aux brocanteurs et à la buvette 😉

Le Carré Sainte-Anne

En se promenant dans les ruelles, on arrive devant le plus haut monument de l’Ecusson. Le clocher de l’église Sainte-Anne culmine à 69m de hauteur et se voit de loin. Cette église néo-gothique a été construite en 1866 pour remplacer l’ancienne église qui menaçait de s’écrouler.

En 1986 elle est désacralisée. Maintenant c’est un centre culturel avec un grand espace d’exposition de 600m² dans la nef. Le Carré Sainte-Anne est ouvert gratuitement tous les jours sauf le lundi. Retrouvez plus d’infos sur les expositions en cours sur ce site.

Traversons maintenant la grande Rue Saint-Guilhem pour découvrir un nouveau monument de Montpellier.

L’église Saint-Roch

Au XIXe siècle, la ville veut construire une grande église monumentale dédiée à Saint Roch pour y accueillir quelques unes de ses reliques. Ce personnage est né à Montpellier au XIVe siècle dans une famille noble et riche. Le jeune homme distribue toute sa fortune aux pauvres et part en pèlerinage vers Rome. Grâce à ses études en médecine à Montpellier, il soigne de nombreux malades sur son chemin. Ces guérisons font rapidement sa renommée. Lui même survit miraculeusement à la peste! Sur le chemin du retour il est arrêté, on le prend pour un espion. Après cinq années de cachots, il meurt à l’âge de 30 ans. C’est seulement après sa mort qu’on découvre qu’il s’agissait du saint guérisseur. Son culte populaire se répand ensuite rapidement en France et en Italie. C’est le Saint Protecteur de la ville de Montpellier.

Son église est construite en 1868, dans un style néo-gothique, deux ans après celle de Sainte Anne, mais elle ne sera jamais totalement achevée. On voit bien que sur la façade il manque les deux flèches latérales ainsi que les statues qui devaient la décorer. Mais ce n’est pas grave car le quartier est cool 😉

Les ruelles colorées du quartier Saint-Roch sont remplies de terrasses de bars et de restaurants, de jolies boutiques. C’est vraiment un quartier animé et très sympa à découvrir dans Montpellier 🙂

La Tour de la Babote

En descendant la Rue du Plan d’Agde et la Rue de la Fontaine, on arrive sur le boulevard qui fait le tour du centre ville. Il marque l’emplacement des anciens remparts de Montpellier au XIIe siècle. La ville possédait alors 25 portes fortifiées. On en retrouve une à quelques pas d’ici, c’est la Tour de la Babote. Devenue inutile au XVIIIe siècle, on décide la préserver et même de la surélever pour y installer un observatoire d’astronomie. Elle est parfois ouverte aux visites lors des Journées du Patrimoine.

Info insolite : profitant de cet endroit, c’est depuis le haut de cette tour que le parachute a été inventé par Louis-Sébastien Lenormand en 1783 🙂 En réalité, il ne faisait des essais qu’avec des animaux. Le premier saut en parachute par un humain sera réalisé quelques années plus tard par Garnerin à Paris en 1797.

En suivant le boulevard, nous voici de retour à la gare. J’espère que cet article vous donnera envie d’aller vous plonger vous aussi dans les ruelles de cette très chouette ville 🙂

Un peu plus loin

Au nord de Montpellier on peut faire une balade dans la réserve naturelle du Lez à Lunaret. L’accès se fait par une grille au bout de la Rue de Ferran. Au programme, une belle promenade à l’ombre des arbres sur un sentier sauvage au bord du Lez.

Bonus, vous pourrez même découvrir une cascade! 🙂 Tout proche, vous pouvez aussi visiter le Zoo de Montpellier. Cerise sur le gâteau, ce grand parc zoologique en pleine nature est accessible gratuitement 😉 Plus d’infos sur ce site.

⚠️ Attention, ces sites sont fermés en cas de risque incendie très élevé ou alerte météo.

La Cascade de Rûnes et Cham des Bondons

Voici une jolie petite balade lozérienne avec cascade et menhirs au menu. Allons-y, hop en route! 🙂

La Cascade de Rûnes

Pour découvrir cette très jolie cascade, il faut tout d’abord partir en direction de la commune de Fraissinet-de-Lozère, puis suivre la route vers le hameau de Rûnes. Juste à l’entrée du hameau, un petit parking est indiqué au bord de la route. Vous êtes arrivés! Ensuite c’est très simple, il suffit de suivre un sentier bien indiqué sur environ quelques centaines de mètres.

Au fur et à mesure de l’approche, on entend le grondement de la cascade se faire de plus en plus présent. Puis tout à coup, on arrive devant ce magnifique panorama sur le Vallon de la Runes 🙂

Nous sommes au sommet de la cascade, et donc forcément, on ne la voit pas. Pour la découvrir complètement, il va falloir faire quelques efforts. Le sentier descend jusqu’au pied de la cascade par des marches aménagées (en bois et en pierres). Soyez prudent car la pente est bien raide et les marches sont glissantes. Cette descente n’est pas vraiment adaptée pour les tous petits et les personnes âgées.

La magnifique cascade de la Rûnes s’étire sur presque 70m de haut, en faisant plusieurs sauts au milieu des rochers. C’est la rivière de la Rûnes qui s’élance dans le vide, après avoir pris sa source dans le Massif du Mont Lozère. Elle rejoint le Tarn un peu plus loin.

La cascade de la Runes est un site naturel classé. C’est un véritable havre de paix et de fraicheur en pleine nature et ça mérite bien quelques efforts 😉 Près de la cascade vous pourrez découvrir une pierre gravée où on voit un dragon se mordre la queue. Il est écrit « De la terre vers le ciel et du ciel vers la terre ». Une légende locale dit que ce serait un message laissé par des Vikings à la fin du premier millénaire. Ou alors un message laissé par un illustre inconnu au XIXe siècle. En fait on n’en sait rien ha ha!

Cham des Bondons

Une dizaine de kilomètres plus loin, nous sommes en plein Cham des Bondons. Un « cham » c’est comme un petit « causse ». Ici, c’est un plateau calcaire d’une dizaine d’hectares. Sur ce plateau quasi désertique on remarque tout de suite deux curiosités. Le Puech d’Allègre et le Puech de Mariette. Selon la légende ces deux petites collines arrondies se seraient formées avec la boue tombée des bottes du géant Gargantua.

Le site de Cham des Bondons est aussi (et surtout?) connu pour les menhirs. Sur ce plateau, on a retrouvé 154 menhirs. Ils ont été taillés dans des carrières de granite situées à quelques kilomètres puis transportés sur le plateau calcaire, avant d’être dressés, il y a des milliers d’années. Un petit rappel important: ce ne sont pas les Gaulois qui ont taillés les menhirs. Ces pierres sont bien plus anciennes. Au fil du temps, les hommes les ont couchés ou détruits. Malgré tout, beaucoup sont encore là. Un sentier en boucle de 2h et 5km vous permet de découvrir ces mystérieux vestiges d’un passé lointain. Le parcours est expliqué sur cette page.

C’est un des plus grands sites mégalithiques d’Europe après les alignements de Carnac. Bon personnellement, je trouve que le site de Carnac est plus intéressant car les groupes de menhirs sont beaucoup plus rapprochés. D’ailleurs je vous en parle sur cette page 😉

Je vous souhaite une belle balade 🙂

Balade au Chaos de Nîmes-le-Vieux

Direction le département de la Lozère pour découvrir un monde minéral insolite sur le Causse Méjean. Cette balade accessible à toute la famille réveillera votre imaginaire. C’est parti, hop en route 🙂

Le Causse Méjean est le plus haut des grands Causses. On s’y attarde rarement. Si sa partie Ouest possède quelques reliefs boisés, la partie à l’Est ressemble à vaste une lande désertique qui pourrait presque paraitre sans intérêt. C’est pourtant précisément ici que nous allons aujourd’hui, à 1h de route de Millau, pour découvrir le Chaos de Nîmes-le-Vieux 🙂

Il faut tout d’abord rejoindre la commune de Fraissinet-de-Fourques (ou Cabrillac), puis prendre la direction du Col de Perjuret. Ensuite, il faut suivre le panneau vers le hameau de L’Hom. Là, un petit parking est aménagé. Hop, vous êtes arrivé! Il suffit ensuite de traverser le hameau à pied. Sur la gauche après les bâtiments agricoles, il y a le point de départ du circuit.

Le Chaos de Nîmes-le-Vieux, c’est une centaines de rocs aux formes étonnantes, qui sont mystérieusement éparpillés sur une portion du Causse Méjean. Le site a été « découvert » en 1908 par Paul Arnal, un pasteur et membre du Club Cévénol. Comme ce paysage étonnant n’était pas répertorié dans les ouvrages décrivant les sites naturels de la région, il décide de le baptiser. Pour le choix du nom, il s’inspire du Chaos de Montpellier-le-Vieux, un site similaire découvert 25 ans plus tôt sur le Causse Noir par Martel (grand explorateur des Causses et père de la spéléologie moderne). Alors ici, ce sera donc le Chaos de Nîmes-le-Vieux!

Ces rocs dolomitiques aux formes étranges, sont le fruit de millions d’années d’érosion. Très, très (mais alors très) lentement, l’eau a érodé et creusé petit à petit le paysage en attaquant le calcaire plus tendre. Ce long travail a fini par laisser les roches les plus dures bien apparentes. Le résultat, c’est ce champs de pierres dressées 🙂

Un sentier pédagogique est aménagé pour faire découvrir l’histoire de ce beau site naturel et ceux qui y vivent. C’est une boucle de 6km qui vous prendra environ 3h de balade, en faisant un détour par le hameau de Veygalier avant de revenir à L’Hom. Ce sentier aménagé en 2025 remplace un ancien sentier, plus court, qui serpentait au milieu des rocs. A priori, le nouveau tracé passerait un peu plus en périphérie des formations rocheuses. Mais rassurez-vous, il y a tout de même plein de belles choses à voir 🙂

On prend un réel plaisir à se promener dans ce magnifique paysage au milieu des rochers. On a envie de grimper partout, on a envie de renommer chaque rocher par un nom d’animal ou d’objet. Bref, c’est comme un terrain de jeu, agrémenté de quelques panneaux explicatifs pour rester un peu sérieux tout de même 😉

Attention : le sentier traverse aussi des espaces de pâturages. Vous risquez de croiser des troupeaux gardés par des chiens. Dans ce cas, ne vous approchez pas et faites prudemment le tour du troupeau. Il est d’ailleurs recommandé de ne pas venir sur ce sentier si vous avez un chien, pour éviter tout risque d’attaque.

Pour profiter un peu plus du paysage, je vous invite à filer un peu plus loin en voiture. Après avoir dépassé la ferme de Villeneuve, la route rejoint l’extrémité du Causse avant de redescendre dans la vallée en direction du village de Vébron. Ne prenez pas la descente, garez vous, et ouvrez grands les yeux! 🙂

Vous êtes au bord du précipice! Le Causse Méjean se termine sur un grand front de falaises. Tout au fond coule le Tarnon qui marque la frontière avec les Cévennes. On a une sensation de bout du monde. C’est infini, c’est grand, c’est beau! 🙂

En prenant un peu plus de hauteur, on se rend vraiment compte du paysage incroyable qui s’étend devant nous. On espère aussi que les troupeaux connaissent parfaitement la fin de leur pâturages, car la transition est assez radicale!

On peut aussi apercevoir quelques dolines. À certains endroits, l’érosion a créé des dépressions dans le sol en forme de cuvette. La terre et l’argile a fini par s’accumuler dans le creux, ce qui rend le sol imperméable. Elles sont utilisées pour retenir l’eau qui permet d’abreuver les troupeaux.

Car on le répète encore, les Causses sont des déserts, arides, rugueux, mais tellement beau 🙂 Alors venez découvrir ce très bel endroit, hop en route!

En bonus 😉 je vous partage un petit site intéressant et méconnu, quasiment juste en face! Mais il y a une petite demi-heure de route depuis le Chaos. Il faut rejoindre le minuscule village de Saint-Laurent-de-Trèves. C’était un petit lieu fortifié avec une position privilégiée sur la ligne de crête des Cévennes et sur la route de Nîmes à Saint-Flour. De nos jours, les fortifications ont disparues et à part une jolie vue sur les pentes du Causse Méjean, on peut se demander ce qui peut valoir le coup de s’arrêter ici ?

Et bien dans ce village, sur un promontoire, il y a plusieurs dalles rocheuses naturelles. Et sur ces dalles il y a des fleurs de lys gravées dans la roche. Enfin ça, c’est ce qu’on pensait jusqu’en 1935, quand on découvre qu’il s’agit en fait d’empreintes de dinosaures!

Plus précisément il s’agit des empreintes d’un Grallator. C’est un « petit » dinosaure de 4m de haut, qui gambadait joyeusement ici il y a des millions d’années. À l’époque le paysage était totalement différent, c’était une plage au bord d’un vaste océan. L’océan a disparu, mais la plage et ses empreintes ont traversées les temps jusqu’à nous 🙂

Et si ces discrètes empreintes vous laissent de marbre (ou de pierre ho ho), vous pourrez toujours profiter de ce magnifique panorama 🙂

Les mystérieuses failles des Canalettes

Voici une sortie vraiment insolite et hors des sentiers battus pour découvrir un endroit secret sur le plateau du Larzac. Au milieu d’une forêt se trouve des mystérieuses failles. Allons découvrir ce lieu magique! Hop en route 🙂

Rejoindre le site des Canalettes

Pour découvrir ce site unique, direction le département de l’Aveyron à une quinzaine de kilomètres de Nant, sur la commune de L’Hospitalet-du-Larzac. Le site des Canalettes n’est pas très bien indiqué. Il faut prendre la direction de la ferme des Egalières. Après 3km sur une petite route vous verrez un panneau de parking et un espace en terre battue sur la droite. C’est le point de départ 🙂 Sur un panneau, deux circuits sont proposés : « le circuit des canoles » (2h – 6km) et « le circuit des canoles via la maison forestière » (2h40 – 9km). Qu’importe votre choix, la balade sera facile. Il n’y a pas de dénivelé et c’est vraiment adapté pour toute la famille. Pour info, les sentiers passent en partie sur des terrains privés et des pâturages. Il faut bien veiller à rester sur les sentiers balisés.

Balade dans la forêt entre rochers et grottes

La piste principale s’enfonce dans l’agréable et paisible forêt domaniale du Larzac. Après la traversée d’un deuxième passage canadien (des barres métalliques au sol pour empêcher le passage du bétail), les pistes se croisent. Je vous invite à vous « perdre » dans les bois et suivre les cairns de pierre. Vous découvrirez d’étonnants rochers sculptés, comme le sanctuaire de l’homme mort ou la petite grotte éclairée avec son ouverture lumineuse au plafond 🙂

Au bout d’une clairière, vous pourrez aussi vous aventurer dans la Grotte de la Sébillère. C’est une petite grotte qui s’explore facilement.

Ce long corridor souterrain est connu depuis l’antiquité. Il y a même des marches taillées dans la pierre. Elle doit son nom à une sorte de sébile en pierre à même la paroi de la grotte. On dirait un bénitier naturel avec de l’eau.

La forêt regorge de cavités naturelles et de rochers aux formes étranges 🙂

En explorant un peu plus loin, vous pouvez rejoindre une belle arche naturelle et le Crâne du Géant, une étonnante formation rocheuse avec deux ouvertures faisant penser à des yeux.

Tous ces endroits permettent de se plonger petit à petit dans une ambiance presque magique dans une forêt ou l’imaginaire parait possible 🙂

Les mystérieuses canoles

Puis, on arrive enfin aux fameuses canoles! Ce sont les mystérieuses failles du site des Canalettes 🙂 Ici, l’ambiance change d’un seul coup. L’air sec de la forêt méditerranéenne laisse place à une forêt humide. L’air est plus frais. On pénètre dans un monde étrange!

Les trois canoles sont des étroites entailles creusées dans le calcaire du causse du Larzac par l’érosion. Les parois sont recouvertes de mousse et de fougères. C’est un lieu vraiment à part, avec cette atmosphère humide et sombre qui contraste vraiment avec les paysages arides et secs qui prédominent autour de la forêt.

Ces failles sont vraiment très étroites! Elles font moins d’un mètre de largeur. On passe à peine avec un sac sur le dos et il faudra souvent rentrer le ventre pour pouvoir passer. Les enfants pourront s’amuser à se faufiler partout 🙂 Les failles sont aussi profondes, les parois peuvent s’élever jusqu’à 20m de haut! Au sol, c’est le grésou, le sable issu de l’érosion des parois. Une des canoles se termine en cul-de-sac. Il faudra faire demi tour et revenir sur ses pas en espérant ne croiser personne. C’est juste impossible de croiser quelqu’un haha!

C’est un site vraiment fantastique, amusant et où notre imaginaire peut se faire plaisir 🙂

Techniquement parlant, les canoles ne sont pas des failles, car ça signifierait qu’il y a un déplacement de couche de terrain, la roche qui s’écarte et une différence de niveau. Ce n’est pas le cas ici. Il faut en fait les appeler des diaclases si on veut être ultra précis. Mais bon hein, on est entre nous, alors des failles ça ira 😉

En plus d’être un site géologique unique, c’est aussi un site historique. On sait que l’homme de Néandertal vivait ici il y a plus de 80.000 ans. Des traces d’outils en silex et des abris sont les preuves de son existence. On pense aussi qu’ils se servaient des canoles pour attraper le gibier. On a ainsi retrouvé des ossements d’animaux pris au piège dans ces passages (chevaux, ours, rhinocéros, hyènes, cerfs et lapins). Ils sont exposés au Musée de Millau.

J’espère sincèrement que cette page vous donnera envie d’aller à la découverte ce lieu mystérieux. C’est vraiment la promesse d’une chouette balade insolite dans un endroit magique. C’est un véritable coup de cœur 🙂

⚠️ Pour des raisons de préservation, le site des Canalettes est fermé annuellement au mois d’octobre et de novembre

Le Pont Saint-Etienne d’Issensac et le Village de Saint-Jean de Buèges

Le Pont Saint-Etienne d’Issensac

Dans un site naturel remarquable se cache un des plus beaux ponts du département de l’Hérault. À 5km de Brissac, le très joli pont Saint-Etienne d’Issensac franchit le fleuve l’Hérault. Ses dimensions n’ont rien de gigantesque. Il ne mesure que 13m de haut, avec une longueur de 60m. Il faut noter que sa largeur n’est que de 2.90m seulement. Vous pouvez tenter de le traverser en voiture, à vos risques et périls, c’est vraiment très étroit. D’ailleurs à chaque extrémités du pont, il y a des plots en pierre pour interdire le passage à tout véhicule plus large que 2m.

Cependant, il est terriblement photogénique 🙂 Sa construction au moyen-âge remonte au XIVe siècle. Il était principalement destiné à faciliter le passage des pèlerins sur une des routes de Saint-Jacques de Compostelle et vers la grande abbaye à Saint-Guilhem le Désert.

Un peu plus en hauteur, il y a la Chapelle Saint-Étienne d’Issensac, qui est bien plus ancienne que le pont (de deux siècles). À l’origine, c’était l’église d’un minuscule village. Mais le petit bourg a été incendié par les protestants au XVIIIe siècle. Abandonné par les habitants, il n’en reste plus que quelques ruines autour de l’église devenue chapelle. Désacralisée, elle est parfois ouverte à la visite lors des Journées du Patrimoine ou lors d’animations au mois d’aout. Le pont et la chapelle sont tous les deux classés Monuments Historiques.

Le site du pont est un spot de baignade bien connu par les locaux 🙂 On peut évidemment jouer à s’élancer depuis les rochers. A priori pas de risque, la profondeur du fleuve serait de 8m au niveau du pont. Mais comme d’habitude, prudence. Sinon, il y a une plage 🙂 Facilement accessible en voiture avec un petit parking en terre battue. Pas de sable fin ici, mais une plage de galets. L’été la baignade est surveillée, il y a une faible profondeur et peu de courant. C’est l’endroit idéal pour faire trempette en famille et sans risque 🙂

En plus de ça, il n’y a pas d’infrastructures, pas de béton, pas de bar, juste un magnifique écrin de verdure et un joli pont! Que demander de plus ? Allez en bonus, il est possible de louer des canoës depuis la Base Nautique de Laroque 😉 (plus d’infos et les tarifs sur ce site)

Pour profiter encore plus des lieux, vous pouvez prendre un hébergement dans une superbe demeure du XIXe siècle, aux allures de château, à quelques minutes à pied de la plage. C’est Le Villarel au milieu de la garrigue 🙂

Pour réserver une chambre dans ce site d’exception, c’est sur ce site

Parfois, le hasard de la route (grandement favorisé par le GPS haha) fait passer par des lieux inattendus…

C’est exactement ce qui est arrivé cette fois-ci. Après une avoir suivi une petite route un peu perdue au milieu des vignes et des chênes, voici que tout à coup apparait cet endroit que j’ai vraiment envie de vous présenter 🙂

Le Village de Saint-Jean de Buèges

Imaginez une jolie vallée verdoyante, paisible et isolée. Et là, comme hors du temps, il y a un petit village médiéval, bordé par la rivière de la Buèges et traversé par le petit ruisseau du Garrel. C’est le village de Saint-Jean de Buèges 🙂

Ce qui retient l’attention quand on découvre ce village, c’est évidemment le château sur son promontoire rocheux. Le tout dominé par la grande falaise d’une montagne isolée.

Les ruelles sont typique des villages médiévaux du Languedoc. Les grands platanes plus que centenaires invitent à se poser près de la fontaine sur une petite place ombragée. On tombe tout de suite sous le charme 🙂

Dans ce minuscule village, vous pourrez faire une agréable dégustation de vin à la cave du Domaine Coulet, tenue par des jeunes vignerons dynamiques. Pour compléter la dégustation, n’hésitez pas à vous poser juste à côté, sur la très mignonne terrasse ombragée du Bar du Château, un sympathique restaurant 🙂

Evidemment, on grimpe ensuite les ruelles pour aller en direction du château qui surplombe la commune. L’ancienne tour de donjon du XIIe siècle devient le Château de Baulx au XIVe siècle. La construction du château répond à l’essor du village à cette époque. La culture des vers à soie pratiquée dans toute la région était une importante source de revenus.

Plus tard, le château n’est plus habité. Il devient alors une carrière de pierres au XVIIIe siècle. De nombreuses maisons du village possèdent des bouts du château dans leurs murs. De nos jours, une association s’occupe de préserver ce qu’il en reste. Il est possible de visiter librement les ruines et le jardin. Il y a parfois des visites guidées possibles, se renseigner au village.

➡️ Plus d’infos sur le site de la commune.

Derrière le château, l’étonnante petite montagne, c’est Roc Tras Castel. En suivant le sentier tracé, il est possible de grimper au sommet. Des petits cairns de pierres sont sensés baliser le chemin.

La falaise du Roc est un spot utilisé par les pratiquants d’escalade.

Sur le versant qui fait face au château, il y a la Grotte du Garrel. Découverte en 1974, son réseau a été exploré sur plus de 7500m. Elle est en accès libre, mais c’est réellement une grotte dédiée à la spéléologie avec baudrier obligatoire. Des sorties spéléo sont possibles, par exemple en réservant sur ce site.

Enfin, vous pouvez aussi tout simplement vous balader sur le sentier qui longe la rivière dans la très mignonne vallée de la Buèges 🙂

J’espère que cette présentation vous donnera envie de découvrir ce bel endroit, à l’écart du tourisme de masse 😉

Visite de la Grotte des Demoiselles

Partons à la découverte d’une grotte magique dans le département de l’Hérault, près de Ganges, sur la commune de Saint-Bauzille-de-Putois. Nous sommes dans le massif du Thaurac, à 40min de Montpellier et 1h de Nîmes. Ce site à découvrir, c’est la Grotte des Demoiselles 🙂

Même si l’existence de cette grotte est connue depuis la nuit des temps, sa réelle exploration commence en 1889 quand Édouard-Alfred Martel s’y aventure. Pour rappel, ce Monsieur Martel est considéré comme l’inventeur de la spéléologie moderne. Jusqu’en 1931, la seule entrée de la grotte c’était par le haut, en descendant dans l’aven. Pour rendre la grotte plus accessible au public on décide de faire creuser le premier funiculaire souterrain d’Europe! L’accès à la grotte se fait maintenant directement depuis le porche d’entrée au pied de la grande falaise. Son inauguration est réalisée en présence du Président de la République Gaston Doumergue. Le trajet en funiculaire parcourt 160m de long et fait grimper de 54m. Au milieu de ce long tunnel, il y a une rencontre insolite! On tombe nez à museau avec un énorme ours des cavernes! Il s’agit en fait d’une reconstitution grandeur nature d’un Ursus Spelaeus (un énorme ours des caverners quoi) dont on a retrouvé les restes dans la grotte.

Le nom de la Grotte des Demoiselles est lié à une légende locale. Il y a bien longtemps, un berger cherchait un agneau disparu dans la garrigue. Pensant qu’il est tombé dans le gouffre de la grotte, il s’y aventure. Le berger entend alors les cris de l’agneau, loin là-bas, dans les profondeurs de la grotte. S’enfonçant de plus en plus profondément dans les entrailles sombres de la terre, simplement éclairé d’une petite torche, il finit par glisser et fait une chute terrible. Alors qu’il est en train de s’évanouir, il aperçoit brièvement autour de lui des demoiselles en train de chanter et danser. Mystérieusement, à son réveil, il se retrouve à la surface et son agneau à ses côtés! Tadaaaam 🙂

L’exploration de la Grotte des Demoiselles se déroule exclusivement lors d’une visite guidée qui dure environ 1h15. Le parcours de la visite fait environ 1km et comprend la montée et descente de nombreuses marches. La température est à 15 degrés toute l’année. La grotte est accessible par tout les temps. C’est une bonne idée de sortie pour se rafraichir en pleine canicule ou pour caler une visite en cas de pluie.

Le clou du spectacle dans la Grotte des Demoiselles, c’est la grande Salle de la Cathédrale. Les dimensions sont vraiment gigantesques! 50m de haut, 48m de large et sur 120m de long. En fait on pourrait pratiquement faire rentrer la cathédrale Notre-Dame de Paris dans cette salle! Et ça, à 70m sous terre! Cette salle est aussi réputée pour son acoustique. Régulièrement des concerts sont donnés ici, ainsi que la célébration de la messe de Noël depuis 50 ans.

Aux origines, cette salle était remplie par un grand lac souterrain. Lors de sa disparition il y a 700.000 ans environ, c’est le début de la formation des concrétion. Le résultat ce sont ces incroyables stalagmites et stalactites, ces draperies et ces piliers. Une de ces formations les plus connues, c’est celle de « la Vierge et l’Enfant », qu’on voit ici au premier plan.

La visite passe aussi sous l’entrée naturelle. C’est par ce chemin que des animaux et des humains descendaient dans la grotte par accident ou pour se mettre à l’abri.

Les grandes concrétions sont bien mises en valeur et les éclairages sont plutôt sobres et les explications de la visite guidée instructives. On se sent vraiment tout petit dans cette cathédrale de pierre 🙂

La fin de la visite se fait par le même tunnel qu’à l’aller. Mais cette fois-ci vous pourrez prendre l’option des 300 marches ou attendre le funiculaire 🙂

La visite est au tarif de 16 eur. La Grotte des Demoiselles propose aussi des « visites contées » pour les enfants et des visites uniquement éclairées à la lueur de petites lanternes comme les premiers explorateurs. Pour les amateurs de sensations fortes, il est même possible faire un saut pendulaire depuis une plateforme située à 35m de haut dans la salle de la cathédrale, ou de descendre en rappel par l’entrée naturelle.

➡️ Vous retrouverez ces offres et plus d’infos pratiques sur le site officiel

Une fois la visite terminée, profitez de la terrasse panoramique avec sa jolie vue, ou faites une petite promenade dans le petit jardin méditerranéen juste devant l’entrée. Il y a aussi un bar restaurant, mais très honnêtement, vous trouverez bien mieux ailleurs pour manger 😉

Et hop en route pour découvrir les autres superbes endroits de cette magnifique région ! 🙂

La Cascade de la Vis et le Cirque de Navacelles, 2 merveilles à découvrir

Hop en route pour découvrir deux merveilles dans le département du Gard. Au programme une des plus belles cascades de France, et un site naturel majestueux qui vous en mettra plein les yeux. C’est parti ! 🙂

Hop en route pour le département du Gard. Le premier site à découvrir se trouve sur la commune de Saint-Laurent-le-Minier.

La Cascade de la Vis

Le premier challenge pour découvrir la Cascade de la Vis, c’est d’arriver à se garer! Pour vous éviter des galères, ne vous posez pas de questions, et garez vous directement au parking du restaurant Le Glacier de la Vis 🙂 Ce chouette endroit est loin d’être un attrape touriste. Bonne ambiance et bonne nourriture, c’est validé! C’est aussi quasiment l’unique endroit où se garer à proximité. Sinon, il y a un parking municipal à 600m de là, au tarif unique de 10 Eur (qu’on reste 20 minutes ou une journée). En faisant quelques pas sur le vieux pont en pierre qui surplombe la Vis, vous avez cette vue sur la cascade 🙂

La rivière la Vis (un affluent de l’Hérault) se jette dans cette large cascade magique, dans un décor majestueux. C’est absolument sublime! 🙂 On comprend pourquoi la Cascade de la Vis est considérée comme une des plus belles cascades de France. Mais parfois, quand c’est trop beau pour être vrai, c’est peut-être car ce n’est pas vrai. C’est le cas pour la Cascade de la Vis. Ce n’est pas une cascade naturelle, mais une cascade artificielle. Sa création remonte au XVIIe siècle. Elle permet de créer une retenue d’eau qui alimente un petit aqueduc. L’eau est ensuite acheminée pour alimenter des bassins et fontaines et irriguer les jardins et vergers du château qui fait face à la cascade.

Il s’agit du Château de Saint-Laurent-Le Minier datant du XVIIe siècle. Il possède des beaux jardins à la française qui suivent des plans réalisés par Le Nôtre (le célèbre jardinier de Louis XIV). C’est un château privé qui ne se visite pas. La Cascade de la Vis est aussi une propriété privée. Les accès aux berge de la Vis et grimper sur la cascade sont interdits. L’accès à la rivière et la baignade est toléré mais sans surveillance. C’est la raison pour laquelle ce magnifique site n’est pas aménagé pour recevoir beaucoup de touristes. Un bon conseil, évitez d’y aller en pleine saison, car cette sympathique visite pourrait devenir un cauchemar avec la difficulté pour se garer, beaucoup trop de monde, et des détritus …

Avec une beauté pareille on comprend que la Cascade de la Vis soit victime de son succès 🙂

Je me permets aussi de signaler un petit détail. Le secteur de Saint-Laurent-le-Minier, comme son nom l’indique, a été utilisé depuis l’antiquité pour l’exploitation minière. Jusqu’en 1991, il y avait même la plus grande mine de France d’extraction de plomb à moins de 2 km de la cascade, à la mine de la Maline en Gard. Le résultat de ces siècles d’activité, c’est une pollution aux métaux lourds qu’on retrouve un peu partout sur la commune, et aussi un peu dans la rivière. Hem …

Reprenons la route et allons voir 30km plus loin 🙂

Les Gorges de la Vis

À la frontière entre le département du Gard et de l’Hérault, entre le Causse de Blandas (côté nord) et le Causse du Larzac (côté sud), se trouve un site naturel incroyable. Après avoir traversé le grand plateau aride du Causse de Blandas qui semble s’étendre jusqu’à l’horizon, on ne s’attend pas à un pareil paysage. Comme une faille vertigineuse qui éventre la terre, on arrive devant les Gorges de la Vis 🙂

C’est un des canyons les plus larges d’Europe! Il a été patiemment creusé par la rivière de la Vis pendant des millions d’années. Le long de ces falaises vertigineuses, on a retrouvé des grottes habitées depuis la préhistoire (comme la grotte du Roc-du-Midi).

De chaque côté des immenses gorges, un espace est aménagé pour les touristes afin de profiter au mieux du paysage. La Maison du Site de Blandas, construite en 2013, s’intègre parfaitement dans le paysage malgré une architecture moderne. Garez-vous ici (parking gratuit), et allez profiter de la vue au belvédère Blandas et au belvédère de la cascade. Les chemins sont très bien indiqués et les belvédères sont accessibles en quelques minutes à pied sur terrain plat. Dans la maison du Site de Blandas, vous pourrez aussi visiter un espace musée et vous régaler au restaurant Les belvédères de Blandas. De l’autre côté en face, c’est la Maison du Site de la Baume Auriol.

Le Cirque de Navacelles

Si ça ne suffisait pas pour rendre cet endroit incroyable, tout au fond des Gorges de la Vis, la rivière capricieuse a donné naissance au magnifique Cirque de Navacelles 🙂

Aux origines, la rivière de la Vis faisait un méandre de plus et une large boucle. Puis au fil du temps, avec l’apport de tuf calcaire déposé par la rivière, ça lui a permis de déborder et franchir ce passage par une cascade, délaissant ainsi l’ancien lit de la rivière totalement à sec depuis.

C’est à cet endroit que se trouve le hameau de Navacelles qui a donné son nom au site. Les premières habitations datent du IXe siècle, lors de l’arrivée de moines en provenance de l’abbaye de Gellone. C’est d’ailleurs un magnifique endroit à découvrir à Saint-Guilhem-le-Désert 😉 Pour visiter ce minuscule hameau, sa cascade et son vieux pont du XVe siècle, il faudra descendre le long d’une route sinueuse et croiser les doigts pour trouver de la place sur le petit parking payant (4 eur la journée). Une très bonne alternative, c’est de laisser votre voiture à un des deux belvédères, et utiliser le service de navettes gratuites. Elles font régulièrement le trajet entre le site de Blandas et la Baume Auriol, en s’arrêtant évidemment à Navacelles.

➡️ Plus d’infos pratiques sur ce site.

La vue depuis le Belvédère de la Baume Auriol est tout simplement fantastique! 🙂 Ce qui peut l’être encore plus, c’est que cette même vue, vous pouvez l’avoir tranquillement attablé, en train de déguster les spécialités locales, depuis le restaurant panoramique Chez Lucienne 😉

Les Moulins de la Foux

Si vous avez envie de vous dégourdir un peu plus les jambes, il y a une petite randonnée menant aux Moulins de la Foux. Ils sont intimement liés à la Vis. Cette rivière qui prend sa source dans les Cévennes disparait sous terre à Alzon, à une quinzaine de kilomètres d’ici. Ce qui laisse le lit de la rivière à sec dans les méandre des gorges. Le « Vis sec » a d’ailleurs donné son nom à la petite commune de Vissec 😉 Et tout à coup, la rivière réapparait en surgissant des entrailles de la terre, dans une des résurgences les plus puissantes de France. C’est à cet endroit que les moulins de la Foux ont été installés dès le XIe siècle. Ils sont régulièrement détruits et reconstruits avec les crues de la rivière, jusqu’à leur abandon lors d’une inondation en 1907. Cette petite rando jusqu’au Moulin de la Foux peut se faire depuis un minuscule parking dans un virage en épingle à cheveux de la D713 dans la descente depuis le belvédère de Blandas. Comptez une petite demi-heure de marche pour y arriver 🙂