Madère, Funchal la capitale

Funchal

C’est la plus grande ville de l’ile avec plus de 110.000 habitants sur une superficie de 76km². Elle est fondée en 1421 et son nom vient de funcho qui signifie fenouil, car à l’époque la zone où se situe la ville était recouverte de fenouil sauvage.
Le centre ville est vraiment agréable, il y a eu d’importants travaux de rénovation et c’est sincèrement avec plaisir qu’on peut s’y balader un jour ou deux. Allez, on se prive pas, hop en route, je vous emmène dans les rues de Funchal 🙂

madere funchal taxis jaunes rues

Bon plan : Il y a de bonnes chances que vous arriviez à Funchal avec votre belle voiture de location et vous découvrirez vite que trouver une place où se garer peut vous prendre une éternité. L’astuce c’est d’aller au grand centre commercial La Vie. Il est très bien situé en plein centre, et le parking est gratuit le samedi à partir de 13h, les dimanche et les jours fériés. Et dans tous les cas, c’est une bonne option, car il y a tout de suite de la place, il est pas cher, le centre commercial est agréable et c’est climatisé 🙂

Nous commençons à quelques pas du centre commercial, par le grand rond point, Rotunda do Infante. Il fait face à la statue de Infante Dom Henrique. C’est ce roi portugais qui permit l’expansion colonial et l’essor du Portugal en favorisant les grands voyages d’explorateurs en mer. C’est pourquoi on le surnomme Henri le Navigateur. C’est en partie grâce à lui donc que l’ile de Madère a été découverte en 1419. (Si vous faites un tour à Lisbonne, il y a un énorme mémorial qui lui est dédié à Bélèm, d’ailleurs ça se passe ici 🙂 )

madere funchal rond point christophe colomb statue

Un navigateur célèbre a d’ailleurs fait une longue escale à Madère, il s’agit de Christophe Colomb. C’est ici qu’il a épousé Felipa Perestrello Moniz, la fille du navigateur et explorateur portugais Bartolomeu Perestrelo. Grace à ce mariage, il a pu accéder aux cartes des courants et des vents dressées par les portugais lors de leurs excursions dans l’océan atlantique, et indirectement, Madère lui a permis de découvrir plus tard les Amériques 🙂
Sa statue se trouve d’ailleurs dans le parc juste à côté.

Le parc Santa Catarina est un grand espace verdoyant sur 36 000m². Il y a une immense pelouse entourée d’arbres et de fleurs venant du monde entier. Il doit son nom à la construction d’une chapelle pour Ste Catherine en 1425. On y a une très belle vue sur la ville, les paquebots immenses amarrés. Ambiance tranquille, le parc est loin d’être bondé, on profite doucement, on découvre les volières, les kiosques à livres gratuits, l’étang et ses fontaines, la grande aire de jeux pour enfants, etc … non vraiment, ce parc mérite le détour!

parc santa catarina funchal madere arbres paquebot fleurs

Et des dizaines de lézards en profitent pour griller tranquillement sur les pierres, vous ne pourrez pas les manquer 🙂

parc santa catarina madere funchal lezards murs pierres

Au sommet du parc vous ne pourrez pas manquer un grand bâtiment, la Quinta Vigia. C’est la résidence officielle du gouvernement régional de Madère. Les jardins sont libres d’accès et le bâtiment peut se visiter pour la somme symbolique de 1 euro. (fermé le week-end)

Un peu plus loin, après le centre des congrès et le casino, il y a une statue bien en évidence. Cette statue taille réelle en bronze représente la célèbre impératrice Sissi. Pour la petite histoire, en 1860, elle s’ennuie tellement à Vienne (qui est pourtant une très chouette ville à découvrir ici 😉 ) qu’elle simule une dépression pour qu’on lui conseille de prendre l’air. Illico, elle emprunte le yacht royal de la reine Victoria et s’embarque au soleil pour Madère loin de l’Autriche!

statue sissi madere funchal

Elle y passe quelques mois à gambader à gauche à droite et reprendre du poil de la bête. Le voyage lui a plu car elle reviendra une nouvelle fois en 1893. Vous voyez que Madère ça vaut le coup! 🙂 Voilà, c’est la fin de la parenthèse glamour du XIXe siècle.

Allez, maintenant on se dirige vers le port où on peut voir d’énormes paquebots à quai (nous on a vu le Queen Elizabeth) et vous devriez apercevoir cette silhouette rocheuse qui se détache sur la mer avec cette petite terrasse improbable au sommet. La terrasse d’un petit bar sympa ? Et bien non, aussi improbable que ça puisse paraitre il s’agit du plus petit état du monde : la principauté de Ponthina au Forte Sao Jose ! 🙂

forte sao jose plus petit etat du monde madere funchal

Ce petit point sur la carte était à l’origine un minuscule ilot sur lequel était bâti un petit fort. En 1903, pour aider à financer des travaux dans le port, le roi du Portugal vend la Ponthina a une famille d’anglais cultivant des vignes. En 2000, les anglais décident de s’en débarrasser mais personne ne veut l’acheter. Lors d’une soirée, ils font la connaissance de Renato Barros, un habitant de l’ile, prof d’art et sans argent, et bien sûr il est très intéressé! Il arrivera à récupérer de l’argent ici et là, et contre l’avis de toute sa famille et ses amis, il achète le rocher pour 25.000€ en 2000 (il n’y a plus qu’une cave et une terrasse…).

madere funchal plan punthina fort saint joseph

Juste après, à la surprise générale, il déclare l’indépendance de la Ponthina et se déclare Prince! En effet, en 1903, le roi avait mis dans le contrat qu’il cessait toute revendication ou pouvoir sur ce territoire, et il n’a jamais été réclamé depuis par le gouvernement portugais. Petit oubli 🙂 En expliquant au gouverneur de Madère qu’il avait un nouveau prince pour voisin, le gouverneur a immédiatement voulu racheter l’ile, mais Renato a refusé. Du coup, le gouvernement de Madère lui interdit le raccord à l’eau potable et l’électricité. Mais ça ne gêne pas trop Renatto qui a fait sa demande d’indépendance à l’ONU, qui a créé son passeport, et qui ouvre son minuscule territoire gratuitement aux curieux qui souhaitent découvrir une destination insolite 😉
https://www.fortesaojose.org (site pas à jour …)

En longeant le port quelques minutes, on longe un long bâtiment, c’est le CR7 Museu, le musée sur un des plus grands footballeurs du monde, Cristiano Ronaldo 🙂 Pour rappel, l’aéroport de l’ile a été rebaptisé en son honneur en 2017 : « Aeroporto Internacional da Madeira Cristiano Ronaldo« .
Si vous voulez plus d’infos sur le joueur, son palmarès, sa vie, je vous invite à faire un tour ici. Toujours est il que c’est un enfant du pays, qu’il a grandit dans le quartier Santo Antonio de Funchal, et que c’est juste un monstre (dans le bon sens du terme), qu’on aime le foot ou pas 🙂 Dans ce musée (5€ l’entrée) il n’y a pas grand chose à faire, quelques maillots, des coupes gagnées, des lettres de fan, des expériences 3d virtuelles etc …
Plus d’infos : https://museucr7.com/

cristiano ronaldo cr7 museum madere funchal
A faire si vous êtes fan! … et sinon, il reste toujours la statue juste devant 🙂

Allez on repart en longeant le port et direction le Jardim Municipal do Funchal. Aménagé en 1880, à la place de l’ancien couvent San Fransisco, il s’appelait à l’origine jardin de la Reine Amélia (en hommage à la dernière reine du Portugal).

jardim municipal do funchal madere

Ce petit jardin en plein centre ville est vraiment agréable et il y a une grande richesse dans la végétation. Situé face au théâtre municipal et la grande terrasse de son café, et de la longue rangée de taxi jaunes sagement garés, c’est une petite halte sympa pour reposer les jambes 🙂

jardim municipal do funchal madere

Juste à coté se trouve le Sao Lourenco Palace, qui est une ancienne forteresse, qui sert maintenant à la fois de musée de l’armée, et une très belle rue (maintenant) piétonne, l’avenue Zarco.  

rue funchal madere zarco statue

Il y a d’ailleurs au bout la statue de João Gonçalves Zarco c’est ce grand navigateur portugais qui découvre l’ile de Madère en 1419 et commence la colonisation quelques années plus tard et qui fondera la ville de Funchal. Respect.

Ensuite il fait bon se perdre dans les petites ruelles de la ville, et on finit forcément à un moment par tomber sur le célèbre Mercado dos Lavradores. Le « Marché des travailleurs » a été construit en 1940 dans le style architectural « État nouveau ». Il y a des grande mosaïques d’azulejos sur la façade … et c’est le lieu où tous les touristes se retrouvent.
A tort ou à raison ? Est-ce de l’authentique ou du cliché ?

Mercado dos Lavradores madere funchal marché

Et bien c’est rempli de touristes qui passent leur temps à mitrailler de photos le plus près possible des vielles vendeuses en costume traditionnel devant leurs stands de fruits et légumes, de fleurs et de bulbes en tout genre. A croire que personne n’a jamais mis les pieds dans un marché de sa vie? C’est totalement ridicule pour cet aspect là. Dans la partie poissonnerie où sont écaillés par exemple les fameux poisson-sabre Espada (hideux 🙂 les poissons hein), les poissonniers sont photographiés comme au zoo. Bref si vous allez au marché, ok, mais rangez votre appareil photo, goutez et achetez si vous voulez, mais ne faites pas vos touristes ! 🙂 Et sinon il y a d’autres marchés en dehors de Funchal où on peut s’aventurer et c’est bien plus « local », je dirais même plus, « normal » quoi, comme au marché de Prazeres par exemple à l’ouest de l’ile.
Allez, le site officiel : http://mercados.cm-funchal.pt/ (fermé dimanche et jours fériés)

En tout cas le bon plan pour manger, c’est juste en face! je vous conseille grandement le restaurant A Bica (Rua Do Hospital 17, devanture discrète et en sous sol). Un vrai bon resto portugais généreux frais bon et sans chichi 🙂

Ensuite, on part dans la rue Santa Maria. Tracée en 1430, c’est une des plus anciennes rues de la ville, et elle est célèbres pour ses nombreuses portes peintes. Cette rue était un peu laissée à l’abandon et un photographe (Martinho Mendes) immortalisait les vieilles portes … puis il décida de changer ça et d’apporter un peu de vie et de couleur. Il présente le projet des portes peintes, le chargé au tourisme valide l’idée et en 2011 la première porte est peinte, et le mouvement est lancé. Peu à peu les propriétaires sont contactés et donnent leur accord, puis des artistes connus ou non (le projet est ouvert à tous) se mettent au travail. Plus d’une centaines de portes sont visibles maintenant et font de cette rue une galerie d’art à ciel ouvert 🙂
Plus d’infos sur le site officiel : Projecto artE pORtas abErtas

rue santa maria portes peintes madere funchal

rue santa maria portes peintes madere funchal

Cette ruelle est aussi le repère d’innombrables restaurant à touristes avec les serveurs qui vous haranguent toutes les minutes … Un conseil, trouvez un autre endroit pour bien manger, c’est pas ce qui manque 🙂

funchal rue madere

Par exemple, faites juste un petit détour sur la très jolie petite place de la Capela Do Corpo Santo, vous serez plus au calme et il y aura d’avantage de choix.

Tout au bout de la rue Santa Maria, se trouve le Forte de Sao Tiago (aussi appelé Fort St James), on ne peut pas le louper avec ces murailles colorées flashy! Cette forteresse bâti au XVIIe siècle abrite maintenant un musée d’art contemporain, et un restaurant qui surplombe la mer, et une minuscule petite plage (galets) où bronzer plus ou moins en  tranquillité 😉

fort st james funchal madere plage

Maintenant, on retourne vers le centre ville, et puis tiens, si on faisait un petit tour de téléphérique? 🙂 Quelle idée un téléphérique … et bien je vous invite à monter au quartier de Monte (qui porte bien son nom) par vos propres moyens, et vous verrez qu’un petit trajet de 15-20 min en téléphérique c’est quand même bien pratique et agréable pour franchir un dénivelé de 560m et une distance de 3,2km. Bon ok, 16€ la montée, c’est un peu du luxe! mais allez, avouez qu’on ne fait pas ça tous les jours, et il suffit d’économiser quelques cigarettes ou cocktails et c’est déjà rentabilisé!
A l’origine, il y avait un petit chemin de fer qui reliait le port au quartier de Monte, qui était le quartier des nouveaux riches et de l’aristocratie. La petite locomotive a vaillamment servi de 1893 à 1943. En l’an 2000, le téléphérique est inauguré.
Allez, hop en route pour un petit tour dans les hauteurs de Funchal! 🙂

madere funchal telepherique

L’idée ici c’est de faire le Super Combo : montée en téléphérique + visite du jardin tropical de Monte Palace + descente en panier d’osier et retour dans le centre. A mon avis c’est la meilleure combinaison! Attention, le super combo ne fonctionne pas le dimanche, car il ne sera pas possible de faire la descente en panier.
On commence par prendre le ticket au guichet, pas la peine de prendre le combo avec le Jardim Botânico qui est plus loin, on se contente d’un aller-simple.
Plus d’info sur le site officiel : http://www.madeiracablecar.com/fr/ (tous les jours sauf noël)
Ensuite vous avez tranquillement le temps de profiter du paysage, de voir l’évolution des quartiers de la capitale au fur et à mesure de l’ascension, et de faire connaissance avec vos voisins de cabine 🙂

madere funchal telepherique

Une fois au sommet, c’est simple, on traverse la rue et on est juste devant l’entrée du Monte Palace Tropical Garden. (on peut aussi venir directement en voiture et se garer sur le petit parking juste en dessous mais pour se faciliter la vie et profiter un peu, il faut faire le super combo).
Au tout début ici se trouvait la riche demeure qu’un consul anglais avait fait batir sur sa propriété. Le manoir est ensuite devenu un hôtel de luxe et le jardin a été embelli, puis vendu à une société en 1943, qui revend enfin en 1997 à José Berardo, homme d’affaire portugais milliardaire collectionneur d’art et originaire de Madère qui décide d’en faire un grand et beau parc ouvert au public, le Monte Palace Tropical Garden est né! (mais c’est pas gratuit hein, 12.50€ l’entrée)
Plus d’infos ici : http://montepalace.com/desktop/ (ouvert tous les jours sauf noël)

monte palace tropical garden madere funchal jardin

Et bien je vous le dis, ce parc est vraiment très chouette 🙂 Sur un peu plus de 7 hectares on peut voir des statues du Zimbabwe (occupé par les portugais au XVIIe siècle), un grand jardin japonais, un musée de pierres précieuses, des grands bassins, des fontaines, des plantes tropicales de tous les pays du monde, des mosaïques sur la présence portugaise en Asie (Macao), des fleurs en veux tu en voilà, et puis tout ça tout ça! Sincèrement, c’est 12.50€ bien investis 😉

monte palace tropical garden madere funchal jardin

monte palace tropical garden madere funchal jardin

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Personnellement je vous conseille cette visite en milieu d’après-midi pour profiter des belles couleurs quand le soleil commence à descendre à l’horizon.

monte palace tropical garden madere funchal jardin

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Et pour ne rien gâcher, votre billet d’entrée vous donne le droit à un verre de Madère gratuit dans le bar au fond du parc, et si en plus vous arrivez à vous asseoir à la petite table tout au bord de la terrasse avec vue sur la ville, c’est le paradis 🙂

monte palace tropical garden madere funchal jardin

Allez, petit bémol, l’ancien bâtiment de l’hôtel ne se visite pas, mais c’est pas grave, on a beaucoup apprécié la découverte du jardin!

monte palace tropical garden madere funchal jardin

Mais le temps passe, le temps passe, et si on veut réussir le super combo, il faut faire la descente en panier d’osier avant la fermeture! (dernière descente à 17h45 … ce serait dommage de louper ça). Le point de départ est à quelques dizaines de mètres d’une des entrées du jardin, au pied de l’église Igreja Do Monte.
Alors je ne vous le cache pas, cette attraction est vraiment pépère … et un peu chère, 30€ pour deux. Ne vous attendez donc pas à des sensations fortes (malgré ce que vous pouvez lire ailleurs) et préparez vous à faire la queue avec une ribambelle de retraités tout excité à l’idée de ce qui les attend et qui applaudissent les carreiros (les pilotes) à chaque départ, au moins c’est la bonne humeur assurée 🙂
Donc toute cette histoire a commencé au XIXe siècle quand les habitants du quartier Monte cherchaient un moyen de redescendre rapidement en ville, et pourquoi pas dans un canapé en osier hein ? Une association de carreiros s’est formée et depuis plus de cent ans ils descendent la population et les touristes à travers les rues.
Site officiel : http://www.carreirosdomonte.com/

carreiros do monte funchal madere traineaux osier
Panier en osier avec patin en bois, carreiros avec chapeaux et chaussure avec semelles en caoutchouc, c’est parti! La descente se fait le long de la petite rue

Ce qui nous fait donc un super combo à 87 Eur pour deux adultes … ça fait certes un peu cher l’après-midi, mais après tout, il faut bien se faire plaisir 🙂 et puis toutes belles randonnées de l’ile sont gratuites elles! 😉

madere funchal rues

On enjoy la descente 🙂

madere funchal rues

madere funchal rues

Et allez, en bonus final, quelques photos de street art (et oui!) qu’on peut croiser ici et là dans les rues de Funchal 🙂

funchal madere street art rues

funchal madere street art rues

funchal madere street art rues

funchal madere street art rues

funchal madere street art rues

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Si avec ça vous n’êtes pas motivés pour une visite de Funchal, je ne sais pas ce qu’il vous faut! En tout cas, nous, on a aimé 🙂

Bref, Madère, j’adhère! 🙂

Madère, j’adhère!

Madère, j’adhère! C’est par ce jeu de mot lamentable 🙂 que je commence mon récit sur la très belle ile de Madère. La rencontre a eu lieu en octobre, alors qu’en France la météo était aussi lamentable que mon jeu de mot d’introduction, alors vite, il fallait partir!
Mais où aller pour avoir un minimum de dépaysement, de la belle nature, à la dernière minute et pas cher ? Le choix s’est fait un peu au hasard, et vraiment aucun regret! N’hésitez pas, foncez!
Allez, Hop en route à Madère!

 Faisons rapidement les présentations

Madère est une petite île portugaise, perdue dans l’océan Atlantique, au large du Portugal et au nord des Canaries. Elle mesure environ 57 km de long sur 22km. Un peu plus de 260.000 habitants. Et surtout, des paysages magnifiques et des superbes randonnées à faire un peu partout! Franchement, c’est le régal! Et puis on est toujours en terres portugaises, alors pour la nourriture et la boisson, il y a ce qui faut, c’est bon et généreux 😉 Enfin le climat est doux toute l’année ce qui en fait le paradis des fleurs 🙂

Allez hop, au programme

Location de voiture

Même s’il y a des bus, prenez une voiture, liberté! (le vélo, c’est juste suicidaire). Comme souvent, énormément de récits d’arnaques en tout genre pour la location de voiture à l’aéroport. Après avoir fait pas mal de recherches sur le sujet, le choix est fait : Insular Car (http://www.insularcar.com/)

Pas de mauvaises surprises, formalités remplies en 5 minutes à l’aéroport, clés en main et notre belle clio neuve 90ch est prête à partir. Ne lésinez pas trop sur le choix de la voiture, en bon état avec des bons freins et un minimum de puissance pour les nombreux lacets interminables avec des pentes à 20%, et d’ailleurs si vous avez l’aide au démarrage en côte, c’est tout bonus ! Autre bonne surprise, le gps intégré et gratuit.

Rendre la voiture sera aussi simple et rapide. La voiture avait une grosse éraflure sur l’aile droite (datant d’avant la location), mais la personne chargée de faire le retour l’a montré du doigt en faisant un gros « hoooo! c’est quoi ça?! il va falloir payer! mouhahaaaa! » avec un rire sadique!! Evidemment c’était la bonne blague qu’il doit faire à chaque client 🙂 et donc on n’a rien payé 😉

Hébergement

Le nord de l’île a tendance à être plus nuageux et pluvieux, et surtout moins ensoleillé. Pour profiter au maximum : logez sur la côte sud. Et personnellement, on a eu le coup de cœur pour le petit village de Madalena do Mar et un superbe logement pas cher sur Airbnb

Séjour réalisé en octobre 2017

Prague

Prague, c’est une ville qui m’a toujours attiré. C’est sans doute mon esprit un peu bohème haha. En tout cas « la ville aux mille tours et mille clochers » est clairement une destination qui vaut le coup, et même si c’est l’hiver et qu’il neige.
Allez hop en route, allons voir ce qu’il y a de chouette là-bas !

Vous voilà à l’aéroport de Prague – Václav Havel. Pour rejoindre Prague il y a évidemment une liaison en bus Airport Express, mais pour un peu moins cher, et aussi car ça allait dans notre direction, on préfère le bus 119. Au terminus du 119 il faut encore marcher 200m pour rejoindre la boucle du tram 20 et 26 à l’arrêt Divoka Sarka.

Et ici, vous pouvez déjà vivre quelque chose de sympa (si vous avez le temps, ce qui n’est pas forcément le cas si vous venez d’atterrir et que vous avez des bagages avec vous). En effet, Divoka Sarka, c’est le nom d’un parc naturel aux portes de Prague. Depuis l’arrêt de tram, en prenant le chemin qui descend derrière le Macdo vous arriverez au début d’une large boucle de randonnée qui passe à travers des gorges, forêts, lacs, collines, une piscine à ciel ouvert, etc … bref une excellente idée balade nature juste au terminus du tram 🙂

Bon allez, prenons donc notre tram 26 qui vient d’arriver et arrêtons nous à l’arrêt Letenské náměstí dans le quartier qui sera le point de départ de notre séjour et de cette découverte des différents quartiers de Prague.

Quartier Holesovice

On commence donc naturellement par le quartier de Holešovice qui occupe le nord de Prague. C’est une ancienne zone industrielle qui abrite maintenant quelques musées, des ambassades et le ministère de l’intérieur. Pour les musées, il y a le Palais Veletržní : un grand bâtiment construit dans les années 20 dans un style ultramoderne (pour l’époque) et qui abrite maintenant les collections contemporaines de la Galerie Nationale. Les 20 grandes toiles de l’Epopée Slave peintes par Alfons Muncha y sont exposées. Plus d’infos ici.
Dans un autre genre, il y a aussi le Musée Technique National ou le Musée National de l’Agriculture … il en faut pour tous les goûts 🙂 Encore plus au nord, il y a le Parc des Expositions datant de 1891 … mais il faut bien avouer que c’est assez excentré et que le quartier n’est pas folichon …

Revenons sur nos pas et allons au Letna Park. C’est un grand parc de 52ha situé sur un plateau en haut d’une colline qui domine la ville. Il a servi pendant longtemps comme lieu de manœuvres militaires. Maintenant c’est un parc avec des grandes allées rectilignes, l’endroit idéal pour faire du roller, du jogging, faire courir des chiens etc …

prague letna park

Mais par ce beau matin de janvier (glagla -15 au moins) il n’y avait vraiment personne 🙂

prague letna park

Et c’est surtout l’endroit idéal pour avoir un premier aperçu de la ville de Prague, en plein hiver, se réveillant doucement sous le soleil et dans la brume matinale. Franchement, je trouve que c’est vraiment le bon plan de venir ici rien que pour la vue ! 🙂

prague letna park

prague letna park

C’est aussi un bon plan pour les couchers de soleils et quand il fait beau, car il y a le Letná Zahradní (Letenské sady, 170 00 Praha 7), un grand beer garden avec une vue idéale! Mais pour nous c’est pas trop la saison, alors on se contente de découvrir des chouettes décorations glacées dans les arbres!

prague letna park décoration gel

Au Letna Park il ne faut pas louper LE monument (qui n’est pas si impressionnant vu de près), le Métronome. En 1955 se trouvait ici une grande statue de Staline mesurant 15m de haut, mais après sa mort (1953) la mode était plutôt à la « déstalinisation » dans le monde communiste et la statue fini par disparaître en 1962. En 1991 un grand métronome de 23m est installé et l’esplanade autour est la zone des skaters.

prague letna park metronome

En se promenant à l’ouest du parc on trouve un autre monument, c’est le Pavillon Hanavský.  Il a été construit en 1891 dans le Parc des Expositions (pavillon des aciéries Komárov), et il a tellement plut au public qu’il a ensuite été déplacé à son emplacement actuel. C’est le premier bâtiment à utiliser une armature en métallique à Prague. Maintenant il héberge un restaurant avec une vue formidaaaaaable (il parait) http://hanavsky-pavilon.cz/

prague letna park pavillon Hanavsky

Mais revenons au Métronome, d’ici c’est la descente grandiose vers la capitale 🙂 Au pied de la colline il faut emprunter le pont Svatopluk construit en 1908 dans le style art nouveau (et considéré comme le plus beau de la ville) pour traverser la Vltava, le fleuve qui coule à Prague.

prague pont svatopluk

Quartier Staré Město ou Vieille Ville de Prague

Sur l’autre rive de la Vlatva, c’est la vieille ville de Prague et on continue le chemin sur la rue de Paris « Pařížská », car lors du réaménagement du quartier au 19e siècle, cette rue aurait du être une grande avenue « à la parisienne » et elle reste néanmoins une des rues les plus luxueuse de Prague.
On pénètre ensuite dans l‘ancien quartier juif Josefov. Les premiers colons juifs s’installent à Prague dès le IXe siècle et peu à peu une petite ville autonome se forme. Mais les juifs de Prague n’ont pas le droit de construire en dehors de la zone qui leur est allouée et n’ont pas le droit d’utiliser d’autres cimetières. Ce qui donnera au cimetière son aspect aussi unique. Le ghetto juif subira au cour des siècles bien des évènements, et ce serait trop long d’essayer de le résumer ici. En tout cas, à l’image de la vieille ville, il a lui aussi été complètement réaménagé au 19e siècle, et du labyrinthe insalubre et surpeuplé de l’époque il ne reste plus que quelques synagogues, le cimetière et la mairie.

On découvre donc en premier cette étrange façade, c’est la Synagogue Vieille-Nouvelle. Elle date de 1270 et c’est la plus vieille synagogue d’Europe encore utilisée. Son nom peut paraitre bizarre … lors de sa construction, c’était la « nouvelle synagogue », et quand d’autres synagogues sont bâties plus tard, elle devient la « vieille nouvelle synagogue » http://www.synagogue.cz/fr/

prague synagogue vieille nouvelle

La légende dit que c’est dans la genizah de la synagogue (lieu où entrepose tous les documents où le nom de Dieu est inscrit car il est interdit de l’effacer ou de le jeter) que se trouverait le corps du Golem. Le golem serait une créature créée à base d’argile par le rabbin Loew au XVIe siècle dans le but de protéger la communauté juive des pogroms. Il lui a donné la vie en écrivant EMET (vérité) sur sont front et en mettant dans sa bouche un parchemin avec un des noms de Dieu. Pour l’arrêter il faut effacer la première lettre sur son front et on obtient MET (mort). La genizah est évidemment fermée au public.

Juste à côté se trouvent la synagogue Haute (XVIe siècle mais avec une façade du XIXe) et la synagogue Klaus (XVIIe siècle) un peu plus loin dans la rue et qui abrite un musée sur l’histoire juive à Prague (https://www.jewishmuseum.cz/en/info/visit/)

prague synagogue haute klaus

Il est possible de prendre un ticket pour visiter toutes les synagogues et le vieux cimetière juif. Manque de temps pour nous ce sera pour une autre fois …

En revenant sur la rue de Paris, on continue vers le sud, les grandes boutiques (Vuitton, Gucci, etc ….) s’alignent sur les trottoirs et on arrive enfin à la Place de la Vieille Ville.
Alors avant de se diriger tout droit vers la foule devant la grande tour, commencez par baissez la tête et regardez le sol de la place. Vous devriez trouver une longue bande métallique encastrée dans le sol, c’est le méridien de Prague et quelques mètres plus loin, il y a une plaque en marbre. C’est l’emplacement de l’ancienne colonne Marian. C’était une grande colonne surmontée d’une statue de la vierge Marie, érigée en 1652 pour fêter la résistance de la ville face à l’assaut des troupes suédoises en 1648 (et aussi un symbole du catholicisme triomphant sur le protestantisme). En 1918 lors de l’indépendance de la Tchécoslovaquie, la colonne est détruite pour montrer la fin de l’empire des Habsbourg. Et l’ombre de la colonne sur le méridien permettait de savoir qu’il était midi pile, voilà pour la petite histoire 🙂

prague place vieille ville
Allez maintenant un coup d’œil à la grande statue, c’est le mémorial Jan Hus, inauguré en 1915 pour célébrer les 500 ans du martyr de Jan Hus, brûlé vif en 1415, car il s’était opposé à l’église catholique en dénonçant la morale inexistante, les messes qui ne devraient pas être en latin, etc … le début du protestantisme. Le mémorial était aussi devenu un symbole de révolte face à l’empire des Habsbourg et plus tard face à la répression communiste. Bref, si vous êtes en révolte contre quelque chose, ce mémorial est pour vous!

Revenons donc à la grande tour qui trône au milieu de la place, c’est la grande Tour de l’hôtel de Ville. En fait l’ancien hôtel de ville, à l’origine, c’est la 2ème petite maison à gauche de la tour avec une façade colorée rose. Au fur à mesure que la ville s’enrichit, la mairie achète les maisons adjacentes et fait finalement construire cette grande tour de 69m de haut en 1364.

prague tour hotel ville

Au sol (sur le côté donnant vers la place) il y a 27 petites étoiles blanches qui représentent les 27 nobles tchèques qui ont été décapités publiquement sur cette place le 21 juin 1621. Suite à la tentative de rébellion des tchèques (majoritairement protestants) contre l’empire des Habsbourg (catholique) et la cuisante défaite à la bataille de la Montagne Blanche, l’empereur Ferdinand de Habsbourg décide donc d’écraser la noblesse tchèque pour éviter toute nouvelle tentative de révolte … maintenant il y a des petites étoiles au sol et pas un panneau pour rappeler ce qu’elles signifient.

Bon, comme vous avez bien révisé avant de venir à Prague, vous savez que la grande horloge astronomique est dans les parages, pas de soucis pour la trouver, il suffit de rejoindre la foule! Tout le monde se bouscule devant, c’est l’attraction de la ville! Si vous voulez un peu de calme allez y à n’importe quel moment mais pas au changement d’heure 🙂 Car à ce moment là, la foule est présente en nombre pour voir les statues de l’avare, du vaniteux, de la mort et du turc s’animer pendant que la clochette de la tour sonne. Puis les 2 petites fenêtres s’ouvrent et les statues des apôtres et du Christ passent voir la foule (et enfin on entend un petit coup de trompette venant du haut de la tour).

prague horloge astronomique

Le premier cercle en haut, c’est l’horloge astronomique. Elle aurait été construite par Nicolas de Kadau en 1410, puis remaniée par l’horloger Hanus de la Rose en 1490. Comme cette horloge faisait la fierté de Prague à travers l’Europe, la ville voulait à tout prix éviter que son chef d’œuvre soit reproduit ailleurs, alors la légende dit qu’une attaque est commanditée contre Hanus pour le rendre aveugle. Quand il découvre l’origine de l’agression il se rend en secret à l’horloge et arrache un mécanisme qui fait que l’horloge ne fonctionnera plus pendant de nombreuses années.
L’horloge a faillit disparaitre pour de bon en 1945 quand les nazis ont fuit la capitale et mis le feu à l’hôtel de ville. Le deuxième cercle en bas, est un calendrier réalisé en 1886 avec tous les jours de l’année.

Autour de la place, et un peu délaissées, on trouve aussi l’église St Nicolas (qui est parait-il un chef d’œuvre du baroque) et l’église de Notre-Dame du Týn qui est cachée derrière des maisons (il faut passer sous des arcades pour atteindre l’entrée) mais qui se repère de loin grâce à ses deux clochers de 80m de haut et qui domine la vieille ville.

Juste à côté de l’hôtel de ville se trouve la Maison à la Minute (Dům U Minuty), on ne peut pas la louper avec sa façade décorée de graffitis historiques 🙂 Elle a servi de pharmacie « à la minute » et Franz Kafka y a vécut de 1889 à 1896.

prague maison minute

Dans le quartier vous sentirez surement une odeur sucrée alléchante, c’est le trdelník, une sorte de gâteau cheminée. Cette même tapisserie s’appelle kürtős kalács en Hongrie, et cozonac secuiesc en Roumanie, et tout le monde en réclame la paternité 🙂 C’est une pâte sucrée enroulée d’une brochette en bois et grillé à la braise puis recouverte de sucre ou de ce que vous voulez, et ça peut être parfois très gras. Un gâteau à partager 😉
Allez pour le plaisir, une vidéo qui vous explique TOUT en détail, bon appétit!

En continuant la balade dans le quartier et en suivant la rue Železná on arrive devant le Théâtre des Arts. C’est à la demande de ce théâtre ouvert en 1783 que Mozart composera l’opéra Don Giovanni en 1787 qui remportera un immense succès et le compositeur séjournera régulièrement à Prague à la villa Bertramka (dans la banlieue ouest où se trouve un musée fermé et à l’abandon).

prague statue commendatore manteau conscience cloak

 

 

 

 

 

On y trouve d’ailleurs à l’angle de la rue une statue nommée « Il Commendatore » en hommage au Don Giovanni de Mozart (et qui est une des nombreuses versions du « Manteau de la conscience » de la sculptrice tchèque Anna Chromý).

 

 

 

On continue de flâner dans les petites rues, comme la rue Havelská qui longe l’église Saint Gall.

prague eglise saint-gall

Et on mange où dans le quartier ?
– Il y a le restaurant Mlejnice dans la minuscule ruelle Kožná 488/14 qui a retenu notre attention. Déco rustique mais chaleureuse, plats généreux bons et pas chers 🙂 Il y a visiblement un autre restaurant du même nom à une autre adresse (Žatecká 17) pas testé.(http://www.restaurace-mlejnice.cz/)

prague restaurant mlejnice
– Une autre très bonne adresse, un restaurant végétarien, le Lehka Hlava (Borsov 2/280) (http://www.lehkahlava.cz/en_home.htm). Je n’étais pas franchement emballé avant d’y aller, et en fait, excellente surprise, chouette déco et des choses vraiment pas mal dans l’assiette. Vaut le coup!

Pour quitter le quartier, on file à l’ouest, vers le pont Charles, le pont le plus célèbre de Prague qui sert de trait d’union avec le quartier de Mala Strana. Il mesure plus de 515m de long et a été construit de 1357 à 1380 sous le règne de Charles IV. Jusqu’en 1741 ce sera le seul pont sur la Vltava.

prague pont charles

A l’image du pont Saint Ange à Rome, entre 1683 et 1714, chaque pilier est surmonté d’une grande statue en lien avec l’histoire religieuse de la ville ou du pays. Et puis ça faisait tout de suite beaucoup plus classe! En plus de ça, à chaque extrémité, il y a une grande porte gothique. Un peu moins, classe mais diablement efficace, une des légendes autour du pont dit que dans le ciment utilisé pour le construire, on a rajouté des œufs et du vin, pour qu’il soit fort et costaud. En tout cas il est toujours là 🙂

prague pont charles

Une autre histoire sur le pont, c’est celle de Jean Népomucène. Bon déjà, il n’avait pas un nom facile à porter, mais ça n’a pas empêché ce fils de berger de Bohème de devenir chanoine de la grande Cathédrale Saint Guy de Prague, puis en 1393, vicaire général de l’archevêque, ce qui est plutôt pas mal déjà. Mais du coup Jean faisait tellement bien son boulot qu’il se retrouvait en conflit avec le roi Venceslas de Luxembourg (surnommé l’Ivrogne, c’est dire ce que l’histoire à retenu de ce roi qui a même était destitué par ses princes électeurs, un exploit ! Il ne faut surtout pas le confondre avec Venceslas 1er de Bohème, qui lui est juste le héros national !  mais revenons à nos moutons…). Il refusait que le roi mette à la tête d’une abbaye un homme de son choix sans passer par les élections, il faisait des leçons de moral à la cour, et il était le confesseur de la reine Jeanne (que le roi soupçonnait d’infidélités)…

prague pont charles nepomucene

La légende veut que le roi lui a ordonné de répéter ce que la reine a confessé. Il a refusé à plusieurs reprises et a fini emprisonné, torturé, brûlé, et jeté dans le fleuve depuis le pont! On ne saura jamais vraiment si c’était uniquement pour un problème de confessions intimes que Jean Népomucène est mort, mais la suite de la légende dit qu’à l’endroit où on a repêché son corps on a vu une couronne à 5 étoiles. Il est béatifié en 1721 et c’est le saint Tchèque le plus connu. Et au pied de sa statue au milieu du pont, il y a des plaques en bronze que tout le monde touche (des fois un peu au hasard 🙂 ) car il parait que ça porte  bonheur. Vu ce qu’il lui est arrivé, personnellement j’en doute un peu 😉

prague pont charles nepomucene

Sinon le pont Charles vous permettra de faire une chouette balade au milieu des touristes et des vendeurs de rue, mais ne boudez pas votre plaisir, ce pont et les points de vue qu’on y a font que la traversée est top, voilà tout 🙂

prague pont charles

Quartier Mala Strana ou Petit côté

Le quartier de Mala Strana, au pied du grand château de Prague est traditionnellement le quartier résidentiel de l’aristocratie. En 1541 un gigantesque incendie ravage tout le quartier (et une partie du château) et permettra pendant la reconstruction du quartier d’ouvrir de nouveaux espaces et embellir la ville.
Dans le prolongement du pont Charles, continuez tout droit et grimpez la rue car ici se trouve l’église la plus visitée de Prague, il s’agit de l’église Saint Nicolas. Son dôme et son clocher sont visibles sur pratiquement tous les points de vue de Prague 🙂

prague saint nicolas

Construite entre 1673 et 1752, elle est réputée pour être une des plus belles églises de style baroque d’Europe. L’entrée est payante mais vaut le coup car l’intérieur est vraiment riche en statues, peintures et dorures. Ah oui, même s’il fait moins 12°c et pas de chauffage, on enlève son bonnet! Brrrr 🙂 http://www.stnicholas.cz/en/

prague saint nicolas

prague hospudka obycejny bar

http://www.obycejnysvet.com/

Allez maintenant il est temps d’aller flaner dans les petites ruelles vers le sud, et à quelques minutes à pieds, se trouve une « curiosité touristique », le mur John Lennon ( Velkopřevorské náměstí ). Il faut savoir que c’est simplement le banal mur du jardin des Chevaliers de l’Ordre de Malte et que John Lennon n’a jamais mis les pieds à Prague.

prague mur lennon

En fait durant les heures sombres de la répression communiste en Tchécoslovaquie, John Lennon apparaissait en 1968 comme un symbole de liberté. Après son assassinat en décembre 1980, un premier dessin apparait sur le mur, puis rapidement d’autres portraits s’ajoutent le long du mur. Les étudiants s’en servaient à la fois pour rendre hommage à l’artiste et aussi pour protester contre le régime communiste et le manque de libertés. Le mur était régulièrement repeint par le pouvoir, et régulièrement recouvert de graffitis. Depuis la chute du mur de Berlin en 1989, cet endroit est principalement un lieu de recueillement lors d’un évènement tragique, il symbolise toujours un désir de paix, et devient aussi un point de rendez-vous pour les touristes …

Quelques mètres plus loin en descendant la rue vous passez un charmant petit pont (recouvert de « cadenas d’amoureux ») avec sa non moins charmante vieille roue à aube et son euh … personnage 🙂

prague roue aube

En 5 minutes à pieds en remontant le fleuve vous arrivez au Musée Kampa (U Sovových mlýnů 2), c’est un musée d’art moderne ( http://www.museumkampa.cz/en/ ). Si vous aimez le contemporain vous y trouverez votre bonheur.
Et sinon, juste à côté dans les jardins se trouvent quelques statues intéressantes :

La statue « World Harmony » représentant Sri Chinmoy, un célèbre artiste auteur penseur indien qui a toujours œuvré pour la paix dans le monde.

prague statue sri chinmoy

Les célèbres Miminka Babies (2001), d’énormes statues en bronze de bébés avec un code barre à la place du visage, œuvre du sculpteur David Cerny, qui a semé un peu partout dans Prague et tant mieux 🙂 (d’autres Miminka babies sont aussi accrochés  à la grande tour tv de Zizkov)

prague statue miminka babies cerny

Et les fameux pingouins jaune, toujours Cerny 🙂

prague pingouins jaunes

Après cette visite, on part dans la direction opposée, on suit le courant, et une dizaine de minutes plus tard, en suivant le fleuve, on arrive au Franz Kafka Museum (Cihelná 635/2b) qui expose de nombreux manuscrits de l’auteur tchèque (et pragois!). Si vous êtes fan de l’auteur et de son univers, allez-y, si non, vous risquez d’être un peu déçus ( http://www.kafkamuseum.cz/ )
Et dans tous les cas, dans la cour du musée, il y a une des installations les plus célèbres de Prague, toujours une réalisation de Cerny, les hommes qui pissent (sur la carte de la république Tchèque – 2004). Pour info, ils ne pissent pas au hasard mais écrivent les lettres des sms reçus au +420 724 370 770. Voilà, ça va tout à fait changer votre vie ! .. ou pas 🙂

prague cerny piss pipi statue

Enfin, avant de partir, rejoignez le petit embarcadère à quelques mètres de là. En fin d’après midi, c’est LE lieu de rendez vous de tous les canards et cygnes de Prague (et des mouettes) qui viennent tous se retrouver la pour taper la discut’, avaler les morceaux de pains que les gens leurs donnent, ou avaler tout cru un petit enfant qui se serait approché trop près du bord. Quelque soient vos motivations 😉 c’est un spectacle assez marrant à voir 🙂

prague canards cygnes

Il y a évidemment encore un tas de choses à voir dans le quartier et c’est vraiment agréable de s’y promener de jour comme de nuit 🙂

prague nuit

Quartier de Hradcany

Le quartier de Hradcany est situé sur une colline de Prague et c’est ici que se trouve le Château de Prague qu’on voit depuis pratiquement n’importe quel endroit. Allez hop en route pour ce fameux chateau! Il y a plusieurs façons pour y aller, moi je vous propose la montée par les escaliers (Staré zámecké schody) accessibles à quelques mètres de la station Malostranska.

prague escaliers chateau

Ces escaliers sont en fait un passage uniquement piéton (230m de long, 121 marches), rénové en 2009. Tout en haut vous croiserez très probablement un guitariste de rue à côté d’une statue (c’est la statue de Karel Hašler, un célèbre chansonnier tchèque) et enfin au sommet il y a une petite plate forme d’observation pour profiter d’un superbe point de vue sur Prague.

prague saint nicolas

On rentre ensuite dans le vaste complexe considéré comme un des plus grands châteaux du monde car il occupe une surface de 570 mètres de long sur 130 de large. Nous sommes devant la porte Orientale et la tour noire qui monte la garde. Cette tour avait un toit doré à l’origine mais lors du grand incendie de 1541 elle est rebaptisée tour noire et servira de prison.

Tout de suite à gauche se trouve le palais Lobkowicz, seul bâtiment privé dans l’enceinte du château et qui abrite la plus grande collection privée d’art du pays.
( http://www.lobkowicz.com/en/ )

prague statue youth burgrave

 

 

Tout de suite à droite se trouve la résidence du Burgrave Suprême. Ce titre parait un peu ridicule mais c’était la 2e personne la plus importante du pays après le roi. C’est le haut fonctionnaire qui gère la pays en l’absence du souverain. Et dans dans la cour de ce petit palais se trouve entre autre la Statue Youth où on voit que beaucoup de personnes lui ont touché le zizi 🙂

Le palais du Burgrave quant à lui sert maintenant de musée du jouet.

 

 

 

 

Plus loin sur la droite, c’est l’entrée de la Ruelle d’Or. Elle longe la muraille nord du château, et c’est une petite rue étroite avec des maisonnettes colorées et minuscules. La légende raconte que dans cette ruelle l’empereur Rodolphe II (qui était passionné par l’occultisme) avait autorisé des alchimistes à s’installer et pouvoir travailler ensemble pour trouver entre autre la pierre philosophale permettant de changer le plomb en or ou bien l’élixir de jeunesse éternelle.

prague ruelle or

La réalité est un peu moins funky, les petites maisonnettes servaient d’habitations aux archers qui gardaient la muraille, puis plus tard à des domestiques du château, ainsi qu’à quelques artistes en recherches d’inspirations (comme Franz Kafka qui a vécu brièvement au n°22 de la ruelle).
Conseil du jour : venez tôt le matin ! … sinon toutes ces visites risquent de ressembler à un parcours du combattant au milieu de la foule … bon après, à vous de voir hein 🙂

prague chateau armes torture

Depuis cette ruelle on peut aussi accéder à une longue galerie médiévale présentant une collection d’armes (plus ou moins) anciennes et des instruments de torture. Pas indispensable, mais bon comme vous êtes là, autant y faire un tour.

Ensuite vos pas vous mène tout naturellement à la Basilique St Georges. C’est la plus ancienne église de la ville, fondée en 925. La façade baroque date du XVIIe siècle. L’intérieur est plutôt sobre et austère.

prague chateau basilique st-georges

Mais quand vous êtes ici, vous ne voyez en général que ce qui est en face, tellement c’est grand! C’est la cathédrale St Guy de Prague. Sa construction aura duré presque 6 siècles! La première pierre est posée en 1344 et la cathédrale ne sera véritablement achevée qu’en 1929 !! A l’origine de sa construction, le roi Jean et son fils le futur roi Charles IV souhaitent une cathédrale à l’image de celles du nord de la France et ils font donc appel à un premier architecte français Mathieu d’Arras.

prague cathedrale st-guy

prague cathedrale st-guy

Les dimensions de la cathédrale sont comparables à Notre Dame de Paris, avec une longueur de 124 m, une largeur de 60m et la plus haute tour qui culmine à 92m.

prague cathedrale st-guy

prague cathedrale st-guy

prague cathedrale st-guy

Les vitraux sur la façade nord de la cathédrale sont réalisés par Alfons Muncha et son magnifiques 🙂

prague cathedrale st-guy vitraux muncha

Ce qui était absolument magnifique aussi, c’était les rayons de soleil colorés par les vitraux et visibles dans la cathédrale. C’était la première fois que j’en voyais d’aussi visibles et colorés! Photo réalisée sans trucage 🙂

prague cathedrale st-guy

Il y aussi le magnifique tombeau en argent de saint Jean Népomucène, vous savez, celui qui a été jeté dans le fleuve.

prague cathedrale st-guy

prague cathedrale st-guy

Il y a énormément de détails intéressants et la visite de cette cathédrale est franchement indispensable ! 🙂

La visite du vieux château est « sympa mais pas top » 🙂 En effet, une grande partie du château a été détruit pendant l’incendie de 1541, et du coup l’intérieur est un peu tristounet. Pas de grands tableaux de maitres et de tapisseries, très peu de mobilier, etc … Bon il y a tout de même la pièce hautement historique où en 1618 une délégation protestante venait se plaindre qu’on ne les autorisait pas à pratiquer leur religion comme le roi l’avait promis et ils furent jeté par la fenêtre! hop!
Une autre salle qui vaut le coup, c’est la Salle Vladislav avec ses nervures gothiques purement décoratives et magnifiques 🙂 (interdiction de prendre des photos)

prague chateau salle vladislav

Pour la fin de la visite, on sort par l’entrée principale à l’ouest du château 🙂

prague chateau entree

Ensuite je vous conseille de continuer votre balade quelques minutes à pieds plus loin en direction de la rue Nový Svět, qui est vraiment jolie calme et pleine de charme.

prague rue novy svet

Et n’hésitez pas à vous arrêter au Kavarna Novy Svet (Nový Svět 2).  C’est une super adresse discrète où se trouve un petit restaurant salon de thé super cosy et à l’ambiance vraiment super agréable. Une vraie bonne trouvaille 🙂

Ensuite, juste à côté, rendez vous pour la visite obligatoire à l’église Notre Dame de Lorette ( site officielLoretánské náměstí 7). Tout d’abord la façade et le clocher sont plutôt sympas à voir et si vous arrivez un dimanche à 15h ou 18h vous aurez la chance d’entendre un carillonneur faire chanter les 27 cloches de l’église. C’est la riche famille princière de bohème Lobkowicz qui est à l’origine de sa construction au XVIIe siècle.

prague notre dame lorette

En 1626, Benigna Catherine, baronne de Lobkowicz décide de créer un grand lieux de pélerinage à Prague. Alors ni une ni deux, une Santa Casa arrive miraculeusement! La Santa Casa, c’est le lieu idéalisé de la maison de la Sainte Famille à Nazareth. Bon ici il s’agit d’une copie et la véritable Santa Casa se trouve à Loreto en Italie. Et même si la légende dit que des anges l’ont miraculeusement transportée de Palestine en Italie en une nuit, la réalité ressemble d’avantage à l’achat et au transport par bateau jusqu’en Croatie d’une maison de Nazareth. Toujours est il que voila, une sainte maison à Prague (copie ou pas), ça attire le pélerin, mission réussie!

prague notre dame lorette

Parmis les autres trésors de l’église, on peut trouver un crucifié sacrément charcuté … une sainte barbue crucifiée, il s’agit de Sainte Starosta, princesse portugaise très croyante et qu’on devait marier à païen. Elle pria Dieu de l’enlaidir et hop une grosse barbe poussa! Le roi furieux la fit crucifier, sympa … Et enfin dans la galerie des trésors, le sublime ostensoir avec 6.222 diamants d’un coup, ça ne se voit pas tous les jours!

prague notre dame lorette

A quelques centaines de mètres de là, se trouve un autre lieu de culte, le célèbre monastère de Strahov ().( https://www.strahovskyklaster.cz/en/ )
Fondé en 1140 c’est un des plus anciens monastères du pays. Il abrite une bibliothèque très réputée et parait-il sublime!

prague monastere strahov

Mais pas de chance pour nous, ça ferme à 17h … on est en retard et on ne verra que le portail fermé 🙂

Allez, pour se remettre de cette déception, on se dirige juste en face, au Musée des miniatures 🙂 ( https://www.muzeumminiatur.cz/ ). Le musée, comme ses œuvres, est miniature et on passe la visite le nez collé à des loupes ou des microscopes pour admirer les trésors de patience qu’il a fallut pour sculpter des microscopiques réalisation. Sympa et pas cher, un bon moment à passer 🙂 (Strahovské nádvoří 11)

prague musee miniatures

Et la soirée n’est pas complètement perdue car même si le monastère était fermé, en face, sa brasserie était ouverte 🙂 ( http://www.klasterni-pivovar.cz/ )(Strahovské nádvoří 10)

prague brasserie strahov saint norbert
Et oui dans la grande et belle tradition monastique, nos chers moines de l’ordre de Saint Norbert brassent toujours de la bière, et on peut donc déguster une bière Saint Norbert à la brasserie Klasterni Pivovar. Restaurée en 2000, le cadre est vraiment agréable et on y a vécut une véritable soirée piège.

Car quand on commence à discuter avec nos sympathiques voisins de tables russes … il y a forcément plusieurs tournées qui s’enchainent … et quand un couple d’ukrainiens nous rejoint, c’est parti pour une soirée interminable à gouter toutes les bières, alcools forts et liqueurs de la carte …

Ahahah je vous raconte pas comment le retour en pleine nuit hivernale a été compliqué 🙂

 

Toujours dans le quartier, au sud, sur la colline, il y a le grand Parc de Petrin. La colline était autrefois recouverte de vignes, puis au XIXe siècle il devient un immense parc public avec des petites allées qui serpentent au milieu des vergers. Bon en plein hiver, ça a un peu moins de charme, et ça doit surement être top au printemps.

prague parc petrin

En plus d’être un grand poumon vert pour la capitale, le parc renferme quelques curiosités. Au sommet on peut voir par exemple la Tour de Petrin, qu’on surnomme la Tour Eiffel, car elle a été construite en 1891 (2 ans après la Tour Eiffel donc) pour l’Exposition Universelle de Prague. Elle mesure 60m de haut et on peut grimper au sommet pour profiter du panorama. A ses pieds se trouve une grande roseraie.

prague parc petrin

On trouve aussi un labyrinthe de miroirs (lui aussi datant de 1891) un peu désuet et en descendant le long des sentiers (glissants l’hiver) vous pouvez visiter la Magical Cavern, une « grotte » remplie d’œuvres artistiques.

Ah et si vous voulez rejoindre le sommet de la colline depuis le quartier de Mala Strana, il suffit de prendre le funiculaire 🙂

prague memorial victimes communisme

D’ailleurs à 300m du funiculaire (en bas de la colline), le long de l’avenue Újezd se trouve quelques statues assez glauques. Il s’agit du mémorial pour les victimes du communisme inauguré en 2002.

Au fur et à mesure qu’on grimpe les marches, le citoyen victime du communisme est de plus en plus mutilé jusqu’à disparaitre complètement.

Une bande en bronze rappelle les chiffres macabres de la répression communiste en Tchécoslovaquie jusqu’en 1989 : 205 486 condamnés, 248 exécutés, 327 tués à des postes frontaliers illégaux et 170 938 personnes émigrées.

 

Quartier Nové Město ou Nouvelle Ville de Prague

Le quartier Nove Mesto entoure le quartier de la vieille ville de Prague depuis plusieurs siècles, donc il faut un peu relativiser quand on parle de « nouvelle ville ». Disons qu’on sort des petites ruelles typiques pour retrouver un aspect ville moderne.

L’endroit le plus emblématique de ce quartier c’est la grande Place Venceslas. Elle s’appelait avant le Marché aux chevaux (Kǒnský trh) et date du moyen age. Elle ressemble maintenant à une grande avenue piétonne 750 m de long pour 60 m de large. Tout au bout on aperçoit le grand dôme du Musée National.

prague place venceslas

On reviendra plus tard sur cette place. Tout de suite sur votre gauche, il y a le passage Koruna (Václavské nám. 1), avec à l’intérieur un très beau dôme en verre de style Art Nouveau.

prague dome art nouveau

Mais surtout, je vous conseille de faire quelques dizaines de mètres sur votre gauche le long de l’avenue

prague hamleys jouets

Sur trois étages, vous avez des jouets pour petits et grands, des attractions, et même un toboggan pour redescendre au rez-de-chaussée. Réellement on y passe un très bon moment même si ça reste un magasin. Un must see to do cool 🙂
https://www.hamleys.cz/en/

Ensuite on prend à droite et on descend la rue Panská, et au croisement avec la rue

prague poste

Un grand bâtiment du XIXe, une immense verrière, des fresques sur les murs. Franchement, classe 🙂

On continue la balade en descendant la rue Politických vězňů. Il y a d’ailleurs ici un restaurant testé (et approuvé) sur lequel on est tombé un peu par hasard, le restaurant Ferdinanda (Politických vězňů 1597/19). Traditionnel tchèque, en sous sol, mais déco sympa et avec de l’humour, portions généreuses et pas cher. Validé 🙂
http://www.ferdinanda.eu/

Un peu plus loin on prend à droite sur la Washingtonova vers le grand Musée National. Au pied du bâtiment, au sol, il y a un mémorial très discret (sauf en janvier quand il y a toutes les gerbes de fleurs), une petite croix en béton. C’est ici que Jan Palach s’est immolé par le feu en 1969. Mais qui ça ? mais pourquoi ?

prague jan palach

C’est parti pour un rappel historique : après la seconde guerre mondiale, la Tchécoslovaquie tombe sous la domination de l’URSS et de Staline. C’est le Coup de Prague de 1948, quand suite à des manœuvres politiciennes, tous les postes clés du pays tombent aux mains des communistes soutenus par Moscou. Puis en 1960 le régime se durcit en même temps que la Guerre Froide prend de l’ampleur. Les opposants au régime communiste sont de plus en plus visibles et Brejnev en 1967 décide de remplacer le président Novotný qui n’arrive pas à tenir son peuple, par Dubček , l’un des hommes qui a permis le Coup de Prague. Mais en avril 1968, Dubček proclame l’avènement d’un « socialisme à visage humain » et permet un peu plus de liberté de la presse, de libéralisation de l’économie. Ça ne change pas grand chose pour la population, mais pour Moscou, c’est un très mauvais signe en pleine Guerre Froide, et en juin des troupes stationnent près de la frontière pendant que Moscou négocie avec Dubček pour qu’il retire ses réformes. Cette période de « changement » est connu comme le Printemps de Prague. Finalement au mois d’aout 1968, Brejnev décide de rappeler à la Tchécoslovaquie le principe de « souveraineté limitée » et l’URSS (avec l’appui symbolique de quelques autres pays du Pacte de Varsovie) envahie la Tchécoslovaquie ( 400 000 soldats, 6 300 chars des pays du Pacte de Varsovie, appuyés par 800 avions, 2 000 canons!). Prague tombe en quelques heures dans les mains des paras soviétiques. Dubček appelle le peuple à ne pas résister et il sera remplacé en 1969, et le processus de « normalisation » du pays commencera et il retombera entièrement sous contrôle soviétique.
En protestation à tous ces évènement, un jeune étudiant de 20 ans, Jan Palach, s’est immolé par le feu en janvier 1969. Un autre étudiant Jan Zajíc, fera la même chose un mois plus tard. Ce mémorial est en leur honneur.
Voilà, c’est la fin de ce rappel historique.

En relevant la tête, l’énorme batiment (sous les échafaudages à ce moment là), c’est le Musée National, aussi appelé Národní muzeum. Il est créé en 1848 et représente le symbole de la culture Tchèque. Il abrite aussi le Panthéon des grands hommes tchèques. Des travaux de rénovations sont en cours depuis 2011 … Réouverture prévue pour octobre 2018 …
http://www.nm.cz/

Juste devant se trouve la statue équestre de Saint Venceslas, réalisée en 1912. La précédente statue équestre qui datait de 1680 a été déplacé au chateau de Vyšehrad au sud de Prague. Cette statue de Venceslas Ier de Bohême est au cœur de toutes les manifestations qui peuvent avoir lieu sur la place (comme ce jour là).

prague statue venceslas

Juste à côté, il y a un endroit sympa pour boire un verre, c’est le Vytopna au Václavské nám. 802/56. C’est pas super bien indiqué, il faut monter à l’étage et après c’est marrant on se pose, on commande, et on attend que le train arrive. Et oui, les bières sont livrées par des petits trains électriques qui s’arrêtent devant les tables 🙂 Voilà c’est con mais c’est marrant. ( https://vytopna.cz )

prague bar biere trains

Le long de la place Place Venceslas on trouve pas mal de lieux intéressants, le Musée de la Guerre Froide par exemple (Václavské nám. 818/45) ou le Grand Hotel Europa, un des plus beaux hôtels de la ville..

prague europa

En remontant la place, prenez à gauche sur la rue Štěpánská, et rentrez dans le Palac Lucerna. ( http://www.lucerna.cz/en/ ). C’est une galerie couverte, un centre commercial, salle de spectacles, etc … et dans la galerie vous pouvez voir une autre œuvre de Cerny, le Cheval (Kůň – 1999). C’est la version parodique de la statue équestre qu’on a vu juste avant 🙂

prague statue kun cheval cerny

Prague comporte de nombreuses galeries et passages couverts. Une quarantaines sont construits entre 1907 et 1938, et il était même possible de traverser toute la ville en les empruntant. Depuis, de nombreux passages ont été fermés, mais il est toujours possible d’en visiter des sympas. Comme par exemple le passage Světozor. Il faut rejoindre l’entrée du cinéma Steozor (

prague tesla

En réalité il s’agit d’une publicité pour la compagnie TESLA. Cette société fondée en 1921 sous le nom Elektra est rebaptisée TESLA en 1946 en hommage à Nikola Tesla (qui a étudié un semestre à Prague) et aussi pour (« TEchnika SLAboproudá » qui veut dire « low-voltage technology »). La société Tesla produira presque tout ce qui est électronique en Tchécoslovaquie dans les années 80. Bref, cette jolie publicité n’a absolument rien à voir avec Nikola Tesla 🙂
Juste derrière cette pub, on débouche dans le caché et très agréable jardin des Franciscains (Františkánská zahrada). Un petit havre de paix dans un quartier ultra touristique 🙂
(et il y a des toilettes publiques .. au cas où 😉 )

A la sortie du jardin, il y a cette grande statue de Josef Jungmann. Son nom nous est complètement inconnu. C’est un puriste de la langue tchèque, en 1839 il sort l’énorme Dictionnaire tchéco-allemand (en 5 volumes). Il créée des cercles de pensée regroupant des intellectuels de l’époque pour chasser la langue allemande de plus en plus utilisée dans le pays.

prague statue josef jungman

C’est en partie grâce à lui que la langue tchèque imprononçable est toujours là aujourd’hui. Et juste derrière, l’immeuble de la Deusche Bank, la lutte continue! 🙂

Juste en face, il y a le Palais Adria, avec son architecture très particulière, on dirait un château avec ses créneaux. C’est du « rondocubisme« . Le mouvement cubisme à la sauce tchèque des années 20. A l’étage il y a la galerie des critiques, où des « critiques » d’art contemporain organise régulièrement des expositions.

prague palace adria

A un pâté de maison de là, se trouve une monumentale sculpture de la tête de Franz Kafka , c’est encore une fois une réalisation de David Cerny. 10m de haut, 45 tonnes, et 42 strates mobiles qui régulièrement décompose totalement la tête de l’écrivain le plus célèbre de Prague pour finalement la recomposer ensuite.

prague tete franz kafka

A ce propos, je trouve intéressant de revenir sur le début de la célébrité de David Cerny 🙂 En 1991, il est encore étudiant de l’École des arts appliqués de Prague. A cette époque il y a à Prague un ancien char russe JS-2, surnommé Char Staline, qui symbolise la libération de la ville des troupes nazis par les troupes russes. Avec un pote, le 21 avril1991, ils repeignent le char en rose. C’est le scandale dans le pays, et officiellement la Russie exige que le char soit repeint dans sa couleur d’origine. David Cerny est envoyé en prison. Pendant sa détention, des députés Tchèques profitent de leur immunité parlementaire pour peindre à nouveau le char en rose. David est libéré de prison, le char est repeint en kaki et placé sous bonne garde au Musée de l’Armée, et Prague possède son artiste subversif 🙂

Il y a encore d’autres œuvres de Cerny à dénicher dans les ruelles de Prague. Parmi elles
– L’homme suspendu (1996) : il s’agit de Sigmund Freud (mais beaucoup de personnes y voit Lénine) contemplant sa propre chute (à l’angle des rues Skořepka et Husova,)
– Embryo, à l’angle de la rue Anenské náměstí 5 : une espèce de gouttière en train d’enfanter on ne sait quelle monstruosité

prague rues art

(la femme blanche assise sur le mur n’a rien à voir, mais je trouvais cette statue cool 🙂 )

 

En se rapprochant du fleuve on découvre le Théâtre National (), construit en 1881 (puis ré ouvert en 1883 après un incendie vécu comme une catastrophe nationale).

prague theatre national

La photo suivante, c’est l’immeuble d’après, et c’est simplement que le logo m’a fait penser au Daily Planet, le journal où travaille Superman … bon en fait rien à voir, c’est le Goethe-Institut de Prague (organisation à but non lucratif pour la promotion de la langue allemande)

prague goethe institut

Juste en face, en empruntant un petit pont, on arrive sur l’Île des Slaves (Slovanský ostrov). L’ile est aménagé avec un joli parc et au milieu se dresse le Palais Zofin.
(http://www.zofin.cz/en/) Construit en 1837 en hommage à l’archiduchesse Sophie de Bavière (mère de l’empereur
François Joseph Ier), c’est LE lieu de la culture mondaine à Prague à la fin du XIXe siècle.

prague pont legion

prague ile slaves statue sophie

prague ile slaves

En poussant encore un peu plus loin le long du fleuve, il y a la célèbre Maison Dansante (Tančící dům – Rašínovo nábřeží 80). Construit en 1996 à la demande Václav Havel pour être le premier bâtiment construit après la révolution de velours, pour marquer le côté festif des pragois et la fin de l’ère communiste.

prague maison dansante

Ici depuis le pont Jiráskův most on a vue sur un des déversoirs du fleuve, la colline Petrin et la château de Prague tout au fond.

 

prague deversoir fleuve

Allez, une dernière petite curiosité pour la route, prenez le métro à la station Náměstí Míru (quartier Vinohrady, à côté de l’Église Sainte Ludmila), il y a l’escalator le plus grand d’Europe! 87m et 333 marches 🙂

prague escalator metro

Et si ça vous tente, vous pouvez aller voir la Tour de télévision de Prague, dans le quartier de Žižkov. Construite entre 1985 et 1992. Elle fait 216m de haut et un restaurant panoramique est situé à 63m et une salle d’observation à 100m. Cette tour est plutôt mal aimé par les Pragois.

prague tour television

Séjour réalisé en Janvier 2017

Jour 14 – Hanoi

Jour 14 – Hanoï

C’est notre dernier jour à Hanoï, notre dernier jour au Vietnam. Aujourd’hui on décide de prendre notre temps et de ne pas courir partout comme d’habitude. Notre vol est dans la soirée et il nous reste encore un peu de temps devant nous. Allez on retourne dans les rues de Hanoï. On en profite pour faire quelques petites emplettes (café et cafetière vietnamienne, on est devenu fans). On est aussi toujours surpris par ces mélanges improbables qu’on peut voir dans les rues. Cet arbre immense par exemple 🙂

vietnam hanoi rue arbre

On décide d’aller visiter le Musée des beaux-arts du Vietnam (). Il se trouve juste en face du Temple de la Littérature qu’on avait déjà visité. Le bâtiment est un ancien collège construit par les français pendant l’occupation. Le musée a été inauguré en 1963 et il est ouvert tous les jours sauf le lundi.
Plus d’infos sur le site officiel

vietnam hanoi musee beaux arts

Les collections sont réparties sur 3 étages et 4700m². A vrai dire je ne savais pas trop à quoi m’attendre comme musée. Je pensais un peu venir ici juste pour passer le temps, et en fait, j’ai beaucoup aimé 🙂 (et en plus c’est très calme, il n’y a quasiment personne et pas un bruit!)

vietnam hanoi musee beaux arts

Même si de nombreuses statues sont des copies, il y a vraiment des époques et des styles complètement différents. Esthétiquement, il y des œuvres vraiment belles 🙂

vietnam hanoi musee beaux arts

vietnam hanoi musee beaux arts

vietnam hanoi musee beaux arts

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vietnam hanoi musee beaux arts

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La collection des bouddhas anciens, des statues en bois, peintes et recouvertes de bronze, du XVIIIe siècle est vraiment chouette. Celui là, c’était mon préféré 🙂

vietnam hanoi musee beaux arts

vietnam hanoi musee beaux arts

vietnam hanoi musee beaux arts

Bref vous l’aurez compris ce musée vaut le coup 🙂

Deux rues plus loin, on va dans un autre musée : le Musée d’histoire militaire du Vietnam (28A, rue Diên Biên Phu). Il est créé en 1956. A l’entrée il faut laisser les sacs dans un petit casier, et on nous demande aussi notre nationalité (pour les statistiques j’imagine). Sachant un peu ce qu’on va voir à l’intérieur, on a envie de répondre « on est belges » ou « on est canadiens ». C’est vrai quoi, tout le monde les aime bien 🙂 Mais bon on fini par dire « we are french ». Après tout je me dis que quand on est américain ça doit faire bizarre aussi … enfin si on est américain et qu’on s’intéresse un tout petit peu à l’histoire et aux malheurs des gens.
Dès qu’on passe l’entrée, on tombe face à la Tour du Drapeau. C’est un des derniers vestiges de la citadelle impériale construite à partir de 1805 par l’empereur Gia Long. Rappelez vous, quand la France occupe la ville, en 1885, la citadelle est détruite! Cette tour elle, est épargnée. Les militaires français l’utiliseront comme poste d’observation. Elle date de 1812 et mesure 60 m de haut. Le jour de la libération de Hanoï, le 10 octobre 1954, le drapeau rouge avec l’étoile d’or est hissé au sommet et cette tour du drapeau reste toujours un symbole de fierté pour les vietnamiens.

vietnam hanoi tour drapeau

Ensuite c’est le grand déballage ! Il y a ce Mig 21 d’origine Russe et piloté par les vietnamiens pendant la Guerre du Vietnam. Les 14 petites étoiles rouges sur la carlingue représentent les 14 avions américains abattus par ce Mig 21.

vietnam hanoi musee histoire militaire

vietnam hanoi musee histoire militaire

vietnam hanoi musee histoire militaire

vietnam hanoi musee histoire militaire

Un des clous du spectacle si j’ose dire, ce sont les restes d’un énorme bombardier américain, un B52 abattu pendant la guerre du Vietnam.

vietnam hanoi musee histoire militaire

Le musée (en plus de la partie à ciel ouvert à l’extérieur) se divise en 6 zones, « les mères héroïques vietnamiennes, une nation héroïque, l’armée populaire héroïque du Vietnam, les traditions de l’armée populaire du Vietnam, les armes et la fabrication d’armes, le soutien de la communauté internationale au Vietnam pendant la guerre et les relations entre l’armée populaire vietnamienne et celle d’autres pays ». L’accent est principalement mis sur la guerre d’indépendance contre la France et les USA.

On découvre les armes artisanales fabriquées par les vietnamiens, des récits de sacrifices, et c’est très touchant. A côté de ça, il y a les nombreuses « reliques » du genre « ce pistolet volé à un officier français a permis de tuer 6 envahisseurs français ». La fierté patriotique est clairement mise en avant. Il y a une salle avec un presque son-et-lumière autour d’une grande maquette décrivant la défaite de l’armée française à la célèbre bataille de Dien Bien Phu. C’est multi-lingues mais on a eu droit à la version en viet car des écoliers étaient présents à ce moment là. On découvre aussi (ou redécouvre) les victoires militaires vietnamiennes contre les envahisseurs chinois et mongols il y a 1000 ans, ainsi que la guerre contre le Cambodge qui a mis fin au régime de Pol Pot. Il y a aussi une salle consacrée à l’agent Orange utilisé par les américains et qui continue de faire des ravages encore aujourd’hui.
Enfin la pièce maîtresse, c’est le char 843. Une relique historique. C’est un des 2 chars d’assauts qui ont défoncés les grilles du palais de l’indépendance lors de la bataille de Saïgon le 30 avril 1975. Dans la foulée, le drapeau vietnamien sera hissé sur le palais et ce sera la fin de 30 années de conflits.

vietnam hanoi musee histoire militaire

Pendant l’offensive éclair sur Saïgon, les deux chars perdent les communications radios et sont perdus. Des habitants leurs indiquent la direction du palais, ils filent droit dessus, défoncent les grilles, dressent le drapeau et capturent le président sud vietnamien Duong Van Minh. Il y d’ailleurs une petite bataille historique pour savoir lequel des 2 chars est vraiment rentré le premier. Il y a le char 390 (un T59 chinois) et le char 843 (un T54 russe). D’après le témoignage de l’équipage et cette célèbre photo prise par la française Françoise Demulder, ce serait bien le 390 qui serait rentré le premier.

vietnam tank 843 390

Il y a une autre énigme à propos de ces chars … je ne comprends pas comment le char 843 peut être à la fois au

  • Musée d’histoire militaire du Vietnam de Hanoï (28A, rue Diên Biên Phu) comme on vient de le voir
  • Devant le Palais de l’Indépendance à Hô-Chi-Minh-Ville

vietnam tank 843

vietnam tank 843

Je crois qu’à Hô-Chi-Minh-Ville il s’agit de répliques et que celui du Musée des forces armées à déménagé au Musée d’histoire militaire. Mais ce n’est pas clair et j’aimerais bien avoir le fin mot de cette histoire ! 🙂

Et c’est sur cette énigme que s’achève notre séjour au Vietnam. Retour à Paris avec Thaï Airways. Ces 2 semaines ont été très intenses et très riches et on rentre avec plein de souvenirs dans la tête (plus une espèce de grosse pneumonie pour moi haha) et il reste tout le sud du pays à découvrir, et tellement de régions où on aurait aimé pouvoir y rester plus longtemps. A bientôt ! 🙂

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Jour 13 – Bac Ha – Hanoi

Jour 13 – Bac Ha – Hanoï

Dernier jour à Bac Ha. On est lundi, la fièvre du marché dominical est passée, alors on prend notre temps ce matin, no stress 🙂 Un petit café vietnamien en terrasse au soleil, en regardant les gens vivre tranquillement. C’est ça aussi les vacances! Mais j’avoue qu’à un moment ça me démange, j’ai les fourmis dans les jambes, et si on bougeait hein ? bon allez hop en route ! 🙂
Hier on était parti se promener au nord ouest de Bac Ha, cette fois on part vers le sud ouest. Dès le matin la chaleur est bien pesante … mais c’est pas grave, on marche dans un chouette décor, des rizières, de la verdure, des fleurs. Y a vraiment pas de quoi se plaindre 🙂

vietnam bac ha randonnee

vietnam bac ha randonnee

Durant cette balade on est parti sans réelle indication, avec un plan GPS et ça suffit. J’ai quand même réussi à me tromper de chemin à un moment. On a fini au milieu d’un petit hameau de baraques en tôles rafistolées avec quelques planches. Les gens qui vivent là préparaient un repas en découpant des canards et en buvant pas mal d’alcool directement à des petites bonbonnes. On a fait demi-tour car on était franchement pas à notre place et il y avait trop d’alcool et de machettes à mon gout 😉

vietnam bac ha randonnee

On retrouve notre chemin qui serpente au milieu des rizières et après il se met carrément à grimper la montagne en zigzague. Il n’y a toujours pas d’ombres pour s’abriter et le soleil cogne dur, pensez à bien vous couvrir. Mes coups de soleil de la veille sont encore là pour me le rappeler. Enfin le chemin atteint le sommet! et en plein milieu sur notre route, trois buffles sont sur le passage et sans personne pour les surveiller. Ils étaient visiblement en pleine séance de thalassothérapie, façon bain de boue. A les entendre beugler à notre approche, en soufflant fort et avec les oreilles qui battent l’air, je crois qu’ils voulaient nous dire qu’ils n’aimaient pas trop être dérangé … Ca a beau avoir l’air placide et tout, un buffle c’est quand même costaud, ça a des grosses cornes, et ça doit surement manger un ou deux touristes par mois!

vietnam bac ha randonnee

vietnam bac ha randonnee

Sur l’autre versant de la montagne, une nouvelle vallée s’offre à nous, avec des nouveaux sommets à découvrir. On continue de marcher, encore et encore 🙂 On est en vu du lac du barrage de Coc Ly .. et mine de rien on vient de faire 9 km de marche … et il faut refaire la même chose dans le sens inverse, et reprendre pas mal de dénivelé au passage. Dur!

vietnam bac ha randonnee

Heureusement il y a quand même des paysages qui méritent tous ces efforts 🙂

vietnam bac ha randonnee

Suite à cette photo, on revient avec une certaine appréhension à la fameuse « crête des buffles ». Soulagement, ils ne sont plus là. Et alors qu’on fait les fiers, on entend un gros souffle mais on ne voit rien. En se penchant au bord du chemin, on voit un buffle en train de gravir la pente dans les broussailles et en nous ayant visiblement pris pour cible, ça se voit dans ses yeux! On ne reste pas trop longtemps pour vérifier ses intentions belliqueuses, on lui laisse sa crête boueuse et on entame notre descente vers Bac Ha.

vietnam bac ha randonnee

De retour au Ngan Nga Bac Ha Hotel on prend le temps de se reposer et flâner à nouveau autour du lac de Bac Ha. Via l’hôtel on a réservé nos billets pour le bus de nuit qui part de Bac Ha à 21 h et arrive le lendemain matin à Hanoï vers 5 h (pas de véritables couchettes mais des sièges allongés).

L’arrivée à Hanoï se fait un peu la tête dans le *bip*. On a l’impression d’avoir à peine dormi dans le bus (de temps en temps on est réveillé par des coups de volants brusques ou des klaxons .. et on n’ose même pas essayer de deviner la raison, sinon c’est sûr on ne pourra pas se rendormir). On est à la gare routière de My Dinh. Elle est située à environ 9 km du vieux centre de Hanoï, et la gare est moche. Il fait encore nuit. On rencontre par hasard un couple de français en train de faire un tour du monde. On discute une dizaine de minutes et on est constamment harcelés par des chauffeurs de taxis qui nous proposent tous leurs services (enfin on suppose que c’est ça). On se dit au revoir et maintenant il est temps de retrouver notre hôtel à Hanoï. Comme on n’a pas vraiment le choix, on prend un taxi, le premier garé dans la longue file d’attente. Des dizaines de chauffeurs sont là, alors qu’il n’est que 5h du matin. Je relativise mon manque de sommeil, car eux, je me demande bien comment ils font …  On donne au taxi l’adresse de l’hôtel (Indochina queen hotel, 67 Thuoc Bac), et on sent que ça va être compliqué … J’ai franchement l’impression qu’il n’a rien compris du tout, mais il est déjà en route. Sur son tableau de bord, il a un GPS … éteint. J’essaie de lui demander s’il peut l’allumer car au bout d’un moment je vois qu’on fait un gros détour (je check la position sur le GPS de mon téléphone). Il me fait signe que non et s’agace. Et moi aussi je m’agace car c’est pas la bonne direction! Après je suis peut être fatigué et je connais ni la circulation ni les raccourcis pour rouler à Hanoï, mais j’aime pas trop être pris pour un con. Le ton monte assez vite. A l’arraché j’arrive à le faire dévier de sa route et lui demande d’aller au Lac Hoan Kiem, il connait? ça au moins ? Et dès que je vois sur le gps qu’on est à proximité je le fais s’arrêter, on descend. Le chauffeur me montre ses dents en faisant « gniiiiiiiii » je suis stressé, « ouais bin je suis pas le seul! » grrrrrr. Bref, je chasse vite cet épisode bien agaçant de ma tête et on repart à pieds vers l’hôtel. Environ 2 km à parcourir et j’ai vraiment pas envie de reprendre un taxi!

Le soleil est encore loin de se lever, mais il y a déjà beaucoup de monde dehors, et beaucoup de personnes qui font leurs exercices de gymnastique au bord du lac. Je me dis qu’ils ont bien raison, car il fait frais à cette heure là et surtout il n’y a pas trop de circulation et donc pas trop de pollution … c’est presque un miracle à Hanoï!

Vers l’hôtel j’ai vu cette chaîne accrochée aux rétroviseurs d’une voiture et à un arbre. Un drôle d’antivol qui m’a bien fait rire 🙂
L’Indochina Queen Hotel venait à peine d’ouvrir ses portes quand on arrive. Un veilleur de nuit dort à l’accueil à côté de son scooter. On attend un peu, et le personnel arrive. Ils sont toujours aussi cools et sympas et compatissent pour notre histoire de mauvais taxi. On file dans la chambre et hop, on retourne faire une petite sieste 🙂

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Jour 7 – Hue

Jour 7 – Hue

La nuit passée dans le train entre Hanoï et Hue n’est pas de tout repos. Ça secoue, la banquette n’est pas très grande et ça ronfle (bon sur ce dernier point, je fais sans doute parti des coupables haha). Le paysage est plongé dans la grisaille matinale, on marche dans les couloirs pour passer le temps, ah, et les toilettes sont bouchées … il reste encore plusieurs heures de trajet.

vietnam train hanoi hue

Après 13 heures de train et pas loin de 700 km parcourus, nous avons traversé la moitié du Vietnam du Nord au Sud et nous voilà arrivés à la gare de Hue. Il fait soleil et nettement plus chaud. On rejoint ensuite notre logement. On a choisi la Canh Tien Guesthouse (9/66 Le Loi). On vous conseille vivement cet hébergement : c’est le meilleur qu’on a eu durant ce voyage au Vietnam.  Déjà c’est calme, la petite ruelle finit en cul de sac, il n’y a pas de circulation. On entend juste le chant des oiseaux 🙂 Les chambres sont impeccables, spacieuses, climatisées, et il y a un balcon. L’accueil est parfait, on a l’impression de venir loger chez une famille, et le personnel est francophone et souriant. Et c’est pas cher! Que du bon! 🙂
http://canhtienhotel.chez-alice.fr/index.html (le site web n’est pas au top)

Après une bonne petite douche, on part à la recherche d’un endroit où manger et on choisit La Carambole (19 Pham Ngu Lao). C’est un resto franco-vietnamien avec une chouette terrasse. Ce n’est pas le meilleur repas du voyage et le mélange plats occidentaux – plats vietnamiens n’est pas incroyable. En fait ça donne un peu l’impression que tout tend vers un gout le plus acceptable pour tous et du coup, ça a pas vraiment de gout. Bon en tout cas c’était l’occasion de boire un peu de vin français haha 🙂
Maintenant que mon estomac franchouillard est bien plein, hop en route à la découverte de Hue!

L’histoire de Hue n’est pas évidente à résumer en quelques lignes. En gros, à partir du XVIe siècle, c’est la « capitale » du sud du pays, qui est dominé par les Nguyen. En 1802 la dynastie des prend fin et les Nguyen s’emparent du pouvoir. Le nord et le sud est unifié et le pays devient le Vietnam. A ce moment, la nouvelle dynastie impériale des Nguyen fondée par Gia Long (avec l’aide des français) décide de déplacer la capitale. Désormais ce n’est plus Hanoï, et ainsi Hue devient la nouvelle capitale impériale. Tout au long du XIXe siècle, la nouvelle capitale s’embellit, un grand palais est construit, et Hue devient une ville de prestige en particulier dans le domaine des arts et de la gastronomie. Hélas les empereurs suivants, Minh Mang et Tu Duc, sont profondément anti occidentaux, et ils lanceront des persécutions sur les chrétiens, isoleront le Vietnam et donneront un prétexte à la France pour intervenir militairement et coloniser le pays. En 1885 les français capturent la cité et une grande partie de la ville est détruite. La citadelle perd des palais et des bibliothèques sont brûlées. En 1945 et 1947, Hue est endommagée par les troupes japonaises et les combats qui suivent lors de la reconquête Viet Minh. Ensuite pendant la guerre du Vietnam, Hue se retrouve sur la ligne de démarcation, la fameuse DMZ du 17e parallèle séparant le Nord Vietnam et le Sud Vietnam et qui se fait régulièrement bombarder. Enfin lors de la fameuse offensive du Têt en mars 1968, il y a des affrontements terribles qui font des milliers de morts dans la ville. Autant dire que cette ville a un passé très mouvementé. Maintenant Hué vit du tourisme et on a parfois tendance à oublier tout cet héritage …

On part à pied en direction de la ville impériale. On emprunte le pont Cầu Phú Xuân qui enjambe la Rivière des Cinq Parfums qui traverse la ville. Ce fleuve porte ce nom car en automne les nombreuses feuilles d’arbres fruitiers qui poussent en amont tombent dans le fleuve et embaument la ville d’un délicat parfum. Pour l’instant nous, le seul parfum qu’on sent, c’est le délicat fumet des grillades de trottoirs et la douce odeur des pots d’échappement des milliers de mobylettes et de scooters le long des avenues 🙂 La ville impériale, c’est en réalité trois enceintes concentriques : la ville impériale, la cité royale et la cité pourpre interdite. Il ne reste plus qu’une vingtaine de bâtiments à l’intérieur sur plus de 150 à l’origine.

Le premier monument qu’on voit, et qu’on ne peut pas louper, tellement on ne voit que lui, c’est la Tour du Drapeau de Hue, Ky Dai (aussi surnommée « Cavalier du roi »). Il est situé sur la grande place, face à l’entrée principale de la citadelle impériale. La tour est construite en 1809. Il y a 3 étages en pyramide atteignant 17 m de hauteur et au sommet, un grand mât d’une hauteur de 37 m est dressé. Le drapeau vietnamien flotte fièrement ici depuis 1968, à 54 m de hauteur.

vietnam hue ky dai

En face se trouve la Porte du Midi (Ngo Môn), qui est aussi la porte principale pour rentrer dans la cité royale. Au dessus de cette porte, sur l’esplanade, a été construit un palais. La porte du midi est en fait composée de 5 passages. Celui du milieu est réservé à l’empereur, les passages adjacents aux mandarins, et les deux passages aux extrémités sont pour les soldats. C’est à cette porte que Bao Dai, le dernier empereur abdiquera en 1945 devant les Viet Minh.

vietnam hue cite imperiale porte midi

C’est aussi par ce passage qu’on paye notre entrée et qu’on pénètre dans la cité royale. Juste après le passage, on emprunte le pont de la voie centrale, qui passe entre deux grands bassins.

vietnam hue cite imperiale porte midi

On arrive sur l’esplanade du grand salut. C’est l’endroit idéal choisi par les étudiantes de Hue pour être prises en photos 🙂

vietnam hue cite imperiale

Le tout se fait sous la garde de plusieurs dragons.

vietnam hue cite imperiale lion

vietnam hue cite imperiale toit dragon

Ensuite on peut découvrir le palais de l’Harmonie Suprême où se déroulaient les grands cérémonies.

vietnam hue cite imperiale

vietnam hue cite imperiale

J’ai bien aimé cette vieille photo d’une troupe de théâtre vietnamien qui avait l’air bien fun 🙂

vietnam hue cite imperiale

On peut visiter les ruines du Palais Can Canh, dont les galeries latérales laquées de rouge ont été reconstruites.

vietnam hue cite imperiale

vietnam hue cite imperiale

La bibliothèque royale (Thai Binh Lau) est quasiment l’unique bâtiment qui a survécu sans dommages à près de deux siècles de conflits.

vietnam hue cite imperiale

vietnam hue cite imperiale

vietnam hue cite imperiale

vietnam hue cite imperiale

Le petit lac à côté de ce pavillon dédié à la lecture est vraiment reposant en fin d’après-midi et apporte un peu de fraîcheur bienvenue 🙂 Ca devait être sympa de vivre ici.

vietnam hue cite imperiale

vietnam hue cite imperiale

Au milieu d’une bande d’herbes sauvages, on trouve un grand dragon doré. A cet emplacement se trouvait le palais Kien Trung, la résidence des derniers empereurs. Le palais est détruit par les Viet Minh en 1947.

vietnam hue cite imperiale

vietnam hue cite imperiale

Le site est assez vaste, on regrette presque de ne pas avoir loué de petite voiturette électrique pour le parcourir! (je rigole pas, c’est possible de le faire) 🙂

vietnam hue cite imperiale

vietnam hue cite imperiale

Le site classé au patrimoine de l’Unesco est constamment en cours de restauration. Certaines parties sont recouvertes de jolies peintures toutes fraîches et d’autres attendent toujours leurs premiers coups de pinceau.

vietnam hue cite imperiale

vietnam hue cite imperiale

La cour du temple du Culte, le temple Thê. Cet endroit était dédié au culte de la dynastie Nguyen.

vietnam hue cite imperiale

Les 9 grandes urnes dynastiques qu’on trouve ici représentent les 9 premiers empereurs Nguyen. Chaque urne en bronze mesure plus de 2 m de haut et pèse plus de 2 tonnes.

vietnam hue cite imperiale

vietnam hue cite imperiale

En sortant de notre lonnnnngue balade dans la cité impériale, vers l’est, on tombe sur ce déballage d’engins militaires. Il s’agit du Musée Militaire de Hue.

vietnam hue musee guerre

vietnam hue musee guerre

vietnam hue musee guerre

En rentrant vers notre quartier, on fait une halte au Parc du 3 février, le long de la rivière des parfums. Ce parc est sympa car il est bien ombragé, il y a de la verdure, il est (presque) propre, et c’est l’ambiance détente en fin de journée avec les jeunes qui viennent s’y retrouver. En plus il y a plein de statues et d’œuvres d’art modernes. Moi perso, j’ai aimé ce groupe de quatre petits E.T. essayant de téléphoner maison 🙂

vietnam hue

De retour dans notre quartier on fait le tour des ruelles pour goûter l’ambiance. Beaucoup de restaurants et de bars, quelques grands hôtels, pas mal de touristes aussi, et c’est aussi la première fois que je verrais des prostituées et quelqu’un venir nous pour proposer de la drogue. Mais à part ça, rien à signaler, c’est même plutôt agréable. On fini par se poser au Why Not Bar (). Car après tout, why not hein ? Et après quelques verres on décide qu’on est bien ici, même si c’est clairement un bar à destination des étrangers, mais il a l’avantage de fermer tard, et on grignotera un petit repas tout simple avant de retrouver notre super hôtel, la Canh Tien Guesthouse.

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Jour 6 – Baie d’Halong (suite)

Jour 6 – Baie d’Halong (suite)

Petit réveil en douceur au milieu de la Baie d’Halong sur notre petite jonque privée. On se sent un brin privilégiés 🙂 J’ai connu pire comme décor un matin pour siroter un petit café. En même temps, j’essaie d’expliquer à nos deux membres d’équipage vietnamiens que pendant la nuit on a vu du plancton lumineux autour de la jonque et que c’était magnifique et tout et tout … mais sans traducteur je ne m’en sort pas …

vietnam baie halong

Allez en route, cap vers des petites maisons flottantes. C’est un site d’élevage de poissons. Là encore, je trouve ça incroyable de pouvoir vivre ici, ça parait tellement éloigné de tout et j’essaie de m’imaginer le quotidien. Je me demande si les enfants ici apprennent à faire du vélo, si tout le monde sait nager, si toutes les ordures finissent dans l’eau autour, s’ils déplacent de temps en temps leurs maisons, s’il y a des tempêtes … et là je sens une nouvelle fois la limite de notre formule. Sans guide francophone avec nous, on n’apprend pas grand chose.

vietnam baie halong

vietnam baie halong

On verra quelques poissons dans les différentes nacelles, et on peut même faire une petite séance de pêche improvisée par un trou creusé dans le plancher de la maison. Les gens sont sympas, mais on ne comprend rien. Je rajoute une petite photo de méduse car il y en a partout partout partout. Il parait qu’elles sont régulièrement pêchées en masse et exportées vers la Chine voisine car ils aiment bien en manger. Je me demande bien ce que ça peut donner … en tout cas, depuis qu’on est dans la baie, on en voit tout le temps et ça nous a calmé sur l’envie de baignade.

vietnam baie halong

Notre jonque presque jumelle nous rejoint et on fait ainsi la connaissance d’une famille de canadiens vivant à Hong Kong et en vacances au Vietnam. C’est juste à côté pour eux, c’est presque une destination de week-end. Les chiens continuent de vadrouiller avec agilité sur les petites planches en bois, alors que nous,on se sent tellement maladroit. On avance tout crispés et pas rassurés car c’est franchement pas large! Après, je me suis souvenu du cadavre de chien flottant dans la baie et je me dis qu’eux aussi peuvent tomber parfois. La pollution et la qualité de l’eau dans la baie est semble-t-il un problème de plus en plus préoccupant, en tout cas c’est parfois très visible et ça gâche un peu l’effet carte postale de ce site magnifique.

vietnam baie halong

On quitte nos nouvelles connaissances et on repart en croisière dans la baie.

vietnam baie halong

Au dessus de cette plage, sur la falaise, je vois un énorme singe végétal en train d’escalader la paroi. Limite je me demande si un jardinier alpiniste ne s’amuse pas à le tailler pour avoir cette forme. Et comme j’ai l’impression d’être le seul à le voir, c’est peut être que j’ai un peu trop abusé de l’alcool de riz la veille au soir.

vietnam baie halong

D’ailleurs en parlant de singe, une de nos dernières escales se fera sur Monkey Island. Une petite ile de la baie qui comme son nom l’indique est peuplée de singes. Hop on prend le kayak, on arrive sur la plage, il n’y a personne. Et on a vraiment de la chance car là aussi c’est sensé être un « gros » spot touristique. Visiblement bon timing pour nous, on est là avant l’arrivée des gros bateaux de touristes! Du coup on rencontre nos premiers singes. On récupère quelques morceaux de fruits et on fait comme nous indique un vietnamien sur place : nourrir d’abord le gros singe et ensuite donner à manger à un singe plus petit. Si on ne respecte pas la hiérarchie, ils se foutent sur la tronche.

vietnam baie halong

vietnam baie halong

Faites gaffe à vos affaire, les singes peuvent se montrer très chapardeurs voir même agressifs. Mais si on a l’œil partout ça se passe plutôt bien. Il y a possibilité de partir sur les hauteurs de l’île, il faut faire un peu de grimpette. Attention si vous êtes en tongs, il y a des passages franchement pas évident et le sommet de l’île est très escarpé. En tout cas, vous avez une chouette vue une fois là haut.

vietnam baie halong

Le long de la plage on tombe sur des méduses échouées, et certaines sont assez balaises et doivent bien peser plusieurs kilos, beurk.

vietnam baie halong

De retour aux kayaks, on est toujours tous seuls! le paradis 🙂 on se prélasse tranquillement sur la plage, on n’a plus rien à donner aux singes, ils nous laissent tranquille.

vietnam baie halong

Un peu plus tard on rigole bien en voyant un petit groupe de touristes asiatiques débarquer et commencer à sortir les perches à selfies en s’approchant d’un groupe de singes. Le résultat ne se fait pas trop attendre, les singes s’accrochent à la perche, tirent des cheveux, grimpent sur le dos et fouillent dans les sacs et s’enfuient avec leur butin de choco-pie 🙂

vietnam baie halong

Allez, on retourne à a jonque et notre petite croisière se termine peu après. On arrive en vue du terminal de Bến Bèo de Cat Ba, là où on avait embarqué la veille. On dit au revoir à notre équipage et ils sont en plein nettoyage. Des nouvelles provisions sont chargées et sur le quai on voit les prochains voyageurs qui vont prendre notre place immédiatement après notre départ. Pas de temps perdu!

Ensuite c’est le retour vers Hai Phong toujours avec l’hydroglisseur. Tout se passe bien … jusqu’à ce qu’une odeur de brûlé commence à se faire sentir. Le bateau ralentit et finit par s’arrêter, on est en panne! Les quelques touristes présents à bord plaisantent, les passagers vietnamiens semblent agacés ou impassibles, on se dit que ça ne doit pas être trop grave et que ça doit arriver de temps en temps. On en profite pour regarder par les hublots. Tiens tiens, il y a des bouées alignées au milieu de la mer, ah ça doit être pour les gros cargos et les porte containers, pour leur indiquer le chenal à suivre jusqu’au port de Hai Phong. Justement on en voit un qui approche au loin. Ah mais dis donc, on dirait bien qu’on est en plein dans le passage! L’énorme cargo se rapproche de plus en plus, tout le monde regarde, il va passer à quelques dizaines de mètres de nous, wouaaaaah. Mais moi je commence déjà à m’accrocher, car les gens ont juste oublié les vagues dans son sillage! Et là, on a vraiment faillit chavirer, les valises tombent des portes bagages, des gens tombent de leurs sièges, plus personne ne rigole. Et une fois que les vagues se calment un peu, on aperçoit un autre énorme cargo qui vient vers nous et là on commence à s’inquiéter … un peu. Au bout du troisième passage de cargo, un petit navire de pécheur arrive à notre secours et nous tracte en dehors du chenal. Ouf on ne finira pas au fond de la baie de Halong, c’est déjà ça! Mais on ne repart toujours pas. On finit par comprendre que notre navire est complètement HS et qu’un speedboat est en route. Au bout d’un délai interminable, il arrive et s’amarre à notre épave, on saute d’un bateau à l’autre, on aide à déplacer les bagages. Tout va bien personne n’est tombé à l’eau. Et ensuite direction Hai Phong et à notre arrivée, on a bien perdu 2 bonnes heures dans cette galère.
On pousse un gros ouf de soulagement quand on voit que le chauffeur de l’agence est toujours là à nous attendre. Ensuite c’est le retour vers la capitale, et on espère qu’on arrivera à l’heure pour notre train de nuit entre Hanoï et Hué. On arrive 40 minutes avant le départ. On a le temps de récupérer un petit truc à manger, on trouve notre train (je m’attendais un peu au chaos dans la gare et en fait non, le personnel était souriant et nous a bien indiqué le bon train et le wagon à prendre). On découvre notre compartiment couchettes (au format « petit gabarit) et c’est parti pour 12 heures de train!

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Jour 4 – Tam Coc – Hanoï

Jour 4 – Tam Coc – Hanoï

Ce matin au programme c’est promenade en barque. C’est l’attraction phare ici pour profiter au mieux de la Baie d’Halong terrestre, alors on va faire comme tout le monde. Hop on enfourche nos vélos et on pédale tranquillement vers le petit village de Tam Coc. Il est assez tôt quand on arrive et il n’y a pas trop de monde. Les premiers bus qui déversent les flots de touristes ne sont pas encore arrivés. Ensuite on le sait, on était prévenu, c’est un peu l’usine à touristes. Très rapidement donc, on nous dirige vers le petit guichet, hop un ticket pour la visite du site et une barque pour deux personnes, 270.000 vnd. A l’embarcadère, une gentille dame souriante accroupie dans une barque se lève et se dirige vers nous. On sourie aussi, on avance et bim! coup de sifflet, elle se fait engueuler par le type qui gère l’embarquement. Du coup il nous pousse vers une autre barque où un vieux monsieur fume une clope et nous fait monter à bord d’un air blasé. Bon c’est l’armée ici, ça rigole pas. On n’aura pas de « famuse rameuse tellement typique », boah pas grave, hop en route! euh … hop en barque!

vietnam tam coc barques

Donc la particularité de la balade en barque ici, c’est la façon de ramer. Les rameuses (ou notre rameur en l’occurrence) utilisent leurs pieds pour ramer, soit les pagaies en alternance, soit les pagaies en même temps. Ça a l’air super naturel et super simple, ça donne envie d’essayer pour voir, mais on n’a pas le droit car ça rigole toujours pas. Peut-être que si j’avais su le dire en vietnamien j’aurai pu essayer et faire le malin, mais non, snif tristesse …
Notre barque à fond plat avance lentement le long de la rivière, entourée des fameux pains karstiques de la région et qui lui donne ce surnom de Baie d’Halong terrestre. D’ailleurs au sommet de l’un deux, on reconnait le dragon et la pagode qu’on a visité la veille 🙂 Si vous ne l’avez pas encore fait, allez y, c’est Hang Mua.

vietnam tam coc barques

On arrive ensuite face à une falaise et on s’engouffre en suivant la rivière dans une longue grotte (127m de long). Pas de chauve-souris ni d’hirondelles accrochées au plafond.

vietnam tam coc barques

En sortant de la grotte sur la droite, j’aperçois ce qui semble être une entrée de tunnel, et je me demande s’il ne s’agit pas de l’extrémité du tunnel de Hang Mua … je ne sais pas …

vietnam tam coc barques

Les barques se suivent à la queue-leu-leu, et j’ose même pas imaginer ce que ça doit donner à l’heure de pointe. Ça permet au moins de faire des belles photos bien clichées 😉

vietnam tam coc barques

On aperçoit à nouveau les petites chèvres du coin, perchées sur les falaises. On espère pour elles qu’elles ne finiront pas trop vite sur les barbecues du village ou dans les ventres des affamés. Je les montre du doigt au rameur, il nous répond quelque chose mais on ne comprend rien. Je dis bêtement « miam miam » en me frottant le ventre et il hoche la tête pour confirmer en disant « miam miam ». L’estomac, ce langage universel.

vietnam tam coc barques

Une nouvelle grotte, et à chaque fois je me demande si on ne va pas se racler le crâne contre le plafond rocheux.

vietnam tam coc barques

vietnam tam coc barques

A ce moment là, j’ai croisé les doigts très forts pour ne pas voir le rameur montrer le chat du doigt et dire « miam miam »! 🙂

vietnam tam coc barques

Après une dernière traversée de grotte, on arrive au bout du parcours. C’est à cet endroit que notre barque fera demi-tour. Et c’est aussi à ce moment là que le piège se referme sur vous! Mouahaha! Des hordes de barques s’approchent et des dizaines de petites dames vous tendent un tas de choses à acheter. On le savait, ça fait partie du tour, on n’était pas surpris. On nous avait dit que la petite nappe brodée en dentelle était un classique, et je m’étais déjà préparé mentalement à l’acheter de (presque) bon cœur … et il n’y en avait pas une seule! A la place on a acheté des fruits à grignoter pour nous et notre rameur, et deux petites tortues articulées. Franchement, ça ne coûte pas grand chose, et ça permet aux familles du village de gagner un peu d’argent grâce aux touristes. Ça fait partie du jeu, il faut le prendre avec le sourire.

vietnam tam coc barques

Sur d’autres barques l’ambiance à l’air un peu moins zen au retour, ça débat autour du « guet-apens » touristique qu’on vient de vivre. Nous, on mâchonne nos morceaux de cannes à sucres et on cherche à voir d’autres animaux que les chèvre mais rien hélas snif snif.

vietnam tam coc barques

vietnam tam coc barques

Sur le chemin du retour, notre rameur nous montre du doigt un sommet rocheux et part dans une longue tirade où je ne comprends absolument rien. Je prends en photo, je zoome, je lui montre et il m’indique le petit truc au milieu, et il se remet à parler. Je crois donc que ce truc au sommet est sensé ressembler à quelqu’un mais je n’en sais pas plus. Et c’est dans ces moments là que ne pas pouvoir échanger un mot est vraiment frustrant et qu’on regrette de ne pas avoir d’interprète …

vietnam tam coc barques

vietnam tam coc

Nous voilà enfin revenu à bon port, on laisse un petit pourboire à notre rameur, 50.000 vnd, c’est la norme. Il vient quand même de ramer pendant un peu plus de 2 heures, et sur le prix de la traversée il ne touchera qu’une toute petite somme car c’est une société qui gère les barques et qui reverse l’argent au compte goutte. Il empoche le billet, pas un sourire, pas un mot, et hop il retourne fumer une clope en attendant le prochain duo qu’on lui demandera d’aller promener 🙂

On retrouve nos vélos et on reste quelques minutes à regarder les groupes de plus en plus nombreux rejoindre l’embarcadère et ça devient vraiment l’enfer ici, alors vite hop en route! On décide de faire le petit tour du plan d’eau de Tam Coc.

vietnam tam coc

Il y a plein de petites villas et de petits bungalows autour, mais tout a l’air en travaux ou abandonné. C’est assez étrange, j’imagine que ça a du changer depuis, car il y a vraiment du potentiel 🙂

vietnam tam coc

vietnam tam coc

Bon allez ça suffit pour Tam Coc, on décide d’aller faire un tour à l’autre embarcadère, celui de Trang An, pour voir si tout le mal qu’on en dit est bien mérité. On traverse la campagne à vélo sur 8 ou 9 km, avec la faune locale.

vietnam tam coc

L’arrivée à l’embarcadère de Trang An confirme bien qu’il ne faut pas aller la-bas ! Au bord de la grande route il y a un énorme parking qui accueille des dizaines et des dizaines d’énormes cars et de minibus. Tous ces touristes traversent ensuite un « pittoresque » pont en béton pour rejoindre les non moins pittoresques pagodes ancestrales en béton armé et pour faire la queue.  En file indienne à l’embarcadère, il faut attendre son tour, pour qu’une rameuse vous embarque au son d’un mégaphone qui dicte des ordres. Des centaines de barques et de rameuses attendent. Autant je pensais que l’embarcadère de Tam Coc pouvait faire usine à touristes, autant celui là, c’est l’enfer à touristes!

vietnam trang an

Et ce n’est pas une charmante petite barque pour deux personnes ici, c’est la grosse barcasse qui ne part que si elle est pleine. Bref bon courage si vous y allez. Ce site est clairement taillé pour le tourisme de masse.

vietnam trang an

Sans trop de regrets on quitte le lieu et on continue de se balader tranquillement en vélo dans les rizières. On part au hasard à la découverte des premiers chemins qu’on rencontre (pour parfois finir dans des culs de sac et complètement embourbés ahah). Se balader à vélo autour de Tam Coc, c’est vraiment un bon plan 🙂

vietnam tam coc

vietnam tam coc

vietnam tam coc

On rentre de notre ballade, on rend nos vélos Chez Loan. Avant de partir, dans la matinée, on avait indiqué à Loan qu’on souhaitait rentrer à Hanoï dans l’après midi mais qu’on n’avait rien planifié. A notre retour, elle nous indique qu’un minibus d’une agence qui retourne justement à Hanoï fera une halte devant l’hôtel pour nous récupérer. Il faudra juste s’incruster dans un autre groupe. No problem 🙂 (80.000 vnd pour le trajet, ça va). A l’heure dite, un mini bus avec un petit groupe d’américains s’arrête. Ils ne comprennent pas trop pourquoi on monte dans le bus. Alors qu’ils nous regardent avec des gros yeux et que le minibus redémarre, on se dit qu’on a vraiment passé un bon séjour à Tam Coc 🙂

Mais tout n’est pas que carte postale autour de Tam Coc, il suffit juste de porter son regard vers le sud avant de partir et on voit le revers de la médaille : des hôtels, des barres d’immeubles en constructions, des grandes usines de ciments qui grignotent le paysage. C’est aussi ça le « développement » et ça doit être difficile de persuader la population locale de rester « pittoresque » et vivre du tourisme et de l’écologie alors qu’il est si facile d’avoir plus d’argent et de pouvoir acheter des choses comme tous les touristes qui ont la chance de pouvoir venir ici.

vietnam tam coc usine ciment

Sur la route, c’est toujours autant le chaos avec la circulation et je crois qu’il vaut mieux ne pas regarder ce qui se passe devant et se contenter de lire un bouquin ou essayer de dormir. En tout cas ça a tellement stressé nos compagnons de voyage qu’il y en a un qui a fait arrêter le minibus pour crier au chauffeur « we don’t want to die! ». Mais comme le chauffeur ne comprenait rien, ça ne servait pas à grand chose. En tout cas je confirme que la route au Vietnam ça peut très très vite être très stressant et flippant quand des camions à contre sens vous frôlent en klaxonnant et que juste après une moto taxi manque de s’encastrer dans le mini bus et se renverse sur la route …

De retour à Hanoï, le minibus dépose tout le monde devant l’hôtel des américains et nous continuons à pieds vers notre quartier qu’on commence à connaitre presque par cœur et c’est presque sans consulter le plan qu’on retrouve le chemin de notre hôtel Prince II.
Ensuite on part à la recherche du restaurant Cha Ca La Vong (). Ce plat est une spécialité qui n’est franchement pas évidente à apprécier : du poisson mariné, frit dans un plat posé sur un réchaud qu’on accompagne de vermicelle et de plantes aromatiques. Et très rapidement on trouve qu’il y a « un gout bizarre ». C’est l’essence de ca cuong, une espèce de jus extrait d’un cafard des rizières. C’est assez rare et cher et c’est généralement de l’essence de synthèse qui est utilisée. Dans tous les cas, le gout peut paraître assez désagréable. En tout cas c’est une expérience à tenter! (et si vous êtes écœuré, vengez vous et faites goûter du roquefort à un vietnamien 😉 )

On ne se couche pas trop tard car demain matin, un chauffeur viendra nous chercher très tôt devant l’hôtel pour partir à la baie d’Halong, c’est l’excursion qu’on a réservé avec Oriental Bridge Travel.

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Jour 2 – Hanoï

Jour 2 – Hanoï

Difficile de faire une grasse matinée à Hanoï.  Même si la chambre de l’hôtel PrinceII est bien isolée du bruit, on ne peut pas échapper aux hauts parleurs publics qui se mettent à vociférer à plein volume dès 5h le matin! C’est dans les années 60 que les rues du Vietnam se remplissent de hauts parleur au sommet des poteaux. Ils servent à donner des informations locales, annoncer les dernières décisions gouvernementales, diffuser de la musique traditionnelle, inciter les gens à faire des exercices pour se maintenir en forme et raconter l’histoire du pays. Au passage ils servent aussi à diffuser la propagande gouvernementale.

vietnam hanoi haut parleur

Toujours est-il que ce réseau de haut-parleurs publics fait partie de l’histoire du Vietnam mais il dérange de plus en plus les vietnamiens. Dans un pays où la radio, la télé, et internet sont maintenant facilement accessibles, qui a encore besoin d’entendre les hauts parleurs cracher des infos en face de sa fenêtre ? Le débat est toujours d’actualité, et début 2017, Hanoï a faillit arrêter le réseau suite à une consultation publique, où globalement, la population disait qu’elle ne l’écoutait plus et que c’était inutile. Mais les services d’information et de communication de la capitale ont confirmés que le service des hauts parleurs publics continuera, mais que leur nombre sera « peut être » un peu réduit.

La météo n’est pas au top aujourd’hui, petite pluie dehors … tant pis, allez hop en route pour notre deuxième journée dans les ruelles de Hanoï! On traverse quelques ruelles en direction du lac Hoan Kiem. Si Paris a sa tour Eiffel, Hanoï a son lac. Il a une superficie de 12 ha et une profondeur moyenne de 1,2 m. Ses berges sont boisées et la ville en prend grand soin car c’est un des joyaux de la capitale.

vietnam hanoi ngoc son

Son nom veut dire « lac de l’épée restituée ». Drôle de nom ? En fait ça remonte au XVe siècle. A cette époque, les chinois de la dynastie Ming envahissent le nord du pays et le roi Le Loi les affronte. Au cours d’un déplacement près du lac, un de ses amis pêcheurs lui montre une barre de fer qu’il a attrapé dans son filet. Dans les mains du roi, la barre de fer se met à briller, et une fois bien nettoyée on se rend compte qu’il s’agit d’une épée! Cette épée magique l’aide à gagner la guerre et à repousser les envahisseurs chinois. En 1428, alors qu’il est de retour dans la région et traverse le lac en barque, une grande tortue dorée s’approche de la barque et lui demande de lui rendre l’épée qui lui a été prêtée par le Roi-Dragon. Le Loi accepte et lui rend l’épée et la tortue disparaît sous l’eau. L‘épée est restituée et le lac baptisé.

vietnam hanoi ngoc son

Au milieu du lac se trouve l’îlot de Jade. On y accède par un petit pont en bois rouge laqué, Thê Húc. Sur place se trouve le temple Ngoc Son. Il est dédié à l’empereur Van Xuong, au Dieu taoïste de la Littérature et à Tran Hung Dao, un des héros nationaux du Vietnam.

vietnam hanoi ngoc son

Il y a un petit terre plein en pierres avec une petite tour au sommet, c’est la tour du Pinceau. Ce monument est érigé en l’honneur des soldats morts lors d’une bataille au XVIIIe siècle.

vietnam hanoi ngoc son

vietnam hanoi ngoc son

Dans le temple, il y a la preuve que la légende est peut être bien réelle. Il y a la dépouille empaillée d’une tortue géante accidentellement tuée par un pécheur dans le lac en 1967. Elle appartient à l’espèce Rafetus Leloii ou Rafetus Swinhoei (bataille d’experts à ce sujet) et elle peut vivre plus de 100 ans. Malheureusement la dernière tortue géante du lac (1,2 mètre pour 160 kg), appelée Cu Rua a été retrouvée morte sur les berges en février 2016 … Il ne resterait plus que 3 autres spécimens de cette espèce de tortues dans le monde, et pour l’instant aucune reproduction n’a été possible …

vietnam hanoi ngoc son tortue

En longeant le lac sur la rive Est, on passe devant la grande statue de Ly Thai To. Né en l’an 974, il a été élevé dans la tradition bouddhique et a gravi tous les échelons du gouvernement royal de l’époque, celui de Lê Ngọa Triều, qui était un empereur tyrannique et cruel. A sa mort en 1009, Ly Thai To est propulsé au pouvoir est créé la légendaire dynastie des Lý. En 1010, il transfère la capitale à Thăng Long (l’ancien nom de Hanoï).

vietnam hanoi ly thai to

On continue un peu plus loin pour aller au Musée des Femmes du Vietnam (36 Lý Thường Kiệt, Hàng Bài). Il est inauguré en 1995 à l’initiative de l’Union des Femmes Vietnamiennes (UFV). Il rappelle le rôle important que joue la femme dans l’histoire du pays. On retrouve de nombreux habits traditionnels et pleins d’anecdotes intéressantes. On découvre aussi que les femmes au Vietnam ont grandement participé aux différentes guerre. Un musée réellement intéressant 🙂
Plus d’infos sur le site officiel.

vietnam hanoi musee femmes

Juste à côté se trouve le bureau de Oriental Bridge Travel, alors on en profite. On avait prévu d’aller dans les montagnes au nord du pays dans les jours qui suivent mais comme la météo la bas est pire qu’ici, on décide de reporter ce déplacement de quelques jours. Ca bouscule un peu nos plans mais pas de panique, c’est assez facile d’improviser ici. Le Vietnam mise vraiment sur le tourisme et des agences proposant une foule de services sont à chaque coin de rue. Evidemment, il faut faire le tri, car beaucoup ne sont pas très sérieuses. Nous on a bien checké et on vient donc ici pour réserver une croisière en jonque privée dans la Baie de Halong. On y reviendra dans quelques jours et dans un autre article 🙂

Il est temps de manger, alors allons rendre visite à Madame Duck 🙂 Bon en fait elle ne s’appelle pas comme ça mais on l’avait repérée dans un passage de Gordon Ramsay à Hanoï, et comme justement on y est …

Le restaurant en question, c’est le Khoa Ngan Restaurant (). On n’a pas vu madame duck, mais on a mangé du canard et d’autres choses non identifiées et c’était très bon. On était tranquillement posés à l’étage, à côté d’une tablée de militaires gradées qui essayaient de nous expliquer les plats et on hochait poliment la tête comme si on comprenait tout, alors qu’on ne comprenait absolument pas un mot 🙂 Une bonne adresse validée 🙂
http://www.khoanganxuavanay.com/

L’estomac bien rempli, on repart dans les rues, direction l’ouest de la ville, et c’est chouette, il s’arrête enfin de pleuvoir. On arrive au Temple de la Littérature de Hanoï. Il est aussi appelé sanctuaire du Prince propagateur des Lettres. Il est fondé en 1070 par le troisième empereur de la dynastie Lý (un successeur de Ly Thai To si vous avez bien suivi).  De 1076 à 1915 c’est ici que se fera l’enseignement pour les enfants de l’aristocratie vietnamienne et ici que seront formés les futurs hauts fonctionnaires de la nation. L’enseignement suit les règles de Confucius. Et c’est toujours ici que les étudiants viennent fêter leurs diplômes 🙂

vietnam hanoi temple litterature

Le temple est composé de 5 cours intérieurs séparées par des murs, dans un axe nord-sud.

vietnam hanoi temple litterature

vietnam hanoi temple litterature

Dans la troisième cour, on trouve le Lac de la clarté céleste.

vietnam hanoi temple litterature

Le pavillon de la Constellation des Lettres est le symbole de la ville de Hanoï.

vietnam hanoi temple litterature

Sous des abris, autour du « lac » on trouve 82 grandes stèles de pierres (sur 117 à l’origine), portées par des tortues (toutes différentes). Les tortues sont ici symboles de patience, humilité et longévité. Les stèles affichent le nom des 1307 diplômés du concours de l’université qui a eu lieu tous les 3 ans entre 1481 et 1779. Quand un élève était lauréat du grand concours (dissertation  philosophique, écriture d’une ordonnance royale, étude de texte de Confucius) il recevait de grands honneurs et l’empereur lui offrait entre autre un cheval pour que l’étudiant puisse faire un retour triomphal dans son village 🙂 La grande classe à l’époque!

vietnam hanoi temple litterature

Ces stèles sont inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco en 2010.

vietnam hanoi temple litterature

Vue de la quatrième cour et du pavillon de cérémonie. C’est véritablement ici que se trouve le temple de Confucius. Le lieu était tellement sacré que même l’empereur n’avait pas le droit d’y entrer.

vietnam hanoi temple litterature

Depuis ça a pas mal changé et tout le monde peut y aller, alors on en profite. A l’intérieur, on découvre des grandes grues perchées sur des tortues, et qui gardent l’entrée du temple au niveau du premier autel.

vietnam hanoi temple litterature

vietnam hanoi temple litterature

Dans le sanctuaire on trouve une statue de Confucius entouré de ses disciples. Sur les autels il y a de nombreuses offrandes.

vietnam hanoi temple litterature

Et c’est là qu’on découvre que Confucius, et bin il aime bien les Choco-Pie ! 🙂
On a gouté (pas le paquet dans le temple hein!), et bien Confucius c’est peut être un des plus grands philosophes, mais en gâteau il n’y connait pas grand chose, ils sont pas très bons 😉

vietnam hanoi temple litterature

Enfin, pour montrer une nouvelle fois l’importance de cette animal,sous verre, il y a une tortue en céramique recouverte d’or.

vietnam hanoi temple litterature

Au sud du temple se trouve un petit lac assez curieux, le lac Gò Kim Châu. Cerné par les immeubles il est tout circulaire avec un petit ilot au milieu qu’on peut rejoindre avec un passeur. C’est tout calme, les gens pêchent et discutent tranquillement. Un petit havre de paix 🙂

vietnam hanoi go kim chau

On continue de flaner tranquillement dans les rues, en traversant les carrefours tout naturellement sans plus faire attention à la circulation. On se prend un café vietnamien. C’est une révélation! 🙂 Déjà il faut savoir que le café a été introduit au Vietnam la première fois par les français dans les années 1800. Très rapidement la population a adopté cette boisson et par dessus le marché, la culture des caféiers s’est facilement implantée dans le pays. De nos jours le Vietnam est le deuxième pays producteur mondial de café juste derrière le Brésil, et le premier producteur de Robusta.
Boire un café au Vietnam vous ramènera quasiment toujours au nom de Trung Nguyên qui est le plus grand groupe commercial de café du pays. Pour boire le café à la vietnamienne, c’est simple. Un peu de lait concentré au fond d’un verre. Poser une petite tasse en inox sur le verre. Y verser quelques cuillères de café, rajouter un petit filtre en métal par dessus et remplir d’eau frémissante. Recouvrir d’un couvercle et attendre une ou deux minutes. Ensuite on utilise le couvercle pour déposer la tasse en inox et on déguste. C’est tellement simple et pratique, et en plus ça fait un café vraiment bon (on peut se passer du lait concentré). C’est simple, on a acheté plusieurs « cafetières » (prenez en inox, pas en aluminium!) et c’est comme ça qu’on fait notre café tous les jours et c’est loin d’être du jus de chaussette. Le café à la vietnamienne, l’essayer c’est l’adopter 🙂
Au passage vous gouterez peut-être au kopi luwak, le café le plus cher du monde. Il est fait à partir de grains de café récupéré sur les déjections (et oui!) de la civette, un animal qui ressemble à la mangouste, et qui en consomme beaucoup sans réellement les digérer. Le gout est unique à ce qu’il parait. Vu le prix, on veut bien le croire! Mais Vietnam oblige, méfiez vous des imitations …

Sur le chemin du retour vers le lac Hoan Kiem, on fait une petite halte au Hang Da Market, ou Hang Da Galleria (01 Hang Da Street, Cua Dong Ward). A vrai dire c’est vraiment par curiosité, car ce centre commercial fait un peu chic et les produits sont assez chers. Du coup il y a plus de vendeurs que de clients (c’est désert) et les escalators ne fonctionnent pas!

On arrive en vue du Thang Long Water Puppet, le fameux théâtre des marionnettes sur l’eau. Pensez à réserver vos places plus tôt dans la journée! L’ambiance du quartier est assez marrante en soirée, on se croirait un peu à Broadway, il y a des néons partout et des bus remplis de touristes qui se déversent devant l’entrée. Et qui dit touristes, dit arnaques à touristes. Comme les deux cireurs de chaussures qui me collent sur 50 m pour cirer mes chaussures alors que je suis en baskets 🙂 et comme je leur fait bien comprendre que c’est non, ils enchaînent en voulant recoller mes semelles haha 🙂
L’organisation du théâtre est assez stricte et on se fait limite engueuler car on n’est pas assis aux bonnes places, mais c’est franchement mal expliqués (ou alors on est franchement très stupides, ce qui est possible aussi en fait).

vietnam hanoi marionnettes eau

Le spectacle dure environ une heure et se compose de plusieurs petites scénettes reprenant des scènes de la vie quotidienne, des légendes et des récits historiques. Le tout est accompagné d’un orchestre traditionnel en live et avec de chants.

vietnam hanoi marionnettes eau

Il y a un petit personnage principal dans le spectacle, une sorte de fermier bien heureux, qui raconte les différentes histoires. Mais comme tout est en vietnamien, on ne comprend rien. Il parait qu’il y a des sous-titres visibles quelque part pour ceux aux premiers rangs … il parait! En tout cas les marionnettistes sont vraiment doués et on oublie très vite qu’il y a des gens qui animent tout et ça et on se laisse prendre au jeu et au spectacle.
On pensait que ce serait vraiment kitsch et on y est allé un peu en traînant les pieds, dans le genre « c’est super touristique mais ça fait partie des choses à faire » et en fait, et bien c’était pas mal du tout! 🙂

vietnam hanoi marionnettes eau

Les marionnettes sont articulées et contrôlées par des longues perches invisibles sous l’eau, et les marionnettistes sont cachés derrière le décor et passe toute la représentation les jambes dans l’eau. Cette tradition de marionnettes sur l’eau remonte à la dynastie Ly au XIIe siècle.

vietnam hanoi marionnettes eau

Standing ovation à la fin, tout le monde il est content.

vietnam hanoi marionnettes eau

Il est en principe interdit de prendre des photos, ou alors il faut payer un supplément. Thug life! 😉

Ensuite on rentre tranquillement en flânant dans les ruelles de « notre quartier ».

vietnam hanoi rues

Alors qu’on s’arrête prendre un dernier verre à la terrasse d’un bar, on entend parler quelques mots de français à une table voisine. C’est ainsi qu’on fait la connaissance de Anna, une polonaise très sympa et de son compagnon français, qui sont aussi en voyage. Les verres s’enchaînent. Il commence à être vraiment tard. On découvre que des jeeps de la police ou de l’armée (ce n’était pas très clair) circulent dans les rues et ordonnent au bar d’éteindre la musique ou même de fermer les établissements. C’est en partie pour permettre aux gens de dormir car tout le monde (ou presque) se lève tôt, mais genre vraiment tôt. Un réveil à 4 h du mat’ ici c’est presque une grasse matinée! Du coup pour pouvoir rester ouvert plus longtemps, on voit des patrons de bars courir dans la rue pour donner des billets au plus haut gradé de la jeep. Mais au deuxième passage de la jeep, on sent que ça ne rigole plus trop, alors le bar ferme le rideau métallique et les jeunes qui font le service nous invitent à rester à l’intérieur et à ne pas faire de bruit pour ne pas se faire repérer. Une fois le danger éloigné, la musique revient et on sympathise tous autour d’une dernière tournée 🙂 Tout le monde se fait la bise en sortant, on prend les contacts, etc …  très chouette soirée!
On titube un peu dans la rue mais on arrive à retrouver la porte de l’hôtel, ouf! 🙂

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Jour 1 – Hanoï

Jour 1 – Hanoï

Ça y est nous sommes dans l’avion, destination le Vietnam. Pour le vol on a choisi la compagnie Thaï Airways. On commence avec un A380 de Paris à Bangkok (escale 1h45) et un 777 jusqu’à Hanoï, arrivée dans la matinée. L’aller-retour à 650 Eur par personne. Carrément abordable!
L’arrivée à l’Aéroport international de Nội Bài commence par une première frayeur : la carte bleue reste coincée dans le distributeur de billets! Après une bonne demi heure pour se faire comprendre par le personnel et trouver quelqu’un pour nous dépanner, enfin la carte est de retour dans nos mains et on peut retirer nos premiers billets. Pendant ce temps là, le chauffeur privé de l’hôtel nous attend patiemment avec sa pancarte.
Comme hôtel, on a choisi l’hôtel Prince 2, plutôt bien situé dans le vieux quartier de Hanoï, à 28$ la nuit et prise en charge à l’aéroport pour 15$ de plus (ils font des promos prise en charge gratuite à l’aéroport si on reste 3 nuits consécutives). Depuis l’aéroport jusqu’au vieux Hanoï, le trajet n’est franchement pas paradisiaque, la banlieue est grise et moche, à l’image de la météo, grise et moche. L’accueil à l’hôtel se fait sans soucis, la chambre est propre, il y a un ordi et internet à disposition (par contre le Windows en vietnamien bon courage, et les premiers soucis de messageries arrivent, car elles nous rejettent pensant qu’il s’agit d’une tentative de piratage!)
http://princehanoihotel.com/fr/prince2/

Allez hop, en route! on ne perd pas plus de temps dans cette chambre, direction l’extérieur car ça grouille de vie et on a envie de découvrir!

Très rapidement on prend la mesure de la vie de quartier vietnamienne. Tout se fait sur le trottoir : manger, boire, cuisiner, réparer les scooters, installer un salon de coiffure ambulant, etc … Le trottoir sert à tout, sauf aux piétons! Les rues sont littéralement envahies de scooters et de mobylettes qui circulent dans tous les sens et qui klaxonnent tout le temps. De temps en temps quelques voitures apparaissent, ou un vélo lourdement chargé de fruits et légumes.
Très rapidement aussi, il faut apprendre à traverser la route. La première fois est un peu flippante. Pas de passage piéton, quasiment pas de feux de signalisation, et un flot continu de circulation. La technique : traverser sans hésiter, en ne marchant pas trop vite, et en regardant les gens qui viennent vers vous. Le reste se fait naturellement, tout le monde vous évite et ça reste fluide. Il faut juste ne pas s’arrêter ni revenir en arrière. Ça parait tellement normal ensuite qu’on n’y pense plus 🙂
Très rapidement on sent aussi la gorge qui pique un peu. Sachez-le, la ville est très polluée, et Hanoï se retrouve fréquemment sur le podium des villes avec l’air le plus pollué au monde. Donc un conseil, même si ce n’est pas très esthétique et que ça ne protège pas tant que ça, n’hésitez pas à utiliser un petit masque, comme beaucoup d’habitants. Et puis ça fera un souvenir sympa à rapporter haha 🙂

vietnam hanoi voie ferree

Une astuce pratique si vous voulez avancer vite à pieds dans les rues de Hanoï mais que vous voulez vous éloigner des grands axes bruyants et pollués, il suffit de marcher sur la ligne chemin de fer qui traverse la ville depuis la gare centrale jusqu’au pont Cầu Long Biên. Ici pas de bruit et pas de scooters à éviter 🙂

vietnam hanoi train

Pas de panique, c’est (presque) sans danger, il suffit de voir que les gens vivent collés à la voie de chemin de fer pour s’en rendre compte. En fait un train passe à faible allure à 16h et 19h en frôlant les habitations, les enfants continuent de jouer et les adultes de discuter tranquillement. Le reste de du temps, c’est tranquille!

vietnam hanoi train

Pour se repérer dans Hanoï, j’ai mon appli GPS préférée sur le smartphone (Ulmon) et on avance sans trop se poser de questions à travers le dédale de ruelles plus ou moins bien signalées. On arrive donc rapidement à la place Ba Dinh.
A l’époque de la colonisation française, ici, c’était le grand rond-point Puginier, entouré de parcs et de villas.

hanoi rond-point puginier

Ensuite ça a changé. Le rond point est devenu une grande place. Après la défaite du Japon pendant la 2nde Guerre Mondiale, c’est sur cette place rebaptisée Ba Dinh que la déclaration d’indépendance du Viêt Nam est faite par Ho Chi Minh le 2 septembre 1945 devant une foule de plus de 400.000 personnes en liesse. C’est aussi sur cette place que se dérouleront les obsèques de Ho Chi Minh en 1969 et qu’un mausolée sera construit en son honneur en 1975. Autant dire que cette place a une importance particulière pour les vietnamiens.
C’est aussi la plus grande place du pays (320m de long, 100m de large). Au milieu se dresse un grand mat de 25m de haut où flotte le drapeau vietnamien, rouge avec l’étoile d’or (la cérémonie du lever des couleurs et la descente du drapeau, c’est tous les jours à 6h et 21h).

vietnam hanoi mausolee ho-chi-minh

Le Mausolée de Ho Chi Minh est inauguré en 1975 et s’inspire de celui de Lénine à Moscou. Il est possible de le visiter (gratuit) de 8h à 11h et les règles à l’intérieur sont très strictes (pas de photos, pas de shorts, etc …). Régulièrement le corps embaumé  du symbole de la patrie vietnamienne part en Russie pour subir un nouveau bain dans le « basalm ». C’est le nom de la fameuse mixture soviétique (recette jalousement gardée et top secrète) qui permet de conserver miraculeusement la dépouille. Pas de visite pour nous, mais c’est presque un pèlerinage annuel pour des millions de vietnamiens et il est fréquent de voir une file interminable devant. Donc si ça vous branche il va falloir être très très patient.

vietnam hanoi memorial ho-chi-minh

Autour de la place se trouvent d’autres grands bâtiments gouvernementaux, comme par exemple celui de l’assemblée nationale, Tòa nhà Quốc hội, inauguré en 2014.

vietnam hanoi assemblee nationale

Au sud ouest de la place se trouve un petit temple qui est pourtant un des plus connu du pays. C’est la pagode Môt Côt, aussi appelée la pagode du Pilier Unique. « A l’origine » elle date du XIe siècle. A cette époque, l’empereur Lý Thái Tông a la vision de la déesse Quan Am qui lui présente son fils sortant d’une fleur de lotus. Quelques temps plus tard son épouse lui donne enfin un fils, et il fait construire ce temple en l’honneur de la déesse. La forme est sensée rappeller la fleur de lotus et une statue de la déesse repose à l’intérieur.
Je dis « à l’origine », car le temple a été détruit par les français (comme bien d’autres monuments) en 1954 en quittant le pays. Il est reconstruit par le nouveau gouvernement vietnamien en 1955, avec un pilier en béton en remplacement de l’énorme pilier en teck qui était là depuis des siècles.

vietnam hanoi pagode pilier unique

Juste à côté de la pagode il y a un petit temple.

vietnam hanoi pagode pilier unique

En quelques minutes, on se rend compte que malgré le communisme, la ferveur religieuse n’est pas un vain mot ici. On croisera à de nombreuses reprises des gens en prières dans les nombreux temples qu’on croisera et il y aura toujours quelques bâtonnets d’encens se consumant à côté des offrandes.

vietnam hanoi pagode pilier unique

Juste à côté, il y a un grand bâtiment blanc, on ne peut pas le louper, c’est le Musée Ho Chi Minh. Comme son nom l’indique, il est entièrement consacré à Ho Chi Minh et il est inauguré en 1990 pour célébrer les 100 ans de sa naissance. Si sa vie, son œuvre et ses objets personnels vous intéresse réellement il faut y aller, sinon je pense que la visite peut s’éviter sans trop de regrets. Nous, on l’a zappé.

vietnam hanoi ho-chi-minh museum

Une fois ce musée contourné, en suivant l’avenue Ngọc Hà, on arrive devant l’entrée du Jardin Botanique. Il s’étend sur 10 hectares et c’est le plus ancien parc de la ville. L’entrée est payante mais vraiment pas chère (2000 VDN) et en fait je crois que seuls les étrangers payent, et encore, si la dame a l’entrée pense à vous alpaguer pour vous vendre son ticket.

vietnam hanoi jardin botanique

Le parc est agréable pour faire une petite pause verte, loin de l’agitation de la ville, du bruit et de la circulation incessante. Il y a deux petits lacs, de grands arbres, mais ça se résume à peu près à ça, et aussi à quelques cages où croupissent des animaux (pas cool du tout) …
Malgré la pollution ambiante, beaucoup d’habitants font du sport ici : gymnastique ou course. Mais l’activité sportive omniprésente et que je connaissais à peine, c’est le Dacau.
C’est un sport très répandu ici. On verra souvent des gens y jouer, sur des places, dans la rue, dans des cours d’écoles. En gros c’est comme du badminton mais avec les pieds ou d’autres parties du corps (sauf les mains). C’est super impressionnant et on est resté un moment à les observer.

vietnam hanoi dacau sport

Le badminton aussi nous en met plein les yeux, et je suis à peu près sûr que c’était des champions olympiques à l’entrainement devant nous!

vietnam hanoi badminton

On finit par sortir du Jardin Botanique pour aller vers le nord et rejoindre les berges du grand lac Tay Ho (aussi appelé Lac de l’Ouest). Un autre de ses surnoms c’est le lac des amoureux. C’est le plus grand lac du Vietnam avec 500 ha et on vient ici pour prendre un bol d’air pur (enfin un bol d’air un peu moins pollué que dans le reste de la ville), profiter des couchers de soleil, faire une petite croisière ou un tour de pédalo-cygne. Regardez, ça donne envie hein ? 🙂

vietnam hanoi pedalo cygne

Comme on n’est pas venu faire un tour de pédalo et que le soleil, on ne sait même pas où il est 🙂 Il faut bien trouver autre chose à faire. Et ça tombe bien!
Ici se trouve la Pagode Trấn Quốc. C’est la plus ancienne pagode de la ville. A l’origine sa construction remonte au VIe siècle et à l’époque elle se trouvait sur les berges du grand fleuve rouge pas très loin d’ici. Mais en 1615, les rives du fleuves deviennent instables et le temple est déplacé sur une petite île du lac Tay Ho, et une passerelle est construite pour y accéder. Il est enfin rénové en 1815.

vietnam hanoi tran quoc

vietnam hanoi tran quoc

C’est un lieu qui a une grande importance pour les vietnamiens et cette pagode est même surnommée « Défense de la patrie ». Il faut donc respecter les lieux et les personnes en prières, et bien sûr éviter les tenues trop « touristes plages ». Accès gratuit.
Il y a un grand stupa de 15m de haut avec plusieurs étages correspondant à des étapes de la vie du bouddha Amitābha. Comme le veut la tradition, le nombre est impair, ici il y en a 11.

vietnam hanoi tran quoc

L’endroit est très zen et reposant. Pas de bruit, des fidèles en prières, les odeurs d’encens, on est serein.

vietnam hanoi tran quoc

vietnam hanoi tran quoc

vietnam hanoi tran quoc

On découvre ici nos premières tuiles vietnamiennes. Elles sont très particulières par leurs formes. Par contre on n’est pas trop certain pour la ressemblance. Il parait que ce sont des écailles de tortues et d’autres disent des écailles de dragon. En tout cas, il faut imaginer des écailles 🙂

vietnam hanoi tran quoc

Après cette petite halte méditative, on reprend la balade, et on quitte le lac pour retourner vers la place Ba Dinh. En arrivant par le nord, on passe juste devant le Palais présidentiel. On ne peut pas le louper avec sa couleur jaune moutarde! C’est la résidence principale du Président de la République du Vietnam et c’est évidemment interdit au public. C’était l’ancien palais utilisé par les gouverneurs d’Indochine.

vietnam hanoi palais presidentiel

Dans le parc du palais, se trouve la maison sur pilotis de Ho Chi Minh. C’est là où il a fini sa vie, car il ne voulait pas habiter dans le palais et souhaitait vivre simplement. On ne l’a pas visité, et pour y accéder il faut passer par la visite du Mausolée. A vous de voir.
On longe ensuite la rue Hoàng Văn Thụ et la grande avenue Hoàng Diệu où on assiste encore à un match de dacau sur le trottoir.

vietnam hanoi dacau

Arrivé au croisement (bon courage pour traverser l’avenue haha) se trouve l’Église des Martyrs. Elle date de 1932 et elle est dédiée aux Martyrs du Vietnam. Il s’agit des 117 chrétiens béatifiés par le pape Jean Paul II en 1988, choisis parmi les nombreux croyants persécutés et tués au Vietnam. On estime qu’entre 1740 et 1883, entre 130.000 et 300.000  personnes sont mortes à cause de leurs croyances chrétiennes. Cette même persécution se produisait dans les autres pays d’Asie, au Japon aussi notamment.

vietnam hanoi eglise martyrs

Juste en face de l’église, se trouve la porte nord de la citadelle de Hanoï. En fait on a un peu de mal à comprendre sur place car à part une porte, il n’y a rien d’autre. Faisons un peu d’histoire : il faut remonter jusqu’en l’an 1010 quand l’empereur Lý Thái Tổ  décide d’installer sa capitale à Than Long (c’est l’ancien nom de Hanoï). Il y fait construite une grande cité interdite pour régner. Pendant plusieurs siècles, la citadelle de la cité interdite protège le cœur du pouvoir vietnamien, jusqu’au transfère de la capitale à la ville de Hué en 1806 pour en faire la nouvelle cité impériale. Quand les français colonisent le pays, ils rasent presque intégralement la citadelle de Hanoï pour installer des casernes à la place 🙁 … il ne reste donc presque plus rien, à part les grandes portes qui entouraient la citadelle. Des fouilles permettent régulièrement de retrouver quelques vestiges de plus d’un millénaire de pouvoir vietnamien.

vietnam hanoi citadelle porte nord

Pour revenir à une note plus joyeuse, vers la fin du mois de mars, il reste encore un peu partout à Hanoï des décorations du nouvel an vietnamien qui a lieu début février, la fameuse fête du Têt et son incontournable “chúc mừng năm mới” (bonne année) écrit partout 🙂

vietnam hanoi fete tet

Ensuite, on prend la rue Hnag Luoc pour retourner vers le vieux Hanoï. Dans cette rue il y a la seule mosquée du nord du Vietnam, la mosquée Al-Noor. Ce sont les premiers marchands indiens musulmans à s’implanter dans le pays qui la construiront pour pouvoir y prier à partir de 1890.

Plus loin, on entre dans le vieux quartier, aussi appelé le quartier des 36 corporations. Il s’est créé à partir du XVe siècle. C’est un dédale de ruelles où chacune est dédiée à un corps de métier particulier (la liste des 36 rues et des métiers par ordre alphabétique c’est ici). A l’origine chaque rue permettait d’écouler la production des villages de métiers installés autour de Hanoï, et l’organisation de la vie dans chaque ruelle s’organisait autour d’une corporation.

vietnam hanoi hnag luoc

Nous voilà de retour à l’hôtel PrinceII, et hop une petite douche pour se décrasser. On ressort boire un verre dans un bar juste à côté car on trouve sa déco en façade assez cool, c’est le Beer 2KU (2 Cửa Nam, Hoàn Kiếm).

vietnam hanoi rues

vietnam hanoi beer 2ku

Ensuite on cherche un endroit où manger, et un gros orage éclate dans la soirée. Des trombes d’eau s’abattent sur la ville. Un peu au hasard (et aussi car il y avait du monde installé), on se pose au Nam Bit Tet (). Pendant la journée c’est une quincaillerie sur le trottoir, mais le soir venu, la marchandise est rentrée et les tabourets sont de sortie. La cuisine s’installe sur le trottoir et se met en action. C’est notre première véritable rencontre avec la street food locale 🙂 et ça s’est très bien passé. L’ambiance était très conviviale et on ne comprenait absolument rien à tout ce qui se disait autour de nous 🙂

vietnam hanoi nam bit tet

Enfin, retour à l’hôtel pour une bonne nuit de repos après une bonne dizaine de kilomètres à pieds de ballade et de découvertes à Hanoï 🙂

>> Jour 2 – Hanoï

Rome

Ah Rome, la « ville éternelle », la ville aux 7 collines, il parait que toutes les routes y mènent, et bien justement si on y allait y passer un grand week-end ?
Allez hop en route pour Rome! 🙂

rome louve romulus remus
On y va comment et on loge où ?

Pour y aller le plus simple, c’est un petit vol low-cost qui vous dépose à l’aéroport de Fiumicino au bord de la méditerranée à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Rome. Ensuite il suffit de prendre un billet pour le Leonardo Express (pas si express que son nom l’indique) et en 30-40 minutes vous arrivez à la gare de Termini en plein centre de la capitale italienne. La gare est très grande, alors faites attention si vous donnez rendez-vous à quelqu’un ça peut prendre du temps pour se retrouver 🙂

Le quartier de Termini est plutôt moderne et n’est à première vue pas très intéressant, pour nous rendre à notre logement on a fait nos premières rues à bord d’une mini sur les pavés romains 🙂 Sinon vous pouvez déjà commencer à user vos chaussures et descendre les rues (oui heureusement ça descend pour partir de la gare) ou prendre le métro (que vous prendrez de toute façon à un moment durant votre séjour).

Pour le logement c’était un airbnb au cœur du quartier Monti. On conseille vraiment ce quartier, des ruelles étroites quasi piétonnes, des vieux pavés, une ambiance cool et vivante. On a vraiment aimé l’ambiance 🙂 On vous en reparle plus tard!

Allez Hop on ne perd pas de temps, on pose ses affaires et on file dehors, il faut profiter du soleil et de la dolce vita!

Quartier Colisseo

Et dès le début de notre balade, en arrivant sur la Via degli Annibaldi, on voit tout au bout, à  quelques centaines de mètres, des vieilles pierres qui nous appellent immédiatement. On arrive au Colisée. La foule est là, les attrapes touristes en tout genre aussi, les pickpockets, les marchands à la sauvette, bref tout le classique des grands spots touristiques mondiaux. Mais malgré tout cet environnement, le Colisée lui il reste là, et on ne voit que lui depuis presque deux millénaires. La visite à l’intérieur du Colisée n’est à mon sens pas du tout indispensable, et passer à côté, le jour ou la nuit, c’est déjà très chouette 🙂 Par contre la visite du Forum Romain est pour moi indispensable, et de préférence à l’ouverture le matin. Et en poussant un peu plus loin il y a aussi les Thermes de Caracalla qui sont juste incroyables.
Tout ça je vous en parle un peu plus dans la page dédiée à la Rome Antique

rome colisee

Une fois que vous serez revenu de ce long périple dans la Rome Antique, revenez vers le mode moderne en longeant les restes de l’immense Cirque Maximus pour rejoindre les berges du Tibre. Vous passez jute à côté de l’Église Sainte-Marie in Cosmedin et son campanile visible de loin et qui est un des plus grands de la ville. N’oubliez pas de rendre visite à la Bouche de la Vérité. La Bocca de la Verita est à l’entrée de l’église et vous l’avez peut être déjà vu dans le film Vacances Romaines avec Audrey Hepburn et Gregory Peck.

rome bouche verite

La légende dit que si on met sa main dans la bouche de la statue et qu’on ne dit pas la vérité, elle tranche la main d’un coup de dents! A vous d’essayer 🙂
Bon en fait il s’agit simplement d’une vieille grande bouche d’égout, mais c’est plus classe d’appeler ça la Bouche de la Vérité!

rome temple hercule victor

Allez après ce grand moment de frisson,  vous passez à côté du Temple d’Hercule Victor qui doit sa survie et sa très bonne conservation au fait qu’il a très vite été reconverti en église. Ensuite, hop vous voilà sur les berges du Tibre, le fleuve qui traverse la capitale. Vous verrez sans doutes les ruines d’une arche en pierre isolée au milieu du fleuve, c’est tout ce qu’il reste du pont Aemilius, appelé maintenant le Ponte Rotto (pont brisé), c’est le plus vieux pont en pierre (enfin ce qu’il en reste) de Rome. Au milieu du fleuve se trouve l’ile Tibérine, qui est intégralement occupée par un hôpital, mais on peut se promener sur les larges berges (qui n’ont pas vraiment d’intérêts à part être au calme et avoir une autre vue sur le Tibre).

rome tibre pont garibaldi

Centro Storico

Ensuite je vous conseille de prendre le pont Garibaldi au bout de l’ile et de rejoindre la Via dei Giubbonari. Cette rue est pleine de boutiques de vêtements et de chaussures, mais ce n’est pas vraiment pour le shopping qu’elle est intéressante. J’ai vraiment été surpris par la petite Église Santa Barbara dei Librai nichée au fond d’une minuscule place, coincée entre 2 immeubles. Elle est minuscule et on ne s’attend pas à voir un décor aussi riche et peint à l’intérieur. C’était la première église romaine que j’ai croisé, et je me suis dit que cette ville devait avoir plein d’autres petites surprises cachées 🙂

rome eglise

Au bout de la rue on arrive à la Piazza Campo dei Fiori (champ des fleurs). Cette petite place héberge tous les jours un marché de fruits et légumes et le soir elle s’anime avec tous ses bars et restaurants. 

rome piazza campo fiori

Au milieu de cette place il y a une statue à l’air un peu sinistre … et tout le monde passe à côté sans vraiment s’y intéresser. Il s’agit de Giordano Bruno, né en 1548.
Ce nom ne nous dit pas grande chose, mais c’était un génie de son époque. Il commence sa vie comme frère dominicain mais il a une curiosité sans limite et une mémoire extraordinaire. Très vite il rejette la religion, et reprend la théorie de Copernic (la terre n’est pas le centre de l’univers mais la terre est une planète qui tourne autour du soleil avec d’autres planètes et le soleil est au centre de l’univers) en allant plus loin et affirme carrément que le soleil n’est pas le centre de l’univers. Il annonce que l’univers est infini, que toutes les étoiles sont des soleils entourés d’autres planètes et que sur ces planètes vivent d’autres créatures. Autant dire qu’il a très certainement bon sur toute la ligne et qu’il se fait dans le même temps un sacré paquet d’ennemis. Et pendant près de 20 ans il sillonnera l’Europe pour fuir l’église qui veut sa tête. Il sera même sous la protection du roi Henri III pendant plusieurs années car celui ci reconnait son génie.

rome statue giordano bruno

Il sera finalement trahi lors d’un séjour à Venise, et après 8 ans de procès, il finit brulé vif sur cette place en 1600. Jusqu’au bout il refusera de revenir sur ses déclarations. Alors n’oubliez pas d’avoir une petite pensée pour lui en passant à côté de la statue.

A quelques dizaines de mètres de là se trouve la Mostra Leonardo Da Vinci. C’est un petit musée autour de Léonard de Vinci et ses inventions. On peut toucher à tout.
Plus d’infos sur le site officiel.

rome mostra leonardo vinci

On ne l’a pas visité, et à vrai dire, on vous conseille mieux et moins loin, la visite du Clos Lucé, à côté d’Amboise dans le Loir et Cher, en France. Vous y trouverez la même chose en mieux et surtout dans la maison où il a vécut les dernières années de sa vie  🙂

Ensuite, traversez l’avenue pour arriver à la Piazza Navona. Toute en longueur, c’est la plus grande place touristique de Rome. Sa forme lui vient du fait qu’elle est construite sur les ruines du stade de l’empereur Domitien. Au centre de la place se trouve l’énorme fontaine des 4 fleuves. Elle symbolise les 4 coins du monde, avec le Danube, le Nil, le Gange et le Rio de la Plata. C’est Bernin qui réalise cette œuvre en 1651. Et au milieu de la fontaine se trouve un obélisque égyptien de 16m de haut.

rome fontaine 4 fleuves

A l’extrémité de la place, il y a une vitrine qui attire le regard. Elle est remplie de jouets anciens et de poupées … euh … parfois particulières hahah 🙂

rome poupees al sogno

C’est la boutique de jouets Al Sogno. Vraiment n’hésitez pas à y rentrer, il y a plein de belles surprises à l’intérieur 🙂

La tour avec son horloge, œuvre de Borromini, à la Piazza dell Orologio.

rome piazza orologio

En plein centre ville, au croisement de deux avenues embouteillées, on tombe sur ces ruines et on se demande un peu ce qu’elles font ici. C’est Largo di Torre Argentina. En 1909, alors que le quartier est en complète transformation et qu’on construit des nouveaux immeubles en peu partout, en démolissant l’église qui se trouvait ici, les ouvriers font une drôle de découverte : une énorme statue est déterrée. Ensuite des fouilles sont lancées, et c’est un grand complexe de 4 temples de la Rome antique qui est mis à jours. C’est Mussolini qui décidera de préserver cette zone et il en fait une sorte de sanctuaire, inauguré en 1929. La zone est interdite au public, mais ouverte aux chats. Et vous verrez probablement beaucoup de chats errants se la couler douce, affalés sur des pierres chauffées par le soleil 🙂

rome largo argentina

En arrivant à la Piazza Colonna où se trouve la colonne de Marc Aurèle, n’hésitez pas à rentrer dans le grande bâtiment un peu austère qui remplit toute la place le long de la Via del Corso. Il n’y pas vraiment de panneaux ni d’indications, mais à l’intérieur, c’est la Galleria Alberto Sordi. C’est une grande galerie marchande inaugurée en 1922. Entièrement rénovée, elle ré-ouvre ses portes en 2003 et la décoration type Art Nouveau est juste magnifique 🙂

rome galleria alberto sordi

A quelques dizaines de mètres de là, se trouve un des monuments les plus photographiés de Rome … et pas de chance pour nous cette fois là, il y avait des travaux de rénovations! … donc derrière les barricades, on distingue un peu la célèbre Fontaine de Trévi. C’est la plus grande fontaine de la ville, elle date de 1762 et elle répond à une commande du pape Clément XII. Il y  a une grande statue de Neptune qui célèbre l’arrivée de l’aqueduc Aqua Virgo (-19 av JC) qui alimente toujours la fontaine de Trévi via une canalisation souterraine.

rome fontaine trevi

Pour la petite histoire, la tradition veut qu’on doit lancer une pièce dans l’eau de la fontaine en lui tournant le dos, ce qui est une promesse de revenir un jour à Rome. Et bien cette tradition marche tellement bien que chaque matin, l’eau de la fontaine est vidée et toutes les pièces sont collectées sous garde la police pour l’association caritative Caritas. Mine de rien ça représenterait près de 2000 euros par jours!

En direction de la Piazza Venezia, le long de la Via del Corso, il y a une petite ruelle sur la droite, la Via Lata. A priori, aucun intérêt à y aller? et bien si, il y a une petite fontaine avec une statue sur un mur qui doit attirer votre attention. Il s’agit d’une des statues parlantes de Rome. Pas d’inquiétude, pas de magie, la statue ne va pas s’agiter d’un coup et se mettre à parler. Les statues parlantes, c’était un peu le réseau social avant l’heure. Les romains les utilisaient pour y placarder des annonces, des avis, des critiques sur le gouvernement et ses représentants. Si le sujet vous intéresse un peu vous pourrez cherchez les 6 autres statues parlantes cachées dans Rome 😉

rome statue parlante

Et enfin j’avoue mon inculture totale en arrivant sur la Piazza Venezia devant ce gigantesque monument blanc éclatant, qui est pratiquement LE monument national italien. Mais qu’est-ce que c’est ? le monument à Victor-Emmanuel II … mais c’est qui ???

rome monument victor emmanuel

Et c’est à ce moment que je découvre et que j’apprends une partie de l’histoire de l’Italie. Jusqu’à la moitié du XIXe siècle, l’Italie n’existe pas! La botte italienne était constellée de duchés, de principautés, de royaumes, et sans aucune unité. Et c’est en grande partie grâce à Victor-Emmanuel II, qui sera le premier roi de l’Italie unifiée le 17 mars 1861. Je vous laisse vous renseigner pour redécouvrir les détails de cette grande histoire un peu compliquée 🙂
Et c’est pour célébrer les 50 ans de l’unité italienne qu’a été construit cet énorme bâtiment de marbre blanc en 1911.

rome monument victor emmanuel

Une bonne petite adresse de restaurant dans le quartier, c’est la Tavernetta 48 (Via Degli Spagnoli, 48). Perdue dans une petite ruelle cachée, l’accueil était vraiment sympathique, on y a tellement bien mangé qu’on est revenu 2 fois! 🙂
http://www.latavernetta48.com/

Pour des glaces excellentes, rendez-vous à Il Gelato di San Crispino (Via della Panetteria 42), vous m’en direz des nouvelles 🙂
http://www.ilgelatodisancrispino.com/fr/home-fra/

Quartier Monti

Comme je vous l’ai dit avant, on logeait dans le quartier Monti, juste à côté de la piazza della Madonna dei Monti. C’est vraiment un lieu super agréable avec sa  Fontaine des Catéchumènes. On y a même vu un shooting photo de mode. Le soir la place se rempli de fêtards, tout le monde boit et s’amuse et c’est vraiment une bonne ambiance.

rome piazza madonna dei monti-

C’est vraiment cool de se balader dans ces petites ruelles pavées. Un quartier qui se vit de jour comme de nuit. On y sent un esprit village et on est loin de la foule, et des monuments touristiques. C’est un quartier pour y vivre, et on y trouve plein de bars restaurants et boutiques éphémères. Je vous le conseille vraiment 🙂

rome via neofiti
Via dei Neofiti

Lors de vos balades dans le quartier Monti vous emprunterez surement à un moment la via Panisperna. Et il y a 2 choses à voir ici 🙂 A gauche, la Tour des Milices. On la repère de loin! C’est une grande tour médiévale qui mesure 50m de haut (et qui en faisait bien plus avant, car deux étages se sont effondrés lors d’anciens tremblements de terre). A droite il y a des grands remparts qui entourent une zone jusqu’à la Via Nazionale. Il s’agit de la Villa Aldobrandini. Construite vers le 16e siècle sur des ruines d’une villa romaine, elle vaut le coup car on y pénètre par une petite entrée très discrète sur la Via Mazzarino (gratuit), et ensuite on se retrouve dans un beau jardin aménagé, à plus de 10 mètres au dessus des rues et qui donne une belle vue sur le quartier. Un petit trésor caché 🙂

rome tour milice

Quartier Borgo

Au nord de la ville, de l’autre côté du Tibre, on arrive au quartier de Borgo et un peu plus loin, on arrive au Vatican. La première chose qu’on voit ici c’est le Château Saint-Ange. C’est une imposante construction circulaire. Le monument a été construit en l’an 130 pour servir de mausolée à l’empereur Hadrien. Il reprend le même modèle que le mausolée d’Auguste à quelques centaines de mètres de là et construit un siècle plus tôt. Le monument sera ensuite rapidement intégré comme élément de fortification dans la défense de la ville et servira aussi de prison au Vatican, ce qui lui a permis d’être assez protégé par le temps jusqu’à nos jour. Il porte le nom de Saint-Ange suite à une vision du pape Grégoire Ier en 590 qui aurait vu un ange armé au sommet du mausolée remettre son épée dans un fourreau et dans le même temps l’épidémie de peste qui sévissait à l’époque ce serait arrêtée.

rome chateau saint ange

Le pont qui enjambe le Tibre est le Pont Saint Ange (construit en l’an 134) et il est décoré d’une dizaine de grandes statues réalisées par les élèves de Bernin. Ce sont des copies, car le pape Clément IX était tellement fan qu’il les a fait déplacer dans la Basilique di Sant’Andrea delle Fratte pour éviter qu’elles ne s’abiment dehors 🙂

rome chateau saint ange

Et à quelques centaines de mètres de là se trouve le Vatican. La visite des Musées du Vatican et de la Basilique Saint Pierre sont obligatoires! 🙂 je vous promets que ça vaut le coup. Je détaille un peu plus la visite dans la page sur le Vatican.

rome vatican

Une petite vue du quartier depuis les fenêtres du Vatican.

rome

Quartier Trastevere

A l’ouest de la ville, sur l’autre rive du Tibre, on rentre dans le quartier de Trastevere. C’est un quartier ouvrier qui est devenu ces dernières années le quartier pour boire un verre et faire la fête. D’ailleurs on en a profité pour griller au soleil en terrasse et découvrir une spécialité romaine que je ne connaissais pas du tout : l’artichaut frit (Cartocciofi alla romana). Le secret, c’est d’enlever les plus grosses feuilles, le frire dans de l’huile à 150°C pendant 10 minutes, bien égoutter, et juste avant de servir, passer 5 minutes dans l’huile à 180°C. C’est super bon! c’est croustillant, et tout se mange 🙂

rome trasevere

En arrivant sur la Piazza Maria, on découvre la basilique Sainte-Marie-du-Trastevere. Elle est très ancienne, elle date du IVe siècle et c’est peut être la première église de Rome où une messe a été célébrée.

rome basilique trastevere

Elle a été reconstruite en 1140. Les 22 colonnes de granit à l’intérieur proviennent des thermes de Caracalla. Les murs sont décorés de mosaïques dorées et l’intérieur est vraiment riche. En cherchant, vous trouverez peut être un morceau de la Sainte Éponge (l’éponge utilisée pour donner à boire à Jésus sur la croix). Au sommet du campanile, si on est attentif on verra une mosaïque de la Vierge et l’enfant.

rome basilique marie trastevere

J’ai beaucoup aimé cette ouverture au plafond où 4 anges portent un petit temple rond et laissent passer la lumière, c’était la première fois que je voyais ça 🙂

rome basilique marie trastevere

Allez, ensuite on emprunte la petite ruelle Via di Porta S. Pancrazio et on grimpe, et ensuite on gravit un escalier, et on finit par atteindre La Fontana dell’Acqua Paola. C’est une fontaine monumentale construite en 1612 pour marquer la fin de l’aqueduc Acqua Paola. Une fois le bassin de la fontaine achevé, les cochers avaient la mauvaise habitude d’approcher leurs attelages pour faire boire leurs bêtes dedans, du coup des poteaux en marbre ont été rajouté pour les éloigner. Et au passage, il est aussi interdit de se baigner dans cette fontaine depuis 1707 🙂 Et comme cette fontaine a quand même la classe, elle a servi de modèle pour la fontaine de Trévi.

rome fontaine acqua paolla

Un des avantages d’être ici, c’est qu’on est en haut de la colline du Janicule (la 8e colline de Rome 🙂 ) et du coup on a une vue panoramique sur la capitale. Et je vous conseille d’y venir en fin de journée pour observer un phénomène assez spectaculaire. Chaque soir des nuages d’étourneaux survolent la ville. Des milliers d’oiseaux volant ensemble et donnant l’illusion de véritables nuages vivants. C’est top à voir, et je suis un peu déçu que ça ne rende pas aussi bien en photo 🙂

rome oiseaux

rome oiseaux

En début de soirée, on croise parfois des gens avec des parapluies, dans les quartiers proches des rives du Tibre, et ça parait complètement absurde puisqu’il ne pleut pas. Mais si on se rapproche de l’avenue qui longe le fleuve, on comprend beaucoup mieux. On entend plein de petits bruits, comme des centaines de cerises qui tombent au sol. Les milliers d’étourneaux viennent se poser sur les branches des arbres tout le long de l’avenue et ils en profitent pour faire le petit caca du jour! une zone dangereuse 🙂

rome oiseaux

A quelques dizaines de mètres de la Fontana dell’Acqua Paola, en descendant la Via Garibaldi on tombe sur ce monument. Il s’agit de l’Ossuaire du Janicule ou le Mausolée de Garibaldi. Là encore, c’est une partie de l’histoire italienne qui se résume ici à cette construction et à ce nom : Giuseppe Garibaldi. C’est un des pères de la nation italienne, il a eu une vie incroyable de marin, bandit, aventurier en Europe et en Amérique du Sud, révolutionnaire, homme politique et homme de guerre. C’est lui qui offrira à Victor Emmanuel le sud de l’Italie lui permettant l’unification du pays. Le mémorial ici est en souvenir de la brève République Romaine de 1848 proclamée lors de la fuite du pape Pie IX qui fit appel notamment aux armées françaises pour libérer « Rome ». Les plus durs combats eurent lieu ici en juin 1849.

rome ossuaire janicule

Quartier Ostiente

Au sud de Rome, on trouve le quartier Ostiente. Profitez en pour prendre le métro et descendre à la station Piramide. Et oui vous lisez bien et d’ailleurs en sortant dans la rue vous la voyez immédiatement, une pyramide à Rome!
C’est la
Pyramide de Cestius. A l’époque Rome venait de conquérir l’Egypte et la culture de ce pays était à la mode. Le préteur Caius Cestius Epulo décide donc de se faire construire ce tombeau à la façon égyptienne. Elle fait 36 mètres de haut et elle est beaucoup plus pointue que ses sœurs égyptiennes. La pyramide est réalisée en moins de 330 jours en l’an 18 av JC. Elle a ensuite été incorporée au mur d’Aurélien qui entourait la ville. Elle a été restaurée en 2015 et a retrouvée sa blancheur d’il y a 2000 ans

rome pyramide cestius

Juste à côté se trouve la Porte San Paolo, qui s’appelait avant Porta Ostiensis et qui était une des 17 portes fortifiées permettant de franchir le mur d’Aurélien pour rentrer dans Rome. Elle a été construite sous le règne de l’empereur Maxence au IVe siècle. Pendant le siège de Rome par les Ostrogoths en 549 c’est par cette porte que les « barbares » pénètreront dans la ville.

Ensuite hop, on va découvrir un endroit insolite. On grimpe le long de la Via di Porta Lavernal, pour rejoindre la Piazza dei Cavalieri di Malta. Après c’est simple, en principe vous devez voir une file de gens faire la queue pour s’arrêter devant une porte. Drôle d’idée, mais comme ils ont le sourire sur le visage en partant c’est qu’il doit bien y avoir quelque chose d’intéressant! Concernant le portail et la porte, il s’agit de l’entrée de la villa du Prieuré de l’Ordre de Malte. C’est aussi l’ambassade de l’ordre Souverain de Malte en Italie. Mais tous les curieux ne viennent ici que pour une seule raison : regarder par le trou de la serrure!

rome buco di roma

Donc vous faites la queue comme tout le monde et au passage vous pouvez en profiter pour prendre une petite glace à la camionnette d’un glacier qui a bien compris le filon et qui stationne ici 🙂 Enfin c’est votre tour, vous êtes devant la porte, moment d’émotion et de vérité, est-ce que la Buco della serratura di Roma sera à la hauteur de sa réputation ?
Et bien oui, en regardant par le trou de la serrure on a effectivement un alignement parfait par une allée du jardin du prieuré et une vue splendide et très esthétique sur la coupole de la Basilique St Pierre du Vatican. Par-fait! 🙂

rome buco di roma

Une fois que vous avez relevé la tête de la serrure, vous pouvez ensuite tranquillement repartir long de la Via di Santa Sabina. Le bâtiment suivant est la Basilique Sainte-Sabine. Elle a été construite en l’honneur de Sainte Sabine. Sabine, Savine ou Savina, était une riche romaine vivant dans la région Ombrie, sous le règne de l’empereur Hadrien. Une de ses esclaves venant d’orient était chrétienne. Quand son esclave est exécutée car chrétienne,  Sabine décide de lui donner une sépulture dans son mausolée familiale. Elle est dénoncée et lors de son interrogatoire elle avoue qu’elle s’est convertie à la religion chrétienne. Elle sera exécutée elle aussi le 29 aout 126. Plus tard ses cendres sont transférées à Rome et la basilique est bâtie en 422.

rome eglise sainte sabine

Sur la petite place devant la basilique se trouve la Fontana del Mascherone (un mascaron, c’est la sculpture de tête humaine par où jaillit la source et qui en général doit avoir un air dur et puissant, à l’image de la riche famille romaine propriétaire de la fontaine). Cette fontaine est un assemblage : un ancien vasque de thermes antiques et une tête qui a servi sur trois autres fontaines (au moins) avant d’être finalement installée ici.

rome fontaine sabine

Juste derrière se trouve un parc, le Jardin des Orangers (Giardino degli Aranci). Il a été aménagé en 1932 à partir de l’ancien parc de la famille Savelli pour être ouvert au public et offrir un nouveau point de vue panoramique sur Rome. Le jardin comme son nom l’indique possède de nombreux orangers, et selon la légende c’est Saint Dominique qui y aurait planté le premier plant.

rome jardin orangers

Une fois que vous avez bien profité de la vue, pour repartir, prenez la toute petite entrée sur la gauche et fermée par une grille. C’est la Clivo di Rocca Savella. C’est un ancien passage pavé et piéton qui permet de descendre rapidement de la colline jusqu’au Tibre. Il n’y a quasiment personne qui l’emprunte, on est au calme on dirait un chemin de campagne et on a une belle vue sur la ville. Un passage pour les privilégiés 😉

Autour de Rome

Si vous aimez l’histoire du cinéma, il y a un lieu à visiter immanquablement si vous êtes de passage à Rome, c’est les studios de Cinecitta. Ça se trouve environ à 9km à l’est du centre historique de Rome, donc il vaut mieux prendre la ligne A du métro pour y aller et descendre juste avant le terminus à la station Cinecitta. Cinecitta, comme son nom l’indique ça veut dire « la cité du cinéma ».

rome cinecitta

L’idée a germée dans la tête des dirigeants de l’Italie fasciste des années 30. Il fallait à la fois un outil de propagande puissant et pouvoir rivaliser avec le capitalisme américain et Hollywood. Finalement c’est décidé, l’Italie aura le plus grand complexe de création cinématographique d’Europe et Mussolini fait l’inauguration en 1937.
Dans les années 50, la mode des péplums hollywoodiens tournés à Cinecitta donneront un nouvel âge d’or à ses studios.
Sur place on peut visiter un musée sur les studios de Cinecitta et sur le cinéma italien, et profiter de la visite guidée pour explorer des décors de films et de séries que vous reconnaitrez sans doute. Bref c’est une visite vraiment agréable, loin de la foule et qui permet de sortir un peu du cliché romain 🙂
Plus d’infos sur le site officiel.

rome cinecitta

rome cinecitta

rome cinecitta

rome cinecitta

rome cinecitta

rome cinecitta

rome cinecitta

rome cinecitta

rome cinecitta

Enfin, avant de quitter Rome, à la gare Termini, n’oubliez pas d’aller voir la statue de Jean Paul II. Oui c’est le pape, on ne le dirait pas. C’est une grande statue en bronze de 5 mètres de haut avec le pape qui ouvre sa cape et il n’y a pas de corps dedans, on peut s’y mettre à l’abri. Enfin c’est l’idée du sculpteur. La première version inaugurée en 2011 était tellement « loupée » que la ville de Rome a demandé au sculpteur Oliviero Rainaldi de la retravailler (on disait qu’elle ressemblait à Musollini). Elle a l’air un peu plus accueillante maintenant 🙂

rome statue jean-paul 2

Et si vous ne l’avez pas encore fait, visitez les sites de la Rome antique et allez passer une journée au Vatican! 🙂

Allez Ciao Roma! et c’est certain, on reviendra!

Séjour réalisé en octobre 2015

Autour de Berlin

Je vous propose ici quelques balades agréables à faire autour de Berlin 🙂

– Charlottenbourg
– Potsdam

Charlottenbourg

Autrefois ville indépendante, Charlottenbourg fait maintenant partie d’un des douze districts qui composent les arrondissements de Berlin. Une des principales raisons de venir ici, c’est pour le Château de Charlottenbourg.

berlin charlottenbourg

Il est construit de 1695 à 1713 pour la famille royale des Hohenzollern qui règnera en tant que rois de Prusse et empereurs d’Allemagne. Frédéric 1er est le premier a y résider, et il donnera ce nom au château en souvenir de sa femme la reine Sophie-Charlotte décédée en 1705. Il parait que l’intérieur du chateau et les jardins sont magnifiques. Mais lors de notre visite, c’était fermé, en raison du marché de Noël. Mais franchement on a passé un très bon moment ici 🙂 Nous reviendrons faire la visite une prochaine fois.

berlin charlottenbourg

On peut facilement venir et repartir de Charlottenbourg en vélo, soit en suivant la Spree, soit en empruntant les grands axes. Et dans ce cas là, vous verrez ce grand bâtiment construit en 1905, avec une haute tour de 89 mètres! Et bien il s’agit de la mairie de Charlottenbourg, en toute simplicité 🙂

berlin mairie charlottenbourg

Et juste après avoir franchi la Charlottenburger Tor en direction de Tiergarten, sur votre droite vous verrez encore un bâtiment assez énorme et étrange. Mais de quoi s’agit-il ?

berlin tunnel cavitation

C’est le tunnel de cavitation de l’Institut de l’Eau, construit en 1976. En gros ça permet d’étudier des hélices ou des propulseurs dans des courants d’eau à hautes vitesses et contrôler le phénomène de cavitation, quand des micro bulles d’air se forment à cause de la dépression créée et peuvent imploser ensuite en abimant les matériaux autour. Bref c’est un peu technique, mais ce bâtiment est à la fois tellement hideux et tellement bizarre au milieu des bois qu’on ne peut s’empêcher de s’arrêter pour le regarder et le comparer à un espèce d’éléphant post moderniste cubiste 🙂

Potsdam

Une chouette balade à faire autour de Berlin, c’est aller à Potsdam. Située à 30km au sud ouest de la capitale, on y arrive en 40 petites minutes en prenant le train S7 et on descend à  Potsdam Charlottenhof Station.

Très rapidement vous arrivez devant un grand bâtiment, c’est le Landtag Brandeburg, le parlement régional du Land. Et comme cette façade en trompe-l’œil pour ce bâtiment administratif inauguré en 2004 et qui ressemble à un château, pour ne pas tromper les visiteurs et avec un brin de provocation façon Magritte, il est écrit en lettres d’or « Ceci n’est pas un chateau » 🙂

berlin potsdam landtag

berlin potsdam landtag

En face, c’est la Place du Vieux Marché avec autour :

Alten Rathaus. C’est l’ancienne mairie qui est reconvertie en Museum. Pas visité, mais plus d’infos ici.

potsdam alten rathaus

A coté, se trouve la grande Église évangélique St Nicolas. Construite en 1837 avec sa grande coupole qui culmine à 85 mètres, c’est longtemps un bâtiment indissociable de la ville. Elle est quasiment détruite pendant la guerre suite aux bombardements. De 1956 à 1984, elle est reconstruite.

berlin potsdam eglise nicolas

potsdam eglise nicolas

Et juste à côté … des immeubles en ruines made in RDA et laissés à l’abandon. Bizarre bizarre …

potsdam eglise

Même si Berlin restait la capitale officielle de la Prusse, Potsdam restait le lieu de résidence de la Cour. Et pour ça, il fallait un château et un parc à la hauteur, et c’est pourquoi on vient ici. On entre un simple portail et devant nous, c’est 289 hectares de parcs, sculptures, fontaines et jardins. Bienvenue au Parc du Palais de Sans Souci.

En 1744, Frédéric II se promène à cheval et trouve que le coin est idéal pour construire sa future résidence royale d’été, alors hop! La construction est lancée, et rapidement il vient se détendre ici loin de l’étiquette royale, sans chichi, il s’adonne à ses passions et vit « sans souci ».

Un des premiers bâtiments qu’on croise dans le parc, sur la droite, est la Bieldergalerie (fermée) qui est en quelque sorte le premier musée créé en Allemagne car uniquement destiné à abriter les 124 peintures achetées par Frédéric II.

bieldergalerie sans souci

Ensuite on arrive devant le Palais Sans Souci construit en 1747. C’est avant tout un lieu de détente pour le roi et les dimensions restent modestes avec dix pièces sur un seul niveau en style rococo. Ce palais est en partie célèbre grâce à son jardin à étages. C’est Peter Josehp Lenné, un grand paysagiste prussien qui le réalisera. Et ça ne rend pas terrible sur cette photo, et oui en hiver ça le fait pas … désolé 🙂 Il faut l’imaginer tout recouvert de vignes et de figuiers et c’est magnifique.

jardin sans souci

En 1763, Frédéric II fait construire le Neues Palais, au bout de la longue allée rectiligne de plus de 2 kilomètres et qui parait interminable.

berlin potsdam sans souci

potsdam sans souci neues palais

sans souci neues palais

Cette construction est un symbole, elle est sensée montrer au reste du monde la grandeur et la force de la Prusse après la fin de la guerre de Sept Ans. Du coup, pour en mettre plein les yeux, c’est style baroque, 220 mètres de façade et plus de 400 sculptures en grès, des salles de réception et de banquet à foison. Bling bling! Après la mort de Frédéric II il n’est plus trop utilisé, jusqu’à ce que Guillaume II en fasse sa demeure préférée après avoir fait installer le chauffage à vapeur et l’électricité. Ensuite le palais deviendra un musée … qui sera pillé par les russes pendant la seconde guerre mondiale et une petite partie sera rendue à la RDA en 1958. Par chance le parc et le château n’ont pas véritablement soufferts de la guerre et les communistes en ont pris soins pendant la guerre froide. C’est maintenant un haut lieu touristique avec plus de 2 millions de visiteurs par an.
Pour les visites, plus d’infos sur le site officiel.

L’immense parc est plein de surprises, des arbres fruitiers, des « fantaisies », comme le Pavillon Chinois. Trop long à liste, je vous souhaite une bonne découverte 🙂

sans souci pavillon chinois

De retour à Potsdam, comme nous sommes en décembre au moment de notre passage, c’est la pleine saison des marchés de Noël en Allemagne et donc on profite de celui de Potsdam dans le vieux quartier hollandais. Et pourquoi un quartier hollandais au fait? Et bien quand Frédéric II ambitionne de faire quelque chose de grand à Sans Souci, il souhaite que la petite ville de Potsdam soit à la hauteur. Comme il a longtemps séjourné dans les provinces-unies (les Pays-Bas), il en garde un souvenir marquant et fait construire ce quartier avec des maisons typiquement hollandaises.

potsdam quartier hollandais

potsdam marche noel

Ces galettes étaient délicieuses et il y avait plein de bonnes choses à manger miam miam! 🙂

Mais il y a un truc qui m’a un peu coupé l’appétit, c’est ce qu’on voit en dessous. Après renseignements, il s’agit dans la tradition hollandaise, de Saint Nicolas accompagné au choix de Zwarte Piet, qu’on peut traduire par Pierre le Noir. Il est présenté soit comme l’assistant de Saint Nicolas, et remplacerait les « lutins » du père Noël, ou soit comme le fameux père fouettard qui punit les enfants pas sages, alors que les gentils enfants reçoivent un cadeau. Évidemment cette tradition est raciste et fait de l’homme noir africain l’incarnation soit du serviteur-esclave ou du mal. C’est visiblement chaque année un débat de société aux Pays-Bas contre les défenseurs d’une « tradition inoffensive mais maladroite » d’un côté et ceux qui luttent contre le racisme de l’autre.

potsdam marche noel

potsdam marche noel

potsdam marche noel

Et retour à Berlin 🙂