Jour 13 – Bac Ha – Hanoi

Jour 13 – Bac Ha – Hanoï

Dernier jour à Bac Ha. On est lundi, la fièvre du marché dominical est passée, alors on prend notre temps ce matin, no stress 🙂 Un petit café vietnamien en terrasse au soleil, en regardant les gens vivre tranquillement. C’est ça aussi les vacances! Mais j’avoue qu’à un moment ça me démange, j’ai les fourmis dans les jambes, et si on bougeait hein ? bon allez hop en route ! 🙂
Hier on était parti se promener au nord ouest de Bac Ha, cette fois on part vers le sud ouest. Dès le matin la chaleur est bien pesante … mais c’est pas grave, on marche dans un chouette décor, des rizières, de la verdure, des fleurs. Y a vraiment pas de quoi se plaindre 🙂

vietnam bac ha randonnee

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Durant cette balade on est parti sans réelle indication, avec un plan GPS et ça suffit. J’ai quand même réussi à me tromper de chemin à un moment. On a fini au milieu d’un petit hameau de baraques en tôles rafistolées avec quelques planches. Les gens qui vivent là préparaient un repas en découpant des canards et en buvant pas mal d’alcool directement à des petites bonbonnes. On a fait demi-tour car on était franchement pas à notre place et il y avait trop d’alcool et de machettes à mon gout 😉

vietnam bac ha randonnee

On retrouve notre chemin qui serpente au milieu des rizières et après il se met carrément à grimper la montagne en zigzague. Il n’y a toujours pas d’ombres pour s’abriter et le soleil cogne dur, pensez à bien vous couvrir. Mes coups de soleil de la veille sont encore là pour me le rappeler. Enfin le chemin atteint le sommet! et en plein milieu sur notre route, trois buffles sont sur le passage et sans personne pour les surveiller. Ils étaient visiblement en pleine séance de thalassothérapie, façon bain de boue. A les entendre beugler à notre approche, en soufflant fort et avec les oreilles qui battent l’air, je crois qu’ils voulaient nous dire qu’ils n’aimaient pas trop être dérangé … Ca a beau avoir l’air placide et tout, un buffle c’est quand même costaud, ça a des grosses cornes, et ça doit surement manger un ou deux touristes par mois!

vietnam bac ha randonnee

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Sur l’autre versant de la montagne, une nouvelle vallée s’offre à nous, avec des nouveaux sommets à découvrir. On continue de marcher, encore et encore 🙂 On est en vu du lac du barrage de Coc Ly .. et mine de rien on vient de faire 9 km de marche … et il faut refaire la même chose dans le sens inverse, et reprendre pas mal de dénivelé au passage. Dur!

vietnam bac ha randonnee

Heureusement il y a quand même des paysages qui méritent tous ces efforts 🙂

vietnam bac ha randonnee

Suite à cette photo, on revient avec une certaine appréhension à la fameuse « crête des buffles ». Soulagement, ils ne sont plus là. Et alors qu’on fait les fiers, on entend un gros souffle mais on ne voit rien. En se penchant au bord du chemin, on voit un buffle en train de gravir la pente dans les broussailles et en nous ayant visiblement pris pour cible, ça se voit dans ses yeux! On ne reste pas trop longtemps pour vérifier ses intentions belliqueuses, on lui laisse sa crête boueuse et on entame notre descente vers Bac Ha.

vietnam bac ha randonnee

De retour au Ngan Nga Bac Ha Hotel on prend le temps de se reposer et flâner à nouveau autour du lac de Bac Ha. Via l’hôtel on a réservé nos billets pour le bus de nuit qui part de Bac Ha à 21 h et arrive le lendemain matin à Hanoï vers 5 h (pas de véritables couchettes mais des sièges allongés).

L’arrivée à Hanoï se fait un peu la tête dans le *bip*. On a l’impression d’avoir à peine dormi dans le bus (de temps en temps on est réveillé par des coups de volants brusques ou des klaxons .. et on n’ose même pas essayer de deviner la raison, sinon c’est sûr on ne pourra pas se rendormir). On est à la gare routière de My Dinh. Elle est située à environ 9 km du vieux centre de Hanoï, et la gare est moche. Il fait encore nuit. On rencontre par hasard un couple de français en train de faire un tour du monde. On discute une dizaine de minutes et on est constamment harcelés par des chauffeurs de taxis qui nous proposent tous leurs services (enfin on suppose que c’est ça). On se dit au revoir et maintenant il est temps de retrouver notre hôtel à Hanoï. Comme on n’a pas vraiment le choix, on prend un taxi, le premier garé dans la longue file d’attente. Des dizaines de chauffeurs sont là, alors qu’il n’est que 5h du matin. Je relativise mon manque de sommeil, car eux, je me demande bien comment ils font …  On donne au taxi l’adresse de l’hôtel (Indochina queen hotel, 67 Thuoc Bac), et on sent que ça va être compliqué … J’ai franchement l’impression qu’il n’a rien compris du tout, mais il est déjà en route. Sur son tableau de bord, il a un GPS … éteint. J’essaie de lui demander s’il peut l’allumer car au bout d’un moment je vois qu’on fait un gros détour (je check la position sur le GPS de mon téléphone). Il me fait signe que non et s’agace. Et moi aussi je m’agace car c’est pas la bonne direction! Après je suis peut être fatigué et je connais ni la circulation ni les raccourcis pour rouler à Hanoï, mais j’aime pas trop être pris pour un con. Le ton monte assez vite. A l’arraché j’arrive à le faire dévier de sa route et lui demande d’aller au Lac Hoan Kiem, il connait? ça au moins ? Et dès que je vois sur le gps qu’on est à proximité je le fais s’arrêter, on descend. Le chauffeur me montre ses dents en faisant « gniiiiiiiii » je suis stressé, « ouais bin je suis pas le seul! » grrrrrr. Bref, je chasse vite cet épisode bien agaçant de ma tête et on repart à pieds vers l’hôtel. Environ 2 km à parcourir et j’ai vraiment pas envie de reprendre un taxi!

Le soleil est encore loin de se lever, mais il y a déjà beaucoup de monde dehors, et beaucoup de personnes qui font leurs exercices de gymnastique au bord du lac. Je me dis qu’ils ont bien raison, car il fait frais à cette heure là et surtout il n’y a pas trop de circulation et donc pas trop de pollution … c’est presque un miracle à Hanoï!

Vers l’hôtel j’ai vu cette chaîne accrochée aux rétroviseurs d’une voiture et à un arbre. Un drôle d’antivol qui m’a bien fait rire 🙂
L’Indochina Queen Hotel venait à peine d’ouvrir ses portes quand on arrive. Un veilleur de nuit dort à l’accueil à côté de son scooter. On attend un peu, et le personnel arrive. Ils sont toujours aussi cools et sympas et compatissent pour notre histoire de mauvais taxi. On file dans la chambre et hop, on retourne faire une petite sieste 🙂

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Jour 11 – Bac Ha

Jour 11 – Hanoï – Sapa – Bac Ha

Bon alors là, autant jusqu’ici on s’était bien débrouillé, autant cette partie c’est du grand n’importe quoi et je me demande encore comment on a pu faire aussi mal! 🙂 la fatigue sans doute … Donc ce jour là, on se lève tôt à Hanoï pour aller au bord du lac Hoan Kiem, prendre le bus du Sapa Express à 7h30. Bus impeccable, couchettes allongées, allez hop en route pour rrrzzzz rrrrzzzz ….
Arrivée à Sapa , 12h30 … et là, moi qui d’habitude essaie de gérer un peu l’organisation, j’ai tout laissé faire, histoire de me reposer un peu hein. Et donc une fois arrivée à Sapa, je demande « ok et maintenant comment on va à Bac Ha? ». Car Bac Ha c’est là où on veut aller. On est samedi, et dimanche c’est LE jour de marché à Bac Ha et donc il vaut mieux y arriver la veille, genre aujourd’hui quoi. Et là, c’est le gros moment de solitude … on n’est pas du tout au bon endroit mais alors pas du tout! on est juste à l’opposé hahaha le gros FAIL! 🙂
Bon allez, no stress, c’est les vacances après tout. On entre dans la première boutique qui propose trek & co, et on réserve deux places pour un petit bus qui va à Bac Ha. Coup de chance il part dans un peu plus d’une heure. Ça nous laisse juste le temps de manger des grillades dans un petit bouiboui juste à côté. On est les seuls occidentaux, on montre du doigt ce qu’on veut manger, on ne cherche même pas à savoir ce que c’est, du moment que c’est bien cuit et bien grillé, je me dis que tout est à peu près comestible 🙂 Et puis avec une petite bière, tout passe!

Enfin notre bus arrive, et on repart. On aura passé 1h30 à Sapa, record de la visite la plus courte battu! En plus, la première impression que j’ai eu en arrivant à Sapa était vraiment super désagréable. A peine descendu du bus, des dizaines de jeunes filles en tenues traditionnelles tournent autour des passagers « where are you from? » « do you want to come with me? » « I’m so nice, you want to take a picture? » etc … un véritable harcèlement. Après je peux comprendre que le filon du touriste occidental qui veut sa photo clichée avec la jeune fille dans sa tenue traditionnelle en échange d’un petit billet, c’est rentable et ça aide à faire vivre la famille, mais perso, c’est pas du tout mon truc.

Bref, en tout cas, nous, on s’en va! C’est reparti pour une descente en bus interminable vers la gare de Lao Cai. Depuis cette gare on reprend un autre bus pour monter jusqu’à Bac Ha. Et ce bus mes amis, c’est vraiment le bus local! Tout le monde était vietnamien, sauf nous et un couple de touristes étrangers et le mec était un grand gaillard barbu qui mesurait bien deux mètres. Et comment vous dire, la taille standard des sièges des bus est adaptée au format vietnamien, et ce n’est pas vraiment ce genre de gabarit 🙂 En cours de route, pendant une interminable montée dans des lacets tous plus flippants les uns que les autres, on a quand même réussi à livrer un essieu de voitures à un garage, puis on a réussi à caser des paniers remplis de poules là où on pouvait, ensuite il y avait une petite armoire à faire rentrer on ne sait où (le bus est déjà archi complet), mais le must, c’est quand on a embarqué une petite dame … et sa machine à laver!!!! Tout le monde rigolait tellement c’était du grand n’importe quoi 🙂

vietnam bac ha

On arrive enfin en début de soirée à Bac Ha, tout le monde descend! Maintenant il faut trouver un hôtel … et comme demain c’est jour de marché, mauvaise pioche, la majorité des hôtels sont déjà complets! Finalement on trouve une chambre de libre dans un hôtel dont j’ai oublié le nom et que j’ai effacé de ma mémoire. La chambre était horrible, moche, humide, et en plus y avait une énorme araignée sur le mur, mais du genre une mygale d’au moins 30 cm! De toute façon on n’a pas vraiment le choix pour ce soir…

On file trouver un endroit où manger, il fait nuit. On s’installe à la terrasse en bois du restaurant Hoang Yen, à quelques mètres de l’hôtel. Par hasard, on retrouve nos compères du mini bus, avec le géant barbus, installés à deux tables de nous. On se fait signe, et puis on se dit que ce serait pas mal de manger tous ensemble. Hop on fait donc connaissance avec ce couple qui vient d’Australie, et le géant est un mineur qui extrait des opales. On mange bien (mais je ne sais plus trop quoi), on boit beaucoup (du vin, des bières), et même à la fin on se laisse tenter par de l’alcool de maïs. C’est une spécialité de la région de Bac Ha. On pensait avoir un petit verre façon shooter. Et non, c’est un grand verre rempli à raz bord qui est servi! Et rien qu’à l’odeur on sent que ça va être un bon 45 degrés d’alcool. Bon et bien pour l’honneur de la France, j’ai tout bu! Le géant australien n’a pas pu, haha, victoire! On rentre en titubant dans le taudis qui nous sert d’hôtel pour la nuit, et heureusement pour moi, les souvenirs de cette journée « loupée » se sont un peu effacés de ma mémoire 😉

Jour 12 – Bac Ha

Cette nuit passée dans cet hôtel dont j’ai oublié le nom est l’une des pires de mon existence! A partir de ce jour, j’aurais une toux grasse qui va durer bien après mon retour en France. Pendant pratiquement un mois je vais tousser et je suis persuadé d’avoir respiré des spores de champignons moisis dans cette chambre toute pourrie. Mais revenons à Bac Ha. Dès le matin donc, très tôt, on file prendre un café (ailleurs!) et on se pose à la terrasse du Ngan Nga Bac Ha Hotel, un peu plus bas dans la rue. Le patron qui parle un peu français nous demande si on cherche une chambre (business business). On lui répond qu’on en a déjà une mais qu’elle est nulle. Il demande combien on paye, on négocie un peu, et il nous propose une chambre à 200.000 vnd. Marché conclu. On déménage illico nos affaires et sans regrets!
http://www.nganngabachahotel.com/

On fait ensuite une petite promenade autour du joli lac de Bac Ha, avec les montagnes qui se reflètent à l’aube, c’est beau, et je tousse 🙂

vietnam bac ha lac

Ensuite hop en route pour le marché!

Le marché de Bac Ha, donc, c’est le gros truc local. Chaque dimanche, des milliers d’habitants de la région se retrouvent ici. Ce n’est pas seulement pour faire des achats, mais aussi tout simplement pour permettre aux gens de se retrouver après une semaine de travail bien pénible. Les habits traditionnels sont de sortie, et les gens viennent aussi faire la fête. Ce marché est aussi très connu car les minorité ethniques du nord du Vietnam sont bien représentées : les Mio, Hmong, Dao Fo, Tay et Giay. Chaque ethnie se reconnaissant grâce aux vêtements portés, aux couleurs utilisées etc…

vietnam bac ha marche

Pour bien profiter du marché, il faut arriver tôt! Si possible dès 6 h. Nous avec notre petite galère d’hôtel, on débarque vers 8 h. L’avantage d’y être tôt dans la matinée, c’est qu’il n’y a pratiquement que les locaux, et l’ambiance est à la fois consciencieuse pour faire des bonnes affaires et festives pour les retrouvailles. Plus tard dans la matinée, les bus touristiques arrivent. Et ensuite, il y a de plus en plus d’occidentaux qui déambulent dans le marché et qui mitraillent de photos les femmes dans leurs tenues bariolées. C’est le concours de qui aura le plus beau gros plan, qui aura la photo avec la ribambelles de petites filles costumées, qui aura réussi à photographier une robe de chaque ethnie. Je trouve ça ridicule, on a l’impression que les touristes y vont comme ils vont au zoo. Pour voir des spécimens étranges et pittoresques et les prendre en photo. Il faudrait peut être rappeler que ce sont aussi des gens normaux qui vivent normalement. Imaginez votre tête si vous faites votre marché le dimanche et que des dizaines de touristes viennent vous prendre en photo en gros plan alors que vous êtes tranquillement en train d’acheter vos poireaux?

vietnam bac ha marche

Bon allez, oublions cet aspect et revenons au marché. Malgré le désordre apparent il est organisé en 3 zones principales. Une pour les produits du quotidien (vêtement, ustensiles, …), une pour la nourriture (fruits et légumes, viandes), une pour les animaux.

Il y a aussi ce type à la casquette sur la photo suivante. Je ne sais pas réellement quel est son rôle. J’ai l’impression qu’il distribuait des amendes aux commerçants qui ne respecteraient pas certaines règles mais je n’en suis pas certain du tout. Si quelqu’un à la réponse, ça m’intéresse.

vietnam bac ha marche

On fait le tour des étals en mâchonnant des morceaux de canne à sucre. On se dit que finalement on ne va pas peut être pas manger directement sur place, car la partie avec la viande « fraîche » découpée à même les tables avec les mouches autour, ça nous a pas trop enthousiasmé 🙂

vietnam bac ha marche

Allons voir vers le lac,  du côté du marché aux bestiaux. Ici il y a beaucoup plus de bruit. On entend les poules, les coqs, les oies et les canards … et les plus bruyants sont les cochons qui sont ficelés et mis sur une selle de mobylette et qui couinent à la mort.

vietnam bac ha marche

Il y a aussi des chiens à vendre … je crois que les chiots sont destinés à être élevés pour garder la maison, et les adultes pour être mangé …

vietnam bac ha marche

Les petites cages à poules (les mêmes qu’on a transporté en mini bus la veille) font un peu mal au cœur … tous ces volatiles confinés comme ça. En même temps, c’est plus ou moins pareil dans plein d’endroits dans le monde et même en France. Si vous êtes sensibles au bien être des animaux, vous n’allez peut être pas apprécier cette partie du marché.

vietnam bac ha marche

En montant sur le terre plein, c’est le marché aux buffles 🙂 Le buffle d’eau au Vietnam c’est la bête à tout faire des paysans et il a donc une sacrée importance.

vietnam bac ha marche

vietnam bac ha marche

Celui là, il avait vraiment la tête du buffle de l’enfeeeeeeeeeer !!!!!

vietnam bac ha marche

On s’est ensuite rabattu pour déjeuner au Thanh Son Restaurant avec sa terrasse ouverte sur le marché. C’est clairement un restaurant pour « touristes ». Mais bon pour un plat simple à l’ombre et avec vue sur le marché en buvant un jus frais (et en continuant de tousser), ça suffisait largement 🙂

Cette photo est bonne et triste à la fois …

vietnam bac ha marche

Elle est bonne car elle rappelle que les minorités ethniques ne sont pas exclues du monde moderne, que ces personnes ne sont pas juste intéressantes pour leur côté « authentique » et « folklorique » (ce qui plait tant aux touristes), elles vivent normalement. Elle est triste, car on se demande si des traditions et des modes de vie ne vont pas disparaître rapidement pour se mélanger dans la grande uniformisation mondiale à l’occidentale. Traditions, modernité, occidentalisation, c’est un autre débat …

Allez, maintenant on part se balader un peu. On traverse le village en direction de l’hôpital au nord et puis on prend à gauche vers la route qui monte un peu. Il fait beau, il fait (très) chaud, et la campagne est calme et verdoyante. C’est vraiment agréable de passer par ici 🙂

vietnam bac ha randonnee

En chemin, dans un petit hameau, on fait une halte à la Highland Homestay. Un ami photographe y avait passé quelques semaines pendant un reportage passé dans la région, et on venait passer le bonjour de sa part. Mais hélas, on aura tellement de difficultés à se faire comprendre que le message ne sera pas du tout passé comme on le souhaitait 🙂 La barrière de la langue c’est vraiment frustrant! En repartant on croise deux occidentaux qui résident dans la petite pension familiale. Un dort et l’autre bricole une moto dans le jardin. On fait un signe de la main, bye bye.

vietnam bac ha randonnee

La route continue de grimper et il n’y a pas grande monde. A peine si on croise un buffle de temps en temps. Et il commence à faire vraiment de plus en plus chaud! On se dit qu’on aurait peut être du emporter un peu plus d’eau.

vietnam bac ha randonnee

Alors qu’on était en train de profiter du paysage, deux paysans vietnamiens passent devant nous. Ils reviennent du marché où ils ont acheté un petit motoculteur flambant neuf qu’ils tirent derrière eux, et ils grimpent la même route que nous. Ils ont l’air de vraiment galérer. On les rejoints et on essaie de leur faire comprendre qu’on peut leur donner un petit coup de main. Ils refusent poliment en souriant. On leur souhaite bonne chance et bon courage. Même si on ne se comprend, je crois que cette fois, le message est passé, enfin j’espère 🙂

Du coup, on prend de l’avance et on continue de grimper vers le sommet de la petite montagne. Mais la route est vraiment pentue, et il n’y a vraiment pas d’ombre, et ce qu’il fait chauuuuud. Deux petites motos nous rattrapent et nous dépassent … puis elles font demi-tour et s’arrêtent à côté de nous. Ce sont les deux voyageurs de la Highland Homestay. Un allemand qui visite l’Asie, et un français qui fait son tour du monde en solo. Ils nous proposent de monter avec eux en moto. La solidarité ça ne se refuse pas 😉 hop on monte! Au bout de quelques kilomètres on arrive au sommet et juste après la crête, avant d’arriver au petit village de Hoang Thu Pho, il y a une cascade un peu cachée.
On finit par la trouver dans un virage (elle n’était pas si cachée que ça)

vietnam bac ha randonnee cascade

C’est le super moment baignade – trempette – rafraîchissement 🙂 Pause détente et hop une petite photo souvenir de nos brefs compagnons de voyage. Thanks les mecs!

vietnam bac ha randonnee cascade

Alors qu’on est en train de sécher, on voit un ado passer par un petit sentier à côté de la cascade. On le suit, c’est tout boueux et glissant, voir bien casse-gueule même. Mais au bout du sentier, ça débouche sur une petite vallée qu’on a trouvé vraiment belle 🙂 Les paysans travaillaient dans les champs, et on n’a pas trop voulu aller les déranger en mode « touristes glandeurs qui prennent en photo les gens qui galèrent dans les rizières mais c’est tellement typique ». D’ailleurs pas longtemps après, on voit l’ado revenir, en tong, avec un sac de riz de 50 kg sur le dos, qui nous double en souriant et en marchant à toute vitesse sur le même chemin où on a faillit tomber trois fois dans le petit ravin. Respect!

vietnam bac ha randonnee

On continue encore un peu la route, mais le soleil va bientôt se coucher, les nuages arrivent à l’horizon, il est peut être temps de rentrer. On dit au revoir à nos camarades, on fera le retour à pieds tranquillement, c’est la descente, ça va 😉

vietnam bac ha randonnee

Dans la descente on croise les deux paysans qui continuent toujours de grimper avec leur motoculteur … et on a vraiment de la peine pour eux. J’espère que depuis le temps, ils sont arrivés là où ils voulaient aller!

De retour à Bac Ha, on compte les coups de soleil … on a pris cher! et en plus je continue de tousser. Bon allez, une bonne douche au Ngan Nga Bac Ha Hotel. Comme il fait aussi restaurant, on en profite, et en plus, il est bon! 🙂 Cramés mais heureux, hop au lit!

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Corse

Ah la Corse, l’ile de Beauté, un joyaux de la méditerranée. Il y a tellement de superlatifs autour de la Corse qu’il fallait partir vérifier ça. Alors hop en route!

Pendant un séjour en Provence, hop on décide de pousser la voiture jusqu’au ferry pour passer 10 journées sur les routes Corse. Notre petit road-trip nous mènera le long de la côte ouest de l’ile jusqu’à l’extrémité sud, puis profiter des plages de l’est, faire de belles randonnées dans le centre. Un petit concentré de ce que la Corse peut nous offrir.

Jour 1 – Ile Rousse – Calvi – Porto – Calanques de Piana
corse porto calanques piana

Jour 2 – Porto – Capu d’Ortu
corse capu ortu

Jour 3 – Filitosa – Sartène – Rondinaracorse sartene

Jour 4 – Bonifacio – Iles Lavezzicorse bonifacio

Jour 5 – Rondinara – Tappa – Araghjucorse rondinara

Jour 6 – Porto Vecchio – Piscia di Gallo – Zonzacorse piscia di gallo

Jour 7 – Alta Rocca – Zonza – Quenzacorse zonza camping

Jour 8 – Bavellacorse bavella trou bombe

Jour 9 – Plateau du Coscione – Caldanecorse plateau coscione

Jour 10 – Ajaccio

Et vivement le prochain voyage pour découvrir la suite des merveilles cachées de Corse!

Séjour réalisé fin aout 2015

La Réunion – Le Piton des Neiges

Le Piton des Neiges

C’est le point culminant de l’île de la Réunion. On dit parfois que c’est le plus haut sommet de l’océan indien (même s’il y a des volcans en Indonésie qui sont un peu plus grands, enfin ça dépend comment on mesure, mais on est chauvin alors pas de discussion, c’est le plus haut! yeah ;-)). Dans tous les cas avec une hauteur de 3070m, il est loin d’être ridicule, et arriver à son sommet, ça se mérite.
On ne sait pas trop pourquoi il porte ce nom, car il n’y a jamais de neiges au sommet. Et s’il y en a, c’est qu’il y fait tellement mauvais temps qu’en principe on ne devrait pas les voir. Il semblerait que ce nom daterait de 1775 quand des neiges auraient été aperçues au sommet. Avant ça, c’était le Mont des Trois Salazes.
Le Piton des Neiges, c’est ce qu’il reste de l’énorme volcan qui a créé l’île il y a des millions d’années. Suite à des éruptions massives il y a 20.000 ans, il y a eu des écroulements de terrain cataclysmiques qui ont donné naissance aux trois cirques de Cilaos, Mafate, et Salazie. Et tout au dessus d’eux, ce qui reste du volcan écroulé (on suppose qu’il devait dépasser les 4.500m avant ces évènements), le Piton des Neiges.
C’est une des zones de reproduction et d’habitat des Pétrels de Barau, oiseau en voie de disparition à la Réunion.

Et pour aller au sommet ?

Il va falloir commencer par se lever tôt! Et il va falloir conduire. Il y a plusieurs options. Les trois principales sont :
– Depuis la Plaine des Cafres, mais ce chemin sur le versant Est est réputé long et humide car plus exposé à la pluie. On passe par Mare à boue, qui porte bien son nom.
– Depuis le cirque de Salazie en démarrant à Hell-bourg.
– Depuis le cirque de Cilaos. C’est cette option qu’on choisit, la plus rapide mais aussi la plus raide.

Il faut prévoir au moins 7h aller-retour, mais si vous prenez des photos, une pause pique-nique et que vous voulez profitez un peu du paysage sans faire trop la course, misez plutôt sur 8h (voir 9!). Mais ça reste intense! Le trajet aller-retour, c’est environ 16km, et 1730m de dénivelé. Il y a un refuge, le gîte du Piton des Neiges, qui permet de faire l’ascension sur deux jours et qui permet surtout de pouvoir être au sommet avant le lever du soleil, et profiter d’un moment magique. Mais si vous n’avez pas le temps d’y passer deux jours, ça peut très bien se faire dans la journée. Et le lendemain vous irez vous reposer à la plage 🙂

route cilaos matin

Donc au petit matin, direction le Cirque de Cilaos, puis on traverse Cilaos. Derrière l’Eglise notre dame des neiges à Cilaos, notre destination, le Piton des Neiges ne semble pas si loin maintenant, ça parait easy!

reunion eglise cilaos

Un peu plus loin on atteint le point de départ de la randonnée, le petit parking du Bloc, à l’entrée de la forêt du Grand Matarum, composée de cèdres du Japon qu’on appelle aussi le sapin créole (cryptomerias). Cette espèce de conifère a été introduite sur l’ile à la fin du XIXe siècle pour aider au reboisement et aussi car il s’adapte très bien au climat et au sol volcanique.

La première partie de la montée, c’est une succession de marches et de lacets dans une pente très raide. De temps en temps on peut profiter des superbes points de vue sur le cirque de Cilaos qui commence à recevoir les premiers rayons du soleil.

reunion cilaos

D’ailleurs, sur la corniche à l’est, en même temps que les premiers rayons de soleil, c’est toute la brume et une véritable vague de nuages qui glisse par dessus la crête pour descendre dans la vallée. C’est magnifique 🙂 mais du coup on sait qu’on va devoir encore faire la course contre les nuages. Hop hop hop !

nuages piton des neiges cilaos

Rapidement la végétation change et la montée se fait maintenant au milieu des barbes de Jupiter (Usnea barbata). Cette plante de la famille des lichens absorbe l’humidité et les sels minéraux qui peuvent être présent dans les milieux humides, dans le brouillard, etc … C’est aussi une plante très sensible à la pollution,  donc moralité, si vous voyez des barbes blanches tout autour de vous, c’est que tout va bien 🙂

sentier piton des neiges

reunion sentier piton neiges

On arrive ensuite à une portion moins raide, ça soulage les jambes, c’est le plateau du petit Matarum, avec un petit abri près d’un point d’eau.  En sortant du plateau, l’ascension reprend, toujours une succession de lacets et de marches sous la végétation, au milieu de la mousse et des barbes. Le col est proche, le soleil nous montre le chemin 🙂

reunion sentier piton neiges

Une fois arrivé au col, le plus dur est fait. On en profite pour regarder le super panorama : le cirque de Cilaos devant nous, et au fond à droite, le piton des neiges qui nous attend!

panorama sentier piton des neiges

A cet endroit on croise le sentier qui vient depuis Bourg Murat et on continue vers le gîte du Piton des Neiges. Il a une capacité de 48 lits en dortoir, avec possibilité de manger sur place mais il vaut mieux réserver avant. Dans tous les cas, ça reste une bonne occasion de boire une dodoléla (comme s’il fallait trouver une raison pour ça 😉 ).

gite piton neiges

De toute façon, nous, on a décidé de faire l’aller / retour dans la journée alors on ne s’attarde pas trop et les nuages commencent eux aussi à grimper vers le sommet. Il ne reste plus que 600m de dénivelé à grimper mais il faut bien compter 1h15 avant d’atteindre le sommet. Qui arrivera en premier, les nuages ou nous ?? suspense !!

reunion piton des neiges

Finalement on arrive avant, yeah 🙂 On suit les marques blanches au sol, même si là on n’a pas vraiment de problèmes pour se repérer et s’orienter.
On profite du spectacle, 3070 mètres d’altitude, le sommet de l’île, le sommet de l’océan indien, et on est seuls!
Pas un randonneur à l’horizon, pas un bruit, pas de cris d’oiseaux, juste le spectacle de la roche nue et désertique, et la lente danse des nuages en dessous de nous et qui se rapprochent inexorablement. Forcément pour le panorama détaillé sur l’île, la vue est un peu bouchée, mais on distingue l’océan indien tout autour de nous à l’horizon.

reunion piton des neiges

reunion piton des neiges

piton des neiges nuages

On en profite tranquillement jusqu’à ce que le vent se lève un peu et que les nuages finissent par nous engloutir.
A ce moment, deux randonneurs nous rejoignent. Ils ont prévu de camper au sommet, dans les petits enclos de pierres prévus à cet effet. On leur souhaite bon courage, car la soirée et la nuit va surement être fraiche pour eux. Pour nous, c’est la descente dans la brume, en sautant de rochers en rochers. On profite d’une petite éclaircie en arrivant vers le gîte pour faire une courte pause, car ensuite ça va être la descente infernale par les mêmes lacets et les mêmes marches qu’à la montée.

reunion sentier piton neiges

Dans la brume, le chemin prend une allure complètement différente.

reunion snetier piton neiges

Ambiance fantomatique garantie! 🙂

reunion sentier piton neiges

reunion sentier piton neiges

Enfin on arrive aux dernières marches. C’est paradoxal, mais c’est la descente qui est vraiment la plus fatigante. Les marches sont hyper glissantes et ça tape fort dans les genoux.

reunion sentier piton des neiges

Enfin le parking, il va bientôt faire nuit, et maintenant il faut conduire, mais on a le sourire aux lèvres, mission remplie 🙂

La suite du programme :

La Réunion – La côte sous le vent

La côte sous le vent, la côte ouest

C’est la côte la plus habitée et la plus touristique. C’est vrai que la situation parait privilégiée : le relief est moins accidenté que sur le reste de l’ile, on est loin du volcan et des ses possibles éruptions, les lagons et les plages sont ici. Personnellement, ce n’est pas ma partie préférée de la Réunion, mais c’est toujours agréable de venir se baigner en fin de journée ou passer une journée de repos après une dure journée de randonnée dans les hauteurs.

Logement

Pour notre semaine destinée à visiter le nord et l’ouest de l’île nous avons opté pour un petit chalet via Airbnb sur les hauteurs de Saint Leu. Peut être pas toujours le choix approprié car les petits lacets en voiture le soir pour y arriver, c’est pas toujours de tout repos. Mais le logement était impeccable, l’accueil chaleureux et on a eu le plaisir de passer une très bonne soirée autour d’un chouette diner avec nos hôtes Hélène et Thierry et leurs amis.

Saint Paul

A Saint Paul, il y a la base ULM de Cambaie, et c’est justement là où nous avons pris rendez vous avec O’Passagers du Vent pour un petit survol de l’île. Ils ont 20 ans d’expérience dans le métier sont très sérieux. Même si les locaux et les avions peuvent paraître un peu roots, on sent qu’on a affaire à des professionnels et que la sécurité prime avant tout. Ce n’est pas l’usine à touristes avec des décollages à la chaine sans temps de repos pour les pilotes, comme certains concurrents « pourraient » le faire.
Pour un petit aperçu profitez de cette vidéo réalisée lors de notre vol 🙂

On recommande! et en plus c’est vraiment une chouette expérience si par hasard vous n’avez jamais mis les pieds dans un ULM.
Plus d’infos ici.

reunion ulm

Le Piton du Maïdo

C’est probablement un des lieux les plus visités sur l’île de la Réunion. Depuis Saint Paul il faut prendre une longue route qui passe par une forêt de tamarins,  et qui vous fait grimper jusqu’au Piton du Maïdo à 2200 mètres d’altitude (il faut compter environ 45 minutes de voiture depuis la côte). Sur place un belvédère vous offre un panorama incroyable sur le Cirque de Mafate.
Le site est protégé par une barrière sur plusieurs centaines de mètres, car mine de rien, juste devant vous, c’est le vide, il y a près de 1.000 mètres de falaises !

reunion piton maido

Encore une fois, comme toute excursion sur les hauteurs de l’île, il vaut mieux y aller le matin, sinon vous risquez de vous retrouver la tête dans les nuages et avec une visibilité réduite à néant, ce serait vraiment dommage de louper ce spectacle.

reunion maido

Et en se tournant de l’autre côté on peut apercevoir la côte ouest de l’île et l’océan indien.

reunion maido

Le Maïdo c’est aussi le point de départ des grandes descentes de vtt et on peut même y faire de la luge d’été (pas testé).

Kélonia

Kélonia , « L’observatoire des tortues marines », c’est à la fois un musée, un aquarium, un centre de recherches et de soins pour les tortues marines. C’est assez paradoxal car sur ce site à partir de 1977, il y a une ferme qui élève des tortues mais pour vendre la chair en conserve et commercialiser les écailles. Et ça marche plutôt bien! jusqu’à ce que la législation se modifie, ensuite c’est un élevage de poissons et puis ça s’arrête. Mais pendant plus d’une dizaine d’années il y a aura des batailles juridiques pour savoir si la Réunion peut avoir une dérogation pour commercialiser à nouveau de la viande de tortue. Finalement la tortue est protégée et on décide réhabilite le lieu, et ça devient Kélonia, inauguré en 2006.

reunion kelonia tortue

tortue kelonia reunion

Depuis, Kélonia est fortement impliqué dans la surveillance, la protection et le comptage des tortues marines dans cette région de l’océan indien.
Il y a 1500m3 de bassins remplis d’eau de mer, et des terrains extérieurs pour les tortues terrestres.

kelonia aquarium

reunion tortue kelonia

Il y a aussi un atelier qui présente tout le travail artisanal autour des écailles de tortues. Les écailles utilisées sont celles de tortues « prélevées » avant 1984 (date du changement de la loi). Salle vidéo, mur de verre pour l’aquarium, bornes interactives, etc … la visite est franchement agréable et le musée bien fait.
On valide, et vive les tortues ! 🙂
Plus d’infos ici (7 Eur)

Saint-Leu

La plage de Saint-Leu durant notre séjour, c’est la plage la plus proche de notre logement, ce n’est peut être pas la plus belle de l’ile (et encore, ça dépend des gouts), mais en tout cas il y a un lagon rempli de poissons et pas d’énorme complexe touristique juste à côté. Si vous pouvez venir le matin avec un peu de pain dans la main, les poissons afflueront. Bonne baignade 🙂

reunion plage saint leu

Pour les couchers de soleil, c’est pas mal aussi !

reunion sunset

Le Conservatoire botanique national de Mascarin

Sur les hauteurs de Saint Leu, on peut visiter le Conservatoire botanique national de Mascarin. Il a été créé en 1986 au cœur d’un ancien domaine agricole créole. Sa mission principale est « la sauvegarde du patrimoine naturel réunionnais, à savoir la conservation et la préservation de la flore et ses habitats ».
Privilégiez si possible une visite guidée, car dans les jardins il n’y a pas beaucoup d’explications et on n’apprend pas grand chose.

Dans ce parc on cultive le bois d’ortie (ou figue marron) qui est une plante urticante quasi en voie d’extinction sur l’île car elle est utilisée pour la médecine traditionnelle et des « rituels ». Cette plante est aussi la seule source de nourriture du papillon Salamide d’Augustine, qui du coup a quasiment lui aussi disparu de l’île. On espère en revoir dans le parc un jour …
Plus d’infos ici.

reunion conservatoire botanique mascarin

reunion conservatoire botanique mascarin

reunion conservatoire botanique mascarin

reunion conservatoire botanique mascarin

reunion conservatoire botanique mascarin

Il y a évidemment tous les autres lagons, Boucan Canot, l‘Hermitage, Salines. A vous de tester et vous faire votre propre avis.

reunion coucher de soleil plage

La suite du programme :

Jour 9 – Péninsule de Snæfellsnes

Jour 9 – Péninsule de Snæfellsnes

Dur ce réveil à Stykkishólmur, et la douche matinale le sera encore plus. Les douches du camping sont à moitié à ciel ouvert! Avec la petite bruine froide qui tombe ce matin, je vous explique pas le bonheur. On part vite et sans regrets. Le temps est morose, on doit faire le tour de la Péninsule de Snæfellsnes aujourd’hui mais les nuages à l’ouest sont de plus en plus sombres … Tant pis hop, en route vers l’ouest!

Sur la route, soudain,  un panneau sorti de nul part!

islande requin

On apprend plus tard (mais trop tard) qu’il s’agit du panneau pour annoncer le Bjarnarhofn Shark Museum un peu plus loin sur la route (http://www.bjarnarhofn.is/). Si vous avez l’occasion, allez-y, vous verrez la fabrication du Hákarl. Une spécialité culinaire islandaise à base de requin du Groenland. Mais comme cette viande ne peut pas être consommée telle quelle car chargée en acide urique et en toxine, les islandais ont trouvé la parade : la chair du requin est enterrée dans le sol au moins 6 mois et ensuite laissée à sécher plusieurs mois. Ensuite, c’est consommable … et c’est dégueulasse ! On a eu l’occasion de tester à Reykjavik, et on a cru qu’on mangeait du roquefort à l’ammoniac. Bref, la viande de requin faisandée, c’est pas pour nous 🙂

Le mauvais temps nous rattrape quelques kilomètres avant d’atteindre la montagne Kirkjufell. Et c’est véritablement sous un déluge accompagné de bourrasques de vent que nous arrivons devant l’un des spots les plus photographiés d’Islande! La petite chute de Kirkjufellsfoss et la montagne en arrière plan, c’est LA photo que tout le monde doit prendre.

Alors pour nous ça donne ça, et encore, je me suis appliqué et j’ai failli noyer l’appareil photo.

Kirkjufell

Formidaaaaable ! Mais si on ferme les yeux quelques secondes et qu’on a le coeur pur et qu’on les ouvre à nouveau et bien en VRAI ça donne ça. C’est quasi pareil ! 😀

Kirkjufell

Mais je relativise rapidement car quelques kilomètres plus loin je vois ça au bord de la route :

camping

La totale :
– camping sauvage sans commodités ni rien
– en vélo ! juste dans un pays où des bourrasques de vents peuvent retourner des camions
– sous la pluie, donc hyper trempés malgré tout le waterproof possible
– dans le vent, bon courage pour replier la tente
– près d’une cascade … le truc naturel trop beau mais qui fait un sacré bruit tout le temps
– et plusieurs moutons qui se regroupent pour passer à l’attaque !

Finalement ça va, on est bien trempés mais au chaud dans la voiture et tant pis pour quelques photos loupées hein, ça pourrait être pire 🙂

On se dépêche sur la route et on ne fait plus trop attention au paysage, de toute façon en ce moment, c’est à peine si on arrive à le voir.

Ho nous voici à Ólafsvík (1010 habitants), son bateau et son église moderne (qui est sensée ressembler à … un poisson, sisi). On passe en coup de vent, on est en accord avec la météo.

olafsvik islande

On découvre aussi un concept local, l’épouvantail à poissons ! ou alors c’est un dispositif anti-requins ? Quelque chose nous échappe 🙂

islande epouvantails

Un peu plus loin, on profite d’une brève accalmie pour aller chercher l’église Ingjaldshólskirkja perdue au milieu de nul part.

Ingjaldsholskirkja islande

Construite en 1903, c’est la plus vieille église en béton d’Islande. Il y a eu d’autres églises au même endroit au court des siècles. Et en 1477 quelqu’un de connu y aurait passé un été. Il s’agirait de Christophe Colomb qui serait venu en Islande pour étudier les voyages réalisés par les islandais et leurs ancêtres vikings … au passage il y aurait peut être trouvé des indications sur le Vinland, ces terres mystérieuses quelque part à l’ouest 🙂

Pour nous il fait presque nuit alors qu’il n’est que 13h, les nuages sont incroyablement bas et noirs.

En passant par Hellissandur faites une halte au petit musée Sjómannagarður au bord de la route principale. Il y a quelques maisons typiques de pécheurs recouvertes de tourbes, des os de baleines et les fameuses pierres.

Hellissandur

Hellissandur
« Tu seras marin pécheur mon fils »

Pour savoir si quelqu’un pouvait devenir pécheur, il fallait vérifier sa force et être certain qu’il pourrait être utile à bord des embarcations. Pour ce test, les marins islandais ont choisis d’utiliser des pierres étalons.

Chaque pierre a son nom :
– Fullsterkur est la plus lourde, avec 154 kg, Elle signifie « très fort ».
– Hálfsterkur, « demi-fort », pèse 100 kg,
– Hálfdrættingur « demi-portion » 54 kg
– Amlóði « minable » 23 kg.

54kg, c’est le minimum syndical pour prétendre monter sur un bateau.

pierres étalons islande

Je ne voudrais pas faire de l’ombre à mon ancêtre Erik le rouge alors je ne montrerais pas la photo où je brandis facilement la pierre de 154kg. Et je ne vous parle même pas de la pierre de 54kg que je m’apprête à lever sans aucun effort .. aucun .. absolument .. hem …

  • si vous loupez cette étape, ou si vous n’étiez pas assez échauffé pour réussir vos 54kg, vous pouvez vous rattraper plus loin, d’autres pierres étalons sont dispo sur la plage de Djúpalónssandur.
  • si tout ça c’est trop facile pour vous, rendez-vous dans le petit village de Húsafell, là bas c’est une autre catégorie, il y a la pierre d’Húsafell donc, qui pèse 186kg! Il y a 200 ans elle servait de porte pour une bergerie. Depuis c’est un peu le must de l’épreuve des pierres : le but c’est de la soulever et de faire le tour de la bergerie, 50m de marche. Quand on y arrive, on rentre dans le top du top, de quoi rendre fière votre maman! En 1992, cette épreuve a fait son entrée dans les épreuves de la compétition pour l’homme le plus fort du monde. Depuis elle est toujours au programme, et il y a des répliques de cette fameuse pierre pour se tuer s’entraîner un peu partout dans le monde. Les islandais sont d’ailleurs régulièrement sur le podium. Pour vous inscrire c’est ici : http://theworldsstrongestman.com/

On contourne ensuite le célèbre Snæfellsjökull un stratovolcan de 1446m d’altitude. Pourquoi célèbre? Grâce à Jules Vernes. C’est ici que les héros de son roman trouvent l’entrée pour le fabuleux Voyage au centre de la Terre. Pour nous… ça reste un volcan noyé dans la brume et les nuages et qu’on distingue à peine…

A un moment le contour du massif montagneux fait clairement penser à un visage de profil à l’horizontal. C’est assez frappant non, à gauche là ?

Snaefellsjokull islande

Le long de la route on voit un chemin qui mène à une sorte de mini-volcan. Comme on est toujours un peu « hop en route! » hein, qu’est-ce qu’on fait ? bin on y va. Franchement, on aurait pu s’en passer. C’est donc le petit cratère du petit volcan Saxhólar. Et franchement j’ai trouvé cette grimpette sans intérêt. J’ai vraiment eu le sentiment de gravir un tas de cendres et de cailloux noirs pour voir un cratère rempli de cendres et de cailloux noirs, et tout alentour, la même lande désertique à travers laquelle on roule depuis des heures, et le brouillard et la pluie. Bon je pense que la météo a du jouer sur ma perception du lieu. A vous de voir, mais moi, j’y remonte plus 🙂

cratere Saxholar islande

Plus loin, il y a une petite excursion qu’on avait planifié, par téléphone, le net, depuis leur agence qui se trouve quelques kilomètres plus tôt, ou directement au petit guichet sur le parking.
Cette excursion, c’est la visite guidée de la grotte de lave de Vatnshellir. C’est sympa, on s’équipe (casque et lampe fournie), on rejoint le groupe et hop on descend par l’escalier en colimaçon pour pénétrer dans une grotte de lave laissée par une coulée datant d’au moins 8.000 ans. La visite est possible depuis 2011. On s’enfonce sur un peu plus de 200m de longueur et on descend à 35m. Claustrophobes s’abstenir.

islande Vatnshellir grotte lave

Vous verrez des stalactites et stalagmites de lave. C’est beaucoup moins « visuel » que des formations minérales en calcaires par exemple, mais c’est moins fréquent. Notre seule autre grotte de lave visitée, c’est à l‘île de la Réunion. Vous ferez l’expérience du noir complet et au fond de la grotte il y a une source naturelle où vous pourrez gouter une louche de « l’eau la plus pure du monde »  🙂

Vatnshellir
La guide est cool, in english, comptez environ une heure, et ça change un peu des fabuleuses-cascades-et-des-paysages-magnifiques, un peu de diversité quoi 🙂
C’est Summit Adventure Guide qui s’en occupe. (3250 ISK)
Plus d’infos ici : http://www.summitguides.is/

En sortant de la grotte, on continue de profiter de la météo …

meteo islande
réalisé sans trucage, hélas …

Heureusement au sud de la péninsule le temps commence à se dégager un peu, il ne pleut presque plus! Alors on fait un petit tour au point de vue de Hellnar pour observer les falaises basaltiques déchiquetées.

falaise hellnard islande

Et juste un peu plus loin sur la route on fait connaissance avec la statue de Bárðar Saga Snæfellsáss.

bardar saga statue islande

Le monsieur en statue, c’est Bárðr, un personnage célèbre de saga islandaise. Sa mère est humaine mais son père est moitié-géant moitié-troll, ce qui lui a donné un physique un peu particulier (mais je pense que la statue ne lui rend pas vraiment hommage). Et ce charmant monsieur a eu plusieurs enfants dont de très jolies filles (comme quoi!), et il est venu s’installer avec toute la famille sur cette rive de la péninsule, ici même! Ensuite il lui arrive plein d’aventures à lui et ses enfants. Vous n’avez qu’à lire la saga pour en savoir plus 🙂
Pour info, il parait qu’il erre toujours sur les glaces du Snæfellsjökull et qu’on peut faire appel à lui en cas de soucis.

Juste un peu plus loin, reprenez la petite route sur la droite pour aller à . Il y a tout d’abord un petit monument en hommage à Jules Vernes (fierté nationale, merci). Mais ici, en plus de la cinquantaine de personnes qui vivent autour du petit port de pêche et des sternes arctiques qui nichent dans les pelouses (attention à vous si vous approchez trop près), il y a de très belles falaises basaltiques.

arnarstapi islande

arnarstapi islande

Et un autre monument naturel célèbre qu’on peut voir ici, c’est la Gatklettur, une grande arche de pierre.

Gatklettur islande

On passe rapidement devant la chute de Bjarnarfoss mais il s’est remis à pleuvoir très fort, et il reste encore au moins 200 km pour rejoindre Reykjavik où on compte dormir ce soir. Du coup on roule, on roule, et on zappe un peu ce que l’Islande pouvait nous offrir en chemin dans cette région.

D’ailleurs pour aller au plus vite, on décide de passer par le tunnel du hvalfjörður. Et là, j’avoue c’est le gros fail, je ne comprends pas ce qui s’est passé! En arrivant devant ce qui semble être le péage (mais avec la pluie battante et l’obscurité j’avais un doute), pas de barrière, pas de feu vert ou rouge allumé, et pas une voiture à la ronde. Au niveau de la petite guérite, personne, pas de lumière non plus, et aucune trace d’une fente quelconque pour mettre une carte bleue ou retirer un ticket, alors je me dis qu’on doit surement payer un peu plus loin, j’avance .. et rien .. je suis déjà dans le tunnel ! Je ne sais pas, c’était peut-être journée porte ouverte gratuite en notre honneur car le temps était tellement pourri que le peuple islandais tenait à nous présenter ses excuses? Forcément ensuite je me suis dis qu’on était cuit et que l’amende serait salée … mais on n’a jamais rien reçu et pas un mail du loueur de voiture non plus … ça restera un mystère!

Arrivée à Reykjavik. On pensait trouver facilement un logement au Kex Hostel , la super auberge de jeunesse de la capitale, mais c’était archi complet comme d’ailleurs plusieurs autres adresses qu’on a essayé. On est fatigué, il est tard, on en a marre, on tombe devant le 4th Floor Hotel, on tente, il reste une seule chambre mais assez chère, et finalement en marchandant un peu avec la personne à l’accueil (ou elle avait peut être simplement pitié de nous haha), elle nous a fait un petit prix sympa. La déco est « particulière » (si vous aimez le cuir et les peaux de zèbres) mais c’était bien confortable et on avait besoin de ça. Après une bonne douche et une petite sieste pour se reposer on part visiter la capitale.

A suivre dans le prochain article, entièrement dédié à la capitale islandaise, Reykjavik.

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Jour 8 – Akureyri – Stykkishólmur

Jour 8 – Akureyri – Stykkishólmur

Après une bonne nuit passée à Akureyri il est temps de reprendre la voiture. J’avoue qu’à ce moment là, les kilomètres qui s’accumulent commencent à être pesants, et justement aujourd’hui un long trajet nous attend, pas moins de 430km! Heureusement pour moi, il fait beau, et c’est un vrai plaisir de conduire sur ce genre de route.

islande route

Une des étapes obligatoires dans ce retour vers l’ouest se trouve juste après le petit village de Varmahlíð (130 habitants). Toujours sur la route 1, il ne faut pas louper la célèbre petite église Víðimýrarkirkja. Il s’agit d’une ancienne église recouverte de tourbe et qui date de 1834. Elle était vouée à une destruction quasi certaine quand le Museum National d’Islande a décidé de la restaurer et d’assurer sa protection et son entretien.

Vidimyrarkirkja eglise islande

Vidimyrarkirkja

Depuis, c’est une halte très sympathique, car il faut l’avouer, elle a vraiment de la gueule 🙂

En parlant de choses qui ont de la gueule, le long de la route on continue de voir des paysages incroyables. On est obligé de s’arrêter pour contempler ce genre de panorama!

panorama islande

En passant par le village de Blönduos pensez à admirer l’église moderne Blönduóskirkja, construite en 1993. Elle est l’œuvre de l’architecte Dr. Maggi Jónsson et elle est sensée représenter un volcan en éruption (on voit bien l’éruption, si si).

Blonduoskirkja islande

Ensuite, on décide de faire la boucle autour de la péninsule Vatnsnes, en suivant la route 711. Le but c’est d’aller voir un rocher célèbre qu’on a vu mille fois en photo, alors forcément ça donne envie de faire la même chose. La route est toute petite et on avance assez lentement. Et à un moment on voit un panneau qui indique le fameux Hvítserkur sur notre droite. On ne voit rien dans la mer, et pourtant on scrute depuis plusieurs dizaines de minutes pour être le premier à l’apercevoir, mais toujours rien!
On se serait fait avoir ? On se gare, on suit le petit sentier. C’est certain, le rocher a du s’écrouler, ou un kraken géant l’a engloutit, pas d’autres explications. Et puis enfin on le voit! En fait, il n’est pas très grand. 15 mètres de haut (tout de même) mais vu du rivage il parait ridiculement petit. Comme quoi on se fait bien avoir par les photos parfois! 🙂

Hvitserkur islande

Pour la petite histoire, il s’agirait d’un ancien troll qui aurait été pétrifié par les rayons du soleil alors qu’il était occupé à balancer des rochers sur le monastère de Þingeyrar situé à 8km d’ici. Comme quoi être vilain, ça rapporte pas!
Le même, avec le rivage au premier plan … tout de suite ça parait moins impressionnant non ? Mais bon ne gâchez pas votre plaisir, ça reste joli à voir!

Hvitserkur islande

Et puis si vous arrivez à la marée basse, vous pouvez même prendre des photos quasiment à ses pieds!

On continue notre petit tour de péninsule, c’est complètement perdu ici, on ne rencontre que des fermes en ruines et des poneys islandais.

chevaux mer islande

On retrouve enfin la route 1 pour ensuite emprunter la route 59 et couper vers l’ouest, et ensuite on rattrape la petite route 586 pour rentrer dans la vallée de Haukadalur. Car dans cette vallée perdue du nord de l’Islande se trouve la maison de mon illustre ancêtre! Et oui c’est ici que se trouve la ferme d’Erik le rouge, à Eiriksstadir! (je m’appelle Eric, vous voyez de suite le lien de parenté évident hein).

Bon, en fait Erik le rouge il n’a pas eu une vie simple. Son père est banni de Norvège pour meurtre et s’installe en Islande. Erik construit une ferme dans la vallée de Haukadalur et vit ici avec sa femme et son fils Leif. Tel père tel fils, Erik lui aussi est condamné pour meurtre (il a tué 2 hommes qui auraient tués ses esclaves) et il est banni d’Islande! Alors il fait voile vers le nord ouest car il y a parait-il une terre récemment découverte là-bas, c’est le Groenland. C’est d’ailleurs lui qui baptise ces terres Groenland = « Terres vertes » en vieux danois, car à l’époque le climat était beaucoup plus doux et puis il fallait attirer du monde, faire de la pub quoi. Après ses 3 années d’exil qu’il a passé à explorer les côtes du Groenland, Erik revient en Islande.
En 985, après avoir fait la promotion du nouvel eldorado, il repart au Groenland avec cette fois une flotte de bateaux pour l’accompagner et des centaines de colons attirés par cette nouvelle vie. Il recrée la-bas une organisation « à l’islandaise » et devient roi. Il meurt en 1010 des suites d’une maladie. Entre temps, son fils Leif aura découvert une terre plus à l’ouest encore, le Vinland (« pays du vin ») qui correspondrait à la côte nord du Canada, mais ça, c’est une autre histoire 🙂

erik le rouge islande

Tout ça pour dire, que sa ferme à Erik le Rouge, elle était ici, et des archéologues ont effectivement trouvé des vestiges datant de cette époque. Cqfd! En 2000 cette reconstitution de la ferme originale fut inaugurée ainsi qu’un petit musée à ciel ouvert. Les vestiges de la ferme antique sont à 100m de là sur un site archéologique protégé.

eric le rouge islande

On rejoint ensuite la route 54 pour longer la côte nord de la péninsule Snæfellsnes.

Rapidement on sent que notre retour dans l’ouest de l’île se fera avec les mêmes conditions météo que le début de ce roadtrip. Vu l’état du ciel devant nous, ça n’annonce rien de bon …

islande orage

Mais il nous reste encore un endroit à visiter aujourd’hui. Et pas n’importe lequel. Il s’agit du mont Helgafell. Il n’a pas l’air de grand chose sur cette photo, il ne mesure que 73m et se tient dans la péninsule, face à la mer et ses centaines de minuscules ilots. Et pourtant le mont Helgafell est sacré pour beaucoup d’islandais.

helgafell

Il est dit que si on gravit la colline, sans parler, sans se retourner, jusqu’au sommet, et qu’on a le cœur pur et l’âme en paix, alors 3 vœux nous serons exaucés. Ça ne marche évidemment qu’une seule fois, et à la première ascension seulement. Beaucoup d’islandais ont gravis cette colline. Cette colline est mentionnée dans le Landnámabók , le plus vieux livre islandais datant d’un peu avant l’an mille.
Dès l’adoption du christianisme en Islande, un monastère est bâti au sommet, il en reste des ruines. Mais il est dit que ce monastère a lui même était bâti sur les restes d’un ancien temple et que cette colline était utilisée depuis longtemps pour y accomplir des « rituels païens ».

eglise helgafell islande

Au pied de la colline, se trouve une église, et dans le petit cimetière, il y a la tombe de Guðrún Ósvífursdóttir. Ce nom ne vous parle pas, mais il est célèbre en Islande car Gudrun est le personnage principal de la Laxdæla saga, une grande saga médiévale, avec au menu amour vengeance et mort.
Je ne parlerais pas beaucoup de ce personnage, car il y a une autre histoire, d’une autre femme, que je trouve réellement incroyable. Et j’en parle ici car elle serait née ou aurait vécut une partie de sa vie dans une ferme juste à côté.

Il s’agit de Gudrid Thorbjarnardottir. Aux alentours de 990, elle est, soit née en Norvège soit dans la ferme juste à côté, mais toujours est-il qu’elle a vécut ici plusieurs années, avant de partir pour le Groenland retrouver Erik le rouge, un ami de son père. Après bien des aventures, elle retrouve donc Erik, et se marie avec un de ses fils, Thorstein, mais ce dernier meurt rapidement. Elle se remarie ensuite avec un marchand islandais, et avec lui elle part pour le Vinland (en Amérique!). Et en Amérique elle donnera naissance à un fils, « le premier européen né en Amérique »! Puis la famille revient en Islande au village de Glaumbaer. A la mort de son mari, et une fois que son fils a fondé une famille, elle part en pèlerinage à Rome. Elle reviendra en Islande pour finir nonne dans l’église que son fils aura construit entre temps, et elle meurt en 1080 à l’age de 90ans! Et donc cette femme, a voyagé de Norvège, en Islande, au Groenland, en Amérique, en Islande, a traversé l’Europe pour aller à Rome, puis retour en Islande … en l’an 1000! A une époque où ne serait-ce que traverser une région est dangereux, où traverser une mer est périlleux et où traverser des océans ou des continents parait inconcevable … et elle l’a fait. Une histoire qui mérite d’être connu et partagée 🙂

Bref je m’emballe un peu et je m’égare 🙂 Donc au sommet de cette colline sacrée, on voit ça :

sommet helgafell islande

helgafell

Il est tard, il faut sortir de ce trip mystique pour trouver un endroit où dormir. On décide d’aller juste à côté, dans la petite ville de  Stykkishólmur (1100 habitants). On dormira au petit camping à coté du terrain de golf (un terrain de golf ici? mais lol quoi!).
On ne verra pas grand chose à part le port et son petit phare sur la colline.

Stykkisholmur port islande

Stykkisholmur phare

Par contre pour manger on vous conseille sans problème un excellent restaurant, le  Narfeyrarstofa (plus d’infos ici : http://www.narfeyrarstofa.is/)

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Jour 7 – Myvatn – Krafla – Godafoss – Akureyri

Jour 7 – Myvatn – Krafla – Godafoss – Akureyri

Encore une nuit agitée, une tempête et des bourrasques pendant des heures, mais au moins ce matin au réveil, un grand ciel bleu et ensoleillé nous attend!

Allez hop, en route! direction la Centrale géothermique de Krafla. Construite en 1977, c’est la première véritable centrale géothermique islandaise permettant de produire de l’électricité (une première centrale avait été testée en 1969 pour vérifier la faisabilité de cette source d’énergie). Après quelques incidents pour la mise en marche des turbines et une éruption du volcan Krafla en 1984, la centrale peut enfin fonctionner normalement, et elle produit maintenant 60MW d’électricité.

centrale krafla islande

Une anecdote intéressante sur le site, c’est qu’après un forage de 2.1km de profondeur, les islandais ont atteint la chambre magmatique du volcan Krafla. Bon c’est un peu compliqué mais si le sujet vous intéresse il s’agit du Deep Drilling Project (IDDP) et vous pourrez trouver plus d’infos ici par exemple.  Du coup toute cette région est un important champ hydrothermal.

centrale krafla mario islande
Forcément on pense à Mario 🙂

Un peu plus loin, on arrive au Leirhnjúkur. C’est un petit volcan actif. Pour rejoindre la zone, il faut traverser un grand champ de neige. C’est assez chouette tout ça, on est à la fin du mois de mai, il fait grand soleil, et on traverse de la neige pour rejoindre un volcan actif, et tout autour de nous on voit des fumerolles et on sait qu’il y a encore des champs de laves à peine refroidies. Sacré mélange! 🙂

Leirhnjukur islande

Une fois sur place, il y a des couleurs assez incroyables dans l’eau et la terre et qui sont le résultat des différents gaz et acides liées à l’activité volcanique. Il y a un énorme contraste avec le reste du paysage. Et bien sur on retrouve partout cette odeur d’œuf pourri typique des émanations de soufre, mais ça en Islande on commence à avoir l’habitude maintenant.

Leirhnjukur islande

Leirhnjukur islande

Leirhnjukur islande

On peut aussi marcher sur le champ de lave de Krafla. Il fait plus de 19km de long et environ 8m d’épaisseur. On peut voir les différentes éruptions grâce à la différence de couleurs des coulées de laves refroidies…

champ lave krafla islande

lave krafla islande

Et encore refroidies … pas partout! Certaines zone sont encore vraiment chaudes. Il faut faire attention où on marche, les semelles de chaussures, ça peut fondre. Et il peut y avoir des ponts de lave ou des tunnels de lave avec des parois qui peuvent s’effondrer. Ne vous frotter pas trop à la lave refroidie, c’est assez corrosif 🙂

krafla lave chaude islande

Et au milieu de ces champs de lave où toute vie parait impossible, et bien justement Mère Nature essaye de refaire naitre la vie et on voit des plantes tenter courageusement de recoloniser le terrain! Big up les plantes! 🙂

lave nature islande

Ce lieu est assez magique et on peut facilement y rester des heures à vouloir explorer les moindres recoins et j’ai encore des tonnes de photos que je voudrais partager ici, mais il faut bien que je me limite à un moment 🙂 En tout cas cette ballade est incontournable.

champ lave krafla islande

Un peu plus loin on peut grimper au sommet du cratère Viti du volcan Krafla. C’est grand!

cratere viti krafla islande

A regrets, on dit au revoir à la zone de Krafla et on revient vers la route 1 …

panorama krafla islande

Et Krafla nous dit lui aussi au revoir à sa manière, avec un petit clin d’œil du ciel, pendant quelques minutes il y avait un Concorde en nuage, rien que pour nous, merci le ciel islandais, cocorico! (mais si! c’est le Concorde voyons, allez)

concorde nuage islande

J’en profite aussi pour laisser une photo des anciennes bornes en pierre qui s’étalent sur tout le plateau des hautes terres et qui étaient utilisées avant la construction de la route 1 pour suivre le cap et ne pas se perdre. Sacré boulot!

islande bornes pierre

Et maintenant, direction Hverarönd qui signifie ‘sources chaudes des canards’ … j’avoue que des canards on n’en a pas vu un seul, et si on en avait vu un, il serait probablement trop cuit! 🙂 C’est juste au pied de la petite montagne Námafjall (qui a servi entre autre d’exploitation minière de soufre pour faire de la poudre à canon).
Sur le site de Hverarönd c’est toute la panoplie des activités géothermales : des sources chaudes, des fumerolles, des mares de boue et des solfatares très actives.
En 1977 un petit forage géothermique dans cette zone a produit par accident une éruption de lave de 3 tonnes (soit 1.2m3), la plus petite éruption volcanique connue 🙂
« J’ai pas fais exprès chef! »

Hverarond islande

Hverarond islande

Hverarond islande

Hverarond islande

C’est beau-ti-ful !

Et malheureusement comme souvent, quand c’est trop beau, il y a toujours un monsieur crétin pour tout gâcher, alors l’empreinte de monsieur crétin elle est ici. Alors si vous voyez un monsieur crétin dans ce genre, poussez le discrètement dans une mare de boue en ébullition, juste comme ça hein, sans faire exprès!

Hverarond islande

Bon allez, on arrête de râler, on reprend la route, et comme il fait un temps superbe, yeah, si on allait déjeuner tranquillement au bord du lac Mývatn pour en profiter?
Mouahaha, grossière erreur! Car à ce moment, on se souvient que ce lac est surnommé « le lac des mouches ». Il y en a vraiment tant que ça ? ho, à peine, jugez par vous même.

myvatn mouches islande

Alors on fait quoi ? et bien on commence par fermer sa bouche pour ne pas gober des mouches, et on se réfugie dans le Gamli Bærinn (plus d’infos ici). C’est un bistrot pub, avec une chouette décoration et une équipe très sympathique, en plus la nourriture est pas chère et le burger à l’agneau est très bon!

Et pourquoi tant de mouches au fait ?
Alors déjà ce sont précisément des Chironomidae et le bon point, c’est qu’elles ne piquent pas et ne cherchent pas spécialement le contact avec la nourriture. Elles pullulent ici car ce lac est extrêmement riche en matière organique.
Ça fait aussi le bonheur des poissons, et des canards, qui l’été viennent dans le secteur pour se faire des festins de mouches.

Allez, un petit bonus, pour montrer jusqu’où ça peut aller, quand on croise un nuage de mouches sur le lac 🙂

On continue notre circuit autour du lac, direction la célèbre grotte de Grjótagjá. Mais si vous savez, « you know nothing John Snow! », c’était ici 🙂

Grjotagja islande

Cette grotte se situe le long d’une grande faille d’origine volcanique et elle abrite un petit lac d’une profondeur de 4m. Il a souvent été utilisé pour se baigner, car il y a une source chaude ici. Pendant l’éruption du Krafla, il était impossible de s’approcher. Maintenant la température a un peu baissée mais avoisine tout de même les 50 degrés et la baignade n’est pas vraiment recommandée.

Un petit aperçu de la faille qui est véritablement immense!

myvatn faille

Un peu plus loin, il y a un gros cratère, alors évidemment, hop en route, il faut absolument grimper à son sommet. C’est le volcan Hverfjall (« montagne de la source chaude ») et ses 250m de cendres à gravir sur une pente bien raide. Il fait un diamètre de 1200m, c’est un beau bébé.

cratere Hverfjall islande

cratere Hverfjall islande

En repartant du cratère on passe par une petite ferme, s’il n’y avait pas ces mouches, ce coin serait un petit paradis, en tout cas c’est déjà une oasis de vie et c’est pas mal 🙂

islande champetre

Hélas il est temps de quitter cette région, la route nous appelle !

volcan islande

Un dernier regard et allez hop en route! On reprend la 1 plein ouest.

La prochaine étape s’appelle Godafoss. C’est tout simplement la « Chute des dieux ». Ça en jette hein? C’était ici où Thor et Odin faisait trempette? Et bien oui et non à la fois.
Quand lors de la réunion annuelle du Parlement islandais à Thingvellir en l’an 1000, l’Islande adopte le christianisme, le diseur de loi Þorgeir Þorkelsson vient montrer l’exemple ici, en jetant dans la chute toutes les anciennes idoles et les statues des anciens dieux islandais. D’où le nom. Ces dimensions sont plutôt modestes par rapports aux monstrueuses cascades qu’on a déjà rencontré, « seulement » 12m de haut et 30m de large.

godafoss islande

godafoss islande

Personnellement je pense que les dieux sont toujours là, incrustés dans les falaises.

godafoss islande

On fini par s’arracher à cette contemplation, car on doit rejoindre notre logement du soir, et on a un peu de route à faire. Et encore une fois, elle est superbe.

route islaned

Notre destination se trouve à Akureyri. Cette ville de 18.000 habitants sur la rive ouest du fjord Eyjafjörður, c’est un peu la capitale du nord. On est à 50km du cercle polaire ici.
Le logement donc, c’est à la Súlur Guesthouse, accueil cool, chambre impeccable et moderne.
Plus d’infos ici : https://sulurguesthouse.is/en

Ensuite on part à la découverte de cette jolie petite ville, on traverse rapidement le jardin botanique .. car très honnêtement il n’est pas très grand et il n’y a pas grand chose à voir, mais c’est tellement étrange de retrouver de la verdure et des plantes en Islande ! Puis on passe devant la grande église Akureyrarkirkja.

eglise akureyri

Ensuite on cherche un endroit où boire un verre et manger. Sans grande inspiration on finit dans la rue commerçante principale, au Bláa kannan café avec sa grande façade bleue. Très sympa. Plus d’infos ici : https://www.facebook.com/blaakannan/

On poursuit notre petite visite d’Akureyri by night 🙂

Akureyri islande

Spéciale dédicace à la maisonnette à curry!

Akureyri islande

Certains noms d’enseignes passent assez mal en français !!! 😀

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Jour 6 – Hengifoss – Dettifoss – Myvatn

 Jour 6 – HengifossDettifoss – Myvatn

Pour une fois on prend notre temps, c’est limite une grasse matinée suivie d’un bon petit déjeuner, et on part sans se presser. Direction le sud, le long du lac Lögurinn (25km de long).

Encore une fois selon les légendes, dans les eaux de ce lac il y aurait un monstre, un serpent géant, le Lagarfljótsormurinn. La première fois où on en entend parler, ça remonte à 1345. En 1589 il aurait jaillit du lac en sautant si haut qu’un bateau aurait pu passer en dessous. En 2012, il y a même un fermier à Hrafnkelsstaðir qui a pris cette vidéo! je vous laisse vous faire votre propre opinion 🙂

Toujours est-il que nous ne voyons pas de monstre dans le lac, tant pis!

On traverse ensuite la forêt de Hallormsstaðursskogar , c’est la plus grande forêt d’Islande. Mais la aussi c’est une forêt « à l’islandaise ». Une blague nordique dit que pour voir la fin d’une forêt islandaise, il suffit de se mettre debout! 🙂 Effectivement, il y a un peu de ça, les arbres ne sont pas très hauts. Un effort de reboisement de l’île est en cours, avec un objectif de 5% des basses terres (soit 215 000ha) d’ici 40 ans. Mais ça ne se fait pas sans peine car même si les écoliers sont fiers de planter un arbre, quand ça se fait à une plus grande échelle, il y a des conflits avec les éleveurs qui depuis des siècles laissent les animaux à peu près libres d’aller manger où ils veulent et maintenant les plantations d’arbres sont entourées de clôtures, des terres ne sont plus accessibles. Les zones de reboisement sont d’ailleurs souvent de formes carré, plus faciles à clôturer.

Nous arrivons au bout du lac, le but de ce trajet, c’est de faire une randonnée dans le canyon de la rivière Hengifossà qui descend des collines et qui se jette dans le lac. Car le long de ce canyon, il y a 2 superbes chutes d’eau. Ça grimpe un peu mais le chemin se parcoure sans trop de difficultés. Et on arrive à la première chute, 35m de hauteur, Litlanesfoss.

Litlanesfoss islande

Elle est superbe avec ses orgues basaltiques ocres.

Mais le vrai but de la ballade se trouve un peu plus loin, et il faut continuer de grimper et on débouche enfin dans un vaste cirque naturel où on aperçoit plusieurs strates de roches dans les falaises, et une grande cascade tout au fond 🙂

Hengifoss islande

Ces strates rocheuses, ce sont les marques des paléosols. Un paléosol, c’est une couche mince de terre compactée correspondant à une époque. Avec ces différentes strates on peut voir les traces des différentes éruptions, couches de cendres, les glaciations successives, la nature des sols , les différences de climat. Ça doit surement être le paradis pour un géologue. Pour nous, c’est juste très beau et c’est déjà pas mal! 🙂

strates hengifoss islande

Et au bout du chemin, c’est la chute de Hengifoss et c’est une des plus grandes d’Islande avec 120m de hauteur.

hengifoss islande

C’est peut être ma cascade préférée. Peut être car elle n’est pas comme la majorité des grandes cascades célèbres, juste au bord de la route. Elle se mérite un peu, même si le chemin n’est pas très difficile. Mais au moins il n’y a pas de parking à ses pieds, et il n’y a pas une centaines de touristes sur le chemin. Les falaises rocheuses tout autour sont sublimes et le chemin pour le retour vaut le coup d’œil aussi. Pour toutes ces raisons, je kif, big up Hengifoss!

hengifoss chemin retour islande

On remonte en voiture, on longe à nouveau l’autre rive du Lögurinn . C’est une mauvaise idée, autant la route à l’aller sur la rive est est une belle route goudronnée, autant la route du retour sur la rive ouest est une piste caillouteuse et par endroit pas très bien entretenue. On repasse à Egilsstaðir faire le plein d’essence (il n’y a pas beaucoup de stations ensuite, soyez prévoyant), car ensuite c’est direction plein ouest le long de la route 1, prochain arrêt dans 160 km!

Et encore une fois la route est superbe. En fait en Islande, on aimerait pouvoir passer notre temps à prendre les routes en photo pendant qu’on conduit!

islande route 1

Et nous entrons maintenant dans la région des Hautes Terres (Miðhálendið ), constituée de plateaux et l’altitude moyenne ici est de 500m. L’air est sec après son passage au dessus des glaciers, et le sol est poreux et ne retient pas l’eau. Il n’y a quasiment aucune végétation dans ces terres.

islande desert

Plus précisément nous arrivons dans le désert de Ódáðahraun (« désert de lave des criminels »), il porte ce nom car c’est dans cette zone de champs de laves froides où pendant des générations, de nombreux bandits et criminels venaient se réfugier.

volcan herdubreid islande

On a toujours comme point de repère les 1682m du Herðubreið (« le large d’épaules »), un ancien volcan isolé qui domine cette région.

Comme notre petit compère, le lutin perdu au milieu de ce désert, on cherche notre destination, mais où allons-nous ???

islande lutin

Et bien on bifurque sur la 864, direction plein nord, pour rejoindre le canyon de Jokulsargljufur, le plus large et le plus impressionnant d’Islande. D’une longueur de 25km et 500m de large avec une profondeur d’au moins 100m, on peut dire que c’est un beau canyon. Et un beau canyon, ça a forcément des belles cascades.

La première c’est la chute de Dettifoss, d’une hauteur de 44m. Elle est considérée comme la plus puissante cascade d’Europe avec au moins 400m3/s. Elle est tellement grande que ce n’est pas évident d’avoir un bon point de vue pour la voir en entier et comme il n’y a pas de végétation, on a du mal à se faire une idée de l’échelle, mais croyez moi, c’est sacrément balaise!

dettifos islande

dettifos islande

dettifos islande

Vous l’avez d’ailleurs probablement déjà vu au cinéma, dans la scène d’intro de Prométhéus.

En marchant le long du canyon, pendant quelques instants dans le ciel, il y a ça! Quand on vous dit que ce pays est magique.

islande signe ciel

On est encore en train de s’interroger sur la signification de ce signe dans le ciel, que notre chemin le long du canyon nous amène devant l’autre merveille à découvrir, la cascade de Selfoss. Elle est beaucoup moins impressionnante que la précédente car elle ne fait qu’une dizaine de mètres de haut, mais elle est en forme de fer à cheval et les falaises basaltiques sont beaucoup plus nettes et visuelles.

selfoss

selfoss islande

Encore une fois, on fait attention en se penchant au bord car il y a des petites fissures parfois, comme celle là le long d’un promontoire rocheux d’une bonne dizaine de mètres au bord de la falaise. Bon après c’est vraiment pas de bol si ça s’écroule le jour où vous êtes dessus puisque cette fissure est probablement là depuis des millénaires … ou peut être juste depuis la semaine dernière, qui sait !

fissure

Hop après cette très agréable balade, retour à la voiture, et on retrouve la route 1, direction vers l’est, jusqu’au petit village de Reykjahlíð (300 habitants) au bord du beau lac Mývatn qu’on atteint en fin de journée. C’est l’unique endroit habité des hautes terres.

lac Mývatn islande

Et quoi de mieux après une longue journée que de profiter d’un bon bain chaud ? Ça tombe bien! On vient justement de passer à côté des bains chauds de Myvatn. Les bains chauds de Myvatn sont connus depuis des siècles. Ce site en particulier a été aménagé en 1996 et les eaux chaudes (130 degrés) qui arrivent dans les bassins sont d’abord passées par le centre de géothermique de Bjarnarflag pas loin d’ici. La température moyenne des bassins est de 40 degrés. Cooool ! 🙂

nature bath Myvatn islande

Ils sont ouverts jusqu’à minuit, bien moins chers que le Blue Lagoon, et il y a surtout beaucoup moins de monde. A peine 5 voitures sur le parking, les employés sont jeunes et cools, et hop dans le bain. 40 degrés dedans, à peine 5 degrés dehors, et une vue splendide avec le coucher de soleil sur les montagnes enneigées au loin. Top !
Désolé pas de photos pour ça 🙂
Plus d’infos ici : https://www.myvatnnaturebaths.is/

Ensuite on voulait aller au camping au bord du lac, mais la zone est littéralement envahie de mouches (on en reparle dans l’article suivant), alors on se réfugie sur une colline en hauteur, et on trouve un petit parking au croisement avec la route 87, on se cale entre 2 camping cars et on est abrité du vent par le panneau touristique … où il y a écrit qu’il ne faut justement pas camper sur ce parking! Thug life ! 🙂

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Jour 5 – Stafafell – Fjords – Egilsstaðir

Jour 5 -Stafafell – Fjords – Egilsstaðir

Le réveil à Höfn se fait toujours sous une météo maussade, on prend un petit café à la station service, et on reprend la route!
Direction la minuscule église Stafafellskirkja, perdue dans son petit parc. Curieux comme destination je sais. Bon, ok on ne vient pas que pour cette petite église, mais comme elle est là, autant la voir de plus près, en plus elle est toute mignonnette. Elle date de 1868 et a été restaurée en 1989.

Stafafellskirkja eglise islande

Par curiosité on jette un œil à l’intérieur, et c’est sobre, clair et très agréable 🙂

Stafafellskirkja eglise islande
Je ne sais pas pourquoi mais j’imagine très bien des Schtroumpfs à l’intérieur

En sortant de l’église, le comité d’accueil local nous salue bizarrement … surement une obscure tradition islandaise.

mouton agneau islande

Si vous avez bien retenu ce mot imprononçable nommant l’endroit où nous sommes: Stafafellskirkja, ça signifie qu’il s’agit de l’église (Kirk = Church) de Stafafell. Et Stafafell, c’est le point de départ d’une très chouette randonnée vers Hvannagil, et c’est justement au programme de cette matinée. On entend d’ailleurs un « Bêêêêêêh » d’encouragement quand on commence à gravir la première pente. On ne se retourne pas, mais on a chaud au cœur d’être soutenu comme ça dès le matin!

Il n’y a pas vraiment de chemin indiqué, mais c’est pas compliqué .. et puis très rapidement on est absorbé par le paysage. Des montagnes enneigées devant nous, des landes de bruyères et des pierres sous nos pieds, la splendide vallée où coule la Jökulsá í Lóni sur votre gauche, et les nuages qui défilent au dessus de votre tête.
Et on aperçoit même un peu de ciel bleu, un miracle ?

timelapse stafafell

montagnes stafafell islande

islande stafafell

islande stafafell

On peut s’allonger sur le sol, il est recouvert de tourbe et de bruyère, qui sert d’isolant, se réchauffe tranquillement au soleil et au final, ça fait un matelas réellement doux chaleureux et confortable, et on y resterait bien faire une petite sieste.

stafafell islande

Il n’y a pas un bruit, à part le vent, personne à l’horizon, c’est si calme, c’est .. Glougloulouloulou !! Glougloulouloulou !! .. ah en fait non, il y avait déjà quelqu’un ici 🙂

stafafell oiseau

Un dernier panorama avant de reprendre la voiture…

stafafell panorama islande

Retour en voiture, et une fois dépassé le minuscule phare Hvalnes, c’est le MIRACLE! enfin on voit du ciel bleu et du soleil! et juste au moment où on emprunte une des plus belles routes d’Islande.

route plage islande

Et c’est tant mieux car ici ça peut très vite devenir la pire route d’Islande. Les vents sont parfois si forts que des voitures peuvent être retournées sur le flanc ! mais le cas le plus fréquent, c’est le vent qui arrache les petites pierres de la plage et qui viennent pilonner les voitures de location et leurs délicates portières à la peinture si fragile. Il arrive même parfois que toute cette section de la route 1 soit fermée à cause des vents trop forts. Donc c’est vraiment le sourire aux lèvre qu’on roule en profitant du spectacle. On ouvre même les fenêtres de la voiture, car en plus il fait chaud ! haha 🙂
Cette partie de la côte sud est vraiment sublime.

route islande

Un peu plus loin on arrive sur la superbe plage de galet de Lækjavik avec son énorme rocher noir qui lutte contre les vagues. Grandiose!

plage Laekjavik islande

Ensuite, on rentre dans la région des Fjords de l’est. En roulant le long du fjord Berufjordur on peut voir dans la mer les cercles correspondant à des élevages de poissons. Toujours dans ce même fjord, il ne faut pas manquer le petit chemin sur la gauche, qui mène à la chute de Sveinsstekksfoss.

chute Sveinsstekksfoss islande

Certes, elle n’est pas très impressionnante, mais elle surgit de cet étroit canyon, et dans ce cadre, ça change tout. Il est possible de longer le canyon et découvrir plein d’autres petites cascades en amont, jusqu’à une petite centrale hydroélectrique.

panorama Sveinsstekksfoss

Le coin est très minéral, très rocailleux, et avec les cimes enneigées des fjords autour de nous, on a vraiment l’impression d’être ailleurs, quelque part dans l’Himalaya, ça n’a rien à voir avec l’Islande qu’on traverse depuis quelques jours.

C’est aussi dans ces fjords qu’on croise notre premier berger! 🙂

islande berger

Car la plupart du temps, les agneaux et leurs mamans sont en liberté, gambadent joyeusement au bord des routes (et j’ai toujours le stress qu’ils se jettent sous les roues de la voiture à la dernière secondes), où profitent tranquillement du soleil et du paysage comme sur cette photo.

fjord moutons islande

Chaque extrémité de fjord est équipée de son minuscule phare.

islande fjord phare

islande fjord phare

Cette partie de la côte est si belle qu’on décide de quitter la route 1 pour continuer sur la 96 et profiter encore un peu de ces superbes Fjords. Et pour une fois qu’il fait beau on en profite!

fjords islande
Puis il faut bien se décider, on quitte la mer, et on prend la route 92 direction le nord. La route est encore une fois magnifique et passe par toute une série de petits vallons enneigés.

route vallons neige islande

On arrive enfin à la petite ville d’Egilsstaðir (2257 habitants). C’est la principale ville de l’Est de l’Islande.
Nous prenons une petite chambre au Skipalækur (http://www.skipalaekur.is/) qui est une ancienne maison de ferme. L’accueil n’est pas des plus chaleureux, la maison est austère et  avec la décoration intérieure on dirait qu’on a voyagé dans le temps et que nous sommes dans les années 50, je crois bien que tout est d’époque! Mais il y a un bon lit, du chauffage, une douche avec de l’eau chaude, et c’est le paradis 🙂 et puis on va faire un coucou aux chevaux dans le pré derrière la maison.

cheval

Même l’homme le plus fort du monde est venu ici, alors pourquoi pas nous! 🙂

homme fort

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Jour 4 – Skaftafell – Jökulsárlón

Jour 4 – Skaftafell – Jökulsárlón

Le lendemain, pendant le petit déjeuner au camping de Kirkjubæjarklaustur, on nous conseille d’aller voir pas très loin d’ici le fameux « sol de l’église ». C’est bien mystérieux, et bien allez hop en route ! direction Kirkjugólf. On grimpe la colline, on longe la falaise, on slalome entre les crottes de moutons et on surveille de loin si une brebis ne va pas nous charger pour protéger ses petits agneaux trop mignons (qu’on finit toujours hélas par manger tellement ils sont mignons … c’est le drame ça en Islande, tous ces adorables petits agneaux le long des routes et qui finissent invariablement dans nos assiettes). Et nous arrivons donc devant ce sol d’église :

kirkjugolf sol eglise basaltique islande

D’église en fait, vous l’aurez compris, il n’y en a jamais eu, mais appeler ce lieu « sol composé de sommets d’orgues basaltiques de formes polygonales », ça faisait un peu long et je vous laisse imaginer la même chose prononcée en islandais, c’est peu vendeur, alors sol de l’église fera très bien l’affaire 🙂 Le site s’étend sur environ 80m2 et il parait qu’un de ces pavés a 10 faces, on vous laisse trouver lequel! vous avez 5 minutes, tic tac tic tac!

De retour sur la route 1, on fait un petit retour en arrière sur quelques kilomètres pour se rendre au canyon de Fjaðrárgljúfur (il était trop tard la veille pour y aller). Cette fois on a le temps.

canyon Fjadrargljufur islande
c’est déjà beau comme ça alors imaginez avec un ciel bleu!

Ce canyon est traversé par la rivière Fjaðrá. Il fait un peu plus de 2km de long et les falaises atteignent parfois 100m de haut! Il s’est formé à la fin de la dernière période glaciaire.
Il est surement possible d’aller à pieds et de longer la rivière tout le long du canyon, mais il faut être équipé de hautes bottes bien imperméables, car il y a des nombreux guets à traverser, et comme d’habitude, faites attention aux falaises. On peut aussi longer le canyon par le haut sur un petit sentier, c’est ce que la majorité des gens font, et c’est vraiment chouette (et il y a régulièrement des panneaux pour rappeler le danger de s’approcher trop près du bord des falaises).

On reprend la route 1 vers l’est, sous des trombes d’eau, comme d’hab’ quoi, c’est déjà la routine!

route nuages islande

Magie! quelques minutes et quelques kilomètres plus loin, hop nouvelle ambiance!

route islande

Plus tard, quand la route 1 oblique plein nord pour rejoindre le parc de Skaftafell on a vraiment l’impression qu’on va finir droit dans le glacier Skeiðarárjökull!

Skaftafell route glacier islande

La parc national de Skaftafell , ce n’est pas de la rigolade. Le parking est énorme. Et la superficie de la zone protégée par ce parc représente plus de 4800km2. Les principales zones du parc sont : la caldeira du volcan Grímsvötn (un des volcans les plus actifs d’Islande), les Lakagígar (c’est un ensemble d’une centaines de cratères de volcans qui sont les vestiges des éruptions massives qui ont eu lieu en 1783 et qui ont tué la moitié des animaux de l’ile et 20% des islandais, et qui ont envoyé un nuage de cendres empoisonnées sur l’Europe ce qui a tué plusieurs dizaines de milliers de personnes. Ces éruptions ont été le point de départ de plusieurs hivers glaciaires, comme celui qui apportera entre autre famine en France et sera une des causes pour la révolution française … bref, tout ça, c’est parti d’ici!), le massif montagneux des Esjufjöll et plusieurs langues glaciaires. Malheureusement pour nous, la plupart de ces lieux ne sont accessibles que par avion ou après des longs trajets à bord d’énormes 4×4.
Donc avec les moyens du bord, nous nous limiterons modestement à partir à la découverte de deux cascades (et oui, encore des cascades!).
On suit le chemin très aménagé de cette ballade-randonnée, et on arrive rapidement à la première chute Hundafoss, qui signifie ‘chute des chiens’ car lors des crues de la rivière les chiens de la ferme voisine avaient tendance à être emportés.

hundafoss islande

Vous ne remarquez rien d’étrange sur cette photo? Des arbres! C’est Baejarstadaskogur, une des seules forêts du pays, principalement composée de bouleaux, sorbiers et saules. Comme vous le découvrirez vite, les arbres en Islande, c’est rare, vraiment rare. Et pourquoi ça ? car la majorité des forêts ont soit brûlées au fur et à mesure des diverses éruptions et des coulées de laves, ou ont servies de bois de chauffage et de matériaux de construction aux islandais. Si bien que l’île n’a plus de forêt digne de ce nom. Alors croyez moi quand vous voyez un arbre, vous avez un peu de mal à y croire 🙂

hundafoss islande

Et ensuite, au bout du chemin, on arrive devant celle pour qui tout le monde fait le déplacement, la cascade de Svartifoss.

svartifoss islande

C’est parait-il une des cascades les plus photogéniques d’Islande. Évidemment une cascade de12m de hauteur au milieu d’orgues basaltique, c’est beau! Mais personnellement j’ai été un peu déçu, pas très grande, pas très imposante, et la « balade » qui amène au pied de la cascade est tellement aménagée pour les touristes que j’ai eu l’impression d’être à Disney-Island …

Par contre avant de redescendre, j’ai adoré cette vue donnant sur la grande plaine qui s’étend du pied des falaises jusqu’à la mer.

vue depuis parc Skaftafell islande

On reprend la route 1 et on contourne l’imposant mont Hvannadalshnjúkur pour arriver enfin au Jökulsárlón.

Jokulsarlon islande

C’est un grand lac de fonte de l’incroyable glacier Breiðamerkurjökull qui se jette dedans et qui n’est lui même qu’un bras du grand glacier Vatnajökull. Ce lac de fonte est apparu en 1934 suite au recul du glacier. On sait que ce recul va continuer avec le réchauffement climatique, et que ce lac va devenir de plus en plus grand jusqu’à former un véritable fjord, et les énormes blocs de glace qui se détachent vont aussi devenir une menace pour le petit pont de la route 1 qui enjambe l’ouverture vers la mer.

pont Jokulsarlon islande

Jokulsarlon islande

En attendant, ça fait le bonheur de tout le monde. Les voyageurs peuvent profiter de cette vue incroyable. Les poissons remontent dans le lac, et les phoques les attendent pour se régaler, et dans les landes autour, de nombreux oiseaux amateurs de poissons nichent aussi (d’ailleurs vous allez très surement vous faire attaquer par ces chers volatiles si vous vous approchez un peu trop près, soyez prévenus!)

oiseaux jokulsarlon islande

Jokulsarlon phoques

J’aurais pu passer la journée entière ici et même plus si j’avais eu le temps.

Jokulsarlon islande

En plus le spectacle n’est pas seulement côté glacier, mais aussi côté mer. Voir les blocs de glace à la dérive s’entrechoquer dans le courant puis s’échouer sur la plage ou partir à l’aventure dans la mer qui va vite les engloutir, on ne s’en lasse pas. On peut vraiment passer des heures ici sans s’ennuyer.

Jokulsarlon glace plage mer islande

Et je ne résiste pas au plaisir de partager cette vidéo en timelapse qu’on a réalisé sur place.

Mais encore une fois, on découvre qu’il est tard et qu’on est loinnnnn de notre lieu de repos. On reprend la route. Durant le trajet, on longe cette étrange montagne et j’avoue que j’ai perdu son nom …

islande montagne étages

On arrive enfin à la petite ville de Höfn (1600 habitants), et son camping. Pour le repas ce soir on se fait plaisir, on va au temple du homard et de la langoustine, l’excellent restaurant Humarhofnin (https://humarhofnin.is/). L’estomac bien rempli, on essaie de vite trouver le sommeil 🙂

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Jour 3 – Seljalandsfoss – Skógafoss – Sólheimajökull – Kirkjufjara

Jour 3 – Seljalandsfoss – Skógafoss – Sólheimajökull – Kirkjufjara

Réveil en douceur suite à notre nuit passée au Leirubakki, on est frais beaux et pimpants, prêts à affronter l’Islande haha! Mais dès qu’on met le nez dehors, la météo nous calme directe : de la pluie de la pluie de la pluie! Météo Islande 1 – 0 Nous. Vainqueur par KO!
Allez c’est pas grave, hop! en route! On rejoint enfin la grande route numéro 1, c’est celle qui fait la grande boucle autour de l’île, et d’ailleurs on en profite pour repartir en direction de l’est pour notre boucle ? et bien non. On fait un petit retour en arrière pour voir la chute de Urriðafoss (la cascade de la truite ou du saumon) le long du fleuve Þjórsá (le plus long fleuve d’Islande, 230km).

urridafoss islande

urridafoss islande

Même si en terme de hauteur, elle est un peu ridicule en comparaison de celles qu’on a déjà pu voir jusqu’ici, elle reste l’une des plus importantes en terme de volume (plus de 360m3/s) car ici le fleuve est très large. Pendant longtemps il y a eu un projet de barrage hydroélectrique à cet emplacement, heureusement pour nous, des habitants se sont battus pour préserver cet environnement et il n’a jamais abouti, mais ces questions liées au besoin de développement et d’infrastructures en Islande sont toujours d’actualité et reviennent régulièrement.
Comme on peut le voir, ce matin là, la petite rivière qui se jette dedans était littéralement rouge. J’imagine que c’est la conséquence des pluies incessantes et des terres chargées de fer autour qui donnaient cette couleur, à moins qu’une grande usine de ketchup se trouve dans les environs mais je ne pense pas. Si vous avez la véritable information pour cette couleur je suis preneur.

Allez  hop, on repart vers l’est, et on fait une boucle par la route 264 qui se transforme en piste. La lumière change rapidement, c’est magnifique, et des poney islandais gambadent en pleine nature. C’est le kif ici 🙂

poneys islandais sur la 264

Le but de ce détour me direz-vous ? et bien c’est d’aller voir Keldur, un hameau agricole, où se seraient installés les premiers colons vikings en Islande. Il est connu pour sa vieille église datant de 1875 et surtout pour ses petites maisons recouvertes de tourbe. C’est ici qu’on trouverait le plus vieux bâtiment d’Islande.

keldur ferme islande

keldur islande

L’endroit est splendide mais on avait vraiment l’impression d’être chez quelqu’un, car à côté du site « historique » il y a une ferme en activité où des vrais gens vivent et travaillent, et ce matin là, on s’est vraiment senti comme des intrus venant chez les gens sans leurs permissions. C’est probablement idiot vu que des milliers de touristes passent ici chaque année, et que des visites organisées sont même possibles (en juillet-aout), mais on n’a pas voulu trop déranger et on n’a pas trop exploré les lieux.

banc bidon lait le long de la 264 en islande

Nous revoilà sur la route 1, et maintenant, nous découvrons la magnifique chute de Seljalandsfoss.

Seljalandsfoss islande

Elle fait 65m de haut, et sa particularité c’est qu’un passage permet de se retrouver derrière la cascade. Si vous avez de la chance et que vous avez du soleil, venez plutôt en fin de journée, car vous aurez un festival d’arc en ciel au pied de le cascade. Pour nous c’est un festival de goutte de pluie dans la figure haha 🙂

Seljalandsfoss islande

Le site est vraiment au bord de la route. C’est ce qui est génial et aussi cruellement trompeur quand on voit ces photos, car on s’imagine une cascade perdue et accessible uniquement pour des aventuriers qui marchent pendant des heures dans des chemins impossibles. Et bien non, c’est à 100m de la route principale, visible à des kilomètres à la ronde, avec des grands parkings pouvant recevoir des dizaines de bus à touristes. C’est assez étrange, car comme de nombreux sites naturels magnifiques islandais, on a l’impression de voir des gens être comme devant un « bien de consommation facile » : on se gare devant, on prend sa photo (limite depuis le bus), on facebook / instagram / twitter, et on file ailleurs. Un peu perturbant … et on se demande à quel point on rentre ou pas dans ce schéma.

Seljalandsfoss islande

Nous sommes chanceux dans notre malheur, car comme le temps est toujours pluvieux et le vent assez fort (la magie de la photo fait qu’on ne voit pas ça sur les images),ce matin là, il n’y a quasiment personne! Tant mieux pour nous, on peut se balader tranquillement le long des falaises autour de la cascade.

On reprend la route et quand on vous dit qu’il y a du vent … mêmes les petites cascades sur les falaises n’arrivent plus à atteindre le sol et l’eau se fait littéralement disperser en plein vol. On croise les doigts pour que notre petit 4×4 ne subisse pas le même sort !

cascade vent islande

Un peu plus loin, sur votre gauche, en bas de la falaise, vous verrez la grotte de  Rútshellir. C’est une des plus anciennes grottes habitées par l’homme en Islande. Elle est maintenant aménagée en abri pour les petites familles de moutons, brebis et agneaux 🙂

grotte Rutshellir islande

Il y a en fait deux petites grottes creusées par l’homme. La première fait environ 20m de long sur 2m de haut, et elle était utilisée pour stocker du fourrage. La deuxième, plus petite, fait 8m de long et servait probablement de fumoir. Il y a un petit conduit reliant ces 2 grottes.
Selon la légende c’est ici que vivait un géant nommé Ruth, qui dormait dans la grande grotte, et la petite grotte aurait été la cellule de ses esclaves. Et ils auraient utilisés le petit conduit pour le tuer discrètement dans son sommeil.
En 1936, les troupes SS de Ahnenerbe (spécialisées dans les sciences occultes) auraient fouillées de fond en comble ces grottes en espérant y trouver d’anciennes traces de temples.

Plus loin, toujours le long de la route 1, on arrive sur un gros morceau : Skógafoss. Probablement la plus belle cascade d’Islande!

chute skogafoss islande

Encore une fois, l’avantage de cette météo catastrophique fait qu’il n’y a personne! Nous sommes hyper chanceux et je crois que c’est un vrai miracle car ce site est en principe rempli de visiteurs. On se sent donc hyper privilégiés, seuls face à ce monumental rideau d’eau et dans ce décor de folie (c’est embêtant d’écrire sur l’Islande, car on doit utiliser des superlatifs, tout le temps! :-)) Là aussi, d’après les légendes, quand il fait soleil, un double arc en ciel est facilement visible ici .. il parait. Je suis de plus en plus intimement persuadé que « beau temps ensoleillé » en islandais se traduit par « publicité mensongère pour attirer les voyageurs »!
Selon une autre légende, le viking Þrasi Þórólfsson aurait caché un trésor, un coffre rempli d’or, derrière la chute, et il y a longtemps un enfant aurait réussi à se faufiler derrière et trouver le coffre du trésor, mais il n’aurait réussit qu’à attraper la poignée du coffre qui aurait disparut ensuite dans les profondeurs de la cascade, et la poignée serait restée dans sa main. Cette fameuse poignée est visible dans le Skógar museum.
Petite résumé : Skogafoss c’est la chute d’eau, sur la rivière Skoga, à côté du village de Skogar. 62m de hauteur, 25m de large.

chute skogafoss islande

Et prenez vraiment le temps (vraiment!) de prendre le petit chemin qui grimpe sur la droite, car ensuite c’est une super randonnée, le long de la rivière Skoga en direction du massif montagneux de Þórsmörk. Une succession de cascades dans un décor magique. C’est le point de départ d’un des treks les plus réputés d’Islande et qui peut prendre jusqu’à 12 jours dans sa version la plus longue. Mais nous n’avons ni le temps ni l’équipement pour, alors nous avons simplement marché aussi loin que nous pouvions, et je vous conseille de faire pareil.

skogafoss trekk islande

skogafoss trekk islande

skogafoss trekk islande

Normalement avec ces photos, vous ne devriez pas manquer de motivation pour faire cette superbe randonnée! 🙂

De retour à la voiture, après quelques kilomètres à peine sur la route 1, on reprend à nouveau la route à gauche, sur la 221, pour rejoindre le glacier Sólheimajökull.

glacier Solheimajokull islande

glacier Solheimajokull islande

Ce glacier d’une dizaine de kilomètres de longueur n’est en fait qu’un bras de la calotte glacière du grand glacier Mýrdalsjökull, qui n’est lui même que le 4e glacier du pays! et pourtant, c’est déjà gigantesque! Vous pouvez vous balader un peu dessus mais il faut évidemment être bien équipé, ce serait dommage de glisser et tomber dans une crevasse ou finir dans l’eau glacée du lac de fonte de glace. Des randonnées avec guide sont évidemment possibles (crampons et piolets fournis).
On est loin de l’image du glacier immaculé, blanc de neige et de glace. Ici il y a énormément de cendres issues de la dernière éruption du Eyjafjallajökull. Le glacier recule d’avantage chaque année à cause du réchauffement climatique, et des odeurs d’œufs pourris caractéristique des émanations de soufre viennent parfois chatouiller nos narines. Malgré tout, ça reste un spectacle dont il faut profiter pleinement. Comme vient nous le rappeler un énorme corbeau qui survolait le glacier.

corbeau glacier islande
« Profitez pleinement du spectaaaaacle ! Croaaaa ! et Winter is coming !! »

On reprend la route, toujours le long de la 1, et on prend ensuite à droite sur la 218 pour voir la superbe plage de sable noir de Kirkjufjara.

plage sable noir Kirkjufjara islande

Malgré les apparences cette plage est réputée très dangereuse. Il y a fréquemment des éboulements au bord des falaises, en particulier lors des journées pluvieuses. Et régulièrement, une vague plus forte que les autres nettoie la plage et emporte ce qu’elle trouve dessus. En particulier en cas de mauvais temps et grand vent, il est déconseillé de se promener sur cette plage ou en tout cas d’être réellement vigilant.
L’accès à la plage est d’ailleurs parfois fermé comme en novembre 2015 après l’éboulement d’une falaise et en janvier 2017 quand une touriste est morte noyée, emportée par une vague …

Un peu plus loin en prenant la 215 on peut accéder à la plage et admirer la grotte basaltique Hálsanefshellir.

grotte Hálsanefshellir islande
grotte Hálsanefshellir islande

De retour dans la voiture et sur la route 1 (quelle surprise), on reprend le chemin dans notre boucle vers l’est. Le décor est rapidement plongé dans le brouillard, et le peu qu’on voit se résume a des champs de lande désertique et d’innombrables petits monticules de lave qui ressemblent à autant de petit cairns créés par des fées et des lutins. C’est en particulier marquant à Laufskálavarða. Cette partie du trajet m’a réellement parut glauque, car l’atmosphère était assez étrange, tout était très fantomatique, mais je devais être surement un peu fatigué…

champ lave Laufskalavarda islande

Allez, il est déjà 21h, vite on se dépêche et on finit par trouver refuge au camping de Kirkjubæjarklaustur (il y a une station service dans ce petit village, ouf!). On grignote rapidement dans la petite kitchenette du camping en examinant notre carte et ce qu’on espère découvrir le lendemain et on s’installe comme on peut dans la voiture pour dormir.

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