Monténégro roadtrip jour 5

Podgorica – Virpazar – Sveti Stefan

Cette cinquième journée au Monténégro débute dans la capitale Podgorica. La soirée de la veille était plutôt bien arrosée, alors ce matin, on y va tranquille. D’autant plus qu’une chaleur écrasante et implacable s’est abattue sur la région. Au programme de la journée : visite d’une cathédrale orthodoxe, chutes du Niagara, dégustation de vin dans une base militaire, traversée d’un gigantesque lac, routes de folie et soirée sur la côte adriatique avec vue sur une baie magnifique! Trop beau pour être vrai? on va voir ça, hop en route ! 🙂

On file d’abord au nord ouest de Podgorica, dans le quartier de Novi Grad, car ici se trouve la cathédrale de la Résurrection-du-Christ (en serbe cyrillique : Саборни Храм Христовог Васкрсења ou Saborni Hram Hristovog Vaskrsenja). Les locaux l’appellent plus simplement Hram. Pour se garer, pas de soucis, il y a des grands parkings tout autour. La cathédrale orthodoxe est toute récente. Les habitants de Podgorica attendaient la construction d’une cathédrale depuis la fin de la seconde guerre mondiale, mais le régime communiste ne voulait pas. Sa construction n’a commencé qu’en 1993. Elle est consacrée en 2013 avec la présence des patriarches de Constantinople et de Moscou. Sa surface est de 1300 m², ce qui est plutôt modeste par rapport à d’autres cathédrales européennes.

L’architecte serbe Pedrag Ristic a volontairement choisi d’utiliser des gros blocs de pierre bruts et non taillés à la base de l’édifice. Ça donne un aspect médiéval, voir ancestral, au monument. Plus on monte et plus les pierres sont travaillées.

L’entrée est libre et gratuite. L’intérieur est richement décoré : du marbre au sol, et des dorures et peintures sur tous les murs jusqu’au plafond. Le dôme central atteint 42 m de hauteur et supporte un gros lustre massif.

Dans une des tours se trouve la plus grosse cloche des balkans avec un poids de 11 tonnes.

Je pense que cette visite vaut le coup si vous êtes de passage à Podgorica. Autrement, on peut s’en passer … le bâtiment se visite vraiment très rapidement. (Le site officiel, seulement en cyrillique … )

Après un petit café en terrasse à côté de la cathédrale, on part faire un petit détour pour aller voir une attraction locale insolite !

Il faut prendre la route E762-M18 en direction de Tuzi au sud est de la capitale et prendre un petite route sur la droite, juste avant la rivière. Ce n’est pas vraiment indiqué, il n’y a pas de panneaux. On longe la rivière Cijevna qui a créé un mini canyon. Quand vous voyez enfin un panneau Restoran Niagara, vous êtes arrivés. Soit vous utilisez le parking du restaurant en question, qui a l’air très sympa d’ailleurs, soit vous vous garez un peu plus loin sur la route. On vient ici pour voir les célèbres chutes du Niagara du Monténégro !!! 😉 et …. on voit ça ! 😐

Bon … évidemment, en plein été, quand la rivière est un peu à sec, il y a tout de suite moins d’intérêt … Mais après des fortes pluies, voici ce que vous pouvez voir et avouez que ça a de la gueule! 😉

Les chutes ne sont pas d’origines naturelles : une petite digue en béton a été installée pour créer une retenue d’eau sur la rivière, et pour une fois, ça a permis de créer ce bel endroit 🙂
(ces photos des chutes avec de l’eau ne sont pas de moi hein)

Puisqu’on est là, il y a une autre attraction insolite à découvrir juste à côté. Le Monténégro est un pays plein de surprises ! Il faut revenir sur la route E762-M18 vers Tuzi et prendre à droite au panneau indiquant Sipcanik. C’est le nom d’une ancienne base militaire, dont le tunnel sous la colline sert maintenant de cave pour les vignobles de Plantaze! C’est insolite, une visite et une dégustation s’impose! 😉

Après avoir franchit les grilles de Plantaze (qui font face à l’ancienne piste de décollage de l’aéroport militaire) on arrive devant une petit colline rocheuse. C’est à l’intérieur que se trouve la cave. On ne va pas la visiter tout de suite car il faut d’abord réaliser le tour en petit train! Ceux qui me connaissent savent très bien que je déteste vraiment ce genre de truc, plutot mourir que de monter dans le petit train à touristes! Mais comme il n’était a priori pas possible de visiter la cave et faire les dégustations sans cette balade (qui est en supplément payant), à contre cœur j’accepte. C’est parti pour le petit train, ô joie …

Le petit train roule, roule, et on ne voit jamais le bout des vignes! La guide explique qu’il s’agit du plus grand vignoble d’Europe, et c’est ici qu’on produit les meilleurs vins du Montenegro (j’ai l’impression que ce sont les seuls d’ailleurs car depuis le début, c’est le vin Pro Corde Plantaze qu’on boit à chaque repas 😛 ). Il y a 28 cépages dans le vignoble, mais il est surtout réputé pour le Krstač et le Vranac, qui sont typiques du Monténégro. Le Krstac donne un vin beaucoup plus rare, et le Vranac (qui veut dire cheval noir) et le vin rouge le plus répandu (70% du vignoble).

Après le tour dans les vignes (sympa mais bof) on revient à la cave. Bonne surprise, on ne sera que deux pour la visite guidée! Mode VIP 😉

La première chose qui frappe en rentrant, c’est la fraîcheur. Il y fait 18 degrés toute l’année, et c’est super agréable car dehors à ce moment là, il fait au moins 40! Le tunnel fait 356m de long. Il a été bombardé par l’ONU en 1999 pour détruire les avions qui y étaient cachés. En 2007, il est reconverti pour devenir cette cave unique au monde.

La guide est aimable comme une porte de prison, et ce n’est pas évident d’arriver à la dérider. Je lui pose une question à propos de quelque chose qu’on a remarqué lors de la visite en train : il y a des barbelés et des miradors dans les vignes! Elle confirme, et en plus elle rajoute qu’il y a même des patrouilles en jeep, et que grâce à ça il n’y a pas de vols de raisin. Hem! Autre pays, autres moeurs hein …

La visite se poursuit par une dégustation dans une salle impressionnante. On est à une véritable table de ministres ! Et comme on n’est que deux, la table parait encore plus immense 🙂 On déguste 3 vins (1 blanc et 2 rouges), accompagnés de quelques bouchées de fromages et de charcuteries.

En fin de visite, il y a le passage obligé par la boutique, avec des prix imbattables (ou pas). On achète juste une bonne bouteille qu’on boira dans la soirée 😉

C’est franchement une visite sympathique à faire si vous êtes à Podgorica et que vous n’êtes pas trop pressés 🙂
Plus d’infos sur : https://www.plantaze.com/en/

On reprend la route (M2 – E80), direction le lac Skadar. Difficile de le louper, c’est un lac immense (48 km de long sur 14 km de large) qui se trouve à cheval entre le Monténégro et l’Albanie. Sa profondeur moyenne est de seulement 6m ! Avec une superficie pouvant atteindre 530km² c’est le plus grand lac du sud de l’Europe.

La route le traverse et offre une jolie vue sur cette véritable petite mer intérieure. Une réserve naturelle protégée recouvre une bonne partie du lac et c’est le paradis des ornithologues. Le pélican frisé est d’ailleurs l’emblème du lac.

Le passage obligé après la traversée du lac en voiture, c’est le petit village de Virpazar. Pour se garer dans ce village en été, ça relève du miracle! (et miracle il y a eu!). Sinon, un grand parking vous attend de l’autre côté de la grande route. Depuis ce village on peut réserver des excursions en bateau car c’est le principal port sur le lac Skadar. Tous les 5 mètres, on vous proposera un boat trip! Beaucoup de touristes, probablement aussi beaucoup d’attrapes touristes … Pour nous ce sera simplement un déjeuner léger à côté du Boat restaurant Silistria.

En plus de l’incontournable balade en bateau, il y a un petit chateau sur la colline qui peut se visiter.

Après cette petite halte, il est possible de filer directement sur la côte Adriatique en direction de la ville balnéaire de Budva, mais ce serait passer à côté des paysages incroyables et des petits villages authentiques qui bordent le lac. Du coup, je vous conseille d’emprunter la petite route qui serpente autour du lac, en direction de Rijeka Crnojevića.

La route passe par Rijeka Crnojevića, un charmant petit village sur la rivière du même nom. La rivière se jette dans le lac quelques kilomètres plus loin. Le pont « historique » est une réalisation du prince Danilo 1er en 1854. Le même prince qui a fait construire le pont de pierre dans le canyon Mrtvica. Les ponts semblaient être sa grande passion 😉

Ce petit village a eu une importance historique au Monténégro dans la lutte contre l’empire Ottoman. Si vous voulez vous arrêter pour manger ici, le restaurant Mostina semble avoir bonne réputation et une belle terrasse offrant une vue sur la rivière et le pont. Il est aussi possible de réserver des promenades en bateau sur la rivière et le lac depuis ce village.

En roulant encore un peu on arrive au point de vue de Pavlova Strana (c’est exactement ici 42°21’44.6″N 19°03’25.2″E). C’est juste devant un petit hôtel qui semble à l’abandon. La vue de la boucle réalisée par la rivière Rijeka Crnojevića à cet endroit est sublime! 🙂

Ces paysages me font un peu penser à Tam Coc au Vietnam. Venir au Monténégro et ne pas profiter de ce que la nature peut nous offrir autour du Lac Skadar serait vraiment dommage. Venez! Le Monténégro c’est beau! (je l’ai déjà dit ? 😉 )

Ensuite, les choses se compliquent … soit on fait demi tour par la même route pour retourner à Virpazar et rejoindre la côte … soit on prend une petite route qui nous permet de rejoindre la voie rapide M2.3 et Budva en un rien de temps, et c’est à peine à 3 km. J’ai choisi cette seconde option, et je ne sais pas si je dois le conseiller. Il faut prendre la minuscule route juste derrière l’hôtel qui grimpe en lacets sur les hauteurs et … c’est la pire route du Monténégro ! Des nids de poules partout, aucune protection au bord du ravin, des éboulis, de la végétation et à peine la place pour une voiture. C’est un miracle de n’avoir croisé personne car très honnêtement, je crois que j’y serais encore !! Sans aucun doute la route la plus stressante du séjour. A vous de voir … on économise du temps, mais on prends une bonne dose de stress ! 🙂

Une fois sur la grande route, on file au sud pour retrouver la mer Adriatique. On passe à côté de Budva sans s’y arrêter. Cette grande ville balnéaire ne nous tentait pas vraiment .. trop de monde, trop de touristes, peu de charme ..

On s’éloigne un peu pour rejoindre Sveti Stefan, un autre joyau du Monénégro. Mais d’abord, on part déposer nos affaires dans le airbnb réservé dans la matinée, la Guest House Đurašević (Blizikuće b.b.85315 Sveti Stefan). C’est une superbe trouvaille et je recommande vivement! Le seul petit bémol, c’est d’arriver à se garer (très peu de place et beaucoup de pente). Encore une fois les dieux du parking étaient avec moi, car j’ai trouvé du premier coup. La guest house est un petit hôtel familial perché à flanc de colline, avec une piscine très agréable qui donne sur une terrasse magnifique avec vue sur la mer. Ni une ni deux, on saute dans l’eau, et on boit un cocktail tranquillement sur les transats en admirant le coucher de soleil.

La chambre est confortable, moderne, impeccablement propre, avec un balcon et une vue superbe. On en profite pour ouvrir notre bouteille de Pro Corde Plantaze et admirer les derniers rayons de soleil 🙂

Ah oui au fait, cette superbe chambre au top, en pleine saison avec cette vue (et la piscine), c’est seulement 57 Eur la nuit … ça va !! 😉
(Plus d’infos ici)

Du balcon, on voit la petite presqu’île avec un faux air de Mont St Michel, c’est Sveti Stefan. C’est à l’origine un petit village fortifié de pêcheurs du XVe siècle. Dans les années 1960, Tito décide d’en faire un village hôtel de luxe, et dans les années 2010 c’est le groupe de luxe Aman qui reprend le site pour en faire un resort aux goûts de la jetset internationale. L’accès est privé, n’espérez pas vous y promener sans cracher des billets … Si vous voulez jeter un œil sur les tarifs ici

La plage avec vue sur l’île est gardée et privatisée. Le transat au bord de l’eau se négocie vers les 100 Euros … bronzer à côté de la mafia monténégrine pour avoir l’air d’un vip, ça n’a pas de prix ! 😐

Nous, on n’est pas vip, et on goûte aux joies des choses simples et ce soir on va au restaurant du coin. Et c’est un sketch ! 🙂 Le restaurant c’est le Paštrovica Dvori. Il est tout en terrasse avec vue sur la mer, sous des treillis de vignes et avec une grande cuisine ouverte. C’est chaleureux! Et surtout, le patron est fou ! Un gentil fou, qui vient échanger quelques mots avec tout le monde, qui fait des blagues, qui fait un one man show karaoke, qui met l’ambiance sans être lourd. Très très sympa 🙂

Pour la petite anecdote, les serveurs avaient surement abusés un peu de l’apéritif aussi 😉 On commande un verre de vin blanc et en goûtant on le trouve sacrément fort … on remarque que d’autres tablées avec le même vin font la grimace. Et le serveur revient en expliquant qu’il s’est trompé de bouteille et qu’il avait servi de la liqueur à la place du vin haha (liqueur offerte du coup). Il y a aussi quelques chats qui passeront quémander de tables en tables.

Après cette très belle journée, on profite de la dernière vue sur la baie, avec Sveti Stefan et les lumières de Budva, et hop au lit !

La suite du roadtrip au jour 6, ou sinon, relire le jour 4.

Monténégro roadtrip jour 2

Zabljak – Durmitor – Pluzine – Lac de Piva

Pour cette deuxième journée au Monténégro, le but est de découvrir un peu plus la région autour de la ville de Zabljak : le parc national du Durmitor. Alors que la distance totale prévue en voiture n’est pourtant pas bien grande (153 km en tout), on y passera pas mal d’heures. Et croyez moi, ça vaut largement le coup, car il y aura beaucoup beaucoup de pauses photos! 🙂

Après avoir pris le café du matin dans le petit restaurant Podgora (543G+7F Žabljak) à côté d’un parking près d’une supérette, je réalise que la prochaine fois je demanderais un expresso! Au Monténégro, le café c’est à la turc, c’est à dire assez fort, amer et avec le marc directement dans la tasse. C’est pas franchement ce que j’aime 🙂

Avant de prendre la route, je n’ai pas pu m’empêcher de prendre cette photo clin d’œil 😉 Cette vieille golf, on la retrouve sur TOUTES les routes du Monténégro. Dès qu’il y avait une voiture autre qu’une voiture de location, c’était une vieille golf (blanche) avec un mec façon patibulaire au volant. TOUT le temps! 😀

On prend la direction de la petite ville de Pluzine, et on choisit de passer par la petite route P14 qui est probablement une des plus belles routes du Monténégro. C’est aussi une des plus dangereuses, surtout en hiver ou en cas de fortes pluies. Certains passages sont vraiment étroits, on croise difficilement les autres voitures, et on ne dépasse jamais les 50 km/h.

Au bout de quelques kilomètres, on arrive dans la grande vallée du parc Durmitor. C’est la fracture de la rétine à chaque virage. C’est très beau!

En bas de la photo, on distingue le Valovito Jezero, un des nombreux lacs du parc.

Le parc national du Durmitor est inscrit au patrimoine de l’Unesco depuis 1980. La pause photo et la balade se fait surtout au niveau du col de Sedlo, car c’est un des rares endroits sur cette route où il y a de la place pour se garer (et encore, comme on peut!). On se dégourdit les jambes, et même si le ciel est couvert et orageux, on profite pleinement du paysage magnifique tout autour de nous. Sur la photo au centre, on voit le petit sommet Zupci (2148m).

Si vous avez le temps et si vous aimez les randonnées, alors il faut prendre ce chemin en direction du sommet Uvita Greda (2199m). Il longe la falaise et permet de rejoindre toute une zone du parc Durmitor avec des paysages parait-il splendides! Il y a aussi possibilité de réserver une activité de via ferrata sur le Uvita Greda.

Une autre idée de randonnée que j’avais noté mais pas réalisée faute de temps, c’est celle qui mène à la Grotte de Ledena. C’est une grotte avec des stalagmites de glace (!) qui se mérite après plusieurs heures de marche. Mais d’après ce que j’ai lu, à cause du réchauffement climatique, il ne resterait presque plus de glace dans la grotte 🙁 …

Avant de repartir, on a même droit au passage de quelques vaches avec un petit salut du fermier. La carte postale rustique quoi! 🙂


Après cette longue pause photos, il est temps de reprendre la route. Et justement, depuis le col de Sedlo, on peut la voir serpenter dans tous les sens cette route P14. Des bons moments en perspective! Heureusement, on est assez chanceux et on ne croise pratiquement personne en sens inverse! Je vous le rappelle, cette route est très étroite …

Pour égayer notre trajet, on croise maintenant des moutons un peu partout. Il n’y a pas eu d’effet de surprise, car la vallée sent le mouton, vraiment ! 🙂

Tout est toujours aussi beau autour de nous. Je vous l’ai déjà dit que le Monténégro c’est beau ? 🙂

Peu après un spot à photo Instagram avec un joli cadre, on arrive sur un endroit totalement improbable et insolite. Un panier de basket sur la route! 🙂 Des enfants de la ferme d’à côté sont postés ici et tentent de vendre des produits locaux aux voitures de passage.

Juste après, il y a cette vue que je trouve personnellement incroyable sur une vallée hyper encaissée où se trouve le petit hameau de Boricje.

A partir de cette zone, la route est moins stressante. On arrive à voir ce qu’il y a après chaque virage, et on dépasse enfin les 50 km/h … enfin sauf quand un troupeau traverse la route 😉

On arrive sur un plateau avec ses meules de foins qui nous souhaitent la bienvenue ! (photo à peine retouchée)

Alors que je pensais en avoir fini avec la partie stressante, c’est tout le contraire! Les derniers kilomètres de la route P14 avant d’arriver à Pluzine, c’est une descente en lacets le long de la falaise, sans barrières de sécurité, avec des tunnels non éclairés, et où on a globalement la place de ne croiser personne. On serre les dents, les fesses, on croise les doigts et c’est parti!

Mais quel spectacle pendant la descente mes amis! Le lac Piva (pivsko jezero) au fond de son canyon est tout simplement magnifique. Le lac date de 1976, après la construction d’un barrage sur la rivière Piva. La ville de Pluzine s’est retrouvé engloutie et a du être rebâtie quelques centaines de mètres plus haut. Le lac Piva fait 45 km de long et atteint 200 m de profondeur.

On décide de s’arrêter à Pluzine pour déjeuner et profiter du calme du bord de lac. On trouve un spot très sympa, le Restoran Jezero (5R3Q+99 Plužine). Ils ont un super jardin fleuri qui donne sur le lac. C’est paisible et vraiment agréable. La patronne ne parle pas un mot d’anglais, mais on arrive à s’en sortir et on déguste notre première truite (une des spécialités du Monténégro) et un steak Durmitor (la spécialité du coin). C’est gras mais c’est bon (mais c’est gras!). Et bien sur, une petite bière locale.

Si vous le souhaitez, le restaurant peut vous proposer une balade en bateau à moteur sur le lac 🙂 De toute façon tout le monde vous proposera une croisière en bateau sur le lac. C’est l’attraction à faire!

On prend ensuite la route vers le nord pour longer le lac de Piva. Cetet esquisse de pont routier sur la droite m’a bien fait rire. Il n’y a aucune route qui y mène, et il va droit vers la montagne. Est-ce que les constructeurs avaient un peu trop picolé avant de lancer les travaux ?? 🙂

On arrive au barrage de Mratinje. Construit en 1976 sur la rivière Piva, il génère une puissance de 380MW. Avec 220m de hauteur, c’est un des plus hauts barrages d’Europe.

Après le barrage, on suit la rivière Piva, qui finit par se jeter dans le Danube des centaines de kilomètres plus loin. En attendant, la route longe des falaises impressionnantes avec la rivière tout en bas.

En principe, il y a deux raisons pour suivre cette route aussi loin au nord. La première, c’est pour aller faire du rafting sur la rivière Tara, qu’on rejoint au bout de la route. Le rafting sur la rivière est une activité majeure dans le nord du Monténégro. Mais en été, ça n’a pas beaucoup d’intérêt. Le débit de la rivière est vraiment bas, et ce sera une simple promenade avec quelques remous. De mon point de vue sans intérêt, le rafting, j’aime quand ça secoue! La deuxième raison de prendre cette route, c’est pour passer la frontière vers la Bosnie Herzégovine. Et comme le passage de frontière peut parfois être un véritable cauchemar dans ce pays, c’est justement ce qui est arrivé ce jour là. D’un seul coup, on se retrouve dans un bouchon interminable. On comprend vite que c’est à cause du poste frontière. Au lieu de perdre trop de temps ici on fait vite demi-tour (on ne verra pas l’endroit où les deux rivières se rejoignent…), et on repart vers Zabljak!

Dans notre malheur on a de la chance. Le ciel se dégage et on profite d’un temps splendide pour le retour ! 🙂

Le paysage de campagne sur le plateau du Durmitor est toujours autant photogénique!

En fin d’après-midi, les vaches rentrent à l’étable par la route 🙂 Soyez vigilants dans les virages sans visibilité!

Reprendre la même route P14 n’a rien d’ennuyant. Avec le soleil qui commence à se coucher, les couleurs sont magnifiques. Ici, on voit le mont Prutas (2393m) avec la vallée de Todor devant lui. Avec ses stries verticales bien particulières, c’est le sommet le plus connu du parc Durmitor. Son nom vient de ‘prutovi’ qui veut dire ‘brindilles’, et c’est en lien avec la légende d’un berger amoureux qui cherchait un moyen d’escalader la montagne pour reprendre son amoureuse que de méchantes fées lui avaient arraché.

Un autre sommet du parc Durmitor, bien connu des randonneurs, c’est le Sedlena Greda (2227m), en forme de cuvette, sur la gauche de la photo.

Des étoiles pleins les yeux, on a enfin fini notre périple sur la route P14, et c’est sans hésitation que je vous le recommande!!

Comme il nous reste un peu de temps avant que le soleil ne se couche, je décide de ne pas rentrer à Zabljak directement, mais de pousser un peu plus loin sur un lieu que j’avais repéré. Sur la route principale P5, il faut sortir au niveau du gros restaurant Izvor et partir sur la petite route de campagne. En arrivant devant les petites collines, il faut prendre au croisement à gauche.

Le paysage est une nouvelle fois beau comme un fond d’écran! 🙂 On passe à côté de deux petits lacs paisibles, Vrazje Jezero et Riblje Jezero.

C’est là qu’il faut s’arrêter. Un petit panneau vous indique Bogumilski Stećci. Il s’agit d’un cimetière médiéval du XIIe siècle. Un stećak est une tombe en pierre typique des pays de l’ex-Yougoslavie. Le pluriel est stećci . Le plus fou dans l’histoire, c’est que leurs origines sont assez mystérieuses. Elles sont toutes gravées mais on ne sait pas qui est enterré ou ce que signifient vraiment les symboles.

Avec le soleil couchant, perdu au milieu de nul part, ces vieilles tombes ont donné un côté vraiment mystique et profond à ce moment, c’était très fort !

Une fois de retour à Zabljak, afin de célébrer comme il se doit cette belle et riche journée, on décide de prendre l’apéro à la grande terrasse de l’hôtel Zablkaj (544C+2P Žabljak). Le service n’est clairement pas au top, et le sourire ils ont carrément oublié ce que c’est haha, mais c’est l’occasion de goûter différents types de Rakija. C’est l’alcool national au Monténégro. Avec modération tout ça hein, car c’est minimum 40°C d’alcool , et si on veut goûter tous les parfums, on est foutu 😉

Le repas du soir, ce sera au restaurant Konoba Luna (9 Njegoševa) sur les recommandations de notre logeuse. C’est une petite cantine locale, au charme rustique, tout comme la qualité des plats, qui sont bien rustiques et gras 😀 ( http://www.konobaluna.com/ ). J’en profite pour partager une anecdote dans ce restaurant : un gars de la taille d’une montagne fumant le cigare dans un coin de la salle, et régulièrement des gens rentraient pour lui donner des liasses de billets. Qui était-ce ? Un baron de la mafia, monsieur le maire qui reçoit des pots de vin, je ne sais pas, mais c’était bien étrange hin hinnnn! Si jamais vous avez la réponse à ce mystère, ça m’intéresse!

La suite du road trip, jour 3 .. ou pour (re)lire le jour 1

Crno Jezero – Lac Noir

Le Crno Jezero (aussi appelé Lac Noir) est probablement le plus beau lac du Monténégro. En tout cas il est ultra photogénique et très populaire. C’est un lac glaciaire à 1416 m d’altitude. En réalité il s’agit de deux lacs (Veliko et Malo) reliés par un minuscule passage. Le Crno Jezero est entouré de grandes forêts de sapins, et derrière lui, les sommets du parc Durmitor trônent majestueusement. Un superbe écrin de mère nature pour un lac qui se découvre comme un trésor 🙂

Il est à 3 km environ de Zabljak. Vous pouvez donc venir à pieds. En voiture il faudra vous garer le long de l’unique route qui y mène. Si vous avez de la chance comme nous, vous pourrez même trouver miraculeusement une place à quelques mètres du guichet. Il faut en effet acheter un ticket (3 Eur) qui vous autorise à pénétrer dans le parc du Durmitor. Après une petite vingtaine de minutes de marche (et une succession interminable de stands proposant fruits rouges, confitures, champignons, miel, liqueurs et autres produits locaux) le chemin débouche sur ça!

Il y a évidemment un peu de monde, c’est un spot facile d’accès où tout la famille peut venir. Mais ne boudons pas notre plaisir, le lieu est carrément superbe!

Un sentier permet de faire le tour du lac (ou plutôt des lacs). La grande boucle fait environ 7 km. C’est l’occasion de s’arrêter régulièrement pour imprégner ses rétines de belles images 🙂

Le passage étroit entre les deux étendues d’eau est parfois à sec (surtout en été) et permet de faire seulement le tour du premier lac si on le souhaite. Le premier lac, Veliko, est le plus grand en surface. Mais comme le second lac, Melo, est plus profond, c’est le petit lac qui a le plus grand volume d’eau.

La légende raconte que la formation des deux lacs serait l’oeuvre de Saint Sava (un saint Serbe très connu du XIIe siècle). De passage dans la région et accusé à tort de vol par les villageois, il ordonna aux rivières de la montagne de punir les habitants. Les villageois coururent vers la montagne pour se réfugier et d’autres s’enfuirent dans la forêt. Dans les deux cas, l’eau les a recouvert et a formé les deux lacs.

Le sentier à l’abri du soleil dans les bois est facile à suivre, impossible de se perdre. Il parait que près du lac, on peut rejoindre une grotte où le futur maréchal Tito a vécut quelques temps en 1942 pendant sa période de résistance face aux nazis. Je n’ai pas vu de panneau ni cette fameuse grotte historique.

La deuxième lac a des eaux entre le turquoise et le vert émeraude en fonction de la lumière. Il est vraiment magnifique. Il est aussi beaucoup plus calme car il y a moins de personnes qui viennent jusqu’ici.

Pour profiter encore plus des lieux, il est possible de louer des canoës 🙂

En été la température de l’eau dans le lac est d’environ 20 degrés. Baignade possible donc, mais pas pour les frileux 😉

Le Crno Jezero sert aussi pour des événements culturels comme le Wild Beauty Art festival par exemple. C’est un petit festival de musique, au bord du lac. C’est magistral comme décor, et c’est gratuit 🙂 Plus d’infos ici.

Il y a aussi le Green Montenegro Film Fest qui se déroule l’été : un petit festival autour des films sur la nature et l’écologie. Plus d’infos ici.

Après cette balade, si vous avez faim ou soif, vous pouvez faire une halte au restaurant Nacionalni restoran Crno jezero qui donne directement sur le lac. C’est l’endroit idéal pour boire un petit verre en fin de journée et en regardant le soleil se coucher derrière les montages du Durmitor. Je n’ai testé que le mode apéro et je ne sais pas ce que vaut la cuisine. D’après les avis que j’ai pu recueillir ils ont parfois tendance à se faire plaisir sur les additions (vérifiez bien).

Pour information, il y a de nombreux sentiers de randonnées qui partent du lac noir, et vous pouvez par exemple en profiter pour aller jusqu’au lac Zminje Jezero (lac des serpents) ou encore un peu plus loin au lac Jablan Jezero.

Pour revenir à Zabjlak, et pour la suite du road trip jour 2

Monténégro roadtrip jour 1

Dubrovnik – Bijela – Niksic – Nevidio – Zabljak

Pour cette première journée de roadtrip d’une semaine au Monténégro, le départ se fait de Croatie, depuis la ville de Dubrovnik. Le vol pour la Croatie était moins cher, et ça permettait aussi de passer une chouette soirée dans les rues de cette belle ville. Pour rappel, la location de voiture à l’aéroport de Dubrovnik, c’était par l’agence Last Minute Rent a Car, via Adriagate.com. Tout s’est parfaitement passé et je vous le recommande vraiment. Et faites attention, il y a pas mal d’arnaques avec d’autres agences aux noms similaires. (Quelques infos pratiques ici)

La mission de la matinée c’est l’épreuve du passage de frontière entre la Croatie et le Monténégro.

Il y a des contrôles des deux côtés de la frontière et suivant les périodes, le temps d’attente peut facilement être de plusieurs heures ! (sans rire). Donc il vaut mieux prévoir d’y aller tôt le matin, et de croiser les doigts. Une alternative peut consister à couper à travers la Bosnie-Herzegovine en passant par Trebinje. Ce chemin est moins emprunté, mais ça rajoute une frontière de plus et ce n’était pas la meilleure option pour nous. Une autre alternative, c’est la petite route côtière 516 qui amène à un autre poste frontière Njivice-Konfin, beaucoup moins utilisé. La aussi c’est quitte ou double. De notre côté le trafic semblait fluide grace la webcam du poste frontière , et une autre ici 😉 On a donc choisit la route principale et le passage deDebeli Brijeg – Karasovići. La passage de la Croatie vers le Monténégro a été une véritable partie de plaisir. Les contrôles ont pris 30 secondes, génial! Et les premiers kilomètres au Monténégro nous ont montré le cauchemar possible. Dans le sens Monténégro vers la Croatie, sur plusieurs kilomètres, des milliers de voitures étaient bloquées avant la frontière, le stress !

Les premiers kilomètres sur la route principale E65 qui fait le tour des Bouches de Kotor ne sont pas vraiment agréables. C’est l’été, c’est bondé, c’est embouteillé, on roule à 20km/h, et c’est chiant ! Histoire de se détendre, on décide de quitter la route principale pour se poser à la plage. Un peu au hasard (et surtout car à ce moment là, c’était possible de tourner et il n’y avait pas trop de monde), on sort au petit village de Bijela. On trouve facilement à se garer juste au bord de la plage (chance incroyable), et on prend notre premier café matinal en profitant de cette belle vue 🙂

Ici pas de touristes, les locaux profitent du soleil et on se dit que les vacances commencent bien 🙂

J’en profite pour jeter un œil à la météo des prochains jours. La côte sud sera avec un temps couvert et des orages. Alors ni une ni deux, on décide de commencer notre périple par le nord du pays. L’avantage du Monténégro, c’est que le pays n’est pas très grand et qu’on peut facilement improviser son parcours. Attention, il faut bien garder en tête qu’on roule rarement à plus de 50-70 km/h.

Au village de Lipci, je quitte la E65 et j’emprunte la P11 qui grimpe dans les hauteurs. C’est d’ailleurs l’occasion de faire une belle photos des célèbres Bouches de Kotor. Ce n’est qu’un aurevoir, on revient bientôt 🙂

Rapidement, ça devient l’horreur … la route se transforme en un sentier dégueulasse, avec des trous partout, des cailloux qui volent. Je suis déjà en train de me dire que la légende des mauvaises routes au Monténégro est peut être vraie, et que partout dans le pays ce sera comme ça. Je sens déjà la caution de la voiture de location qui s’envole! Bref je stresse un peu …

Heureusement, cette portion de « route en travaux » n’a duré que quelques kilomètres. Une fois la poussière dissipée, on découvre que la campagne au Monténégro est belle ! Et c’est vraiment quelque chose qu’on va répéter inlassablement pendant ce roadtrip : le Monténégro c’est beau! 🙂

En prenant la direction de Niksic, vers le nord, au bord de la route M6 on peut admirer le lac Slansko Jezero. C’est un lac d’origine artificielle. Dans les années 1950, un petit barrage hydraulique est construit et le lac de 9km² se forme et envahit la vallée. C’est le paradis des pécheurs et des chasseurs d’oiseau. C’est calme et c’est très beau

On arrive ensuite à Niksic. Avec 60.000 habitants, c’est la deuxième plus grande ville du Monténégro. Elle a été fondée par les romains il y a bien longtemps, et depuis, pas grand chose à dire. Bien endommagée par les dernières grandes guerres et reconstruite dans un style ‘sans style’, d’un point de vue touristique il n’y a pas grand intérêt. C’est le pôle industriel et culturel du nord du pays. C’est aussi une ville avec beaucoup d’étudiants.

Comme on a faim, on s’y arrête un moment 🙂 Le centre ville se caractérise principalement par une grande place (pas très jolie) et on y trouve tout de même deux chouettes endroits pour se poser.

On commence par le Propaganda Bar, sous les parapluies colorés. C’est le bar cool et sympa du coin. Ambiance tranquille, colorée et agréable. L’occasion idéale pour gouter la Nikšićko. C’est un peu la bière nationale du Monténégro, et elle est justement produite à Niksic par la brasserie Trebjesa! 😉 Comme le Propaganda ne sert pas à manger, on se déporte sur la terrasse juste à côté, à l’Oktoberfest Beer House. C’est tout aussi cool mais moins coloré. Festival de bières en pression et de grillades en tout genre. Préparez votre estomac, au Monténégro, on mange gras!

Si vous avez l’occasion, à une trentaine de kilomètres au sud est de Niksic, vous pouvez aller visiter le célèbre monastère d’Ostrog perché à flanc de montagne. Mais ce ne sera pas pour nous, on reprend la route vers le nord et les paysages de campagne au Monténégro sont toujours aussi photogéniques 🙂

A 45km de Niksic, on passe par le minuscule village de Savnik. Il est situé à la confluence de trois petites rivières de montagne et je trouvais qu’il se dégageait de cet endroit un charme particulier. C’est pourtant un simple hameau perdu et enclavé dans un petit canyon. Sur place vous verrez, c’est beau!

Quelques kilomètres plus loin, il ne faut pas louper sur votre gauche un petit panneau indiquant le Nevidio canyon. La petite route vous emmène vraiment nul part! Nowhere, vous y êtes ! 😀

Après avoir dépassé quelques éco-lodges, vous arrivez au bord d’une zone marécageuse remplie d’oiseaux, c’est super joli !

Et juste après vous avez ce superbe paysage! Au fond à droite il y a une grande cascade Skakavica (mais qui est totalement à sec l’été), et sous mes pieds, il y a le canyon du Nevidio. Il est assez profond et impressionnant, et on peut y réserver des activités de canyoning, et c’est toujours une bonne idée d’en faire 🙂 Le canyon n’a été réellement exploré qu’en 1965.

Après ce petit détour, on reprend notre route vers le nord, et on admire les formations rocheuses tout autour de nous. Encore une fois, c’est beau!

Même cette bête route de campagne déserte qui serpente entre les petites collines : c’est beau! On se croirait sur un fond d’écran Windows!

Enfin on arrive à notre destination pour cette première journée, c’est la petite ville de Zabjlak. Il faut un peu la voir comme un hub dans le nord du pays. Elle est idéalement située pour pouvoir rayonner sur pas mal d’endroits intéressants. Zabjlak est à 1456m d’altitude. On est en plein cœur du parc national du Durmitor. Cette petite ville de 2000 habitants qui se transforme en station de ski l’hiver est clairement devenue une station touristique à la mode. On sent que ça commence déjà à se la jouer vip-lounge par endroits.

Pour le logement, je vous conseille le système du ‘sobe’. C’est la chambre chez l’habitant, et c’est très très répandu au Monténégro. On voit des panneaux ‘sobe’ partout. La salle de bain est partagée et en général le petit déjeuner est inclus, et c’est surtout vraiment vraiment pas cher. En plus ça vous permet de discuter un peu avec les monténégrins. Pour le coup, je vous conseille donc le logement Underwoods Žabljak Guesthouse (b.b Sinjajevinska, Žabljak 84220). On peut aussi le réserver via Booking & Airbnb (23 Euros la nuit, ça va!). Accueil très sympa et la fille des proprios nous fait le topo sur les meilleurs choses à faire dans la région.

Comme la journée n’est pas encore finie, vite vite on en profite ! Direction le célèbre Crno Jezero, surnommé le Lac Noir. C’est LE truc à voir dans le secteur et ça se passe ici 🙂

Pour trouver le resto du soir, tout se passe en gros sur la rue principale de la ville. On a opté pour le Zlatni Papagaj, avec une carte qui mélange nourriture locale et pizzas. Honnêtement c’est sympa mais sans plus …

Le bilan de cette première journée est vraiment positif ! La journée suivante sera-t-elle aussi réussie ? Vous le saurez en lisant la suite 🙂

La suite du road trip, jour 2 …

Jour 2 – Hanoï

Jour 2 – Hanoï

Difficile de faire une grasse matinée à Hanoï.  Même si la chambre de l’hôtel PrinceII est bien isolée du bruit, on ne peut pas échapper aux hauts parleurs publics qui se mettent à vociférer à plein volume dès 5h le matin! C’est dans les années 60 que les rues du Vietnam se remplissent de hauts parleur au sommet des poteaux. Ils servent à donner des informations locales, annoncer les dernières décisions gouvernementales, diffuser de la musique traditionnelle, inciter les gens à faire des exercices pour se maintenir en forme et raconter l’histoire du pays. Au passage ils servent aussi à diffuser la propagande gouvernementale.

vietnam hanoi haut parleur

Toujours est-il que ce réseau de haut-parleurs publics fait partie de l’histoire du Vietnam mais il dérange de plus en plus les vietnamiens. Dans un pays où la radio, la télé, et internet sont maintenant facilement accessibles, qui a encore besoin d’entendre les hauts parleurs cracher des infos en face de sa fenêtre ? Le débat est toujours d’actualité, et début 2017, Hanoï a faillit arrêter le réseau suite à une consultation publique, où globalement, la population disait qu’elle ne l’écoutait plus et que c’était inutile. Mais les services d’information et de communication de la capitale ont confirmés que le service des hauts parleurs publics continuera, mais que leur nombre sera « peut être » un peu réduit.

La météo n’est pas au top aujourd’hui, petite pluie dehors … tant pis, allez hop en route pour notre deuxième journée dans les ruelles de Hanoï! On traverse quelques ruelles en direction du lac Hoan Kiem. Si Paris a sa tour Eiffel, Hanoï a son lac. Il a une superficie de 12 ha et une profondeur moyenne de 1,2 m. Ses berges sont boisées et la ville en prend grand soin car c’est un des joyaux de la capitale.

vietnam hanoi ngoc son

Son nom veut dire « lac de l’épée restituée ». Drôle de nom ? En fait ça remonte au XVe siècle. A cette époque, les chinois de la dynastie Ming envahissent le nord du pays et le roi Le Loi les affronte. Au cours d’un déplacement près du lac, un de ses amis pêcheurs lui montre une barre de fer qu’il a attrapé dans son filet. Dans les mains du roi, la barre de fer se met à briller, et une fois bien nettoyée on se rend compte qu’il s’agit d’une épée! Cette épée magique l’aide à gagner la guerre et à repousser les envahisseurs chinois. En 1428, alors qu’il est de retour dans la région et traverse le lac en barque, une grande tortue dorée s’approche de la barque et lui demande de lui rendre l’épée qui lui a été prêtée par le Roi-Dragon. Le Loi accepte et lui rend l’épée et la tortue disparaît sous l’eau. L‘épée est restituée et le lac baptisé.

vietnam hanoi ngoc son

Au milieu du lac se trouve l’îlot de Jade. On y accède par un petit pont en bois rouge laqué, Thê Húc. Sur place se trouve le temple Ngoc Son. Il est dédié à l’empereur Van Xuong, au Dieu taoïste de la Littérature et à Tran Hung Dao, un des héros nationaux du Vietnam.

vietnam hanoi ngoc son

Il y a un petit terre plein en pierres avec une petite tour au sommet, c’est la tour du Pinceau. Ce monument est érigé en l’honneur des soldats morts lors d’une bataille au XVIIIe siècle.

vietnam hanoi ngoc son

vietnam hanoi ngoc son

Dans le temple, il y a la preuve que la légende est peut être bien réelle. Il y a la dépouille empaillée d’une tortue géante accidentellement tuée par un pécheur dans le lac en 1967. Elle appartient à l’espèce Rafetus Leloii ou Rafetus Swinhoei (bataille d’experts à ce sujet) et elle peut vivre plus de 100 ans. Malheureusement la dernière tortue géante du lac (1,2 mètre pour 160 kg), appelée Cu Rua a été retrouvée morte sur les berges en février 2016 … Il ne resterait plus que 3 autres spécimens de cette espèce de tortues dans le monde, et pour l’instant aucune reproduction n’a été possible …

vietnam hanoi ngoc son tortue

En longeant le lac sur la rive Est, on passe devant la grande statue de Ly Thai To. Né en l’an 974, il a été élevé dans la tradition bouddhique et a gravi tous les échelons du gouvernement royal de l’époque, celui de Lê Ngọa Triều, qui était un empereur tyrannique et cruel. A sa mort en 1009, Ly Thai To est propulsé au pouvoir est créé la légendaire dynastie des Lý. En 1010, il transfère la capitale à Thăng Long (l’ancien nom de Hanoï).

vietnam hanoi ly thai to

On continue un peu plus loin pour aller au Musée des Femmes du Vietnam (36 Lý Thường Kiệt, Hàng Bài). Il est inauguré en 1995 à l’initiative de l’Union des Femmes Vietnamiennes (UFV). Il rappelle le rôle important que joue la femme dans l’histoire du pays. On retrouve de nombreux habits traditionnels et pleins d’anecdotes intéressantes. On découvre aussi que les femmes au Vietnam ont grandement participé aux différentes guerre. Un musée réellement intéressant 🙂
Plus d’infos sur le site officiel.

vietnam hanoi musee femmes

Juste à côté se trouve le bureau de Oriental Bridge Travel, alors on en profite. On avait prévu d’aller dans les montagnes au nord du pays dans les jours qui suivent mais comme la météo la bas est pire qu’ici, on décide de reporter ce déplacement de quelques jours. Ca bouscule un peu nos plans mais pas de panique, c’est assez facile d’improviser ici. Le Vietnam mise vraiment sur le tourisme et des agences proposant une foule de services sont à chaque coin de rue. Evidemment, il faut faire le tri, car beaucoup ne sont pas très sérieuses. Nous on a bien checké et on vient donc ici pour réserver une croisière en jonque privée dans la Baie de Halong. On y reviendra dans quelques jours et dans un autre article 🙂

Il est temps de manger, alors allons rendre visite à Madame Duck 🙂 Bon en fait elle ne s’appelle pas comme ça mais on l’avait repérée dans un passage de Gordon Ramsay à Hanoï, et comme justement on y est …

Le restaurant en question, c’est le Khoa Ngan Restaurant (). On n’a pas vu madame duck, mais on a mangé du canard et d’autres choses non identifiées et c’était très bon. On était tranquillement posés à l’étage, à côté d’une tablée de militaires gradées qui essayaient de nous expliquer les plats et on hochait poliment la tête comme si on comprenait tout, alors qu’on ne comprenait absolument pas un mot 🙂 Une bonne adresse validée 🙂
http://www.khoanganxuavanay.com/

L’estomac bien rempli, on repart dans les rues, direction l’ouest de la ville, et c’est chouette, il s’arrête enfin de pleuvoir. On arrive au Temple de la Littérature de Hanoï. Il est aussi appelé sanctuaire du Prince propagateur des Lettres. Il est fondé en 1070 par le troisième empereur de la dynastie Lý (un successeur de Ly Thai To si vous avez bien suivi).  De 1076 à 1915 c’est ici que se fera l’enseignement pour les enfants de l’aristocratie vietnamienne et ici que seront formés les futurs hauts fonctionnaires de la nation. L’enseignement suit les règles de Confucius. Et c’est toujours ici que les étudiants viennent fêter leurs diplômes 🙂

vietnam hanoi temple litterature

Le temple est composé de 5 cours intérieurs séparées par des murs, dans un axe nord-sud.

vietnam hanoi temple litterature

vietnam hanoi temple litterature

Dans la troisième cour, on trouve le Lac de la clarté céleste.

vietnam hanoi temple litterature

Le pavillon de la Constellation des Lettres est le symbole de la ville de Hanoï.

vietnam hanoi temple litterature

Sous des abris, autour du « lac » on trouve 82 grandes stèles de pierres (sur 117 à l’origine), portées par des tortues (toutes différentes). Les tortues sont ici symboles de patience, humilité et longévité. Les stèles affichent le nom des 1307 diplômés du concours de l’université qui a eu lieu tous les 3 ans entre 1481 et 1779. Quand un élève était lauréat du grand concours (dissertation  philosophique, écriture d’une ordonnance royale, étude de texte de Confucius) il recevait de grands honneurs et l’empereur lui offrait entre autre un cheval pour que l’étudiant puisse faire un retour triomphal dans son village 🙂 La grande classe à l’époque!

vietnam hanoi temple litterature

Ces stèles sont inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco en 2010.

vietnam hanoi temple litterature

Vue de la quatrième cour et du pavillon de cérémonie. C’est véritablement ici que se trouve le temple de Confucius. Le lieu était tellement sacré que même l’empereur n’avait pas le droit d’y entrer.

vietnam hanoi temple litterature

Depuis ça a pas mal changé et tout le monde peut y aller, alors on en profite. A l’intérieur, on découvre des grandes grues perchées sur des tortues, et qui gardent l’entrée du temple au niveau du premier autel.

vietnam hanoi temple litterature

vietnam hanoi temple litterature

Dans le sanctuaire on trouve une statue de Confucius entouré de ses disciples. Sur les autels il y a de nombreuses offrandes.

vietnam hanoi temple litterature

Et c’est là qu’on découvre que Confucius, et bin il aime bien les Choco-Pie ! 🙂
On a gouté (pas le paquet dans le temple hein!), et bien Confucius c’est peut être un des plus grands philosophes, mais en gâteau il n’y connait pas grand chose, ils sont pas très bons 😉

vietnam hanoi temple litterature

Enfin, pour montrer une nouvelle fois l’importance de cette animal,sous verre, il y a une tortue en céramique recouverte d’or.

vietnam hanoi temple litterature

Au sud du temple se trouve un petit lac assez curieux, le lac Gò Kim Châu. Cerné par les immeubles il est tout circulaire avec un petit ilot au milieu qu’on peut rejoindre avec un passeur. C’est tout calme, les gens pêchent et discutent tranquillement. Un petit havre de paix 🙂

vietnam hanoi go kim chau

On continue de flaner tranquillement dans les rues, en traversant les carrefours tout naturellement sans plus faire attention à la circulation. On se prend un café vietnamien. C’est une révélation! 🙂 Déjà il faut savoir que le café a été introduit au Vietnam la première fois par les français dans les années 1800. Très rapidement la population a adopté cette boisson et par dessus le marché, la culture des caféiers s’est facilement implantée dans le pays. De nos jours le Vietnam est le deuxième pays producteur mondial de café juste derrière le Brésil, et le premier producteur de Robusta.
Boire un café au Vietnam vous ramènera quasiment toujours au nom de Trung Nguyên qui est le plus grand groupe commercial de café du pays. Pour boire le café à la vietnamienne, c’est simple. Un peu de lait concentré au fond d’un verre. Poser une petite tasse en inox sur le verre. Y verser quelques cuillères de café, rajouter un petit filtre en métal par dessus et remplir d’eau frémissante. Recouvrir d’un couvercle et attendre une ou deux minutes. Ensuite on utilise le couvercle pour déposer la tasse en inox et on déguste. C’est tellement simple et pratique, et en plus ça fait un café vraiment bon (on peut se passer du lait concentré). C’est simple, on a acheté plusieurs « cafetières » (prenez en inox, pas en aluminium!) et c’est comme ça qu’on fait notre café tous les jours et c’est loin d’être du jus de chaussette. Le café à la vietnamienne, l’essayer c’est l’adopter 🙂
Au passage vous gouterez peut-être au kopi luwak, le café le plus cher du monde. Il est fait à partir de grains de café récupéré sur les déjections (et oui!) de la civette, un animal qui ressemble à la mangouste, et qui en consomme beaucoup sans réellement les digérer. Le gout est unique à ce qu’il parait. Vu le prix, on veut bien le croire! Mais Vietnam oblige, méfiez vous des imitations …

Sur le chemin du retour vers le lac Hoan Kiem, on fait une petite halte au Hang Da Market, ou Hang Da Galleria (01 Hang Da Street, Cua Dong Ward). A vrai dire c’est vraiment par curiosité, car ce centre commercial fait un peu chic et les produits sont assez chers. Du coup il y a plus de vendeurs que de clients (c’est désert) et les escalators ne fonctionnent pas!

On arrive en vue du Thang Long Water Puppet, le fameux théâtre des marionnettes sur l’eau. Pensez à réserver vos places plus tôt dans la journée! L’ambiance du quartier est assez marrante en soirée, on se croirait un peu à Broadway, il y a des néons partout et des bus remplis de touristes qui se déversent devant l’entrée. Et qui dit touristes, dit arnaques à touristes. Comme les deux cireurs de chaussures qui me collent sur 50 m pour cirer mes chaussures alors que je suis en baskets 🙂 et comme je leur fait bien comprendre que c’est non, ils enchaînent en voulant recoller mes semelles haha 🙂
L’organisation du théâtre est assez stricte et on se fait limite engueuler car on n’est pas assis aux bonnes places, mais c’est franchement mal expliqués (ou alors on est franchement très stupides, ce qui est possible aussi en fait).

vietnam hanoi marionnettes eau

Le spectacle dure environ une heure et se compose de plusieurs petites scénettes reprenant des scènes de la vie quotidienne, des légendes et des récits historiques. Le tout est accompagné d’un orchestre traditionnel en live et avec de chants.

vietnam hanoi marionnettes eau

Il y a un petit personnage principal dans le spectacle, une sorte de fermier bien heureux, qui raconte les différentes histoires. Mais comme tout est en vietnamien, on ne comprend rien. Il parait qu’il y a des sous-titres visibles quelque part pour ceux aux premiers rangs … il parait! En tout cas les marionnettistes sont vraiment doués et on oublie très vite qu’il y a des gens qui animent tout et ça et on se laisse prendre au jeu et au spectacle.
On pensait que ce serait vraiment kitsch et on y est allé un peu en traînant les pieds, dans le genre « c’est super touristique mais ça fait partie des choses à faire » et en fait, et bien c’était pas mal du tout! 🙂

vietnam hanoi marionnettes eau

Les marionnettes sont articulées et contrôlées par des longues perches invisibles sous l’eau, et les marionnettistes sont cachés derrière le décor et passe toute la représentation les jambes dans l’eau. Cette tradition de marionnettes sur l’eau remonte à la dynastie Ly au XIIe siècle.

vietnam hanoi marionnettes eau

Standing ovation à la fin, tout le monde il est content.

vietnam hanoi marionnettes eau

Il est en principe interdit de prendre des photos, ou alors il faut payer un supplément. Thug life! 😉

Ensuite on rentre tranquillement en flânant dans les ruelles de « notre quartier ».

vietnam hanoi rues

Alors qu’on s’arrête prendre un dernier verre à la terrasse d’un bar, on entend parler quelques mots de français à une table voisine. C’est ainsi qu’on fait la connaissance de Anna, une polonaise très sympa et de son compagnon français, qui sont aussi en voyage. Les verres s’enchaînent. Il commence à être vraiment tard. On découvre que des jeeps de la police ou de l’armée (ce n’était pas très clair) circulent dans les rues et ordonnent au bar d’éteindre la musique ou même de fermer les établissements. C’est en partie pour permettre aux gens de dormir car tout le monde (ou presque) se lève tôt, mais genre vraiment tôt. Un réveil à 4 h du mat’ ici c’est presque une grasse matinée! Du coup pour pouvoir rester ouvert plus longtemps, on voit des patrons de bars courir dans la rue pour donner des billets au plus haut gradé de la jeep. Mais au deuxième passage de la jeep, on sent que ça ne rigole plus trop, alors le bar ferme le rideau métallique et les jeunes qui font le service nous invitent à rester à l’intérieur et à ne pas faire de bruit pour ne pas se faire repérer. Une fois le danger éloigné, la musique revient et on sympathise tous autour d’une dernière tournée 🙂 Tout le monde se fait la bise en sortant, on prend les contacts, etc …  très chouette soirée!
On titube un peu dans la rue mais on arrive à retrouver la porte de l’hôtel, ouf! 🙂

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Jour 1 – Hanoï

Jour 1 – Hanoï

Ça y est nous sommes dans l’avion, destination le Vietnam. Pour le vol on a choisi la compagnie Thaï Airways. On commence avec un A380 de Paris à Bangkok (escale 1h45) et un 777 jusqu’à Hanoï, arrivée dans la matinée. L’aller-retour à 650 Eur par personne. Carrément abordable!
L’arrivée à l’Aéroport international de Nội Bài commence par une première frayeur : la carte bleue reste coincée dans le distributeur de billets! Après une bonne demi heure pour se faire comprendre par le personnel et trouver quelqu’un pour nous dépanner, enfin la carte est de retour dans nos mains et on peut retirer nos premiers billets. Pendant ce temps là, le chauffeur privé de l’hôtel nous attend patiemment avec sa pancarte.
Comme hôtel, on a choisi l’hôtel Prince 2, plutôt bien situé dans le vieux quartier de Hanoï, à 28$ la nuit et prise en charge à l’aéroport pour 15$ de plus (ils font des promos prise en charge gratuite à l’aéroport si on reste 3 nuits consécutives). Depuis l’aéroport jusqu’au vieux Hanoï, le trajet n’est franchement pas paradisiaque, la banlieue est grise et moche, à l’image de la météo, grise et moche. L’accueil à l’hôtel se fait sans soucis, la chambre est propre, il y a un ordi et internet à disposition (par contre le Windows en vietnamien bon courage, et les premiers soucis de messageries arrivent, car elles nous rejettent pensant qu’il s’agit d’une tentative de piratage!)
http://princehanoihotel.com/fr/prince2/

Allez hop, en route! on ne perd pas plus de temps dans cette chambre, direction l’extérieur car ça grouille de vie et on a envie de découvrir!

Très rapidement on prend la mesure de la vie de quartier vietnamienne. Tout se fait sur le trottoir : manger, boire, cuisiner, réparer les scooters, installer un salon de coiffure ambulant, etc … Le trottoir sert à tout, sauf aux piétons! Les rues sont littéralement envahies de scooters et de mobylettes qui circulent dans tous les sens et qui klaxonnent tout le temps. De temps en temps quelques voitures apparaissent, ou un vélo lourdement chargé de fruits et légumes.
Très rapidement aussi, il faut apprendre à traverser la route. La première fois est un peu flippante. Pas de passage piéton, quasiment pas de feux de signalisation, et un flot continu de circulation. La technique : traverser sans hésiter, en ne marchant pas trop vite, et en regardant les gens qui viennent vers vous. Le reste se fait naturellement, tout le monde vous évite et ça reste fluide. Il faut juste ne pas s’arrêter ni revenir en arrière. Ça parait tellement normal ensuite qu’on n’y pense plus 🙂
Très rapidement on sent aussi la gorge qui pique un peu. Sachez-le, la ville est très polluée, et Hanoï se retrouve fréquemment sur le podium des villes avec l’air le plus pollué au monde. Donc un conseil, même si ce n’est pas très esthétique et que ça ne protège pas tant que ça, n’hésitez pas à utiliser un petit masque, comme beaucoup d’habitants. Et puis ça fera un souvenir sympa à rapporter haha 🙂

vietnam hanoi voie ferree

Une astuce pratique si vous voulez avancer vite à pieds dans les rues de Hanoï mais que vous voulez vous éloigner des grands axes bruyants et pollués, il suffit de marcher sur la ligne chemin de fer qui traverse la ville depuis la gare centrale jusqu’au pont Cầu Long Biên. Ici pas de bruit et pas de scooters à éviter 🙂

vietnam hanoi train

Pas de panique, c’est (presque) sans danger, il suffit de voir que les gens vivent collés à la voie de chemin de fer pour s’en rendre compte. En fait un train passe à faible allure à 16h et 19h en frôlant les habitations, les enfants continuent de jouer et les adultes de discuter tranquillement. Le reste de du temps, c’est tranquille!

vietnam hanoi train

Pour se repérer dans Hanoï, j’ai mon appli GPS préférée sur le smartphone (Ulmon) et on avance sans trop se poser de questions à travers le dédale de ruelles plus ou moins bien signalées. On arrive donc rapidement à la place Ba Dinh.
A l’époque de la colonisation française, ici, c’était le grand rond-point Puginier, entouré de parcs et de villas.

hanoi rond-point puginier

Ensuite ça a changé. Le rond point est devenu une grande place. Après la défaite du Japon pendant la 2nde Guerre Mondiale, c’est sur cette place rebaptisée Ba Dinh que la déclaration d’indépendance du Viêt Nam est faite par Ho Chi Minh le 2 septembre 1945 devant une foule de plus de 400.000 personnes en liesse. C’est aussi sur cette place que se dérouleront les obsèques de Ho Chi Minh en 1969 et qu’un mausolée sera construit en son honneur en 1975. Autant dire que cette place a une importance particulière pour les vietnamiens.
C’est aussi la plus grande place du pays (320m de long, 100m de large). Au milieu se dresse un grand mat de 25m de haut où flotte le drapeau vietnamien, rouge avec l’étoile d’or (la cérémonie du lever des couleurs et la descente du drapeau, c’est tous les jours à 6h et 21h).

vietnam hanoi mausolee ho-chi-minh

Le Mausolée de Ho Chi Minh est inauguré en 1975 et s’inspire de celui de Lénine à Moscou. Il est possible de le visiter (gratuit) de 8h à 11h et les règles à l’intérieur sont très strictes (pas de photos, pas de shorts, etc …). Régulièrement le corps embaumé  du symbole de la patrie vietnamienne part en Russie pour subir un nouveau bain dans le « basalm ». C’est le nom de la fameuse mixture soviétique (recette jalousement gardée et top secrète) qui permet de conserver miraculeusement la dépouille. Pas de visite pour nous, mais c’est presque un pèlerinage annuel pour des millions de vietnamiens et il est fréquent de voir une file interminable devant. Donc si ça vous branche il va falloir être très très patient.

vietnam hanoi memorial ho-chi-minh

Autour de la place se trouvent d’autres grands bâtiments gouvernementaux, comme par exemple celui de l’assemblée nationale, Tòa nhà Quốc hội, inauguré en 2014.

vietnam hanoi assemblee nationale

Au sud ouest de la place se trouve un petit temple qui est pourtant un des plus connu du pays. C’est la pagode Môt Côt, aussi appelée la pagode du Pilier Unique. « A l’origine » elle date du XIe siècle. A cette époque, l’empereur Lý Thái Tông a la vision de la déesse Quan Am qui lui présente son fils sortant d’une fleur de lotus. Quelques temps plus tard son épouse lui donne enfin un fils, et il fait construire ce temple en l’honneur de la déesse. La forme est sensée rappeller la fleur de lotus et une statue de la déesse repose à l’intérieur.
Je dis « à l’origine », car le temple a été détruit par les français (comme bien d’autres monuments) en 1954 en quittant le pays. Il est reconstruit par le nouveau gouvernement vietnamien en 1955, avec un pilier en béton en remplacement de l’énorme pilier en teck qui était là depuis des siècles.

vietnam hanoi pagode pilier unique

Juste à côté de la pagode il y a un petit temple.

vietnam hanoi pagode pilier unique

En quelques minutes, on se rend compte que malgré le communisme, la ferveur religieuse n’est pas un vain mot ici. On croisera à de nombreuses reprises des gens en prières dans les nombreux temples qu’on croisera et il y aura toujours quelques bâtonnets d’encens se consumant à côté des offrandes.

vietnam hanoi pagode pilier unique

Juste à côté, il y a un grand bâtiment blanc, on ne peut pas le louper, c’est le Musée Ho Chi Minh. Comme son nom l’indique, il est entièrement consacré à Ho Chi Minh et il est inauguré en 1990 pour célébrer les 100 ans de sa naissance. Si sa vie, son œuvre et ses objets personnels vous intéresse réellement il faut y aller, sinon je pense que la visite peut s’éviter sans trop de regrets. Nous, on l’a zappé.

vietnam hanoi ho-chi-minh museum

Une fois ce musée contourné, en suivant l’avenue Ngọc Hà, on arrive devant l’entrée du Jardin Botanique. Il s’étend sur 10 hectares et c’est le plus ancien parc de la ville. L’entrée est payante mais vraiment pas chère (2000 VDN) et en fait je crois que seuls les étrangers payent, et encore, si la dame a l’entrée pense à vous alpaguer pour vous vendre son ticket.

vietnam hanoi jardin botanique

Le parc est agréable pour faire une petite pause verte, loin de l’agitation de la ville, du bruit et de la circulation incessante. Il y a deux petits lacs, de grands arbres, mais ça se résume à peu près à ça, et aussi à quelques cages où croupissent des animaux (pas cool du tout) …
Malgré la pollution ambiante, beaucoup d’habitants font du sport ici : gymnastique ou course. Mais l’activité sportive omniprésente et que je connaissais à peine, c’est le Dacau.
C’est un sport très répandu ici. On verra souvent des gens y jouer, sur des places, dans la rue, dans des cours d’écoles. En gros c’est comme du badminton mais avec les pieds ou d’autres parties du corps (sauf les mains). C’est super impressionnant et on est resté un moment à les observer.

vietnam hanoi dacau sport

Le badminton aussi nous en met plein les yeux, et je suis à peu près sûr que c’était des champions olympiques à l’entrainement devant nous!

vietnam hanoi badminton

On finit par sortir du Jardin Botanique pour aller vers le nord et rejoindre les berges du grand lac Tay Ho (aussi appelé Lac de l’Ouest). Un autre de ses surnoms c’est le lac des amoureux. C’est le plus grand lac du Vietnam avec 500 ha et on vient ici pour prendre un bol d’air pur (enfin un bol d’air un peu moins pollué que dans le reste de la ville), profiter des couchers de soleil, faire une petite croisière ou un tour de pédalo-cygne. Regardez, ça donne envie hein ? 🙂

vietnam hanoi pedalo cygne

Comme on n’est pas venu faire un tour de pédalo et que le soleil, on ne sait même pas où il est 🙂 Il faut bien trouver autre chose à faire. Et ça tombe bien!
Ici se trouve la Pagode Trấn Quốc. C’est la plus ancienne pagode de la ville. A l’origine sa construction remonte au VIe siècle et à l’époque elle se trouvait sur les berges du grand fleuve rouge pas très loin d’ici. Mais en 1615, les rives du fleuves deviennent instables et le temple est déplacé sur une petite île du lac Tay Ho, et une passerelle est construite pour y accéder. Il est enfin rénové en 1815.

vietnam hanoi tran quoc

vietnam hanoi tran quoc

C’est un lieu qui a une grande importance pour les vietnamiens et cette pagode est même surnommée « Défense de la patrie ». Il faut donc respecter les lieux et les personnes en prières, et bien sûr éviter les tenues trop « touristes plages ». Accès gratuit.
Il y a un grand stupa de 15m de haut avec plusieurs étages correspondant à des étapes de la vie du bouddha Amitābha. Comme le veut la tradition, le nombre est impair, ici il y en a 11.

vietnam hanoi tran quoc

L’endroit est très zen et reposant. Pas de bruit, des fidèles en prières, les odeurs d’encens, on est serein.

vietnam hanoi tran quoc

vietnam hanoi tran quoc

vietnam hanoi tran quoc

On découvre ici nos premières tuiles vietnamiennes. Elles sont très particulières par leurs formes. Par contre on n’est pas trop certain pour la ressemblance. Il parait que ce sont des écailles de tortues et d’autres disent des écailles de dragon. En tout cas, il faut imaginer des écailles 🙂

vietnam hanoi tran quoc

Après cette petite halte méditative, on reprend la balade, et on quitte le lac pour retourner vers la place Ba Dinh. En arrivant par le nord, on passe juste devant le Palais présidentiel. On ne peut pas le louper avec sa couleur jaune moutarde! C’est la résidence principale du Président de la République du Vietnam et c’est évidemment interdit au public. C’était l’ancien palais utilisé par les gouverneurs d’Indochine.

vietnam hanoi palais presidentiel

Dans le parc du palais, se trouve la maison sur pilotis de Ho Chi Minh. C’est là où il a fini sa vie, car il ne voulait pas habiter dans le palais et souhaitait vivre simplement. On ne l’a pas visité, et pour y accéder il faut passer par la visite du Mausolée. A vous de voir.
On longe ensuite la rue Hoàng Văn Thụ et la grande avenue Hoàng Diệu où on assiste encore à un match de dacau sur le trottoir.

vietnam hanoi dacau

Arrivé au croisement (bon courage pour traverser l’avenue haha) se trouve l’Église des Martyrs. Elle date de 1932 et elle est dédiée aux Martyrs du Vietnam. Il s’agit des 117 chrétiens béatifiés par le pape Jean Paul II en 1988, choisis parmi les nombreux croyants persécutés et tués au Vietnam. On estime qu’entre 1740 et 1883, entre 130.000 et 300.000  personnes sont mortes à cause de leurs croyances chrétiennes. Cette même persécution se produisait dans les autres pays d’Asie, au Japon aussi notamment.

vietnam hanoi eglise martyrs

Juste en face de l’église, se trouve la porte nord de la citadelle de Hanoï. En fait on a un peu de mal à comprendre sur place car à part une porte, il n’y a rien d’autre. Faisons un peu d’histoire : il faut remonter jusqu’en l’an 1010 quand l’empereur Lý Thái Tổ  décide d’installer sa capitale à Than Long (c’est l’ancien nom de Hanoï). Il y fait construite une grande cité interdite pour régner. Pendant plusieurs siècles, la citadelle de la cité interdite protège le cœur du pouvoir vietnamien, jusqu’au transfère de la capitale à la ville de Hué en 1806 pour en faire la nouvelle cité impériale. Quand les français colonisent le pays, ils rasent presque intégralement la citadelle de Hanoï pour installer des casernes à la place 🙁 … il ne reste donc presque plus rien, à part les grandes portes qui entouraient la citadelle. Des fouilles permettent régulièrement de retrouver quelques vestiges de plus d’un millénaire de pouvoir vietnamien.

vietnam hanoi citadelle porte nord

Pour revenir à une note plus joyeuse, vers la fin du mois de mars, il reste encore un peu partout à Hanoï des décorations du nouvel an vietnamien qui a lieu début février, la fameuse fête du Têt et son incontournable “chúc mừng năm mới” (bonne année) écrit partout 🙂

vietnam hanoi fete tet

Ensuite, on prend la rue Hnag Luoc pour retourner vers le vieux Hanoï. Dans cette rue il y a la seule mosquée du nord du Vietnam, la mosquée Al-Noor. Ce sont les premiers marchands indiens musulmans à s’implanter dans le pays qui la construiront pour pouvoir y prier à partir de 1890.

Plus loin, on entre dans le vieux quartier, aussi appelé le quartier des 36 corporations. Il s’est créé à partir du XVe siècle. C’est un dédale de ruelles où chacune est dédiée à un corps de métier particulier (la liste des 36 rues et des métiers par ordre alphabétique c’est ici). A l’origine chaque rue permettait d’écouler la production des villages de métiers installés autour de Hanoï, et l’organisation de la vie dans chaque ruelle s’organisait autour d’une corporation.

vietnam hanoi hnag luoc

Nous voilà de retour à l’hôtel PrinceII, et hop une petite douche pour se décrasser. On ressort boire un verre dans un bar juste à côté car on trouve sa déco en façade assez cool, c’est le Beer 2KU (2 Cửa Nam, Hoàn Kiếm).

vietnam hanoi rues

vietnam hanoi beer 2ku

Ensuite on cherche un endroit où manger, et un gros orage éclate dans la soirée. Des trombes d’eau s’abattent sur la ville. Un peu au hasard (et aussi car il y avait du monde installé), on se pose au Nam Bit Tet (). Pendant la journée c’est une quincaillerie sur le trottoir, mais le soir venu, la marchandise est rentrée et les tabourets sont de sortie. La cuisine s’installe sur le trottoir et se met en action. C’est notre première véritable rencontre avec la street food locale 🙂 et ça s’est très bien passé. L’ambiance était très conviviale et on ne comprenait absolument rien à tout ce qui se disait autour de nous 🙂

vietnam hanoi nam bit tet

Enfin, retour à l’hôtel pour une bonne nuit de repos après une bonne dizaine de kilomètres à pieds de ballade et de découvertes à Hanoï 🙂

>> Jour 2 – Hanoï