Madère, Funchal la capitale

Funchal

C’est la plus grande ville de l’ile avec plus de 110.000 habitants sur une superficie de 76km². Elle est fondée en 1421 et son nom vient de funcho qui signifie fenouil, car à l’époque la zone où se situe la ville était recouverte de fenouil sauvage.
Le centre ville est vraiment agréable, il y a eu d’importants travaux de rénovation et c’est sincèrement avec plaisir qu’on peut s’y balader un jour ou deux. Allez, on se prive pas, hop en route, je vous emmène dans les rues de Funchal 🙂

madere funchal taxis jaunes rues

Bon plan : Il y a de bonnes chances que vous arriviez à Funchal avec votre belle voiture de location et vous découvrirez vite que trouver une place où se garer peut vous prendre une éternité. L’astuce c’est d’aller au grand centre commercial La Vie. Il est très bien situé en plein centre, et le parking est gratuit le samedi à partir de 13h, les dimanche et les jours fériés. Et dans tous les cas, c’est une bonne option, car il y a tout de suite de la place, il est pas cher, le centre commercial est agréable et c’est climatisé 🙂

Nous commençons à quelques pas du centre commercial, par le grand rond point, Rotunda do Infante. Il fait face à la statue de Infante Dom Henrique. C’est ce roi portugais qui permit l’expansion colonial et l’essor du Portugal en favorisant les grands voyages d’explorateurs en mer. C’est pourquoi on le surnomme Henri le Navigateur. C’est en partie grâce à lui donc que l’ile de Madère a été découverte en 1419. (Si vous faites un tour à Lisbonne, il y a un énorme mémorial qui lui est dédié à Bélèm, d’ailleurs ça se passe ici 🙂 )

madere funchal rond point christophe colomb statue

Un navigateur célèbre a d’ailleurs fait une longue escale à Madère, il s’agit de Christophe Colomb. C’est ici qu’il a épousé Felipa Perestrello Moniz, la fille du navigateur et explorateur portugais Bartolomeu Perestrelo. Grace à ce mariage, il a pu accéder aux cartes des courants et des vents dressées par les portugais lors de leurs excursions dans l’océan atlantique, et indirectement, Madère lui a permis de découvrir plus tard les Amériques 🙂
Sa statue se trouve d’ailleurs dans le parc juste à côté.

Le parc Santa Catarina est un grand espace verdoyant sur 36 000m². Il y a une immense pelouse entourée d’arbres et de fleurs venant du monde entier. Il doit son nom à la construction d’une chapelle pour Ste Catherine en 1425. On y a une très belle vue sur la ville, les paquebots immenses amarrés. Ambiance tranquille, le parc est loin d’être bondé, on profite doucement, on découvre les volières, les kiosques à livres gratuits, l’étang et ses fontaines, la grande aire de jeux pour enfants, etc … non vraiment, ce parc mérite le détour!

parc santa catarina funchal madere arbres paquebot fleurs

Et des dizaines de lézards en profitent pour griller tranquillement sur les pierres, vous ne pourrez pas les manquer 🙂

parc santa catarina madere funchal lezards murs pierres

Au sommet du parc vous ne pourrez pas manquer un grand bâtiment, la Quinta Vigia. C’est la résidence officielle du gouvernement régional de Madère. Les jardins sont libres d’accès et le bâtiment peut se visiter pour la somme symbolique de 1 euro. (fermé le week-end)

Un peu plus loin, après le centre des congrès et le casino, il y a une statue bien en évidence. Cette statue taille réelle en bronze représente la célèbre impératrice Sissi. Pour la petite histoire, en 1860, elle s’ennuie tellement à Vienne (qui est pourtant une très chouette ville à découvrir ici 😉 ) qu’elle simule une dépression pour qu’on lui conseille de prendre l’air. Illico, elle emprunte le yacht royal de la reine Victoria et s’embarque au soleil pour Madère loin de l’Autriche!

statue sissi madere funchal

Elle y passe quelques mois à gambader à gauche à droite et reprendre du poil de la bête. Le voyage lui a plu car elle reviendra une nouvelle fois en 1893. Vous voyez que Madère ça vaut le coup! 🙂 Voilà, c’est la fin de la parenthèse glamour du XIXe siècle.

Allez, maintenant on se dirige vers le port où on peut voir d’énormes paquebots à quai (nous on a vu le Queen Elizabeth) et vous devriez apercevoir cette silhouette rocheuse qui se détache sur la mer avec cette petite terrasse improbable au sommet. La terrasse d’un petit bar sympa ? Et bien non, aussi improbable que ça puisse paraitre il s’agit du plus petit état du monde : la principauté de Ponthina au Forte Sao Jose ! 🙂

forte sao jose plus petit etat du monde madere funchal

Ce petit point sur la carte était à l’origine un minuscule ilot sur lequel était bâti un petit fort. En 1903, pour aider à financer des travaux dans le port, le roi du Portugal vend la Ponthina a une famille d’anglais cultivant des vignes. En 2000, les anglais décident de s’en débarrasser mais personne ne veut l’acheter. Lors d’une soirée, ils font la connaissance de Renato Barros, un habitant de l’ile, prof d’art et sans argent, et bien sûr il est très intéressé! Il arrivera à récupérer de l’argent ici et là, et contre l’avis de toute sa famille et ses amis, il achète le rocher pour 25.000€ en 2000 (il n’y a plus qu’une cave et une terrasse…).

madere funchal plan punthina fort saint joseph

Juste après, à la surprise générale, il déclare l’indépendance de la Ponthina et se déclare Prince! En effet, en 1903, le roi avait mis dans le contrat qu’il cessait toute revendication ou pouvoir sur ce territoire, et il n’a jamais été réclamé depuis par le gouvernement portugais. Petit oubli 🙂 En expliquant au gouverneur de Madère qu’il avait un nouveau prince pour voisin, le gouverneur a immédiatement voulu racheter l’ile, mais Renato a refusé. Du coup, le gouvernement de Madère lui interdit le raccord à l’eau potable et l’électricité. Mais ça ne gêne pas trop Renatto qui a fait sa demande d’indépendance à l’ONU, qui a créé son passeport, et qui ouvre son minuscule territoire gratuitement aux curieux qui souhaitent découvrir une destination insolite 😉
https://www.fortesaojose.org (site pas à jour …)

En longeant le port quelques minutes, on longe un long bâtiment, c’est le CR7 Museu, le musée sur un des plus grands footballeurs du monde, Cristiano Ronaldo 🙂 Pour rappel, l’aéroport de l’ile a été rebaptisé en son honneur en 2017 : « Aeroporto Internacional da Madeira Cristiano Ronaldo« .
Si vous voulez plus d’infos sur le joueur, son palmarès, sa vie, je vous invite à faire un tour ici. Toujours est il que c’est un enfant du pays, qu’il a grandit dans le quartier Santo Antonio de Funchal, et que c’est juste un monstre (dans le bon sens du terme), qu’on aime le foot ou pas 🙂 Dans ce musée (5€ l’entrée) il n’y a pas grand chose à faire, quelques maillots, des coupes gagnées, des lettres de fan, des expériences 3d virtuelles etc …
Plus d’infos : https://museucr7.com/

cristiano ronaldo cr7 museum madere funchal
A faire si vous êtes fan! … et sinon, il reste toujours la statue juste devant 🙂

Allez on repart en longeant le port et direction le Jardim Municipal do Funchal. Aménagé en 1880, à la place de l’ancien couvent San Fransisco, il s’appelait à l’origine jardin de la Reine Amélia (en hommage à la dernière reine du Portugal).

jardim municipal do funchal madere

Ce petit jardin en plein centre ville est vraiment agréable et il y a une grande richesse dans la végétation. Situé face au théâtre municipal et la grande terrasse de son café, et de la longue rangée de taxi jaunes sagement garés, c’est une petite halte sympa pour reposer les jambes 🙂

jardim municipal do funchal madere

Juste à coté se trouve le Sao Lourenco Palace, qui est une ancienne forteresse, qui sert maintenant à la fois de musée de l’armée, et une très belle rue (maintenant) piétonne, l’avenue Zarco.  

rue funchal madere zarco statue

Il y a d’ailleurs au bout la statue de João Gonçalves Zarco c’est ce grand navigateur portugais qui découvre l’ile de Madère en 1419 et commence la colonisation quelques années plus tard et qui fondera la ville de Funchal. Respect.

Ensuite il fait bon se perdre dans les petites ruelles de la ville, et on finit forcément à un moment par tomber sur le célèbre Mercado dos Lavradores. Le « Marché des travailleurs » a été construit en 1940 dans le style architectural « État nouveau ». Il y a des grande mosaïques d’azulejos sur la façade … et c’est le lieu où tous les touristes se retrouvent.
A tort ou à raison ? Est-ce de l’authentique ou du cliché ?

Mercado dos Lavradores madere funchal marché

Et bien c’est rempli de touristes qui passent leur temps à mitrailler de photos le plus près possible des vielles vendeuses en costume traditionnel devant leurs stands de fruits et légumes, de fleurs et de bulbes en tout genre. A croire que personne n’a jamais mis les pieds dans un marché de sa vie? C’est totalement ridicule pour cet aspect là. Dans la partie poissonnerie où sont écaillés par exemple les fameux poisson-sabre Espada (hideux 🙂 les poissons hein), les poissonniers sont photographiés comme au zoo. Bref si vous allez au marché, ok, mais rangez votre appareil photo, goutez et achetez si vous voulez, mais ne faites pas vos touristes ! 🙂 Et sinon il y a d’autres marchés en dehors de Funchal où on peut s’aventurer et c’est bien plus « local », je dirais même plus, « normal » quoi, comme au marché de Prazeres par exemple à l’ouest de l’ile.
Allez, le site officiel : http://mercados.cm-funchal.pt/ (fermé dimanche et jours fériés)

En tout cas le bon plan pour manger, c’est juste en face! je vous conseille grandement le restaurant A Bica (Rua Do Hospital 17, devanture discrète et en sous sol). Un vrai bon resto portugais généreux frais bon et sans chichi 🙂

Ensuite, on part dans la rue Santa Maria. Tracée en 1430, c’est une des plus anciennes rues de la ville, et elle est célèbres pour ses nombreuses portes peintes. Cette rue était un peu laissée à l’abandon et un photographe (Martinho Mendes) immortalisait les vieilles portes … puis il décida de changer ça et d’apporter un peu de vie et de couleur. Il présente le projet des portes peintes, le chargé au tourisme valide l’idée et en 2011 la première porte est peinte, et le mouvement est lancé. Peu à peu les propriétaires sont contactés et donnent leur accord, puis des artistes connus ou non (le projet est ouvert à tous) se mettent au travail. Plus d’une centaines de portes sont visibles maintenant et font de cette rue une galerie d’art à ciel ouvert 🙂
Plus d’infos sur le site officiel : Projecto artE pORtas abErtas

rue santa maria portes peintes madere funchal

rue santa maria portes peintes madere funchal

Cette ruelle est aussi le repère d’innombrables restaurant à touristes avec les serveurs qui vous haranguent toutes les minutes … Un conseil, trouvez un autre endroit pour bien manger, c’est pas ce qui manque 🙂

funchal rue madere

Par exemple, faites juste un petit détour sur la très jolie petite place de la Capela Do Corpo Santo, vous serez plus au calme et il y aura d’avantage de choix.

Tout au bout de la rue Santa Maria, se trouve le Forte de Sao Tiago (aussi appelé Fort St James), on ne peut pas le louper avec ces murailles colorées flashy! Cette forteresse bâti au XVIIe siècle abrite maintenant un musée d’art contemporain, et un restaurant qui surplombe la mer, et une minuscule petite plage (galets) où bronzer plus ou moins en  tranquillité 😉

fort st james funchal madere plage

Maintenant, on retourne vers le centre ville, et puis tiens, si on faisait un petit tour de téléphérique? 🙂 Quelle idée un téléphérique … et bien je vous invite à monter au quartier de Monte (qui porte bien son nom) par vos propres moyens, et vous verrez qu’un petit trajet de 15-20 min en téléphérique c’est quand même bien pratique et agréable pour franchir un dénivelé de 560m et une distance de 3,2km. Bon ok, 16€ la montée, c’est un peu du luxe! mais allez, avouez qu’on ne fait pas ça tous les jours, et il suffit d’économiser quelques cigarettes ou cocktails et c’est déjà rentabilisé!
A l’origine, il y avait un petit chemin de fer qui reliait le port au quartier de Monte, qui était le quartier des nouveaux riches et de l’aristocratie. La petite locomotive a vaillamment servi de 1893 à 1943. En l’an 2000, le téléphérique est inauguré.
Allez, hop en route pour un petit tour dans les hauteurs de Funchal! 🙂

madere funchal telepherique

L’idée ici c’est de faire le Super Combo : montée en téléphérique + visite du jardin tropical de Monte Palace + descente en panier d’osier et retour dans le centre. A mon avis c’est la meilleure combinaison! Attention, le super combo ne fonctionne pas le dimanche, car il ne sera pas possible de faire la descente en panier.
On commence par prendre le ticket au guichet, pas la peine de prendre le combo avec le Jardim Botânico qui est plus loin, on se contente d’un aller-simple.
Plus d’info sur le site officiel : http://www.madeiracablecar.com/fr/ (tous les jours sauf noël)
Ensuite vous avez tranquillement le temps de profiter du paysage, de voir l’évolution des quartiers de la capitale au fur et à mesure de l’ascension, et de faire connaissance avec vos voisins de cabine 🙂

madere funchal telepherique

Une fois au sommet, c’est simple, on traverse la rue et on est juste devant l’entrée du Monte Palace Tropical Garden. (on peut aussi venir directement en voiture et se garer sur le petit parking juste en dessous mais pour se faciliter la vie et profiter un peu, il faut faire le super combo).
Au tout début ici se trouvait la riche demeure qu’un consul anglais avait fait batir sur sa propriété. Le manoir est ensuite devenu un hôtel de luxe et le jardin a été embelli, puis vendu à une société en 1943, qui revend enfin en 1997 à José Berardo, homme d’affaire portugais milliardaire collectionneur d’art et originaire de Madère qui décide d’en faire un grand et beau parc ouvert au public, le Monte Palace Tropical Garden est né! (mais c’est pas gratuit hein, 12.50€ l’entrée)
Plus d’infos ici : http://montepalace.com/desktop/ (ouvert tous les jours sauf noël)

monte palace tropical garden madere funchal jardin

Et bien je vous le dis, ce parc est vraiment très chouette 🙂 Sur un peu plus de 7 hectares on peut voir des statues du Zimbabwe (occupé par les portugais au XVIIe siècle), un grand jardin japonais, un musée de pierres précieuses, des grands bassins, des fontaines, des plantes tropicales de tous les pays du monde, des mosaïques sur la présence portugaise en Asie (Macao), des fleurs en veux tu en voilà, et puis tout ça tout ça! Sincèrement, c’est 12.50€ bien investis 😉

monte palace tropical garden madere funchal jardin

monte palace tropical garden madere funchal jardin

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Personnellement je vous conseille cette visite en milieu d’après-midi pour profiter des belles couleurs quand le soleil commence à descendre à l’horizon.

monte palace tropical garden madere funchal jardin

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Et pour ne rien gâcher, votre billet d’entrée vous donne le droit à un verre de Madère gratuit dans le bar au fond du parc, et si en plus vous arrivez à vous asseoir à la petite table tout au bord de la terrasse avec vue sur la ville, c’est le paradis 🙂

monte palace tropical garden madere funchal jardin

Allez, petit bémol, l’ancien bâtiment de l’hôtel ne se visite pas, mais c’est pas grave, on a beaucoup apprécié la découverte du jardin!

monte palace tropical garden madere funchal jardin

Mais le temps passe, le temps passe, et si on veut réussir le super combo, il faut faire la descente en panier d’osier avant la fermeture! (dernière descente à 17h45 … ce serait dommage de louper ça). Le point de départ est à quelques dizaines de mètres d’une des entrées du jardin, au pied de l’église Igreja Do Monte.
Alors je ne vous le cache pas, cette attraction est vraiment pépère … et un peu chère, 30€ pour deux. Ne vous attendez donc pas à des sensations fortes (malgré ce que vous pouvez lire ailleurs) et préparez vous à faire la queue avec une ribambelle de retraités tout excité à l’idée de ce qui les attend et qui applaudissent les carreiros (les pilotes) à chaque départ, au moins c’est la bonne humeur assurée 🙂
Donc toute cette histoire a commencé au XIXe siècle quand les habitants du quartier Monte cherchaient un moyen de redescendre rapidement en ville, et pourquoi pas dans un canapé en osier hein ? Une association de carreiros s’est formée et depuis plus de cent ans ils descendent la population et les touristes à travers les rues.
Site officiel : http://www.carreirosdomonte.com/

carreiros do monte funchal madere traineaux osier
Panier en osier avec patin en bois, carreiros avec chapeaux et chaussure avec semelles en caoutchouc, c’est parti! La descente se fait le long de la petite rue

Ce qui nous fait donc un super combo à 87 Eur pour deux adultes … ça fait certes un peu cher l’après-midi, mais après tout, il faut bien se faire plaisir 🙂 et puis toutes belles randonnées de l’ile sont gratuites elles! 😉

madere funchal rues

On enjoy la descente 🙂

madere funchal rues

madere funchal rues

Et allez, en bonus final, quelques photos de street art (et oui!) qu’on peut croiser ici et là dans les rues de Funchal 🙂

funchal madere street art rues

funchal madere street art rues

funchal madere street art rues

funchal madere street art rues

funchal madere street art rues

funchal madere street art rues

Si avec ça vous n’êtes pas motivés pour une visite de Funchal, je ne sais pas ce qu’il vous faut! En tout cas, nous, on a aimé 🙂

Bref, Madère, j’adhère! 🙂

Rome

Ah Rome, la « ville éternelle », la ville aux 7 collines, il parait que toutes les routes y mènent, et bien justement si on y allait y passer un grand week-end ?
Allez hop en route pour Rome! 🙂

rome louve romulus remus
On y va comment et on loge où ?

Pour y aller le plus simple, c’est un petit vol low-cost qui vous dépose à l’aéroport de Fiumicino au bord de la méditerranée à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Rome. Ensuite il suffit de prendre un billet pour le Leonardo Express (pas si express que son nom l’indique) et en 30-40 minutes vous arrivez à la gare de Termini en plein centre de la capitale italienne. La gare est très grande, alors faites attention si vous donnez rendez-vous à quelqu’un ça peut prendre du temps pour se retrouver 🙂

Le quartier de Termini est plutôt moderne et n’est à première vue pas très intéressant, pour nous rendre à notre logement on a fait nos premières rues à bord d’une mini sur les pavés romains 🙂 Sinon vous pouvez déjà commencer à user vos chaussures et descendre les rues (oui heureusement ça descend pour partir de la gare) ou prendre le métro (que vous prendrez de toute façon à un moment durant votre séjour).

Pour le logement c’était un airbnb au cœur du quartier Monti. On conseille vraiment ce quartier, des ruelles étroites quasi piétonnes, des vieux pavés, une ambiance cool et vivante. On a vraiment aimé l’ambiance 🙂 On vous en reparle plus tard!

Allez Hop on ne perd pas de temps, on pose ses affaires et on file dehors, il faut profiter du soleil et de la dolce vita!

Quartier Colisseo

Et dès le début de notre balade, en arrivant sur la Via degli Annibaldi, on voit tout au bout, à  quelques centaines de mètres, des vieilles pierres qui nous appellent immédiatement. On arrive au Colisée. La foule est là, les attrapes touristes en tout genre aussi, les pickpockets, les marchands à la sauvette, bref tout le classique des grands spots touristiques mondiaux. Mais malgré tout cet environnement, le Colisée lui il reste là, et on ne voit que lui depuis presque deux millénaires. La visite à l’intérieur du Colisée n’est à mon sens pas du tout indispensable, et passer à côté, le jour ou la nuit, c’est déjà très chouette 🙂 Par contre la visite du Forum Romain est pour moi indispensable, et de préférence à l’ouverture le matin. Et en poussant un peu plus loin il y a aussi les Thermes de Caracalla qui sont juste incroyables.
Tout ça je vous en parle un peu plus dans la page dédiée à la Rome Antique

rome colisee

Une fois que vous serez revenu de ce long périple dans la Rome Antique, revenez vers le mode moderne en longeant les restes de l’immense Cirque Maximus pour rejoindre les berges du Tibre. Vous passez jute à côté de l’Église Sainte-Marie in Cosmedin et son campanile visible de loin et qui est un des plus grands de la ville. N’oubliez pas de rendre visite à la Bouche de la Vérité. La Bocca de la Verita est à l’entrée de l’église et vous l’avez peut être déjà vu dans le film Vacances Romaines avec Audrey Hepburn et Gregory Peck.

rome bouche verite

La légende dit que si on met sa main dans la bouche de la statue et qu’on ne dit pas la vérité, elle tranche la main d’un coup de dents! A vous d’essayer 🙂
Bon en fait il s’agit simplement d’une vieille grande bouche d’égout, mais c’est plus classe d’appeler ça la Bouche de la Vérité!

rome temple hercule victor

Allez après ce grand moment de frisson,  vous passez à côté du Temple d’Hercule Victor qui doit sa survie et sa très bonne conservation au fait qu’il a très vite été reconverti en église. Ensuite, hop vous voilà sur les berges du Tibre, le fleuve qui traverse la capitale. Vous verrez sans doutes les ruines d’une arche en pierre isolée au milieu du fleuve, c’est tout ce qu’il reste du pont Aemilius, appelé maintenant le Ponte Rotto (pont brisé), c’est le plus vieux pont en pierre (enfin ce qu’il en reste) de Rome. Au milieu du fleuve se trouve l’ile Tibérine, qui est intégralement occupée par un hôpital, mais on peut se promener sur les larges berges (qui n’ont pas vraiment d’intérêts à part être au calme et avoir une autre vue sur le Tibre).

rome tibre pont garibaldi

Centro Storico

Ensuite je vous conseille de prendre le pont Garibaldi au bout de l’ile et de rejoindre la Via dei Giubbonari. Cette rue est pleine de boutiques de vêtements et de chaussures, mais ce n’est pas vraiment pour le shopping qu’elle est intéressante. J’ai vraiment été surpris par la petite Église Santa Barbara dei Librai nichée au fond d’une minuscule place, coincée entre 2 immeubles. Elle est minuscule et on ne s’attend pas à voir un décor aussi riche et peint à l’intérieur. C’était la première église romaine que j’ai croisé, et je me suis dit que cette ville devait avoir plein d’autres petites surprises cachées 🙂

rome eglise

Au bout de la rue on arrive à la Piazza Campo dei Fiori (champ des fleurs). Cette petite place héberge tous les jours un marché de fruits et légumes et le soir elle s’anime avec tous ses bars et restaurants. 

rome piazza campo fiori

Au milieu de cette place il y a une statue à l’air un peu sinistre … et tout le monde passe à côté sans vraiment s’y intéresser. Il s’agit de Giordano Bruno, né en 1548.
Ce nom ne nous dit pas grande chose, mais c’était un génie de son époque. Il commence sa vie comme frère dominicain mais il a une curiosité sans limite et une mémoire extraordinaire. Très vite il rejette la religion, et reprend la théorie de Copernic (la terre n’est pas le centre de l’univers mais la terre est une planète qui tourne autour du soleil avec d’autres planètes et le soleil est au centre de l’univers) en allant plus loin et affirme carrément que le soleil n’est pas le centre de l’univers. Il annonce que l’univers est infini, que toutes les étoiles sont des soleils entourés d’autres planètes et que sur ces planètes vivent d’autres créatures. Autant dire qu’il a très certainement bon sur toute la ligne et qu’il se fait dans le même temps un sacré paquet d’ennemis. Et pendant près de 20 ans il sillonnera l’Europe pour fuir l’église qui veut sa tête. Il sera même sous la protection du roi Henri III pendant plusieurs années car celui ci reconnait son génie.

rome statue giordano bruno

Il sera finalement trahi lors d’un séjour à Venise, et après 8 ans de procès, il finit brulé vif sur cette place en 1600. Jusqu’au bout il refusera de revenir sur ses déclarations. Alors n’oubliez pas d’avoir une petite pensée pour lui en passant à côté de la statue.

A quelques dizaines de mètres de là se trouve la Mostra Leonardo Da Vinci. C’est un petit musée autour de Léonard de Vinci et ses inventions. On peut toucher à tout.
Plus d’infos sur le site officiel.

rome mostra leonardo vinci

On ne l’a pas visité, et à vrai dire, on vous conseille mieux et moins loin, la visite du Clos Lucé, à côté d’Amboise dans le Loir et Cher, en France. Vous y trouverez la même chose en mieux et surtout dans la maison où il a vécut les dernières années de sa vie  🙂

Ensuite, traversez l’avenue pour arriver à la Piazza Navona. Toute en longueur, c’est la plus grande place touristique de Rome. Sa forme lui vient du fait qu’elle est construite sur les ruines du stade de l’empereur Domitien. Au centre de la place se trouve l’énorme fontaine des 4 fleuves. Elle symbolise les 4 coins du monde, avec le Danube, le Nil, le Gange et le Rio de la Plata. C’est Bernin qui réalise cette œuvre en 1651. Et au milieu de la fontaine se trouve un obélisque égyptien de 16m de haut.

rome fontaine 4 fleuves

A l’extrémité de la place, il y a une vitrine qui attire le regard. Elle est remplie de jouets anciens et de poupées … euh … parfois particulières hahah 🙂

rome poupees al sogno

C’est la boutique de jouets Al Sogno. Vraiment n’hésitez pas à y rentrer, il y a plein de belles surprises à l’intérieur 🙂

La tour avec son horloge, œuvre de Borromini, à la Piazza dell Orologio.

rome piazza orologio

En plein centre ville, au croisement de deux avenues embouteillées, on tombe sur ces ruines et on se demande un peu ce qu’elles font ici. C’est Largo di Torre Argentina. En 1909, alors que le quartier est en complète transformation et qu’on construit des nouveaux immeubles en peu partout, en démolissant l’église qui se trouvait ici, les ouvriers font une drôle de découverte : une énorme statue est déterrée. Ensuite des fouilles sont lancées, et c’est un grand complexe de 4 temples de la Rome antique qui est mis à jours. C’est Mussolini qui décidera de préserver cette zone et il en fait une sorte de sanctuaire, inauguré en 1929. La zone est interdite au public, mais ouverte aux chats. Et vous verrez probablement beaucoup de chats errants se la couler douce, affalés sur des pierres chauffées par le soleil 🙂

rome largo argentina

En arrivant à la Piazza Colonna où se trouve la colonne de Marc Aurèle, n’hésitez pas à rentrer dans le grande bâtiment un peu austère qui remplit toute la place le long de la Via del Corso. Il n’y pas vraiment de panneaux ni d’indications, mais à l’intérieur, c’est la Galleria Alberto Sordi. C’est une grande galerie marchande inaugurée en 1922. Entièrement rénovée, elle ré-ouvre ses portes en 2003 et la décoration type Art Nouveau est juste magnifique 🙂

rome galleria alberto sordi

A quelques dizaines de mètres de là, se trouve un des monuments les plus photographiés de Rome … et pas de chance pour nous cette fois là, il y avait des travaux de rénovations! … donc derrière les barricades, on distingue un peu la célèbre Fontaine de Trévi. C’est la plus grande fontaine de la ville, elle date de 1762 et elle répond à une commande du pape Clément XII. Il y  a une grande statue de Neptune qui célèbre l’arrivée de l’aqueduc Aqua Virgo (-19 av JC) qui alimente toujours la fontaine de Trévi via une canalisation souterraine.

rome fontaine trevi

Pour la petite histoire, la tradition veut qu’on doit lancer une pièce dans l’eau de la fontaine en lui tournant le dos, ce qui est une promesse de revenir un jour à Rome. Et bien cette tradition marche tellement bien que chaque matin, l’eau de la fontaine est vidée et toutes les pièces sont collectées sous garde la police pour l’association caritative Caritas. Mine de rien ça représenterait près de 2000 euros par jours!

En direction de la Piazza Venezia, le long de la Via del Corso, il y a une petite ruelle sur la droite, la Via Lata. A priori, aucun intérêt à y aller? et bien si, il y a une petite fontaine avec une statue sur un mur qui doit attirer votre attention. Il s’agit d’une des statues parlantes de Rome. Pas d’inquiétude, pas de magie, la statue ne va pas s’agiter d’un coup et se mettre à parler. Les statues parlantes, c’était un peu le réseau social avant l’heure. Les romains les utilisaient pour y placarder des annonces, des avis, des critiques sur le gouvernement et ses représentants. Si le sujet vous intéresse un peu vous pourrez cherchez les 6 autres statues parlantes cachées dans Rome 😉

rome statue parlante

Et enfin j’avoue mon inculture totale en arrivant sur la Piazza Venezia devant ce gigantesque monument blanc éclatant, qui est pratiquement LE monument national italien. Mais qu’est-ce que c’est ? le monument à Victor-Emmanuel II … mais c’est qui ???

rome monument victor emmanuel

Et c’est à ce moment que je découvre et que j’apprends une partie de l’histoire de l’Italie. Jusqu’à la moitié du XIXe siècle, l’Italie n’existe pas! La botte italienne était constellée de duchés, de principautés, de royaumes, et sans aucune unité. Et c’est en grande partie grâce à Victor-Emmanuel II, qui sera le premier roi de l’Italie unifiée le 17 mars 1861. Je vous laisse vous renseigner pour redécouvrir les détails de cette grande histoire un peu compliquée 🙂
Et c’est pour célébrer les 50 ans de l’unité italienne qu’a été construit cet énorme bâtiment de marbre blanc en 1911.

rome monument victor emmanuel

Une bonne petite adresse de restaurant dans le quartier, c’est la Tavernetta 48 (Via Degli Spagnoli, 48). Perdue dans une petite ruelle cachée, l’accueil était vraiment sympathique, on y a tellement bien mangé qu’on est revenu 2 fois! 🙂
http://www.latavernetta48.com/

Pour des glaces excellentes, rendez-vous à Il Gelato di San Crispino (Via della Panetteria 42), vous m’en direz des nouvelles 🙂
http://www.ilgelatodisancrispino.com/fr/home-fra/

Quartier Monti

Comme je vous l’ai dit avant, on logeait dans le quartier Monti, juste à côté de la piazza della Madonna dei Monti. C’est vraiment un lieu super agréable avec sa  Fontaine des Catéchumènes. On y a même vu un shooting photo de mode. Le soir la place se rempli de fêtards, tout le monde boit et s’amuse et c’est vraiment une bonne ambiance.

rome piazza madonna dei monti-

C’est vraiment cool de se balader dans ces petites ruelles pavées. Un quartier qui se vit de jour comme de nuit. On y sent un esprit village et on est loin de la foule, et des monuments touristiques. C’est un quartier pour y vivre, et on y trouve plein de bars restaurants et boutiques éphémères. Je vous le conseille vraiment 🙂

rome via neofiti
Via dei Neofiti

Lors de vos balades dans le quartier Monti vous emprunterez surement à un moment la via Panisperna. Et il y a 2 choses à voir ici 🙂 A gauche, la Tour des Milices. On la repère de loin! C’est une grande tour médiévale qui mesure 50m de haut (et qui en faisait bien plus avant, car deux étages se sont effondrés lors d’anciens tremblements de terre). A droite il y a des grands remparts qui entourent une zone jusqu’à la Via Nazionale. Il s’agit de la Villa Aldobrandini. Construite vers le 16e siècle sur des ruines d’une villa romaine, elle vaut le coup car on y pénètre par une petite entrée très discrète sur la Via Mazzarino (gratuit), et ensuite on se retrouve dans un beau jardin aménagé, à plus de 10 mètres au dessus des rues et qui donne une belle vue sur le quartier. Un petit trésor caché 🙂

rome tour milice

Quartier Borgo

Au nord de la ville, de l’autre côté du Tibre, on arrive au quartier de Borgo et un peu plus loin, on arrive au Vatican. La première chose qu’on voit ici c’est le Château Saint-Ange. C’est une imposante construction circulaire. Le monument a été construit en l’an 130 pour servir de mausolée à l’empereur Hadrien. Il reprend le même modèle que le mausolée d’Auguste à quelques centaines de mètres de là et construit un siècle plus tôt. Le monument sera ensuite rapidement intégré comme élément de fortification dans la défense de la ville et servira aussi de prison au Vatican, ce qui lui a permis d’être assez protégé par le temps jusqu’à nos jour. Il porte le nom de Saint-Ange suite à une vision du pape Grégoire Ier en 590 qui aurait vu un ange armé au sommet du mausolée remettre son épée dans un fourreau et dans le même temps l’épidémie de peste qui sévissait à l’époque ce serait arrêtée.

rome chateau saint ange

Le pont qui enjambe le Tibre est le Pont Saint Ange (construit en l’an 134) et il est décoré d’une dizaine de grandes statues réalisées par les élèves de Bernin. Ce sont des copies, car le pape Clément IX était tellement fan qu’il les a fait déplacer dans la Basilique di Sant’Andrea delle Fratte pour éviter qu’elles ne s’abiment dehors 🙂

rome chateau saint ange

Et à quelques centaines de mètres de là se trouve le Vatican. La visite des Musées du Vatican et de la Basilique Saint Pierre sont obligatoires! 🙂 je vous promets que ça vaut le coup. Je détaille un peu plus la visite dans la page sur le Vatican.

rome vatican

Une petite vue du quartier depuis les fenêtres du Vatican.

rome

Quartier Trastevere

A l’ouest de la ville, sur l’autre rive du Tibre, on rentre dans le quartier de Trastevere. C’est un quartier ouvrier qui est devenu ces dernières années le quartier pour boire un verre et faire la fête. D’ailleurs on en a profité pour griller au soleil en terrasse et découvrir une spécialité romaine que je ne connaissais pas du tout : l’artichaut frit (Cartocciofi alla romana). Le secret, c’est d’enlever les plus grosses feuilles, le frire dans de l’huile à 150°C pendant 10 minutes, bien égoutter, et juste avant de servir, passer 5 minutes dans l’huile à 180°C. C’est super bon! c’est croustillant, et tout se mange 🙂

rome trasevere

En arrivant sur la Piazza Maria, on découvre la basilique Sainte-Marie-du-Trastevere. Elle est très ancienne, elle date du IVe siècle et c’est peut être la première église de Rome où une messe a été célébrée.

rome basilique trastevere

Elle a été reconstruite en 1140. Les 22 colonnes de granit à l’intérieur proviennent des thermes de Caracalla. Les murs sont décorés de mosaïques dorées et l’intérieur est vraiment riche. En cherchant, vous trouverez peut être un morceau de la Sainte Éponge (l’éponge utilisée pour donner à boire à Jésus sur la croix). Au sommet du campanile, si on est attentif on verra une mosaïque de la Vierge et l’enfant.

rome basilique marie trastevere

J’ai beaucoup aimé cette ouverture au plafond où 4 anges portent un petit temple rond et laissent passer la lumière, c’était la première fois que je voyais ça 🙂

rome basilique marie trastevere

Allez, ensuite on emprunte la petite ruelle Via di Porta S. Pancrazio et on grimpe, et ensuite on gravit un escalier, et on finit par atteindre La Fontana dell’Acqua Paola. C’est une fontaine monumentale construite en 1612 pour marquer la fin de l’aqueduc Acqua Paola. Une fois le bassin de la fontaine achevé, les cochers avaient la mauvaise habitude d’approcher leurs attelages pour faire boire leurs bêtes dedans, du coup des poteaux en marbre ont été rajouté pour les éloigner. Et au passage, il est aussi interdit de se baigner dans cette fontaine depuis 1707 🙂 Et comme cette fontaine a quand même la classe, elle a servi de modèle pour la fontaine de Trévi.

rome fontaine acqua paolla

Un des avantages d’être ici, c’est qu’on est en haut de la colline du Janicule (la 8e colline de Rome 🙂 ) et du coup on a une vue panoramique sur la capitale. Et je vous conseille d’y venir en fin de journée pour observer un phénomène assez spectaculaire. Chaque soir des nuages d’étourneaux survolent la ville. Des milliers d’oiseaux volant ensemble et donnant l’illusion de véritables nuages vivants. C’est top à voir, et je suis un peu déçu que ça ne rende pas aussi bien en photo 🙂

rome oiseaux

rome oiseaux

En début de soirée, on croise parfois des gens avec des parapluies, dans les quartiers proches des rives du Tibre, et ça parait complètement absurde puisqu’il ne pleut pas. Mais si on se rapproche de l’avenue qui longe le fleuve, on comprend beaucoup mieux. On entend plein de petits bruits, comme des centaines de cerises qui tombent au sol. Les milliers d’étourneaux viennent se poser sur les branches des arbres tout le long de l’avenue et ils en profitent pour faire le petit caca du jour! une zone dangereuse 🙂

rome oiseaux

A quelques dizaines de mètres de la Fontana dell’Acqua Paola, en descendant la Via Garibaldi on tombe sur ce monument. Il s’agit de l’Ossuaire du Janicule ou le Mausolée de Garibaldi. Là encore, c’est une partie de l’histoire italienne qui se résume ici à cette construction et à ce nom : Giuseppe Garibaldi. C’est un des pères de la nation italienne, il a eu une vie incroyable de marin, bandit, aventurier en Europe et en Amérique du Sud, révolutionnaire, homme politique et homme de guerre. C’est lui qui offrira à Victor Emmanuel le sud de l’Italie lui permettant l’unification du pays. Le mémorial ici est en souvenir de la brève République Romaine de 1848 proclamée lors de la fuite du pape Pie IX qui fit appel notamment aux armées françaises pour libérer « Rome ». Les plus durs combats eurent lieu ici en juin 1849.

rome ossuaire janicule

Quartier Ostiente

Au sud de Rome, on trouve le quartier Ostiente. Profitez en pour prendre le métro et descendre à la station Piramide. Et oui vous lisez bien et d’ailleurs en sortant dans la rue vous la voyez immédiatement, une pyramide à Rome!
C’est la
Pyramide de Cestius. A l’époque Rome venait de conquérir l’Egypte et la culture de ce pays était à la mode. Le préteur Caius Cestius Epulo décide donc de se faire construire ce tombeau à la façon égyptienne. Elle fait 36 mètres de haut et elle est beaucoup plus pointue que ses sœurs égyptiennes. La pyramide est réalisée en moins de 330 jours en l’an 18 av JC. Elle a ensuite été incorporée au mur d’Aurélien qui entourait la ville. Elle a été restaurée en 2015 et a retrouvée sa blancheur d’il y a 2000 ans

rome pyramide cestius

Juste à côté se trouve la Porte San Paolo, qui s’appelait avant Porta Ostiensis et qui était une des 17 portes fortifiées permettant de franchir le mur d’Aurélien pour rentrer dans Rome. Elle a été construite sous le règne de l’empereur Maxence au IVe siècle. Pendant le siège de Rome par les Ostrogoths en 549 c’est par cette porte que les « barbares » pénètreront dans la ville.

Ensuite hop, on va découvrir un endroit insolite. On grimpe le long de la Via di Porta Lavernal, pour rejoindre la Piazza dei Cavalieri di Malta. Après c’est simple, en principe vous devez voir une file de gens faire la queue pour s’arrêter devant une porte. Drôle d’idée, mais comme ils ont le sourire sur le visage en partant c’est qu’il doit bien y avoir quelque chose d’intéressant! Concernant le portail et la porte, il s’agit de l’entrée de la villa du Prieuré de l’Ordre de Malte. C’est aussi l’ambassade de l’ordre Souverain de Malte en Italie. Mais tous les curieux ne viennent ici que pour une seule raison : regarder par le trou de la serrure!

rome buco di roma

Donc vous faites la queue comme tout le monde et au passage vous pouvez en profiter pour prendre une petite glace à la camionnette d’un glacier qui a bien compris le filon et qui stationne ici 🙂 Enfin c’est votre tour, vous êtes devant la porte, moment d’émotion et de vérité, est-ce que la Buco della serratura di Roma sera à la hauteur de sa réputation ?
Et bien oui, en regardant par le trou de la serrure on a effectivement un alignement parfait par une allée du jardin du prieuré et une vue splendide et très esthétique sur la coupole de la Basilique St Pierre du Vatican. Par-fait! 🙂

rome buco di roma

Une fois que vous avez relevé la tête de la serrure, vous pouvez ensuite tranquillement repartir long de la Via di Santa Sabina. Le bâtiment suivant est la Basilique Sainte-Sabine. Elle a été construite en l’honneur de Sainte Sabine. Sabine, Savine ou Savina, était une riche romaine vivant dans la région Ombrie, sous le règne de l’empereur Hadrien. Une de ses esclaves venant d’orient était chrétienne. Quand son esclave est exécutée car chrétienne,  Sabine décide de lui donner une sépulture dans son mausolée familiale. Elle est dénoncée et lors de son interrogatoire elle avoue qu’elle s’est convertie à la religion chrétienne. Elle sera exécutée elle aussi le 29 aout 126. Plus tard ses cendres sont transférées à Rome et la basilique est bâtie en 422.

rome eglise sainte sabine

Sur la petite place devant la basilique se trouve la Fontana del Mascherone (un mascaron, c’est la sculpture de tête humaine par où jaillit la source et qui en général doit avoir un air dur et puissant, à l’image de la riche famille romaine propriétaire de la fontaine). Cette fontaine est un assemblage : un ancien vasque de thermes antiques et une tête qui a servi sur trois autres fontaines (au moins) avant d’être finalement installée ici.

rome fontaine sabine

Juste derrière se trouve un parc, le Jardin des Orangers (Giardino degli Aranci). Il a été aménagé en 1932 à partir de l’ancien parc de la famille Savelli pour être ouvert au public et offrir un nouveau point de vue panoramique sur Rome. Le jardin comme son nom l’indique possède de nombreux orangers, et selon la légende c’est Saint Dominique qui y aurait planté le premier plant.

rome jardin orangers

Une fois que vous avez bien profité de la vue, pour repartir, prenez la toute petite entrée sur la gauche et fermée par une grille. C’est la Clivo di Rocca Savella. C’est un ancien passage pavé et piéton qui permet de descendre rapidement de la colline jusqu’au Tibre. Il n’y a quasiment personne qui l’emprunte, on est au calme on dirait un chemin de campagne et on a une belle vue sur la ville. Un passage pour les privilégiés 😉

Autour de Rome

Si vous aimez l’histoire du cinéma, il y a un lieu à visiter immanquablement si vous êtes de passage à Rome, c’est les studios de Cinecitta. Ça se trouve environ à 9km à l’est du centre historique de Rome, donc il vaut mieux prendre la ligne A du métro pour y aller et descendre juste avant le terminus à la station Cinecitta. Cinecitta, comme son nom l’indique ça veut dire « la cité du cinéma ».

rome cinecitta

L’idée a germée dans la tête des dirigeants de l’Italie fasciste des années 30. Il fallait à la fois un outil de propagande puissant et pouvoir rivaliser avec le capitalisme américain et Hollywood. Finalement c’est décidé, l’Italie aura le plus grand complexe de création cinématographique d’Europe et Mussolini fait l’inauguration en 1937.
Dans les années 50, la mode des péplums hollywoodiens tournés à Cinecitta donneront un nouvel âge d’or à ses studios.
Sur place on peut visiter un musée sur les studios de Cinecitta et sur le cinéma italien, et profiter de la visite guidée pour explorer des décors de films et de séries que vous reconnaitrez sans doute. Bref c’est une visite vraiment agréable, loin de la foule et qui permet de sortir un peu du cliché romain 🙂
Plus d’infos sur le site officiel.

rome cinecitta

rome cinecitta

rome cinecitta

rome cinecitta

rome cinecitta

rome cinecitta

rome cinecitta

rome cinecitta

rome cinecitta

Enfin, avant de quitter Rome, à la gare Termini, n’oubliez pas d’aller voir la statue de Jean Paul II. Oui c’est le pape, on ne le dirait pas. C’est une grande statue en bronze de 5 mètres de haut avec le pape qui ouvre sa cape et il n’y a pas de corps dedans, on peut s’y mettre à l’abri. Enfin c’est l’idée du sculpteur. La première version inaugurée en 2011 était tellement « loupée » que la ville de Rome a demandé au sculpteur Oliviero Rainaldi de la retravailler (on disait qu’elle ressemblait à Musollini). Elle a l’air un peu plus accueillante maintenant 🙂

rome statue jean-paul 2

Et si vous ne l’avez pas encore fait, visitez les sites de la Rome antique et allez passer une journée au Vatican! 🙂

Allez Ciao Roma! et c’est certain, on reviendra!

Séjour réalisé en octobre 2015

Corse

Ah la Corse, l’ile de Beauté, un joyaux de la méditerranée. Il y a tellement de superlatifs autour de la Corse qu’il fallait partir vérifier ça. Alors hop en route!

Pendant un séjour en Provence, hop on décide de pousser la voiture jusqu’au ferry pour passer 10 journées sur les routes Corse. Notre petit road-trip nous mènera le long de la côte ouest de l’ile jusqu’à l’extrémité sud, puis profiter des plages de l’est, faire de belles randonnées dans le centre. Un petit concentré de ce que la Corse peut nous offrir.

Jour 1 – Ile Rousse – Calvi – Porto – Calanques de Piana
corse porto calanques piana

Jour 2 – Porto – Capu d’Ortu
corse capu ortu

Jour 3 – Filitosa – Sartène – Rondinaracorse sartene

Jour 4 – Bonifacio – Iles Lavezzicorse bonifacio

Jour 5 – Rondinara – Tappa – Araghjucorse rondinara

Jour 6 – Porto Vecchio – Piscia di Gallo – Zonzacorse piscia di gallo

Jour 7 – Alta Rocca – Zonza – Quenzacorse zonza camping

Jour 8 – Bavellacorse bavella trou bombe

Jour 9 – Plateau du Coscione – Caldanecorse plateau coscione

Jour 10 – Ajaccio

Et vivement le prochain voyage pour découvrir la suite des merveilles cachées de Corse!

Séjour réalisé fin aout 2015

Autour de Berlin

Je vous propose ici quelques balades agréables à faire autour de Berlin 🙂

– Charlottenbourg
– Potsdam

Charlottenbourg

Autrefois ville indépendante, Charlottenbourg fait maintenant partie d’un des douze districts qui composent les arrondissements de Berlin. Une des principales raisons de venir ici, c’est pour le Château de Charlottenbourg.

berlin charlottenbourg

Il est construit de 1695 à 1713 pour la famille royale des Hohenzollern qui règnera en tant que rois de Prusse et empereurs d’Allemagne. Frédéric 1er est le premier a y résider, et il donnera ce nom au château en souvenir de sa femme la reine Sophie-Charlotte décédée en 1705. Il parait que l’intérieur du chateau et les jardins sont magnifiques. Mais lors de notre visite, c’était fermé, en raison du marché de Noël. Mais franchement on a passé un très bon moment ici 🙂 Nous reviendrons faire la visite une prochaine fois.

berlin charlottenbourg

On peut facilement venir et repartir de Charlottenbourg en vélo, soit en suivant la Spree, soit en empruntant les grands axes. Et dans ce cas là, vous verrez ce grand bâtiment construit en 1905, avec une haute tour de 89 mètres! Et bien il s’agit de la mairie de Charlottenbourg, en toute simplicité 🙂

berlin mairie charlottenbourg

Et juste après avoir franchi la Charlottenburger Tor en direction de Tiergarten, sur votre droite vous verrez encore un bâtiment assez énorme et étrange. Mais de quoi s’agit-il ?

berlin tunnel cavitation

C’est le tunnel de cavitation de l’Institut de l’Eau, construit en 1976. En gros ça permet d’étudier des hélices ou des propulseurs dans des courants d’eau à hautes vitesses et contrôler le phénomène de cavitation, quand des micro bulles d’air se forment à cause de la dépression créée et peuvent imploser ensuite en abimant les matériaux autour. Bref c’est un peu technique, mais ce bâtiment est à la fois tellement hideux et tellement bizarre au milieu des bois qu’on ne peut s’empêcher de s’arrêter pour le regarder et le comparer à un espèce d’éléphant post moderniste cubiste 🙂

Potsdam

Une chouette balade à faire autour de Berlin, c’est aller à Potsdam. Située à 30km au sud ouest de la capitale, on y arrive en 40 petites minutes en prenant le train S7 et on descend à  Potsdam Charlottenhof Station.

Très rapidement vous arrivez devant un grand bâtiment, c’est le Landtag Brandeburg, le parlement régional du Land. Et comme cette façade en trompe-l’œil pour ce bâtiment administratif inauguré en 2004 et qui ressemble à un château, pour ne pas tromper les visiteurs et avec un brin de provocation façon Magritte, il est écrit en lettres d’or « Ceci n’est pas un chateau » 🙂

berlin potsdam landtag

berlin potsdam landtag

En face, c’est la Place du Vieux Marché avec autour :

Alten Rathaus. C’est l’ancienne mairie qui est reconvertie en Museum. Pas visité, mais plus d’infos ici.

potsdam alten rathaus

A coté, se trouve la grande Église évangélique St Nicolas. Construite en 1837 avec sa grande coupole qui culmine à 85 mètres, c’est longtemps un bâtiment indissociable de la ville. Elle est quasiment détruite pendant la guerre suite aux bombardements. De 1956 à 1984, elle est reconstruite.

berlin potsdam eglise nicolas

potsdam eglise nicolas

Et juste à côté … des immeubles en ruines made in RDA et laissés à l’abandon. Bizarre bizarre …

potsdam eglise

Même si Berlin restait la capitale officielle de la Prusse, Potsdam restait le lieu de résidence de la Cour. Et pour ça, il fallait un château et un parc à la hauteur, et c’est pourquoi on vient ici. On entre un simple portail et devant nous, c’est 289 hectares de parcs, sculptures, fontaines et jardins. Bienvenue au Parc du Palais de Sans Souci.

En 1744, Frédéric II se promène à cheval et trouve que le coin est idéal pour construire sa future résidence royale d’été, alors hop! La construction est lancée, et rapidement il vient se détendre ici loin de l’étiquette royale, sans chichi, il s’adonne à ses passions et vit « sans souci ».

Un des premiers bâtiments qu’on croise dans le parc, sur la droite, est la Bieldergalerie (fermée) qui est en quelque sorte le premier musée créé en Allemagne car uniquement destiné à abriter les 124 peintures achetées par Frédéric II.

bieldergalerie sans souci

Ensuite on arrive devant le Palais Sans Souci construit en 1747. C’est avant tout un lieu de détente pour le roi et les dimensions restent modestes avec dix pièces sur un seul niveau en style rococo. Ce palais est en partie célèbre grâce à son jardin à étages. C’est Peter Josehp Lenné, un grand paysagiste prussien qui le réalisera. Et ça ne rend pas terrible sur cette photo, et oui en hiver ça le fait pas … désolé 🙂 Il faut l’imaginer tout recouvert de vignes et de figuiers et c’est magnifique.

jardin sans souci

En 1763, Frédéric II fait construire le Neues Palais, au bout de la longue allée rectiligne de plus de 2 kilomètres et qui parait interminable.

berlin potsdam sans souci

potsdam sans souci neues palais

sans souci neues palais

Cette construction est un symbole, elle est sensée montrer au reste du monde la grandeur et la force de la Prusse après la fin de la guerre de Sept Ans. Du coup, pour en mettre plein les yeux, c’est style baroque, 220 mètres de façade et plus de 400 sculptures en grès, des salles de réception et de banquet à foison. Bling bling! Après la mort de Frédéric II il n’est plus trop utilisé, jusqu’à ce que Guillaume II en fasse sa demeure préférée après avoir fait installer le chauffage à vapeur et l’électricité. Ensuite le palais deviendra un musée … qui sera pillé par les russes pendant la seconde guerre mondiale et une petite partie sera rendue à la RDA en 1958. Par chance le parc et le château n’ont pas véritablement soufferts de la guerre et les communistes en ont pris soins pendant la guerre froide. C’est maintenant un haut lieu touristique avec plus de 2 millions de visiteurs par an.
Pour les visites, plus d’infos sur le site officiel.

L’immense parc est plein de surprises, des arbres fruitiers, des « fantaisies », comme le Pavillon Chinois. Trop long à liste, je vous souhaite une bonne découverte 🙂

sans souci pavillon chinois

De retour à Potsdam, comme nous sommes en décembre au moment de notre passage, c’est la pleine saison des marchés de Noël en Allemagne et donc on profite de celui de Potsdam dans le vieux quartier hollandais. Et pourquoi un quartier hollandais au fait? Et bien quand Frédéric II ambitionne de faire quelque chose de grand à Sans Souci, il souhaite que la petite ville de Potsdam soit à la hauteur. Comme il a longtemps séjourné dans les provinces-unies (les Pays-Bas), il en garde un souvenir marquant et fait construire ce quartier avec des maisons typiquement hollandaises.

potsdam quartier hollandais

potsdam marche noel

Ces galettes étaient délicieuses et il y avait plein de bonnes choses à manger miam miam! 🙂

Mais il y a un truc qui m’a un peu coupé l’appétit, c’est ce qu’on voit en dessous. Après renseignements, il s’agit dans la tradition hollandaise, de Saint Nicolas accompagné au choix de Zwarte Piet, qu’on peut traduire par Pierre le Noir. Il est présenté soit comme l’assistant de Saint Nicolas, et remplacerait les « lutins » du père Noël, ou soit comme le fameux père fouettard qui punit les enfants pas sages, alors que les gentils enfants reçoivent un cadeau. Évidemment cette tradition est raciste et fait de l’homme noir africain l’incarnation soit du serviteur-esclave ou du mal. C’est visiblement chaque année un débat de société aux Pays-Bas contre les défenseurs d’une « tradition inoffensive mais maladroite » d’un côté et ceux qui luttent contre le racisme de l’autre.

potsdam marche noel

potsdam marche noel

potsdam marche noel

Et retour à Berlin 🙂

Berlin

Une fois qu’on rentre de Berlin, on a envie d’y retourner! C’est une capitale agréable et très riche d’histoire, de lieux, de gens.
Allez hop en route à Berlin, because Ich bin ein Berliner!

Durant votre séjour à Berlin, vous userez vos semelles. La ville est grande, très grande. On vous conseille évidemment de prendre le métro, pratique, rapide et propre (ça change de Paris!). Pas de guichet, mais si vous vous faites prendre sans billet, l’addition fait mal! Et surtout on vous conseille de parcourir la ville à vélo. Elle est vraiment adaptée, il y a des couloirs de vélos partout, et les trottoirs sont immenses, et il n’y a pas trop de reliefs, c’est vraiment agréables et on peut en louer partout à la journée pour vraiment pas cher.

Ce qui est vraiment agréable à Berlin, c’est qu’on à beau être dans une capitale, la ville reste à taille humaine : il n’y a pas la foule partout comme à Paris (ici la densité d’habitants c’est 4.000/km² contre 21.000/km² à Paris!) et les trottoirs sont larges, pas trop de circulation, des parcs et du vert partout, enjoy!

Comme je ne savais pas trop comment m’y prendre, je vous propose la visite de Berlin d’Ouest en Est dans cet article, et Berlin du Nord au Sud dans le suivant. Et évidemment une page spéciale pour les alentours de Berlin 🙂

Allez hop c’est parti!

Tiergarten

C’est le poumon vert de la ville. A l’origine le Tiergarten était une réserve de chasse royale. Sous Frédéric 1er il devient un parc et une grande avenue le traverse pour rejoindre Charlottenburg. Durant les deux siècles qui suivent le parc est aménagé avec des allées, des petits lacs, fontaines et des statues.

berlin tiergarten

Durant la seconde guerre mondiale, tous les arbres sont détruits par les bombardements ou coupés pour servir de bois de chauffage, et pendant quelques années l’espace servira de potager pour nourrir les populations. En 1949, un million d’arbres sont plantés pour lui redonner son aspect. Avec 3km de long sur 1km de large, ses 210 hectares et 32 km de sentiers, c’est l’endroit idéal pour les balades, le footing et les promenades en vélo.

berlin tiergarten

Au nord du parc, près de la Spree, se trouve le Château de Bellevue. A l’origine bâti en 1786 comme résidence d’été pour Auguste Ferdinand de Prusse. C’est ici que fut signé l’acte de reddition de la France à l’issue de la Guerre franco-allemande en 1870. Il est détruit par les russes pendant la bataille de Berlin en 1945 (il abritait l’état-major des armées nazies à ce moment là). Il est reconstruit en 1959 et sert maintenant de résidence pour le Président Fédéral Allemand (à ne pas confondre avec le titre de chancelier).

berlin chateau bellevue

Au sud ouest du parc se trouve un biergarten à ne pas manquer, c’est le Cafe am neuen See Biergarten. Le cadre est réellement magnifique avec une étendue d’eau (possibilité de louer une barque) juste devant les pontons en bois où on peut se poser tranquillement pour profiter d’une bonne bière fraiche, d’un bretzel géant ou de n’importe quelle pâtisserie. C’est vraiment un endroit très agréable! Le seul bémol sera peut être le service, mais bon, vous êtes avant tout là pour profiter du paysage, et croyez moi ça vaut le coup! 🙂

berlin tiergarten biergarten
Plus d’infos ici

Un autre petit bijou se cache dans le parc, c’est le Jardin des Roses (Rosengarten). Il a été conçu en 1909, lui aussi en partie détruit pendant la guerre, il a entièrement été réhabilité en 2004 et c’est un petit havre de paix fleuri au milieu du parc. Ça mérite le détour en vélo 🙂

tiergarten rose jardin

Au sud est du parc se trouve le Global Stone Project. Une œuvre new-age où un artiste allemand a importé 5 énormes pierres des 5 continents, et a travaillé leurs surfaces pour qu’au solstice le 21 juin, elles reflètent chacunes la lumière du soleil vers les autres. Et sur les continents d’origines, leurs pierres « jumelles » pointent aussi leurs rayon vers Berlin. L’idée est d’imaginer faire partie de lien planétaire naturel à ce moment là.
Il y a juste un petit souci avec le rocher (20 tonnes!) venant du Vénézuela, car les indiens réclament son retour depuis des années car la Kueka stone serait une roche sacrée.

berlin tiergarten stone
Plus d’infos ici

Vous croiserez de nombreuses statues, en l’honneur de Goethe, Beethoven, etc… Ma préférée reste l’Amazone à Cheval de Louis Tuaillon.

berlin tiergarten amazone

A 400m de la Porte de Brandebourg se trouve le Mémorial Soviétique. Il est construit juste après la prise de Berlin par l’Armée rouge en utilisant des matériaux du Neue Reichkanzlei (la chancellerie qu’Hitler avait fait construite en 1938). Il est inauguré en novembre 1945, en hommage aux 81.116 combattants morts pendant la bataille de Berlin. Il est encadré par 2 canons obusiers et 2 chars T-34, les premiers à être rentrés dans la capitale.

berlin memorial sovietique

Un autre mémorial à ne pas louper, celui en l’honneur de Otto Van Bismarck. Il a été réalisé en 1901 en l’honneur de l’homme qui a réussi à unir les différents petits états indépendants et les unifier pour créer l’Empire Allemand en 1871. Personnellement dans ce mémorial, c’est la statue de Germania qui impressionne. On sent bien qu’il ne fallait pas rigoler avec elle! 🙂

berlin memorial bismarck

Au centre du Tiergarten, au carrefour des cinq grandes avenues, se trouve la Siegessäule, c’est la Colonne de la Victoire. Cette colonne commémore les campagnes prussiennes victorieuses de 1864, 1866, et 1870 (contre le Danemark, l’Autriche et la France). A l’origine elle se situait juste en face du Reichstag mais en 1938 les nazis déplacent la colonne à son emplacement actuel. C’est ce qui lui a permit d’être encore debout, puisque son emplacement d’origine a été réduit en cendres durant la guerre.

berlin colonne victoire

Elle fait 67 mètres de haut et à son sommet se trouve une statue dorée de la déesse Victoria de 8 mètres (et 35 tonnes!), que les berlinois surnomme Goldelse. En passant par un tunnel on atteint le pied de la colonne, on admire les mosaïques et on monte au sommet par un escalier de 285 marches pour avoir une belle perspective sur la Porte de Brandebourg et un chouette panorama sur la capitale et les alentours. C’est aussi un des symboles de la communauté gay berlinoise.

Au sud ouest du Tiergarten, juste derrière le Zoo de Berlin, se trouve la fameuse Église du Souvenir de Berlin. C’est l’empereur Guillaume II qui lance sa construction et en 1895 elle peut accueillir plus de 2.000 personnes. Sa flèche culminait à 113 mètres de hauteur. Durant la guerre en 1943, l’église est bombardée, et il ne reste plus que cette ruine de clocher de 63 mètres, où on peut encore voir les mosaïques à l’intérieur ainsi qu’un petit musée expliquant son histoire.

berlin eglise souvenir

Une nouvelle église moderne est construite en 1961 juste à côté. L’église comporte (en plus d’une croix orthodoxe russe), une croix composées de clous provenant de la cathédrale de Coventry en Angleterre, qui elle a aussi a été détruite par des bombes mais nazies. Ces 2 lieux de cultes ont été reconstruits à côté de leurs ruines et consacrés le même jour le 25 mai 1962, en signe de réconciliation.

berlin eglise souvenir

Quartier du Gouvernement

Durant votre séjour à Berlin vous passerez probablement à un moment par la Berlin Hauptbahnhof, la Gare centrale de Berlin. C’est en dimension, la plus grande gare d’Europe. Le chantier pour une grande gare centrale dans la capitale a été lancé après la réunification, et l’inauguration a eu lieu en 2006 par Angela Merkel. N’oubliez pas d’y admirer (ou pas) la statue de Rolling Horse (10 mètres de haut et 35 tonnes, en 2007).

berlin rolling horse

En empruntant ensuite la petite passerelle piétonne au dessus de la Spree, on arrive dans le quartier du gouvernement. Toute cette zone accueille les bâtiments gouvernementaux modernes construits après la réunification quand le gouvernement allemand a déménagé de Bonn à Berlin.

berlin quartier gouverment

La Chancellerie Fédérale (bundesregierung), inaugurée en 2001 et qui a très vite été surnommée la machine à laver. En forme de « H », elle recouvre plus de 73.000m² et c’est un des plus grands bâtiments gouvernementaux au monde.

berlin chancellerie

Juste en face c’est la Paul-Löbe House qui accueille les commission parlementaires.

Et bien évidemment on arrive devant un autre grand symbole de Berlin, le Reichstag. Il a été construit de 1884 à 1894 avec l’argent donné par la France en guise d’indemnités de guerre après 1871. Sur le fronton il y a écrit « Dem Deutschen Volke » (au peuple allemand) avec de grandes lettres en bronze (bronze provenant de canons napoléoniens). En 1933 son incendie criminel sera utilisé par les nazis pour écraser les autres pouvoirs politiques en place. Quand l’armée rouge reprend la ville au nazi, une des photos les plus célèbres est celle du drapeau communiste flottant sur le Reichstag. A la séparation, le Reichstag se situe à Berlin ouest, mais le Mur de Berlin, qui englobe la Porte de Brandebourg, passe juste à ses pieds. Après la réunification, le Reichstag est complètement rénové. Durant les travaux, l’artiste Cristo l’emballe entièrement dans une toile argentée. Au déballage, on découvre le grand dôme en verre qui l’a rendu célèbre. En 1999 les députés commencent à y siéger.

berlin reichstag

Il est possible de visiter le grand dôme de verre et d’aller sur le toit terrasse du Reichstag. Il suffit de s’inscrire sur ce site. C’est gratuit, et audioguide fournit. En prime vous avez une belle vue sur Berlin. Franchement on vous conseille d’y aller en soirée, vers la dernière heure d’entrée, il n’y a personne 🙂 Cette coupole permet de voir le parlement juste en dessous, et elle est sensée rappeler aux députés allemand que le peuple est au-dessus d’eux.

berlin reichstag

berlin reichstag

La Porte de Brandebourg

berlin porte brandebourg

La Porte de Brandebourg est un symbole de Berlin. Elle a été construite en 1791 pour le roi de Prusse Frédéric-Guillaume II en s’inspirant de l’Acropole d’Athènes. Elle fait 26 mètres de haut et 65 mètres de long. Et deux ans plus tard à son sommet est installé la grande statue en cuivre du quadrige, qui représente la déesse de la victoire sur un char tiré par 4 chevaux.

berlin porte brandebourg

La Porte de Brandebourg ouvre sur la Pariser platz (Place de Paris) et ensuite Unter den Linden (Avenue des tilleuls). Seul l’empereur pouvait passer sous l’arche du milieu, et seul Hitler pourra le faire sous le régime nazi. Après la guerre et la réunification, le trafic automobile sous la Porte de Brandebourg est arrêté en 2000. C’est ici que se déroulent en général les grands rassemblements pour marquer l’histoire à Berlin.

berlin porte brandebourg
by night

Le quadrige au sommet, réalisé par Johann Gottfried Schadow en 1793 a une histoire particulière. A l’origine il n’y a ni croix ni aigle. En1806, Napoléon Bonaparte écrase la Prusse à la bataille de Iéna et défile à Berlin avec ses armées en passant sous la Porte de Brandebourg. En retournant à Paris, il emmène en souvenir avec lui le quadrige! En 1815, la 6ème coalition réunissant une grande partie des armées d’Europe finit par battre Napoléon et les prussiens à Paris retrouvent le quadrige. Il réinstallé sur la Porte de Brandebourg, et on lui rajoute une croix guerrière et l’aigle qui symbolise l’empire prussien. Après la seconde guerre mondiale, la porte est très endommagé et le quadrige en partie détruit. Il est reconstruit en 1957 par les berlinois mais sans la croix et l’aigle. Après la réunification, la porte et le quadrige ont besoin d’un bon coup de restauration. En 2002, la Porte de Brandebourg est à nouveau inaugurée, et le quadrige a retrouvé la croix et l’aigle, ce qui a provoqué pas mal de débats à l’époque.

berlin porte brandebourg

A proximité de la Porte de Brandebourg, c’est le quartier des ambassades, et des restaurants chics et des boutiques de luxe, et aussi des foules de touristes.

A quelques dizaines de mètres, face à l’ambassade américaine, se trouve le Mémorial aux Juifs assassinés d’Europe, appelé aussi Mémorial de l’Holocauste. Il est inauguré en 2005 et il est composé de 2711 stèles en bétons de différentes tailles. C’est sensé représenter à la fois des pierres tombales, et une organisation lugubre détachée du sens humain où on se perd, et doit apporter malaise et confusion. La visite du site est gratuite.

berlin memorial juifs holocauste

La visite du site est assez étrange car entre ce travail de mémoire et l’indéniable côté glauque qu’on peut trouver à l’installation, il y a des dizaines de touristes qui se prennent en selfie en rigolant, des enfants qui jouent à cache-cache dans les allées en courant dans tous les sens. Étrange …
D’ailleurs en janvier 2017 pendant une semaine un artiste israélien a ouvert un site web reprenant les selfies des touristes et en les replaçant dans le contexte avec un montage photoshop, c’est le projet Yolocaust. Depuis les montages ont été retirés du site mais il y a toujours quelques exemples ici.

berlin memorial juifs holocauste

En continuant un peu plus au sud, on arrive à un endroit assez incroyable.

Potsdamer Platz

Pendant très longtemps la Postdamer Platz était une des places les plus animées d’Europe. La première gare prussienne est construite ici en 1838, et plus tard les premiers feux rouges allemands sont installés ici (il y en a d’ailleurs une réplique sur la place). Elle est totalement détruite pendant la guerre, et pendant la guerre froide c’est un vaste no-man’s land avec le Mur de Berlin passant en plein milieu. Après la réunification il est décidé de rebâtir complètement cet endroit et la Postdamer Platz va devenir pendant des années le plus grand chantier de construction d’Europe. Plusieurs tours designés par les plus grands architectes vont voir le jour et donner à cette place un petit air de Time Square new-yorkais. La Kollhof Tower par exemple au centre de cette photo en est un bon exemple (il est d’ailleurs possible d’aller au sommet pour le point de vue panoramique en utilisant l’ascenseur le plus rapide d’Europe, oh yeah!).

berlin potsdamer platz

De nuit, durant la période des fêtes de Noël, avec les décorations lumineuse, c’est sublime. En particulier le Sony Center et son immense chapiteau (à droite sur la photo) qui domine un grand forum ovale. Cet endroit mérite largement le détour.
Et Potsdamer Platz c’est toujours vivant et rempli de mondes. Shopping, restaurants, cinémas, musées, casinos, salles de concert, philharmonie, tout est là.

berlin potsdamer platz

Un petite ligne de brique au sol traverse la place et suit le tracé du Mur de Berlin. N’oubliez pas aussi de suivre le boulevard des stars, comme à Hollywood, avec 101 étoiles de personnalités du cinéma. Le boulevard a été inauguré en 2010 lors de la Berlinale.

Vous ne pourrez pas non plus louper la grande girafe du Legoland Discovery Center. Surement marrant pour les plus petits, plus d’infos ici. Attention même si l’entrée semble inclue dans le City Pass, il semblerait que des personnes se voient refuser l’entrée car ils ne sont pas accompagnés par un enfant.

berlin lego

A côté se trouve aussi le Kulturforum. Dans les années 60, comme l’île des musées était côté Est, Berlin Ouest décida de se doter d’une zone réunissant elle aussi plusieurs musées afin de devenir le centre culture de Berlin ouest. Malheureusement nous n’avons pas encore visité ces musées, ce sera pour la prochaine fois 🙂

Mitte – Unter den Linden

C’est le quartier chic, les grands hôtels, les grandes boutiques. Unter den Linden, c’est la plus célèbre avenue de Berlin, l’équivalent des Champs Élysées de Paris. Et très honnêtement, je n’y vois pas beaucoup d’intérêt. A l’origine elle était bordée de milliers de peupliers, mais comme ils faisaient trop d’ombres ils furent abattus en 1658 et on en planta quatre rangées en 1820. L’avenue est largement détruite pendant la seconde guerre mondiale, et pendant la période socialiste de grands bâtiments sans âmes sont bâtis. A la réunification elle a eu droit à sa restauration pour en faire « la plus belle avenue de Berlin », mais personnellement je n’adhère pas trop.
Du coup je vous propose de ne pas forcément l’emprunter mais à la place de prendre depuis le mémorial de l’holocauste la Französische Strasse (cocorico!). Juste après le croisement avec la Mauerstrasse, il y a un étrange pont en pierre au-dessus de la rue. Les 2 buildings qui sont reliés par le pont ont pendant des années étaient le siège de la Banque Nationale allemande. Les 4 colosses qui soutiennent le pont représentent les 4 éléments.

berlin pont franzosichestrasse

Durant vos ballades vous verrez surement tout un tas de tuyaux souvent colorés en bleu, mauve, rose. Est-ce que Mario existe réellement à Berlin ? Est-ce que c’est l’œuvre d’un artiste ? Et bien non, c’est simplement que la nappe phréatique n’est vraiment pas profonde et qu’avec tous les chantiers à Berlin, les constructeurs sont obligés de constamment pomper l’eau pour la rejeter dans la rivière. Et pour reconnaître leurs tuyaux, chaque grand chantier a sa couleur 🙂

berlin tuyaux

En suivant la rue on arrive à Gendarmenmarkt. C’est une grande place aménagée à la fin du XVII ème siècle. Le nom de ‘place des gendarmes’ vient du fait que pendant des années, Frédéric Guillaume 1er y a installé un régiment cuirassier de gens d’armes. Quand Frédéric II arrive au pouvoir, ils sont chassés des lieux, les écuries sont rasées et à la place, deux grands batiments sont construits, quasi à l’identique en 1705 : la Deutscher Dom (cathédrale allemande) et la Französischer Dom (cathédrale française). Et plus d’un siècle plus tard, suite à l’incendie du vieux théâtre national, le Konzerthaus est construit entre les 2 cathédrales.

berlin gendarmenmarkt

berlin konzerthaus

Cette place est souvent occupée pour des évènements : concerts, marchés de Noël, etc… venez y faire un tour et voir ce qui s’y passe 🙂

Juste à côté se trouve la cathédrale Sainte-Edwige. C’est la plus ancienne église catholique de Berlin. Suite à l’entrée de la Silésie dans le royaume (c’est une région à cheval sur la Pologne, la République Tchèque et l’Allemagne), Frédéric II lance la construction de cet édifice pour répondre à ces 200.000 nouveaux citoyens majoritairement catholiques. Sainte-Edwige de Silésie a donc sa cathédrale à Berlin en 1773. Elle aussi sera en partie détruite et reconstruite en 1963. Le grand dôme en béton armé et particulièrement réussi.

berlin cathedrale edwige

Au bout de l’avenue Unter den Linden, on enjambe la Spree et on atteint la fameuse ile des musées.

Ile des Musées

Il s’agit en fait de la moitié nord de l’ile Spreeinsel dans la rivière Spree. C’est le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III qui lancera l’initiative au XIXe siècle de construire des grands musées d’arts. Si la météo n’est pas bonne ou si vous voulez faire une pause culturelle, il faut impérativement venir ici.

Pergamon Museum

C’est le principal musée de l’ile. Il a été inauguré en 1909, largement endommagé pendant la 2nde Guerre Mondiale, il est rénové jusqu’en 1959. Avec plus d’un million de visiteurs par an, c’est le musée berlinois le plus fréquenté. Il est surtout réputé pour les pièces monumentales qu’il abrite dans trois ailes : antiquité classique (grecque et romaine), proche-orient et monde arabe.
Renseignez-vous sur le site car le musée est toujours en travaux de rénovation et d’agrandissement, et certaines parties peuvent être fermées.
Plus d’infos sur le site officiel.

Parmi les pièces les plus connues du musée, on peut citer la Porte d’Ishtar. C’était une des 8 grandes portes d’entrées de la Babylone de Nabuchodonosor II. C’est pendant des campagnes de fouilles en Irak que Robert Koldewey, le plus célèbre archéologie allemand, a découvert des petits fragment de céramiques colorés dans le sol. Au fur et à mesure de leur découverte il comprend qu’il a mis la main sur la porte d’Ishtar et rapatriera tous les fragments où pendant des années ils seront restaurés et rassemblés dans un puzzle géant. Le résultat est assez incroyable.

berlin pergamon porte ishtar

Il y a aussi l’autel de Pergame, la porte du marché de Milet, le Palais de Mshatta, la chambre d’Alep, etc … Réellement, on en prend plein les yeux!

berlin ile musees

En quelques dizaines de mètres on passe d’un musée à un autre.

berlin ile musees

On fera par exemple l’impasse sur l’Alte Nationalgalerie inauguré en 1876 et dans lequel on trouve de nombreux chefs d’œuvres de l’art allemand du XIXème siècle et d’impressionnistes français (L’Ile des morts de Böcklin, Manet, Monet, Cézanne, c’est ici).

berlin alte nationalgalerie

Plus d’infos sur le site officiel.

Le Neues Museum

Il ouvre ses portes en 1859. Il accueille principalement des œuvres de l’antiquité classique (grecque et romaine), l’Égypte antique et jusqu’à la préhistoire. Le musée est déjà intéressant rien que pour son architecture. Car en partie détruit pendant la guerre, il a été rénové aux début des années 2000 par l’architecte David Chipperfield (il est toujours en partie en travaux) et il mélange style néoclassique du XIXème, traces de la guerre et style moderne.
Plus d’infos sur le site officiel.

berlin neues museum

berlin neues museum

berlin neues museum

La pièce majeure de ce musée reste le buste peint de Néfertiti, sublime, trônant au milieu d’une grande pièce circulaire, et surveillée de près et photos interdites! Personnellement je préfère cette version du buste (et son mari Akhenaton derrière)

berlin neues museum nefertiti

Et c’est mon Musée préféré 🙂

Le Bode Museum se situe à la pointe nord de l’ile, il est d’avantage consacré au moyen-âge. Plus d’infos sur le site officiel.
On peut citer aussi l’Altes Museum (le premier musée public de Berlin ouvert en 1830, et presque entièrement détruit pendant la 2nde Guerre Mondiale, il ne ré-ouvre ses portes qu’en 2015), plus d’infos sur le site officiel.

Difficile de faire son choix et caler ces visites lors d’un week-end à Berlin tant les offres sont de qualités.

Juste à côté de l’Altes Museum se trouve la Cathédrale de Berlin. En fait il ne s’agit pas vraiment d’une cathédrale, mais d’une grande église protestante, le Berliner Dom. C’est l’empereur Guillaume II, en tant que « gouverneur suprême de l’Église évangélique en Prusse » décide de faire batir ce monument pour sa capitale impériale de 1894 à 1905. Elle a une longueur de 114 mètres, pour une largeur de 73 mètres et une hauteur de 116 mètres.
Plus d’infos ici (en allemand)

cathedrale berliner dom
Berliner Dom et Altes Museum
berlin cathedral dom
by night

Alexanderplatz

Alexanderplatz, c’est le principal centre d’activités de Berlin. Un lieu où se croisent les plus grandes avenues, les lignes de trains et de métros. Sans oublier les tramways, comme sur cette belle photo de famille ou toutes les générations sont présentes.

berlin tramway

On y trouve aussi des grands magasins et des centaines de milliers de personnes qui  traversent chaque jour cette grande place. Cette place doit son nom à la visite de l’empereur russe Alexandre Ier en 1805. Après la guerre, Alexanderplatz est du côté socialiste et communiste, et il y a un grand plan de réorganisation qui est lancé. On décide de raser de nombreux bâtiments partiellement en ruines et de tracer des grands axes de circulation. Et avec ces 80.000m², cette grande place centrale peut enfin accueillir des grandes démonstrations. Celle qui n’était pas prévue c’est celle du 4 novembre 1989plus d’un million d’habitants de Berlin est manifestent pour plus de libertés. Le Mur de Berlin tombera le 9 novembre.

Au sud de la place il y a la Fontaine de Neptune, qui date de 1891. A l’origine elle était à quelques centaines de mètres de là, sur la Schlossplatz, puis retirée en 1951, restaurée et installée sur l’Alexanderplatz en 1969. Elle fait 18 mètres de diamètres et 10 mètres de haut, et autour du dieu Neptune il y a 4 femmes représentants les 4 principaux fleuves de Prusse : le Rhin, l’Elbe, la Vistule et l’Oder.

berlin fontaine neptune

A côté on trouve l’Église Sainte-Marie de Berlin. C’est la plus vieille église de Berlin et un des seuls bâtiment datant du moyen age encore debout. Elle date de la fin du XIV ème siècle. Et c’est une sorte de miraculée car elle est un des seuls édifices qui a survécu aux bombardements et à la transformation de cette place. Big up Sainte Marie! Alors allez lui rendre une petite visite, ça lui fera plaisir.

berlin sainte marie eglise

Au centre de la place se trouve la tour de la Télévision (Fernsehturm), c’est le bâtiment qu’on ne peut pas louper à Berlin, visible depuis pratiquement partout, c’est un centre de repère. Et c’est d’ailleurs une de ses fonctions (en plus d’antenne télé).

berlin tour television

La tour a été construite de 1965 à 1969 et elle culmine à 368m de hauteur. A ce moment là, elle était la 2ème plus haute tour du monde après la tour Ostankino de Moscou. Il ne faut pas se leurrer cette tour devait aussi être un symbole bien visible de la puissance du bloc de l’est. La visite vaut vraiment le coup, on a un point de vue incroyable sur Berlin et ses environs (par temps clair on peut voir jusqu’à 60 kilomètres). Même si plus d’un millions de visiteurs grimpent à son sommet chaque année, le nombre maximum autorisé dans la sphère (pour raison de sécurité) est de 320 personnes à la fois. En 40 secondes d’ascenseur on arrive au sommet. Il y a un petit bar restaurant dans la sphère mais en réalité les plats sont cuisinés en bas et montés à l’aide d’un monte-charge.

berlin tour television

Pour planifier votre visite, c’est ici 🙂

Ah au fait, entre la tour et le grand centre commercial, cherchez bien, il y a quelques ronds dans le sol, ce sont des trampolines, profitez-en 🙂

Au nord de la place on trouve la World Time Clock, construite en 1969. Elle pèse 16 tonnes et fait 10 mètres de haut et indique l’heure des principales villes du monde. Juste au-dessus un mécanisme anime les planètes du système solaire.

berlin world time clock

A côté, il y a la fontaine de l’amitié entre les peuples, et que je trouve tout simplement moche.

Si vous êtes à Berlin en décembre, vous y trouverez les traditionnels Marchés de Noël (qui sont une véritable institution et notre sapin de noël vient d’ailleurs d’Allemagne). Et n’oubliez pas de gouter le Glüwein mit Rum (vin chaud au rhum, ça réchauffe!).

berlin marche noel

De l’autre côté de Grunerstrasse, vous verrez un petit parc et des murs en briques. Il s’agit des ruines  de la Franziskaner-Klosterkirche. Cette église construite en 1250 faisait 50m de long, abandonnée depuis 1936 elle a été bombardée et complètement détruite le 3 avril 1945. Ce qu’il en reste sert maintenant de lieu d’exposition.

berlin klosterkirche
Plus d’infos ici.

La suite de la visite de Berlin du Nord au Sud c’est ici.

Autour de Berlin c’est par là

Jour 10 – Reykjavik

Jour 10 – Reykjavik

Pour notre dernière journée en Islande on a décidé de rester uniquement à Reykjavík et découvrir ce que la capitale islandaise avait à nous offrir.

Réveil après une bonne nuit de repos au 4th Floor Hotel. Hop une douche senteur œuf pourri, le parfum qu’on retrouve invariablement dès qu’on fait couler de l’eau chaude quelque part. La géothermie c’est bien, l’odeur du soufre un peu moins. Mais on s’y fait vite. Ensuite, hop en route pour l’exploration de Reykjavík!

J’ai un peu conscience que ma description de la ville va surement sortir un peu des pages qu’on lit habituellement, mais bon, à chacun son regard sur la ville 🙂

  • La rue incontournable du centre ville
  • Le quartier du port
  • Le musée improbable
  • L’église Hallgrímskirkja
  • Reykjavik capitale du street-art
  • Les insolites 🙂

La rue incontournable du centre ville

C’est la rue Laugavegur. Elle est en partie piétonne, et c’est sans doute la rue la plus animée de la capitale, et donc la rue la plus animée d’Islande!

Ici vous trouverez plein de restaurants, bars, boutiques de créateurs mode ou décoration, etc … Et tout est propre et coloré! On se croirait presque dans une fausse rue (tout le reste de la ville ne ressemble pas à ça).

Hop en vrac, quelques adresses qui ont retenues notre attention

  • La boutique de Myconceptstore (Laugavegur 45) qui ressemble à un cabinet de curiosités chic (https://www.facebook.com/myconceptstorereykjavik/ )
  • Le restaurant Meze (Laugavegur 42) cuisine typée méditerranéenne pour ce restaurant très agréable et en plus pour une fois pas trop cher, miam! (https://www.facebook.com/mezerestaurantreykjavik)
  • Le Dillon whiskey bar (Laugavegur 30) une belle façade peinte, un bar boisé et chaleureux, une grande collection de whisky (et de bières) et parfois des concerts dans le bar ou dans la cour intérieur. Check it out! (https://www.facebook.com/DillonWhiskeyBar/)
  • Le restaurant Le Bistro (Laugavegur 12) incroyable mais un restaurant français, même franchouillard, se trouve en bas de cette rue en Islande 🙂 pas testé mais la déco et les plats typiques, ça faisait vraiment bizarre de tomber dessus (http://www.lebistro.is/)

Et encore plein d’autres mais on ne va pas faire un catalogue complet. Retenez juste que vous passez de bons moments dans cette rue et que vous trouverez surement ce que vous cherchez ou même mieux, vous trouverez ce que vous ne cherchiez même pas ! 🙂

Le quartier du port

Il y a tout d’abord cette sculpture que tout le monde prend en photo (et effectivement elle vaut le coup d’être prise en photo) : Sólfarið (le voyageur du soleil) qui représente un bateau viking allant vers le soleil couchant (inaugurée en 1991).

reykjavik Solfar

Ensuite, étape obligatoire d’une balade sur le port, c’est le Harpa. De toute façon, on ne peut pas le louper. C’est la grande salle de concert, palais des congrès, inaugurée en 2011. Et là c’est le drame, je n’ai aucune photo de l’extérieur du bâtiment! Donc je diffuse allègrement une photo récupérée sur Wikipédia (Wikipédia, si tu me vois, merci!)
Programmation : https://en.harpa.is/

reykjavik harpa

Et sinon à l’intérieur ça ressemble à ça

reykjavik harpa

Ensuite, un autre arrêt obligatoire, c’est le Bæjarins Beztu Pylsur. En français ça se traduit par « Meilleurs hot-dogs de la ville », tout simplement 🙂 Ce petit stand existe ici depuis 1937! En 2006, le magazine The Guardians lui donne le titre de meilleur stand de hot-dog d’Europe. Même Bill Clinton a fait la queue ici pour en manger un! Donc venez ici en acheter un, et en plus ils sont bons! et même si vous n’avez pas faim, car c’est un bout d’histoire et du patrimoine islandais qui finira dans votre estomac 🙂
Plus d’infos ici : http://www.bbp.is/information-in-english

reykjavik hot-dog

Par curiosité, allez faire un tour au Kolaportið (Tryggvagötu 19), c’est le marché aux puces (ouvert le week-end). On est dans l’authentique, le local, avec des vrais gens et il n’y a ni cascades ni paysages grandioses ni des petits bijoux de créateurs ni rien de tout ça, et ça fait quand même du bien de s’y mêler. Vous n’achèterez probablement rien, et moi en tout cas j’ai noté ce que je n’allais pas manger!!

berk

Heureusement un peu plus loin, il y a une bonne adresse pour votre estomac, c’est dans une petite baraque, le Sea Baron alias Sægreifinn (Geirsgata 8). A l’intérieur on est un peu à l’étroit, on s’assoit sur un banc, on commande une excellente soupe du jour et on va choisir la grosse brochette de  poissons qu’on veut manger.

sea-baron
– Attention : on ne mange pas de baleine !! on aime bien l’Islande mais faut pas déconner.
– Attention (bis) : s’il y a du hákarl , c’est du requin fermenté, j’en parle dans l’article sur la péninsule de Snaefellsnes. C’est -heurk- … « spécial »
Plus d’infos ici : http://www.saegreifinn.is/en/

Une autre bonne adresse pour votre estomac (et votre portefeuille), c’est un peu plus loin sur le port, c’est le restaurant Sjavarbarinn (Grandagarður 9). Large choix de poissons frais, une formule buffet, bon rapport qualité prix. Évidemment la façade ne donne pas vraiment envie d’aller à l’intérieur, mais ça vaut le coup.
Plus d’infos ici : https://www.sjavarbarinn.is/english.html

Le musée improbable

Il s’agit du Musée phallologique islandais (Laugavegur 116). Le but de ce musée est de réunir tous les phallus des mammifères vivants en Islande (et même d’ailleurs). Il y a plus de 217 phallus en stock. Du sexe de cachalot, à celui de l’éléphant, en passant par l’ours ou le phoque, il y aura toujours un attribut mâle dressé, pendouillant quelque part ou baignant dans du formol. Ça peut paraitre un peu glauque comme ça, mais en fait pas du tout! C’est scientifiquement intéressant, on apprend des choses surprenantes, et puis c’est marrant et ça fait une visite qui sort un peu de l’ordinaire 🙂

musée sexe phallus islande

Et même les joueurs de l’équipe nationale de handball (médaille d’argent aux Jeux Olympique de 2008) ont apporté leur ‘petite’ contribution au musée!

islande sexe musee handball

Plus d’infos ici : http://phallus.is/fr/

L’église Hallgrímskirkja

C’est le point culminant de la capitale, la Hallgrímskirkja (église de Hallgrímur). Elle est construite de 1946 à 1986 (!) en béton, et mesure 74.5m de haut. Son nom vient de Hallgrímur Pétursson (XVIIe Siècle) qui est un des poètes islandais les plus connus et qui était aussi un pasteur très influent. Cette église (ce n’est pas une cathédrale, il s’agit bien d’une église) n’est pas catholique mais luthérienne, et elle ne devait pas être aussi grande à l’origine mais il fallait à tout prix qu’elle soit plus haute que l’autre église, catholique elle, la cathédrale-basilique du Christ-Roi de Reykjavik.
Pour la forme, l’architecte Guðjón Samúelsson s’est inspiré des orgues basaltiques qu’on trouve un peu partout sur l’île.
Jusqu’en 2008 c’était le bâtiment le plus haut du pays.

reykjavik Hallgrimskirkja

L’orgue est composé de 5 200 tuyaux pour 102 jeux. Il est haut de 15 mètres et pèse 25 tonnes.
La même, by night, à 1h30 du matin.

reykjavik Hallgrimskirkja

Reykjavik, c’est aussi une capitale du street art

Et pourquoi ? c’est très simple et en même temps un peu compliqué à expliquer :
C’est en partie grâce au festival de musique Islande Airwaves qui a lieu en novembre et qui réunit chaque année des groupes et artistes islandais et du monde entier (plus d’infos ici : https://icelandairwaves.is/ ).
Les organisateurs de ce festival se sont associés à Urban Nation un grand collectif de street artistes principale basé à Berlin mais qui regroupe des artistes du monde entier (plus d’infos ici : https://urban-nation.com/)
Le but de cette collaboration c’est que chaque année avant le festival, Urban Nation participe à l’opération  Wall Poetry (plus d’infos ici : http://icelandairwaves.is/wall-poetry/)


« WE PAINT THE MUSIC, YOU LOVE TO HEAR »

Le but est de mélanger la créativité de personnes venant du monde entier et d’amener l’expérience créative de la musique et de l’art graphique au milieu de la ville, au plus près des gens. Des artistes jouent et se produisent dans la rue, des artistes peignent sur les murs. Il faut que tout soit fini en 14 jours qu’il pleuve ou qu’il neige!

Le résultat c’est une ville pleine d’œuvres de street-art de qualité un peu partout!

Quelques exemples en vrac. Vous trouverez des murs peint où que vous alliez 🙂 (toutes les photos ici ne sont pas que des résultats de Wall Poetry, il y a de tout)

Reykjavík street-art-

Reykjavík street-art-

Reykjavík street-art-

Les insolites 🙂

  • Le speed-dating des gants célibataires 🙂

reykjavik gants

  • La photo en dessous, c’est un terrain de jeux pour enfants, près du port. Non ce n’est pas une décharge et c’est surement super cool quand il fait soleil ! (et si vos enfants sont vaccinés contre le tétanos haha)

reykjavik playground

  • Ce chat assez euh .. particulier! nous a suivi sur plusieurs rues. On était content, on s’était fait un copain-chat. Jusqu’au moment où on se rend compte qu’une petite boite de conserve de foie de morue (achetée par erreur hasard) s’était un peu abimée et qu’un peu d’huile de foie de morue s’était renversée dans le sac et qu’en fait il nous suivait à l’odeur! 🙂 (je réalise que cette anecdote est un peu sans intérêt mais j’avais envie de mettre la photo du chat, voilà)

reykjavik chat

  • Il y a aussi les canards (le niveau de l’article, chat et canards en Islande!) qui vivent tranquillement dans le petit lac Tjörnin en face de l’Hotel de Ville. Ils font tellement partie des lieux qu’ils traversent tranquillement la route au passage piéton et se baladent aussi sur les trottoirs 🙂

reykjavik canards mairie

  • Les statues cools

reykjavik statues

Évidemment mon article sur Reykjavik est loin d’être complet et il manque probablement un tas d’endroits incroyables, mais en une journée et demi en se promenant tranquillement, pour nous ça a donné à peu près ça (et j’en oublie!).

Bref Reykjavík nous a donné une impression de ville jeune et cool, agréable à vivre (en été en tout cas), on s’est un peu senti comme à Berlin, mais ici c’est mieux, c’est l’ISLANDE, et c’est GENIAL il faut y aller et puis c’est tout! 🙂

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Jour 9 – Péninsule de Snæfellsnes

Jour 9 – Péninsule de Snæfellsnes

Dur ce réveil à Stykkishólmur, et la douche matinale le sera encore plus. Les douches du camping sont à moitié à ciel ouvert! Avec la petite bruine froide qui tombe ce matin, je vous explique pas le bonheur. On part vite et sans regrets. Le temps est morose, on doit faire le tour de la Péninsule de Snæfellsnes aujourd’hui mais les nuages à l’ouest sont de plus en plus sombres … Tant pis hop, en route vers l’ouest!

Sur la route, soudain,  un panneau sorti de nul part!

islande requin

On apprend plus tard (mais trop tard) qu’il s’agit du panneau pour annoncer le Bjarnarhofn Shark Museum un peu plus loin sur la route (http://www.bjarnarhofn.is/). Si vous avez l’occasion, allez-y, vous verrez la fabrication du Hákarl. Une spécialité culinaire islandaise à base de requin du Groenland. Mais comme cette viande ne peut pas être consommée telle quelle car chargée en acide urique et en toxine, les islandais ont trouvé la parade : la chair du requin est enterrée dans le sol au moins 6 mois et ensuite laissée à sécher plusieurs mois. Ensuite, c’est consommable … et c’est dégueulasse ! On a eu l’occasion de tester à Reykjavik, et on a cru qu’on mangeait du roquefort à l’ammoniac. Bref, la viande de requin faisandée, c’est pas pour nous 🙂

Le mauvais temps nous rattrape quelques kilomètres avant d’atteindre la montagne Kirkjufell. Et c’est véritablement sous un déluge accompagné de bourrasques de vent que nous arrivons devant l’un des spots les plus photographiés d’Islande! La petite chute de Kirkjufellsfoss et la montagne en arrière plan, c’est LA photo que tout le monde doit prendre.

Alors pour nous ça donne ça, et encore, je me suis appliqué et j’ai failli noyer l’appareil photo.

Kirkjufell

Formidaaaaable ! Mais si on ferme les yeux quelques secondes et qu’on a le coeur pur et qu’on les ouvre à nouveau et bien en VRAI ça donne ça. C’est quasi pareil ! 😀

Kirkjufell

Mais je relativise rapidement car quelques kilomètres plus loin je vois ça au bord de la route :

camping

La totale :
– camping sauvage sans commodités ni rien
– en vélo ! juste dans un pays où des bourrasques de vents peuvent retourner des camions
– sous la pluie, donc hyper trempés malgré tout le waterproof possible
– dans le vent, bon courage pour replier la tente
– près d’une cascade … le truc naturel trop beau mais qui fait un sacré bruit tout le temps
– et plusieurs moutons qui se regroupent pour passer à l’attaque !

Finalement ça va, on est bien trempés mais au chaud dans la voiture et tant pis pour quelques photos loupées hein, ça pourrait être pire 🙂

On se dépêche sur la route et on ne fait plus trop attention au paysage, de toute façon en ce moment, c’est à peine si on arrive à le voir.

Ho nous voici à Ólafsvík (1010 habitants), son bateau et son église moderne (qui est sensée ressembler à … un poisson, sisi). On passe en coup de vent, on est en accord avec la météo.

olafsvik islande

On découvre aussi un concept local, l’épouvantail à poissons ! ou alors c’est un dispositif anti-requins ? Quelque chose nous échappe 🙂

islande epouvantails

Un peu plus loin, on profite d’une brève accalmie pour aller chercher l’église Ingjaldshólskirkja perdue au milieu de nul part.

Ingjaldsholskirkja islande

Construite en 1903, c’est la plus vieille église en béton d’Islande. Il y a eu d’autres églises au même endroit au court des siècles. Et en 1477 quelqu’un de connu y aurait passé un été. Il s’agirait de Christophe Colomb qui serait venu en Islande pour étudier les voyages réalisés par les islandais et leurs ancêtres vikings … au passage il y aurait peut être trouvé des indications sur le Vinland, ces terres mystérieuses quelque part à l’ouest 🙂

Pour nous il fait presque nuit alors qu’il n’est que 13h, les nuages sont incroyablement bas et noirs.

En passant par Hellissandur faites une halte au petit musée Sjómannagarður au bord de la route principale. Il y a quelques maisons typiques de pécheurs recouvertes de tourbes, des os de baleines et les fameuses pierres.

Hellissandur

Hellissandur
« Tu seras marin pécheur mon fils »

Pour savoir si quelqu’un pouvait devenir pécheur, il fallait vérifier sa force et être certain qu’il pourrait être utile à bord des embarcations. Pour ce test, les marins islandais ont choisis d’utiliser des pierres étalons.

Chaque pierre a son nom :
– Fullsterkur est la plus lourde, avec 154 kg, Elle signifie « très fort ».
– Hálfsterkur, « demi-fort », pèse 100 kg,
– Hálfdrættingur « demi-portion » 54 kg
– Amlóði « minable » 23 kg.

54kg, c’est le minimum syndical pour prétendre monter sur un bateau.

pierres étalons islande

Je ne voudrais pas faire de l’ombre à mon ancêtre Erik le rouge alors je ne montrerais pas la photo où je brandis facilement la pierre de 154kg. Et je ne vous parle même pas de la pierre de 54kg que je m’apprête à lever sans aucun effort .. aucun .. absolument .. hem …

  • si vous loupez cette étape, ou si vous n’étiez pas assez échauffé pour réussir vos 54kg, vous pouvez vous rattraper plus loin, d’autres pierres étalons sont dispo sur la plage de Djúpalónssandur.
  • si tout ça c’est trop facile pour vous, rendez-vous dans le petit village de Húsafell, là bas c’est une autre catégorie, il y a la pierre d’Húsafell donc, qui pèse 186kg! Il y a 200 ans elle servait de porte pour une bergerie. Depuis c’est un peu le must de l’épreuve des pierres : le but c’est de la soulever et de faire le tour de la bergerie, 50m de marche. Quand on y arrive, on rentre dans le top du top, de quoi rendre fière votre maman! En 1992, cette épreuve a fait son entrée dans les épreuves de la compétition pour l’homme le plus fort du monde. Depuis elle est toujours au programme, et il y a des répliques de cette fameuse pierre pour se tuer s’entraîner un peu partout dans le monde. Les islandais sont d’ailleurs régulièrement sur le podium. Pour vous inscrire c’est ici : http://theworldsstrongestman.com/

On contourne ensuite le célèbre Snæfellsjökull un stratovolcan de 1446m d’altitude. Pourquoi célèbre? Grâce à Jules Vernes. C’est ici que les héros de son roman trouvent l’entrée pour le fabuleux Voyage au centre de la Terre. Pour nous… ça reste un volcan noyé dans la brume et les nuages et qu’on distingue à peine…

A un moment le contour du massif montagneux fait clairement penser à un visage de profil à l’horizontal. C’est assez frappant non, à gauche là ?

Snaefellsjokull islande

Le long de la route on voit un chemin qui mène à une sorte de mini-volcan. Comme on est toujours un peu « hop en route! » hein, qu’est-ce qu’on fait ? bin on y va. Franchement, on aurait pu s’en passer. C’est donc le petit cratère du petit volcan Saxhólar. Et franchement j’ai trouvé cette grimpette sans intérêt. J’ai vraiment eu le sentiment de gravir un tas de cendres et de cailloux noirs pour voir un cratère rempli de cendres et de cailloux noirs, et tout alentour, la même lande désertique à travers laquelle on roule depuis des heures, et le brouillard et la pluie. Bon je pense que la météo a du jouer sur ma perception du lieu. A vous de voir, mais moi, j’y remonte plus 🙂

cratere Saxholar islande

Plus loin, il y a une petite excursion qu’on avait planifié, par téléphone, le net, depuis leur agence qui se trouve quelques kilomètres plus tôt, ou directement au petit guichet sur le parking.
Cette excursion, c’est la visite guidée de la grotte de lave de Vatnshellir. C’est sympa, on s’équipe (casque et lampe fournie), on rejoint le groupe et hop on descend par l’escalier en colimaçon pour pénétrer dans une grotte de lave laissée par une coulée datant d’au moins 8.000 ans. La visite est possible depuis 2011. On s’enfonce sur un peu plus de 200m de longueur et on descend à 35m. Claustrophobes s’abstenir.

islande Vatnshellir grotte lave

Vous verrez des stalactites et stalagmites de lave. C’est beaucoup moins « visuel » que des formations minérales en calcaires par exemple, mais c’est moins fréquent. Notre seule autre grotte de lave visitée, c’est à l‘île de la Réunion. Vous ferez l’expérience du noir complet et au fond de la grotte il y a une source naturelle où vous pourrez gouter une louche de « l’eau la plus pure du monde »  🙂

Vatnshellir
La guide est cool, in english, comptez environ une heure, et ça change un peu des fabuleuses-cascades-et-des-paysages-magnifiques, un peu de diversité quoi 🙂
C’est Summit Adventure Guide qui s’en occupe. (3250 ISK)
Plus d’infos ici : http://www.summitguides.is/

En sortant de la grotte, on continue de profiter de la météo …

meteo islande
réalisé sans trucage, hélas …

Heureusement au sud de la péninsule le temps commence à se dégager un peu, il ne pleut presque plus! Alors on fait un petit tour au point de vue de Hellnar pour observer les falaises basaltiques déchiquetées.

falaise hellnard islande

Et juste un peu plus loin sur la route on fait connaissance avec la statue de Bárðar Saga Snæfellsáss.

bardar saga statue islande

Le monsieur en statue, c’est Bárðr, un personnage célèbre de saga islandaise. Sa mère est humaine mais son père est moitié-géant moitié-troll, ce qui lui a donné un physique un peu particulier (mais je pense que la statue ne lui rend pas vraiment hommage). Et ce charmant monsieur a eu plusieurs enfants dont de très jolies filles (comme quoi!), et il est venu s’installer avec toute la famille sur cette rive de la péninsule, ici même! Ensuite il lui arrive plein d’aventures à lui et ses enfants. Vous n’avez qu’à lire la saga pour en savoir plus 🙂
Pour info, il parait qu’il erre toujours sur les glaces du Snæfellsjökull et qu’on peut faire appel à lui en cas de soucis.

Juste un peu plus loin, reprenez la petite route sur la droite pour aller à . Il y a tout d’abord un petit monument en hommage à Jules Vernes (fierté nationale, merci). Mais ici, en plus de la cinquantaine de personnes qui vivent autour du petit port de pêche et des sternes arctiques qui nichent dans les pelouses (attention à vous si vous approchez trop près), il y a de très belles falaises basaltiques.

arnarstapi islande

arnarstapi islande

Et un autre monument naturel célèbre qu’on peut voir ici, c’est la Gatklettur, une grande arche de pierre.

Gatklettur islande

On passe rapidement devant la chute de Bjarnarfoss mais il s’est remis à pleuvoir très fort, et il reste encore au moins 200 km pour rejoindre Reykjavik où on compte dormir ce soir. Du coup on roule, on roule, et on zappe un peu ce que l’Islande pouvait nous offrir en chemin dans cette région.

D’ailleurs pour aller au plus vite, on décide de passer par le tunnel du hvalfjörður. Et là, j’avoue c’est le gros fail, je ne comprends pas ce qui s’est passé! En arrivant devant ce qui semble être le péage (mais avec la pluie battante et l’obscurité j’avais un doute), pas de barrière, pas de feu vert ou rouge allumé, et pas une voiture à la ronde. Au niveau de la petite guérite, personne, pas de lumière non plus, et aucune trace d’une fente quelconque pour mettre une carte bleue ou retirer un ticket, alors je me dis qu’on doit surement payer un peu plus loin, j’avance .. et rien .. je suis déjà dans le tunnel ! Je ne sais pas, c’était peut-être journée porte ouverte gratuite en notre honneur car le temps était tellement pourri que le peuple islandais tenait à nous présenter ses excuses? Forcément ensuite je me suis dis qu’on était cuit et que l’amende serait salée … mais on n’a jamais rien reçu et pas un mail du loueur de voiture non plus … ça restera un mystère!

Arrivée à Reykjavik. On pensait trouver facilement un logement au Kex Hostel , la super auberge de jeunesse de la capitale, mais c’était archi complet comme d’ailleurs plusieurs autres adresses qu’on a essayé. On est fatigué, il est tard, on en a marre, on tombe devant le 4th Floor Hotel, on tente, il reste une seule chambre mais assez chère, et finalement en marchandant un peu avec la personne à l’accueil (ou elle avait peut être simplement pitié de nous haha), elle nous a fait un petit prix sympa. La déco est « particulière » (si vous aimez le cuir et les peaux de zèbres) mais c’était bien confortable et on avait besoin de ça. Après une bonne douche et une petite sieste pour se reposer on part visiter la capitale.

A suivre dans le prochain article, entièrement dédié à la capitale islandaise, Reykjavik.

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>> Jour 10 – Reykjavik

Jour 8 – Akureyri – Stykkishólmur

Jour 8 – Akureyri – Stykkishólmur

Après une bonne nuit passée à Akureyri il est temps de reprendre la voiture. J’avoue qu’à ce moment là, les kilomètres qui s’accumulent commencent à être pesants, et justement aujourd’hui un long trajet nous attend, pas moins de 430km! Heureusement pour moi, il fait beau, et c’est un vrai plaisir de conduire sur ce genre de route.

islande route

Une des étapes obligatoires dans ce retour vers l’ouest se trouve juste après le petit village de Varmahlíð (130 habitants). Toujours sur la route 1, il ne faut pas louper la célèbre petite église Víðimýrarkirkja. Il s’agit d’une ancienne église recouverte de tourbe et qui date de 1834. Elle était vouée à une destruction quasi certaine quand le Museum National d’Islande a décidé de la restaurer et d’assurer sa protection et son entretien.

Vidimyrarkirkja eglise islande

Vidimyrarkirkja

Depuis, c’est une halte très sympathique, car il faut l’avouer, elle a vraiment de la gueule 🙂

En parlant de choses qui ont de la gueule, le long de la route on continue de voir des paysages incroyables. On est obligé de s’arrêter pour contempler ce genre de panorama!

panorama islande

En passant par le village de Blönduos pensez à admirer l’église moderne Blönduóskirkja, construite en 1993. Elle est l’œuvre de l’architecte Dr. Maggi Jónsson et elle est sensée représenter un volcan en éruption (on voit bien l’éruption, si si).

Blonduoskirkja islande

Ensuite, on décide de faire la boucle autour de la péninsule Vatnsnes, en suivant la route 711. Le but c’est d’aller voir un rocher célèbre qu’on a vu mille fois en photo, alors forcément ça donne envie de faire la même chose. La route est toute petite et on avance assez lentement. Et à un moment on voit un panneau qui indique le fameux Hvítserkur sur notre droite. On ne voit rien dans la mer, et pourtant on scrute depuis plusieurs dizaines de minutes pour être le premier à l’apercevoir, mais toujours rien!
On se serait fait avoir ? On se gare, on suit le petit sentier. C’est certain, le rocher a du s’écrouler, ou un kraken géant l’a engloutit, pas d’autres explications. Et puis enfin on le voit! En fait, il n’est pas très grand. 15 mètres de haut (tout de même) mais vu du rivage il parait ridiculement petit. Comme quoi on se fait bien avoir par les photos parfois! 🙂

Hvitserkur islande

Pour la petite histoire, il s’agirait d’un ancien troll qui aurait été pétrifié par les rayons du soleil alors qu’il était occupé à balancer des rochers sur le monastère de Þingeyrar situé à 8km d’ici. Comme quoi être vilain, ça rapporte pas!
Le même, avec le rivage au premier plan … tout de suite ça parait moins impressionnant non ? Mais bon ne gâchez pas votre plaisir, ça reste joli à voir!

Hvitserkur islande

Et puis si vous arrivez à la marée basse, vous pouvez même prendre des photos quasiment à ses pieds!

On continue notre petit tour de péninsule, c’est complètement perdu ici, on ne rencontre que des fermes en ruines et des poneys islandais.

chevaux mer islande

On retrouve enfin la route 1 pour ensuite emprunter la route 59 et couper vers l’ouest, et ensuite on rattrape la petite route 586 pour rentrer dans la vallée de Haukadalur. Car dans cette vallée perdue du nord de l’Islande se trouve la maison de mon illustre ancêtre! Et oui c’est ici que se trouve la ferme d’Erik le rouge, à Eiriksstadir! (je m’appelle Eric, vous voyez de suite le lien de parenté évident hein).

Bon, en fait Erik le rouge il n’a pas eu une vie simple. Son père est banni de Norvège pour meurtre et s’installe en Islande. Erik construit une ferme dans la vallée de Haukadalur et vit ici avec sa femme et son fils Leif. Tel père tel fils, Erik lui aussi est condamné pour meurtre (il a tué 2 hommes qui auraient tués ses esclaves) et il est banni d’Islande! Alors il fait voile vers le nord ouest car il y a parait-il une terre récemment découverte là-bas, c’est le Groenland. C’est d’ailleurs lui qui baptise ces terres Groenland = « Terres vertes » en vieux danois, car à l’époque le climat était beaucoup plus doux et puis il fallait attirer du monde, faire de la pub quoi. Après ses 3 années d’exil qu’il a passé à explorer les côtes du Groenland, Erik revient en Islande.
En 985, après avoir fait la promotion du nouvel eldorado, il repart au Groenland avec cette fois une flotte de bateaux pour l’accompagner et des centaines de colons attirés par cette nouvelle vie. Il recrée la-bas une organisation « à l’islandaise » et devient roi. Il meurt en 1010 des suites d’une maladie. Entre temps, son fils Leif aura découvert une terre plus à l’ouest encore, le Vinland (« pays du vin ») qui correspondrait à la côte nord du Canada, mais ça, c’est une autre histoire 🙂

erik le rouge islande

Tout ça pour dire, que sa ferme à Erik le Rouge, elle était ici, et des archéologues ont effectivement trouvé des vestiges datant de cette époque. Cqfd! En 2000 cette reconstitution de la ferme originale fut inaugurée ainsi qu’un petit musée à ciel ouvert. Les vestiges de la ferme antique sont à 100m de là sur un site archéologique protégé.

eric le rouge islande

On rejoint ensuite la route 54 pour longer la côte nord de la péninsule Snæfellsnes.

Rapidement on sent que notre retour dans l’ouest de l’île se fera avec les mêmes conditions météo que le début de ce roadtrip. Vu l’état du ciel devant nous, ça n’annonce rien de bon …

islande orage

Mais il nous reste encore un endroit à visiter aujourd’hui. Et pas n’importe lequel. Il s’agit du mont Helgafell. Il n’a pas l’air de grand chose sur cette photo, il ne mesure que 73m et se tient dans la péninsule, face à la mer et ses centaines de minuscules ilots. Et pourtant le mont Helgafell est sacré pour beaucoup d’islandais.

helgafell

Il est dit que si on gravit la colline, sans parler, sans se retourner, jusqu’au sommet, et qu’on a le cœur pur et l’âme en paix, alors 3 vœux nous serons exaucés. Ça ne marche évidemment qu’une seule fois, et à la première ascension seulement. Beaucoup d’islandais ont gravis cette colline. Cette colline est mentionnée dans le Landnámabók , le plus vieux livre islandais datant d’un peu avant l’an mille.
Dès l’adoption du christianisme en Islande, un monastère est bâti au sommet, il en reste des ruines. Mais il est dit que ce monastère a lui même était bâti sur les restes d’un ancien temple et que cette colline était utilisée depuis longtemps pour y accomplir des « rituels païens ».

eglise helgafell islande

Au pied de la colline, se trouve une église, et dans le petit cimetière, il y a la tombe de Guðrún Ósvífursdóttir. Ce nom ne vous parle pas, mais il est célèbre en Islande car Gudrun est le personnage principal de la Laxdæla saga, une grande saga médiévale, avec au menu amour vengeance et mort.
Je ne parlerais pas beaucoup de ce personnage, car il y a une autre histoire, d’une autre femme, que je trouve réellement incroyable. Et j’en parle ici car elle serait née ou aurait vécut une partie de sa vie dans une ferme juste à côté.

Il s’agit de Gudrid Thorbjarnardottir. Aux alentours de 990, elle est, soit née en Norvège soit dans la ferme juste à côté, mais toujours est-il qu’elle a vécut ici plusieurs années, avant de partir pour le Groenland retrouver Erik le rouge, un ami de son père. Après bien des aventures, elle retrouve donc Erik, et se marie avec un de ses fils, Thorstein, mais ce dernier meurt rapidement. Elle se remarie ensuite avec un marchand islandais, et avec lui elle part pour le Vinland (en Amérique!). Et en Amérique elle donnera naissance à un fils, « le premier européen né en Amérique »! Puis la famille revient en Islande au village de Glaumbaer. A la mort de son mari, et une fois que son fils a fondé une famille, elle part en pèlerinage à Rome. Elle reviendra en Islande pour finir nonne dans l’église que son fils aura construit entre temps, et elle meurt en 1080 à l’age de 90ans! Et donc cette femme, a voyagé de Norvège, en Islande, au Groenland, en Amérique, en Islande, a traversé l’Europe pour aller à Rome, puis retour en Islande … en l’an 1000! A une époque où ne serait-ce que traverser une région est dangereux, où traverser une mer est périlleux et où traverser des océans ou des continents parait inconcevable … et elle l’a fait. Une histoire qui mérite d’être connu et partagée 🙂

Bref je m’emballe un peu et je m’égare 🙂 Donc au sommet de cette colline sacrée, on voit ça :

sommet helgafell islande

helgafell

Il est tard, il faut sortir de ce trip mystique pour trouver un endroit où dormir. On décide d’aller juste à côté, dans la petite ville de  Stykkishólmur (1100 habitants). On dormira au petit camping à coté du terrain de golf (un terrain de golf ici? mais lol quoi!).
On ne verra pas grand chose à part le port et son petit phare sur la colline.

Stykkisholmur port islande

Stykkisholmur phare

Par contre pour manger on vous conseille sans problème un excellent restaurant, le  Narfeyrarstofa (plus d’infos ici : http://www.narfeyrarstofa.is/)

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Jour 4 – Skaftafell – Jökulsárlón

Jour 4 – Skaftafell – Jökulsárlón

Le lendemain, pendant le petit déjeuner au camping de Kirkjubæjarklaustur, on nous conseille d’aller voir pas très loin d’ici le fameux « sol de l’église ». C’est bien mystérieux, et bien allez hop en route ! direction Kirkjugólf. On grimpe la colline, on longe la falaise, on slalome entre les crottes de moutons et on surveille de loin si une brebis ne va pas nous charger pour protéger ses petits agneaux trop mignons (qu’on finit toujours hélas par manger tellement ils sont mignons … c’est le drame ça en Islande, tous ces adorables petits agneaux le long des routes et qui finissent invariablement dans nos assiettes). Et nous arrivons donc devant ce sol d’église :

kirkjugolf sol eglise basaltique islande

D’église en fait, vous l’aurez compris, il n’y en a jamais eu, mais appeler ce lieu « sol composé de sommets d’orgues basaltiques de formes polygonales », ça faisait un peu long et je vous laisse imaginer la même chose prononcée en islandais, c’est peu vendeur, alors sol de l’église fera très bien l’affaire 🙂 Le site s’étend sur environ 80m2 et il parait qu’un de ces pavés a 10 faces, on vous laisse trouver lequel! vous avez 5 minutes, tic tac tic tac!

De retour sur la route 1, on fait un petit retour en arrière sur quelques kilomètres pour se rendre au canyon de Fjaðrárgljúfur (il était trop tard la veille pour y aller). Cette fois on a le temps.

canyon Fjadrargljufur islande
c’est déjà beau comme ça alors imaginez avec un ciel bleu!

Ce canyon est traversé par la rivière Fjaðrá. Il fait un peu plus de 2km de long et les falaises atteignent parfois 100m de haut! Il s’est formé à la fin de la dernière période glaciaire.
Il est surement possible d’aller à pieds et de longer la rivière tout le long du canyon, mais il faut être équipé de hautes bottes bien imperméables, car il y a des nombreux guets à traverser, et comme d’habitude, faites attention aux falaises. On peut aussi longer le canyon par le haut sur un petit sentier, c’est ce que la majorité des gens font, et c’est vraiment chouette (et il y a régulièrement des panneaux pour rappeler le danger de s’approcher trop près du bord des falaises).

On reprend la route 1 vers l’est, sous des trombes d’eau, comme d’hab’ quoi, c’est déjà la routine!

route nuages islande

Magie! quelques minutes et quelques kilomètres plus loin, hop nouvelle ambiance!

route islande

Plus tard, quand la route 1 oblique plein nord pour rejoindre le parc de Skaftafell on a vraiment l’impression qu’on va finir droit dans le glacier Skeiðarárjökull!

Skaftafell route glacier islande

La parc national de Skaftafell , ce n’est pas de la rigolade. Le parking est énorme. Et la superficie de la zone protégée par ce parc représente plus de 4800km2. Les principales zones du parc sont : la caldeira du volcan Grímsvötn (un des volcans les plus actifs d’Islande), les Lakagígar (c’est un ensemble d’une centaines de cratères de volcans qui sont les vestiges des éruptions massives qui ont eu lieu en 1783 et qui ont tué la moitié des animaux de l’ile et 20% des islandais, et qui ont envoyé un nuage de cendres empoisonnées sur l’Europe ce qui a tué plusieurs dizaines de milliers de personnes. Ces éruptions ont été le point de départ de plusieurs hivers glaciaires, comme celui qui apportera entre autre famine en France et sera une des causes pour la révolution française … bref, tout ça, c’est parti d’ici!), le massif montagneux des Esjufjöll et plusieurs langues glaciaires. Malheureusement pour nous, la plupart de ces lieux ne sont accessibles que par avion ou après des longs trajets à bord d’énormes 4×4.
Donc avec les moyens du bord, nous nous limiterons modestement à partir à la découverte de deux cascades (et oui, encore des cascades!).
On suit le chemin très aménagé de cette ballade-randonnée, et on arrive rapidement à la première chute Hundafoss, qui signifie ‘chute des chiens’ car lors des crues de la rivière les chiens de la ferme voisine avaient tendance à être emportés.

hundafoss islande

Vous ne remarquez rien d’étrange sur cette photo? Des arbres! C’est Baejarstadaskogur, une des seules forêts du pays, principalement composée de bouleaux, sorbiers et saules. Comme vous le découvrirez vite, les arbres en Islande, c’est rare, vraiment rare. Et pourquoi ça ? car la majorité des forêts ont soit brûlées au fur et à mesure des diverses éruptions et des coulées de laves, ou ont servies de bois de chauffage et de matériaux de construction aux islandais. Si bien que l’île n’a plus de forêt digne de ce nom. Alors croyez moi quand vous voyez un arbre, vous avez un peu de mal à y croire 🙂

hundafoss islande

Et ensuite, au bout du chemin, on arrive devant celle pour qui tout le monde fait le déplacement, la cascade de Svartifoss.

svartifoss islande

C’est parait-il une des cascades les plus photogéniques d’Islande. Évidemment une cascade de12m de hauteur au milieu d’orgues basaltique, c’est beau! Mais personnellement j’ai été un peu déçu, pas très grande, pas très imposante, et la « balade » qui amène au pied de la cascade est tellement aménagée pour les touristes que j’ai eu l’impression d’être à Disney-Island …

Par contre avant de redescendre, j’ai adoré cette vue donnant sur la grande plaine qui s’étend du pied des falaises jusqu’à la mer.

vue depuis parc Skaftafell islande

On reprend la route 1 et on contourne l’imposant mont Hvannadalshnjúkur pour arriver enfin au Jökulsárlón.

Jokulsarlon islande

C’est un grand lac de fonte de l’incroyable glacier Breiðamerkurjökull qui se jette dedans et qui n’est lui même qu’un bras du grand glacier Vatnajökull. Ce lac de fonte est apparu en 1934 suite au recul du glacier. On sait que ce recul va continuer avec le réchauffement climatique, et que ce lac va devenir de plus en plus grand jusqu’à former un véritable fjord, et les énormes blocs de glace qui se détachent vont aussi devenir une menace pour le petit pont de la route 1 qui enjambe l’ouverture vers la mer.

pont Jokulsarlon islande

Jokulsarlon islande

En attendant, ça fait le bonheur de tout le monde. Les voyageurs peuvent profiter de cette vue incroyable. Les poissons remontent dans le lac, et les phoques les attendent pour se régaler, et dans les landes autour, de nombreux oiseaux amateurs de poissons nichent aussi (d’ailleurs vous allez très surement vous faire attaquer par ces chers volatiles si vous vous approchez un peu trop près, soyez prévenus!)

oiseaux jokulsarlon islande

Jokulsarlon phoques

J’aurais pu passer la journée entière ici et même plus si j’avais eu le temps.

Jokulsarlon islande

En plus le spectacle n’est pas seulement côté glacier, mais aussi côté mer. Voir les blocs de glace à la dérive s’entrechoquer dans le courant puis s’échouer sur la plage ou partir à l’aventure dans la mer qui va vite les engloutir, on ne s’en lasse pas. On peut vraiment passer des heures ici sans s’ennuyer.

Jokulsarlon glace plage mer islande

Et je ne résiste pas au plaisir de partager cette vidéo en timelapse qu’on a réalisé sur place.

Mais encore une fois, on découvre qu’il est tard et qu’on est loinnnnn de notre lieu de repos. On reprend la route. Durant le trajet, on longe cette étrange montagne et j’avoue que j’ai perdu son nom …

islande montagne étages

On arrive enfin à la petite ville de Höfn (1600 habitants), et son camping. Pour le repas ce soir on se fait plaisir, on va au temple du homard et de la langoustine, l’excellent restaurant Humarhofnin (https://humarhofnin.is/). L’estomac bien rempli, on essaie de vite trouver le sommeil 🙂

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Jour 3 – Seljalandsfoss – Skógafoss – Sólheimajökull – Kirkjufjara

Jour 3 – Seljalandsfoss – Skógafoss – Sólheimajökull – Kirkjufjara

Réveil en douceur suite à notre nuit passée au Leirubakki, on est frais beaux et pimpants, prêts à affronter l’Islande haha! Mais dès qu’on met le nez dehors, la météo nous calme directe : de la pluie de la pluie de la pluie! Météo Islande 1 – 0 Nous. Vainqueur par KO!
Allez c’est pas grave, hop! en route! On rejoint enfin la grande route numéro 1, c’est celle qui fait la grande boucle autour de l’île, et d’ailleurs on en profite pour repartir en direction de l’est pour notre boucle ? et bien non. On fait un petit retour en arrière pour voir la chute de Urriðafoss (la cascade de la truite ou du saumon) le long du fleuve Þjórsá (le plus long fleuve d’Islande, 230km).

urridafoss islande

urridafoss islande

Même si en terme de hauteur, elle est un peu ridicule en comparaison de celles qu’on a déjà pu voir jusqu’ici, elle reste l’une des plus importantes en terme de volume (plus de 360m3/s) car ici le fleuve est très large. Pendant longtemps il y a eu un projet de barrage hydroélectrique à cet emplacement, heureusement pour nous, des habitants se sont battus pour préserver cet environnement et il n’a jamais abouti, mais ces questions liées au besoin de développement et d’infrastructures en Islande sont toujours d’actualité et reviennent régulièrement.
Comme on peut le voir, ce matin là, la petite rivière qui se jette dedans était littéralement rouge. J’imagine que c’est la conséquence des pluies incessantes et des terres chargées de fer autour qui donnaient cette couleur, à moins qu’une grande usine de ketchup se trouve dans les environs mais je ne pense pas. Si vous avez la véritable information pour cette couleur je suis preneur.

Allez  hop, on repart vers l’est, et on fait une boucle par la route 264 qui se transforme en piste. La lumière change rapidement, c’est magnifique, et des poney islandais gambadent en pleine nature. C’est le kif ici 🙂

poneys islandais sur la 264

Le but de ce détour me direz-vous ? et bien c’est d’aller voir Keldur, un hameau agricole, où se seraient installés les premiers colons vikings en Islande. Il est connu pour sa vieille église datant de 1875 et surtout pour ses petites maisons recouvertes de tourbe. C’est ici qu’on trouverait le plus vieux bâtiment d’Islande.

keldur ferme islande

keldur islande

L’endroit est splendide mais on avait vraiment l’impression d’être chez quelqu’un, car à côté du site « historique » il y a une ferme en activité où des vrais gens vivent et travaillent, et ce matin là, on s’est vraiment senti comme des intrus venant chez les gens sans leurs permissions. C’est probablement idiot vu que des milliers de touristes passent ici chaque année, et que des visites organisées sont même possibles (en juillet-aout), mais on n’a pas voulu trop déranger et on n’a pas trop exploré les lieux.

banc bidon lait le long de la 264 en islande

Nous revoilà sur la route 1, et maintenant, nous découvrons la magnifique chute de Seljalandsfoss.

Seljalandsfoss islande

Elle fait 65m de haut, et sa particularité c’est qu’un passage permet de se retrouver derrière la cascade. Si vous avez de la chance et que vous avez du soleil, venez plutôt en fin de journée, car vous aurez un festival d’arc en ciel au pied de le cascade. Pour nous c’est un festival de goutte de pluie dans la figure haha 🙂

Seljalandsfoss islande

Le site est vraiment au bord de la route. C’est ce qui est génial et aussi cruellement trompeur quand on voit ces photos, car on s’imagine une cascade perdue et accessible uniquement pour des aventuriers qui marchent pendant des heures dans des chemins impossibles. Et bien non, c’est à 100m de la route principale, visible à des kilomètres à la ronde, avec des grands parkings pouvant recevoir des dizaines de bus à touristes. C’est assez étrange, car comme de nombreux sites naturels magnifiques islandais, on a l’impression de voir des gens être comme devant un « bien de consommation facile » : on se gare devant, on prend sa photo (limite depuis le bus), on facebook / instagram / twitter, et on file ailleurs. Un peu perturbant … et on se demande à quel point on rentre ou pas dans ce schéma.

Seljalandsfoss islande

Nous sommes chanceux dans notre malheur, car comme le temps est toujours pluvieux et le vent assez fort (la magie de la photo fait qu’on ne voit pas ça sur les images),ce matin là, il n’y a quasiment personne! Tant mieux pour nous, on peut se balader tranquillement le long des falaises autour de la cascade.

On reprend la route et quand on vous dit qu’il y a du vent … mêmes les petites cascades sur les falaises n’arrivent plus à atteindre le sol et l’eau se fait littéralement disperser en plein vol. On croise les doigts pour que notre petit 4×4 ne subisse pas le même sort !

cascade vent islande

Un peu plus loin, sur votre gauche, en bas de la falaise, vous verrez la grotte de  Rútshellir. C’est une des plus anciennes grottes habitées par l’homme en Islande. Elle est maintenant aménagée en abri pour les petites familles de moutons, brebis et agneaux 🙂

grotte Rutshellir islande

Il y a en fait deux petites grottes creusées par l’homme. La première fait environ 20m de long sur 2m de haut, et elle était utilisée pour stocker du fourrage. La deuxième, plus petite, fait 8m de long et servait probablement de fumoir. Il y a un petit conduit reliant ces 2 grottes.
Selon la légende c’est ici que vivait un géant nommé Ruth, qui dormait dans la grande grotte, et la petite grotte aurait été la cellule de ses esclaves. Et ils auraient utilisés le petit conduit pour le tuer discrètement dans son sommeil.
En 1936, les troupes SS de Ahnenerbe (spécialisées dans les sciences occultes) auraient fouillées de fond en comble ces grottes en espérant y trouver d’anciennes traces de temples.

Plus loin, toujours le long de la route 1, on arrive sur un gros morceau : Skógafoss. Probablement la plus belle cascade d’Islande!

chute skogafoss islande

Encore une fois, l’avantage de cette météo catastrophique fait qu’il n’y a personne! Nous sommes hyper chanceux et je crois que c’est un vrai miracle car ce site est en principe rempli de visiteurs. On se sent donc hyper privilégiés, seuls face à ce monumental rideau d’eau et dans ce décor de folie (c’est embêtant d’écrire sur l’Islande, car on doit utiliser des superlatifs, tout le temps! :-)) Là aussi, d’après les légendes, quand il fait soleil, un double arc en ciel est facilement visible ici .. il parait. Je suis de plus en plus intimement persuadé que « beau temps ensoleillé » en islandais se traduit par « publicité mensongère pour attirer les voyageurs »!
Selon une autre légende, le viking Þrasi Þórólfsson aurait caché un trésor, un coffre rempli d’or, derrière la chute, et il y a longtemps un enfant aurait réussi à se faufiler derrière et trouver le coffre du trésor, mais il n’aurait réussit qu’à attraper la poignée du coffre qui aurait disparut ensuite dans les profondeurs de la cascade, et la poignée serait restée dans sa main. Cette fameuse poignée est visible dans le Skógar museum.
Petite résumé : Skogafoss c’est la chute d’eau, sur la rivière Skoga, à côté du village de Skogar. 62m de hauteur, 25m de large.

chute skogafoss islande

Et prenez vraiment le temps (vraiment!) de prendre le petit chemin qui grimpe sur la droite, car ensuite c’est une super randonnée, le long de la rivière Skoga en direction du massif montagneux de Þórsmörk. Une succession de cascades dans un décor magique. C’est le point de départ d’un des treks les plus réputés d’Islande et qui peut prendre jusqu’à 12 jours dans sa version la plus longue. Mais nous n’avons ni le temps ni l’équipement pour, alors nous avons simplement marché aussi loin que nous pouvions, et je vous conseille de faire pareil.

skogafoss trekk islande

skogafoss trekk islande

skogafoss trekk islande

Normalement avec ces photos, vous ne devriez pas manquer de motivation pour faire cette superbe randonnée! 🙂

De retour à la voiture, après quelques kilomètres à peine sur la route 1, on reprend à nouveau la route à gauche, sur la 221, pour rejoindre le glacier Sólheimajökull.

glacier Solheimajokull islande

glacier Solheimajokull islande

Ce glacier d’une dizaine de kilomètres de longueur n’est en fait qu’un bras de la calotte glacière du grand glacier Mýrdalsjökull, qui n’est lui même que le 4e glacier du pays! et pourtant, c’est déjà gigantesque! Vous pouvez vous balader un peu dessus mais il faut évidemment être bien équipé, ce serait dommage de glisser et tomber dans une crevasse ou finir dans l’eau glacée du lac de fonte de glace. Des randonnées avec guide sont évidemment possibles (crampons et piolets fournis).
On est loin de l’image du glacier immaculé, blanc de neige et de glace. Ici il y a énormément de cendres issues de la dernière éruption du Eyjafjallajökull. Le glacier recule d’avantage chaque année à cause du réchauffement climatique, et des odeurs d’œufs pourris caractéristique des émanations de soufre viennent parfois chatouiller nos narines. Malgré tout, ça reste un spectacle dont il faut profiter pleinement. Comme vient nous le rappeler un énorme corbeau qui survolait le glacier.

corbeau glacier islande
« Profitez pleinement du spectaaaaacle ! Croaaaa ! et Winter is coming !! »

On reprend la route, toujours le long de la 1, et on prend ensuite à droite sur la 218 pour voir la superbe plage de sable noir de Kirkjufjara.

plage sable noir Kirkjufjara islande

Malgré les apparences cette plage est réputée très dangereuse. Il y a fréquemment des éboulements au bord des falaises, en particulier lors des journées pluvieuses. Et régulièrement, une vague plus forte que les autres nettoie la plage et emporte ce qu’elle trouve dessus. En particulier en cas de mauvais temps et grand vent, il est déconseillé de se promener sur cette plage ou en tout cas d’être réellement vigilant.
L’accès à la plage est d’ailleurs parfois fermé comme en novembre 2015 après l’éboulement d’une falaise et en janvier 2017 quand une touriste est morte noyée, emportée par une vague …

Un peu plus loin en prenant la 215 on peut accéder à la plage et admirer la grotte basaltique Hálsanefshellir.

grotte Hálsanefshellir islande
grotte Hálsanefshellir islande

De retour dans la voiture et sur la route 1 (quelle surprise), on reprend le chemin dans notre boucle vers l’est. Le décor est rapidement plongé dans le brouillard, et le peu qu’on voit se résume a des champs de lande désertique et d’innombrables petits monticules de lave qui ressemblent à autant de petit cairns créés par des fées et des lutins. C’est en particulier marquant à Laufskálavarða. Cette partie du trajet m’a réellement parut glauque, car l’atmosphère était assez étrange, tout était très fantomatique, mais je devais être surement un peu fatigué…

champ lave Laufskalavarda islande

Allez, il est déjà 21h, vite on se dépêche et on finit par trouver refuge au camping de Kirkjubæjarklaustur (il y a une station service dans ce petit village, ouf!). On grignote rapidement dans la petite kitchenette du camping en examinant notre carte et ce qu’on espère découvrir le lendemain et on s’installe comme on peut dans la voiture pour dormir.

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Jour 2 – Pingvallavatn – Geysir – Gulfoss – Hekla

Jour 2 – Pingvallavatn – Geysir – Gulfoss – Hekla

Notre première nuit en Islande fut loin d’être confortable, et le réveil est encore pire. Dehors c’est les ténèbres, et il suffit de rajouter la pluie, le vent, et les nuages lourds noirs et pesants et le tableau est complet! On sait qu’en Islande, le temps peut changer toutes les 20 minutes. Il peut y avoir une tempête de neige un matin, et un grand ciel bleu l’après-midi. Pour nous pas de chance ce matin là, ça ne change pas. C’est tellement catastrophique qu’on fait l’impasse sur tout ce qu’on voulait voir à Thingvellir.

Thingvellir

De toute façon, c’est certain, je reviendrais un jour, ne serait-ce que pour aller plonger dans la faille de Silfrugjá, une fissure d’une centaine de mètres de long, une profondeur pouvant atteindre 60m, et surtout une des eaux les plus pures du monde, ce qui donne une visibilité incroyable et sûrement des sensations de folie (si on est bien protégé de l’eau à 4°C of course).

Un peu à regret, on se décide donc à partir, et on contourne le lac Pingvallavatn (lac des plaines du parlement), c’est le plus grand lac naturel d’Islande.

Pingvallavatn

On profite d’une brève accalmie de la météo pour visiter une des nombreuses failles qu’on trouve dans le secteur. Ces grandes fissures une des conséquence de la dorsale qui traverse l’île, et les tremblements de terre sont parait-il fréquents.

Thingvellir fissure islande

Heureusement, la pluie s’arrête et le vent se calme un peu. Ce n’est pas encore le ciel bleu, mais on croise les doigts très fort.

Et à force de croiser les doigts, quelque chose d’inattendu arrive, un éclair blanc sur la droite, hop photo! mais c’est quoi?

renard polaire islande

On dirait bien qu’il s’agit d’un renard polaire, et lui aussi était surement en train de chercher un abri contre la pluie. En tout cas, c’était une chouette surprise, on ne s’y attendait vraiment pas, car a priori, c’est assez difficile de pouvoir en observer.

Plus loin, on rencontre nos premiers poneys islandais. En fait on dit « poney » car il n’est pas grand, mais pour un islandais, c’est un vrai cheval. Et pas n’importe quel cheval, c’est l’Islandais! C’est une fierté et un trésor national. Il y en a 80.000 sur l’île et ils sont isolés du reste du monde depuis l’an 982. Aucun autre cheval n’a le droit de pénétrer sur l’ile. Le matériel hippique qui est importé doit être stérilisé. Aucun croisement n’est permis avec une espèce étrangère. Si un poney islandais quitte l’île il ne peut plus jamais revenir. Ces règles strictes ont permis de préserver cette race particulière, robuste, résistante aux hivers islandais, et qui possède une allure unique en plus du pas, du trot et du galop, c’est le Tölt, et c’est inné pour un poney islandais. C’est une sorte de pas rapide à ce qu’il parait, mais personnellement, je n’y connais pas grand chose 🙂

poney islandais

En tout cas ils étaient bien sympa, et on leur a promis de revenir les voir pour faire une chouette randonnée avec eux un de ces jours ! 🙂

Arrivée à Geysir. C’est un peu comme Paris et la Tour Eiffel, ça parait incontournable. C’est au cœur d’un champ géothermique que se trouve le fameux Geysir, qui a donné son nom à tous les autres geysers de la terre. Il atteint les 70m de haut, et quelques fois, suite à un tremblement de terre, il aurait dépassé les 120m de hauteur! Mais en fait actuellement, le Geysir est plutôt calme et ne jaillit que 2 à 3 fois par jour et des fois pas du tout. Autant dire que vous aurez peu de chance de le voir en action et vous ne contemplerez qu’une grande mare frémissante et dont il vaut mieux ne pas s’approcher trop près.

Geysir islande

Du coup c’est un remplaçant qui lui vole la vedette : le geyser Strokkur, qui jaillit toutes les 10 minutes environ à une hauteur d’au moins 20m.

Geyser strokkur a geysir islande
Strokkur en action
bulle geyser strokkur islande
Bulle de gaz du geyser juste avant l’explosion

Petit conseil : pensez à regarder la zone mouillée au sol avant de vous mettre en attente pour le spectacle. Il suffit d’un peu de vent et des dizaines de personnes se retrouvent trempées 🙂

Strokkur geyser islande

Mais tandis que la vieille star Geysir sommeille tranquillement, et que le Strokkur donne tout ce qu’il a en véritable showman, heureusement pour l’Islande, la relève est déjà là, avec Litli Geysir! 🙂

little geysir islande

Comme ce site fait partie des incontournables et qu’il n’est pas très éloigné de la capitale : c’est rempli de gens et ça fait assez bizarre, car depuis notre arrivée en Islande on était un peu seuls au monde sur l’île.

Vous pouvez passer par la presque incontournable boutique à touristes, où il y a un article qui a retenu mon attention 🙂

ice fresh air island

Si vous avez une petite faim ou même ne serait-ce que pour prendre une bonne boisson chaude, n’hésitez pas à rentrer dans le restaurant Geysir Glima, la décoration est vraiment belle et on y est très bien 🙂

Sur le site de Geysir on rencontre aussi nos premiers gros 4×4, et pas franchement la même catégorie que le notre. Là, c’est les 4×4 bodybuildés pour les excursions de folie, qui escaladent les montagnes et franchissent les torrents, c’est limite s’ils ne roulent pas sur la lave, ils sont immenses. Mais c’est pas la taille qui compte il parait 🙂

4x4 islande

Allez hop! On reprend la route, direction Gulfoss. Là,c’est du lourd ! Elle est surnommée « la chute d’or » à cause de l’arc en ciel qu’on voit souvent au dessus … bon ça c’est dans le cas où il y a un minium de soleil, et si vous avez suivi jusqu’ici, vous devinez qu’on n’a pas vu la moindre trace d’arc en ciel haha.

gulfoss islande

Gulfoss, c’est une succession de deux énormes chutes sur la rivière Hvita, qui est elle-même le résultat de la fonte de l’énorme glacier Langjökull. Et c’est donc au cœur d’un imposant canyon creusé par cette rivière que se trouve cette impressionnante chute d’une hauteur de 32m et d’une largeur de 70m.

gulfoss islande

On a encore de la brume plein les yeux, mais il faut reprendre la route, et le ciel se charge brutalement de nuages lourds et sombres en quelques minutes seulement, c’est assez incroyable, mais je prie pour ne pas avoir à déclencher les essuies-glaces à nouveau!

nuages islande

On reprend la route le long de la 30 puis de la 32 vers Hjálparfoss. Évidemment en comparaison à avec celle qu’on vient de quitter, cette « minuscule » double chute d’eau fait pâle figure. Son nom viendrait du fait qu’il y a bien longtemps, quand les islandais des régions du nord traversaient l’ile vers le sud, ils avaient beaucoup de mal à trouver des pâturages pour leurs chevaux, et c’est dans les environs de cette chute qu’ils trouvaient des grands herbages et ça leur était d’une grande aide. Et donc aide = hjalp = help. Et hop!

chute Hjalparfoss islande

Personnellement je l’aurais baptisée Oursfoss! Car j’y vois plutôt un gros ours en basalte pétrifié qui garde les chutes pour une raison mystérieuse. Et je vous en dirai plus quand j’aurais fini d’écrire cette légende et que je l’aurais transmis officiellement au gouvernement islandais pour qu’ils changent le nom 🙂

Nous reprenons la route, et au bout d’un moment, le doute commence à s’installer, car là c’est vraiment désert de chez désert, genre désertique, et à perte de vue!

route desert islande

On tente d’aller vers le grand lac du réservoir Sultartangalón mais on rebrousse chemin, notre petit 4×4 atteint ses limites dans des pistes beaucoup trop caillouteuses pour lui. On reprend la 26 vers le sud, qui elle aussi se transforme vite en petite piste caillouteuse et chaotique, mais tout de même pratiquable. Et jusqu’à l’infini il n’ya toujours pas le moindre signe de vie. Ok, on a assez d’essence (enfin je fais le conducteur confiant « t’inquiète on est laaarge » .. hem pas tant que ça en fait mais chut!) et je me dis que s’il nous arrivait une panne mécanique quelconque, on serait bien embêtés (et pas de réseau of course).
Au bout d’un long moment, une lumière à l’horizon! Les phares d’une voiture! J’imagine un gros 4×4 fonçant à toute allure. Je suis content de croiser quelqu’un mais en même temps je suis déjà en train de serrer les dents en pensant aux cailloux arrachés par ses énormes pneus et qui vont fissurer le pare-brise nickel de mon petit 4×4 de location!

route 26 en islande

Et en fait non, c’était une minuscule petite Micra! mais qui roulait à fond. Et c’est là que je me suis rendu compte que pour ne pas être secoué, en fait il fallait rouler vite et que les suspensions feraient le reste, après tout un 4×4 c’est fait pour ça hein 🙂

A un moment, une petite piste part sur la droite, ne la loupez pas! car elle mène à l’une des plus belles chutes d’Islande (dans mon classement personnel).

 C’est la chute de Þjófafoss . A vrai dire ce n’est pas vraiment la chute en elle même qui est magique, mais l’ensemble, le paysage, avec ce décor lunaire et ravagé et le petit volcan Búrfell de 670m juste derrière. Top!

chute bjofafoss islande

Il parait que dans cette cascade, on jetait les voleurs qui étaient condamnés! A priori c’était efficace, aucun n’est jamais revenu! Il arrive parfois que cette cascade puisse être à sec, car la rivière qui l’alimente est maintenant contrôlée par Landsvirkjun (le fournisseur d’électricité islandais, l’EDF local) qui gère le débit de la rivière en amont au barrage.

4x4 islande

La fatigue commence à se faire sentir, mais ce soir on dormira très bien, car on s’arrête dans un petit hôtel, le Leirubakki le long de la 26. Accueil très sympathique, chambre nickel. Belle vue sur le mont Hekla (sous les nuages). Le restaurant, et bien il était excellent, superbe agneau et du bon vin, réellement, ça nous a surpris 🙂 Et cerise sur le gâteau, il y a la vikingpool, un bain chaud à ciel ouvert!
Plus d’infos ici : http://www.leirubakki.is/www.leirubakki.is/index.html

De quoi vous détendre et passer une très belle nuit 🙂

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